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La face cachée de 1940



L’oeil F.X. De Guibert, ISBN 2868398413



(JPEG) Ma thèse de doctorat est parue en mars 2003 chez François-Xavier de Guibert sous le titre : La face cachée de 1940 Comment Churchill réussit à prolonger la partie. Il s’agit d’un condensé des livres sur Churchill, Montoire, Dunkerque et le 18 juin, résumant mes découvertes principales sur l’extrême probabilité d’une victoire totale de Hitler et d’une pleine réalisation du programme nazi, après un parcours stratégiquement parfait, n’eût été l’obstacle d’un Churchill présent au bon moment aux commandes de l’Angleterre pour tenter un rétablissement désespéré.

RESUME

Daladier et Reynaud se déchirent aux dépens de la lutte contre l’ Allemagne, alors que Churchill entend éradiquer le nazisme à la faveur de la guerre. Au pouvoir par hasard le 10 mai, l’ Anglais sent le sol français se dérober sous ses pieds tout au long de l’ offensive allemande. Il prive Reynaud d’armistice et lutte contre ses pacifistes, tel Halifax. De Gaulle n’est qu’un pion dans son jeu et la constance de son soutien s’en ressent (privations de micro et réécriture des appels). Par l’attaque de Mers el-Kébir, faite entre autres pour plaire à Roosevelt, il jette la France pétainiste dans les bras de l’Allemagne - et alors Hitler seul empêche un retournement des alliances. Ni la Révolution nationale (10 octobre), ni le statut des Juifs (18 et non 3 octobre) ne font de Montoire l’ idylle espérée. ..et désormais Pétain, au contraire de Laval, ne fera plus d’avances aussi nettes : le chemin de petits accommodements avec l’Angleterre s’ouvre à nouveau mais le vin de la collaboration est tiré, et sera bu.



Préface

L’essai qu’on va lire a été agréé, non sans un débat parfois vif, par l’Université française, le 28 mars 2002 à la Sorbonne. Ce ne sont point les résultats précis d’une recherche qui se trouvent ainsi avalisés : seule la dispute entre spécialistes, à travers colloques et articles, peut à la longue provoquer cet effet. Encore faut-il qu’elle ait lieu, et la chaleureuse approbation du jury présidé par Robert Frank [1] devrait y concourir. Ces professeurs ont reconnu le caractère méthodique et sérieux d’une recherche sur le cataclysme de 1940, qui a battu en brèche une foule d’informations qu’on croyait acquises, souvent sur des points essentiels.

Ces avancées restent peu connues en France et, malgré Internet, quasiment ignorées à l’étranger. D’où l’idée de publier cet exercice, avec des modifications mineures, afin de mettre à la disposition du public un panorama commode, en espérant lui donner l’envie de compléter son information au moyen des livres précédents -et suivants.

La découverte principale porte sur Hitler. Son agressivité était soigneusement dosée pour diviser ses victimes, et son comportement politique, aussi inédit qu’inacceptable, a suscité chez ses contemporains un sentiment d’incrédulité qui a favorisé ses victoires. Bref, il y avait chez cet homme un génie de comédien, de metteur en scène et tout bonnement de stratège, qu’il est indispensable de mettre au jour pour comprendre non seulement ses succès, mais son maintien au pouvoir et sa nocivité encore accrue quand la chance eut tourné. Or l’historiographie ne s’est guère, jusqu’ici, mieux comportée que l’opinion publique des années trente et quarante. Sa tendance dominante est d’expliquer les succès du nazisme par des facteurs contingents ou, lorsque le chercheur se résout à parler de talent, par celui des subalternes.

Cependant Hitler n’en finit pas de hanter l’actualité et même, semble-t-il, de plus en plus. On l’évoque abondamment lorsqu’un tyranneau défie les Etats-Unis, ou lorsque l’extrême droite vient troubler une joute politicienne trop convenue. Mais au lieu d’affubler des hommes d’aujourd’hui d’une moustache carrée et d’une croix gammée, ou de recourir au concept peu scientifique de « mal », ne serait-il pas urgent de comprendre plus précisément ce qui s’est passé en ce temps-là ?

La période décisive qui s’étend de mars à novembre 1940 met, comme l’ensemble de l’aventure nazie, les méthodes habituelles de l’histoire à l’épreuve. D’ordinaire, les décisions politiques s’étudient comme des processus ; leurs causes sont emboîtées et diverses. Mais lorsque Hitler est à l’œuvre cette approche se révèle stérile. Ses lectures antisémites, par exemple, et leur enracinement dans une certaine culture -allemande ou chrétienne, comme on voudra- n’expliquent nullement son comportement, parce qu’il n’en est pas le jouet ou le prisonnier. Plus peut-être que tout autre homme politique dans l’histoire, il domine son sujet et inscrit ses actes dans un plan. Comble de malheur pour l’histoire positiviste, ce plan ne semble pas avoir été couché sur le papier, ni même exposé entièrement à qui que ce soit. Les trois complices privilégiés, Göring, Hess et Himmler, semblent avoir été initiés au cas par cas des ruses du maître, sans qu’on puisse être certain qu’ils en aient eu une vision d’ensemble. De plus, il est souvent difficile de faire la part de la prévision à long terme et de l’improvisation au gré des circonstances.

Ce qui est clair en revanche, c’est qu’entre sa sortie de la prison de Landsberg (1924) et le mois de juillet 1941, lorsque le rythme de l’attaque contre l’URSS commence à faiblir, Hitler mène le jeu, à l’échelle de son parti, puis de son pays, puis de l’Europe. Il fait l’histoire et les autres, allemands ou non, réagissant à ses initiatives d’une manière plus ou moins brouillonne et aveugle, lui permettent de se hisser de marche en marche vers un quasi-triomphe. Le seul imprévu de nature à le contrarier réside dans l’arrivée au pouvoir, in extremis, de Churchill. Encore convient-il de signaler que jusqu’à l’été de 1941 il se fait de cette gêne, comme de toute autre, un tremplin, pour lancer contre l’URSS un assaut qui, sans cet « encerclement » par le haïssable bolchevisme et l’Angleterre « enjuivée », aurait été plus difficile à justifier et donc, probablement, moins précoce ou moins puissant.

Dans l’immense majorité des travaux historiques, ce mécanisme n’est pas aperçu ; il est même souvent nié ; sa simplicité semble une offense à la dignité du savant. Mais ce dernier tombe alors dans un travers contre lequel pourtant tous ses maîtres, depuis la Grèce antique, l’ont mis en garde, celui de nier l’existence de ce qu’il ne connaît pas. S’agissant par exemple de l’incendie du Reichstag ou du vol de Rudolf Hess, presque toutes les études qui se veulent sérieuses affirment avec assurance que le Führer a été mis devant le fait accompli -alors que ces événements se produisent au cœur de l’appareil nazi, dont ces auteurs ne font pas pour autant un modèle de transparence et de déontologie. Mais loin d’admettre que Hitler pouvait parfaitement superviser cette mise à feu ou cet envol sans se faire remarquer, ils prennent pour argent comptant ses exclamations de surprise ou de colère lorsqu’on l’en informe. D’un terrain lourdement balisé de preuves documentaires, on tombe soudain dans la subjectivité pure : sans faire état d’une compétence particulière en matière d’art dramatique, l’historien se permet de juger si tel sentiment peut ou non être contrefait, à moins qu’il agrée comme preuve la crédulité des témoins [2].

Ne me croyant pas plus intelligent qu’un autre et me reconnaissant moins compétent que beaucoup, je me dois à présent d’expliquer comment et pourquoi j’ai cru devoir entrer et persévérer dans une voie souvent solitaire. Mes premières recherches d’étudiant sur les idées de la gauche française en matière familiale à l’époque du Front populaire, entreprises dans une ambiance post-soixanthuitarde, autant que l’histoire de ma propre famille, où la guerre avait fait quelques dégâts, m’avaient ancré dans une vision du nazisme que je trouve aujourd’hui bien désuète. Il était tout ce qui s’opposait à l’éclosion du bonheur enfin permis aux masses, et la pointe avancée d’une conspiration de l’ordre ancien pour maintenir une hiérarchie pyramidale dont la base n’avait d’autre choix que de gémir sans fin sous le poids des heureux.

L’enseignement en lycée fut pour moi, au cours des années 1980, du point de vue qui nous occupe, à la fois stimulant et décevant. Programmes et supports charriaient en même temps un antinazisme lourdement traditionnel -dont le symbole reste pour moi la réduction de Mein Kampf à un « fatras de lectures mal digérées », qui dispensait de le lire soi-même- et un renouveau progressif, fondé sur une attention plus grande aux clivages internes du régime de Vichy ou à la résistance allemande. On ne saurait surestimer ici l’apport du concours de la Résistance et de la Déportation, organisé par le ministère de l’Education nationale de la façon la moins bureaucratique qui soit, avec une grande liberté laissée aux enseignants et aux établissements d’y participer ou non, et une vive incitation à utiliser les ressources locales. Je pris l’habitude d’organiser avec de petits groupes d’élèves des conférences dans mon lycée -et j’en vins peu à peu à une réflexion moins fataliste, faisant plus de place à la décision individuelle dans les situations les plus désespérées, qu’il s’agît de Lucie Aubrac se mesurant avec la Gestapo pour lui soustraire son époux ou d’Eva Tichauer, victime de la rafle « du Vel d’Hiv », survivant trois ans à Auschwitz grâce à divers honorables expédients et refusant de se laisser culpabiliser car elle avait mis en échec « une entreprise programmée d’extermination », tout en avouant qu’« en un sens » elle était morte à Auschwitz [3].

Vers 1990, deux hasards me mirent en possession de documents importants : par la littérature -car j’écrivais alors des romans- je fus en contact avec Philippe Doumenc (prix Renaudot 1989) qui me chargea d’éditer les papiers de son grand-père, troisième personnage de l’armée française en 1940 ; par l’enseignement j’eus accès au journal du général Voruz qui occupait, à la même époque, un poste beaucoup plus modeste, mais en un point très sensible du dispositif : la liaison entre les armées anglaise et française. L’heure était venue de comprendre tout autrement, et beaucoup mieux, la défaite de 1940, comme de reprendre des études universitaires qui me mirent en contact, surtout, avec le regretté René Girault et, par lui, avec l’école française d’histoire des relations internationales. Je m’aperçus alors que si son fondateur, Pierre Renouvin, avait marqué l’évolution de cette discipline en édictant la règle d’étudier les conflits et les alliances simultanément dans tous les pays concernés, lui-même et ses disciples n’y avaient guère souscrit à propos de la Seconde Guerre mondiale. Sa présentation restait entachée de beaucoup de visions unilatérales : les Etats-Unis étaient confits dans l’isolationnisme, la France dans la décadence, l’Angleterre dans le sursaut et l’Allemagne dans l’agressivité, sans beaucoup d’efforts pour mesurer en quoi l’ensemble gouvernait les parties et sans que le travail universitaire avançât du même pas que pour les périodes antérieure et postérieure. Ce qui manquait le plus, précisément, c’étaient les thèses : il y avait (et il y a encore) pénurie d’études approfondies de longue haleine, entre les articles et les grandes synthèses -même si quelques unes étaient puissamment originales [4]. Des thèses, il y en avait, certes, en nombre croissant, mais presque toujours sur la vie interne des pays pendant la guerre, sans grand souci de la relier aux enjeux du conflit et au jeu des autres puissances.

Pour l’analyse de la défaite française en 1940, la pente était, il est vrai, ardue à remonter, tant des penseurs considérables avaient orienté le débat vers une orbite « franco-française », de Marc Bloch à Charles de Gaulle. Il fallait d’abord établir les faits et, en même temps que la lecture des papiers Doumenc, celle des travaux de Jean-Louis Crémieux-Brilhac m’y aida : la tenue civile et militaire de la France était en gros correcte et supportait, en tout cas, la comparaison avec 1914. La différence ne pouvait résider qu’à l’extérieur du pays et, dès lors qu’on l’y cherchait, sautait aux yeux : ce qui a mis la France à genoux, c’est l’excellence du coup allemand. Restait à l’expliquer et ici le brouillard des préjugés antinazis était particulièrement dense. Puisqu’on répugnait à attribuer au Führer ou à son régime quelque qualité que ce fût, il fallait que l’état-major de l’armée allemande fût à l’origine de ce que Doumenc appelle « une rapidité et une perfection d’exécution dont il faut reconnaître tout le mérite » [5]. Cependant, peu de raisons se faisaient jour d’attribuer aux héritiers de Moltke et de Schlieffen moins de lourdeur en 1940 qu’en 1914... sinon une : l’unité de conception et d’impulsion procurée par un Führer qui, beaucoup plus que Guillaume II ou Bethmann-Hollweg, savait ce qu’il voulait. Il avait non seulement pris une part déterminante dans le plan de percée sur la Meuse et d’engagement rapide des blindés dans la brèche, mais créé des conditions politiques qui concouraient au caractère inattendu de cet événement, tout en favorisant son exploitation diplomatique.

Restait alors à rejoindre, sur le front des défrichements, quelques pionniers travaillant presque tous aux Etats-Unis, quitte à rester, comme eux, prisonnier plus longtemps de certains préjugés que d’autres, et à se corriger de livre en livre. On verra plus loin ce qu’il en fut et on pourra compléter l’étude au moyen de deux ouvrages qui débordent le champ de la thèse : la biographie de Hitler (1999) et le Churchill et Hitler qui paraîtra dans quelque temps [6]. Ils confirment, plus que je ne l’espérais en les entreprenant, la polarisation apportée non par l’Allemagne, mais par Hitler, dans la vie internationale pendant une quinzaine d’années et le rôle joué d’un bout à l’autre par Churchill pour élaborer et mettre en œuvre une riposte.

Mon éditeur me demande un mot sur l’accueil de mon travail et c’est bien la partie la plus délicate de cette préface. Ce qui est nouveau dérange et, quoique le premier livre ait aujourd’hui plus de 11 ans, le dérangement demeure. Il conduit à l’ignorance pure et simple de mes travaux dans maintes bibliographies... fût-ce celles des thèses. Contre une telle situation, il n’y a rien d’autre à faire que de continuer son travail en l’améliorant sans cesse. Et de profiter de toute tribune, quitte à passer pour un fâcheux [7].

Certains problèmes de datation fournissent, de cette ignorance, un observatoire idéal. Ainsi le premier statut des Juifs date du 18 octobre 1940, et non du 3 comme on l’écrit encore couramment, alors que la seule source à cet égard est le Journal Officiel de Vichy, daté, précisément, du 18. Je n’en ai moi-même pris conscience qu’en écrivant tout un livre sur Montoire, et aurais été exposé à parler du 3 sans cette circonstance. Quant à l’appel gaullien du 18 juin, si sa date ne pose pas de problème [8], son heure a été indubitablement fixée, en 1990, à 22h au lieu de 18, un horaire donné par maint ouvrage français sur la foi des mémoires de l’orateur... et des souvenirs de quelques auditeurs. Il s’est alors produit un phénomène curieux : les livres et les articles parlent de plus en plus souvent de 20h 30, comme par un compromis tacite entre l’erreur et la vérité. Mon insistance sur ces détails peut paraître tatillonne tant qu’on ne prend pas conscience que, dans les deux cas, l’établissement de la bonne chronologie permet des constatations de première importance. Les erreurs procèdent, précisément, d’une entorse au principe de Renouvin rappelé plus haut : on raisonne en fonction de la seule France sans voir le rôle déterminant des relations franco-allemandes dans le premier cas, franco-britanniques dans le second. De puissantes raisons militent pour que le statut des Juifs soit considéré comme purement vichyste : cela arrange à la fois les pétainistes, qui voudraient que le maréchal ait agi en toute indépendance, et bon nombre de résistants, attachés à démontrer que l’abjection de ce régime trouvait sa source en lui-même. Pour cela, la datation la plus précoce, et la plus éloignée de Montoire (24 octobre), est la plus utile. Quant à de Gaulle, qui a toujours nié avoir soumis aux Anglais le texte fondateur de sa geste, il dissimule au maximum un retard fertile en tractations, et ses hôtes britanniques, dont la division à son égard, comme à celui de Pétain, reflète celle dont ils font preuve sur la poursuite de la guerre, ont le même intérêt à cacher la vérité. Plus les erreurs historiques ont partie liée avec des constructions idéologiques, plus leur révision demande un effort global d’interprétation.

Mais la banquise n’a jamais fondu en un jour !

Saint-Leu-la-Forêt, le 5 janvier 2003

une présentation

le 2 avril 2005

[1] il comprenait aussi Jean-Claude Allain, directeur de thèse, François Marcot et Jean-Marie Guillon. Verdict : félicitations du jury à la majorité.

[2] Sur la première affaire, H. Mommsen écrit : « A lire le compte rendu de Diels sur ces événements, il paraît invraisemblable de réduire le discours de Hitler à un simulacre » et sur la seconde, Kershaw commente : « Hitler était tout à fait capable, on l’a vu à maintes reprises, de faire un numéro d’acteur, mais, s’il jouait cette fois-ci, sa prestation eût été digne d’un oscar à Hollywood. » (cf. Mommsen, Hans, Der Nationalsozialismus und die deutsche Gesellschaft, Hambourg, Rowohlt, 1991, tr. fr. Le national-socialisme et la société allemande, Paris, Maison des sciences de l’homme, 1997, p. 144, et Kershaw, Ian, Hitler, t. 2, Londres, Penguin, 2000, tr. fr. Paris, Flammarion, 2000, p. 560)..

[3] Cf., du même auteur, Aubrac, les faits et la calomnie, Pantin, Le Temps des cerises, 1997, et Tichauer (Eva), J’étais le numéro 20832 à Auschwitz, Paris, L’Harmattan, 1998.

[4] Ainsi les ouvrages de René Girault et Robert Frank Turbulente Europe et nouveaux mondes et La loi des géants (Paris, Masson, 1988 et 1993).

[5] Les papiers secrets du général Doumenc, Paris, Orban, 1992, p. 353.

[6] La sortie est à présent fixée au mois de septembre 2005 (note d’avril 2005).

[7] Cf. le livre railleur et (dans l’ensemble) très conservateur de Jean Vanwelkenhuyzen Miracle à Dunkerque (Bruxelles, Racine, 1993) contre mon interprétation de l’arrêt allemand devant Dunkerque, et ma réponse dans La ruse nazie.

[8] Sinon qu’il faudrait expliquer, et qu’on le fait rarement, son écart avec celle de l‘arrivée du général à Londres, le 17 en milieu de journée.



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