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Débats

Commentaires peu réfléchis sur Raymond Aubrac



nuages manichéens sur la France de 2012



Florilège de commentaires, prouvant l’enracinement de la calomnie (la personne mise en cause vient de mourir, dans la soirée du 10 avril 2012 ; le décès a été annoncé le 11 en début de matinée)

Stéphane Courtois injurie le défunt sur le blog du critique militaire de Marianne, Jean-Dominique Merchet (alias "Pacha"), dans la soirée du 11, sous le titre "Raymond Aubrac était un agent communiste", en lui reprochant surtout de s’en être caché. La vérité est aux antipodes, et peut se déduire du propos de Courtois : il est dérouté par le fait même que Raymond Aubrac ne se soit précisément jamais caché de ses liens avec le mouvement communiste, variables suivant les époques et les sujets -et définitivement distendus, comme pour beaucoup de gens de sa génération, en 1956. Cela paraît beaucoup trop simple à cet amateur de théories conspirationnistes, qui ne se cache même pas du caractère spéculatif de ses affirmations.

Beaucoup de commentaires critiquent cette publication (parfois sévèrement, en faisant une scène à leur cher Pacha !), mais une majorité l’approuvent -avec des attendus fort instructifs sur l’état de l’opinion française en général et la contagion du simplisme sarkozyen, lointain écho lui-même des événements de 2001 aux Etats-Unis et en Afghanistan, en particulier.

Le 14, sur Causeur, Courtois récidive en corrigeant à peine son propos -mais de manière significative, comme on le verra à la fin de la présente page.

Deux autres articles de ce site, ici et là détaillent l’affaire. Je concentre ici les réflexions les plus riches en toxines des commentaires publiés sur Causeur ou sur le blog de Marianne. Je dépose chemin faisant quelques remarques en italiques et entre crochets puis risque un diagnostic (lui-même publié parmi les commentaires du blog de Merchet).

Pour conclure cette brève présentation, rien ne sera plus démonstratif qu’un paragraphe d’une lettre d’information de ce site, par lequel, en 2004, j’informais ses abonnés de la condamnation définitive (après appel, refus de cassation et confirmation du jugement par la cour européenne des droits de l’homme) du sycophante Gérard Chauvy, tout en stigmatisant l’indifférence (apparente) des médias à ces développements judiciaires qui les condamnaient eux aussi, pour avoir répercuté la calomnie infiniment plus que ses déboires :

Je mettrai tout de même ici en exergue une grande nouvelle, complètement tue par ailleurs : le jugement de l’affaire "Aubrac contre Chauvy et consorts" est désormais définitif, dans le sens d’une condamnation très lourde, pour "diffamation par insinuation", de l’auteur et de l’éditeur. Ceux-ci ont utilisé toutes les ressources de la procédure, comme s’ils espéraient que la Faucheuse allait, étant donné les états-civils respectifs, leur donner raison contre toute justice. Ils ont tout de même renoncé à faire appel du jugement unanime des juges européens devant lesquels ils avaient osé assigner la France, coupable peut-être de trop bien traiter ses libérateurs. Alors même que les 90 printemps de nos deux compatriotes (en 2002 pour Lucie, 2004 pour Raymond) n’ont fait l’objet d’aucune espèce d’hommage. De même que le soixantenaire de l’évasion, le 21 octobre 2003, qui les a vus arpenter Lyon dans un car, avec une classe de lycée et une seule, pour le plus grand désintérêt des élus locaux. Il y avait à peine plus de monde que 60 ans plus tôt !

Finalement je trouve cela plutôt sympathique. La Résistance n’est pas "consensuelle", et cela vaut bien mieux que si elle l’était. Mais tout de même, un tel désert devrait "interpeller" un peu les absents, du moins s’ils habitaient non loin de cet endroit et votaient pour ces élus.


Sur Causeur

15 April 2012 à 12h22

Marcel Meyer dit

Saul ne sait pas lire. M. Courtois n’affirme pas l’appartenance d’Aubrac au PCF mais son statut de “communiste hors cadre”, un classique.

Merci à Stéphane Courtois pour cet intéressant article qui montre un exemple de plus du triomphe de l’idéologie sur le savoir qui caractérise l’Empire du Bien. La condamnation de Gérard Chauvy est une forfaiture et la justice française à peu près aussi sereine, indépendante et attachée à la liberté qu’au temps des sections spéciales.

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19 April 2012 à 16h03

Marie dit

Je tiens à remercier l’auteur de ce billet. Enfin un peu de vérité sur ce couple. Je confirme ce qui ressort du livre de Chauvy ayant eu l’occasion de parler de cette histoire avec des gens très bien placés . ces personnes sont décédés avant que ne naisse cet engouement pour les Aubrac, c’est dommage un brin de vérité c’est pas si mal !


Chez Merchet

8.Posté par Ricky le 12/04/2012 00:11

Chapeau, Pacha ! Il faut du courage pour s’attaquer ainsi aux vaches sacrées...

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10.Posté par marcaurelien le 12/04/2012 00:32

Enfin du sérieux .... Dans toute la presse aujourd’hui, y compris étrangère ( Le Guardian par ex ..) on peut lire que Raymond Aubrac était compagnon de la libération, mais c’est faux bien sûr il n’a jamais été reconnu comme tel par le général De Gaulle, ni lui, ni sa femme. [La main de Moscou aurait-elle tenu la plume ?]

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17.Posté par Cassandre le 12/04/2012 06:52

Pacha, mille mercis pour cet article original et éclairant qui nous sort de la pensée unique des louanges entendues depuis des années sur cet étrange héros.

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26.Posté par Ne récrivez pa l’Histoire [sic !] le 12/04/2012 08:36

C’était donc un collabo, jusqu’en juin 1941. Ne grattons pas trop les poubelles de notre passé.

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41.Posté par wallace le 12/04/2012 10:07

Merci monsieur Merchet pour cet éclairage très intéressant. On pourrait aussi ajouter son rôle déterminant comme commissaire de la république à Marseille dans l’assassinat de plus d’un millier de suspects non jugés et la mort de 2000 prisonniers allemands utilisés sans aucune sécurité au déminage, au mépris des conventions internationales. [nul ne songe à reprocher aux autres commissaires de la République l’épuration sauvage, dont la cessation fut une de leurs missions premières, à Marseille comme ailleurs ; l’utilisation des prisonniers allemands dans le déminage fut l’objet d’une demande d’autorisation à l’ONU, accordée ; la sécurité fut assurée au mieux, et l’encadrement français paya son tribut... notamment un membre du commando qui avait délivré Raymond Aubrac et qui fut défiguré.]

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42.Posté par sentinelle2 le 12/04/2012 10:16

Bravo pour cet article il faut arrêter de se couvrir les yeux, cet homme a fait des choses positives mais ce n’était pas "gratuit" malheureusement il était au service d’une idéologie criminelle. Dommage !

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44.Posté par Savonarole le 12/04/2012 10:38

"Aubracadabran", c’est le surnom qu’il avait après ses innombrables versions de Caluire et de son évasion. [il a varié (légèrement et sans qu’on puisse en déduire quelque "zone d’ombre" que ce soit) dans quelques déclarations... mais jamais sur Caluire, ni sur son évasion. Je n’insiste pas car on va commencer à dire que cette fixité est suspecte !]

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64.Posté par Thierry le 12/04/2012 12:26

Certes le moment choisi pour publier cette interview peut paraitre inadapté [un reste de décence, vite balayé par l’amour des ragots], seulement merci d’avoir porté à ma connaissance cette zone d’ombre. Depuis quelques années je constate que nombre d’affirmations historiques considérées comme dogmatiques sont remises en cause, et ce n’est pas renier l’Histoire mais l’accepter.

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75.Posté par Robert le 12/04/2012 14:17

Stéphane Courtois est le seul à avoir osé l’assumer, mais d’autres le disent, seulement dans le monde de l’université et des historiens, il y a des choix qui coûtent très cher. (...)

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78.Posté par bacfav le 12/04/2012 15:05

Communiste, pas communiste, évadé pas évadé... mais libéré rien n’est tout a fait faux, rien n’est tout a fait vrai alors pas trop d’hommages il y a eu d’autres résistants qui ont sans doute fait comme lui peut-être plus que lui mais qui sont restés plus discrets sur leur héroïsme.

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81.Posté par Gwydyon le 12/04/2012 15:19

Cet article m’a intéressé et me conduit à une question. La résistance communiste a été importante en France. Les communistes ont eu leur place dans le gouvernement d’immédiate après-guerre. Les communistes ont défilé avec une fierté légitime sous les drapeaux du FTP. Alors pourquoi Mr Raymond Aubrac aurait-il eu honte de dire qu’il était communiste, s’il n’y avait pas quelque chose à cacher ? Question subsidiaire : quel gaulliste aurait accueilli chez lui en 1946 un Hô Chi Minh alors que le Général de Gaulle venait de claquer la porte du pouvoir ?

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83.Posté par joseph le 12/04/2012 15:34

je nepeux que restituer les paroles de mon père,qui avait quitté l armée de vichy et était entré dans la résistance.Après. 1945,il siègea à la commission d homologation des titres de résistance.Il ne parlait jamais des liens d Aubrac avec le PC.Enrevanche ,chaque fois que l on évoquait son action dans la résistance et sa fameuse évasion,il partait d un grand éclat de rire.En fait je crois que dans larésistance comme pour le FLN en Algériechacun peut avoir eude s moments de faiblesse voire de lacheté(et je ne donnerai de lecons à personne).Et ensuite on écrit l histoire à sa facon car certains tiennent les autres par la barbichette’d ou les hommages multiples :ou bien certains témoins étant disparus ,il est plus facile de se donner le beau role.Mais,àcette époque ne serait ce qu entrer dans la résistance était la preuve d un grand courageSeulement.ne faisons pas des hommes des dieux ! [non, faisons de l’histoire, tout simplement]

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103.Posté par Max Gillou le 12/04/2012 19:49

Stéphane Courtois sauve le diable Lorsqu’on divinise Aubrac, la face cachée du diable n’est pas loin, encore faut-il vouloir la mettre en lumière. Elle se trouve dans des détails, et c’est à l’honneur de Marianne d’avoir, dans ces heures religieuses, donné la parole à un historien hérétique qui nous sauve des chœurs antiques des croyants. On peut avoir été agent soviétique et résistant et entretenir sa légende. Dans un procès en canonisation, l’Église, prudente,fait appel aux témoignages défavorables. Stéphane Courtois avance des arguments qui méritent d’être pris en considération même s’ils conduisent vers une vérité qui s’éloigne de l’officielle.

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105.Posté par Franck Boizard le 12/04/2012 20:42

Hé bin !

Même en 1012, il ne fait pas bon dire du mal du communisme en France !

Pourtant, nazisme et communisme sont strictement équivalents et également condamnables (sauf que le communisme a fait beaucoup plus de morts pendant beaucoup plus longtemps). (...)

Il ne viendrait à personne l’idée de faire d’ "anti-nazi primaire" un reproche ou une insulte. Je ne vois donc pas pourquoi il n’en est pas de même pour "anti-communiste primaire".

Au contraire, "anti-communiste primaire" est un compliment : cela prouve qu’on a compris ce qu’était le communisme et à quel point il doit faire horreur à l’honnête homme. (...)

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106.Posté par Centurion le 12/04/2012 20:49

Aubrac c’était le champion de l’obscure ! Il a quand même été libéré par Klaus BARBIE alors qu’il avait été arrêté en même temps que MAX (JEAN MOULIN) à Calcuire... Remarquez qu’a cette époque 1943-1944 ou la guerre fait rage et que la Gestapo traque sans relâche et sans pitié les résistants de tout bord, Raymond AUBRAC lui finit comme HARDY par s’echapper miraculeusement des griffes de Barbie. Alors que les autres n’en sortiront que par la mort sous d’horribles souffrances... Ce qui ne l’empêchera pas plus tard d’aller prêcher sa vérité dans les milieux universitaires, travestissant à son avantage le véritable rôle qu’il a joué dans (la dénonciation ?) l’arrestation de JEAN MOULIN. Le pire étant sa fameuse EVASION clamée à qui veut l’entendre par sa femme LUCIE encore plus menteuse que lui, n’hésitant pas à porter à l’écran ses affabulations !!!! Ami personnel d’HO CHI MINH dictateur communiste responsable de la mort de milliers de gens... Pro FLN pendant la guerre d’Algérie.... BREF un beau bilan... Il a certainement du affronter sa conscience avant de mourir ! Elle devait être bien noire il me semble !!!!!

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110.Posté par lamateur le 12/04/2012 22:02

Courageux et merci au pacha d’autoriser un chercheur à mettre les pieds dans le plat de ... borsch. Tous ceux qui ont eu la ténacité, par curiosité ou par profession, d’accumuler tout ce qui a été publié dans la presse écrite depuis le procès Barbie, jusqu’aux condamnations de Chauvy, connaissent dans le détail ce qu’expose Stéphane Courtois. La synthèse des archives est accablante pour tous les réseaux d’influence communiste. Deux points l’un incontestable, l’autre connu des initiés mais en grand nombre.

1- Comme tous les services de renseignement le SIPO - SD (gestapo) établissait un compte rendu de contact à chaque traitement de source, en 4 exemplaires : une archive au poste, trois vers la centrale ventilés en, un vers les archives centrales, un vers le contre espionnage, un vers le département du pays concerné. Le schema est universel et s’agissant du service de répression allemand, il est attesté par des documents de fonctionnement. La conséquence est que la centrale de Berlin détenait la totalité des dossiers de leurs sources dans toute l’Europe occupée. Hélas Churchill n’eut pas gain de cause auprès de Roosevelt pour que leurs troupes entrent en premier à Berlin. Ce sont donc les Services Spéciaux soviétiques qui raflèrent la mise. La suite pouvait être écrite par n’importe quel mauvais auteur de Fleuve Noir. Les Services soviétiques se trouvaient à la tête des listes d’agents ayant travaillé pour la gestapo. L’ancien patron de la DST Marcel Chalet, avait eu ce mot cruel dans le FigMag « à « l’ouverture des archives » à Moscou il y a des rosettes de Légion d’Honneur qui vont se faner ... ». (...) Le procès Barbie montra la mainmise des communistes sur la conduite des audiences (voir les compte rendus de l’époque). Avec le gigantesque tour de force d’incriminer Barbie sans aborder le dossier Jean Moulin !! Parviendra-t-on 70 ans après les évènements, à écrire enfin notre Histoire sans continuer à servir la soupe aux descendants d’un parti communiste, jumeau hétérozygote des nationaux-socialistes ?

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111.Posté par trabouleur le 12/04/2012 22:29

aux défenseurs d’Aubrac

Aubrac était communiste. Il a été résistant et communiste. Ila été simplement commmuniste après la guerre, et rejoint les thèses et actions pronées par ce mouvement. En particulier le français de l’occupation est devenu anti-militariste pendant la période de décolonisation. Des soldats français sont morts par des armes françaises procurées aux Viets par les communistes. Des soldats français blessés ont été jetés par des militants CGT dans le port de Marseille. Ce sont des faits. Si ce rappel donne quelques boutons à certains, tant pis. Courtois ne salit pas Aubrac en disant les choses. (...) Personne ne nie qu’Aubrac ait été résistant. Il est mort et cela ne change rien. La suite est simplement différente, et avoir été résistant n’est pas un brevet éternel de vertu.

Pour finir, être anti-communiste est une attitude vertueuse pour tout humaniste. On peut l’être de façon primaire, secondaire ou supérieure. En tout cas, le communisme n’est jamais que la deuxième face d’une pièce qui affiche le fascisme sur la première.

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118.Posté par ROUSSEL le 13/04/2012 06:39

Je ne connais pas bien les pages d’histoire sur Raymond Aubrac et il serait bien peu élégant de broder sur le fond mais je suis admiratif de cette transparence donnée aux déclarations des uns et des autres par Pacha. Merci et bravo.

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121.Posté par rémy le 13/04/2012 11:15

Ce que je remarque,c’est que les époux Aubrac ont toujours su se mettre en avant et faire parler d’eux,alors que des milliers de résistants ,une fois la guerre terminée,sont retournés dans l’anonymat,et de ceux-là ,on n’en parle jamais. [les Aubrac n’ont jamais cherché à faire parler d’eux : c’est Vergès qui a dégainé, en 1983]

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122.Posté par galt le 13/04/2012 11:27

(...) Les Aubrac étaient des personnes prêtent à tuer pour assouvir leur soif de pouvoir et leur idolatrie comme le font maintenant certains individus se réclamant d’une religion. [seule Lucie a tué, peut-être, l’un des trois Allemands qui escortaient son mari et le payèrent de leur vie ; religion de l’amour ou de la patrie ?]

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127.Posté par Vasseur le 14/04/2012 20:38

Bien sur que c’est un agent communiste, lui et sa femme. Par contre aucune honte à mourir au val de grâce soingné par l’armée française. J’ai honte [et moi donc !]

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130.Posté par hdstanton le 15/04/2012 03:08

Sur Caluire , le livre de Chauvy de gros doute subsistent et la fameuse mise en liberté du 10 mai 43 et non du 14 mai. Reste un personnage douteux de par ses liens avec Moscou pendant la guerre froide, et un film "Lucie Aubrac", pure falsification de l’Histoire !

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133.Posté par jeanmarc le 15/04/2012 11:06

Les impostures historiques déverssées par le pays légal( Journalistes de gauche, presse de gauche, médias infiltrées par la pensée unique, enseignement tronqué) commencent à se fissurer et c’est très bien ainsi, les bobards, les mensonges historiques s’éffondrent comme dans les pays de l’est après la chutte du mur de Berlin, la terreur idéologique tenue par les inquisiteurs et les "chiens de garde" du système se dilue un peu plus tous les jours. (...)

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134.Posté par Walter Pieko le 15/04/2012 11:08

Mon grand père ( médaille de guerre 39-45, médaille TOE, chevalier légion d’honneur, médaille du mérite) a toujours eu des doutes sur Aubrac. Il a toujours pensé que Aubrac a réglé ses comptes avec Moulin à Caluire...... Les deux hommes se détestait en secret et Moulin était plus en vue qu’Aubrac. Il existe des documents en Angleterre qui atteste que De Gaulle cherchait une solution avec Moulin sur l’action communiste en France et les relations étaient aussi mauvaises de ce côté là. Aubrac aura survécu à la rafle......pas Moulin. Pas de commentaires.

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149.Posté par Authier le 16/04/2012 19:16

Les communistes français ont été les complices des pires criminels de l’humanité. Les soviets ont laissé des montagnes de cadavres. Aubrac était un traitre pour la France, cette cérémonie aux Invalides est une honte de plus pour notre pays. A quand le "Nuremberg" du communisme ????

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155.Posté par BAYARD le 27/04/2012 16:02

Les communistes sont (étaient ?) des maîtres dans l’art de la manipulation de l’opinion publique. Tous leurs actions durant la seconde guerre mondiale étaient télécommandées par Moscou, en vue d’imposer un pouvoir communiste en France après la libération. Cette période a été très bien décrite dans un livre intitulé "le temps des imposteurs". D’anciens collabos ont également bien exploité l’après-guerre. Honneur aux milliers d’anciens résistants et déportés qui ont fait leur devoir de manière exemplaire sans tirer par la suite les marrons du feu.

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Ma réponse :

156.Posté par François Delpla le 28/04/2012 04:04

Bonjour à tous

Absent de France et très mal relié à Internet du 14 au 28 avril, je prends connaissance à loisir seulement maintenant des commentaires qui ont suivi ma passe d’armes avec Stéphane Courtois.

Je constate une tendance persistante (poussée à un point caricatural chez Courtois, mais récurrente dans beaucoup de commentaires) à l’amalgame manichéen, normale chez les nostalgiques de Staline mais curieuse chez ceux qui le détestent : on se demande ce qu’ils détestent au juste dans l’URSS et ses ramifications des années 30 aux années 50, puisqu’ils en copient à ce point les tics intellectuels.

Pourquoi parle-t-on des Aubrac ? En raison d’une des actions les plus réussies de la Résistance française et les plus dommageables à l’occupant allemand : l’évasion de Monsieur sous l’impulsion de Madame, en blousant de main de maître la Gestapo, le 21 octobre 1943.

Comme ils ont eu des liens, à présent bien circonscrits par la recherche, avec le mouvement communiste, il faut, pour tous les manichéens pro-américains ou pro-occidentaux de la planète, que cette action ait été de mauvais aloi.

Or elle a, bien entendu, été disséquée, et elle a résisté à toutes les mises en cause. Il s’agit bien d’un grand exploit résistant, point.

Courtois et beaucoup d’autres personnes font montre, devant ce dossier, de mauvaise foi ou de puérile perméabilité aux ragots. Peu importe. Je vais remettre ma blouse de toubib pour tenter une nouvelle fois de les guérir de leur manichéisme, car un vrai médecin ne renonce jamais !



La calomnie se structure

Jeudi 12 avril, sur un site qui semble proche du Front national, les inepties de Courtois semblent faire école.

Après une transcription de l’interview de Merchet, on trouve ce commentaire :

nb : Aubrac a participé à la réunion de Caluire où Jean Moulin a été arrêté avec d’autres responsables de la résistance dont Aubrac. Un seul a pu s’échapper de ce piège René Hardy . Ce qui lui a valu après la libération d’être accusé par certains résistants communistes ou proches d’avoir " donné" la réunion. Hardy, lui, n’était pas communiste. Membre du mouvement de résistance "Combat", responsable du plan de sabotage des voies ferrées, il était proche de son chef Henry Frénay classé à droite, un des tout premiers résistants , bien avant que le parti communiste et ses affidés ne décident d’entrer en résistance après l’invasion de l’URSS.

Hardy fut donc soupçonné de la trahison de Caluire et "largement chargé"par les communistes.Il y eut deux procès où il fut acquitté au bénéfice du doute . On reprochait à Hardy d’avoir caché son arrestation par les Allemands d’où le soupçon. Or Aubrac , comme Hardy, a été arrêté par les allemands et on le sait maintenant il ne s’est pas évadé mais a été libéré par eux . Lui aussi a caché la vérité et ce pendant très longtemps.

Alors pourquoi le soupçon s’est-il porté sur Hardy et non sur Aubrac ? D’ailleurs dans la plupart des relations de cette histoire, Hardy reste toujours le présumé coupable. On ne parle jamais d’Aubrac sauf comme un pur héros.

Or on le sait, les communistes, pendant la résistance, avaient une tendance fâcheuse qui était de prendre la place des résistants non communistes.

Au besoin en s’aidant de l’occupant ?

La date de ce dernier texte -le 12 avril- est intéressante. Elle laisse entendre

-  que la confusion, dans l’interview de Courtois chez Merchet, entre l’évasion du 21 octobre et la "libération" du mois de mai (que Raymond Aubrac aurait fini par confesser à Pascal Convert en 2011), n’avait rien de fortuit ;

-  que ma mise au point, publiée le 12 dans la soirée, a obligé Courtois à battre en retraite et à distinguer les deux épisodes dans son article de Causeur du 14.

Je voudrais donc, pour finir, rendre un sincère hommage à Jean-Dominique Merchet. Dans un premier temps, il s’est laissé impressionner par l’assurance calomniatrice de Courtois ; mais devant mes protestations qu’il a honnêtement mises en ligne en "modérant a priori" les commentaires, il a eu le bon réflexe de m’écrire et de me proposer une contre-interview, qui a permis de tuer dans l’oeuf le nouvel avatar de la calomnie : la prétendue reconnaissance, par l’intéressé, du fait qu’il ne s’était pas évadé mais avait été libéré, dont on espérait qu’elle ruinerait radicalement et pour longtemps, dans les esprits mal informés, un magnifique fait d’armes de la Résistance.

Je prépare à présent un article détaillant les tenants et les aboutissants de cette nouvelle intoxication, pour mettre en lumière l’exploitation frauduleuse du livre de Pascal Convert.

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Complément (28 septembre 2013)

Outre l’épuration sauvage, dont on fait un crime au seul commissaire de la République taxé de communisme sans le moindre souci de démontrer qu’elle aurait été plus sévère ou plus durable qu’ailleurs, deux calomnies servent à charger la barque aubracienne : le déminage, et le fait d’avoir hébergé Hô-Chi-minh pendant quelques semaines de 1946, dans son pavillon de Soisy-sous-Montmorency.

Dans les deux cas il s’agissait d’une question nationale, résolue en plein accord avec le gouvernement de la République, auquel un fier service était rendu par la personne qu’on met en cause de façon plus sotte, encore, que méchante. L’utilisation des prisonniers allemands pour le déminage, sous la direction du ministre Raoul Dautry, avait fait l’objet d’une autorisation demandée à l’ONU par le ministre des Affaires étrangères Georges Bidault, et relevait de la responsabilité de présidents du conseil nommés Félix Gouin, Léon Blum et Paul Ramadier (et qu’on ne voie pas là une mise en cause de leur parti, socialiste ! l’époque était au "tripartisme" et les décisions importantes engageaient, tout autant, le MRP catholique et le parti communiste). Quant à Hô, il était accueilli officiellement par le gouvernement français pour des négociations, et malheureux dans un palace des Champs-Elysées, préférant pouvoir disposer d’un jardin. Prétendre qu’aucun gaulliste ne l’aurait accueilli est une insulte que, si elle ne venait pas de si bas, les fidèles du Général auraient sans doute relevée.

Un an plus tard, Daniel Cordier...

le 28 septembre 2013



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