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Der Untergang / La chute : un point d’histoire encore peu traité




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(JPEG) La sortie en France, hier, du film d’Oliver Hirschbiegel sur les dix derniers jours d’Adolf Hitler révèle avant tout la grande misère des études historiques sur ce sujet. Il est d’ailleurs significatif que les deux livres que le générique cite en référence soient celui de Joachim Fest -une compilation rapide de journaliste- et celui de Traudl Junge -un témoin particulièrement fâché avec la chronologie.

Dire que les détracteurs de ce film, en Allemagne comme en France, lui reprochent d’« humaniser » son héros ! Nous avons là tout au contraire, dans la meilleure tradition du manichéisme d’après guerre, un Hitler mécanique, mû par deux ou trois ressorts. Il passe son temps, soit à donner des ordres d’offensive sur un ton comminatoire à des unités qui n’existent plus ou sont, dans le meilleur des cas, heureuses de pouvoir encore battre en retraite (ce que Keitel, Jodl et quelques autres officiers supérieurs murmurent craintivement, et le plus souvent en aparté), soit à hurler que tout le monde le trahit, à commencer par Göring et Himmler.

Curieusement, la seule scène où on voit Hitler et Himmler ensemble suggère que ces cartes, battues et rebattues depuis 1945, pourraient avoir un dessous : le dictateur dit d’un ton pénétré au chef de ses SS qu’il aura « un rôle à jouer » après sa mort.

Hitler était intelligent et manipulateur. Cette vérité remonte peu à peu à la surface, comme l’eau dans un morceau de sucre. A la fin, le morceau devrait s’effondrer en une flaque. Il semble que ce processus doive prendre encore un peu de temps.

Ce film pourrait apparaître un jour, à cet égard, comme un jalon. Si la présentation de l’ambiance du bunker est des plus critiquables (le couple Goebbels en particulier est sottement caricaturé), il décrit en effet d’une manière assez convenable l’ambiance de Berlin (du côté allemand uniquement, les Soviétiques n’étant quasiment pas montrés), où la volonté de vivre de la majorité s’oppose au fanatisme destructeur de quelques uns. Mais là encore, le rôle de Hitler reste inaperçu, et une vérité simple occultée : s’il était du côté des destructeurs, il avait largement les moyens de faire tout sauter avec lui-même. Donc c’est lui, jusqu’au bout, le chef, et des fanatiques et des réalistes !

Sa politique est à double fond. D’un côté il assure au nazisme une fin en apothéose, dans le refus de tout compromis, de l’autre il ménage l’avenir d’une renaissance... qu’il prédit d’ailleurs dans le testament qu’il dicte à Traudl Junge, en un passage que le film omet.

A quand un film sur les dix derniers jours du véritable Hitler ?

Extrait d’un débat en ligne

Autre débat

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et sur un site académique

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François Delpla, le 6 janvier 2005

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