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Churchill et l’Amérique en décembre 2006





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Ingérences américaines : Carter plus subtil que Bush (sur la mort d’Aldo Moro)

un qui nous ballade dur !


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Il est encore trop tôt pour dire si le second semestre 2006 a vu un palier dans la chute, ou le début d’un redressement. Le cessez-le feu pour l’instant respecté au Liban, les propos provocateurs de Benoît XVI contre l’Islam suivis de mises au point embarrassées et atténuantes, puis d’un voyage réparateur en Turquie, la déculottée de Bush aux élections de mi-mandat attribuée à sa politique irakienne par lui-même et les moins entêtés de ses partisans , le triomphe du film d’Al Gore sur les catastrophes écologiques imminentes, les prémisses d’une transition douce à Cuba : tout semble soudain se liguer contre les idées qui ont mené l’humanité au bord du gouffre. Ni la déréglementation généralisée de l’économie au profit de quelques sociétés multinationales, ni la théorie du choc des civilisations et son corollaire, le repli de l’Occident sur une défense frileuse et liberticide de son identité, n’ont plus en poupe le vent qui les propulsait depuis une quinzaine d’années.

Cependant, les tenants de ces idées, loin de s’avouer vaincus, ne cessent de lancer des contre-attaques. Ainsi, le concept d’"islamo-fascisme" apparu depuis peu dans le discours de Bush pour désigner l’intégrisme musulman en général et Al Qaida en particulier, montre bien la rente que les dirigeants américains actuels entendent encore tirer du rôle de leur pays dans la Seconde Guerre mondiale, sans pour autant consentir les efforts intellectuels et matériels nécessaires pour jouer un rôle équivalent dans le monde d’aujourd’hui.

Il faut donc redire que le fascisme, un concept adéquat à l’Italie des années 1920, est devenu d’emblée flou quand il eut franchi des frontières, et dangereux pour toute force qui prétendait s’opposer à ce qu’elle désignait par là. Baptiser fascisme, en particulier, le nazisme, c’était rendre à son chef un immense service, en l’aidant à dissimuler le caractère infiniment plus radical de son idéologie, ainsi que les appétits territoriaux de son régime. Tous les autres "fascismes", de Mussolini à Pinochet, ne s’en sont d’ailleurs jamais pris qu’à leurs propres peuples, sauf dans le cas où, entre 1933 et 1945, ils s’étaient laissés satelliser par l’Allemagne.

Il serait urgent que l’Occident laisse au Hezbollah ce genre de métaphore historique, et parle plutôt de ce qu’il a à offrir de séduisant, en particulier les libertés et les droits de l’homme (on se demandera d’ailleurs un jour, peut-être prochain, comment on a pu y forger à la fin du XXème siècle l’adjectif "droitdelhommiste", dans un sens péjoratif).

En résumé, il ne faudrait pas que le grand nettoyage qui s’impose, et qui a peut-être déjà commencé, évacue Winston Churchill avec ceux qui ont indûment invoqué son nom. Il a justement beaucoup à nous dire encore, par sa façon d’allier la fermeté à la générosité, le sens des droits des puissants à celui de leurs devoirs.

quand Götz Aly snobe fâcheusement Churchill

Montigny-les-Cormeilles, 3 décembre 2006

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le 7 décembre 2006



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