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Hommage à Nicolas Sarkozy




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8 décembre 2005. On annonce qu’un passager qui avait fait le malin, à l’aéroport de Miami, en disant qu’il avait une bombe dans son bagage à main, a été abattu, en dépit de sa femme qui hurlait qu’il souffrait de troubles mentaux. Mais là n’est pas le plus extraordinaire : il est, comme dans l’affaire du Brésilien inoffensif descendu en juillet par les super-flics de Scotland Yard, dans l’absence de sanctions et même, en l’occurrence, les félicitations du gouvernement américain, qui fait savoir que les policiers ont "agi comme il fallait". La société doit reconnaître les mérites des héros sans peur et sans reproche et, s’ils sont trop modestes pour accepter de leur vivant des récompenses, il faudra, quand ces dévots auront été rappelés par leur Créateur, élever un monument à leur mémoire.

En France, nous avons un sentiment de sécurité plus élevé encore que celui des Américains et des Britanniques grâce à un Blair au carré matiné d’un Bush à la puissance 10, un humble serviteur de l’Etat et de ses compatriotes nommé Nicolas Sarkozy, qui n’a jamais dit un mot contre la guerre d’Irak, qui a proclamé que l’attribution des Jeux Olympiques de 2012 à Londres au lieu de Paris était une bonne chose pour faire réfléchir les Français sur eux-mêmes, qui s’est montré d’une efficacité sans précédent pour assurer le calme dans les banlieues déshéritées après avoir par des provocations bien dosées fait la part, large, du feu, qui a séduit les électeurs de gauche en supprimant la double peine [1] et ceux de droite en la remettant en vigueur, à la faveur précisément de cette « crise des banlieues » qui a fait croire un moment aux médias de la planète que la France était la proie d’une insurrection islamiste.

Un tel stratège avait mieux à faire, en ce jour, que d’affronter sous les Tropiques une grêle de mangues pourries et il a prouvé son sens de la dignité de l’Etat en annulant un voyage aux Antilles françaises, dont la population quasi-unanime l’attendait avec des sentiments peu amicaux. Elle s’apprêtait à lui reprocher le vote, par les députés dont il préside le parti, d’une loi qui contraindrait [2] les professeurs exerçant sur le territoire français [3] à prétendre que l’œuvre coloniale de la France avait joué dans l’histoire un « rôle positif ».

Non, vraiment, Sarkozy mérite mieux. Il est même beaucoup trop modeste en ne briguant que la présidence d’un pays membre (et un membre particulièrement ankylosé !) de la vieille Europe. Mais Churchill [4] nous a indiqué la voie à suivre, lorsqu’il a délégué lord Halifax comme ambassadeur à Washington en décembre 1940, en expliquant que c’était pour la vie politique londonienne un coûteux sacrifice mais que, devant le défi lancé par Hitler, il fallait avant tout resserrer la solidarité transatlantique et « envoyer au président Roosevelt ce que nous avions de mieux ». Comme il n’y a plus de Roosevelt et que, l’ingratitude humaine étant ce qu’elle est, Bush et son équipe sont discrédités, il faut d’urgence qu’ils utilisent leur reste d’influence pour faire adopter un amendement qui permette à un sujet né à l’étranger de poser sa candidature à la présidence des Etats-Unis. Un remède de cheval, certes, mais ne faut-il pas de temps en temps un outil puissant, disons un kärcher, pour nettoyer la place de ses indésirables, disons de la racaille ?

Le salut du monde libre est à ce prix et ceux qui luttent pour lui doivent garder un moral d’acier. Le sauveur existe, il n’y a plus qu’à l’appeler. La France se fera une raison et offrira avec abnégation le meilleur de ses fils.

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le 8 décembre 2005

[1] une pratique administrative consistant en l’expulsion des étrangers délinquants à l’expiration de leur peine, eussent-ils toutes leurs attaches en France.

[2] si ses décrets d’application étaient un jour publiés et traduits en circulaires

[3] dont le signataire de ces lignes.

[4] Winston Churchill (1874-1965) : un homme si grand qu’il n’a réussi à se baisser jusqu’au pouvoir qu’à 65 ans et demi.



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