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 Sujet du message: Le dogmatisme en histoire
MessagePosté: Ven Mai 04, 2012 10:25 am 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
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Sur la protestation publique contre nos bannissements du forum "Passion-histoire" que je mène conjointement avec Bruno Roy-Henry, http://www.empereurperdu.com/tribunehis ... =15&t=1001 http://www.empereurperdu.com/forum/phpB ... ba58b59422 , viewtopic.php?f=95&t=813&p=13351#p13351
je voudrais à présent greffer une discussion plus générale, sur le dogmatisme auquel nous nous sommes heurtés.

Comme point de départ, je prendrai l'attitude obstinée de Thierry Giraud, qui sur les forums signe Tie-tie 006 ou (peut-être quand il se prend pour James Bond ?) 007. C'est le champion toutes catégories de l'argument d'autorité : il s'imagine apporter un argument historique lorsqu'il cite un historien. Tout en restant correct dans la forme et en s'interdisant les intempérances de langage de beaucoup d'autres gens, il me renvoie à mon néant quand il a dit "Kershaw", "Michael Bloch", "Benoît Lemay", etc.

Il semble actuellement concentrer sa réflexion sur un objet qui me préoccupe beaucoup moi-même, l'année charnière entre les deux 22 juin (1940 et 1941). Témoin une fiche pédagogique toute récente sur son site : http://bacpro13.over-blog.com/

La question des questions réside dans la différence de réaction entre la France, qui signe un armistice, et la Grande-Bretagne qui, après avoir été plus molle qu'elle devant le danger nazi depuis 1933, relève soudain le drapeau et entreprend de poursuivre la lutte seule malgré l'amputation d'un allié pareil et le caractère fort évanescent de l'espoir de le remplacer par les Etats-Unis ou l'URSS.

Pour Tie-tie, cela coule de source. Il ne veut littéralement pas entendre parler du risque que Churchill soit remplacé par Halifax (partisan de sonder l'Allemagne sur ses conditions de paix)... au seul motif qu'il ne l'a pas été !

D'où une attitude qui démontre l'inconvénient de l'argument d'autorité... toujours le même depuis la Grèce antique : au nom de quoi choisir telle autorité plutôt que telle autre ? Il faut bien en venir à argumenter, tout court, en oubliant toute autorité.

Voilà ce que TT écrit sur la question ce matin même sur PH http://www.passion-histoire.net/n/www/v ... 91#p405191


Citation:
Tietie006
Sujet du message: Re: Les "appeasers" anglais
MessagePosté: 04 Mai 2012 8:04

Chef Chaudard a écrit:
Tie-tie006 a écrit:
...et le fait de savoir si Halifax l'aurait fait, c'est une conjecture qu'on ne pourra jamais vérifier.


J'espère bien que l'on aura plus d'infos quand les archives Britanniques seront libérées! Ou que des historiens pourront nous éclairer sur ce point!

Tie-tie006 a écrit:
De toute façon, la politique étrangère anglaise a toujours été de lutter contre la puissance dominante en Europe continentale.


Cette lutte, réelle, n'a pas toujours pris des formes militaires, lorsque le royaume n'en avait pas les moyens. Voir les différentes coalitions contre Napoléon. Un hypothétique traité de paix entre Hitler et l'Angleterre n'aurait été qu'une suspension d'arme et il ne fait pas trop de doute que la GB aurait aussitôt comploté contre le Reich. Mais on est dans le "what if?", me semble-t-il...



La politique séculaire de l'Angleterre fut toujours de lutter contre la puissance dominante sur le continent et celle qu'a menée Churchill s'inscrivait dans celle-ci.
Il suffit de lire la biographie de Ribbentrop, de Michael Bloch, pour s'apercevoir que les nazis avaient une très mauvaise évaluation du système politique anglais. Ce n'est pas parce que quelques Lords étaient fascinés par Hitler ou qu'un Lloyd George en piquait pour le Führer que ça allait déterminer, mécaniquement, une politique anglaise germanophile, comme le pensait le Joachim. Le pusillanime Ribbentrop était un "âne bâté", et il ne comprenait goutte à la psychologie britannique. Il ne faut pas s'étonner qu'avec un tel adjoint, Hitler ce soit fait des films sur la paix future entre le Reich et l'Empire britannique.



"Il suffit de lire la biographie de Ribbentrop, de Michael Bloch, pour s'apercevoir que les nazis avaient une très mauvaise évaluation du système politique anglais." : justement non !

Et de deux choses l'une : ou bien les nazis se trompaient complètement, ou bien ils se trompaient à peine. C'est cette dernière affirmation qui est la bonne -puisque Halifax a mis Churchill en très grande difficulté au sein du cabinet, et au-dehors-, comme en témoignent les travaux de Lukacs, Costello et Delpla, non point parce qu'ils seraient meilleurs dans l'absolu que Kershaw ou Bloch, mais parce qu'ils dominent mieux une documentation plus complète.


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