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Des perles contre l’histoire



Rubrique ouverte à tous les vents de l’exagération pieuse, à tous les piments qui corsent les hagiographies et à tous les exorcismes des imprécateurs



pour débattre des sujets ici abordés

perles plus anciennes

L’ignorance crasse d’Alain Finkielkraut sur le nazisme

Du plus prolifique de nos pères Hamptoire :

Le geste inaugural de la Seconde Guerre mondiale fut, on semble l’avoir oublié, les troupes de la Wehrmacht repoussant dans un grand éclat de rire les barrières séparant l’Allemagne de la Pologne, car cette guerre était une guerre impériale contre les nations européennes, au mépris des frontières et, par-delà des frontières géographiques et historiques, au mépris de toute limite. Hitler, c’est l’hubris totalitaire. La démesure.

Le nazisme se déployait en fait dans une double limite :

-  celle de la race, qui lui imposait, dans son rêve de domination mondiale, au moins un partenariat "aryen" obligatoire, celui de la Grande-Bretagne ;

-  celle du réalisme géopolitique, qui jouait dans le même sens : il fallait rassurer Londres en n’ayant strictement aucune ambition maritime ou coloniale, et en ne cherchant une expansion que là où la Grande-Bretagne n’avait encore dirigé ni ses vues ni ses pas : le monde slave.

La sauvagerie contre la Pologne, aboutissant à maltraiter sa population plus encore que celle de l’URSS, était donc bien au premier chef une question de "frontière".

Par ailleurs, cette agression était un coup de billard à trois bandes contre la France. Mais cette réalité reste à mettre en lumière et ne relève pas spécialement de l’ignorance de "Finkie".

NB.- "fut les troupes" : est-ce très académique ?

(mis en ligne le 19 septembre 2014)



Encore !

De Marc Nacht sur Causeur le 13/8/2014, à Renaud Girard du Figaro qui désapprouve l’inscription du Hamas palestinien sur le liste des organisations terroristes établie par l’Union européenne :

« Votre argument est simple : le Hamas a été élu démocratiquement. On pourrait vous rétorquer : le parti nazi n’avait-il été, lui aussi, élu « démocratiquement » ? »

Rappel : le NSDAP, avant d’arriver au pouvoir, n’a jamais dépassé le chiffre, énorme mais éloigné de la majorité, de 37% des voix. Hitler lui—même avait obtenu ce score lors de la seule élection à laquelle il s’était présenté, la présidentielle de 1932, et il avait été battu.

(mis en ligne le 12 septembre 2014)

(voir ci-après la perle du 19 mai 2010)



La nouvelle bataille de Fontenoy

semble à première vue plus aisée que celle qu’a gagnée Maurice de Saxe le 11 mai 1745, et devrait réclamer moins d’efforts qu’une traversée du Pacifique à la rame.

Maud Fontenoy vient en effet de déclarer sur France Inter :

"Je me bats pour qu’écologie rime avec économie."

(mis en ligne le 13 février 2014)



Jean-Paul Brighelli inculte... pas seulement sur les cultes

Ce pédagogue peu avare d’éloges pour les institutions scolaires d’antan n’en a peut-être pas été un usager toujours très concentré :

C’est tout à la gloire de la France, justement, que de refuser l’inscription de la religion, telle qu’elle se pratique dans nombre de pays - y compris en Europe - et telle qu’elle se pratiquait sous Pétain.

(Sur Causeur, le 10 février 2014)

A copier cent fois avant de revenir en cours : l’agnostique maréchal n’a point fait inscrire sur les papiers d’identité la moindre croyance, mais l’appartenance supposée à une prétendue race, en grosses lettres rouges.

(mis en ligne le 11 février)



Seux fait encore des siennes

(voir plus loin, perle du 6 juillet 2012)

Aujourd’hui, après l’annonce de l’inculpation du PDG d’Orange pour "escroquerie en bande organisée", le chef de la bande ne pouvant être que Nicolas Sarkozy, le chroniqueur économique de France Inter s’interroge sur la possibilité qu’il conserve son poste.

Il est en effet inquiété pour une affaire antérieure à sa prise de fonction : le fait d’avoir, en tant que chef de cabinet du ministre des Finances Christine Lagarde, favorisé le versement indû par l’Etat, en 2008, d’une somme colossale à Bernard Tapie. La décision, comme chacun en convient à mots plus ou moins couverts, ne pouvait émaner que du chef de l’Etat, mais Sarkozy et Tapie n’étaient pas spécialement proches et le mobile du cadeau reste obscur.

"Pas de mobile, pas de délit", tranche le chroniqueur.

Il n’y a plus qu’à se calfeutrer chez soi pour éviter d’être la victime d’un individu tirant impunément sur une foule d’inconnus !

(mis en ligne le 13 juin 2013)



La quintessence de la confusion

(de DoM P, sur le blog de Franck Boizard)

Lénine et Hitler ont beaucoup en commun, à commencer par Marx et l’extermination de masse.

Si Lénine a donné, dans certaines circonstances, des ordres impitoyables, il est facile de constater que Hitler n’a pu trouver la moindre leçon d’extermination chez Marx, en qui, de surcroît, il voyait l’une des principales incarnations de la "peste juive" dans l’histoire.

(mis en ligne le 23 mai 2013)



Un ruminant dans son pré

Sommes-nous dans une société pré-totalitaire ? Oui, il m’arrive souvent de penser que nous sommes dans une société pré-totalitaire.

(de Guy Millière, le 8 mai 2013)

Il existe bien, en comptabilité, des totaux partiels. Mais une société peut-elle être partiellement totalitaire ?

Elle peut, plus modestement, être en proie à une folle escalade verbale.

(mis en ligne le le 8 mai 2013)



Netanyahou, autiste et fier de l’être

Le premier ministre israélien se targue de son manque d’intérêt pour le film The Gatekeepers, qui fait courir et causer ses administrés :

Les télés et les radios, nomination aux Oscars oblige, finissent par en parler et surtout font réagir les politiques. À droite, c’est glacial et unanime : un film "orienté", "tendancieux". À la présidence du Conseil, Benyamin Netanyahou laisse son porte-parole déclarer : "Le Premier ministre n’a pas vu le film et il n’a pas l’intention de le voir." Au lendemain de la cérémonie des Oscars, la droite fait des gorges chaudes du fait que Dror Moreh, le réalisateur du film, est reparti les mains vides. "Nous ne verserons pas une larme", dit-on en coeur... Quelques jours plus tard, Limor Livnat, la ministre de la Culture, met le feu aux poudres. Après avoir dénoncé "ces films qui salissent l’image d’Israël", elle appelle les réalisateurs à s’autocensurer.

(extrait d’un article de la correspondante du Point à Jérusalem, Danièle Kriegel, mis en ligne le 7 mars 2013)



Révisionnisme poutinien

Mais l’essentiel, c’est que sans les atermoiements dans l’ouverture du deuxième front, les pertes soviétiques et alliées, surtout en Europe occupée, auraient été de 10 à 12 millions de personnes moins élevées. Auschwitz n’aurait pas existé, car il n’a commencé à fonctionner à plein régime qu’en quarante-quatre...

Viktor Litovkine est un journaliste russe reconnu, spécialisé dans les questions militaires, collaborateur de la Revue Militaire Russe.

Ainsi se terminait, en 2005, une interview de Valentin Faline par Viktor Litovkine, intitulée « La Seconde Guerre mondiale aurait pu prendre fin en 1943 ».

Le mauvais génie de l’Occident, superficiellement antinazi et profondément antisoviétique, est censé être Winston Churchill qui, effectivement, avait parfois (et avec mesure) bercé Staline de bonnes paroles sur un "second front" avant qu’il ne se réalisât en Normandie, en 1944. Mais il l’avait différé avec réalisme (et en luttant contre l’irréalisme novice des Etats-Unis), pour ne pas offrir à Hitler un succès facile qui, lui, eût fortement prolongé la guerre.

Enrôler Auschwitz dans le raisonnement en situant le début de son "plein régime" en 1944 constitue un record, et de désinformation, et de stupidité dans cet exercice.

(mis en ligne le 11 février 2013)



Gérard Depardieu : l’argent fait le bonheur... à une condition !

"Il a apprécié depuis un mois, de par les contacts qu’il a eus, les commerces de proximité, les bouchers, les ptits restos, les ptits bistrots, le garage où il pourra réparer son scooter, enfin bref il a trouvé un esprit de convivialité qui lui a plu tout de suite. Un esprit généreux, un esprit ouvert, un esprit tolérant, je pense que c’est ce qu’il recherchait en sortant de la ville."

Propos tenus à la RTBF par Daniel Senesael, bourgmestre d’Estaimpuis, commune belge jouxtant la France où l’acteur vient d’élire domicile.

Il n’y a probablement entre Paris et la frontière belge que des commerces de grande surface et des estaminets démesurés.

Et peut-être accessoirement des agents du fisc à l’esprit intolérant et fermé.

PS.- "La ville", nouveau surnom de la France ?

(mis en ligne le 11 décembre 2012)



Négationnisme d’extrême gauche

En ces temps d’aiguisement de tous les sectarismes, le site Mecanopolis se met à prédire la destruction de l’Etat d’Israël dans des termes carrément himmlériens :

«  (...) Les Nazis (1933-1945) œuvraient systématiquement à l’éradication des communistes (toutes nationalités confondues), des tziganes-Roms (sans nationalité), des slaves, des marginaux et aussi des gens de religion juive et de leurs descendants même devenus non pratiquants.

La réécriture de l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale au cours de la guerre froide (1954-1989) - États-Unis contre Union Soviétique ­- amènera la quasi disparition des premières victimes des livres d’histoire et leur remplacement par un nombre sacré - exactement 6 millions - lesquels petit à petit deviendront un peuple, puis une nation et enfin une « race », unique martyr au dire de l’hagiographie sioniste imposée par le maelstrom médiatique. Impasse totale par la suite sur les communistes, les handicapés, les tsiganes et les résistants pourtant tout autant incarcérés et exécutés dans ces camps de la mort ! »

Robert Bibeau, chargé par ce site de cet article, officie ordinairement dans un organe canadien francophone "marxiste-léniniste". La pudibonderie d’une partie de cette mouvance serait-elle en rapport avec l’omission, dans ses énumérations rituelles des victimes du nazisme censées avoir enduré les mêmes traitements que les Juifs, des homosexuels ?

Les premiers "éradiqués" sont censés avoir été les communistes. Cela ne tient pas debout. Hitler tenait trop, en Allemagne, à leur "sang aryen", il en tua quelques centaines, en emprisonna quelques milliers, presque tous de façon temporaire, et enrôla les autres dans ses entreprises, la résistance organisée étant ô combien méritante, mais infime.

(mis en ligne le 28 octobre 2012)



Une perle au front

(...) ce problème de fond qu’est la dégradation de l’insécurité

C’est de Bruno Gollnisch, non seulement sur son blog, mais dans une lettre, ce jour, à son président de conseil régional !

Tant que la sécurité monte en grade, où est le problème ?

Mais on pourrait bien finir par dégrader la note du professeur d’université, pour charabia et négligence.

(mis en ligne le 1er octobre 2012)



Un athéisme relatif

Dans le débat souvent très bas sur les caricatures islamophobes de Charlie-Hebdo, on peut lire ceci sur le blog de Philippe Torreton :

Un jour peut être on prouvera que Dieu n’existe pas. Ce jour là beaucoup de personnes seront sauvées.

(mis en ligne le 23 septembre 2012)



L’inconscient collectif des élus ennuyés

"C’est une question à ne pas éluder à la légère"

(le maire d’une petite commune de l’Ouest de la France, sur France Inter au début de cette semaine)

(mis en ligne le 20 septembre 2012)



BHL métaphysicien

l’increvable mouvement des Frères musulmans créé en 1928, en Egypte, dans la foulée de l’hitlérisme naissant

contexte

Mais non, Bernard !

En 1928, le nazisme convalescent n’a strictement aucune influence hors d’Allemagne. La phrase est donc archi-fausse, sauf à supposer quelque occulte transmission par des voies sataniques.

(mis en ligne le 12 septembre 2012)



Dominique Seux pédagogue

Le journaliste des Echos et échotier du libéralisme sur France-Inter raillait, mardi 3 juillet, l’administration Hollande d’éviter avec soin le mot "rigueur", comme l’avait fait celle de Sarkozy.

Sans doute pour mieux se faire comprendre, il donnait un exemple vivant : lui-même, évitant avec le même soin le mot "austérité" !

[note à l’usage d’une postérité heureuse à qui ces querelles de langage ne rappellent rien : en l’an 2012 ap. JC, dans bien des contrées, une très large majorité de publicistes, tout en se prétendant censurée par une très large majorité de mécréants, faisait de la baisse des revenus du plus grand nombre l’alpha et l’oméga des "lois de l’économie", résumées par le mot "rigueur" employé de préférence à celui d’"austérité", pourtant bien plus pertinent pour résumer leur doctrine.]

(mis en ligne le 6 juillet 2012)



On se console comme on peut

" C’’est pourquoi la gauche a perdu le peuple. "

Telle était la conclusion d’un article de la campagne électorale (Chantal Delsol, Valeurs actuelles,19/01/2012), intégralement repris sur un blog de droite , au lendemain de l’élection présidentielle de 2012.

Mieux encore : l’article se voulait un portrait en pied de la génération "68", coupable... d’indifférence aux faits !

(mis en ligne le 29 mai 2012)



Perle de campagne

Pas besoin de chercher très longtemps, en ces temps présidentiels, les huîtres affligées dont les larmes ont formé de précieuses concrétions.

Fidèle à ma devise de railler plutôt les grandes puissances que les petites, je m’en prendrai au simplisme d’un des orateurs les plus lettrés de la campagne, professeur de littérature japonaise dans une université de Lyon.

Au terme d’un article sur Mohamed Merah englobant dans la même réprobation ses sept meurtres et l’argent que son éducation aurait coûté à la France, Bruno Gollnisch écrit :

Cet article me vaudra, c’est sûr, comme d’habitude, des accusations de dureté de cœur, d’incitation à la haine, de récupération politique, et tout le bazar habituel de la rhétorique des bien-pensant [sic ; ne lirait-il même pas Bernanos ?]. Je m’en contrefiche. Comme l’écrivait Chateaubriand, il est des temps où il faut être économe de son mépris, à cause du grand nombre de nécessiteux. Je réserve ma compassion aux victimes (...).

Un peu bancal, cela ! Le signataire est-il économe de sa compassion, ou réserve-t-il son mépris aux victimes ?

(mis en ligne le 31 mars 2012)

dernière minute (et premier avril, sans poisson) : j’ai déposé ce matin à 6h 45 un commentaire sur le blog de Gollnisch, dans le sens ci-dessus ; il n’y avait alors aucun commentaire ; une ou deux heures plus tard, apparition de dix commentaires tous plus élogieux les uns que les autres et, au milieu, mention du mien comme étant "en attente de modération".

A 14h 49, le nombre des éloges a doublé, et la mention de mon oeuvre a disparu.

Tout est rentré dans l’ordre au sein du bazar habituel de la rhétorique !

suite du feuilleton



Un démythificateur professionnel en plein mythe

Pour parler comme Churchill, les Occidentaux ont fortement contribué à « tuer le mauvais cochon ».

de Pierre-André Taguieff sur Causeur, à propos des lendemains qui déchantent du "printemps arabe", marqués par une poussée islamiste au Maghreb et au Machrek.

Churchill appelé en renfort pour justifier un regret nostalgique de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi !

Rappel : "nous avons tué le mauvais cochon" est un propos rapporté, mal situé dans le temps, sans aucun répondant écrit et, last but not least, linguistiquement peu anglais, destiné à faire croire pendant la guerre froide que son auteur regrettait d’avoir choisi de concentrer son effort militaire contre Hitler, plutôt que contre Staline.

Une mise au point

(mis en ligne le 24 mars 2012)



D’un journaliste haineux

Un dictateur syrien qui annonce, sans aucun complexe, que si une seule balle étrangère est tirée dans son pays, il balancera des missiles sur Tel Aviv dans la demi-heure qui suivra.

Je ne suis pas un va-t-en-guerre, mais moi je le mets au défi. Voilà une bonne stratégie à mettre au point avec Messieurs Sarkozy, Obama et Blair qui sont si choqués par les massacres commis par Bachar el Assad. Que les forces de l’Otan tirent un ou deux missiles sur la résidence du boucher, on verra si celui-ci met sa menace à exécution. Si oui, alors les Occidentaux aideront Israël qui ripostera et on en finira avec Assad. Vous pensez que je rêve ? Vous avez raison.

La seule chose qui soit certaine dans cette hypothèse, c’est qu’en moins de 5 minutes, vraiment moins croyez-moi, Israël transformerait le palais présidentiel, et Assad lui-même, en un tas de cendres.

Marc Femsohn, Guisen, 6 octobre 2011

La haine transforme les hommes en robots... au point de recycler un discours avec deux premiers ministres britanniques de retard !

Et on frémit à l’idée de ce que dirait et ferait ce Marc s’il était un va-t-en-guerre !

(mis en ligne le 7 octobre 2011)



La présomption d’innocence et ses délires

La déclaration des droits de l’homme de 1789 a édicté que la puissance publique ne devait plus prêter main-forte aux rumeurs infamantes, en précisant que seul un tribunal avait le droit de décider de la culpabilité de quelqu’un.

Cette règle souvent oubliée a été outrageusement violée par un prince un matin de Noël : Michel Poniatowski, ministre de l’Intérieur de son vieil ami Giscard d’Estaing, a convoqué le 24 décembre 1976 une conférence de presse quelques heures après l’assassinat sur les Champs-Elysées de leur camarade de parti Jean de Broglie, pour expliquer que tout était éclairci, en nommant à la fois l’assassin et ses commanditaires.

Depuis le scandale causé par cette affaire, tout journaliste se croit en devoir de donner du "présumé" aux auteurs des délits les plus flagrants.

Mais tous les records sont battus depuis quelques jours : à l’occasion du procès de Jacques Chirac, les médias usent et abusent de l’expression "les emplois présumés fictifs de la ville de Paris"... alors que les salaires versés au nom desdits emplois ont été remboursés par le parti UMP à ladite municipalité !

Peut-être devrait-on suggérer à Jean-François Copé, secrétaire général de ce parti, d’exiger avec tous les accents de la vertu outragée, au nom de la présomption d’innocence, le remboursement du remboursement ?

(mis en ligne le 9 septembre 2011)


Le moyen âge comme si vous y étiez

Sous le subtil pseudonyme "La bonne blague", à propos de la recension par Marie Ranquet d’un ouvrage anglo-saxon relatif aux Croisades, sur nonfiction.fr :

Je me permets de lui rappeler que 99% des travaux sur les croisades soutiennent la thèse des méchants croisés contre les bons musulmans.

Le pourcentage parle de lui-même !

(mis en ligne le 9 juillet 2011)


(après l’exécution de Ben Laden)

Quand Philippe Bilger piétine les fondements du droit

Justice vient d’être faite au sens où, au-delà de l’officiel, il y a des événements et des issues qui satisfont pleinement ce que l’être humain, quoi qu’on en ait, attend : que l’horreur et les tragédies suscités par la folie et la fureur d’un homme ne demeurent pas impunis.

Il n’est déjà pas très intelligent d’approuver les réactions primaires de la foule, même si on peut, et doit, les comprendre.

Mais le faire au nom du droit, alors qu’il est bafoué et qu’on est un expert de cette discipline, chargé comme tel de fonctions importantes, voilà qui appelle seulement deux commentaires.

L’un, évangélique : "Si le sel s’affadit, avec quoi va-t-on le saler ?" (Matthieu, 5, 12)

L’autre, historique : qui donc avait cru devoir se fendre de plusieurs articles pour justifier la parole de Hitler selon laquelle, lors des meurtres de la nuit des Longs couteaux (30 juin 1934) il était "le Juge suprême du peuple allemand" ?

Un juriste universitaire qui fit une belle carrière avant, pendant et après le nazisme : Carl Schmitt.

Mais peut-être l’avocat général de la cour d’appel de Paris veut-il dire qu’un procès de Ben Laden aurait infailliblement conduit à son acquittement ? C’est en tout cas la seule interprétation possible de l’allégation selon laquelle sa fureur aurait pu demeurer impunie.

(mis en ligne le 8 mai 2011)



De Bilger encore (et de bien d’autres)

"... l’impossibilité d’un procès qui aurait été dans tous les cas lourd de toutes sortes de menaces."

Parce que Al Qaïda serait plus capable de faire des attentats pour délivrer son chef que pour le venger ?!!!

A cette aune, il aurait fallu que les Anciens n’aient pas la folle imprudence d’inventer la prison, ni le tribunal, et laissent les pratiques de vendetta se pérenniser.

(mis en ligne le 8 mai 2011)



Où mène la phobie de la phobie

Dans un débat du Point sur un brouillon du statut des Juifs, le seul disponible à ce jour, annoté par Pétain et exhumé par Serge Karsfeld. Un internaute ayant mis en cause le futur maréchal dans la prolongation de la Première Guerre mondiale, un "Bouboul" (on ne le lui fait pas dire, mais "Boumboum" irait mieux encore) :

Bouboul

vendredi 15 octobre | 15:03

Je sais bien que l’américanophobie est dans les gènes de bien de nos concitoyens, mais de là à dire que "grâce aux Américains on pouvait continuer la boucherie", c’en est trop. Beaucoup trop. C’est justement l’arrivée des Américains qui a permis de terminer cette horrible boucherie. Les Allemands le savaient très bien qui ont signé une paix blanche avec les Bolcheviques à Brest Litovsk pour pouvoir utiliser toutes leurs troupes à l’ouest. Sans les "Doughboys", leur matériel, leur armement la guerre était perdue pour la France.

Hé non, les renforts humains furent bien, en 1918, américains, mais leur matériel était français : sans être anti, on peut remarquer que l’oncle Sam n’est pas sorti de la cuisse de Jupiter... tout armé !

(mis en ligne le 19 octobre 2010)



Un Juif socialiste à Vichy ?

Sur Causeur, à propos des comparaisons Sarkozy-Pétain

Roba dit :

27 septembre 2010 à 9:17

Il serait bon de rappeler que tous les propos et slogans (comme ‘Travail,...’) repris par l’auteur et attribués au Maréchal Philippe Pétain, chef de l’Etat français, sont en fait le pur produit de la plume de son “nègre”, l’excellent Emmanuel Berl, juif de gauche, écrivain et pacifiste. Et accessoirement, époux de la chanteuse Mireille. Rendons à César...

Un juif socialiste à Vichy !!!!

Berl (qui n’était pas socialiste) a participé à la rédaction des tout premiers discours de Pétain à Bordeaux, en juin 1940, et n’a jamais, de près ou de loin, été son conseiller à Vichy. Si le rapprochement Pétain-Sarkozy est discutable, il y a encore moins de raisons de confondre Emmanuel Berl et Henri Guaino !

Mais cet amalgame est bien de notre temps : les jeux d’étiquettes remplacent l’ouverture des flacons.



Quand Bruno Gollnisch sème ses toxines

La journaliste Elisabeth Lévy, patronne du mensuel Causeur et du site d’échanges du même nom, ne dit pas que des inepties (cf. plus loin, à propos d’une librairie pro-palestinienne).

Pourquoi faut-il, dans un article contre les anathèmes sarkozyens de l’été 2010 à l’égard des étrangers (passés, présents et futurs !), qu’elle relaye sans examen cette "information" : la législation du Front populaire était allée plus loin dans le retrait de la nationalité aux délinquants fraîchement naturalisés !

L’affirmation vient en droite ligne d’une interview du dirigeant du Front national, le 25 août.

La réalité : un décret-loi du 12 novembre 1938, date à laquelle un gouvernement Daladier, comprenant des ministres de droite, tourne le dos au Front populaire, tout en cherchant des compromis avec le nazisme (nous sommes entre les accords de Munich du 30 septembre et la visite à Paris de Ribbentrop, pour signer un traité d’amitié, en excluant les ministres "juifs" Zay et Mandel des réceptions, le 6 décembre -en passant par la répression démesurée d’une grève de 24 heures, le 30 novembre).

(mis en ligne le 8 septembre 2010)



Hitler visait la domination mondiale : encore cette vieille lune !

Yoram Hazony, du Shalem Center de Jérusalem, est un jeune politologue israélien.

Dans un essai intitulé Israel Through European Eyes (« Israël vu par les Européens »), il affirme que les gens de gauche (auxquels il ne semble pas porter une affection sans bornes) ont récemment inventé un "nouveau paradigme" inspiré de Kant, la disparition de l’Etat-nation. Son propos est ainsi résumé par Daniel Pipes le 17 août 2010, dans la National Review online :

Est-il besoin de faire remarquer qu’il est faux d’attribuer les horreurs nazies à l’État-Nation ? Les nazis, qui voulaient mettre fin aux États-Nations, rêvaient, à l’instar de Kant, d’un État Universel.

Le nazisme poursuivit au contraire avec une remarquable constance le projet non pas d’une planète, mais d’une Europe allemande (partageant le pouvoir mondial avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Japon), et c’est bien pour cela :

1) qu’il a failli réussir ; 2) qu’il a été en mesure de se livrer à un gigantesque massacre des Juifs de cet espace.

(mis en ligne le 1er septembre 2010)



.

"Hitler démocratiquement élu" : un internaute s’obstine !

L’une des missions les plus salubres de l’historien du nazisme est, à mon sens, de combattre ce préjugé encore aujourd’hui très commun. Il a en effet la triple et fâcheuse conséquence de masquer :

-  les engagements fallacieux par lesquels ce chef d’un parti raciste et violent a obtenu, le 30 janvier 1933 sa désignation comme chancelier, et les tricheries quotidiennes au terme desquelles il a installé sa dictature personnelle, à dater du 28 février ;

-  la légèreté des classes dirigeantes allemandes, qui se croyaient en position de contenir et de contrôler ce minoritaire dont la nomination n’était en rien obligatoire ;

-  celle de la communauté internationale, parfaitement fondée, selon les règles en vigueur notamment depuis la création de la Société des nations, à ne pas se laver les mains de ce processus.

Or sur mon propre forum un internaute relaps (il avait reconnu que Hitler avait été nommé, puis avait recommencé à écrire comme si de rien n’était qu’il avait été élu) vient de déclarer :

Oser me reprocher d’avoir dit que le chef d’un parti qui comptait plusieurs centaines de députés avait été élu dénote un esprit fâcheusement procédurier ou fâcheusement... universitaire.

Eh bien, vive l’audace, et vive l’université !

Mais nous n’irons pas jusqu’à la procédure, du moins de mon fait.

(mis en ligne le 19 mai 2010)



Magazine L’Histoire : perseverare diabolicum !

Dans un dossier assez médiocre sur la défaite française de 1940, votre serviteur avait relevé publiquement une faute étonnante : la chronologie, qui datait à juste titre du 3 septembre 1939 la déclaration de guerre de la France, la situait fâcheusement avant celle de l’Angleterre, qui pour sa part aurait attendu jusqu’au 4.

Le numéro suivant comporte un rectificatif renouvelant la principale erreur ! Car il admet que les deux déclarations ont eu lieu le même jour, tout en répétant que celle de l’Angleterre était postérieure (alors qu’elle datait de 11 h, et la française de 17h).

Or cet écart a un sens politique important : déjà fort tardif par rapport à l’agression nazie contre la Pologne (le 1er septembre à l’aube) à laquelle il était censé répliquer, ce geste avait été encore plus laborieux à obtenir de Paris que de Londres, ce qui, tout en reflétant l’alignement de la France sur l’Angleterre pendant les années 30, n’était pas sans préfigurer la scission de juin 1940 entre les deux pays.

(mis en ligne le 3 mai 2010)



Est-ce l’effet Sarkozy (Jean) ?

Lu sur un billet du festival "Chorus", organisé par le conseil général des Hauts-de-Seine, début avril 2010 :

"Ce billet ne sera ni repris ni échangé, même en cas de perte ou de vol."

(mis en ligne le 13 avril)



Quand Yannick Haenel fictionne

Extrait du sottisier de son roman Jan Karski (Gallimard, septembre 2009, prix FNAC puis Interallié) :

Lorsqu’on incrimine la passivité des Polonais face à l’extermination, on oublie que la Pologne était occupée par les nazis et les staliniens. (p. 181)

Dans la polémique subséquente (éclose seulement début 2010 grâce à Annette Wieviorka), on entend beaucoup (trop) dire qu’il y aurait des malentendus "de génération" entre le quadragénaire Haenel et certains de ses aînés.

Il est de fait que les plus obtus des auteurs nés avant 1960 n’ont pas encore, à ma connaissance, assimilé Staline à Hitler au point de les croire tous deux en Pologne à l’époque de la Solution finale !

(alors que l’occupation conjointe dure de septembre 1939 à juin 1941 et que la Solution finale démarre à la fin de cette année, tout le territoire ci-devant polonais étant aux mains du Reich)

(mis en ligne le 25 février 2010)



Sophie Marceau, biologiste du futur

interviewée par Télé-magazine (n° 2832) à propos du film Lol qui la campe en mère d’une adolescente :

"- Le petit oiseau éprouve le besoin de s’affranchir et de couper le cordon."

Il avait peut-être un fil à la patte !

(mis en ligne le 14 février 2010)

note du 20 mai : tapez la phrase sur Google, vous la verrez apparaître des dizaines de fois... preuve qu’elle n’avait pas été improvisée au hasard d’une rencontre avec un journaliste mais mûrement pesée par le service de promotion. C’est encore plus drôle !



et encore un pavé de l’ours !

Sur Causeur.fr, en réponse à Jérôme Leroy qui rappelait les tortures subies par certains militants communistes pendant la guerre d’Algérie :

Têtuniçois dit :

28 août 2009 à 19:13

En Algérie on ne torturait pas les communistes qui n’avaient rien fait . On torturait les communistes qui aidaient le FLN a poser des bombes contre les Européens .

(mis en ligne le 29 août 2009)



Puissants cryptogames

De Pierre-André Taguieff cité par Emmanuel Lemieux :

Comme les champignons après la pluie, les illusions mortelles, à peine habillées de neuf, renaissent après les catastrophes qu’elles ont provoquées.

S’ils font la pluie, espérons que les champignons fassent aussi le beau temps !

(mis en ligne le 28 août 2009)



perles plus anciennes

le 13 février 2014



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