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Débats

La défense de Ribbentrop



Pour étayer l’idée que Hitler préméditait la guerre dès 1933



sur Histoforums

Profitant d’une journée d’immobilisation forcée, j’ai relu d’un trait hier les mémoires du ministre, écrits à Nuremberg dans les dernières semaines de son existence et publiés par sa veuve en 1953 (édition française : De Londres à Moscou, Grasset, 1954).

Au prix de beaucoup d’acrobaties et de dissimulations, il plaide l’innocence sur toute la ligne et non seulement la sienne, mais celle du nazisme. Lui-même aurait été pacifiste, anglophile, francophile et partisan d’une entente avec l’URSS. Hitler aurait été poussé à la guerre par les intrigues des Anglais en 1939, par l’intransigeance des Soviets en 1941.

Le méchant de l’histoire, bien plus que Churchill, peu évoqué, serait Roosevelt, décidé à la guerre bien avant 1939. Ribbentrop ne cite pas Mein Kampf, ni pour reconnaître que Hitler l’appliquait, ni pour prétendre (comme le croient tant de nos contemporains) qu’il aurait abandonné ce programme et n’y serait revenu que sous la pression des circonstances ; il trouve sans doute le terrain trop glissant.

Quant aux Juifs, il aurait inlassablement mais vainement essayé de convaincre son maître qu’ils ne menaient pas un complot mondial, ni pour la perte de l’Allemagne, ni pour la domination planétaire. Et bien entendu il n’aurait rien su de leur sort, entièrement imputable à la mauvaise influence de Himmler.

Néanmoins, il y a des indications précieuses sur le fonctionnement du régime. Il nous montre un Hitler solitaire, décidant souverainement en toute matière importante -et réglant aussi parfois les plus petits détails. Il le dit aussi "très influençable". Cependant, seul Göring aurait eu constamment un grand poids (sauf peut-être à la fin), les autres faisant des suggestions à l’aveuglette, sans avoir la moindre idée des chances qu’elles avaient d’être retenues.

En fait, Hitler est à la fois son bouc émissaire (écrivant à sa femme juste après le verdict il va jusqu’à dire qu’il était "démoniaque") et un homme d’Etat qui avait peut-être raison : "Devant l’histoire, Adolf Hitler restera l’homme qui a galvanisé les peuples européens en leur ouvrant les yeux sur la menace russe... En fin de compte, c’est l’histoire qui dira s’il avait ou non raison." (p. 236)

Concernant Churchill, une petite malhonnêteté de la veuve (p. 81) : elle dit disposer de notes sur la conversation qu’il eut avec Ribbentrop le 21 mai 1937, dont j’ai vainement cherché le texte intégral dans les archives anglaises (où Churchill affirme l’avoir déposé). Elle se contente de citer deux phrases, dont une qui, depuis, fait les choux gras des négationnistes de tout poil (au sens que je donne à ce mot : ceux qui nient l’agressivité nazie par un biais quelconque) : "Si l’Allemagne redevient trop forte, de nouveau il faudra la détruire".

Annelies von Ribbentrop se garde de citer ici les mémoires de Churchill, qui donnent, à défaut de la minute intégrale, une idée assez précise de la conversation. Ribbentrop (alors ambassadeur allemand à Londres) a précisé, plus clairement qu’aucun Allemand, que je sache, entre 1933 et 1939, que Mein Kampf n’était nullement aux oubliettes : l’Allemagne avait besoin, comme "espace vital", de la Pologne, de la Biélorussie et de l’Ukraine. Quant à la phrase précitée, elle semble correspondre à ceci : "Ne sous-estimez pas l’Angleterre ! Elle est très forte. Si vous nous plongez dans une nouvelle grande Guerre, elle dressera le monde entier contre vous, comme la dernière fois." (La Seconde Guerre mondiale, t. 1, p. 228)

Ribbentrop alors se lève, d’après Churchill, et, "tout échauffé", s’écrie : "Ah ! L’Angleterre est peut-être très forte, mais cette fois elle ne réussira pas à dresser le monde entier contre l’Allemagne." Voilà qui correspond mieux à l’autre bout de compte rendu que daigne citer l’éditrice : "Mon mari lui ayant fait remarquer que, cette fois, la chose ne serait plus aussi facile qu’auparavant, l’Allemagne ayant désormais des amis, Churchill répondit : ’Oh, we are pretty good at getting them round at the end’"

Dans Churchill et les Français (1993), p. 60-61 (de la réédition), j’estimais cette conversation vraisemblable (et, par voie de conséquence, capitale), tout en déplorant qu’il n’y ait que le son de cloche des mémoires de Churchill. Si ce livre est à nouveau réédité, je préciserai que ceux de Ribbentrop apportent un beau recoupement : en effet, Madame édite le manuscrit, inachevé, en l’entrelardant de réflexions personnelles et de notes éparses... et en contestant, souvent, les mémoires de Churchill. Or, ici, elle s’en garde bien.

Mieux : si le manuscrit est inachevé, il est rédigé de manière cohérente. Or l’allusion à la conversation avec Churchill, cohérente avec ce qui précède, jure avec ce qui suit. Elle s’insère dans un développement sur le premier sous-secrétaire du FO, Vansittart, accusé d’être le principal responsable de l’échec du rapprochement anglo-allemand dans les années 30, et d’avoir toujours dissimulé, devant Ribbentrop, le fond de sa pensée. L’auteur enchaîne :

"Plus tard, à une autre occasion, j’ai eu la même impression. C’était en 1937, à l’issue d’une conversation que j’avais eue avec Churchill, en ma qualité d’ambassadeur d’Allemagne. Mais si Vansittart cache obstinément le fond de sa pensée, Churchill, lui, est moins réservé."

Le paragraphe suivant est en plus petits caractères, comme tous ceux dûs à l’éditrice. Elle cite les notes de son mari sur la conversation comme il a été dit ci-dessus, puis indique que l’avocat de Ribbentrop a vainement demandé au tribunal de Nuremberg qu’on produise le texte de la conversation et qu’un juge britannique, Maxwell Fyfe, a rétorqué : "Ce que mon ami Churchill a dit au cours de cette conversation est sans importance."

Puis le texte de Ribbentrop reprend... à propos de Vansittart ! Il est évident qu’il avait écrit quelque chose sur sa conversation avec Churchill, qui n’a pas paru aussi efficace à Madame (ou à ceux qui la conseillaient) que ce qu’elle a mis à la place. Une manip’ négationniste typique.

En conclusion, ce livre est une mine d’aveux involontaires et, en le lisant avec un tout petit peu d’esprit critique, on achèvera, s’il est besoin, de se convaincre que Hitler avançait d’un pas mesuré et tranquille, mais rectiligne, vers la guerre, dès 1933.

Sur Churchill et les Français

le 24 mars 2004

(ajouté le lendemain)

"Il faut imaginer Ribbentrop sincère", comme Camus imaginait Sisyphe heureux. Ce n’est pas pour donner à ce mafieux un brevet de moralité, mais pour essayer de mieux comprendre le séisme le plus catastrophique de l’histoire.

Ce qui est intéressant dans ce livre, c’est sa cohérence. Ribbentrop se décrit comme un patriote qui a inlassablement tenté, de 1914 à 1945, de donner à l’Allemagne une place au soleil, face à une Angleterre qui voulait la plage pour elle toute seule. Il a donc besoin de croire, et je crois qu’il croit, que Hitler lui-même était pacifiste et n’usait de la guerre qu’en dernier recours. L’historien sait, ou devrait savoir, qu’il n’en est rien et que Hitler, qui avait tracé en 1927 un schéma clair de guerre contre la France, puis l’URSS, a poursuivi ce but inlassablement, en dépit de ses discours et de ses masques qui n’avaient d’autre fonction que d’éviter la formation immédiate, contre lui, d’une coalition écrasante.

Pour un Ribbentrop qui s’est laissé porter par le courant et qui, captif, fait le bilan de sa vie, cette vérité est un soleil trop fort. Lui qui a tous les éléments pour la constater, il la fuit, et s’en protège à l’aide du moindre nuage.

En gardant cela à l’esprit, on comprend quelque chose d’essentiel : pour rendre plus efficaces ses tromperies, Hitler trompait jusqu’à ses plus proches collaborateurs.

Le tribunal de Nuremberg reprochait principalement à Ribbentrop un "crime contre la paix" : il aurait monté Hitler contre l’Angleterre, tout en la lui présentant comme décadente et en lui faisant croire qu’elle ne déclarerait pas la guerre à propos de la Pologne. Il s’en défend efficacement (à mes yeux sinon à ceux du tribunal, qui ne pouvait guère l’entendre) en produisant force rapports, adressés au Führer dans les mois et les jours précédant la guerre, où il montrait la puissance de ce pays et sa détermination.

Mais il se refuse à dire, et probablement même à envisager, que Hitler ait déclenché sciemment une guerre européenne afin de régler le compte de la France, et de s’emparer de l’Ukraine, d’une manière si rapide et si "chirurgicale" que l’Angleterre ne pourrait que s’incliner. Il préfère argumenter, heure par heure, sur les tractations anglo-germano-polonaises pour en déduire que la bonne volonté était du côté de l’Allemagne et que le blocage venait des deux autres pays. Ici, il adhère purement et simplement au discours hitlérien : la Pologne, forte de la garantie anglaise, voulait humilier et même agresser l’Allemagne, dont l’Angleterre avait décidé de rabaisser la puissance.

Cette inversion des rôles peut s’autoriser de quelques apparences. Par exemple, il n’est pas faux que Beck ait été matamore, et que sans la garantie anglaise il eût été, très vraisemblablement, plus conciliant : lui qui s’était compromis avec le Reich au lendemain de Munich en prélevant sur l’infortunée Tchécoslovaquie le territoire de Teschen, il pouvait difficilement sortir ses griffes à propos de Dantzig s’il n’avait eu dans son jeu une carte aussi forte que ce soutien automatique de Londres.

Hitler a calculé et piloté tout cela. Il est très difficile, pour un Ribbentrop qui n’a plus rien à perdre mais veut laisser à ses enfants un nom honorable, de se l’avouer. Et pour l’historien actuel, la crête entre un révisionnisme réhabilitateur (tel qu’il a été initié, dans les rangs universitaires, par AJP Taylor) et une confirmation paresseuse des verdicts de Nuremberg avec tous leurs attendus, reste toujours aussi étroite.



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