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Lettres d’information 2009




4 janvier

n° 49

Insubmersible "Churchill et les Français" !

Cher abonnés,

Je viens de mettre en ligne un éditorial pour une fois muet sur l’actualité ou presque (il faut bien souffler un peu), consacré à l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale. Il porte plus précisément sur l’an de disgrâce 1940. Certains signes me font en effet craindre que ses commémorations, en 2010, ne soient encore moins novatrices que celles de 2000, qui se révélèrent incapables de transformer les essais prometteurs du cinquantenaire et témoignèrent d’un conformisme épais ou d’un silence pesant sur l’arrêt devant Dunkerque, le 18 juin, Montoire, la passivité américaine, la capacité de nuire de lord Halifax, l’empressement de Franco à proposer ses services au vainqueur jusqu’au début de novembre, la stratégie hitlérienne mêlant comme jamais le politique et le militaire... Seule l’affaire de Mers el-Kébir, pour l’instant, semble devoir faire l’objet d’une vision renouvelée dans le cadre d’une commémoration conjointement organisée par Londres et Paris, mais il est à craindre que cela ne se fasse aux dépens de Churchill, ce qui serait un comble.

Je lance donc ici un appel à toutes les bonnes volontés pour que prévale enfin la recherche, plutôt que le bégaiement, dans les magazines, les devantures et les médias en général.

En espérant y contribuer, je termine aujourd’hui la mise en ligne de « Churchill et les Français », mon premier livre personnel, qui doit beaucoup à la floraison de 1990. Ses tribulations, au-delà de la frénésie hagiographique des héritiers de Paul Reynaud pour la première édition et de la faillite d’un petit éditeur pour la seconde, sont emblématiques des susdits blocages. Sa relecture me ramène aux intuitions d’une période féconde, succédant à la glaciation de la guerre froide et validées, en gros toujours et souvent en détail, par quinze années d’approfondissement.

La page « histoire immédiate » s’est enrichie d’un billet sur la défaite en rase campagne du couple Sarkozy-Darcos, que presque aucun média n’a présentée dans toute son ampleur, et d’une réflexion sur l’insondable chaos du parti socialiste, mis en rapport avec un mode de désignation du chef de l’exécutif décidément funeste en ces temps de star system généralisé.

Je vous rappelle la parution prochaine aux éditions de l’Archipel (sans doute en mars) des mémoires de Mietek Pemper, en partie traduits par moi. Ce livre renouvelle non seulement l’histoire de la liste de Schindler, mais celle des camps de la mort, par une vision unique sur la direction de l’un d’eux.

Bonne année et bonnes lectures !

Fd

PS.- Le forum connaît ces temps-ci une certaine animation, largement due à un contributeur pugnace... de tendance pétainiste !



29 janvier

n° 50

Restons en contact !

Chers abonnés,

Merci d’abord de noter ma nouvelle adresse électronique et d’abandonner l’ancienne : francoisdelpla@sfr.fr remplace fdelpla@club-internet.fr en dépit des engagements solennels de SFR, lors du rachat de Club-internet, de ne pas obliger ses usagers à changer quoi que ce soit. Un moyen très efficace a été trouvé : réduire brusquement et sans information aucune, ni avant ni après, les capacités des boîtes de réception des neuf dixièmes, ce qui bloque tout et me prive de courrier depuis près d’une semaine en dépit de nombreuses demandes de rétablissement de la situation antérieure.

Une fois dénoncées ces moeurs de pirate sophistiqué, caractéristiques de notre époque et difficilement curables sinon par des publicités comme celle que vous venez de subir, reste à parler d’une histoire plus ancienne.

Encore que... La rubrique "histoire immédiate" http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=352 s’est enrichie d’un billet sur l’omniprésence de Hitler dans le Moyen-Orient actuel, et d’un autre sur la nouvelle pratique sarkozyenne d’imposer la Légion d’honneur à des gens qui ne la souhaitent pas, tant pour mettre au pas les médias (Marie-Eve Malouines, Françoise Fressoz) que pour acheter le silence des familles sur les atrocités de la guerre d’Algérie (Michèle Audin).

A propos de cette guerre, j’ai commencé à mettre en ligne le livre co-écrit avec Jacques Baumel sur l’action du président de Gaulle : le chapitre sur un des mots les moins compris du Général, "Je vous ai compris" http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=391 ; et la conclusion : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=39O

Le livre de Mietek Pemper La route vers la liberté, qui explique bien mieux que ses devanciers le sauvetage de 1200 Juifs par le chef d’entreprise allemand Oskar Schindler, est annoncé en librairie pour le 3 mars (éditions de l’Archipel). J’ai fait la moitié de la traduction, ainsi que la préface. On peut déjà voir la couverture : http://www.delpla.org/IMG/pdf/LAROUTEVERSLALIBERTE-2.pdf

Le nazisme, une entreprise avant tout individuelle, sécrète, chez ses adversaires, le surgissement d’individus exceptionnels, qui certes ne peuvent agir isolément (pas plus que Hitler ne le peut), mais déploient des trésors d’initiative. Je suis heureux que mon travail les croise de temps à autre, qu’ils s’appellent Winston Churchill, Lucie Aubrac ou, maintenant, Mietek Pemper. La brusque vogue de Claus von Stauffenberg, à l’occasion du lancement d’un film américain, va dans le même sens, et répare une relative injustice : son soutien efficace aux agressions nazies fait place dès 1942, au spectacle des atrocités du front de l’est et avant que ne s’engage la bataille de Stalingrad, à un antinazisme vigoureux et conséquent, ce qui dans son milieu n’a rien d’évident ; et s’il échoue (de très peu) c’est qu’il veut forcer le destin, alors que ses camarades se répandent en atermoiements. Sa condition d’officier aristocrate longtemps discipliné a trop longtemps fait de l’ombre à son esprit de décision et à son intransigeance.

Je vous signale enfin une prise de contact prometteuse avec le metteur en scène Henri Mariel, du Théâtre de l’Entracte à Saint-Herblain, qui a entrepris d’écrire une pièce intitulée Mein Führer après avoir mesuré l’intérêt d’une meilleure connaissance de la personnalité du Führer au spectacle du documentaire sur Eva Braun de Daniel Costelle et Isabelle Clark (TF1, juin 2006). Il devrait s’ensuivre un programme commun de lectures et de conférences.

Bonnes promenades !



25 mars

n° 51

Chers abonnés,

Mon prochain livre portera sur Mers el-Kébir (3 juillet 1940) et, bien que j’aborde là pour la première fois (mise à part la biographie de Hitler, Grasset, 1999) un sujet rebattu, son traitement menace d’être encore moins convenu que d’habitude.

Car le principe de Renouvin, d’étudier les questions internationales simultanément dans tous les pays concernés, a été ici plus négligé encore que sur d’autres chapitres de la Seconde Guerre mondiale, avec une excuse cependant : ces pays sont nombreux et pas tous faciles à discerner. Ces dix à douze minutes de canonnade contre une flotte impuissante retentissent non seulement en France et en Grande-Bretagne, ce qu’on disait, et aux Etats-Unis, ce qu’on entrevoyait, mais en Allemagne et en URSS, dont elle précipitent l’affrontement, moins d’un an plus tard, scellant par là le sort de la guerre elle-même. Le Japon, également, n’est point inattentif.

Les discussions juridiques sur l’armistice, pour savoir s’il protégeait ou non la flotte française d’une mainmise allemande, et si Churchill avait raison de penser que non, seront certes rappelées, mais relativisées.

Pour l’instant je n’ai guère abordé la question sur le site, mais plutôt sur son forum (http://www.delpla.org/forum/viewforum.php ?f=28 ), et l’endroit où vous pouvez trouver le plus de réflexions pertinentes sur la Toile, outre le site très ouvert de l’association des victimes ( http://www.ledrame-merselkebir.fr/ ), est l’excellent forum « Le monde en guerre » ( http://www.39-45.org/viewtopic.php ?f=50&t=17985&p=218945#p218945 ). Mais en avant-première de mon ouvrage on peut lire ce que j’écrivais sur le sujet en 1993 sous le titre « Oran : canonnade contre Halifax » dans Churchill et les Français en 1993, et supputer si ces lignes ont, ou non, bien vieilli : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=387

Le livre de Mietek Pemper La route vers la liberté, en partie traduit (de l’allemand) et entièrement préfacé par votre serviteur, arrive en librairie le 30 mars. En ces temps où on montre facilement les patrons du doigt sous le seul angle de leur rémunération, pour ne pas avoir à s’interroger sur la réforme ou la révolution d’une économie mondiale frappée de folie paralysante, il n’est peut-être pas inutile de connaître de l’intérieur, et mieux que par les épures bien pensantes du film de Spielberg, l’obscur combat d’Oskar Schindler pour soustraire aux chambres à gaz 1200 personnes. http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=371

La mise en ligne de mes ouvrages va son bonhomme de chemin :

-  du livre De Gaulle et l’Algérie (hélas indisponible chez Plon, mais j’ai récupéré et peux envoyer des exemplaires) j’ai extrait le chapitre sur l’affaire Si Salah : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=373

-  de Qui a tué Georges Mandel ?, les pages sur l’éviction de Laval, sous le titre « Un tout nouveau 13 décembre 1940 » : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=395

Toujours à propos de Vichy et dans le prolongement du travail sur Mandel, le forum du site vient de me faire prendre conscience d’une manipulation de Robert Aron (1954), docilement répercutée par Jäckel, Paxton et Burrin ! Et enfin réfutée, mais sans écho suffisant à ce jour, dans la thèse de Barbara Lambauer sur Abetz : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=397 . Les ministres vichyssois, du moins les principaux, ont bel et bien décidé d’un ralliement à l’Axe sous la forme d’une participation « limitée » à sa guerre, en deux réunions tenues le 11 janvier 1942, et il n’a tenu qu’à Hitler (comme après Montoire) de ne pas donner suite. Mais entendons-nous bien : l’intérêt de mettre cela en lumière aujourd’hui n’est pas d’enfoncer un clou de plus dans le cercueil de Pétain, mais bien plutôt d’en appeler à une vision enfin historique de cette guerre, qui en examine les enjeux jour après jour. En ce janvier la victoire est encore loin et les difficultés nouvelles de Hitler du côté américain et soviétique incitent logiquement un Vichy à bout de souffle et de nerfs à desserrer la pression de l’Axe par de menus services.

Une autre leçon importante est qu’il faut relativiser les luttes de pouvoirs entre les dignitaires nazis et mesurer à quel point, sous la direction ferme et bien informée du dictateur, l’unité d’action primait sur la dispersion des efforts. Ainsi, les analyses erronées des auteurs susdits postulaient que l’ambassadeur Abetz trompait grossièrement son gouvernement sur les vues de celui de Vichy. Bien piètre planète que celle qui aurait tremblé devant les entreprises d’un régime aussi peu capable de se faire obéir !

Justement, un livre vient de paraître sur les lectures de Hitler, et de relever à quel point il révérait Kant : belle ouverture pour un approfondissement... que l’auteur laisse à d’autres ! http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=394

Enfin, la rubrique « blabla », faite d’extraits de forums et de blogs, a accueilli une réflexion sur la difficile cohabitation de l’antinazisme et de l’antistalinisme (à propos de Klaus Mann et d’André Suarès) et une autre sur la réalité de la « trahison » de tout ou partie de la direction SS (Schellenberg, Wolff, ... Himmler ?) à la fin de la guerre.

De nouvelles informations devraient suivre de peu, concernant de futures parutions, et la réaction pour l’instant décevante du ministère des Affaires étrangères à mes critiques sur le dossier d’accompagnement de l’Appel du 18 juin au patrimoine de l’UNESCO.

A très bientôt donc

Fdelpla

PS.- La société SFR s’obstine à bloquer le fonctionnement normal de l’adresse fdelpla@club-internet.fr. Je ne suis donc joignable, à l’heure qu’il est, que par francoisdelpla@sfr.fr .

Si la lettre s’affiche mal, vous pouvez la retrouver sur le site : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=384



Poivron d’asile

n° 52

2009-04-01 07:57:27

Cette nuit un rêve me transportait vers certaine capitale arabe quand un accident de tapis volant m’a laissé groggy dans un fossé. Une voix s’est alors fait entendre : "Françoiiiiis pourquoi me persécutes-tu ?" et une gigantesque forme féminine dominait mon corps meurtri. Je reconnus sans peine Clio, tous voiles à ses pieds, elle qui jusqu’ici ne m’était apparue que dans des tchadors qu’il fallait écarter centimètre par centimètre, au prix d’épreuves initiatiques dont j’écrirai peut-être un jour l’épopée quand j’aurai parachevé mes prosaïques missions.

Sans voiles mais pas nue pour si peu, tant le khôl filtrait son regard, le henné altérait sa chevelure et le carmin chargeait ses lèvres au sourire enjôleur. Du moins celles du visage. Car pour le reste, une trouée gigantesque et rectiligne, une autoroute invitant à foncer sans poser de questions ni scruter le paysage, appelait une pénétration directe et rapide. Qu’eussiez-vous fait, vous qui me lisez, même en pleine conscience ? Quant à moi, vous dis-je, j’étais groggy et, après une terne séance dont je vous épargne la narration, mûr pour reconnaître :

*que Hitler était un imbécile sauf quand il traitait Churchill d’ivrogne après Mers el-Kébir ;

*qu’il avait pour toute passion la destruction, voulait conquérir le monde et ne savait pas s’arrêter ;

*que Paul Reynaud était de la trempe de Clemenceau mais choisissait mal son entourage et était malencontreusement tombé dans les griffes d’une sirène fascisante ;

*que l’appel du 18 juin était passé à la BBC comme une lettre à la poste sans même une discussion sur son contenu ;

*que les Aubrac détestaient non pas les historiens flemmards mais les historiens tout court ;

*que Geli Raubal avait été tuée par un oncle jaloux qui ne pouvait l’honorer qu’en dessinant ses charmes, et qu’Eva Braun était réduite au plaisir solitaire ;

*que Georges Mandel avait été tué par la Milice qui n’avait qu’à claquer des doigts pour que Hitler lui fournît des otages ;

*que le 25 août 1944 Hitler était pendu au téléphone en demandant si Paris brûlait ;

*que le procès de Nuremberg s’était peu attardé sur les massacres de Juifs ;

*que les morts de la nuit des Longs couteaux étaient des milliers et ceux de la nuit de Cristal, ce vulgaire pogrom, des centaines, sans même compter les suicides ni la mortalité dans les camps au cours des années suivantes ;

*que le statut vichyssois des Juifs datait bien du 3 octobre 1940, la date du 18 sur le Journal officiel étant une grossière faute de frappe ;

*que Hitler avait tremblé devant Pétain à Montoire, cette trépidation ayant, il est vrai, été déclenchée par Franco la veille à Hendaye ;

*que la surprise de Pearl Harbor ne devait rien à la division des gouvernements concernés, ni à Tokyo ni à Washington ;

*que Roosevelt se serait dressé, tout seul comme un grand, pour châtier l’Allemagne et le Japon si l’Angleterre avait signé un armistice en 1940 ;

*que Himmler avait longuement répété son éventuel suicide pour le cas où son arrestation n’aurait pas les suites escomptées, en s’entraînant à parler et à manger pendant des heures avec une fiole mortifère en bouche, sous la surveillance du meilleur flic SS et jusqu’à ce qu’il ne remarque plus rien ;

*que les archives anglaises sur l’épisode sont transparentes et que celles qui par hasard resteraient sous clé y sont en vertu d’une loi contraignante, les sieurs Blair et Brown étant comme chacun sait de sourcilleux légalistes ;

*que Hitler, persuadé de la nullité et de la lâcheté de Chamberlain comme de Daladier, ne s’attendait pas à une réaction de leur part, sinon verbale, lorsqu’il envahit la Tchécoslovaquie en mars 1939 ou la Pologne en septembre ;

*que l’arrêt devant Dunkerque était le fait d’un fantassin de 14 qui se souvenait d’un paysage marécageux propre à noyer les chars -les restrictions budgétaires et le blocus, sans parler de la certitude que l’entrée en Pologne n’allait pas déclencher de guerre, ayant empêché l’Allemagne d’acquérir les cartes Michelin de la région ;

*que de Gaulle avait conclu l’abandon de l’Algérie au FLN dès le mois de mai 1958 ;

*que Barbarossa était programmé dès avant la chute de la France et n’avait rien à voir ni avec le maintien de l’Angleterre en guerre, ni avec Mers el-Kébir ;

*que les SS, prenant force libertés avec les desiderata de Hitler dès 1942, étaient un Etat dans l’Etat, lui-même divisé en principautés mortellement rivales ;

*qu’Otto Abetz menait à Paris dès juin 1940 une politique toute personnelle, prenant à l’occasion l’avis de Hitler mais le trompant régulièrement sur les positions de Pétain ;

*que le procès de Riom était d’emblée programmé comme il s’est déroulé, son retard d’un an et demi n’était pas dû à des tractations multiformes mais à l’encombrement bien connu des tribunaux...

Je vous passe la suite, il y en a trois pages comme cela sur l’acte d’abjuration que j’ai signé, dans ma béatitude de pécheur repentant.



26 avril 2009

n° 53

Churchill et de Gaulle à Lilliput ?

Chers abonnés,

Le nouvel éditorial est enfin arrivé http://www.delpla.org. Il présente mes toutes dernières réflexions, inspirées par le vent pascal des Canaries, sur Mers el-Kébir et les quelque sept décennies d’analyses, le plus souvent à courte vue, des responsabilités de ce meurtre, avec aujourd’hui la menace sérieuse d’une réconciliation a minima en 2010, aux dépens de Winston Churchill. Ce serait une manière comme une autre de banaliser le séisme nazi, en se voilant la face devant les remèdes chirurgicaux qu’imposait en ce début d’été 1940 le retard à l’allumage de la planète depuis 1933.

Le destin posthume du général de Gaulle est plus que jamais lié à celui de son supporter britannique de la première heure. Témoin l’inconscience de Catherine Colonna qui, non contente d’accepter de Bernard Kouchner une responsabilité qui ne lui revient pas, s’imagine pouvoir clore le dossier des manipulations franco-anglaises à l’occasion du classement de l’Appel du 18 juin au patrimoine mondial par un sec billet, négateur d’évidence. D’où un nouvel article, montrant que la certification dans le dossier de candidature, par le manuscrit en possession de la famille de Gaulle, du texte connu de l’appel (dans le dossier présenté à l’Unesco par la France et le Royaume-Uni en 2004), n’aboutit qu’à ajouter une sixième version aux cinq déjà inventoriées dans mon livre ! http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=403

Pour achever de démontrer l’utilité du travail historique, le silence symptomatique entourant mon dernier livre « Qui a tué Georges Mandel ? » a été explicité par l’une des rares critiques, celle du journal « Le patriote résistant », de la FNDIRP. J’aurais tout bonnement tort de ruiner le préjugé (dépourvu du moindre fondement) suivant lequel « Mandel a été assassiné par la Milice pour venger Philippe Henriot », parce que cela compliquerait, dans un étalage indu de « subtilité », l’image de la Milice comme celle du régime de Vichy. La principale association de déportés déclarerait-elle la guerre à l’histoire, ou ne s’agit-il que d’une lubie de son critique littéraire ? Il importerait qu’elle se penche sur la question. http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=399

Le livre de Mietek Pemper "La route vers la liberté", sur "la véritable histoire de la liste de Schindler", a été finalement mis en vente le 8 avril. Rien ne peut mieux démontrer l’utilité de la coopération entre les résistants et les historiens : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=371

Les dernières discussions sur le forum du site, http://www.delpla.org/forum/viewtopic.php ?p=3303#3303, prenant pour objet la légitimité de Vichy, m’ont amené à mettre en ligne ma traduction de la conversation de Montoire http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=398, tant l’offre d’une collaboration militaire en Afrique, faite par Pétain au conquérant qui le tient et se joue de lui, reste fâcheusement ignorée. Elle n’est d’ailleurs pas sans lien avec Mers el-Kébir puisque l’attitude de Darlan, creusant le même sillon jusqu’au début de 1942 (rappel du texte récemment mis en ligne à ce sujet : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=397 ), justifie a posteriori les précautions churchilliennes concernant la flotte française. Les navires auraient sans doute été sabordés si l’Allemagne avait prétendu s’en emparer par la force, mais, d’une part, elle n’était pas si bête, et d’autre part Vichy lui-même s’est empressé d’offrir des services qui auraient créé un risque permanent de combats entre la Royal Navy et les navires vichystes, servis par des équipages français. Il ne dépendait décidément pas de la prétendue capitale sise au bord de l’Allier que ses navires fussent ou non utilisés contre la Grande-Bretagne, et les précautions prises à cet égard relevaient purement et simplement de l’état de guerre entre Berlin et Londres -les seuls critiques cohérents de l’action britannique étant ceux qui déplorent cet état de guerre lui-même, dont l’espèce ne semble pas en voie d’extinction.

L’un de mes éditeurs, Patrick Robin, a cessé son activité et c’est une nouvelle doublement fâcheuse pour la connaissance du nazisme :

-   cela renvoie dans les limbes, d’une part, le beau travail de David Gardner sur William Patrick Hitler, que j’ai traduit en 2006 et qui offre d’incontournables précisions sur sa cousine germaine Geli Raubal http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=213, ainsi que sur la crédible hypothèse d’un séjour de Hitler à Liverpool en 1912 http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=405. Je mets donc en ligne ces pages, ainsi que la postface : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=406 .

-  la disparition de l’éditeur laisse aussi en plan le projet d’une édition complète du journal de Félix Kersten, amorcé en 2006 par une nouvelle publication partielle, faisant suite aux extraits publiés au lendemain de la guerre par le médecin de Himmler lui-même, et au célèbre récit de Joseph Kessel « Les mains du miracle » (1961). J’avais préfacé l’ouvrage de 2006, avec un coup de main d’Edouard Husson, et je mets ce texte en ligne : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=400 .

J’espère que cette nouvelle livraison aidera à développer la coopération plus que jamais nécessaire des historiens, et leur dialogue non moins précieux avec les amateurs passionnés.

PS.- La société SFR s’obstine toujours à bloquer le fonctionnement normal de l’adresse fdelpla@club-internet.fr. Je ne suis donc joignable, à l’heure qu’il est, que par francoisdelpla@sfr.fr .

Si la lettre s’affiche mal, vous pouvez la retrouver sur le site : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=384



Mandel n’a pas été tué par la Milice ! (bis repetita)

n° 54

7 mai 2009

Chers amis,

A la suite de la dernière et récente lettre, l’un d’entre vous m’a signalé ceci : http://www.nonfiction.fr/article-2397-mandel_un_martyr_republicain.htm . Je viens de mettre en ligne le débat subséquent : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=409

Avec la critique de Frank Schwab, de la FNDIRP, et le refus persistant du "Patriote résistant" de tout dialogue à son sujet, cela finit par faire symptôme, comme disent nos amis psychanalystes. Comme je n’abandonne jamais mes enfants, bien que le nouveau livre des éditions de l’Archipel auquel j’ai prêté la main (Mietek Pemper, La Route vers la liberté / La vraie histoire de la liste de Schindler) soit en phase promotionnelle alors que les chances commerciales de ce Mandel sont, sauf improbable rebond, parfaitement ruinées, c’est sur ce symptôme que je voudrais ici "rebondir".

L’association de déportés, se solidarisant pour l’instant avec son critique au lieu de lui faire d’amicales remontrances, semble poser en principe que l’histoire est indésirable si elle peut conduire à nuancer la haine qu’on éprouve pour les collaborateurs et autres miliciens. C’est là une inquiétante dérive. Non contente d’opposer dangereusement la mémoire à l’histoire, en ouvrant un boulevard aux falsificateurs qui, eux, cultivent les apparences du sérieux historique et archivistique, la FNDIRP tourne ici, heureusement par exception, le dos au patriotisme comme à l’esprit résistant : que Hitler ait été suffisamment attentif à Mandel pour décider personnellement de son sort n’a rien qui rende plus sympathiques ni Pétain ni la Milice, puisque c’est le premier qui l’a livré au dictateur en le faisant revenir, chargé de chaînes, du Maroc et en ne le protégeant nullement lors de l’invasion de la zone sud (alors même que tout pétainiste aujourd’hui encore se complaît à dire que le maréchal a préservé l’Afrique française de l’emprise allemande !) ; quant aux miliciens, il n’est peut-être pas sans intérêt de les prendre la main dans le sac, quoique de manière non traditionnelle : au lieu de dire sans fondement aucun qu’ils ont réclamé aux Allemands un otage pour pouvoir venger Henriot, il serait temps de remarquer qu’ils ont eu tellement honte d’avoir fourni, dans la phase ultime du supplice, quelques hommes de main, qu’ils ont préféré, devant les tribunaux et ailleurs, laisser courir la version d’une action autonome décidée sans pression étrangère au sommet de leur hiérarchie. Laquelle avait d’ailleurs aussi, sur le moment, été docile aux vues germaniques en se laissant accuser et en ne tranchant nullement sur le chorus des "ultras" de la collaboration, tout ce monde disant pis que pendre du "Juif Mandel" en guise d’oraison funèbre. Il en est rendu compte longuement dans le livre.

Quant au critique de nonfiction.fr, outre qu’il présente très partiellement le contenu même du livre (l’explication la plus simple étant qu’il ne l’a pas lu jusqu’au bout, ce qu’il avoue à demi-mot en prétendant que la lecture du début suffit pour juger l’ensemble), les attendus de son verdict sont tout aussi renversants, quoiqu’assez différents : péché d’intentionnalisme !

Je rappelle brièvement de quoi il retourne : ce reproche a d’abord été fait par des historiens allemands des années 60 à leurs prédécesseurs des décennies précédentes, eux-mêmes se baptisant "fonctionnalistes". D’après eux, il ne fallait plus dire que les nazis avaient fait des plans à long terme et l’analyse devait se cantonner pour l’essentiel aux causes conjoncturelles de leurs actes. Il s’en est suivi, sur ces mêmes causes conjoncturelles, des travaux utiles voire pionniers, mais on a pris la fâcheuse habitude de ne pas relier les crises et les exactions entre elles -ainsi, par exemple, on ne fait aucun rapprochement entre l’incendie du Reichstag et la nuit des Longs couteaux, ni entre ces épisodes à grand spectacle et les opéras de Richard Wagner.

L’auteur de cette recension est un jeune agrégé dont il vaut mieux pour lui que le nom ne soit pas ici reproduit -ce serait lui faire porter un chapeau trop grand, et passer à côté de l’usage qu’on doit faire de son erreur : loin d’être, comme on le lit trop souvent, dépassée, la querelle du fonctionnalisme et de l’intentionnalisme (tous deux baptisés, je le répète, par l’école fonctionnaliste -qui à l’origine se disait elle-même plutôt "structuraliste") est encore d’actualité, puisque "intentionnaliste" est encore une insulte censée tenir lieu d’argumentation.

Un nouvel exemple en est d’ailleurs donné par la démolition détaillée d’un autre livre, qui est l’objet de l’autre article déposé sur le site depuis la dernière lettre d’information : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=408 .

L’histoire l’emportera !

PS.- La société SFR s’obstine toujours à bloquer le fonctionnement normal de l’adresse fdelpla@club-internet.fr. Je ne suis donc joignable, à l’heure qu’il est, que par francoisdelpla@sfr.fr .

Si la lettre s’affiche mal, vous pouvez la retrouver sur le site : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=384 ; ou encore en cliquant page d’accueil sur la rubrique "abonnement", puis sur "archives".



Le mort saisira-t-il le vif ?

Chers abonnés,

Je vous ai déjà entretenus de certaines contestations de mes découvertes sur la mort de Georges Mandel (opportunément équilibrées par un fin papier de Ralph Schor dans le dernier "Historiens et géographes"). Je serai donc plus bref aujourd’hui, me contentant de signaler le nouvel éditorial ( http://www.delpla.org ) qu’elles m’ont inspiré. Il en appelle à une approche historique de la Milice : celle-ci fait encore entièrement défaut. Pour en hâter l’éclosion, il n’est peut-être pas inutile que les lecteurs de mon livre, ou des deux chapitres pour l’instant en ligne ( http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=413 et http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=401 ) fassent connaître leur façon de penser aux détracteurs : http://www.nonfiction.fr/article-2397-mandel_un_martyr_republicain.htm et (peut-être de façon prioritaire, puisque le Patriote résistant s’est vigoureusement solidarisé avec son critique) fnidrp@fndirp.asso.fr . Entendons-nous bien : souvent traité par le silence, je ne me plains pas de ces bruits ! Mais leurs désinformations requièrent un rappel du contenu du livre, et de la parfaite inexistence de toute thèse rivale digne de ce nom : la Milice n’était pas habilitée à demander aux Allemands des otages pour venger ses morts et le simple bon sens milite, avant toute enquête, contre la rumeur berlino-vichyssoise qui, dès le lendemain du crime, le lui avait attribué.

Si vous passez par là, je serai heureux de dialoguer avec vous sur ce livre samedi prochain à Fontainebleau, où l’association "Le Souvenir français" oublie moins que jamais le ministre assassiné dans les environs : « Les membres du bureau du Comité du Souvenir Français de Fontainebleau-Avon sont heureux de vous convier à la conférence de François DELPLA, historien et auteur du livre Qui a tué Georges Mandel ? le Samedi 13 juin à 16h30 au Musée d’Art et d’Histoire Militaires 88 rue St-Honoré-Fontainebleau. Vous êtes invités à la commémoration du 65ème anniversaire de la mort de G.Mandel aura lieu le 7 juillet 2009 à 19h devant sa stèle N.607 (ex N.7) à droite en direction de Nemours. »

Le débat a rebondi de façon intéressante sur le forum Passion-histoire : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=411

Dans le même ordre d’idées, il semble que les découvertes récentes sur la "Shoah par balles" fassent également l’objet de mises en cause peu dialoguantes et hostiles à tout renouvellement du regard. Cela m’amène à mettre en ligne les articles que j’ai publiés il y a bientôt un an dans le numéro hors série du magazine "Seconde Guerre mondiale" (éditions Astrolabe), en commençant par l’interview de Patrick Desbois : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=415 .

Quant aux avatars de l’appel du 18 Juin, ils seront peut-être un peu mieux connus cette année... du moins en Lorraine, l’Est républicain s’apprêtant à publier une interview de votre serviteur : prélude à une commémoration plus honnête et moins convenue en 2010 ? Ou lente progression d’une tache d’huile à partir de mon interview dans l’Alsace en 2000 )) ? http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=193

Le magazine en ligne Histomag, dans son numéro hors série sur la Normandie, publie une contribution de votre serviteur intitulée "Pétain et le débarquement" http://www.39-45.org/histomag/hs3.pdf . C’est l’occasion de déposer sur le site un premier article, de l’automne dernier, sur la décision churchillienne de "fight on" en mai 1940 : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=414 .

Le forum a fait peau neuve grâce à l’assistance technique de Pierre Chaput et il s’anime de plus en plus, notamment sur la guerre d’Algérie : http://www.delpla.org/forum/viewtopic.php ?f=15&t=12

La prochaine lettre vous réserve une grosse et, j’espère, agréable surprise, dans le domaine de la presse magazine.

A très bientôt !

fdelpla

PS.- La société SFR s’obstine toujours à bloquer le fonctionnement normal de l’adresse fdelpla@club-internet.fr. Je ne suis donc joignable, à l’heure qu’il est, que par francoisdelpla@sfr.fr . Si la lettre s’affiche mal, vous pouvez la retrouver sur le site : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=384 .



Lettre d’information n° 56

24 juin

"Shoah par balles" : une contestation mal en point

Lettre d’information n° 56

LES historiens professionnels seraient dressés contre un amateur : voilà ce qu’une cabale cherche à faire accroire depuis un an, à propos des recherches sur les fosses communes de l’ex-URSS initiées, et toujours animées, par Patrick Desbois et l’association Yahad-In unum.

Cette contestation, aussi stable qu’un feu follet, s’en prend tantôt aux recherches elle-mêmes, tantôt à ce qu’en disent les médias.

En mai dernier elle a soudain semblé portée par un vent ascendant, pour retomber lourdement en juin. Cependant, une célèbre émission du service public et un non moins illustre journal du soir semblent plus affairés à sauver de l’accusation ce qui peut l’être qu’à rendre compte des sommets d’aberration atteints en mai, particulièrement lorsque Desbois fut accusé d’ignorer, par une complaisance coupable envers les témoins, les viols au bord des fosses communes... sortis tout droit de l’imagination de la personne qui l’accusait.

Les procédés les plus médiocres font florès, notamment l’argumentation par de "nombreux courriers de soutien" dont les auteurs et la teneur restent mystérieux.

Car aucun historien universitaire, ayant obtenu son doctorat ou son habilitation en travaillant sur le judéocide nazi, ne s’est prononcé publiquement, en France ou ailleurs, contre les résultats actuellement connus de cette recherche -et un seul a critiqué sa "médiatisation" (sauf erreur de ma part, que je vous invite à signaler ici : http://www.delpla.org/forum/viewforum.php ?f=68).

Je viens de mettre en ligne un résumé de cette non-affaire : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=416

Une tentative de stigmatisation d’un pionnier est en train de tourner court. Reste à travailler pour tirer du matériel mis au jour, indépendamment des aspects religieux et politiques de la question, les moyens d’une meilleure connaissance de la dictature hitlérienne.


PS.- 1)La société SFR s’obstine encore et toujours à bloquer le fonctionnement normal de l’adresse fdelpla@club-internet.fr. Je ne suis donc joignable, à l’heure qu’il est, que par francoisdelpla@sfr.fr .

2)Si cette lettre s’affiche mal, vous pouvez la retrouver sur le site : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=384 .

3) Je vous donne rendez-vous dans les kiosques le 1er septembre.



"Shoah par balles" : leçons d’une calomnie (lettre d’information n° 57)

Chers abonnés,

L’attaque, aussi incendiaire qu’inconsidérée, contre les précieuses investigations de Patrick Desbois et de son équipe autour des charniers juifs de l’ex-URSS, vient de connaître une nouvelle étape de sa déconfiture avec la publication dans le Monde (par qui le scandale est largement arrivé) d’une belle mise au point de Serge Klarsfeld : http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php ?f=49&t=20958&p=277321#p277321.

Il importe maintenant de tirer toutes les leçons de l’épisode (sur lequel porte le nouvel éditorial http://www.delpla.org), d’une part pour qu’aucune idée fausse ne subsiste dans les esprits honnêtes, d’autre part et surtout pour que cette non-affaire (strictement française) apparaisse pour ce qu’elle est : une résistance aux progrès de l’analyse du nazisme, pourtant encore largement possibles et nécessaires.

Une curiosité : le comportement du site Idée@jour, généralement mieux inspiré, qui non content de relayer par trois fois des contre-vérités, a censuré la plupart de mes mises au point tout en les mettant en relief, sur un espace à part annoncé en page d’accueil : une véritable prison politique ! http://www.idee-jour.fr/

Car il y a aussi des leçons à tirer de l’épisode concernant l’outil Internet : visiblement certains groupes de pression, qui avaient acquis une bonne maîtrise du papier, ont du mal à transposer sur la Toile leurs méthodes et sont vulnérables à une contestation patiente et bien étayée, du moins sur les sites interactifs.

Bonnes lectures !

PS.- 1)La société SFR, non contente de la bloquer, a fini par détruire ma boîte électronique fdelpla@club-internet.fr. Je ne suis donc plus joignable que par francoisdelpla@sfr.fr et vous prie d’y réadresser toute correspondance expédiée à l’ancienne adresse avant sa paralysie, survenue le 22 janvier dernier.

2)Si cette lettre s’affiche mal, vous pouvez la retrouver sur le site : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=384 .

3) Je vous donne toujours rendez-vous dans les kiosques le 1er septembre... mais aussi à la Fête de l’Humanité, les 12 et 13 septembre, puisque j’y suis réinvité cette année et que l’occasion est belle de dépasser le véritable refus d’histoire qui s’est fait jour dans certaines réactions à mon livre sur la mort de Mandel (victime de Hitler et non de ses truchements français).



Lettre d’information du site de François Delpla

n° 58

25/8/2009

Du nouveau dans la presse historique

Dans les dernières lettres, je vous annonçais un heureux événement en kiosque pour le premier septembre. Or l’enfant se présente avec trois jours d’avance ! Dès vendredi vous pourrez trouver partout en France et, quelques jours plus tard, presque partout en Belgique, au Luxembourg, en Suisse et au Québec, ainsi qu’au Maroc et au Portugal " La dernière guerre ", un nouveau magazine bimestriel, lancé par les éditions Caracktère (spécialisées dans les magazines historiques) sous la houlette de Yannis Kadari. Destiné à explorer en six ans tous les aspects du conflit, tout en suivant l’actualité scientifique et médiatique à son sujet, ce nouveau média m’a invité à participer à son comité de rédaction et compte me confier régulièrement des articles.

Dans ce premier numéro Hitler, Churchill, le début des atrocités antisémites en Pologne et la genèse du pacte germano-soviétique sont présentés par les auteurs des meilleurs livres récents en français sur ces sujets. Le mien n’y a guère de mérite car il était et reste la seule biographie du responsable du déclenchement de cette guerre qu’ait écrite un natif du grand pays voisin et victime.

Le prochain numéro, à paraître à la Toussaint, me verra plancher sur ses relations féminines, très généralement déformées, méconnues et, surtout, rarement mises en rapport avec ses entreprises politiques et militaires. Dans le n° 1, je dresse également un inventaire, trop bref, des richesses de la nouvelle oeuvre d’Isabelle Clarke et Daniel Costelle, Apocalypse, diffusée sur France 2 les 8, 15 et 22 septembre.

C’est là un beau défi, qui ne semble pas avoir été relevé par d’autres, du moins dans l’espace francophone. Nous entendons privilégier le neuf, tant dans les analyses que dans les illustrations, tout en rappelant les données essentielles. Les lecteurs restés sur leur faim (et ceux qui voudront, au reçu de la présente, prendre connaissance de la couverture) seront invités à se rendre sur le site du magazine : http://www.derniere-guerre.com .

Tout cela devrait cohabiter harmonieusement avec le site auquel vous avez bien voulu vous abonner ou, inscrits par mes soins, rester abonnés. En cette rentrée, il s’enrichira, dans les tout prochains jours,

-  de mes contributions, vieilles d’un an, au magazine sur la Solution finale que j’avais dirigé aux éditions Astrolabe ;

-  de deux nouveaux chapitres de "Nuremberg face à l’histoire" ;

-  des pages du livre sur Mandel démontrant l’impossibilité radicale de son meurtre par la Milice, comme de celui de Marx Dormoy par la Cagoule.

A ce propos, nous souhaitons tous, je pense, que 2010 soit l’occasion de mieux sortir de l’ombre les efforts de Georges Mandel pour épargner à son pays un armistice séparé, et le soutien intermittent qu’ils ont trouvé chez Paul Reynaud. Ce devrait être l’occasion de tordre le cou à la légende, étayée par zéro document et zéro témoignage, de son meurtre sur l’ordre de Darnand ou de Knipping. Car ma démonstration de son assassinat par l’Allemagne sur l’ordre de son chef n’est même pas une nouvelle thèse historique : c’est tout simplement le résultat du premier examen de l’affaire, expéditivement tranchée jusque là dans la foulée des procès de la Libération, sur des données fournies par les nazis et trafiquées en conséquence.

Aucun historien ne devrait donc s’accommoder de certaines critiques faites à mon livre, souvent hélas par des militants qu’inspire l’esprit de la Résistance : elles procèdent d’un pur et simple refus de l’histoire, quand celle-ci se refuse à confirmer la noirceur d’un adversaire qui reste par ailleurs très noir, mais n’a pas commis tel crime précis. Mes séances de signatures à la fête de l’Humanité, les 15 et 16 septembre de 13 à 18h, promettent à cet égard quelques explications animées.

Quant au livre, en cours d’écriture, sur Mers el-Kébir, il s’annonce pour le mois de mars aux éditions de Guibert, désormais intégrées au groupe Desclée de Brouwer. Son sujet n’est autre, au fond, que la fin de l’appeasement britannique dont le dernier champion, Halifax, mène contre Churchill une action conspiratrice très ramifiée. Sa mise au jour tient hélas toujours du jeu de piste. Les archives sont rares : beaucoup ont probablement été détruites, et du reste, en temps de guerre, les fauteurs de paix ont soin de passer surtout par l’oral. Restent les actes, et les entraves disposées sur les pas du premier ministre, soucieux de se désolidariser avec éclat de l’armistice français en se montrant intransigeant sur le sort de la flotte de l’ex-allié, sont, lorsqu’on les étudie sous cet angle, très éloquentes.

Elles expliquent, en tout cas, la violence de l’affrontement et son lourd bilan humain : si l’amiral anglais Somerville n’avait pas eu le souci prédominant de désobéir à l’ordre de tirer et avait exploité l’effet de surprise dans une logique purement militaire, l’amiral français Gensoul n’aurait pas eu le loisir de se préparer au combat et à l’appareillage. Il ne lui restait qu’à faire évacuer les navires, puisqu’il ne voulait ni les donner ni les couler. Bien des gens agissent en cette affaire, comme si souvent depuis 1933, suivant un scénario écrit à Berlin. Mais Churchill, pour la première fois, le dérange de façon décisive, et précisément parce que le sang coule : Hitler pense que la "juiverie" s’est trouvé un chef aussi peu scrupuleux que lui et qu’il n’a plus qu’à jouer son va-tout. Il ne lui faut que dix jours pour réorienter vers un assaut prochain contre l’URSS les esprits de ses généraux.

L’attention sur la persistance et la virulence de l’appeasement pendant les premières semaines du ministère Churchill avait été appelée en 1990 par John Lukacs et John Costello. Les commémorations de 2000 avaient été beaucoup plus conventionnelles. 2010 sera ce que nous en ferons.

A ce sujet, je remarque ces jours-ci, dans les publications déjà parues pour commémorer le début du conflit, la vigueur du préjugé selon lequel Hitler ne s’attendait pas à ce que la France et l’Angleterre lui déclarent la guerre, et j’en tire quelques leçons dans le NOUVEL EDITORIAL.

Bonnes lectures et fructueux débats !



Lettre d’information du site de François Delpla

n° 59

Nouveau magazine (suite)

8 septembre 2009

Chers abonnés,

Vous voudrez bien excuser un deuxième envoi aussi rapproché et considérer qu’il ne s’agit pas de spam, bien qu’il puisse être assimilé à de la publicité. Laquelle est, comme la langue d’Esope, la pire chose quand elle vante indûment une marchandise, et la meilleure quand elle fait simplement connaître un produit de qualité.

La première livraison de La Dernière guerre, en kiosque depuis une semaine, a été au moins feuilletée par la plupart d’entre vous et, j’espère, trouvée prometteuse sinon pleinement aboutie. Dans ce cas, je me permets de vous rappeler qu’il s’agit d’un projet ambitieux et risqué, dont les premiers financements sont certes assurés, mais qui doit en quelques mois trouver son public pour assurer sa pérennité.

La période est certes difficile pour l’économie en général et la presse en particulier, mais il fallait paraître en ce septembre ou attendre dix ans !

Les personnes qui apprécient ce magazine et ressentent le besoin d’une nouvelle encyclopédie sur cette guerre, faisant connaître les documents inédits et les analyses actuelles, ont donc une part de responsabilité dans son avenir. Dans la floraison qui submerge les rayons historiques des kiosques, et aussi, en cette période anniversaire, la presse généraliste, il importe que les connaisseurs aident ce qui, d’après eux, le mérite, à émerger. Le "bouche à oreillle" est (comme le prouvent les premiers abonnements et les premières réactions) le vecteur le plus sûr du développement d’une telle entreprise. Achetez ce numéro, offrez-le, trépignez de désespoir devant le libraire quand il est épuisé...

Dans le cas où vous écririez vous-même sur ce conflit et envisageriez de proposer des contributions à La Dernière guerre, vous avez plus de raisons encore de donner un coup de main pour aider au décollage de ce titre.

Sans votre concours, il n’est rien !

merci de votre attention

fdelpla

PS.- 1)La société SFR, non contente de la bloquer, a fini par détruire ma boîte électronique fdelpla@club-internet.fr. Je ne suis donc plus joignable que par francoisdelpla@sfr.fr et vous prie d’y renvoyer toute correspondance expédiée à l’ancienne adresse avant sa paralysie, survenue le 22 janvier dernier.

2)Si cette lettre s’affiche mal, vous pouvez la retrouver sur le site : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=384 .

3) Je vous donne toujours rendez-vous à la Fête de l’Humanité, les 12 et 13 septembre, puisque j’y suis réinvité cette année et que l’occasion est belle de dépasser le véritable refus d’histoire qui s’est fait jour dans certaines réactions à mon livre sur la mort de Mandel (victime de Hitler et non de ses séides français).



Magazine "La Dernière guerre", Rochus Misch, Mers el-Kébir, Dictionnaire énervé, Hitler au théâtre...

Lettre d’information du site de François Delpla

n° 60

Chers abonnés,

Sur le site http://www.delpla.org, vous pouvez trouver un grand nombre de nouveautés :

-  deux articles de votre serviteur parus dans les deux premiers numéros du magazine La Dernière guerre (au comité de rédaction duquel je participe en tant que conseiller historique), l’un sur la politique intérieure et extérieure de Hitler, et la cécité mondiale à son égard, jusqu’en 1938 http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=427 , l’autre sur une question d’actualité : Faut-il rééditer Mein Kampf ? http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=428

(Le pari de lancer ce magazine encyclopédique, destiné à suivre jusqu’en 2016 les anniversaires du conflit, en ces temps économiquement difficiles, est d’ores et déjà largement gagné sur le plan critique : beaucoup de confrères nous ont fait l’honneur de présentations parfois longues et quelques-uns de silences non moins flatteurs. Les lettres de lecteurs affluent, toujours laudatives, souvent émaillées de suggestions constructives. Les candidatures d’auteurs également, qui nous permettent et nous permettront de plus en plus d’approcher notre idéal : faire traiter tout sujet par le chercheur le plus en pointe, au moins dans l’espace francophone. Reste à assurer la vie matérielle et, si c’est en bonne voie, ce n’est pas encore tout à fait gagné : puisse chaque lecteur enthousiaste être à chaque instant conscient que tout abonnement différé, toute occasion d’achat en kiosque négligée compliquent bêtement les choses. Et puis, c’est le moment, sinon de croire au père Noël, du moins de lui donner du travail !)

abonnement en ligne : http://www.derniere-guerre.com/abonnement.php

-  une interview de Rochus Misch, le garde du corps de Hitler redécouvert grâce au film La Chute, rencontré par Antoine Dauer et moi-même en 2006 pour les besoins du film de Daniel Costelle sur Eva Braun : l’extrait publié porte sur la préparation du vol de Rudolf Hess et les répercussions de son annonce au Berghof. Une véritable mine, dans les deux sens du terme : carrière à ciel ouvert pour inventorier les procédés de base de la dissimulation hitlérienne, et charge explosive contre la vision traditionnelle et encore très en honneur du personnage, celle d’un impulsif perpétuellement en train d’arbitrer les querelles de lieutenants qui se mangent entre eux. http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=425

-  un petit échantillon de la polémique souvent ridicule et presque toujours excessive qui a prétendu tempérer le triomphe de la série télévisée Apocalypse : http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=424

-  un nouvel éditorial, en page d’accueil, qui à partir de ce dernier exemple et de beaucoup d’autres s’interroge sur la nervosité et l’agressivité croissantes des débats historiques et met en garde la profession contre une tendance à se discréditer par des attitudes corporatistes, difficilement compréhensibles et admissibles de l’extérieur. Certes, les attaques contre le formidable découvreur de traces qu’est Patrick Desbois, dont je vous ai entretenus dans les lettres précédentes et qui font l’objet de plusieurs articles du site, par exemple http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=417 , ont fort heureusement tendance à disparaître (notamment depuis l’ouverture prévue, et ô combien précoce, des archives de Yahad-In Unum le 15 octobre dernier), et n’ont toujours pas enrôlé sous leur bannière plus de deux historiens (moins critiques au demeurant envers le travail qu’envers sa médiatisation), tout le reste étant l’affaire de journalistes spectaculairement excités, mais impuissants à entraîner la masse de leurs confrères (à ce propos on peut toujours me visiter en prison et me causer au parloir : http://www.idee-jour.fr/Francois-Delpla-parle-a-Francois.html ). Mais les avanies subies par un chercheur, spécialiste des massacres de masse en Asie, méritent une sévérité sans faille : d’autres historiens, qui écrivent sur le Japon en connaissant sa langue, font mortel grief à ce confrère de l’ignorer et de s’être lancé tout de même dans un livre sur les exactions de « l’armée de l’empereur »... laquelle a opprimé une bonne vingtaine de pays dont peu d’entre eux connaissent tous les idiomes ! Il faudrait donc sans doute taxer d’amateurisme toute synthèse sur le sujet... Quant au site « Médiapart », une rubrique « Usages et mésusages de l’histoire » y fait appel à des bonnes volontés en demandant des lettres de motivation... auxquelles elle ne répond pas, ce qui tend à en faire une chasse gardée non déclarée.

-  La rubrique ‘Lu’, assez léthargique ces derniers temps, va sous peu s’enrichir d’aperçus concernant trois écrits qui me font réagir :

*le livre d’Eric Roussel « Le Naufrage : 16 juin 1940 ». Il relève chez Gallimard le flambeau de la collection « Trente journées qui ont fait la France », en choisissant celle de l’avènement de Pétain. Brillant biographe de Georges Pompidou au lendemain de son décès, Roussel avait donné beaucoup plus tard un « Jean Monnet » riche et méticuleux, avant un « De Gaulle » surtout précieux par la publication de documents inédits http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=80 . Le présent texte, qui eût gagné à être relu pour ébarber de trop fréquentes erreurs de détail, est intéressant par quelques avancées, mais surtout représentatif de persistants blocages.

*le livre de Laurent Douzou sur Lucie Aubrac, première biographie de cette extraordinaire héroïne, doublée d’une merveilleuse pédagogue. Laurent Lemire a accueilli sur son site « L’agitateur d’idées » un premier aperçu de ma réaction.

*l’interview de Daniel Reynolds sur Churchill, par Olivier Wieviorka, dans “L’Histoire” de ce mois-ci, constellée d’erreurs et de sottises sur le Vieux Lion qui procèdent essentiellement d’un refus persistant de situer son action par rapport à celle de Hitler et au danger de sa victoire (délai de mise en ligne : une quinzaine de jours).

Ma propre production livresque se déploie dans deux directions :

-  mon année de thèse et de prédilection, 1940, va être commémorée par la remise en vente de Churchill et les Français, le livre doublement maudit (première édition torpillée chez Plon en 1993 par des héritiers intégristes, deuxième handicapée en 2002 et suivantes par les difficultés puis la liquidation des éditions du Polygone), et par la publication d’un Mers el-Kébir (aux éditions de Guibert, désormais intégrées au groupe Desclée de Brouwer) qui approfondit et prolonge, en particulier, les découvertes de l’an 2000 sur les chaotiques débuts des rapports gaullo-britanniques. Plus généralement, il fait justice d’un nombre de préjugés (qui avaient entaché jusqu’à mes propres ouvrages !). Par exemple, l’idée que les Anglais se sont trop pressés de détruire cette flotte car Hitler avait d’ores et déjà renoncé à la faire revenir en métropole et acceptait son désarmement en Afrique du Nord : c’est là une invention pure, d’origine vichyssoise mais largement partagée par les "résistants" de tout poil et de toute nationalité, y compris britannique. Sortie prévue en mars. Débats de forums en avant-première, bientôt résumés sur le site : http://www.delpla.org/forum/viewtopic.php ?t=26 http://atf40.forumculture.net/les-combats-f38/mers-el-kebir-quid-pour-l-anniversaire-de-2010-t1302.htm http://www.39-45.org/viewtopic.php ?f=50&t=17985&start=0

-  Stéphane Chabenat lance aux Editions de l’Opportun une collection de « petits dictionnaires énervés » : sur la justice, l’école, Sarkozy... et m’a sollicité pour la Seconde Guerre mondiale. Ce devrait être un bon vecteur pour montrer ce qui progresse et ce qui piétine, ce qui est clair et ce qui reste brouillé. Vous verrez bien... en avril.

Enfin, last but not least, je m’apprête à accompagner Hitler au théâtre ! On trouvera ici http://mein-fuhrer.fr/souscription.html et là http://www.delpla.org/article.php3 ?id_article=426 la présentation de la pièce Mein Führer d’Henri Mariel, directeur du théâtre de l’Entracte à Saint-Herblain, qui s’inspire en partie de mes travaux biographiques (ainsi que du film sur Eva Braun), va être montée en 2010 (première possible à Avignon en juillet) et fait l’objet pour l’instant de lectures dont une assortie d’interventions de votre serviteur, le premier week-end de décembre.

Il me reste à donner rendez-vous aux Parisiens samedi prochain au salon du Livre résistant aux Invalides, et dimanche à celui du livre d’histoire de Versailles, en sa mairie.

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le 8 septembre 2009



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