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Les tentatrices du diable



résumé des chapitres



une autre présentation

INTRODUCTION

1) La mère

le chapitre

Il la perd en 1907, à 18 ans, et en reste inconsolable. Parvenu au pouvoir, il entretiendra sa mémoire, fixant notamment la fête des mères le jour de son anniversaire.

2) Stefanie

Le jeune Hitler était un grand timide, dans tous les domaines, et notamment dans ses relations avec les femmes, pour lesquelles il éprouvait un grand intérêt sans oser les aborder. Stephanie Isak, de Linz, est, lors de ses 17 ans, sa Dame inaccessible. Elle semble avoir encouragé du regard ses assiduités puis s’être lassée. Il continue de se dire amoureux alors qu’elle s’est détournée de lui depuis longtemps.

Ch. 3) A la recherche de la première

Il est probable que s’il a eu des relations physiques avant 1914, elles ont été vénales, ou en tout cas très éphémères. La Première Guerre mondiale peut-être, et son dénouement à coup sûr, l’ont rendu plus entreprenant. Il se donne pour mission de venger le pays de sa défaite et, dès lors, apparaît beaucoup plus sûr de lui. En même temps, cette mission, qu’il conçoit de manière peu orthodoxe et qui passe d’emblée par une forte dose de cruauté, notamment envers les Juifs, l’isole de ses semblables et lui paraît, en particulier, fort difficile à faire partager par une femme. Il va donc répétant que son épouse est l’Allemagne. Parmi tous les personnages qu’il joue, figure en bonne place celui du célibataire qui immole toute possibilité de vie amoureuse sur l’autel de la Patrie, en même temps qu’il s’affiche en compagnie de nombreuses femmes, comme pour mieux faire mesurer son sacrifice.

Ch. 4) Les mères

Hitler tire de son célibat affiché, comme de sa condition d’orphelin encore jeune, un avantage : des dames mûres de la bonne société le maternent, pour son plus grand profit affectif et financier. Helene Bechstein et Elsa Bruckmann sont les plus marquantes de ces mères de substitution. En revanche, certaines sont utilisées avec un grand cynisme, sans la moindre trace d’affectivité, comme la baronne von Dirksen, qui fait le lien avec la cour exilée de Guillaume II.

Ch. 5) En famille avec les Wagner

Admirateur passionné de Richard Wagner depuis sa prime adolescence, Hitler est connu et apprécié par sa famille, résidant à Bayreuth, dès le début des années 20, mais ne se presse pas de lui rendre visite. C’est chose faite à l’automne 1923, juste avant le putsch manqué et, après celui-ci, enthousiasmés par cette rencontre et le traitant en héros d’opéra, les Wagner, notamment Winifred (unique bru de Richard), font tout pour lui remonter le moral, empêchant peut-être son suicide. La mise à profit du temps d’incarcération pour polir sa doctrine et sa stratégie doit beaucoup à cette fréquentation. Avant la prise du pouvoir, il est économe de ses apparitions à Bayreuth puis, devenu chancelier, colonise le festival, en ayant grand soin de ne pas polluer la musique par des braillements nazis. Il annexe ainsi subtilement Wagner à son régime, avec la complicité active de Winifred et en étant aussi adulé de ses filles Verena et (un temps) Friedelind.

6) Maria Reiter, dite Mitzi

Tout en fréquentant platoniquement des bourgeoises mariées, Hitler cherche à nouer une relation discrète -et atteindra finalement son but avec Eva Braun. Il est fort possible qu’il ait eu une maîtresse appelée Jenny Haug, à Munich, au début des années 20. Puis il fréquente de près, à Berchtesgaden, la très jeune et splendide Maria, jusqu’à ce que l’affaire s’ébruite. Elle fait ensuite un mariage malheureux puis, dans l’automne 1931, passe une première (et peut-être unique) nuit avec Hitler. Il lui propose d’être une maîtresse de l’ombre, elle exige le mariage et disparaît (mais reste une amie personnelle et une nazie fervente). Elle conte son histoire, avec quelques documents à l’appui, à partir de 1959. C’est la seule femme qui ait déclaré avoir eu avec Hitler des rapports, qu’elle disait normaux et satisfaisants.

Ch. 7 Geli

Hitler a fort peu côtoyé cette nièce, fille de sa demi-soeur Angela Raubal, avant qu’elle ne vienne, à l’automne de 1927, entreprendre des études à Munich. Il brise sauvagement -et laborieusement- l’idylle qu’elle noue bientôt avec son chauffeur, Emil Maurice. En 1929, il l’installe chez lui et, peut-être, songe à l’épouser. Son suicide, deux ans plus tard, reste mystérieux mais pourrait s’expliquer par l’essor que prend enfin la carrière politique longtemps stagnante de l’oncle. Elle aurait pu espérer le consoler de ses déboires mais désormais il lui échappe -tout en restant très possessif. Les confidences faites à Otto Wagener semblent exclure qu’il y ait eu entre eux des rapports physiques. Cette aventure est un tournant. C’est la dernière fois qu’il hésite et paraît envisager de renoncer à sa carrière. Le « sacrifice » de sa nièce rend inébranlable sa résolution de pousser l’Allemagne le plus vite possible vers une guerre de revanche en passant sur le corps des Juifs, symbole métaphysique de l’ennemi.

Texte du chapitre

Ch. 8) Eva

Fréquentée platoniquement depuis 1929, cette employée du photographe Hoffmann devient selon toute vraisemblance sa maîtresse au début de 1932 et va, non sans crises, se plier à son impératif de discrétion et de non-revendication. Exclue des cérémonies (sauf, parfois, en position discrète, comme au congrès de Nuremberg en 1935) elle augmente cependant peu à peu son emprise dans la sphère privée.

texte du chapitre

Ch. 9) Leni Riefenstahl

C’est une femme de trente ans comblée de dons et de réussites (dans la danse et le cinéma, à la fois comme réalisatrice et comme actrice) qui écrit au chef nazi qu’elle l’admire, en mai 1932, jouant alors, pour lui donner confiance en sa « mission » de séduire et de guider l’Allemagne, le même rôle que Winifred en 1923. Sauf qu’à présent il va réussir à prendre le pouvoir. Il essaie une fois de l’enlacer, et n’insiste pas. Il va presser son talent comme un citron, pour lui faire magnifier et éterniser le cérémonial du congrès de Nuremberg, puis les Jeux Olympiques de Berlin. Il s’abandonne assez souvent, devant elle, à des confidences sur sa vie privée. Elle n’a pas la tête politique, n’est pas nazie et réprouve, y compris en sa présence, l’antisémitisme, mais elle se laisse si bien manipuler que ses mémoires sont une mine sur les ficelles de Hitler dans ce domaine. Il se sert d’elle, en particulier, en février 1936 à la veille de la remilitarisation de la Rhénanie (son coup le plus risqué) pour sonder l’homme d’Etat dont il craint alors le plus les réactions, Mussolini (il voit aussi longuement Magda Goebbels avant d’annoncer à ses ministres cette décision cruciale).

extraits du chapitre

Ch. 10) Les Allemandes

extraits du chapitre

(JPEG)
Munich, 9 novembre 1935
Veuve de héros : l’une des fonctions qui valent aux femmes les égards du dictateur (à l’arrière-plan, la Maison brune, siège du parti nazi). Carte postale d’èpoque (dètail), DR Lègende : "Le Führer parle avec une femme membre du parti, mariée à l’un des morts du 9 novembre 1923".

Hitler n’est guère féministe : pour lui, les Allemandes doivent avant tout fonder des familles et élever des enfants. Mais c’est aussi un pragmatique, qui saura ne pas renvoyer brutalement dans leurs foyers celles qui peuvent être utiles à son économie de guerre. Lui-même s’entoure de professionnelles qualifiées et ne se hâte guère de les confiner à leurs fourneaux, qu’il s’agisse de ses secrétaires (prises volontiers pour confidentes) ou de femmes travaillant dans le domaine de la culture. Il séduit incontestablement beaucoup d’Allemandes, provoquant chez elles des réactions allant de l’enthousiasme à une perplexe neutralité. Il est vrai qu’il leur dissimule le plus possible les aspects sombres (JPEG) de son régime. Les rares opposantes n’en ont que plus de mérite, ainsi Sophie Scholl, qui assume tranquillement le martyre dans l’espoir de réveiller ses compatriotes.

Sophie, Traudl et Hitler

Ch. 11) Femmes d’outre-Manche

Hitler s’offre trois relations remarquables et remarquées avec des femmes de la haute société anglaise : Stephanie von Hohenlohe et les sœurs Mitford, Diana et Unity. Il utilise la première comme une espionne, bien qu’elle soit juive (ou parce qu’elle l’est ?) et la contrôle au moyen d’un amant, Fritz Wiedemann. La seconde est totalement manipulée par lui, comme l’est son mari Oswald Mosley, patron d’un fascisme anglais qu’il méprise comme une contrefaçon. Sa jeune sœur, beaucoup plus modeste, a peut-être touché son cœur et c’est sans doute, de toutes ses relations, celle qui s’apparente le plus à Geli.

texte du chapitre

Ch. 12) Les femmes des compagnons

Hitler aime jouer les marieurs. Il distribue ses propres conquêtes -ainsi Maria, qui épouse un dignitaire SS- et ordonne quasiment à Hess, son premier collaborateur, d’épouser sa compagne (une chose que Rudolf hésitait sans doute à faire par crainte d’être moins disponible). Voilà qui l’aide à se composer, lors des réceptions, un bain de présences féminines familières. Plus complexe est sa relation avec Magda Goebbels. Elle l’adore, il la pousse à épouser Goebbels, seule façon, explique-t-il sans ambages, de le voir souvent, mais elle est un peu jalouse d’Eva Braun, ce qui ne l’empêche pas de venir jouer à ses côtés le dernier acte. Henriette Hoffmann, la fille du photographe, qu’il a connue enfant, suit un temps le même chemin (il la pousse à épouser Baldur von Schirach, chef des Jeunesses) mais à la fin de la guerre, dégrisée par la révélation du massacre des Juifs qu’elle a osé reprocher au Führer devant témoins, songe à tout sauf au suicide.

texte du chapitre

Ch. 13) Les hommes ?

Le livre de Lothar Machtan est à la fois intéressant et profondément erroné. Hitler sait séduire et manipuler, en jouant sur l’admiration suscitée par sa personne, les hommes aussi bien que les femmes, mais son désir ne va qu’à elles. La thèse, récurrente, de son homosexualité a toujours poussé sur le terreau de l’antinazisme militant et n’est pas, à cet égard, un modèle de finesse tactique, précisément parce qu’elle ne repose pas sur le plus petit début de preuve, et que c’est l’un des tours favoris du dictateur que de lancer ses opposants sur de fausses pistes.

Ch. 14) Les épousailles terminales

Les derniers jours voient la proportion des femmes, dans son entourage, augmenter notablement. Tandis que s’égaillent les généraux, les ministres (sauf Bormann et Goebbels) et les dirigeants SS, arrivent Magda et ses six enfants dont cinq filles, l’aviatrice Hanna Reitsch vient et repart au milieu d’une grêle d’obus soviétiques, la secrétaire Traudl Junge et la cuisinière Constanze Manziarly font partie du dernier carré et toutes félicitent Eva, enfin épousée. Belle démonstration de fidélité du « deuxième sexe », qui risque hardiment sa vie ou, à tout le moins, sa liberté et son intégrité physique, la pratique du viol à grande échelle par l’Armée rouge depuis son entrée en Allemagne étant parfaitement connue. Mais beaucoup de ces femmes sont décidées à se donner la mort elles-mêmes. C’est notamment le cas de Magda, qui compte immoler préalablement sa progéniture. On ne s’est pas assez posé la question de la part de Hitler dans cette macabre apothéose. A partir du journal de Goebbels, publié en 1995, j’établis qu’il était dès janvier au courant des projets de Magda et n’a rien fait pour les décourager. Et lorsque, le 22 avril, il donne toute latitude à son personnel de partir ou de rester, il sait que ceux et celles qui resteront le feront par fidélité à sa personne -et, connaissant son monde, il sait d’avance qui le fera. Il se confectionne donc un entourage sur mesure, qui une fois de plus, une dernière, le rassure, et contribue à tempérer le caractère désespéré et solitaire de sa fin.

Texte du chapitre

le 8 mai 2005



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