Visite guidée . prof . TV . Invectives . Editos . Bio/chro/info . FDlivres . Articles/docs . Débats . Dialogue avec les oeuvres . Lettres . Forum .
Abonnement
Rechercher
Plan
Accueil
Contact
Liens

 

Editos

Hitler et Bush junior



points communs et oppositions



édito précédent

Puisque le règne de George W. touche vraisemblablement à sa fin, il est temps de mettre au net, alors que le phénomène est encore sous nos yeux et pèse encore sur nos vies, ses rapports avec le nazisme.

Il y a tellement de ressemblances, et tellement de différences, qu’on ne sait par lesquelles commencer. Je présenterai d’abord les ressemblances, pour pouvoir ensuite puiser dans les différences des raisons d’espérer.

Dans les deux cas nous avons affaire à un sommet de violence, de mépris des peuples, de manichéisme, de désinformation, de racisme, de sexisme, de dénigrement du travail intellectuel, d’indifférence au droit et de destruction impitoyable des faibles, que ce soit par les derniers raffinements de la technologie meurtrière ou par l’action lente de la misère.

Les différences sont de deux ordres. Les brutalités actuelles sont justifiées par une idéologie certes confuse et composite, mais la démocratie y tient une telle place que les opposants peuvent marquer beaucoup de points en s’en réclamant, comme naguère, mutatis mutandis, au sein du bloc soviétique. Le racisme est, comme dans toute l’histoire des Etats-Unis, un fait, qui a du mal à trouver sa justification juridique, alors que la discrimination était au principe même de la législation nazie. Mais c’est en matière de législation internationale que les sujets d’optimisme sont les plus nombreux, et ce à très courte échéance. Souvenons-nous qu’il y a à peine un an l’ONU était présentée comme moribonde par une foule d’analystes, alors qu’aujourd’hui le monde entier appelle de ses voeux, au moins hypocritement, son renouveau et sa consolidation. A l’inverse, l’impuissance de la jeune SDN devant les exactions hitlériennes avait bel et bien entraîné son trépas.

La différence la plus importante tient sans doute à la personnalité des deux dirigeants, et plus précisément à leur quotient intellectuel. Au point qu’il sera peut-être un peu plus facile, désormais, et paraîtra peut-être un peu moins sacrilège, de mettre en évidence l’habileté des manoeuvres hitlériennes. Contrairement au nazisme, le bushisme est primaire. Il mérite, lui, vraiment d’être qualifié de "révolution du nihilisme", une étiquette dont Hermann Rauschning avait malencontreusement paré le nazisme, avec un succès plus malencontreux encore, y compris auprès des savants. L’action de Bush, qui puisait sans frein dans les ressources de la plus grande puissance, a trouvé rapidement ses limites en soulevant contre elle les boucliers les plus divers, tandis que Hitler, à partir d’un pays convalescent et clairement inférieur à la coalition potentielle de ses adversaires, avait su devenir redoutable grâce à son art de les diviser. Il faut dire qu’il avait, lui, un objectif clair et réaliste : l’hégémonie allemande sur le continent européen et non, comme on le croit encore trop souvent, la domination mondiale -qui était, en revanche, le seul but perceptible de GW Bush... un but heureusement irréaliste.

Au bout du compte, nous nous retrouvons dans une situation comparable à celle de 1945 ou, mieux, de 1943. Il reste à construire une ONU qui ne soit pas le club de quelques "gendarmes", soucieux de corseter les peuples par crainte de ce qu’ils pourraient inventer.

un débat sur les origines de l’ONU

édito suivant

le 27 avril 2004



---------------------
Tous droits réservés © Copyright 2004 F. Delpla
Site
sous Spip - TZR-Créations