Le site de François Delpla

[ Accueil ] [ Retour à l'article ]

Le livre noir de la psychanalyse
http://www.delpla.org/article.php3?id_article=188

éditions Les Arènes, 2005

lundi 3 octobre 2005

présentation et extraits.

Si j’aborde ce pavé sur un site d’histoire, c’est parce qu’il a des prétentions à dire le passé, sur plus d’un siècle, et qu’il s’inscrit dans une gangrène très actuelle, touchant beaucoup d’activités intellectuelles, notamment la recherche et la vulgarisation historiques.

Voici par exemple une façon typique de construire un raisonnement sur le sable, dans une crise de fureur mystique prétendant aux attributs de la rationalité, et se jetant à pieds joints dans le défaut qu’elle dénonce :

"« Madame, quoi que vous fassiez, vous ferez mal ! », aurait un jour décrété Freud à une jeune mère. La sentence est tombée, enfermant ainsi les mères dans un rôle d’agent morbide où la culpabilité est sans cesse au rendez-vous. Quoi qu’elles fassent ou ne fassent pas, elles se retrouvent dans une situation toujours perdante car dans le freudisme l’omission et l’action sont aussi pathogènes l’une que l’autre."

Freud a écrit des dizaines de milliers de pages. Quel aveu d’amateurisme, de le condamner au nom d’une phrase orale, et tellement incertaine que le procureur lui-même la met au conditionnel !

Le plus révélateur est que cela puisse être écrit, et répercuté par le Nouvel Obs. Le manque de rigueur est "tendance", ne donnerait-il pas un "plus" ?

La psychanalyse est présentée à la fois, souvent à quelques pages d’intervalle, comme une vieille lune, une invention d’il y a cent ans qui a eu son utilité mais doit maintenant céder la place, et, ainsi qu’on le voit dans la citation ci-dessus, comme une pure et originelle imposture, une activité de gourou qui tient les gens par l’ésotérisme et la culpabilité, sans jamais s’embarrasser de l’expérience.

Ces gens donnent l’impression de n’avoir pas lu grand-chose et de ne pas se rendre compte que les vieux, ce sont eux. Leurs très modernes "thérapies cognitivo-comportementales" sont renouvelées sans changement majeur du behaviorisme de Watson (1913), avec un zeste de réflexologie de Pavlov (1889) et une pincée de méthode Coué (1926). Quant à leur jugement sur la psychanalyse, il rejoint celui du philosophe Alain, qui au début du XXème siècle disait que l’idée d’un inconscient était si effrayante que les psychanalystes n’auraient aucun mérite à guérir des gens qu’ils auraient eux-mêmes rendus malades !

Last but not least, l’ouvrage embouche la trompette de la "France ringarde", avec une pointe de racisme anti-sud-américain, car nous serions les derniers des Mohicans qui tiennent encore pour la psychanalyse, avec les Argentins !

une revue réagit

[ Accueil ] [ Retour à l'article ]