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EDITORIAL, publié le mardi 4 mars 2014

La diplomatie, la guerre et la libération de Paris

Sur un film-catastrophe, et catastrophique, de Volker Schlöndorff


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en librairie le 2 avril

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En ce jour de montée rapide des tensions en Ukraine, signe s’il en est d’une faillite diplomatique qu’on peut faire remonter à la dissolution de l’empire soviétique, la France est submergée par le moralisme sirupeux d’un film intitulé Diplomatie. L’Education nationale elle-même est battue par cette vague.

« Quel homme êtes-vous donc ? » demande le consul suédois Raoul Nordling au général Dietrich Von Choltiz, cette nuit du 24 au 25 août 1944. Quel homme est-on en effet quand tout en se réclamant de l’honneur militaire, du patriotisme, de l’amour de sa femme, de ses enfants, on est capable d’exterminer des milliers de juifs polonais, d’anéantir Rotterdam, et qu’on est prêt, sur l’ordre d’un Führer, enragé par sa défaite imminente, à rayer Paris de la carte, tuant une partie de sa population civile ?

Cet extrait du papier ébloui d’une journaliste après une avant-première (le 24 février à Aix-en-Provence) présente une faille évidente : Choltitz n’avait servi, en Pologne, que quelques jours, à la tête d’un régiment, en septembre 1939 ; un moment où la persécution des Juifs était le fait des SS bien plus que de l’armée. Il est tout à fait invraisemblable qu’il ait eu le temps et l’envie d’ « exterminer des milliers » de personnes. Il est on ne peut plus vraisemblable en revanche que cette affirmation procède d’une vision idéologique de son personnage. Pensez donc, Hitler n’allait pas confier la mission de détruire Paris à un nazi tiède !

De même, le bombardement aérien de Rotterdam, le 14 mai 1940, qui n’avait pas « anéanti » la ville, est selon toute vraisemblance un crime terroriste de Hitler et de Göring, la responsabilité du général commandant au sol se bornant à ne pas démissionner. Il était enrôlé par le nazisme, sans en être un fer de lance : une répartition des rôles réglée par Hitler, en un processus au long cours que la communauté internationale eût été bien inspirée d’étouffer dans l’œuf en février 1933. Elle avait en effet les moyens intellectuels et juridiques d’interdire qu’une de ses grandes puissances fût dirigée par l’auteur d’un livre (Mein Kampf) pourfendant toutes les règles de la coexistence : un simple boycott aurait sans doute suffi ; l’attentisme des nations, au contraire, incitait les Allemands à penser que la fermeté nazie en imposait et devait, au moins sur certains points, être soutenue.

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La libération de Paris sans trop de casse résulta de multiples concours, pour la plupart anonymes. Il est particulièrement fâcheux, notamment sur le plan moral, d’attribuer cette réussite à un héros solitaire, étranger de surcroît. Je reviens longuement sur la question dans la réédition très augmentée du livre de 2004 Ils ont libéré de la France, à paraître début avril. Pour résumer : loin d’avoir miné tous les monuments de Paris et d’être en mesure de les détruire en chœur, le général allemand, à qui Hitler n’avait nullement donné un tel ordre, était ce soir-là serré de près par la Résistance et incapable d’empêcher les premiers chars de Leclerc d’entrer par la porte d’Orléans. Quant à Raoul Nordling, le consul général de Suède, il avait eu surtout le mérite de veiller à éviter des meurtres dans les prisons. Le présent site avait depuis longtemps présenté ce personnage aux menées pas toujours très claires.

L’étude du nazisme progresse vite en ce moment. Il importe et il urge d’aider à démocratiser ses résultats pour, qui sait, émerger enfin d’une vision moraliste de cette période comparable, sur bien des points, à la nôtre. Pour appréhender les choix qui s’offraient réellement aux contemporains. Et le jeu particulièrement retors, jusqu’au bout, du chef nazi.

Montigny, le 4 mars 2014

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