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Madeleine Rebérioux (1920-2005)




Nous avons perdu hier soir un esprit des plus vifs et des plus riches.

Vincent Duclert a fort bien exprimé le point de vue de ses étudiants dans Le Monde daté du 9 février et je conseille aux lecteurs de ces lignes de recopier son article tant qu’il est accessible.

Je puis témoigner personnellement des services qu’elle m’a rendus depuis qu’elle m’a accueilli en maîtrise, à cheval sur l’université de Vincennes et le Centre d’histoire du syndicalisme sur lequel régnait Jean Maitron, pendant l’année universitaire 1969-70. Sortant des disciplines de la préparation à Normale et tout disposé à me disperser, j’ai trouvé chez elle à la fois beaucoup de respect pour mes envies de liberté et un certain nombre de garde-fous. Puis, au fil du temps, m’étant éloigné parfois beaucoup de la recherche historique, j’ai trouvé en elle, chaque fois que j’y revenais, une écoute intacte. Et lorsqu’après avoir travaillé, comme elle, sur le mouvement ouvrier, je me suis soudain occupé des années 40, extérieures à son champ de recherche, et d’histoire diplomatique et militaire, j’ai toujours rencontré chez elle le même intérêt et la même passion du débat.

Lorsque ma liberté de chercheur a été mise gravement en cause, elle était tout naturellement au premier rang, à la fois pour m’encourager et pour m’aider à trouver des lieux d’expression.

Je n’ai guère eu l’occasion de militer à ses côtés, sauf en une occasion et non des moindres, la prétendue affaire Aubrac, en 1997-98. Mon livre boudé par les médias fut, grâce à elle et en nos deux présences, disséqué en long et en large au Panorama de France-Culture. Après quoi je fus même intégré à l’équipe de l’émission. Il y eut aussi un petit "vernissage" pour la sortie du livre, où elle fut, à part Charles-Louis Foulon, le seul historien présent.

Elle n’allait pas bien sûr, finalement, diriger ma tardive thèse, mais elle assista d’un bout à l’autre, en mars 2002, à la soutenance.

Toujours informée des livres et articles importants, elle parlait avec une prédilection particulière de ceux de ses anciens étudiants. Ils n’ont pourtant jamais formé une école. Leur diversité est sa plus grande réussite.

Ses leçons m’accompagneront jusqu’au bout.

le 8 février 2005

Sur ce site, en rubrique "FDlivres", on trouvera ma contribution au volume "Avenirs et avant-gardes" offert ? Madeleine par ses étudiants en 1999.



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