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Débats

Hitler et Leni Riefenstahl



9 décembre 1932 : un moment de vérité ?



Sur Histoforums (et sans grand écho si mes souvenirs sont exacts -note du 24/10/2012)

Le 9 décembre 1932, les journaux allemands annoncent une entente entre le nouveau chancelier, le général von Schleicher, et Gregor Strasser, numéro 2 du parti nazi. Ce dernier accepterait la vice-chancellerie, que Hitler refuse depuis son triomphe électoral du 31 juillet (37% des voix pour son parti aux législatives), exigeant le poste de chancelier. Strasser était connu pour son scepticisme devant un tel "maximalisme". Un recul aux élections du 6 novembre (33% des voix pour les nazis) semble à beaucoup d’observateurs à travers le monde (en France, l’exultation de Léon Blum est restée dans les annales) le prélude d’un proche effondrement et l’attitude conciliante de Strasser envers les autres fractions de la droite peut apparaître frappée au coin du bon sens.

L’actrice et cinéaste Leni Riefenstahl, qui a été séduite par Hitler lors de son meeting du 27 février au palais des Sports de Berlin et a noué une relation personnelle avec lui, nous dit dans ses mémoires qu’elle était en train de dévorer les journaux dans le hall de l’hôtel Kaiserhof, résidence berlinoise de Hitler avant la prise du pouvoir, quand soudain, en pleine nuit, on l’informa que le Führer (du parti) la priait de monter dans sa chambre. Elle ne put placer un mot, subissant un long monologue où Hitler parlait de suicide après "cette trahison" puis, petit à petit, se calmait et retrouvait sa pugnacité.

Or les bruits étaient faux. Strasser avait bien envoyé sa démission à Hitler, mais seulement de la direction et non pas du parti et, loin de prendre la direction des palais nationaux, était en train de rouler vers des vacances italiennes, trahissant non pas Hitler mais Schleicher, d’une manière qui allait lui être fatale à brève échéance, et propulsant en fait Hitler vers le pouvoir (comme Kershaw a été l’un des premiers à le remarquer).

Mes propres grilles d’analyse m’inciteraient à penser que tout cela était calculé : Hitler devait connaître son Strasser et sentir qu’il tournerait bride en arrivant devant le Rubicon. Mais dans ce cas, en un moment pareil, aurait-il perdu quelques heures à se remonter le moral en féminine compagnie ? Il faut donc qu’il ait douté.Et cela s’explique : s’il connaissait Strasser, en revanche il n’était pas encore bien familier des milieux dirigeants et avait pu penser que ceux-ci avaient su trouver, pour décider Strasser, d’irrésistibles cadeaux.

Ce fut peut-être un de ses derniers moments de doute, avant que Churchill ne vînt brouiller définitivement son jeu.

Qu’en pensez-vous ?

chapitre des Tentatrices du diable sur Leni Riefenstahl

le 8 février 2004



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