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 Sujet du message: Von Papen
MessagePosté: Ven Sep 07, 2007 3:04 pm 
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Inscription: Ven Sep 07, 2007 2:17 pm
Messages: 1
Bonjour,

Je m'intéresse à l'histoire de l'Allemagne. J'ai lu quelques livres au sujet du nazisme.
Je suis surpris du peu d’importance accordée au rôle de Von Papen dans la prise du pouvoir de Hitler.
Il est catholique conservateur proche du Vatican. Il reste dans les cercles du pouvoir alors que des personnages de son entourage sont assassinés lors de la nuit des longs couteaux. Il a été plusieurs fois ambassadeur.

Ses responsabilités me semblent importantes.

Cordialement

Pierre


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MessagePosté: Lun Sep 10, 2007 4:53 pm 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
Messages: 6776
Bonjour et bienvenue
merci d'indiquer votre nom complet

Reprenons ce que dit l'article du site à propos du rôle de Franz von Papen dans la prise du pouvoir :



Brochant sur les querelles des partis, celles des personnes vont devenir déterminantes. Pour succéder à Brüning, Schleicher croit bon de promouvoir Franz von Papen, un autre député centriste, plutôt insignifiant, dont l’amitié de longue date avec Hindenburg devrait faciliter les choses. L’heure semble décidément venue d’un règlement de comptes avec la gauche. C’est le sens de la nouvelle dissolution. Papen, lui, est hostile à la république, bien plus nettement que Brüning, et son « cabinet de barons » espère trouver une majorité de droite, où les monarchistes prédomineraient. Las, c’est encore aux nazis que l’opération profite. Il faut en effet noter qu’avant la prise du pouvoir ils ne mordent quasiment pas sur l’électorat de gauche, ni même sur celui du Centre catholique, mais sur d’autres partis plus à droite, dont le DNVP de Hugenberg, plusieurs fois laminé.

Vient alors pour Hitler le temps de l’épreuve de force avec Hindenburg. Celui-ci, obligé de le rencontrer à plusieurs reprises, lui témoigne une froideur ostensible. Encore un handicap que Hitler transforme en aubaine : on croit que du vivant du maréchal il n’a aucune chance d’être nommé chancelier et il en paraît moins dangereux. Il s’offre même le luxe de refuser la vice-chancellerie et les portefeuilles que lui offre le président après son triomphe législatif et cela, apparemment, lui coûte cher : une nouvelle dissolution, à l’automne, lui vaut son premier recul électoral (de 37 à 34%) et d’innombrables observateurs à travers le monde exultent, aussi prompts à prolonger cette courbe vers le bas qu’ils avaient été lents à prévoir les ascensions précédentes. Le parti nazi est abandonné par des opportunistes, ses finances sont réputées au plus mal... sans qu’on s’aperçoive suffisamment que c’est lui-même, bien souvent, qui étale sa pauvreté et ses divisions. Parmi celles-ci, une menace de dissidence de Strasser, qui apparaît assez grave... et, à Schleicher, assez intéressante. Il convainc Hindenburg qu’il possède une solution-miracle et se fait nommer à la place de Papen, empêchant celui-ci de tirer profit de la relative défaite des nazis... mais lui rendant, du même coup, une liberté dangereuse.

La recette de Schleicher consiste à s’entendre et avec Strasser, et avec les syndicats (sans doute aussi espère-t-il la neutralité bienveillante des socialistes) pour rompre quelque peu avec la politique libérale et distribuer des miettes aux travailleurs. Pendant ce temps, le parti nazi est censé s’effondrer comme un soufflé. Le patronat apprécie d’autant moins ce coup de barre à gauche que le parti communiste, lors des élections de novembre, a progressé de 14,6 à 16,9 % et franchi pour la première fois la barre symbolique des cent députés.

Le dernier round est proprement fulgurant : le 8 décembre, Strasser démissionne de toutes ses fonctions dans le parti nazi, ce qui rend celui-ci plus sympathique aux milieux d’affaires, comme s’il avait enfin maîtrisé sa prétendue aile gauche ; mais le vaincu n’ose entrer en dissidence et, écoeuré, abandonne la politique. Le 4 janvier, l’un des rares banquiers nazis, Schröder, organise une rencontre entre Hitler et Papen. Ils tombent d’accord pour gouverner ensemble... mais chacun réclame le poste de chancelier. De nouvelles rencontres ont lieu au domicile d’un autre homme d’affaires nazi, Joachim von Ribbentrop, auxquelles participe également Göring. Nous n’avons pas encore présenté ce célèbre aviateur de la guerre précédente, chef des SA au moment du putsch de 1923, bourgeois d’origine et de manières, qui s’emploie à introduire le nazisme dans les milieux d’affaires où il est, en quelque sorte, l’anti-Strasser. L’année précédente, il avait présenté Hitler au grand technicien financier Hjalmar Schacht et ce dernier, depuis, faisait campagne pour lui.

Le mois ne s’achève pas sans que soit consommée, le 30 janvier, la lune de miel entre nazis et conservateurs, par la constitution d’un gouvernement Hitler, Schleicher ayant rendu le tablier deux jours plus tôt après avoir vu tous les appuis se dérober. Le fils de Hindenburg a été associé aux dernières discussions et il finit par convaincre son père que, dans un gouvernement Hitler où ils n’auront que deux portefeuilles, les nazis seront solidement tenus en bride par la droite classique, qu’il s’agisse de Papen, vice-chancelier, ou de l’inévitable Hugenberg, titulaire de deux portefeuilles à lui tout seul, le plus sot et le plus ridicule des marchepieds inconscients. Mais que ceux-ci sont donc nombreux !


Je ne pense pas du tout que Papen ait prévu ce qui allait se passer, bien au contraire. Cela dit, je pense qu'il y a encore à écrire et à trouver sur ce personnage qui, lorsqu'il reste vice-chancelier après l'incendie du Reischstag ou lorsqu'il accepte ses ambassades de Vienne et d'Ankara, ressemble assez à un Pétain ou à un Laval sous l'Occupation : comme eux il se croit utile car il pense freiner ou canaliser la violence nazie.

Je vous signale, sur le site, une divergence entre Kershaw et moi-même à propos de ce personnage :

http://www.delpla.org/article.php3?id_article=155


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 Sujet du message: Re: Von Papen
MessagePosté: Ven Avr 03, 2015 5:42 am 
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Inscription: Ven Avr 03, 2015 5:34 am
Messages: 1
Mais c'est à se demander si vous l'avez lu : il ne dit pas du tout que pour le FBI Hitler a survécu à la guerre, mais que pour cet organisme son décès est resté douteux au moins jusqu'en 1956, date à laquelle il a cessé de vérifier avec le plus grand soin les bruits qui faisaient état de sa présence ici ou là.

_________________
solitaire-champ


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 Sujet du message: Re: Von Papen
MessagePosté: Ven Avr 03, 2015 6:08 am 
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Administrateur - Site Admin

Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
Messages: 6776
pas d'affolement : il s'agit d'un parasite qui me fait une à deux inscriptions par semaine avec un nom crypté et poste n'importe quoi n'importe où.
Par rapport au zénith de l'intelligence on est assez loin du compte, mais par rapport aux pubs pour le Viagra ou les sites de rencontre c'est l'étage au-dessus !


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