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Les fleurs du mal




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A peine l’encre du précédent éditorial sur la diffusion de mon travail était-elle sèche (si cette expression est de mise dans notre univers virtuel) que paraissait dans une revue importante un article intéressant dans lequel mon dernier livre était ainsi présenté :

"Les péripéties de ce vol et de la préparation et diffusion du discours du 18 juin sont présentées de façon remarquable dans l’ouvrage de François Delpla L’appel du 18 juin 1940, Paris, Grasset, 2000 "

Je ne donnerai pas ici la référence, pour ne pas mettre en cause publiquement un chercheur compétent et beaucoup moins critiquable que bien d’autres, qui ne citent jamais un de mes livres alors que leur propos souvent devrait les amener à prendre position sur leurs analyses. En revanche, je donnerai cette référence à ceux qui me la demanderont.

L’article, qui porte en partie sur le sujet du livre (les deux premières semaines du mouvement gaulliste) défend l’action du général de Gaulle contre certaines calomnies. Je reproche seulement à ce plaidoyer son classicisme. Des mensonges antigaullistes y sont mis en lumière, mais on cherche en vain la plus petite allusion aux omissions, aux simplifications, aux embellissements et, il faut bien le dire, aux mensonges qui émaillent (fût-ce avec les meilleures justifications possibles), le récit de cette quinzaine dans les mémoires du général, ou dans ceux du premier ministre anglais.

La vérité chemine certes doucement mais à ce train-là nos petits-enfants seront morts avant qu’elle ne touche au but. Par exemple, comme on ne peut plus entièrement passer sous silence les entraves que Halifax mettait à l’action de Churchill, on commence très timidement à admettre que l’horaire et le texte du premier appel radiodiffusé du général n’en sont pas sortis indemnes. Mais on ne dit pas clairement :

1) que de Gaulle a prononcé un texte dont les deux premières phrases sont carrément pétainistes ;

2) que Churchill, le 17 juin, a très mal accueilli l’idée de cet appel et qu’il a été lui-même très difficile à convaincre -certes en raison de l’obstruction de Halifax, mais il n’est pas indifférent de savoir qu’il y avait cédé, ni interdit de se demander s’il avait, ce jour-là, autant conscience que de Gaulle qu’en France métropolitaine la partie était jouée et qu’un appel à désobéir à Pétain, pour être peu conforme aux usages des diplomates, était la seule solution antinazie.

Encore une fois, je préfère cet article à bien d’autres travaux qui ressassent de vieilles théories en ignorant des décennies de découvertes plus récentes. Mais incontestablement, ceux-ci sont plus logiques.

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François Delpla, le 27 septembre 2002



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