Le Forum de François Delpla

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MessagePosté: Dim Avr 27, 2008 7:31 pm 
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Bonjour,


Ayant découvert par hasard votre site et votre forum, je me permets d'y intervenir.

J’ai pris connaissance de votre thèse concernant les intentions de A. Hitler en fin mai 1940 (intérêt à conclure dès c emoment un armistice franco-allemand et/ou franco-anglo-allemand). Je ne suis en rien historien, mais je me permets (au titre de simple lecteur) de la juger très intéressante.

Ce qui m’amène à intervenir sur votre forum est un questionnement qui s'y rapporte :

Ayant lu « Mein Kampf » avec attention, dans sa partie « géopolitique » (ces questions m’intéressent particulièrement pour le 20° siècle), je m’étais effectivement interrogé sur les raisons qui avaient pu (au vu des explications « dominantes ») pousser A.Hitler à s’enliser ainsi dans un conflit de longue durée à l’Ouest, alors que celui-ci était si contraire à son « programme initial », et par ailleurs contradictoire avec la non mobilisation (à cette époque) de l’économie allemande en vue d’une guerre de longue durée. J’avoue que je m’expliquais mal cette contradiction, et peu à peu, sans véritable source, par la réflexion, m’est venue l’idée que précisément, cet enlisement avait peut-être été subi et non recherché (subi par l’effet de contretemps et d’obstacles, provenant de l’étrange et paradoxale opiniâtreté des dirigeants britanniques).
Dans cette perspective, votre thèse est à mes yeux très intéressante, car elle explique précisément ce paradoxe géostratégique.

Mes questions sont les suivantes :

1 - Auriez-vous des éléments précis sur ce qu’auraient pu être les conditions/clauses d’un projet d’armistice franco-allemand en mai 1940 (en cas de signature sans les anglais) ou d’un projet d’armistice franco-anglo-allemand
(+ éléments sur les éventuelles concessions coloniales à l’Italie par la France et/ou l’Angleterre) ?

2 – Votre thèse implique chez A.Hitler une habileté manœuvrière et une pensée géostratégique lucide au service d’un projet de conquête « raisonnée » d’espace vital (et non de « folle conquête du monde »). Bref, une intelligence géostratégique (au service du mal, il va sans dire, mais ceci n’empêche nullement l’efficacité et la renforce même, du fait de l’absence de scrupules moraux) soutenant un projet précis et « raisonnable » (s’il est permis d’employer ce terme en l’occurrence, et je l’entends uniquement ici au sens de « mesuré » ou « provisoirement mesuré » par opposition à l’idée dominante d’un « conquérant d’univers brouillon et désordonné »).

Si l’on accepte votre thèse (et elle est tentante), on peut conclure qu’effectivement, le fait de parvenir à mettre en situation un possible armistice franco-allemand ou franco-anglo-allemand aurait été un grand succès géostratégique pour l’Allemagne : confirmation des acquis en Pologne, Europe danubienne ouverte à la pénétration économique allemande quasi-exclusive, France brisée militairement et moralement, définitivement neutralisée mais relativement épargnée pour éviter toute velléité de revanche à long terme, appui italien utilisé périphériquement, Angleterre demeurant intacte quant à son empire (que A. Hitler ne cherchait nullement à détruire, bien au contraire puisqu’il estimait son maintien nécessaire comme élément d’équilibre mondial) mais au fond chassée d’Europe.

Dans ces conditions : estimez-vous qu’il aurait été irréaliste pour A.Hitler, en Juin-juillet 1940, alors que la question de la « signature sans les anglais » ne se pose plus, de proposer à la France définitivement vaincue et envahie en profondeur un armistice aussi « généreux » que celui qui aurait pu intervenir en fin mai, après la première phase du désastre (et avant l’effondrement total et l’invasion de tout le territoire) ?
Armistice dont les conditions auraient pu être les suivantes : éventuelles rectifications mineures de frontières, pas d’atteinte à la flotte, non annexion de l’Alsace-Lorraine, compensation coloniales relatives à l’Italie, pas d’occupation du territoire, éventuelle indemnité de guerre mesurée couvrant par exemple les dommages aux neutres, partenariat économique et idéologique à long terme compte tenu de l’orientation autoritaire de Pétain, etc.). Il est assez probable qu’un tel armistice séparé et suivi d’un traité de paix en bonne et due forme aurait pu amener une partie de la classe dirigeante (conservateurs britannique) à écarter une politique de résistance à outrance. Couplé à des assurances relatives au contrôle des ports belges et néerlandais (question chère aux anglais) et à une offre de réassurance quant aux limitations navales allemandes futures (question encore plus chère pour eux), ce traité de paix franco-allemand aurait enlevé tout but de guerre réel au cabinet anglais. Pourquoi poursuivre la guerre après une bataille si magistralement perdue alors que l’empire n’était en rien menacé, que la métropole anglaise ne courait aucun risque, et que la France venait de signer une paix honorable, définitive et somme toute peu coûteuse comparée au désastre intervenu ? Pour la Pologne ? Les conservateurs anglais ne lui attachaient probablement pas un si grand prix.
Accorder une paix « mesurée » à une France neutralisée aurait certes été « excessif » compte tenu du rapport des forces à court terme, mais d’une grande intelligence géopolitique à long terme : dans ce cas le « retour » au programme initial était permis, avec très probablement, vers 1942-1943, une agression à l’est possible avec le soutien d’une grande partie de l’Europe sous le couvert d’une croisade antibolchévique (ou, comme vous le suggérez, Staline se retrouvant seul et devant faire des concessions face à une politique de pression progressive vers l’Ukraine et probablement à terme la Crimée, voire les régions du Caucase « non russes »).

Ma question est la suivante : pourquoi A. Hitler n’a –t-il pas eu cette intelligence géopolitique du long terme ? Si l’on peut considérer que l’échec géopolitique de fin mai 40 (non conclusion d’un armistice « raisonnable » avec la France et/ou la France et l’Angleterre dans la perspective d’une guerre écourtée et locale) n’est pas imputable à son erreur de jugement, mais à des éléments incontrôlables (raidissement anglais dû à la politique de Churchill), force est de considérer qu’en juin-juillet 1940, il laisse échapper une occasion absolument inespérée : ayant totalement abattu la France, il pouvait ignorer volontairement sa propre victoire militaire à court terme pour rafler une mise géopolitique autrement plus importante à long terme, dissimuler sa politique sous le couvert d’une « main tendue dans l’honneur » et s’assurer ainsi d’un concours économique et politique de la classe dirigeante française (l’ensemble du pays aurait suivi avec empressement, trop heureux de se voir épargner des conséquences trop douloureuses et une guerre longue). Bref, il lui était possible de manipuler le « concours » français pour amener l’anglais à se montrer « raisonnable ». Il évitait ainsi un enlisement à l’ouest, car jamais les USA ne seraient entrés en guerre contre lui puisque l’Angleterre n’était plus menacée. Plus même : il aurait été parfaitement possible, et cette fois à très très long terme, d’espérer un retournement d’alliance dans la mesure où la menace américaine sur l’empire britannique aurait pu être in fine perçue dans les années 1950-1960 comme plus significative qu’un danger d’expansion allemande dirigé vers l’est contre l’empire bolchévique).

Ma question pourrait se résumer ainsi : pourquoi l’A.Hitler « raisonnable » et « calculateur » de mai 1940, habile manœuvrier, commet-il l’erreur (grossière pour un dirigeant) de s’enfermer dans une victoire militaire somme toute encore locale en Juin 1940 sans songer à l’exploiter dans toute sa profondeur sur le plan géopolitique ? Ce qu’il espère en Mai 1940, pourquoi ne le réitère-t-il pas en Juin 1940. Pourquoi ne fait-il pas abstraction de sa « pulsion courte » de domination (qui le pousse à briser la résistance de l’Angleterre à son désir paradoxal de paix à l’Ouest, donc implique pour lui de continuer à occuper la France) pour privilégier la « pulsion longue « (paix avantageuse à l’ouest pour avoir les mains libre en vue de l’expansion à l’est, seul objectif véritablement réalisable et profitable puisque l’Allemagne n’est pas une puissance maritime) ?

Je vous laisse le soin de la réponse, en votre qualité d’historien (ce que je ne suis évidemment pas), et je dois dire qu’elle m’intéresse grandement.

Pour ma part, ni historien, ni psychologue, simple observateur néophyte d’une époque, je suis parvenu à une curieuse constatation : à mesure que la « carrière » géopolitique de A.Hitler se poursuit et que le temps s’avance, de 1923 à 1945, on éprouve la curieuse impression que sa pensée géopolitique « s’ écrase » contre le mur du temps, qu’après avoir été une « pensée du long terme », elle devient une pensée du moyen, puis du très court terme, et pour finir tout simplement de l’expédient précipité, pensée obstinée et rigide. Il a paradoxalement – et fort heureusement perdu la partie alors qu’il avait très probablement en main des cartes d’une qualité inespérées dans l’histoire géopolitique de l’Allemagne, parce qu’à mesure qu’il gagnait l’espace, il perdait peu à peu le sens du temps (erreur que jamais dans leur histoire les dirigeants britanniques n’ont à ma connaissance commise).


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MessagePosté: Jeu Mai 01, 2008 8:13 am 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 10:49 am
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Bonjour,
Bienvenue Thomas.
Notre hote, probablement occupe comme a son habitude dans quelques archives poussiereuses mais passionnantes, ne va pas tarder a revenir et repondre a vos tres interessantes questions qui, pour un soi-disant "neophyte", temoignent d'une prpfonde reflexion sur le sujet.

_________________
Cordialement
Daniel
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MessagePosté: Jeu Mai 01, 2008 2:39 pm 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
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en l'occurrence il s'agit plutôt de farniente dans un coin perdu d'Andalousie !

etd'un ordinateurpourri qui peineà marquer lesespaces

mais votre message, que je viens delireattentivement,vam'accompagnerdanslesdunes


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MessagePosté: Dim Mai 04, 2008 8:50 am 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
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Je pense avoir déjà répondu en partie lorsque j'ai exposé (sur divers forums ;[ florilège ici -> http://www.delpla.org/article.php3?id_article=305]) une idée qui m'est venue en explorant la vie affective de Hitler et en prenant conscience (mieux que je ne l'avais fait en 1999 dans la biographie) que son lien à la « Providence » était quasi charnel (il s'incarnait d'ailleurs dans des personnes remarquables, et connues par ailleurs, qui surgissaient sur ses pas comme des visitations à des moments charnières, telles Winifred Wagner, Leni Riefenstahl, Diana Mitford et Stephanie von Hohenlohe).

Ainsi donc, lorsque le projet d'une victoire rapide contre la France, conçu dès le temps de {Mein Kampf} et soigneusement poli entre 1933 et 1940, se matérialise, un imprévu trouble le scénario : la présence de Winston Churchill à la tête du gouvernement britannique et la capacité qu'il démontre de maintenir son pays dans la guerre malgré la perte brutale de l'allié français. Voyons donc tout d'abord ce que fait le chef politique et militaire de l'Allemagne, avant de nous demander pourquoi et de juger s'il erre.

Jusqu'au 3 juillet, il semble vouloir étaler sa puissance : préparation d'un défilé monstre à Berlin et d'un festival triomphal à Bayreuth, démonstration de la validité du pacte germano-soviétique (notamment en ne réagissant pas aux empiétements staliniens dans les Etats baltes et en Roumanie, ce qui laisse apparaître crûment qu'ils sont concertés avec l'Allemagne), appesantissement sur la France occupée d'un joug contraignant mais non écrasant, sondages discrets de diplomates britanniques en Suède et en Suisse, manipulation en Espagne du duc de Windsor, menace non formulée mais évidente d'un débarquement dans les îles Britanniques -non seulement par assaut direct mais peut-être aussi en commençant par l'Eire-, traités de commerce avec la moitié de la planète... Tout semble ici mis en oeuvre pour amener la bourgeoisie anglaise à faire ses comptes, et à tirer un trait sur l'éphémère expérience gouvernementale churchillienne. Voilà revenu, plus souriant que jamais, le diable tentateur des années 30, qui ne jurait que par la paix, pourvu qu'on lui accordât d'infimes concessions...

Si nous sautons au discours finalement prononcé le 19 juillet dans le cadre d'un défilé de la victoire désormais incongru, voilà qu'apparaît une menace, parfaitement nouvelle, de destruction de l'empire britannique, en même temps que, dans la coulisse, Hitler retourne en quelques étapes les esprits de ses généraux vers l'URSS (entre le 13 et le 31 juillet, selon le journal de Halder qui permet de suivre la manœuvre avec précision). Que s'est-il passé ?

Une seule chose d'importance : la canonnade de Mers el-Kébir. Elle montre un Churchill stabilisé, qui a cessé de défendre désespérément son fauteuil contre le clan Halifax, comme l'avait montré au grand jour la presse suédoise dès le 19 juin en résumant le télégramme de Prytz ([cf. ->http://www.delpla.org/article.php3?id_article=102]), un Churchill qui a trouvé un biais pour enrôler sous sa bannière les halifaxiens eux-mêmes. Un Churchill plus hostile que jamais au nazisme, et ressenti comme tel par le fondateur de la secte, puisqu'il fait couler le sang aryen (qui circule, malgré tout, dans les veines françaises) à l'heure où seul le slave et le juif doivent encore être répandus.

On continuera donc d'essayer de le faire tomber... mais on n'est pas sûr du tout d'y arriver et, en attendant, il faut bien agir. La Providence ne serait-elle pas ici encore à l'œuvre ? Elle qui a tant favorisé les entreprises nazies, n'est-elle pas en train de les stimuler plus encore ? Car enfin, ce jeu pacifiste qu'on eût bien été obligé de reprendre en cas d'assagissement franco-britannique fin mai ou fin juin 40, aurait contrarié le programme : pas de prétexte, donc pas de Barbarossa un an plus tard, pas de génocide sinon en Pologne, par des épidémies dans les ghettos affamés (j'ai rompu à ce sujet des lances avec un contradicteur forumique : il s'est accroché désespérément à l'idée que Barbarossa aurait eu lieu à la même date, avant de battre en retraite devant la volatilisation de sa preuve principale, [cf.-> http://www.delpla.org/article.php3?id_article=305])... Grâce à Churchill, le remodelage biologique de l'humanité, et le rééquilibrage des puissances au profit d'une Allemagne reconnue maîtresse de l'Europe, peuvent connaître une accélération fantastique -et de toute manière il n'y a pas d'autre solution.

Alors, erreur ou pas ? Le taureau fonce-t-il bêtement sur la cape agitée par le matador du côté d'Oran ? Au lieu d'en profiter pour pousser la France vichyste, avec lenteur et mesure, vers un discours anti-anglais et d'y favoriser de timides simulacres d'imitation des institutions allemandes (de l'assemblée vichyssoise du 10 juillet au statut des Juifs du 18 octobre), ne serait-ce pas le moment d'une paix « généreuse » avec Pétain, laissant la France à ses errements démocratiques et propre à rassurer la City comme à mettre Churchill en porte-à-faux ? Telle est votre thèse, si je l'ai bien comprise. Telle est la limite, selon vous, de mes analyses sur la maîtrise stragégique du Führer, auxquelles vous rendez néanmoins un hommage appréciable -et apprécié.

Pour vous répondre, il faut se placer dans la tête de Churchill... et dans celle de Hitler, lorsqu'il se met à la place de son rival. Il détient la France en otage, comme mon livre sur Mandel va le montrer mieux encore. Il peut tout obtenir d'elle en cas de guerre longue, y compris la flotte, y compris des colonies, puisque l'armistice lui donne des moyens de pression illimités. Se défaire de cet otage en signe de bonne volonté, n'est-ce pas lâcher la proie pour l'ombre ? L'Angleterre ferait ses comptes, certes, mais <b>avec Churchill à sa tête</b>. Un Churchill qui présenterait cette paix à sa façon, tant dans ses propres discours qu'en actionnant les leviers propagandistes détenus par son ami Duff Cooper. Il aurait le choix entre deux thématiques : la couardise et la sournoiserie.

Soit il présenterait le traité comme un fruit de la lâcheté. Ah il est beau, ce cancre qui a su profiter momentanément d'une somnolence des surveillants pour assommer la France mais qui désormais tremble devant le réveil britannique et la perspective d'une réélection de Roosevelt (lui-même réveillé, suggérerait-il avec le respect pour l'oncle Sam dont il ne devait jamais, dans l'histoire réelle, se départir) ! Bref, heureusement que je suis là, Chamberlain aurait encore tout bradé pour un plat de lentilles (là encore, suggestion, patte de velours, Chamberlain est encore le numéro deux du régime, et son cancer non diagnostiqué), mais moi je vais savoir lui faire rendre gorge, à cette Allemagne qui ne sait que faire de sa victoire locale.

La variante de la sournoiserie n'est pas incompatible, et serait sans doute dominante : la paix, et puis quoi encore ? Le gangster croit-il que nous n'avons rien appris depuis Munich ? Démobilise-t-il son armée de terre ? Alors c'est pour faire des bateaux et défier les Anglo-Saxons dans l'Atlantique, en tirant le profit maximum de la perte de puissance et de prestige de la France. Garde-t-il sa population sous les armes et ses blindés en état de vrombissement ? Alors c'est qu'il compte submerger l'Europe de l'est et, si dégoûtés que nous soyons par Staline, l'intérêt vital britannique n'est pas que Bakou et l'Ukraine tombent dans l'escarcelle de l'Allemagne. Et, qui plus est, de cette Allemagne-là, insociable et infréquentable, qui nous ferait ensuite toutes sortes de misères sur la route des Indes.

Accessoirement, Churchill pourrait jouer, comme il saura si bien le faire dans l'histoire réelle en novembre-décembre 1940, sur le fait que l'Italie est en guerre et qu'elle a bel et bien, elle, l'Angleterre dans son collimateur, et elle seule, puisque la paix immédiate germano-française présuppose qu'on n'a pas donné à l'ogre mussolinien, ni à son copain Franco, la moindre miette du Maghreb (sans quoi de Gaulle aurait un boulevard pour déclarer non avenu, non seulement l'armistice, mais le traité de paix lui-même, et s'installer prestement dans ledit Maghreb : au fait, vous m'aviez posé une première petite question là-dessus et voilà la réponse : les seules offres de paix connues -par miracle !- faites à la France sont exposées à Dahlerus par Göring le 6 mai; http://www.delpla.org/article.php3?id_article=377 elles ne mentionnent que vaguement les colonies, en disant que l’Allemagne en veut, sans précision aucune, ce qui ne présage ni d’un grand appétit ni d’une grande insistance). [passage corrigé le 8/9/08] .

Conclusion provisoire : Hitler jusqu'ici a joué à coup sûr ou presque, en connaissant et en maîtrisant les facteurs décisifs. Il savait que par des divisions blindées on pouvait surprendre une France perplexe et amener à la paix une Angleterre dirigée par Chamberlain (elle l'est toujours, il est bon de le rappeler, à l'heure du déclenchement de l'offensive du 10 mai et si une crise gouvernementale fait rage, induite par la foudre que Hitler a déployée en Norvège, le favori des bookmakers se nomme Halifax). Churchill, c'est l'inconnu (qui peut dans un premier temps sembler providentiel : la paix à l'Ouest, que Hitler attend du KO de Sedan, ne sera que plus durable et complète si elle marque la déroute du patron des bellicistes). Seulement voilà, il parvient à s'accrocher au pouvoir tout en maintenant l'état de guerre. Hitler ne cessera de déplorer, pendant le reste de sa carrière terrestre, que ses interlocuteurs anglais des années 30 (de Lloyd George à Windsor en passant par Lansbury, Rothermere, Halifax et Mosley... ou ses cousines Mitford) lui aient tous dit que Churchill était un homme fini. Son surgissement est l'incarnation de la sournoiserie juive. Un tel ennemi va-t-il céder la place, ou être irrésistiblement déstabilisé, devant un simple traité de paix avec la France ? Rien n'est moins sûr, vu de Berlin en juillet 1940.

Et de mon bureau, aujourd'hui.


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MessagePosté: Dim Mai 04, 2008 12:10 pm 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 10:49 am
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Bonjour,

Thomas, notre hote a quelques soucis informatiques ces jours-ci et a publie sur son site vos echanges sur ce forum de crainte de tout perdre :
http://www.delpla.org/article.php3?id_article=331

Il souhaiterais savoir si cela ne vous derange pas.
Merci d'avance

_________________
Cordialement
Daniel
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MessagePosté: Mer Mai 07, 2008 9:53 am 
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Inscription: Dim Avr 27, 2008 7:12 pm
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Absolument pas, ce n'est pas un problème. Étant observé qu'il ne s'agit nullement d'une mise en cause de la thèse de F. Delpla (je ne suis pas personnellement historien), simplement une interrogation objective. La thèse de F. Delpla et mon interrogation personnelles sont tout à fait cohérentes avec la personnalité d'A.Hitler, ce mélange assez étrange et souvent paradoxal de vue géopolitiques rationnelles (dans une optique purement pangermaniste, bien sûr) et d'aberrations comportementales et psychologiques, mélange aussi de projets soigneusement planifiés et d'opportunisme capable de voltes-face surprenantes (et souvent déconcertantes).


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MessagePosté: Mer Mai 07, 2008 11:06 am 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
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Bonjour et bienvenue !


Il me semble que mes explications ci-dessus, stimulées par votre questionnement, sont de nature à montrer que Hitler n'est pas déconcertant ou plutôt ne devrait plus l'être, pour un observateur disposant de la totalité du film. Il s'est lancé dans une entreprise diablement difficile et il est le premier à le savoir : il a donc un besoin concret du diable ! Opportuniste certes, mais en fonction de postulats métaphysiques qui lui font faire des choix que rien ne peut remettre durablement en cause : ainsi celui de l'expansion vers l'est slave et judéo-bolchevique, même si, à un moment, l'ouest offre des béances tentatrices.

Que pensez-vous donc de ma réponse ?


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MessagePosté: Mer Mai 07, 2008 12:58 pm 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 10:49 am
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Bonjour,
Thomas a écrit:
mélange aussi de projets soigneusement planifiés et d'opportunisme capable de voltes-face surprenantes (et souvent déconcertantes).

Quand on analyse (Modestement, je ne suis qu'un historien du dimanche) les actions d'Hitler, surtout celles qui semblent etre deconcertantes, il faut toujours avoir en tete le fait qu'il est un manipulateur et un menteur de premiere classe.

Frequemment, il cherche a perturber ses adversaires, a les couvrir d'un rideau de fumee qui va, espere-t-il, les empecher de voir ou il veut exactement en venir. Et cela a souvent tres bien fonctionne.

Donc, quand on considere l'une de ses voltes-face surprenante, il faut immediatement se poser la question : Ou est l'arnaque ?

_________________
Cordialement
Daniel
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MessagePosté: Jeu Mai 08, 2008 1:44 pm 
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Inscription: Dim Avr 27, 2008 7:12 pm
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Localisation: Provence
Tout d’abord, je vous remercie de votre réponse.

Ma démarche ne visait pas exactement à critiquer votre thèse, mais à l’interroger : je pense personnellement qu’elle est exacte mais qu’en ce moment décisif (Mai 1940), on peut considérer que A. Hitler a atteint le sommet de son art manipulatoire géostratégique ; ensuite, sa mécanique » déréglée par le rétrécissement des champs du possible, il commettra de plus en plus d’erreurs (ceci étant, commettre des erreurs d’appréciation n’est pas à priori le signe d’une sous-capacité manipulatoire : en guerre ou en situation de crise, tous les dirigeants commettent des erreurs ; simplement, celui qui en commet le moins, et de moins graves, l’emporte finalement sur le long terme).

Je me permets de reprendre quelques points de votre texte (en gras italiques), et vous observerez que, n’étant pas historien (et n’en ayant aucune compétence), je me limite à des questions de prospective géostratégiques et géopolitiques (domaine qui me passionne) :

Au lieu d'en profiter pour pousser la France vichyste, avec lenteur et mesure, vers un discours anti-anglais et d'y favoriser de timides simulacres d'imitation des institutions allemandes (de l'assemblée vichyssoise du 10 juillet au statut des Juifs du 18 octobre), ne serait-ce pas le moment d'une paix « généreuse » avec Pétain, laissant la France à ses errements démocratiques et propre à rassurer la City comme à mettre Churchill en porte-à-faux ? Telle est votre thèse, si je l'ai bien comprise.

Pas exactement. Je pense que son erreur historique concernant la France a été précisément de ne pas tenter les deux en même temps : d’une part paix « généreuse » avec la France, et d’autre part soutien intérieur absolu au régime autoritaire et anti-républicain de Pétain et autres. Il avait une occasion absolument inespérée de liquider définitivement la République en France. Un exemple de ce qu’un Hitler au « top niveau » du cynisme et du sang-froid (et dans la perspective raisonnée de son programme) aurait pu faire : libération des prisonniers de guerre par étapes successives de manière à libérer la dernière « tranche » un peu avant le 11 Novembre 1940, en présentant ces libérations comme un effet du rapprochement franco-allemand et comme un « effet bénéfique » du régime de Pétain pour la France ; défilé franco-allemand à Paris, non au 14 juillet mais au 11 Novembre 1940, de façon à lancer dans la population française le mythe de la « paix dans l’honneur » entre anciens combattants de 14-18, relance du traité de garantie des frontières franco-allemandes, proposition de neutralisation Belge et néerlandaise avec garantie commune franco-allemande, assistance à la formation anti-terroriste de la police française, dont A.Hitler savait qu’elle n’était pas aimée de la population, etc…).




Pour vous répondre, il faut se placer dans la tête de Churchill... et dans celle de Hitler, lorsqu'il se met à la place de son rival. Il détient la France en otage, comme mon livre sur Mandel va le montrer mieux encore. Il peut tout obtenir d'elle en cas de guerre longue, y compris la flotte, y compris des colonies, puisque l'armistice lui donne des moyens de pression illimités. Se défaire de cet otage en signe de bonne volonté, n'est-ce pas lâcher la proie pour l'ombre ?


C’est à mon avis là aussi que se situe une autre de ses erreurs géopolitiques : c’est en accablant la France qu’il a lâché la proie pour l’ombre. Grisé par sa victoire (provisoire, comme l’Histoire l’a montré) sur la France, il n’a pas su discerner qu’à ce moment précis de l’histoire, il fallait, pour abattre définitivement le « danger » français en termes géostratégiques, suivre les axes suivants : 1/Détacher définitivement la population de l’idée républicaine pour l’amener vers un régime « cousin » du fascisme 2/Rassurer cette population sur son avenir de « confort » (elle n’attendait d’ailleurs que cela…) 3/ Ne rien prendre à la France pour éviter de donner prise aux velléités de revanche (et désarmer ainsi De Gaulle et la France Libre : qu’aurait-il eu à défendre ? La France non occupée, non morcelée, l’empire intact, la flotte intacte, les prisonniers libérés, la population non accablée. Seule manquait la République… Mais dans son immense majorité, la population française aurait volontiers bradé la République pour le confort et la fin des ennuis. Il ne faut jamais perdre de vue qu’en France, la République est un type de régime qui dure uniquement par inertie, parce qu’elle est le type de régime le plus confortable-équilibré (en harmonie avec les rythmes psychologiques de cette population relativement instable). A cette époque, qu’un autre confort durable vienne à se présenter sous un jour plus favorable (par exemple un confort d’abandon), et la République en tant que régime peut compter ses jours. Ma vision de la France de 1940 est certes pessimiste (et un brin cynique), mais je la crois hélas assez réaliste.


L'Angleterre ferait ses comptes, certes, mais avec Churchill à sa tête. Un Churchill qui présenterait cette paix à sa façon, tant dans ses propres discours qu'en actionnant les leviers propagandistes détenus par son ami Duff Cooper. Il aurait le choix entre deux thématiques : la couardise et la sournoiserie.
Soit il présenterait le traité comme un fruit de la lâcheté. (…)
(…)
La variante de la sournoiserie n'est pas incompatible, et serait sans doute dominante : la paix, et puis quoi encore ? Le gangster croit-il que nous n'avons rien appris depuis Munich ? Démobilise-t-il son armée de terre ? Alors c'est pour faire des bateaux et défier les Anglo-Saxons dans l'Atlantique, en tirant le profit maximum de la perte de puissance et de prestige de la France. Garde-t-il sa population sous les armes et ses blindés en état de vrombissement ? Alors c'est qu'il compte submerger l'Europe de l'est et, si dégoûtés que nous soyons par Staline, l'intérêt vital britannique n'est pas que Bakou et l'Ukraine tombent dans l'escarcelle de l'Allemagne. Et, qui plus est, de cette Allemagne-là, insociable et infréquentable, qui nous ferait ensuite toutes sortes de misères sur la route des Indes.


Erreur de sa part, encore : s’il avait étudié attentivement l’histoire anglaise, il aurait compris que plus ce pays se sent en danger, moins il cède de terrain ; c’est là une constante de l’histoire britannique. Les anglais ne sont fair-play que lorsqu’ils ont tout à fait gagné ou tout à fait perdu ; entre les deux, ils sont d’impitoyables adversaires qui usent de tous les moyens disponibles et les pousser à bout n’est jamais la bonne option à moins qu’on ne veuille absolument les détruire, ce qui, j’en suis persuadé comme vous, n’était pas dans les intentions initiales de A. Hitler.
Je reste convaincu qu’outre un traité de paix franco-allemand + une offre sérieuse de limitations navales et une évacuation de la Belgique, des Pays-Bas, une neutralisation/partage du minerai suédois auraient pu priver le gouvernement de Churchill de tout but de guerre. Sans doute ne serait-il pas tombé, mais, en l’absence de menées offensives allemandes contre l’Angleterre, il aurait au moins été conduit vers une « guerre molle », et probablement à s’enliser dans une seconde « drôle de guerre » de moins en moins comprise par la population et l’establishment (guerre d’ailleurs coûteuse et fort nuisible aux affaires, et La City n’aurait pas tardé à grogner et à manifester son mécontentement).

Quant à la menace sur l’Empire britannique, les anglais devaient bien savoir que le plus grand danger ne provenait pas de l’Allemagne. La question Italienne en Méditerranée aurait été effectivement plus délicate, mais je suis persuadé que A.Hitler aurait pu, toujours au « top niveau » lucide du cynisme géopolitique, jouer sur un « socle de solidarité continentale » : l’expansion navale italienne était effectivement un (relatif) danger (disons plutôt « ennui ») pour l’Angleterre en Méditerranée, mais de ce fait même, les chances de rapprochement anglo-italien étaient minces. Dès lors, A. Hitler aurait pu se permettre de mécontenter provisoirement son « ami » italien en le laissant s’arranger tout simplement en tête à tête avec les français sur les questions coloniales, sans exercer de pression (voire même en retournant la politesse à Mussolini et en jouant les médiateurs de « bons office » pour une sorte de « Munich méditerranéen »). Quant à l’Espagne, à supposer A.Hitler exerçant ce genre de politique « mesurée » et lucide sur le long terme, son entrée en guerre n’était absolument pas nécessaire, et même contre productive (puisque profilant une menace sur Gribaltar, donc de nature à raidir encore un peu plus la GB).


(…) Vous m'aviez posé une première petite question là-dessus et voilà la réponse : les seules offres de paix connues -par miracle !- faites à la France sont exposées à Dahlerus par Göring le 6 mai; elles ne prévoient d'autre cession de terre française que celle du bassin de Briey et ne mentionnent pas les colonies).

Autre erreur allemande (probablement due à l’orgueil, dont il faut se méfier comme de la peste en diplomatie). Il fallait au contraire publier des offres précises et très alléchantes, au grand jour. Soit elles étaient finalement acceptées (et le plan pouvait se poursuivre), soit elles étaient refusées (et dans ce cas, le refus aurait exposé au grand jour l’ingratitude anglaise à laisser la France signer une paix séparée généreuse, élément largement utilisable par la propagande pour favoriser dès ce moment l’anglophobie en France).



Conclusion provisoire : Hitler jusqu'ici a joué à coup sûr ou presque, en connaissant et en maîtrisant les facteurs décisifs. Il savait que par des divisions blindées on pouvait surprendre une France perplexe et amener à la paix une Angleterre dirigée par Chamberlain (elle l'est toujours, il est bon de le rappeler, à l'heure du déclenchement de l'offensive du 10 mai et si une crise gouvernementale fait rage, induite par la foudre que Hitler a déployée en Norvège, le favori des bookmakers se nomme Halifax). Churchill, c'est l'inconnu (qui peut dans un premier temps sembler providentiel : la paix à l'Ouest, que Hitler attend du KO de Sedan, ne sera que plus durable et complète si elle marque la déroute du patron des bellicistes). Seulement voilà, il parvient à s'accrocher au pouvoir tout en maintenant l'état de guerre. Hitler ne cessera de déplorer, pendant le reste de sa carrière terrestre, que ses interlocuteurs anglais des années 30 (de Lloyd George à Windsor en passant par Lansbury, Rothermere, Halifax et Mosley... ou ses cousines Mitford) lui aient tous dit que Churchill était un homme fini. Son surgissement est l'incarnation de la sournoiserie juive. Un tel ennemi va-t-il céder la place, ou être irrésistiblement déstabilisé, devant un simple traité de paix avec la France ? Rien n'est moins sûr, vu de Berlin en juillet 1940.

Autre erreur d’appréciation allemande sur les institutions et la psychologie britanniques, où ce qui est nécessaire constitue toujours la mesure de l’action (principe d’économie). Churchill et sa politique n’ont été soutenus qu’aussi longtemps qu’ils étaient jugés nécessaires. Il est exact que les propositions que j’avance n’auraient probablement pas conduit Churchill à céder à titre personnel, mais elles auraient considérablement affaibli sa position sur le long terme, l’Angleterre ne livrant que les guerre strictement nécessaires (et cette seconde « drôle de guerre » née de l’entêtement de Churchill aurait, en l’absence de danger réel pour la GB, lassé le pays sur le long terme).
A.Hitler avait le temps pour lui à ce moment : aucun blocus du pays n’était possible (livraisons russes « loyales » + rapprochement franco-allemand = fournitures assurées), et il pouvait tranquillement attendre, assis sur le traité de non agression avec l’Urss et le traité de paix avec la France, pour reprendre ensuite ses manipulations au moment le plus opportun pour l’Allemagne.


Ceci étant, il est facile de refaire l’histoire. Mais ô combien passionnant…


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MessagePosté: Jeu Mai 08, 2008 4:06 pm 
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Bonjour,
Tres interessantes hypotheses, Thomas, et j'ai hate de voir ce que notre hote va en dire.

Cependant, il me semble qu'il y a des parametres dont vous ne tenez suffisamment pas compte dans votre analyse de l'attitude d'Hitler vis a vis de la France.

Tout d'abord, il n'a strictement aucun interet sur le plan economique s'en faire une "alliee". Il tiens l'economie francaise a sa botte et peut piller comme il le souhaite, pas besoin de traite de paix pour assurer ses fournitures a ce niveau.

D'autre part, il ne veux pas d'une France alliee de l'Allemagne. Il veut une France humiliee, rabaissee et impuissante politiquement et militairement. Peut-etre pas des Francais esclaves comme il le prevoit pour les Slaves, mais en servage.

Il n'a strictement aucune confiance en la France et est persuade que ces sales francais, ennemi hereditaire des Germains, ne raterons pas l'occasion de remilitariser et d'attaquer l'Allemagne si on leur en donne la chance. Charles de Gaulle montrera d'ailleurs qu'il avait parfaitement raison a ce niveau...

Donc vos hypotheses, si elles paraissent "tentantes" a un esprit logique et sain, ce que vous me semblez avoir tout a fait, ne collent pas avec la politique hitlerienne.

Depuis plus de 15 ans, pas a pas, (Et esperons que cela dure encore longtemps) notre hote nous montre que Hitler n'a jamais laisse a Vichy la moindre marge de manoeuvre malgre la bonne volonte affichee et active de Petain.

C'etait delibere, calcule, d'ailleurs prevu dans Mein Kampf et je suis persuade que les hypotheses que vous avancez ont ete etudiees a la Chancellerie du Reich et rejetees.

Les manipulations geostrategiques d'Hitler sont certe impressionantes mais elles ont leurs limites : Hitler etait nazi...

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Cordialement
Daniel
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MessagePosté: Jeu Mai 08, 2008 6:02 pm 
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Les manipulations geostrategiques d'Hitler sont certe impressionantes mais elles ont leurs limites : Hitler etait nazi...


Oui, c’est tout à fait exact, et je mesure les limites de cette prospective. Fort heureusement, cette brutalité-folie « conceptuelle » qui avait d’abord fait sa force a ensuite causé sa perte et celle de son régime pervers en l’aveuglant.

Au fond, ce que n’a jamais compris A.Hitler, car il était effectivement nazi, donc déséquilibré mental (ou inversement, si l’on préfère), c’est que la condition indispensable à une Allemagne durablement « très grande puissance » avec centre de gravité en Europe de l’Est était à l’Ouest l’existence d’une France intacte, heureuse et prospère, avec flotte importante et empire colonial, régime autoritaire et non républicain, si possible anglophobe. Bref, la grandeur de l’Allemagne passait par une alliance solide et durable continentale avec Paris, donc par une destruction de la République sans rien amoindrir de la France en elle-même (personnellement –il m’arrive de me prendre pour Bismarck ! :twisted: – et afin de la brouiller un peu plus avec l’Angleterre, je lui aurais même offert la Wallonie francophone dans la corbeille de mariage sans rien prendre pour moi à l’Ouest…)


Si A. Hitler n’avait pas connu ses délires, c'est-à-dire s’il avait été un « pangermaniste classique » (à la manière d’un Bismarck, si l’on peut dire), il aurait pu raisonner à froid et agir ainsi, ce qui aurait été la voie « logique » d’une marche vers le statut de très grande puissance avec conquête d’un espace vital raisonné, « utile ») :

1- Écrasement de la Pologne en 1939, guerre courte à l’Ouest avec victoire en 1940
2- Paix « généreuse » avec la France telle qu’exposée, en fin 1940
3- Épuisement de la seconde drôle de guerre anglaise (vers 1941, probablement) et paix avec l’Angleterre.
4- Période de préparation et de « maturation » 1941-42, mainmise économique sur les Balkans résultant de la paix à l’Ouest (sans invasion de force ouverte, ceci n’étant de toute évidence nullement nécessaire car les régimes balkaniques n’étaient pas à priori défavorables à l’Allemagne, y compris en Yougoslavie, et la menace soviétique était suffisante pour les inciter à un partenariat économique quasi-exclusif avec l’Allemagne).
5- Reprise de l’extension à l’Est en 1942 (soit par agression directe sous couvert d’une croisade européenne antibolchévique, soit par pressions sur l’Ukraine, comme l’indique F. Delpla), avec obtention des objectifs vers 1943.
6- Nouvelle période de maturation et de « digestion » des acquis (1943-1948/50 ?). En cas de pressions japonaises en extrême-orient, prendre rapidement ses distances avec le Japon et appuyer systématiquement l’Angleterre si menacée dans son empire. L’alliance japonaise n’était absolument pas nécessaire à l’Allemagne et, l’expérience l’a clairement confirmé, elle ne pouvait que lui attirer des ennuis et contrecarrer ses intérêts vitaux (opposition sans aucun profit avec l’Angleterre et avec les USA, en échange d’une très hypothétique prise à revers de l’URSS). A mon sens, il aurait dû être clair pour un dirigeant de cette époque de voir que le Japon, incapable de venir à bout de l’immensité chinoise, ne pouvait réellement être très utile contre l’URSS : les alliances de revers, dans l’Histoire, relèvent presque toujours du fantasme et fonctionnent rarement comme il était prévu.

Ainsi, l’Allemagne se trouvait :

1 - Assurée d’un partage non conflictuel du minerai suédois
2 - Assurée des fournitures agricoles françaises (merveilleux débouché pour les surplus français) et ukrainiennes + plaine danubienne
3 - Assurée des Balkans (Pétrole Roumain, minerais stratégiques)
4- Assurée d’une non animosité anglaise
5- Durablement à l’abri des « foudres » des USA, elle pouvait attendre sereinement les débuts de la « guerre froide » idéologique entre capitalisme et communisme : elle en aurait été, probablement alliée avec les USA, le bras armé. Quant on considère le nombre de dictatures anti-communistes qui ont été soutenues par les USA dans les années 1950-60, l’on se dit que des dirigeants pangermanistes cyniques, lucides et intelligents auraient pu faire de leur Allemagne une très grande puissance continentale à peu de frais.

Ceci observé, je préfère l'Allemagne jeune et démocratique, telle que nous la connaissons, et telle qu'elle aurait pu être si en 1848... Mais ceci est une autre histoire ! 8)


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MessagePosté: Jeu Mai 08, 2008 6:20 pm 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 10:49 am
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Bonsoir,
Je laisse le soin a Francois de vous repondre sur l'ensemble et me contenterais d'un petite remarque :
Thomas a écrit:
A.Hitler, car il était effectivement nazi, donc déséquilibré mental (ou inversement, si l’on préfère)

Je ne suis par sur que l'on puisse veritablement le classifier comme desiquilibre mental.
Un veritable malade mental n'aurait pas pu remporter les sinistres succes que nous connaissons.

Il avait certes une obsession nevrotique envers les Juifs, mais j'en ai personellement une violente envers les cafards, suite a une agression de cafards volants dans l'un de mes pays tropicaux d'expatriation. Donc souffrir d'une nevrose anti-sales betes diverses et variees n'est pas, a mon sens, signe de debilite mentale profonde.

Au cas ou, notez bien que je ne compare pas mes amis Juifs a des cafards... Je fais juste des paralleleles nevrotiques.
:D

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Cordialement
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MessagePosté: Lun Mai 12, 2008 11:00 pm 
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Thomas a écrit:

1- Écrasement de la Pologne en 1939, guerre courte à l’Ouest avec victoire en 1940
2- Paix « généreuse » avec la France telle qu’exposée, en fin 1940
3- Épuisement de la seconde drôle de guerre anglaise (vers 1941, probablement) et paix avec l’Angleterre.


c'est là qu'à mon avis ça coince, comme je vous l'ai dit, en raison du fait qu'un Churchill demeuré au pouvoir ridiculise un Hitler qui ne l'attaque pas et n'attaque personne.

Quant à la paix avec la France, c'est en juillet ou jamais ! Sinon de Gaulle se renforce trop, dans le sillage de Churchill, et occupe un maximum de colonies. Et plus de Gaulle est fort, moins Pétain, surveillé par l'opinion française, peut s'entendre avec le Reich et moins il a a lui offrir.

Donc je ne suis pas convaincu du tout que Hitler ait plusieurs possibilités après la chute de la France, et agisse par aveuglement idéologique en jouant tout sur le théâtre russe. C'est bien Churchill le grain de sable, ou l'astéroïde qui dévie fatalement la fusée parfaitement programmée, mais sans trajectoire de rechange.


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MessagePosté: Mar Mai 13, 2008 7:13 pm 
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c'est là qu'à mon avis ça coince, comme je vous l'ai dit, en raison du fait qu'un Churchill demeuré au pouvoir ridiculise un Hitler qui ne l'attaque pas et n'attaque personne.


Effectivement, si l’on considère la personnalité d’A. Hitler, cet élément est important, et même essentiel. Mais ma petite « prospective » (audacieuse, je l’admets) suppose une personnalité équilibrée de dirigeant apte à intégrer un grand nombre de paramètres à long terme. Or, à ce moment de l’Histoire, les peuples ne sont pas encore au stade des grands sacrifices qui vont se profiler ensuite. Qu’un dirigeant allemand accepte de courir à court terme le « ridicule » que vous évoquez (et A.Hitler devait effectivement y être plus sensible que tout autre, de par sa personnalité très intuitive), n’attaque plus nulle part, propose la paix et la fasse définitivement (avec la France) dans des conditions avantageuses (ignorant en fait l’Angleterre « belliqueuse » puisqu’elle refuse sa main tendue), et je suis persuadé qu’ensuite la balance se serait inversée et que les « fauteurs de troubles » auraient été rapidement désignés par les opinions désireuses de paix (y compris en GB): tout simplement (et paradoxalement) De Gaulle et Churchill.
N’oubliez pas en effet l’immense méfiance qu’avait Roosevelt pour De Gaulle et le crédit initial très important du gouvernement de Pétain aux USA. Qu’aurait pu faire au juste Churchill devant une paix franco-allemande très avantageuse pour la France et un gouvernement américain pro-pétain ? N’aurait-ce pas été lui, à terme, qui aurait fini par être (toujours paradoxalement) considéré comme un danger pour la paix en Europe ?

Quant à la paix avec la France, c'est en juillet ou jamais ! Sinon de Gaulle se renforce trop, dans le sillage de Churchill, et occupe un maximum de colonies. Et plus de Gaulle est fort, moins Pétain, surveillé par l'opinion française, peut s'entendre avec le Reich et moins il a a lui offrir.

Tout à faut d’accord avec vous, je rejoints votre analyse : la paix, c’est en Juillet ou jamais. Mais une fois cette paix avantageuse franco-allemande conclue, même si la GB était restée en guerre, à quoi servait De Gaulle aux yeux de l’opinion ? France non occupée, flotte intacte, crédit du gouvernement Pétain aux yeux des USA, retour des prisonniers, paix définitive avec non annexion de l’Alsace-Lorraine, etc. Il n’aurait pu être tout au plus qu’une sorte de « champion » de la République… Or, il est à peu près inconnu en France, et l’on ne peut pas véritablement dire qu’il ait une très grande réputation de républicain aux yeux du gouvernement américain.

Par ailleurs, une France amicale et quasi partenaire reste un atout énorme pour l’Allemagne (même sans ses colonies, dont la privation peut d’ailleurs constituer un excellent argument de propagande anglophobe) : elle est un réservoir agricole extraordinaire pour des livraisons contractuelles. Par ailleurs, une sorte de « guerre civile larvée » (métropole pétainiste contre certaines colonies gaullistes –et à mon avis très minoritaires) n’est pas du tout gênante pour l’Allemagne : elle nourrit l’anglophobie en métropole et peut amener le gouvernement de Pétain à une attitude très conciliante envers l’Italie sur les questions coloniales). Quant à la surveillance de Pétain par l’opinion française, je gage que le retour rapide des prisonniers et l’ensemble des conditions de paix favorable auraient été mises à son crédit, la propagande n’aurait eu aucun mal à lui ériger un véritable culte.


C’est précisément parce que votre thèse m’intéresse et que je la juge tout à fait raisonnable et très plausible que je reste en même temps sur ma conviction personnelle concernant A. Hitler : après avoir eu une intuition géopolitique et géostratégique de premier ordre, après avoir littéralement senti par intuition quel devait être le destin de l’Allemagne (je parle de son destin géopolitique = centre de gravité vers l’Est et non vers l’Ouest) ses limites intellectuelles (et disons-le, aussi ses obsessions névrotiques de déséquilibré) ne lui ont pas permis d’entrevoir tout le parti qu’un véritable géostratège pangermaniste raisonnant froidement et lucidement aurait pu tirer de la situation. Mais il reste vrai qu’un géostratège « classique » n’aurait probablement pas tenté l’aventure du tout, et en cela ma conviction relève effectivement davantage de la prospective que de l’Histoire. N’importe, ces questions de géopolitique et de « What if .. ? » restent passionnantes.


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MessagePosté: Mer Mai 14, 2008 7:56 am 
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Thomas a écrit:
c'est là qu'à mon avis ça coince, comme je vous l'ai dit, en raison du fait qu'un Churchill demeuré au pouvoir ridiculise un Hitler qui ne l'attaque pas et n'attaque personne.


Effectivement, si l’on considère la personnalité d’A. Hitler, cet élément est important, et même essentiel. Mais ma petite « prospective » (audacieuse, je l’admets) suppose une personnalité équilibrée de dirigeant apte à intégrer un grand nombre de paramètres à long terme. Or, à ce moment de l’Histoire, les peuples ne sont pas encore au stade des grands sacrifices qui vont se profiler ensuite. Qu’un dirigeant allemand accepte de courir à court terme le « ridicule » que vous évoquez (et A.Hitler devait effectivement y être plus sensible que tout autre, de par sa personnalité très intuitive), n’attaque plus nulle part, propose la paix et la fasse définitivement (avec la France) dans des conditions avantageuses (ignorant en fait l’Angleterre « belliqueuse » puisqu’elle refuse sa main tendue), et je suis persuadé qu’ensuite la balance se serait inversée et que les « fauteurs de troubles » auraient été rapidement désignés par les opinions désireuses de paix (y compris en GB): tout simplement (et paradoxalement) De Gaulle et Churchill.
N’oubliez pas en effet l’immense méfiance qu’avait Roosevelt pour De Gaulle et le crédit initial très important du gouvernement de Pétain aux USA. Qu’aurait pu faire au juste Churchill devant une paix franco-allemande très avantageuse pour la France et un gouvernement américain pro-pétain ? N’aurait-ce pas été lui, à terme, qui aurait fini par être (toujours paradoxalement) considéré comme un danger pour la paix en Europe ?

Quant à la paix avec la France, c'est en juillet ou jamais ! Sinon de Gaulle se renforce trop, dans le sillage de Churchill, et occupe un maximum de colonies. Et plus de Gaulle est fort, moins Pétain, surveillé par l'opinion française, peut s'entendre avec le Reich et moins il a a lui offrir.

Tout à faut d’accord avec vous, je rejoints votre analyse : la paix, c’est en Juillet ou jamais. Mais une fois cette paix avantageuse franco-allemande conclue, même si la GB était restée en guerre, à quoi servait De Gaulle aux yeux de l’opinion ? France non occupée, flotte intacte, crédit du gouvernement Pétain aux yeux des USA, retour des prisonniers, paix définitive avec non annexion de l’Alsace-Lorraine, etc. Il n’aurait pu être tout au plus qu’une sorte de « champion » de la République… Or, il est à peu près inconnu en France, et l’on ne peut pas véritablement dire qu’il ait une très grande réputation de républicain aux yeux du gouvernement américain.

Par ailleurs, une France amicale et quasi partenaire reste un atout énorme pour l’Allemagne (même sans ses colonies, dont la privation peut d’ailleurs constituer un excellent argument de propagande anglophobe) : elle est un réservoir agricole extraordinaire pour des livraisons contractuelles. Par ailleurs, une sorte de « guerre civile larvée » (métropole pétainiste contre certaines colonies gaullistes –et à mon avis très minoritaires) n’est pas du tout gênante pour l’Allemagne : elle nourrit l’anglophobie en métropole et peut amener le gouvernement de Pétain à une attitude très conciliante envers l’Italie sur les questions coloniales). Quant à la surveillance de Pétain par l’opinion française, je gage que le retour rapide des prisonniers et l’ensemble des conditions de paix favorable auraient été mises à son crédit, la propagande n’aurait eu aucun mal à lui ériger un véritable culte.


C’est précisément parce que votre thèse m’intéresse et que je la juge tout à fait raisonnable et très plausible que je reste en même temps sur ma conviction personnelle concernant A. Hitler : après avoir eu une intuition géopolitique et géostratégique de premier ordre, après avoir littéralement senti par intuition quel devait être le destin de l’Allemagne (je parle de son destin géopolitique = centre de gravité vers l’Est et non vers l’Ouest) ses limites intellectuelles (et disons-le, aussi ses obsessions névrotiques de déséquilibré) ne lui ont pas permis d’entrevoir tout le parti qu’un véritable géostratège pangermaniste raisonnant froidement et lucidement aurait pu tirer de la situation. Mais il reste vrai qu’un géostratège « classique » n’aurait probablement pas tenté l’aventure du tout, et en cela ma conviction relève effectivement davantage de la prospective que de l’Histoire. N’importe, ces questions de géopolitique et de « What if .. ? » restent passionnantes.



« un géostratège « classique » n’aurait probablement pas tenté l’aventure du tout » : c’est bien le fond de l’affaire.

Les fonctionnalistes de toutes nuances peuvent combiner à leur guise les frustrations des masses allemandes, le difficile chemin de Weimar vers la démocratie, les rêves de la caste militaire prussienne, les dents longues de Gustav Krupp et les effets lointains du luthéranisme... Il reste que sans la folie très particulière, et l’habileté inouïe (et, surtout, inaperçue) d’un wagnérolâtre passé par la moulinette des tranchées, le déclenchement d’une nouvelle grande guerre par le vaincu après deux décennies, et six ans et demi d’une gesticulation observée par les vainqueurs avec une goguenardise insuffisamment inquiète, eût été parfaitement INCONCEVABLE.

Si une poignée de fanatiques très capables, animée par lui, n’avait pas fait monter la pâte avec une levure de composition inconnue, le pays aurait été dirigé par des politiciens comme Stresemann ou Schleicher, plus ou moins sincèrement pacifistes, divisés entre eux et traçant comme des bœufs de labour de modestes sillons. L’Anschluss aurait mis dix ans, la récupération de Danzig dix de plus et la guerre n’aurait pu éventuellement jaillir qu’après une belle et bonne alliance, laborieusement bâtie, avec la Russie ou l’Angleterre. Mais pendant ce temps la SDN se serait remise vaille que vaille du faux pas mandchou et il aurait fallu compter avec elle (on peut trouver un pont de comparaison dans le rôle négatif mais majeur du conseil de sécurité refusant un blanc-seing pour la guerre d’Irak en 2003), Mussolini n’aurait jamais osé envahir l’Ethiopie sans la caution de Berlin, le Japon n’aurait pas été aussi aventuriste en Chine, etc.

Du moins votre point de vue de géopoliticien sur ces matières m’intéresse !


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