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Des perles contre l’histoire (suite)




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Après l’autodafé d’une librairie pro-palestinienne

Vendredi 3 juillet, la librairie "Résistances" a eu la visite de quatre personnes cagoulées qui ont entassé les livres sur le sol avant de les arroser d’huile. Ils se réclamaient d’un groupuscule baptisé "Ligue de défense juive".

Les médias ont, à quelques exceptions près, étouffé l’affaire. Elisabeth Lévy s’est indignée et des faits, et du silence, sur le site "Causeur". Parmi les 607 réactions, celle d’un "Gaétan Brunoy" :

Toute cette histoire de Voltaire qui se battra jusqu’à la mort pour la libre expression c’est de la blague pour salonnards.

Cette pétition de principe est saine pour des gens correctement éduqués, disposant de suffisamment d’esprit critique pour faire la part entre le juste et le faux, et non tordus par des marottes ou des haines. Mais pour les autres ? (...)

N’aurions-nous pas besoin, en cette matière, d’une régulation, d’une tempérance, sinon d’une censure ? Pouvez-vous nier l’existence de lobbys, de cartels idéologiques, capables d’une production culturelle suffisante pour prendre dans sa nasse un lectorat, et imprimer dans son esprit une version biaisée de la réalité (je pense aux communistes et aux islamistes, aux phénomènes sectaires, aux groupuscules d’extrême-droite, aux régionalistes, aux communautaristes etc.)

(...)

Je refuse qu’on menace ma tranquillité publique pour garantir un libre accès à leur opium idéologique à des imbéciles.

Seuls les huiles ont le droit de s’exprimer : pour les autres, reste l’huile !!

On connaissait déjà "pas de liberté pour les ennemis de la liberté !". Ici, on en arrive à : "Pas de liberté, cela favorise trop les ennemis de la liberté ".

Mais on peut aussi stigmatiser cette sottise de façon plus primesautière, puisque l’auteur s’affuble d’un pseudonyme qui incite au jeu de mots : ce gars, étant brun, noie.

(mis en ligne le 16 juillet 2009)



L’histoire "résistante" et Louis Rougier

Louis Rougier (1889-1982) est un philosophe français, spécialisé dans les phénomènes religieux et politiques, qui a transmis au début de l’Occupation certains messages entre Vichy et Londres, en passant par l’Alger de Weygand.

Il a menti à la Libération, pour défendre Pétain, en prétendant qu’il était son émissaire (il l’était de Weygand), qu’il avait rencontré Churchill à l’heure de Montoire (c’était au lendemain et en conséquence de Montoire) et qu’il avait rapporté un traité secret annoté par Churchill (c’était un projet de conversation avec Weygand, annoté par Strang).

Cependant, une histoire se voulant "résistante", initiée par un ouvrage du général Schmitt en 1957, a purement et simplement nié la réalité de la mission Rougier, en le traitant comme une mouche du coche et un amateur ayant grandi son rôle. Paxton et Duroselle, notamment, ont entonné ce couplet.

Mais son traitement "perlier" revient à Henri Michel, dans son ouvrage posthume sur Darlan (Hachette, 1993, p. 289) :

"Sur cette affaire, qui est en partie pure mythomanie, voir l’ouvrage du général Schmitt..."

(souligné par François Delpla)

Rougier sur ce site

(mis en ligne le 14 juin 2009)



Quand Pierre Lellouch vend la mèche

Ce matin sur France-Inter, le député UMP de Paris, s’exprimant en qualité d’envoyé spécial du gouvernement français en Afghanistan et au Pakistan :

"La classe politique pakistanaise n’a pas su jusqu’ici fabriquer de la démocratie".

(mis en ligne le 13 mai 2009)



La France aux Français !

René Servoise, ancien ambassadeur de France en Indonésie, s’est répandu sur la Toile le 30 mars 2009 avec un discours renouvelé de Charles Martel.

Mais c’est qu’il a il a tout à fait raison cet homme !

Quand on voit qu’un ambassadeur de France est capable d’écrire :

"leurs ambitions à plus de libertés individuelles",

on se dit que l’identité nationale est menacée dans une de ses composantes les plus fondamentales, la langue.

Dès lors on comprend mieux l’absence de rigueur qui lui fait écrire, au moins une fois, "islamiste" pour "musulman". Ce n’est pas forcément pour affoler les naïfs. L’ignorance peut y avoir sa part.

(mis en ligne le 13 mai 2009)



Miracle dans les Abbruzes

7 avril France 2, 20h et quelques. Le reporter commente l’image d’un vieux clocher resté debout au milieu de ruines du tremblement de terre en disant : "c’est certainement un miracle."

Voilà qui n’est guère aimable pour la compétence et la conscience professionnelle des maçons...ni même, s’ils étaient croyants, pour la foi qui soutenait leurs efforts !

(mis en ligne le 9 avril 2009)



Le préservapontife défendu par l’ours de la fable

Les réactions ont été heureuseusement plus nombreuses aux propos de Benoit XVI concernant le préservatif qui "aggraverait" le problème posé par le sida qu’à ses fables sur la conversion des Indiens d’Amérique (cf. infra). Il est vrai qu’il a tendance à désespérer ses propres ouailles -et que la question du sida, comme celle de la sexualité, sont plus universelles (catholiques, suivant l’étymologie !) que celle de la persécution des cultes païens sur un continent voici cinq siècles.

Les faits, relatés par le Figaro :

"Dans l’avion qui le mène à Yaoundé au Cameroun, le pape Benoît XVI a déclaré ce mardi que le problème du sida ne « peut pas être réglé » par la « distribution de préservatifs ». « Au contraire, leur utilisation aggrave le problème ». Selon lui, la solution passe par « un réveil spirituel et humain » et l’« amitié pour les souffrants »."

Une réaction à contre-courant, celle du "philosophe et éditeur" François Miclo, vaut son pesant de sculptures du Sacré-Coeur, d’autant plus que l’auteur se réclame entièrement du non-conformisme et point du tout de la bondieuserie :

Nulle part, le pape ne dit qu’il ne faut pas utiliser de capotes. Nulle part, il n’en condamne l’usage. Il dit simplement qu’on ne peut pas se contenter de cette solution et qu’en distribuant à l’Afrique des préservatifs on se donne certainement bonne conscience, mais on ne règle rien du tout. Et quand on ne règle pas un problème, on l’aggrave...

Le Vatican ayant toujours condamné dans les termes les plus nets, chaque fois qu’il en a causé, les méthodes de contraception autres que l’abstinence, périodique ou non, le philosophe, comme l’ours de La Fontaine qui tue son ami jardinier pour le débarrasser d’une mouche, illustre malgré lui l’adage suivant lequel l’enfer est pavé de bonnes intentions !

(mis en ligne le 23 mars 2009)



Le match Sarkozy-Marie-Antoinette

"Maintenant en France quand il y a une grève on ne s’en aperçoit même pas !"

Certes cela vaut bien : "S’ils n’ont pas de pain, qu’il mangent de la brioche !", un mot placé par la rumeur dans la bouche de Madame Louis XVI.

Sauf que les affamés de Paris n’avaient pas d’antennes très directes à Versailles et ne pouvaient éventuellement apprendre ce qu’avait dit la souveraine que par l’écho de plus en plus déformé de confidences de ses familiers.

Tandis qu’en 2008 le membre viril du couple présidentiel a éructé sa triomphante haine du peuple devant une forêt de micros, au conseil national de l’UMP, le 6 juillet.

Avantage Sarkozy donc.

(mis en ligne le 7 décembre 2008)



Le caractère stalinien de l’Islam

Une firme appelée "Conservative Books" s’est dotée d’un département "DVD" dont elle présente en ces termes le dernier produit, le 2 octobre dernier, dans une publicité électronique (Je traduis en caractère gras les passages les plus extravagants) :

Since 9/11, numerous Western leaders have insisted that Islam is a peaceful religion, and that violence committed in its name contradicts the teachings of the Koran and the example of the prophet Muhammad. But is this true ? Now the DVD, Islam : What the West Needs to Know, takes an unblinking look at the so-called "religion of peace" - and demonstrates that Islam is, in fact, a violent and expansionist religion that seeks the destruction or subjugation of other faiths, cultures, and systems of government.

Featuring interviews with noted Islam experts Robert Spencer, Serge Trifkovic, Bat Ye’or, Abdullah Al-Araby, and former terrorist Walid Shoebat, Islam : What the West Needs to Know examines the Koran, other Islamic texts, and the example of the prophet Muhammad to reveal that violence against non-Muslims is and has always been an integral aspect of Islam la violence contre les non-musulmans est et a toujours été partie intégrante de l’Islam.

The Islam : What the West Needs to Know DVD reveals :

* How warfare — even terrorism — in the name of Islam stems directly from the teachings and example of the Prophet Muhammad and the commands of the Koran

* The truth about Muhammad : a warlord with the blood of thousands on his hands — and how Muslims are expected to follow his example, as Christians are to follow Christ

* How the Koran — considered by Muslims to be dictated word for word by Allah — explicitly commands violence against non-Muslims who resist conversion or surrender

* "Jihad" : an "inner struggle" over temptation, as some Muslim apologists claim ? Not so : how the Koran makes it clear it denotes warfare against non-Muslims in order to bring about the universal rule of Islamic law le Jihad signifie la guerre contre les non-musulmans afin de ranger le monde entier sous la loi islamique

* How violent death in jihad is, according to the Koran, the only assurance of salvation la mort violente dans la guerre sainte est , selon le Coran, l’unique moyen de garantir le salut

* How, following Muhammad’s death, his ’rightly-guided’ successors carried his wars to three continents — fighting, enslaving, and massacring countless Christians, Jews, Zoroastrians, Hindus, and others

* How Islam, unlike Christianity, flourished and spread primarily through conquest, not peaceful evangelism

* How the Crusades, mischaracterized as a violent assault on peaceful Muslims, were largely a belated response against centuries of Muslim conquest of Christian lands

* The Islamic principle of ’religious deception’ — which enjoins Muslims to deceive non-Muslims to advance the cause of Islam — and how Muslim groups use it today Le principe islamique du "mensonge sacré" qui enjoint aux musulmans de tromper les non-musulmans pour faire avancer la cause de l’Islam

* How, throughout its history, Islam has never recognized a distinction between religious and civil authority

* How Islamic "sharia" law governs every aspect of religious, political, and personal life — amounting to a form of totalitarianism analogous to Communism Comment la "charia" islamique gouverne tous les aspects de la vie religieuse, politique et personnelle -revenant à une forme de totalitarisme analogue au communisme.

Il serait intéressant de connaître l’impact de cette propagande, aux Etats-Unis et dans quelques autres pays.

(mis en ligne le 7 octobre)



La guerre, nouveau nom de l’histoire ?

La France souhaite faire entendre sa voix dans le monde, une voix singulière susceptible de regrouper derrière elle tous les pays qui se méfient de l’unilatéralisme américain. Cet objectif là, qui transcende depuis longtemps les frontières de la politique intérieure, interdit à un pays qui a ce type de prétentions de déserter le terrain de la guerre qui est aussi celui de l’Histoire.

De Jean-Michel Aphatie, sur son blog, le 22/9/2008, à propos du débat parlementaire de ce jour sur la poursuite de la participation française à la guerre d’Afghanistan.

Ainsi, pour que la France puisse aider à tempérer l’unilatéralisme américain, il est essentiel qu’elle s’aligne préalablement derrière ses entreprises.

Quant à l’identification pure et simple de la guerre et de l’histoire, il faut sans doute remonter avant Thucydide pour trouver un propos aussi primaire ; je veux dire, abstraction faite de notre époque : encore un triste effet du 11 septembre (cf., un peu plus bas, la perle de Nicolas Baverez). Je n’oublie pas Hegel, mais s’il accordait à la guerre une valeur créatrice discutable, il ne conseillait tout de même pas aux Etats désireux de jouer un rôle historique de se jeter tête baissée dans la première venue, ou de s’y enliser coûte que coûte !



La destruction créatrice ?

« S’il suffisait seulement d’embaucher des enseignants pour avoir la meilleure éducation nationale, ça se saurait »...

La phrase, commise par un bourreau de la langue française dont on aura la charité de ne livrer que les initiales (un N suivi d’un S), dans une interview télévisée le 24 avril 2008, est reprise en choeur, lors de cette rentrée 2008, par le perroquet Darcos (alias Darcasse) et sa volière de recteurs.

S’il "suffisait seulement" d’en supprimer, cela ne se saurait-il pas bien davantage ?

mis en ligne le 9 septembre 2008

NB (26 avril 2009) : cédant aux prières de nombreux recteurs qui ne se considèrent pas comme enfermés dans une volière, je précise que mon raccourci papagaiesque s’appuyait sur les dires de celui de Créteil lors d’un "téléphone sonne" de France Inter, un jour ou deux plus tôt ; et j’invite amicalement ceux qui n’auraient pas repris en choeur les propos consistant à scier la branche sur laquelle ils étaient assis à faire un pas de plus et à dénoncer, enfin, les suppressions de postes.



Joffrin, de Gaulle et dame Nuance

28 mars 2008, France Inter. L’historien officiel recruté par la station pour nous documenter quotidiennement, depuis le 22 mars, sur les anniversaires de mai 68 (ne nous plaignons pas, nous avons échappé à Serge July !) raconte, peu savamment, la grève de l’ORTF. Le preux héros défiant le pouvoir serait Léon Zitrone et il aurait été puni ensuite en étant confiné dans le Tiercé (ce qui est archi-faux), alors qu’il me semble que le meneur s’appelait Roger Louis et y avait, lui Louis, laissé sa carrière, mais passons. La perle : "Nous avions alors une télévision quasiment soviétique".

Laurent, le contexte ! Certes de Gaulle estimait que l’Etat devait avoir un organe et avait jeté son dévolu sur celui-là... mais il y avait une opposition forte, notamment de droite, et elle colonisait presque toute la presse écrite (les seuls journaux résolument gaullistes étant les confidentiels et moribonds Paris-Jour et La Nation).

A Moscou alors, comme d’ailleurs aujourd’hui, celui qui, lassé du ronron, tourne le bouton, n’a guère à espérer de son kiosque !



Bruno Guigue et compagnie

Le sous-préfet de Saintes a été limogé à la suite de la publication d’une tribune "violemment anti-israélienne" sur internet, a annoncé le ministère français de l’Intérieur le 22 mars 2008.

texte intégral

Retenons-en cet extrait, le plus souvent cité : "Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles".

Mais peu de publicistes ont relevé la grande similitude entre la prose de Guigue et celle de Redeker, le "philosophe" toulousain qui, à l’automne 2006, ne voyait que violence dans l’Islam et le clamait dans le Figaro. Redeker qui, lui, avait été menacé de mort anonymement au nom d’une prétendue "fatwa".

Au fil de ces répliques infantiles, le prétendu choc des civilisations finit par avoir un semblant de réalité, et nous nous retrouvons tous sur un baril de poudre. Dès lors, sans attenter à la libre expression de la bêtise, il urge que tous les gens de bien manifestent aux incendiaires leur dédain et les couvrent de leurs sarcasmes.

(mis en ligne le 27 mars 2008)



Percée de Sedan : Hitler hors de cause

sur le forum ATF 40

Une discussion sur les capacités défensives de la fameuse 55ème division française d’infanterie, bousculée à Bulson les 13 et 14 mai 1940, ayant fait apparaître que le manque de réserves était un facteur majeur de la débandade, un intervenant soutient que, dans ce facteur, la ruse hitlérienne, et le programme au service duquel elle s’était mise, avaient pesé d’une certain poids. La réplique fuse :

Donc, "Mein Kampf" et "Hitler", c’était bien tenté... mais ils sont totalement hors sujet.

(souligné par F. Delpla)

mais il est tout aussi "perlu" de prétendre :

Gamelin et Georges n’exercent aucune responsabilité dans l’organisation tactique de cette position de résistance car ce n’est franchement pas leur affaire.

Ils ont seulement ventilé les moyens, excusez du peu !

(mis en ligne le 12 février 2008)



Pas besoin de s’appeler Carla pour être bruni !

La présentation par l’éditeur du Livre noir du communisme (Paris, Laffont, 1997) se termine ainsi (on excusera la syntaxe et la ponctuation) :

L’ouvrage cherche aussi à savoir pourquoi Lénine, Trotski, Staline et les autres ont-ils jugé nécessaire d’exterminer tous ceux qu’ils désignaient comme "ennemis" ?

(souligné par F. Delpla)

On ne saurait imaginer tentative plus transparente de faire d’un objet présenté comme historique (le communisme "né en 1914"... une chronologie précise, à défaut d’être indiscutable !) un repoussoir de type religieux... en particulier par le biais d’une assimilation au nazisme, seul grand mouvement porteur dans l’histoire humaine, au jour d’aujourd’hui, d’un projet d’exermination totale, et fier de l’être.

Un site révèle puis noie

(mis en ligne le 7 février 2008)



Le peuple palestinien collectivement coupable ?

De Bernard-Henri Lévy dans Ce grand cadavre à la renverse (Grasset, 2007, p. 351) :

(...) il y eut, stationné à Athènes, sous le commandement de l’Obersturmbannführer Walther Rauff, celui-là même qui affina puis développa l’usage des camions à gaz d’Auschwitz, un groupe d’intervention spécial, dit Einsatzgruppe Aegypten, qui devait, si Rommel gagnait la bataille du désert, foncer jusqu’en Palestine et liquider les 500 000 juifs d’Europe déjà réfugiés dans le Yichouv : cette unité était une unité arabe (...) ; et seule la victoire de Mongomery à El Alamein empêcha le projet exterminateur d’aboutir.

Tel est l’argument massue d’un passage où l’essayiste pourfend l’idée que la création de l’Etat d’Israël en 1948 ait "fait payer aux Arabes un crime qui fut celui de l’Europe et auquel ils n’eurent, eux, aucune part."

En note, la référence d’un livre de 2006, dû aux historiens allemands Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann, ainsi résumé dans Die Welt le 8 avril de cette année-là :

Ein eigens dafür gebildetes Kommando von Mordspezialisten reiste am 20. Juli 1942 in die nordafrikanische Stadt Tobruk, um offiziell beim Stab der deutschen Panzerarmee Afrika seinen Dienst anzutreten. Wenige Tage später verlegte die Einheit aus sieben SS-Offizieren und 17 Unteroffizieren unter Leitung des SS-Obersturmbannführers Walther Rauff ihren Sitz nach Athen, um hier die erwartete Eroberung Ägyptens durch den Panzergeneral Erwin Rommel abzuwarten.

24 hommes pour en tuer 500 000, même à supposer qu’ils aient tous été, au contraire de leur chef, "arabes" et non allemands (mais accordait-on à cette date si facilement le titre d’officier SS à des sous-hommes ?!), c’est peu, et pour la besogne, et plus encore pour compromettre dans le judéocide l’ensemble du monde arabo-musulman.

Et puis il y avait quelques autres conditions à remplir pour que Rommel, à l’été 1942, parvînt jusqu’en Palestine : notamment que Hitler se mît sur la défensive en URSS et ne fonçât pas vers Stalingrad, pour privilégier l’Afrika Korps. Soit exactement le contraire de ses intentions constantes.

Ce nonobstant, il est bien vrai que le judéocide ne fut pas "européen". Si on veut situer dans une aire géographique ceux qui l’ont conçu, impulsé et dirigé, ce ne saurait être que l’Allemagne.

(mis en ligne le 2 décembre 2007)



Nicolas Baverez : le Coubertin du XXIème siècle ?

Sur France-Culture, émission "Travaux publics" de Jean Lebrun, lundi 22 octobre 2007.

Pierre de Coubertin, le créateur des Jeux Olympiques modernes, aimait à répéter : "L’important n’est pas de vaincre mais de participer".

Le célèbre "déclinologue", conscient ou non de lui emboîter le pas, assène :

Il y a une tentation pour l’Europe de sortir de l’histoire (...) Regardons le néo-conservatisme américain. Je ne partage pas du tout cette vision, je pense que ça a été une erreur fondamentale, mais au moins au départ voilà des gens qui ont voulu exporter la liberté. Par la force, dans un pays comme l’Irak, c’était absurde. Mais ça montre bien qu’aujourd’hui on peut avoir des démocraties qui y croient et qui sont même prêtes à faire des erreurs politiques et historiques majeures parce qu’elles croient qu’on peut exporter la liberté sur des systèmes qui sont tout à fait différents.

Eh bien soyons européens et fuyons l’histoire à toutes jambes !

Quelqu’un a dit un jour que le regretté Henri Amouroux avait intitulé un livre "Quarante millions de pétainistes" pour se sentir moins seul. C’était méchant et injuste. Mais pour qui et pourquoi donc Baverez a-t-il écrit La France qui tombe ?



Les Amérindiens attendaient le Messie

Benoît XVI a osé ceci à Aparecida (Brésil), en ouvrant la conférence générale de l’épiscopat latino-américain, le 13 mai 2007 :

Mais qu’a signifié l’acceptation de la foi chrétienne par les peuples d’Amérique latine et des Caraïbes ? Pour eux, cela a signifié connaître et accepter le Christ, ce Dieu inconnu que leurs ancêtres, sans le réaliser, recherchaient dans leurs riches traditions religieuses. Le Christ était le Sauveur qu’ils désiraient silencieusement. Cela a signifié aussi recevoir, avec les eaux du baptême, la vie divine qui a fait d’eux des enfants de Dieu par adoption ; recevoir, en outre, l’Esprit Saint qui est venu féconder leurs cultures, en les purifiant et en développant les nombreux germes et semences que le Verbe incarné avait déposés en elles, en les orientant ainsi vers les chemins de l’Évangile.

En effet, l’annonce de Jésus et de son Évangile n’a supposé, à aucun moment, une aliénation des cultures précolombiennes, et n’a pas non plus été l’imposition d’une culture étrangère. Les cultures authentiques ne sont pas fermées sur elles, ni pétrifiées en un point déterminé de l’histoire, mais elles sont ouvertes, bien plus : elles cherchent la rencontre avec les autres cultures, car elles souhaitent atteindre l’universalité dans la rencontre et le dialogue avec les autres formes de vie et avec les éléments qui peuvent les conduire à une nouvelle synthèse qui respecte toujours la diversité des expressions et des réalisations culturelles concrètes.

(souligné par F. Delpla)

La canonisation de Cortez et de Pizarre est-elle en vue ?

Et va-t-on, enfin, ajouter aux Saintes Ecritures un codicille de Joseph Ratzinger faisant figurer la fusion des statues de culte en lingots, le travail forcé, la traîtrise et le génocide parmi les gestes d’amour que guide le Saint-Esprit ?

texte intégral

un commentaire

(mis en ligne le 30 mai 2007)



Extension du domaine de la lutte

Dans Le Monde du 21 avril 2007, on peut lire un extrait d’une lettre, au demeurant très peu ébruitée, que le candidat Nicolas Sarkozy a adressée quelques jours plus tôt au au Comité de liaison des associations de rapatriés (CLAN-R).

Il s’engage, s’il est élu, à ce que

« les victimes françaises innocentes de cette guerre, jusqu’à l’indépendance, et, tout particulièrement, les victimes du 26 mars 1962, se voient reconnaître la qualité de “morts pour la France” et que leurs noms figurent sur une stèle officielle afin que personne n’oublie ces épisodes douloureux ».

Le 26 mars 1962 a eu lieu la "fusillade de la rue d’Isly", qui a vu l’armée française faire une cinquantaine de morts dans les rangs de manifestants algérois désarmés, convoqués par l’OAS. Or les troubles dans lesquels prend place cet épisode ont débuté le 22 mars. L’OAS a tenté d’investir le quartier de Bab-el-Oued, pour y constituer un îlot de résistance aux accords d’Evian, signés le 18 entre la République française et le FLN algérien. Ce jour-là, les émeutiers ont massacré cinq soldats français.

Au fait, ils sont morts pour qui et pour quoi, ceux-là ?

(mis en ligne le 28 mai 2007)



Antonio Gramsci-Florence Aubenas, même combat !

Je me décide à mettre ceci en ligne non point en dépit, mais en vertu de l’estime que j’ai pour Franck Boizard, un jeune ingénieur passionné d’aviation et de libéralisme. Son mérite essentiel à mes yeux est d’avoir un blog non modéré a priori et d’y tolérer la contradiction.

Ici il s’est piégé lui-même et l’a très vite reconnu. Néanmoins, l’épisode mérite de laisser une trace pour l’édification de tous.

Il écrivait le 12 janvier 2007 dans un billet intitulé " La fameuse impartialité des médias français" :

Savez vous qu’il existe un cercle Gramsci dont le but est de noyauter le journalisme (ils décrivent cela en termes plus nobles) dont Florence Aubenas est le membre le plus célèbre ?

Imagine-t-on un cercle Goebbels ? (oui, oui, je sais, on me dira encore que ce n’est pas bien de considérer communisme et fascisme comme équivalents, et si, moi, malgré tout, je le pense ?)

En cliquant sur le lien, on trouve un aimable cercle de Limougeauds passionnés d’histoire et de science politique, et une liste de soirées organisées depuis la fin des années 80 avec des intellectuels soit sans attache politique connue, soit appartenant à toutes les tendances de la gauche. Loin d’apparaître comme un membre de quoi que ce soit, Florence Aubenas est simplement venue causer (et encore, pas toute seule) en janvier 2002.



La grosse huître d’Eli Barnavi

16 décembre 2006

Dans Les religions meurtrières (Flammarion, 2006), l’historien et homme politique Elie Barnavi réussit un tour de passe passe : il met en garde, au nom des Lumières, contre le monothéisme en général, en disant que plus que toutes les autres croyances il engendre un fanatisme meurtrier... puis il exonère le christianisme et le judaïsme, ne laissant que l’Islam au banc des accusés !

Les charges contre le christianisme sont terribles... mais purement rétrospectives : elles concernent essentiellement la Ligue catholique française de l’époque des guerres de religion, objet de savantes études de l’auteur, et caractérisée par lui comme le "premier parti totalitaire". Le christianisme dans son ensemble, cependant, est immune, car romain : le fait qu’il soit apparu dans le cadre d’un Etat puissant a donné dès le départ toutes ses chances à la distinction salutaire entre Dieu et César. Quant au sionisme, il est l’oeuvre de politiciens occidentaux passés par les Lumières : il a certes ses "fous de Dieu", mais à usage interne, et il se charge de les tenir en laisse.

Pas plus qu’il n’encense la droite israélienne, Barnavi ne vante la politique de Bush et il tient sur ses capacités cérébrales des propos peu révérencieux. Mais, curieusement, les politiques conduites par ces gens ne sont pas évoquées dans les pages sur les "fous de Dieu".

Quand le fondamentalisme protestant mettait la planète à feu et à sang depuis la Maison Blanche, ou quand un processus de paix mal en point depuis l’assassinat de Rabin, coupable d’avoir méconnu le don fait par Dieu à Israël de tout le territoire palestinien, fut achevé par une promenade de Sharon sur l’esplanade des Mosquées dans le secteur arabe de Jérusalem, Barnavi était sans doute aux archives, en train de se documenter sur les crimes du duc de Guise.



Rommel nazi ?

fin juin 2006

Le meneur d’hommes allemand type est Erwin Rommel. Officier obligé de quitter l’armée en raison de la réduction forcée de celle-ci à 100 000 hommes par le traité de Versailles, il a adhéré, dès l’origine du mouvement, au NSDAP. Il réside alors à Tübingen, ville universitaire où il est responsable des SA pour le Wurtemberg. Revenu dans l’armée à la prise du pouvoir de Hitler, il a été chargé des relations entre armée et Hitlerjungend. Il a rédigé, à ce titre, un manuel d’instruction tactique intitulé L’infanterie attaque, paru en 1937. Commandant du quartier général du Führer en 1939, il s’est illustré en 1940 dans la guerre des chars à la tête de sa VIIème division. Puis il est devenu le héros légendaire de la guerre du désert en Lybie (le "renard du désert") à la tête de l’Afrika Korps. Promu commandant de groupes d’armées, il est chargé de la défense du Nord Ouest de L’Europe contre le débarquement anglo-américain de 1944. Compromis dans l’attentat du 20 juillet, il s’est suicidé sur ordre du Fuhrer, qui réserve néanmoins a ce chef de guerre prestigieux et vieux compagnon de parti, les plus glorieux honneurs posthumes.

On peut lire des choses de ce genre dans bien des livres parus au cours du demi-siècle qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, et tout n’est pas à jeter dans celui d’Yves Durand dont ces lignes sont extraites (Histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Bruxelles, Complexe, 1997, p. 239). L’erreur qui se déploie tout au long de cette récente notice n’en est que plus révélatrice.

C’est un Rommel démilitarisé qu’on nous présente là ! Ce "meneur d’hommes allemand type" n’est plus un officier de carrière remuant, brillant, instrumentalisé par le régime hitlérien, mais une sorte d’espion infiltré dans le corps militaire. Or les effectifs du parti nazi sont assez bien répertoriés et il n’en a jamais été membre, pas plus, faut-il le préciser, que des SA, puisqu’il a poursuivi sans interruption sa carrière d’officier entre les deux guerres.

Il conviendrait au contraire d’insister sur le fait que n’étant pas nazi, au sens plein du terme, il n’en symbolise que mieux l’emprise de Hitler sur l’Allemagne, notamment dans ses deux fonctions (trop peu circonscrites dans le temps par l’auteur) d’officier de liaison entre l’armée et, excusez du peu, Baldur von Schirach, chef des Jeunesses hitlériennes (fonction exercée en 1937-38) et de responsable de la sécurité (et non "commandant du quartier général") du Führer lors des premières incursions hors des frontières (Sudètes, Tchéquie, Memel).

C’est un lycéen de 16 ans qui a levé ce lièvre... avec un juvénile irrespect et en tordant un peu trop le bâton dans l’autre sens.



Sarkozy : moi et de Gaulle

19 juin 2006

On trouvera sur son blog la copie remise par le candidat Nicolas, le 18 juin 2006, sur celui dont il brigue le fauteuil. On y trouvera en sus la prose d’un adhérent du parti, qui est en conséquence un candidat godillot (de méchantes langues ayant dans les années 60 surnommé "godillots du Général" ses supporters, notamment lorqu’ils étaient parlementaires) :

"Nicolas Sarkozy peut se permettre de se sentir à la hauteur du Général de Gaulle car si le Général fut un militant très actif, Nicolas Sarkozy peut l’être également. Parce qu’il veut se concentrer sur l’essentiel, fuyant les logiques des citoyens ordinaires, visant au changement radical de la société, à mes yeux, Nicolas Sarkozy représente le Sauveur."

Dans l’original comme dans la glose, un point commun : rien sur la place de la France dans le monde sinon, implicitement, l’idée qu’elle doit rentrer dans le rang libéral, sans qu’une tête dépasse.

On ne sait si ce petit Nicolas-là, plus besogneux et moins innocent que celui de Goscinny, finira au bagne, mais on peut affirmer qu’il n’est pas en voie de devenir grand !

Balladur à la rescousse



Majorité silencieuse

Cette expression fut, sauf erreur, créée par des politiciens français en 1968 (curieusement, elle figura quelques semaines plus tard dans la campagne électorale américaine, parmi les slogans du candidat Richard Nixon : avait-elle une préhistoire plus locale et moins connue ?) : face à ceux qui manifestaient bruyamment leur point de vue, il importait, en toute démocratie, de considérer l’avis ceux qui ne disaient rien, quitte à l’inventer de toutes pièces.

La crise actuelle, dite "du CPE", a vu quelques ministres renouer avec cette haute tradition, par exemple en disant : "Un million de manifestants, c’est 59 millions qui ne sont pas dans la rue".

Mais la palme revient pour l’instant à Alain-Gérard Slama qui vient de déclarer en ce 3 avril 2006, vers 8h 40 sur France-Culture : "Il est évident qu’actuellement nous manquons de majorité silencieuse".

Si la parole est d’argent et le silence d’or, de quel diamant est fait le néant, évidemment lacunaire, d’un défaut de silence ?



Alertez les bébés !

Sur le blog de Pierre Assouline, une personne qui signe "Marie" et se présente comme une étudiante libérale a dénoncé le 24 mars 2006, à propos des manifestations contre le CPE

"une jeunesse gâtée et nombriliste indigne de son histoire et de son passé"

On s’acquiert beaucoup de mérites pendant la vie intra-utérine ? Remarquez, le rapport récent de l’INSERM sur le dépistage précoce de la délinquance, élogieusement mentionné par Nicolas Sarkozy, va dans le même sens !



Qui veut trop prouver...

(JPEG)

En janvier 2006, le numéro 30 de cette revue dirigée par Bernard-Henri Lévy, qui réagit fort pertinemment aux attaques récentes contre la psychanalyse, s’ouvre par un pamphlet passionné de Laurent Dispot intitulé L’honneur des catholiques. Ledit honneur aurait été bafoué par le film de Costa-Gavras Amen et surtout par son affiche, où la croix chrétienne est rapprochée de la croix gammée. Un propos guère plus intelligent que celui, deux ans plus tard, de certaines caricatures danoises visant l’Islam, mais la réaction est disproportionnée et, surtout, l’auteur éprouve un étrange besoin, pour dédouaner les catholiques, de salir les protestants.

Et la passion engendre une perle : la meilleure preuve que les papistes ont été antinazis à l’inverse des parpaillots, c’est la Rose blanche, le groupe de résistance munichois. Manque de chance, ses animateurs étaient luthériens, à commencer par les deux célèbres martyrs du 22 février 1943, Hans et Sophie Scholl !

De miens propos, plus oecuméniques dans le blâme comme dans l’absolution, ont été publiés par un magazine catholique

Sophie Scholl et Hitler

La Règle du jeu sur le site de Grasset

débat sur le "big bang blog" de D. Schneidermann



Suicide d’un médium

Le général Edgar de Larminat s’est donné la mort le 1er juillet 1962, quelques heures après avoir rencontré le général de Gaulle, auquel il s’était rallié dès juillet 1940.

Il avait été nommé quelques semaines plus tôt président d’une nouvelle Cour militaire de justice, spécialement créée pour juger des membres de l’OAS, dont Roger Degueldre.

Son suicide, accompagné d’une lettre ambiguë, était sans doute lié à cette nomination et peut-être dicté par un désaccord avec des verdicts de mort souhaités par le chef de l’Etat.

Néanmoins, il est curieux d’essayer de le prouver en déroulant la litanie des reproches classiques faits par l’OAS à de Gaulle, alors qu’on n’apporte aucun élément sur la façon dont Larminat avait accueilli ces événements : affaire Si Salah (1er semestre 1960), massacres de harkis (à partir du 19 mars 1962), fusillade de la rue d’Isly (26 mars 1962).

Il est plus curieux encore de laisser entendre que "l’évolution de son opinion" sur de Gaulle a pu être influencée par les meurtres de pieds-noirs à Oran.

Commis le 5 juillet 1962.

Le site qui ose



Hitler : n’importe quoi de négatif !

Extrait de la présentation du livre de Ronald Hayman Hitler and Geli sur un site de libraire

The official verdict was suicide, yet rumors, some from credible sources, swirled that Geli and "Uncle Alf" had been having an affair ; that she was pregnant ; that he had forced her to engage in sadomasochistic sex and to model for his pornographic drawings ; that Hitler either murdered her during one of their violent quarrels or ordered her execution.

Traduction :

L’enquête officielle conclut à un suicide mais un tourbillon de rumeurs, certaines émanant de sources crédibles, font état d’une liaison entre Geli et "Oncle Alf" ; d’une grossesse ; du fait qu’il l’entraînait contre son gré dans des séances de sado-masochisme et la faisait poser pour des dessins pornographiques ; du fait qu’il l’aurait tuée lors d’une de leurs violentes querelles ou aurait ordonné son exécution.

Il n’y a pas de place, dans ce bouquet de ragots et d’hypothèses, pour la moindre notation positive, et pas davantage pour des descriptions neutres, impropres à susciter une réprobation immédiate. Tout doit être sale, criminel, repoussant. Alors même qu’on parle de rumeurs, qu’on avoue qu’on ne sait pas grand-chose et qu’on déclare soi-même pratiquer un amalgame entre des sources crédibles et d’autres qui ne le sont pas !

aux antipodes tout un roman sur le roman



Un historien nommé Maurice Lévy

France-Inter, samedi 10 décembre 2005, vers IIh 30

Le patron de Publicis pontifie, face à un contradicteur qui déplore l’invasion de la publicité sur la voie publique et dans les médias : "On peut peut-être imaginer un monde sans marques... en se représentant l’époque où cela n’existait pas."

Et pas dans le futur, bien sûr ! L’espace public confisqué par la propagande privée marquerait donc la fin de l’Histoire. Fukuyama pas mort !



ATTAC s’en va-t-en guerre

Dans un hommage à Georges Guingouin (1912-2005), grand résistant et communiste persécuté par les siens et les autres, l’organisation altermondialiste montre une conception de la situation militaire mondialo-limousine en 1944 qu’on laissera vierge de commentaires qui ne pourraient qu’en altérer la saveur brute :

On se souvient notamment que Hitler prit la décision en 1944 de retirer la 2ème Division blindée SS « Das Reich » du front russe pour aller attaquer les maquisards limousins. Après une héroïque résistance, ceux-ci devaient retarder l’arrivée de la division Das Reich sur le front de Normandie. Ce fait d’arme devait être salué par le généralissime Einsenhower, qui reconnaissait que ce retard précieux avait sauvé la tête de pont alliée débarquée en Normandie.

source possible de l’erreur

l’intéressé n’est pas en reste

Guingouin sur ce site



Himmler percé à jour par un futur président d’Israël

extrait du résumé de la carrière de Chaim Herzog, sixième président d’Israël (1918-1997), par un site sioniste :

During World War II, he served as a tank commander in Britain’s elite Guard Armoured Division, later becoming a director of British intelligence in Germany. In this capacity, he identified a captured soldier as Nazi leader Heinrich Himmler.

Le "chef du renseignement britannique en Allemagne" occupait en fait un rang modeste dans un camp où on vérifiait des identités à la chaîne, et ses propres mémoires indiquent que, lors de l’identification de Himmler -qui s’était fait connaître de lui-même !- le 23 mai 1945, il avait vu les choses de loin et en avait surtout entendu parler :

I saw Himmler only briefly and heard him say only a few words.

(Living History, Londres, Weidenfeld, 1997)

sur le dernier jour de Himmler



Après le meurtre de Roger Schutz (16 août 2005)

Beaucoup d’hommages ont étendu les vertus de la communauté de Taizé en amont, sous l’Occupation, en prétendant qu’elle était un foyer de résistance, et notamment d’asile pour Juifs persécutés, alors que :

1°) elle n’était pas fondée

2°) la maison où Roger, un pasteur suisse de 25 ans, s’était installé avec sa soeur en 1940, se trouvait du "bon" côté de la ligne de démarcation -une zone où les Juifs étaient, à partir du 18 octobre 1940, l’objet de statuts discriminatoires, mais n’étaient nullement pourchassés

3°) le pasteur se trouvait en Suisse au moment de l’invasion allemande de la zone sud, et y était resté jusqu’à la Libération

Il est vrai que le site de la communauté de Taizé lui-même donne des informations trompeuses :

Tout a commencé en 1940 lorsque, à l’âge de vingt-cinq ans, frère Roger quitta le pays de sa naissance, la Suisse, pour aller vivre en France, le pays de sa mère. Le petitvillage de Taizé, où il se fixa, était tout proche de la ligne de démarcation qui coupaitla France en deux : il était biensitué pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre. À Taizé, grâce à un prêt modique, frère Roger avait acheté une maison, abandonnée depuis des années, avec ses dépendances. Il proposa à l’une de ses sœurs, Geneviève, de venir l’aider à accueillir. Parmi les réfugiés qu’ils hébergèrent, il y eut des juifs.

Les parents de frère Roger, sachant leur fils et sa sœur exposés, demandèrent à un ami de la famille, officier français à la retraite, de veiller sur eux, ce qu’il fit consciencieusement. En automne 1942, il les avertit qu’ils avaient été découverts, et que tous devaient partir sans retard.

Dans Le Monde, sous la signature d’Henri Tincq, on trouve cette précision remarquable :

Mais le 11 novembre 1942, à la suite d’une dénonciation, sa maison est fouillée de fond en comble par la Gestapo. C’est la première expérience cruelle de sa vie. Roger Schutz est obligé de quitter Taizé, de repasser la frontière et son projet communautaire va mûrir dans l’éloignement forcé de Genève.

La Gestapo, entrant dans la zone sud, n’avait bien entendu rien de plus pressé que de visiter le jour même la demeure d’une future notabilité religieuse... tout en laissant quand même, si on combine les deux extraits, à la Résistance le temps de prévenir ses habitants. On n’est pas loin de la théorie du Big Bang !

le 1er septembre 2010



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