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Site de François Delpla :Himmler : le gouvernement britannique à la croisée des chemins
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Débats

Himmler : le gouvernement britannique à la croisée des chemins




débats conservés sur ce site depuis la parution du troisième livre de Martin Allen en 2005

pour en débattre



sur le forum Seconde Guerre mondiale

Posté le : Sam Mai 03, 2008 7:01 pm

Eh bien nous y voici !

Ce 3 mai les National Archives se fendent enfin d’un communiqué sur l’affaire Himmler-Allen, le premier depuis le le 18 juillet 2006.

Il dit que 29 documents issus de 12 cartons ont été expertisés comme des faux, et sont en ligne. Le lien indiqué mène en effet vers la photographie de 29 pièces.

Le communiqué dit aussi qu’ont été mis en ligne les documents concernant l’enquête (ce qui avait été annoncé), mais là, pas de lien et je ne trouve rien (mais je veux bien qu’on m’aide à chercher).

Mon premier sentiment est fort réservé. Les pièces sont présentées dans un grand désordre chronologique et concernent non seulement, comme il avait été dit précédemment, les deux derniers livres d’Allen (portant respectivement sur une conspiration gouvernementale britannique préludant au vol de Hess et sur les offres de paix de Himmler, puis sa mort) mais aussi le précédent, et premier, sur les menées pronazies du duc de Windsor : c’est ainsi la totalité de la production livresque de cet historien dérangeant qui se trouve vouée à l’exécration et à la moquerie universelles.

Cette présentation, qui entremêle notamment des documents concernant Hess en 1941 et d’autres ayant trait à Himmler en 1944 ou 1945, semble trop accablante pour être honnête. Rien n’invite à replacer les "forgeries" dans le contexte des ouvrages pour voir si la thèse que les faux sont censés appuyer est, elle, ruinée ou non. Ne resterait-il pas par hasard, dans les documents que votre bûcher épargne et, par là, consolide, de quoi la soutenir ?

Mais j’y reviendrai plus loin, à propos de Himmler justement, car là c’est vraiment trop gros. Ce que je voudrais indiquer auparavant c’est que le verdict de fausseté ne me paraît pas toujours très catholique. D’accord pour les lettres de Bracken, qu’Audrey Giles a, depuis le début de l’affaire, prises en flagrant délit de signature préalablement crayonnée et de mode de reprographie n’existant pas en 1945. D’accord encore pour un document du nonce papal en Espagne datant de novembre 1940, pièce maîtresse de la démonstration sur Rudolf Hess, dont j’avais moi-même, après l’éclatement de l’affaire, trouvé le papier, dans mon souvenir, d’un blanc un peu trop clair et immaculé. Mais il y a des télégrammes, concernant un éventuel vol de Hoare vers la Suisse, qui sont reproduits parmi les 29 faux, alors qu’ils me semblent bougrement bien imités (que ce soit dans mon souvenir ou au vu de la reproduction mise en ligne). Alors je repose la question : pourquoi diable des faux grossiers et d’autres très professionnels ? A ce sujet comme à bien d’autres, il serait urgent que nous ayons les dossiers promis sur l’enquête elle-même : ainsi aurions-nous une idée plus précise des procédés employés, tant par les faussaires que par les experts.

Mais surtout, il y a des pièces essentielles qui semblent, d’après ce dossier, avoir résisté victorieusement à l’examen. Je citerai, dans le cas de Hess, une lettre de Halifax en janvier 41, se plaignant à son ministère d’avoir été approché par des Allemands dès le début de son ambassade à Washington alors que la conspiration devait utiliser son nom mais en aucun cas passer par sa personne (seule la réponse de Cadogan est mise au piquet des faux ! -il s’agit du premier document reproduit).

Et voici le summum : le document "Thomas" sort une fois de plus indemne de l’épreuve ! Le télégramme par lequel l’équipe envoyée pour obtenir le silence définitif du Reichsführer SS rend compte, sans détails concrets mais sans ambiguïté, du succès de sa mission, serait donc authentique. information à corriger : voir plus bas, Télégramme Thomas : rien n’est simple et tout se complique !

On en est là. C’est maigre et c’est déjà beaucoup !



sur LdG

(un "Arcole" s’étant plaint de la réouverture du débat)

More and more

de françois delpla le dimanche 04 mai 2008 à 05h53

Tout en rappelant à Arcole une sûre recette pour ne pas être énervé par un débat (ne pas cliquer ; sauf maintenant, pour sortir, car la suite est passionnante et je ne réponds de rien), je voudrais maintenant attirer l’attention sur un autre point du communiqué qui s’est fait attendre presque deux ans (et un gros mois supplémentaire après l’annonce initiale), ce qui présente au moins l’avantage de laisser entendre qu’il a été pesé et soupesé.

En voici d’abord la traduction presque intégrale :

Les NA ont déclassifié les résultats de notre enquête sur les documents fabriqués. Les pièces relatives à l’enquête, ainsi que les documents fabriqués, sont maintenant en ligne sur notre site.

En juillet 2005, on s’est aperçu qu’un certain nombre de dossiers détenus par les NA contenaient des documents fabriqués. Ils portaient sur la SGM. D’où une minutieuse enquête interne, dont les résultats sont présentement rendus publics.

Il s’ensuivit une enquête de police, avec la pleine coopération des NA. Un examen dans un laboratoire judiciaire confirma que les documents suspectés étaient des faux récents, introduits dans les dossiers à partir de l’an 2000. L’enquête en a trouvé 29, répartis dans 12 dossiers.

La police métropolitaine a soumis le dossier au service des poursuites de la Couronne (CPS) en octobre 2006. Le CPS a décidé qu’il n’était pas dans l’intérêt public de poursuivre, et l’enquête de police est à présent close.

(...)

Cette manoeuvre mériterait de passer à la postérité comme un fleuron du "storytelling" mis à la mode anglaise par le tandem Bush-Blair suivant un article du Monde daté de ce samedi, à propos du recours de Sarkozy, pour justifier l’envoi de troupes en Afghanistan, à un bobard sur des mains coupées par les talibans.

Voilà bien une mise au point propre à relancer interrogations et soupçons. Ainsi la Couronne se sentirait plus menacée si on mettait la main au collet des bandits et si on étalait leurs méfaits, que par l’impunité et le silence !

(...)



Ben Fenton, le retour !

de françois delpla le lundi 05 mai 2008 à 05h52

Le 1er mai, soit deux jours avant le dévoilement officiel de la statue, le seul journaliste qui ait signé des articles sur l’affaire (le dernier le 17 septembre 2005, pour annoncer le démarrage de l’enquête de police) est réapparu pour donner sa version de ce qui allait sortir !

C’est ici

On apprend qu’il a quitté (il ne dit ni quand ni pourquoi) le Daily Telegraph pour le Financial Times mais surtout il nous donne une foule de détails sur les différentes phases de l’affaire et sur son propre rôle, capital à bien des égards.

Bref, il semble ENFIN faire son travail de journaliste. Et il nous en dit long sur Martin Allen, qu’il a contacté ou chercher à contacter à diverses reprises, en obtenant des réactions intéressantes ou significatives.

Ce coup-ci, l’affaire démarre. L’étouffement ne me paraît vraiment plus possible. Mais, si une foule de gens se scandalise de la clôture des enquêtes et de l’absence de poursuites, peu encore posent les bonnes questions historiques : puisque tous les documents surprenants d’Allen n’ont pas été trouvés faux, que valent en définitive ses thèses ? Sur la mort de Himmler comme sur la préhistoire du vol de Hess, pourquoi y a-t-il encore autant d’archives incommunicables et que cache cette censure ?

PS.- Richard Ingrams, vedette médiatique et fils de celui qu’Allen présentait comme le probable "Thomas", chef du commando chargé d’aider Himmler à disparaître, écrit conclut ainsi dans son bloc-notes de l’Independent, le 3 un billet fondé sur l’article de Fenton :

In view of the rather bizarre nature of this story, it might be tempting to conclude that the authorities are guilty of some kind of cover-up. Whatever the truth, it would be nice if the matter were resolved, if only to reassure historians that in future they can believe in the authenticity of what they find in the archives.



Sur le forum Seconde Guerre mondiale

Posté le : Lun Mai 05, 2008 9:42 pm

Au moment où j’ai consulté le site, le lien du communiqué donnait seulement accès aux copies des documents "forgés". Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre et le lien donne accès à une page où on peut cliquer soit vers ces copies, soit vers plusieurs dossiers relatifs à l’enquête.

Je suis en train d’en prendre connaissance. J’ai peur qu’il n’y ait là une sélection un peu orientée. Exemple : sur cette page, on n’a droit qu’à la fin d’un e-mail de l’historien John Fox, daté du 3 juillet 2005. Or le dernier paragraphe n’a rien à voir avec la question des faux, et tend à accabler Allen et ses thèses au moyen d’un argument qui n’est nullement de mise dans pareille discussion... bien qu’il ait été employé ici même par certains !

Un autre élément permet de penser que l’idée d’un complot britannique pour assassiner Himmler est absurde. De tous les leaders du Troisième Reich tombés dans les mains des Alliés, le seul qui possédait potentiellement toutes les informations clés sur le Troisième Reich était bien le Reichsführer SS Heinrich Himmler. Le tuer équivalait à tuer de manière criminelle la poule qui aurait pu pondre l’oeuf d’or du siècle.

S’il y a une démarche à déconseiller aux apprentis historiens, comme d’ailleurs aux intellectuels de toute discipline, c’est de mettre en doute un fait sous prétexte qu’il n’est pas logique et dérangerait l’ordre du monde tel qu’on l’envisageait jusque là. A plus forte raison si une preuve est avancée et qu’il s’agit d’en examiner l’authenticité.

Mais je n’insinue pas par là que mon honorable collègue John Fox serait d’un niveau inférieur à celui d’un apprenti. J’incrimine plutôt le manieur de ciseaux qui a mis l’extrait en ligne : pourquoi donc n’avoir publié d’un message que ce passage hors sujet, sinon dans une logique d’avocat, faisant défiler toutes les variétés possibles d’arguments favorables à sa cause ?



sur le forum du présent site

5 mai 2008 1Oh 45

Le dossier d’expertise des « faux Allen » corrobore sa pièce principale !

Le télégramme signé « Thomas », adressé à Bruce-Lockhart le 24 mai 1945 à 2h 50 pour lui annoncer la mort de Himmler, est le document le mieux à même d’établir une intervention britannique dans la fin du chef SS, et le plus central à cet égard dans la démonstration d’Allen. Il a été trouvé, nous dit cet auteur, dans le dossier FO 800/868 des National Archives. Or cette référence fait l’objet, dans le dossier mis en ligne par cette institution le 3 mai 2008, de nombreux comptes rendus d’experts... mais ils concernent d’autres documents ! Il n’y a rien de précis sur celui-là. Pas plus qu’il ne figure parmi les 29 pièces, soit la totalité des « forged documents » diagnostiqués au terme de ces très longues analyses, dont la reproduction figure en tête du dossier mis en ligne. information à corriger : voir plus bas, Télégramme Thomas : rien n’est simple et tout se complique !

On peut subodorer que peut-être il fait partie des « deux documents » FO 800/868 remis par Ben Fenton à Audrey Giles le 14 juin 2005 d’après http://www.nationalarchives.gov.uk/documents/foi-dlog-2007-forged-documents-investigation-papers-1.pdf. et http://www.nationalarchives.gov.uk/documents/foi-dlog-2007-forged-documents-investigation-papers-2.pdf ainsi que http://www.nationalarchives.gov.uk/documents/foi-dlog-2007-metropolitan-police-witness-statement-david-thomas.pdf. Mais rien n’est dit ici du résultat de cette démarche (sinon par David Thomas -no relation !- directeur des National Archives, qui dans une déposition non datée -voir ci-avant la dernière adresse électronique-, prétend sans s’y arrêter que Mrs Giles avait déclaré faux les « cinq documents » à elle soumis) ; cependant le résultat de l’expertise Giles a été résumé par Fenton lui-même dans ses articles subséquents du début juillet, d’une façon qui a été largement rapportée et débattue sur mon site : deux autres documents, appartenant à une autre cote, ont été déclarés « faux grossiers », et le télégrame « Thomas » simplement suspect, sans le moindre argument, ce qui laisse entière l’hypothèse qu’il n’a été déclaré tel que parce qu’il permettait de tirer, sur la question de la mort de Himmler, les mêmes conclusions que ses deux grossiers compagnons de mise en examen. En d’autres termes, son papier, son encre, sa graphie et sa logique interne ont passé victorieusement l’épreuve. information à corriger : voir plus bas, Télégramme Thomas : rien n’est simple et tout se complique !

Le télégramme du 24 mai est mentionné directement une seule fois dans toutes les pièces mises en ligne : http://www.nationalarchives.gov.uk/documents/foi-dlog-2007-metropolitan-police-witness-statement-tom-gregan.pdf. Il s’agit d’une déclaration signée d’un archiviste de Kew, Tom Gregan : p. 10, il fait état de la remise par lui-même, le 9 février 2006, de cette pièce à un laboratoire de la police, au milieu du dossier FO 800/868, lui-même accompagné de cinq autres. Rien n’est dit par lui, ni en gros ni en détail, des résultats de cette démarche et, si certains sont mentionnés par ailleurs, rien ne concerne jamais en particulier ce document clé.

Le plus intriguant est (http://www.nationalarchives.gov.uk/documents/foi-dlog-2007-forensic-report-by-adam-j-craske-aug-2005.pdf) un rapport de l’expert judiciaire Adam Craske, chargé le 29 juillet 2005 d’expertiser cinq documents de la cote 800/868... sans que celui-ci y figure.

Ainsi donc, en ce mois de juillet où on ne parlait pas encore beaucoup du deuxième livre d’Allen (sur Hess) et très peu du premier (sur le duc de Windsor), les National Archives ont diligenté une enquête sur le troisième, en faisant expertiser les documents de la cote 800/868, sans faire examiner (ne serait-ce que pour comparaison, dans l’hypothèse où on aurait déjà été convaincu de sa fausseté) le plus important ! information à corriger -légèrement- : voir plus bas, Télégramme Thomas : rien n’est simple et tout se complique !

La voie est donc tracée : tout historien digne de ce nom, ayant vent de cette situation, doit se manifester auprès de Mister David Thomas pour lui signaler le very regrettable oubli de cette pièce dans ce very interesting dossier.



sur LdG

Affligeant !

de françois delpla le mardi 06 mai 2008 à 10h21

Je vais mettre en ligne d’ici quelques minutes le résultat essentiel, au regard de la mort de Himmler, de ma lecture du dossier publié samedi dernier sur le site des National Archives : la parfaite consolidation, par ledit dossier, du télégramme "Thomas" annonçant la mort de Himmler et la part prise par la Grande-Bretagne dans ce résultat. information à corriger : voir plus bas, Télégramme Thomas : rien n’est simple et tout se complique !

Auparavant, un point anecdotique, mais révélateur de l’esprit qui a présidé à la mise en ligne de ces informations.

A l’adresse on peut lire un rapport, curieusement non daté, de l’historienne Louise Atherton. P. 6, elle glisse dans ses reproches sur l’usage de faux un autre, d’une gravité bien moindre, portant sur l’interprétation d’un document authentique. Il s’agit d’un rapport britannique sur les tractations de Dahlerus, jouant un rôle de go between entre Hitler et le gouvernement de Londres, en octobre 1939. Allen affirme, en citant ce rapport comme source, que l’industriel suédois a rencontré Halifax le 12 octobre lors d’un de ses retours de Berlin. Or la source, qui documente amplement la connaissance, par le Foreign Office, de ce dossier sensible, ne fait pas état explicitement de la réception du messager par le ministre en personne.

Elle est seulement hautement probable ! Certes Allen aurait dû introduire un conditionnel, certes il a manqué de rigueur. Mais que vient faire cet élément dans un réquisitoire pour usage de faux ? Et quel besoin avait-il de cette flèche d’appoint ?

C’est bien une personne et l’ensemble de son travail qu’on cherche à discréditer. De telles moeurs, de la part d’une institution publique censée être à la disposition des chercheurs de toutes opinions pour favoriser leur travail, dépassent l’entendement.



suite à une réaction (intégralement reproduite au début)

J’en ris encore... et après ?

de françois delpla le mercredi 07 mai 2008 à 09h45

***Dites vous bien que si le Reich avait gagné la guerre, les historiens actuels n’auraient pas eu toutes ces possibilités de remettre en question tous les évènements, les personnalités, avec la totale impunité qui leur est accordée.

C’est tout de même l’avantage des démocraties, de laisser délirer à sa guise n’importe quelle tendance.

"Il n’y a pas de bataille perdue qui ne se regagne sur le papier" (Albert Sorel)***

Moins que jamais avec vous on ne sait s’il vaut mieux rire ou se fâcher.

Car enfin, qu’est-ce qui s’oppose à ces trois fortes sentences de vous ou de Sorel (Albert) dans mes proses auxquelles vous êtes censé répondre ?

Du fait que j’exige que soit enfin donnée une information transparente sur le dernier jour de Himmler, comment pouvez-vous, comment osez-vous déduire que j’aurais préféré, non seulement la prolongation de cette existence, mais la victoire de la cause qu’elle incarnait ?

Si c’était plus élaboré ce serait de la diffamation. Nous dirons ici que c’est de la légèreté.

Tiens, pour vous punir, je n’aurai même pas la charité de corriger votre orthographe du mot "événement".

Pour en revenir au fond, oui, vraiment, nous en sommes à la croisée des chemins, si j’en juge par l’article du Guardian : [http://www.guardian.co.uk/uk/2008/may/05/nationalarchives.secondworldwar]

Comme par hasard, il mentionne en bonne place le coup de pied de l’âne de Louise Atherton... en étant inattentif à l’exactitude de son patronyme : légèreté de fond et de forme donc.

A witness statement from one archivist, Louise Atheron, finds that even where Allen uses citations from National Archives documents that were genuine, he was guilty of "significant exaggerations" and "very fluid evidence" to stand up dubious claims.

C’est là une généralisation abusive : LA met un exemple en relief (un document censé attester un entretien Halifax-Dahlerus alors qu’il ne donne pas de précision sur ce très vraisemblable détail), mais ne va pas jusqu’à dire qu’Allen ne tire jamais aucune bonne déduction d’aucun document authentique... ce que ne craint pas de faire ce journal d’habitude plus sérieux. Cela dit, il ne fait que suivre une pente que tout, dans le dossier mis en ligne, incite à suivre.

Rien n’est bon chez Allen, tout est à jeter, et lorsque par hasard il utilise des pièces de bon aloi il les déforme. Qu’attend-on pour lui trouver un chromosome de travers ? Blair et Brown sont des amateurs, il faudrait leur envoyer qui vous savez. Et évidemment l’article ne relève pas non plus que ces curieuses dépositions ne sont ni datées ni signées, ce qui, dans un tel dossier établi par un tel service, est un symptôme particulièrement fâcheux, en même temps que rigolo.

La conclusion vaut aussi son pesant de cacahuètes, si on songe à ce qu’elle omet :

"The National Archives views anything that compromises the integrity of historical information very seriously," said David Thomas, the archives’ chief information officer.

Le service prend, à fort juste titre, très au sérieux les altérations des dossiers par les visiteurs... au point de s’attaquer aux conséquences et non aux causes, puisqu’il se contente de renforcer les mesures de contrôle sans porter plainte ni exiger la prolongation de l’enquête pour comprendre ce qui se passe du côté des fraudeurs !



sur le forum du présent site

15 mai, 6h 35

(...)un développement capital : une pétition, pour plus de lumière, de huit historiens britanniques dont Kershaw, Keegan et Beevor, sous forme de lettre ouverte au Financial Times. La voici :

Sir, Your report (May 3) that the National Archives in Kew was seeded with 29 forged documents is a cause for concern among historians. That concern is exacerbated by the fact that, despite a lengthy police investigation, no prosecution will take place in connection with this apparent attempt to distort our view of the past.

The integrity and reputation of the National Archives, and other institutions like it around the world, are precious commodities.

In the absence of a judicial process, it must surely be in the public interest for some kind of official report on this matter to be compiled and published.

That would act as a deterrent to those who might be tempted to undertake similar activities. It would also quash speculation about the origin of, and motivation behind, these forgeries.

John Keegan Ian Kershaw Max Hastings M.R.D. Foot Antony Beevor Niall Ferguson Andrew Roberts Tristram Hunt

Traduction :

Monsieur,

Votre reportage du 3 mai suivant lequel les Archives nationales de Kew ont été ensemencées par 29 faux documents est un sujet de préoccupation pour la communauté des historiens. Une préoccupation exacerbée par le fait qu’en dépit d’une interminable enquête de police, cette tentative présumée de fausser notre vision de l’histoire ne donnera lieu à aucune poursuite.

L’intégrité et la réputation des Archives nationales et des autres institutions de ce type à travers le monde sont des biens précieux.

A défaut de poursuites judiciaires, il serait certainement dans l’intérêt public qu’une sorte de rapport officiel soit élaboré et rendu public.

Voilà qui pourrait dissuader quiconque pourrait être tenté de se lancer dans des entreprises de ce genre. Cela ruinerait aussi les spéculations sur l’origine et les motifs de ces falsifications.



à propos de ce texte

sur LdG

de françois delpla le mercredi 14 mai 2008 à 12h40

Je n’aurais pas, de moi-même, rédigé cette pétition comme cela.

D’une part, elle s’incline un peu vite devant le refus de poursuivre du gouvernement, en ne revendiquant qu’un rapport.

D’autre part, elle omet de réclamer la vérité pleine, entière, documentée sur le point historique principal en débat.

Autre chose : je suis sidéré que le nom d’Irving ne soit pas encore apparu dans les discussions ouvertes depuis le 1er mai à la suite de l’article de Fenton. Il est vraisemblablement derrière une partie, au moins, des faux, témoin le fait (rappelé dans le résumé du débat depuis 2005 sur mon site) qu’au tout début de l’affaire il a publié les documents "prouvant" la mort suspecte de Himmler sans même citer le livre d’Allen, comme s’il les avait trouvés lui-même !

Une hypothèse à ne pas écarter, dans l’état actuel de mon information, est qu’Allen ait été depuis le début (le livre sur Windsor), soit son complice très vicieux (sa façade honorable), soit sa marionnette très naïve.

Alors que craint-on ? Qu’Irving ait des batteries en réserve ? C’est ici qu’il faudrait faire un peu confiance à Churchill, et aux vieux churchilliens de mon espèce : Irving n’a RIEN dans sa manche qui soit de nature à accréditer sérieusement l’idée que le Vieux Lion a mal combattu le nazisme, sacrifié des chances réelles de paix etc.

Il multiplie les menaces qu’il serait bien incapable de mettre à exécution, et il serait temps qu’on cesse, en haut lieu, de le ménager.



commentaire de la pétition elle-même (sur LdG)

Après les limites, la valeur

de françois delpla le jeudi 15 mai 2008 à 11h50

Si je regrette les limites de la pétition, elle n’en a pas moins une grande valeur dénonciatrice, qui montre le chemin parcouru depuis juillet 2005, un temps où certains, par exemple ici même, se scandalisaient qu’on osât poser des questions et ne pas se dire rassasié, et rassuré, par le constat de l’existence de faux délivré par les squelettiques informations officielles.

Le plus accusateur, peut-être, est dans l’adresse : la mise en ligne, le 3 mai, d’un dossier sur le site des NA est superbement ignorée... au profit d’un reportage sur elle paru dans le Financial Times, et c’est à celui-ci que la demande d’un rapport officiel est faite ! C’est là se donner les gants de ne pas apostropher la direction des Archives, ni les autorités gouvernementales qui dans une affaire de cette envergure guident étroitement ses décisions (le Conseil des poursuites de la Couronne étant nommément cité), alors que tout le monde peut voir qu’ils sont les vrais destinataires. En d’autres termes : le gouvernement de Sa Majesté vient d’agir bien légèrement.

L’affaire est située à son vrai niveau : en réagissant aussi mollement, les autorités encouragent le vice, non seulement à Kew, mais dans le monde entier. C’est la crédibilité de toute la production historique à venir qui est en jeu.

D’ores et déjà, les faussaires ont le vent en poupe : ils sèment le doute sur la provenance des faux. Effectivement, le dossier mis en ligne ainsi que, plus longuement, l’article de Fenton du 1er mai, font état du système de défense d’Allen, suivant lequel on a glissé les faux après qu’il eut consulté les originaux, afin de discréditer ses découvertes. Le dernier § de Kershaw & C° revient à dire qu’en l’état actuel du dossier cette affirmation est tout à fait crédible.



Une première contre-offensive

Faux et usage de faux

de Francis Deleu le mardi 20 mai 2008 à 13h53

sur LdG

Si je résume très brièvement, Martin Allen construit une thèse/hypothèse basée sur deux documents certifiés comme étant des faux avérés. Un troisième document l’est probablement aussi mais sans certitude absolue. Une enquête est diligentée et ce n’est pas 2 faux mais 29 faux qui sont découverts. Ces documents concernent deux personnages au coeur des controverses. Nous pouvons raisonnablement supposer que les experts et les archives britanniques se sont entourés d’un maximum de précautions. Leur crédibilité et leur réputation étant en jeu, ils n’ont pas pris le risque d’être contredit par une contre-expertise. Les 29 documents ont été déclarés comme faux avec une certitude à 100 %. Combien d’autres encore sur lesquels planent un doute ? Et, comme le soulignait Jacques, combien de documents ont été soustraits des archives.

Bref ! A qui profite le crime ? Qui sont les auteurs et quels étaient leurs mobiles ?

Tant qu’on n’aura pas fait la lumière sur les auteurs du forfait, toutes les hypothèses sont séduisantes mais ne reposent sur rien de sérieux.



J’avoue ma perplexité

de françois delpla le mardi 20 mai 2008 à 14h41

***Une enquête est diligentée et ce n’est pas 2 faux mais 29 faux qui sont découverts. Ces documents concernent deux personnages au coeur des controverses. Nous pouvons raisonnablement supposer que les experts et les archives britanniques se sont entourés d’un maximum de précautions. Leur crédibilité et leur réputation étant en jeu, ils n’ont pas pris le risque d’être contredit par une contre-expertise. Les 29 documents ont été déclarés comme faux avec une certitude à 100 %. Combien d’autres encore sur lesquels planent un doute ? ***

ah non, rien ne permet d’écrire cela !

Alors que l’affaire entre dans sa quatrième année, ces révélations qui n’ont que trop tardé, si elles ne sont pas complètement "pipeau", permettent de considérer comme sûrs, en tout cas au moins autant que ceux qui sous-tendent les travaux historiques les plus reconnus, l’ensemble des autres textes utilisés par Allen (... à l’exception de deux, dont la cote s’est révélée ne correspondre à aucun document existant ! tous deux dans le deuxième livre, sur Hess).

Le télégramme "Thomas", en particulier, mis en doute par Fenton et Audrey Giles, a résisté à tous les examens et doit désormais pouvoir venir en toute sûreté à l’appui d’une démonstration. information à corriger : voir plus bas, Télégramme Thomas : rien n’est simple et tout se complique !

Strictement rien ne te permet d’écrire qu’il y aurait encore des documents suspects.

Cette enquête a donné, pour l’instant, des résultats scandaleusement limités, ne les lui enlevons pas !

Je n’aurais pas cru que tu en viendrais à être encore plus insolent que moi envers le gouvernement de Sa Majesté.



et sur ton ps

de françois delpla le mardi 20 mai 2008 à 14h56

***PS. La dernière (hypothèse) en date (sur un autre forum) ne manque pas de piquant. Les Britanniques auraient soustrait les dignitaires nazis aux appétits de la hiérarchie militaire américaine qui envisageait de poursuivre la guerre contre l’Union soviétique avec les restes de la Wehrmacht et de la Waffen-SS avec à leur tête les Göring, Himmler, Hess et consorts. A quand l’implication du Grand capital américain ?***

référence ?

Et à qui donc de tels faits donnent-ils raison, stp ?

C’est bien parce qu’il y a des hypothèses absurdes -et désormais elles vont fleurir pendant un petit moment- qu’il faut que les gens compétents s’y collent. C’est leur boulot !

Il ne consiste certes pas à attendre dans leur tour d’ivoire qu’on leur apporte tout cuits des documents aussi éloquents qu’authentifiés. C’est non seulement leur droit mais leur devoir de faire des hypothèses, de bonnes, de scientifiques hypothèses, et de cerner le probable à partir des documents que les acteurs ont bien voulu laisser, ou des grains de poussière qui ont échappé à leurs divers "ménages".



25 mai 2008, 7h 7 juin, 13h

Télégramme Thomas : rien n’est simple et tout se complique !

Une erreur de lecture rend caducs certains développements ci-dessus, dûment signalés.

Elle consiste essentiellement dans l’affirmation que le document "Thomas" ne figure pas parmi les 29 déclarés falsifiés. Il y figure, certes à une place et dans une position bizarres. Accessoirement, il avait été affirmé que le dossier d’accompagnement, plus touffu encore et aussi vierge de tables récapitulatives que la reproduction des documents, ne faisait pas état d’un examen précis de celui-ci. Ici, la rectification présente un côté TRES aggravant : certes on trouve le rapport d’un expert nommé Adam John Craske, daté du 16 août 2005, qui mentionne le télégramme "Thomas"... mais comme ayant fait l’objet d’un rapport du 6 juillet ! Rapport très fâcheusement absent du dossier... alors qu’il date d’un moment où, d’après les proses anciennes ou récentes de Ben Fenton, seule l’experte Audrey Giles était censée avoir été saisie !

On ne nous dit rien des conclusions de ce rapport. Je risquerais volontiers l’hypothèse qu’elles étaient négatives... Aurait-on voulu nous le cacher ? Peut-être pas : on aura plutôt souhaité écarter du dossier publié le 3 mai 2008 tout ce qui pouvait nuancer l’impression massive de fausseté et de falsification qui devait s’en dégager, pour réactiver dans le public l’idée qu’on avait si bien installée en 2005 : "La remise en question du communiqué officiel sur la mort de Himmler ? Fausse et reposant sur des faux ! Dormez sur vos deux oreilles dogmatiques !"

Il apparaît que le télégramme Thomas a enfin été pris en flagrant délit de fausseté peu avant ce 16 août, du seul fait qu’il avait été tapé avec la même machine à écrire que quatre autres documents utilisés par Allen, échelonnés entre 1940 et 1945, sans que ladite machine porte les traces d’une usure des caractères inévitable lors d’un usage aussi prolongé.

Ici se place (p. 4) un paragraphe ahurissant :

"Quand cela se justifiait, j’ai comparé les documents énumérés ci-dessus [sur lesquels porte ce rapport du 16 août FD] à ceux des National Archive précédemment examinés et discutés dans mes rapports des 6 juillet et 27 juillet 2005. Pour ces comparaisons, j’ai utilisé les notes prises pendant les examens précédents."

Je ne propose pas de conclure ici à l’authenticité du télégramme "Thomas", mais à la très grande légèreté de ce dossier. Le pilier central de la démonstration la plus controversée d’Allen est censé s’écrouler, après au moins deux rapports qui l’ont laissé debout (celui d’Audrey Giles, et celui de Craske du 6 juillet), lors d’un troisième examen dont le rapport dit noir sur blanc que ce document a été "comparé" à partir de notes, sans être présent dans le laboratoire !



25 mai 2008, 9h

mis en ligne ici même

A propos de la conservation de nos débats

On s’étonnera peut-être que, ci-dessus, une erreur ait été signalée par des panneaux indicateurs, plutôt que de détruire les messages correspondants, ou au moins leurs passages erronés.

Il vaut mieux procéder ainsi car

1) ce caviardage prendrait du temps, soustrait à des tâches plus utiles ;

2) il vaut mieux laisser les erreurs pour montrer comment la recherche sur des objets neufs avance par tâtonnements ;

3) cette façon de procéder devrait donner confiance dans la gestion de ce site : il est fait pour présenter loyalement l’évolution d’un travail, et non pour polir la statue de son auteur.

De plus, une telle erreur serait fâcheuse dans un article ou un livre, non dans un débat de forum sur un objet précis qui vient d’être mis en ligne et auquel tout le monde peut se reporter. La précipitation est non seulement explicable, mais fut impérieusement dictée, par le comportement des autorités qui mettaient en ligne un dossier partiel et désordonné afin de discréditer une personne, et de faire croire que les questions qu’elle aborde n’ont pas à être rouvertes, en vue de prolonger l’agonie de versions dépassées.

Au fur et à mesure que je prends connaissance des détails de ce dossier, je prends conscience que nous sommes devant un cas très rare de rapport ouvertement conflictuel entre un gouvernement et les historiens professionnels ou amateurs du monde entier, ainsi que leur public, avec un malheureux service d’archives pris entre deux feux.

De ce point de vue, les positions prises par Nicolas Bernard depuis l’origine dans ce dossier sont tout à fait précieuses et intéressantes. Certes il a tort lorsqu’il proteste que leur publication ne soit pas systématiquement intégrale -ce qui est justifié par la nécessité de la lisibilité, à la condition expresse que rien d’unique ne soit omis et tout signalement à cet égard donne lieu à une rectification rapide-, mais d’autres ont tort quand ils me disent que j’en fais trop de cas. Devant l’absence totale de courage du gouvernement de Londres, ni Blair ni Brown n’ayant à ce jour pris la moindre position officielle, il est bon qu’existe une telle voix, qui extrait systématiquement du dossier, et tresse en un bouquet artistiquement présenté, les éléments pouvant justifier la pérennité des informations données au public par l’armée britannique le 25 mai 1945.



François Delpla

Posté le : Mar Juin 03, 2008 11:16 am

On dirait que c’est parti !

Sur le site de Die Welt , qui n’est pas une feuille de chou négationniste, les demi-révélations anglaises ont commencé à ouvrir les vannes du doute sur l’authenticité de documents accablants pour le Reich, comme le protocole Hossbach !

Il est clair qu’il n’y a plus qu’à dévoiler l’ensemble du dossier, et vite, pour éviter que le soupçon ne se propage là où il n’a pas lieu d’être.



Posté le : Jeu Juin 05, 2008 7:30 am

Sur Above Top Secret , un mot intéressant de KilgoreTrout, adressé à votre serviteur au sujet de la présente publication :

Thank you for including a reproduction of the letter from what are indeed esteemed historians (in English too, bless you). They represent a cross section of perspectives and interests. Interesting to see Foot there. It is also interesting that they do not request an opening of the ’retained’ archives, simply an inquiry. They are right of course that is the priority, without an inquiry it puts all the documents held in British archives under a shroud of suspicion and practically renders Kew an unreliable source. That is not beneficial to anyone.

It would help to know what evidence the Police have compiled against Mr Allen. I am not sure of the legalities of this if the case remains open. Normally information pertaining to a crime cannot be released until it is heard in court. Without a trial, this stays pretty much secret too.

I think that if Ferguson, Beevor, Kershaw et al, are determined to have an inquiry or even a trial they are going to have to push a lot harder. I very much hope that they do.

Résumé : intéressante, la liste des historiens protestataires et notamment la présence en elle de Foot. Tactique peut-être bonne, de demander rapport plutôt que poursuites, celles-ci retardant la manifestation de la vérité. Mais s’ils veulent avoir gain de cause, il faudrait qu’ils se bougent davantage.



Posté le : Mer Juin 25, 2008 8:39 pm

Comme prévu j’ai commencé le livre de Bellinger. Comme prévu aussi c’est un collage touffu de choses et d’autres, à cent lieues d’un méthodique livre d’histoire. Comme espéré, il comporte des cotes d’archives londoniennes que je n’ai pas explorées, mais comme je m’y attendais également l’auteur n’a pas repéré, en WO 32/19603, le très précieux dossier sur le témoignage de Selvester contrôlé en 1963 par son ministère.

Du coup, il retient des bouts de ce témoignage, transcrit (incomplètement) par Manvell et Fraenkel mais ne s’appuie pas sur lui autant qu’il le pourrait et le devrait s’il connaissait le sérieux qui a entouré son émission.

Ses trouvailles consolident mes constatations précédentes, suivant lesquelles le dossier a été bidouillé en hâte le premier jour, notamment pour resserrer les horaires et dissimuler le fait que Himmler avait subi au moins une fouille approfondie avant l’ultime.

Témoin la dépêche d’Associated Press, émise le 24 mai, qui ne parle pas du long séjour au camp 031 et laisse entendre que Himmler est mort pendant sa première fouille. La formulation est intéressante :

Dune brève secousse de la tête, il dégagea un minuscule récipient de verre qu’il tenait apparemment caché contre ses gencives depuis sa capture trois jours auparavant.

Aux Alliés cependant, y compris soviétiques, on avait fait parvenir un compte rendu évoquant brièvement le camp 031 pour dire qu’on avait alors changé tous les vêtements de Himmler, sans évoquer la moindre fouille corporelle, la fin étant ainsi décrite :

Après avoir examiné le torse et les membres, le médecin a entrepris d’examiner la bouche de Himmler. Il a remarqué l’extrémité d’un objet bleu caché dans les dents d’Himmler, au même moment Himmler a mordu l’objet et s’est écroulé. 25 minutes d’efforts n’ont pas permis de le ranimer. L’objet dans la bouche d’Himmler était une petite ampoule de verre contenant du cyanure de potassium que Himmler a brisée à 23h 05. (WO 208/4431)

Toujours sous la même cote, cet extrait d’un compte rendu de Murphy à un nommé Williams, chargé du renseignement au 21e Groupe d’armées (celui que dirige Montgomery) le 24 à 11h (rien dans ce que j’ai lu ne dément mon affirmation suivant laquelle aucun des courriers adressés à Londres n’est déclassifié -mais il faudra évidemment aller voir de plus près cette cote 208/4431) :

Aucun doute possible sur l’identité. La méthode utilisée était une ampoule de cyanure de potassium cachée dans la bouche. Pris toutes dispositions possibles pour empêcher cela sans succès. Détails suivent.

Ne nous attardons pas sur le cas de Bellinger (qui n’a pas réapparu sur Above top secret) et faisons notre miel de ces données : si nous replaçons ces documents dans leur probable ordre chronologique (rapport aux Anglais, puis aux Alliés, puis à la presse), nous constatons une évolution intéressante : d’abord il est question d’une ampoule dans la bouche, puis elle est bleue et "dans les dents" en sorte que seule une de ses extrémités est aperçue, puis elle devient minuscule et placée contre les gencives. On a visiblement tourné et retourné le problème pour décider de ce qui ferait poser le moins de questions.

En tout cas il est clair que l’objet est en verre et que Murphy a encore tourné et retourné le problème quand, 19 ans plus tard, il déclare à Manvell et Fraenkel que la "capsule" était en métal souple !

La haute invraisemblance du séjour prolongé d’une ampoule de forme et de dimension normales (comme le suggère celle confisquée par Selvester) a préoccupé dès les début les responsables de la communication !

Encore un mot sur Bellinger : il veut absolument que Himmler ait été froidement assassiné, donc il prétend que tout est inventé dans les rapports sur la scène finale ; mais il dit aussi : tiens, c’est bizarre, tous prétendent qu’ils voulaient l’empêcher de se suicider, or cela jure avec cette manière brutale de lui faire ouvrir la bouche. C’est bien là, à mon avis, que gît le lièvre.



Posté le : Lun Sep 01, 2008 1:55 pm

En cette rentrée, calme plat sur le front... ce qui ne veut pas dire que rien ne se passe.

J’ai eu l’occasion ailleurs de dresser un parallèle avec la mort de Sikorski, que des mauvaises langues attribuent à Churchill et ce depuis longtemps (contrairement à celle de Himmler) alors qu’elle est, elle, limpide, et très certainement accidentelle. Or l’opinion polonaise se passionne AUJOURD’HUI pour la question et attend Dieu sait quoi d’une ouverture du cercueil !

Pour en revenir à Himmler, un silence est éloquent, celui de Joseph Bellinger.

Ce personnage, qui dans le débat cité en lien était allé jusqu’à me féliciter d’être "tout proche de la vérité", a sombré dans la non-réponse quand il a constaté que je m’obstinais à trouver infondée la thèse de l’assassinat pur et simple, et optais de plus en plus nettement pour l’hypothèse d’une fourniture des moyens du suicide.

Sans doute a-t-il un besoin viscéral qu’il y ait eu un meurtre, précédé d’ailleurs d’un tabassage, pour pouvoir tracer un signe d’égalité morale entre le nazisme et ses vainqueurs.

Peut-être aussi y a-t-il une part de vanité personnelle. Il s’est tellement démené pour prouver le tabassage au moyen des photos (et du changement des lunettes) qu’il a, dans cette hypothèse, du mal à convenir que les traces de violences puissent provenir des efforts faits pour l’empêcher de croquer l’ampoule, puis pour le ranimer.

le 25 mai 2008



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