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MessagePosté: Dim Fév 03, 2013 9:43 am 
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Inscription: Mar Sep 23, 2008 12:11 pm
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Je t'assure, Delpla, que tu as écrit ceci :
Citation:
Alain Michel serait bien inspiré d'employer un ton moins arrogant.

Et que tu ne l'as pas retiré.
Relis la page 1 de ce fil.


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MessagePosté: Dim Fév 03, 2013 10:40 am 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
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Dont acte : je n'avais pas encore écrit dans ce fil qu'"arrogance" était inspiré par ta version tronquée.

Cela s'était passé par MP.

Quant au fait que ma réponse sur le blog d'Alain Michel (qui allait dans le même sens) soit encore à cette heure invisible, il ne te fait visiblement ni chaud ni froid.


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MessagePosté: Dim Fév 03, 2013 12:36 pm 
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Inscription: Mar Sep 23, 2008 12:11 pm
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Oui, je crois que dans toute cette affaire tu te prends les pieds dans le tapis.
Je ne suis pour rien dans tes relations personnelles ou impersonnelles avec Alain Michel.
Je n'ai d'ailleurs avec lui aucun rapport personnel. J'apprécie chez lui une rigueur dans la pratique historique que je ne trouve pas chez d'autres beaucoup plus connus que lui comme Paxton et Klarsfeld.
Et, comme je suis un adepte de "la-vérité-qui-finit-toujours-par-gagner", je lui prédis un grand avenir.


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MessagePosté: Dim Fév 03, 2013 9:30 pm 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
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boisbouvier a écrit:
Je n'ai d'ailleurs avec lui aucun rapport personnel.


raison de plus pour ne pas tronquer ses textes.

Excuse-toi.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 12:42 am 
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Inscription: Mar Sep 23, 2008 12:11 pm
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Tu peux toujours courir surtout que je ne vois même pas de quoi tu parles. Alain Michel me plait entièrement de haut en bas et de droite à gauche comme de bas en haut et de gauche à droite; et je n'ai jamais eu envie de le tronquer.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 6:42 am 
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Inscription: Sam Juil 01, 2006 7:20 am
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http://vichyetlashoah.blog.lemonde.fr/2 ... is-delpla/

Citation:
un exemple d’histoire mémorielle sur le site de François Delpla
Publié le 29 janvier 2013 par Alain Michel

Suite à l'article de Marc-André Charguéraud "Rafle du Vel d'Hiv: Laval pouvait refuser sa complicité", http://www.delpla.org/article.php3?id_article=584, la réaction que je lui ai envoyé :

Alain Michel

Historien

Jérusalem



Le 23 janvier 2013.



Réaction à l’article de Marc-André Charguéraud du 4 janvier 2013 :

Rafle du Vel d’Hiv : Laval pouvait refuser sa complicité.



Le sujet de la rafle du Vel d’Hiv est extrêmement problématique pour la simple et bonne raison qu’il n’existe aucune étude scientifique de cette question, qui se trouve pourtant au centre de la Mémoire de la Shoah en France. C’est sans doute pourquoi, Marc-André Charguérau, ne s’appuyant uniquement que sur ce qu’en écrit Serge Klarsfeld, passe son temps, au fil de son article, et sans doute de manière inconsciente, à accumuler erreurs, contresens et mauvaises interprétations.

Relevons-en donc quelques-unes :

- La responsabilité de Vichy : Dès la deuxième ligne, on se trouve dans l’erreur la plus absolue. Les 12 884 Juifs arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 ne l’ont pas été sur l’ordre du gouvernement de Vichy. A) La rafle est décidée et programmée par la Sipo-SD dès le mois de juin 1942. Même après l’accord du 4 juillet 1942 sur lequel je vais revenir, l’initiative se trouve toujours entre les mains allemandes. Preuve en est ce que déclare Dannecker, le délégué à Paris de Eichmann, à la première réunion de préparation technique de la rafle, le 7 juillet 1942. Deux sources sont citées dans les documents apportés par Klarsfeld dans son livre Vichy-Auschwitz paru en 1983 (mais Klarsfeld n’en tient pas compte dans son analyse puisqu’il ne fait pas de l’histoire mais écrit un récit mémoriel). P. 238, dans le compte rendu de la réunion, qui rassemble avenue Foch (donc chez les Allemands) les principaux responsables de la police parisienne (ainsi que Darquier de Pellepoix et Leguay, délégué de Bousquet en zone nord), on voit que celui-ci commence de la manière suivante : « M. le capitaine Dannecker fait connaître les décisions de l’Autorité allemande [c’est nous qui soulignons – AM]. Celle-ci a décidé [AM] le rassemblement et le transfert pour une destination orientale de 22 000 Juifs … ». P. 242, une note interne de Dannecker souligne un échange qu’il a eu avec Leguay au cours de cette réunion du 7 juillet, dans lequel ce dernier rappelait les négociations « actuellement en cours » entre Bousquet et Oberg et qui devrait aboutir à une large autonomie de la police de zone nord. La réponse du délégué d’Eichmann aux affaires juives était dénuée d’ambigüité : « Sur ce, j’ai dit à Leguay que pour l’instant la situation restait inchangée et que la police française (en particulier dans des actions locales ou des cas particuliers) était tenue d’exécuter [AM] ce que nos services locaux ou les commandos de la Sipo (SD) qui en dépendant pouvaient être amenés à leur demander, sans s’informer au préalable auprès du Secrétaire d’Etat à la police [il s’agit de Bousquet - AM] de la légitimité des ordres en questions ». B) De ces deux documents, il apparaît que tous ceux qui attribuent la rafle du Vel d’Hiv à la responsabilité de Vichy se trompent lourdement. André Charguéraud entamant son texte ainsi, on comprend que dès le départ, toute sa reconstruction historique est inexacte puisqu’elle s’appuie sur une erreur conceptuelle de base (dont il est victime comme tous ceux qui ont suivi aveuglément le narratif mémoriel et émotionnel de Serge Klarsfeld). Soulignons également au passage que les historiens (comme Henry Rousso dans « Le régime de Vichy » de Que sais-je n° 1720, 2007, ou Christian Chevandier dans « Policiers dans la ville », folio histoire 198, 2012), qui dénoncent la responsabilité de Vichy dans l’organisation de la rafle comme une conséquence de l’accord sur l’autonomie de la police entre Bousquet et Oberg se trompent également. L’accord ne sera conclu que début août 1942, après la rafle du Vel d’Hiv.

- Les accords du 4 juillet 1942 et leurs conséquences : Pour comprendre le rôle exact de Vichy dans la rafle du Vel d’Hiv, il faudrait remettre dans l’ordre et compléter de nombreux éléments présentés de manière erronée et confuse par MA Charguéraud. Un exemple : il agrège deux textes différents du Conseil des ministres, celui tenu le 26 juin 1942 et celui du 3 juillet suivant. Pour ne pas allonger trop cette réaction, je me permettrai de résumer le déroulement des événements qui aboutissent à cet accord du 4 juillet entre Laval et Oberg, le chef de la SS en France. Face aux demandes allemandes d’arrestations et de déportations de Juifs, le premier mouvement de Vichy est de dire en gros : faites ce que vous voulez en zone nord, mais nous ne participons pas en zone sud. De plus, il y a même une demande pour que la police de zone nord ne participe pas à ces arrestations, demande qui sera encore renouvelée par Bousquet le 2 juillet. Il faut bien comprendre cependant que, si les Allemands refusent cette demande, Vichy ne peut rien faire. En effet, depuis le début de l’occupation, la police française de zone nord se doit d’obéir aux autorités d’occupation en vertu de l’application de la Convention de La Haye de 1907 et de la Convention d’armistice de juin 1940 (il n’y a pas à entrer ici dans le débat juridique sur l’abus qu’ont fait les Allemands de ces Conventions puisque cet abus a été accepté tant par Vichy que par les fonctionnaires de Zone nord, même si parfois des protestations sont émises). Cependant, cette vue de Vichy de non-participation aux arrestations de Juifs va évoluer pour une raison principale : en laissant les mains libres aux Allemands dans l’organisation de la rafle, Vichy abandonne les Juifs français de Zone nord, puisque Dannecker a annoncé que 40 % des arrestations concerneront des Juifs de citoyenneté française. C’est pourquoi la position de Vichy se transforme et aboutit à une sorte de troc qui est présenté par Bousquet le 4 juillet au matin. Les Allemands acceptent de n’arrêter et déporter vers l’Est que les Juifs apatrides de zone nord, et en échange Vichy s’engage à livrer les Juifs apatrides de zone sud. De plus, de fait, Vichy renonce à sa demande de non utilisation de la police française en zone nord. Deux remarques importantes : a) l’idée d’évacuer les Juifs apatrides de zone sud n’est pas nouvelle, et pendant un an et demi, à partir de l’automne 1940, tant Darlan que Laval ont cherché à faire partir ceux-ci vers le continent américain mais ils se sont heurtés au refus de Washington (les documents sur cette question se trouvent dans les archives françaises et américaines). Les faire partir vers l’Est constitue donc aux yeux de Vichy la poursuite de la même politique vers une destination différente. Il n’y a pas de possibilité de connaître ce qui se passe vraiment à Auschvitz à ce moment. C’est pourquoi, lorsque Laval approuve dans l’après-midi du 4 juillet 1942 cet accord, il négocie le fait que les Juifs apatrides évacués de zone sud le seront par famille, c'est-à-dire y compris les enfants, contrairement aux demandes allemandes. Puisque ceux-ci avaient « déversé » des familles entières (comme dans le cas des Juifs de Bade et du Palatinat fin octobre 1940), ils devaient « reprendre des familles entières.

- Quelles sont les conséquences de cet accord ? A) Vichy accepte de collaborer aux arrestations et déportations. Mais cette collaboration, nous l’avons vu, ne se fait pas dans le cadre de la rafle du Vel d’Hiv, qui relève de la responsabilité allemande. C’est en arrêtant les Juifs étrangers de zone sud et en les remettant aux nazis que Vichy participe directement à la Solution finale. B) Mais la « compensation » de cette participation se trouve dans le fait que Vichy obtient, en échange, que les Juifs français ne soient pas arrêtés et déportés (en juillet 1942, les arrestations ne concernent que les Juifs apatrides mais elles seront peu à peu élargies à d’autres catégories de Juifs étrangers). Malgré certaines exceptions, les Allemands respecteront globalement cet accord jusque fin août 1943, ce qui est l’explication principale de la différence de victimes entre les Juifs français (moins de 10 %) et les Juifs étrangers (plus de 36 %). C) L’acceptation par les nazis de réduire le champ des arrestations de juillet 1942 aux seuls Juifs apatrides a pour effet immédiat de restreindre les possibilités d’internements. On le sait par l’exemple de ce qui se passe à Bordeaux, et par l’annulation de train de déportation qui s’ensuit. Toujours dans Klarsfeld, p. 257, on trouve cité le télex envoyé par le SS Röthke à Berlin dans lequel il explique que suite à l’accord conclu avec Vichy « le nombre de personnes à appréhender se trouve considérablement réduit (en particulier en province) ». « En particulier en province » signifie que le phénomène a lieu également à Paris. Nous avons ici une explication partielle de l’échec relatif de la rafle du Vel d’Hiv. La cible s’étant réduite, suite à l’accord, il était à présent impossible de remplir l’objectif prévu au départ. D) Enfin, contrairement à ce qui est affirmé en général (sauf par quelques historiens lucides comme Léon Poliakov), la déportation des enfants arrêtés lors de la rafle du Vel d’Hiv n’est pas due à la demande de Laval (qui ne s’est préoccupé, on l’a vu, que de la zone sud) ou encore de l’administration française. Alors qu’il était prévu au départ que les enfants dont les parents étaient arrêtés seraient confiés à l’UGIF (voir les deux comptes-rendus de la réunion préparatoire du 7 juillet), c’est Dannecker qui, dès le 10 juillet télex à Berlin pour demander si « à partir du 10e convoi les enfants apatrides à évacuer pourront être évacués eux aussi ». Il ajoute également qu’il attend une réponse à son télex du 6 juillet dans lequel il avait déjà demandé à Berlin l’évacuation d’enfants à partir du 15° convoi. Il ne s’agit pas d’une répétition, mais a) le 6 juillet la demande concernait les enfants de zone sud, suite à la conversation avec Laval, b) le 10 juillet la demande concerne les enfants de ceux qui doivent être arrêtés dans la rafle de zone nord.

- Quelques autres erreurs : les idées reçues sur la responsabilité et la culpabilité française dans la rafle du Vel d’Hiv sont tellement ancrées que leur réfutation demande de longues explications. Dans le cadre de cette réaction, je ne peux entrer dans le détail que pour les deux premiers points ci-dessus. Pour le reste, je me contenterais de souligner rapidement les autres problèmes du texte de Marc-André Charguéraud : a) L’affirmation que les jeunes officiers SS seraient envoyés sur le front russe « au moindre manquement » est totalement gratuite, d’autant plus dans le cas d’officiers SS et non de la Wehrmacht. B) Le compte rendu de l’américain Tuck comme quoi Laval n’a aucune sympathie pour les Juifs est à mettre en parallèle avec le compte-rendu de Laval du 10 juillet où il rapporte que lorsqu’il propose à Tuck que les USA prennent les Juifs étrangers, Tuck répond qu’ils en ont 5 millions et que c’est suffisant ! C) Le fait que Laval aurait cédé aux pressions de l’opinion et de l’Eglise est vraisemblablement faux. Tout d’abord les réactions ont eu beaucoup moins d’amplitude que ce que l’on monte en épingle aujourd’hui. Ensuite, Laval n’a jamais cédé aux pressions de l’opinion publique dans aucun cas, même lors de la crise la plus forte avec l’Eglise, début 1943, à propos du STO. Pourquoi l’aurait-il fait dans le cas des Juifs qui n’était sûrement pas une question prioritaire ni pour le gouvernement, ni pour la majorité des Français, principalement indifférents ? D) La présentation de la question des dénaturalisations en 1943 est tronquée et inexacte. Il s’agit d’une négociation complexe, qui dure sur plusieurs mois, et pour laquelle Laval, puis Pétain, refusent finalement leur concours à cause de la manière brusquée dont Rothke veut utiliser la loi si elle était promulguée. E) Lorsque Röthke demande à Berlin une compagnie de Schutzpolizei, ce n’est pas par menace contre Vichy, mais tout simplement la recherche d’une solution au manque de policiers puisque Vichy ne veut plus collaborer. Il est à noter d’ailleurs qu’il s’agit de la zone sud, puisqu’au nord l’administration française continue à appliquer la convention d’occupation. F) L’affirmation de Klarsfeld comme quoi un refus de Laval début juillet 1942 aurait entraîné une non-collaboration policière à Paris est absolument fausse. Voir ce que j’ai montré ci-dessus à propos de l’obéissance des fonctionnaires de police en zone nord.. G) La comparaison avec l’Alsace est absurde. Tout d’abord on se trouve alors en 1940, ensuite cette région est annexée de fait et la présence policière et militaire allemande est bien plus importante que ce qui existe dans l’ensemble du reste de la France en 1942-1943. H) Dans les deux paragraphes de conclusion, le regard sur ce que Vichy n’aurait pas du faire et qui a porté des stigmates dans la société relève, dans la manière dont cela est présenté, d’une vision totalement téléologique et anachronique. Mais, comme d ans tout le reste de son texte, Charguéraud ne fait pas l’effort d’un travail historique de reconstitution des événements, mais reprend l’histoire mémorielle imposée comme vérité unique et officielle depuis 40 ans en France.

Dr Alain Michel, auteur de « Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe français, CLD 2012. Renseignements sur le blog : http://vichyetlashoah.blog.lemonde.fr/


après passage de la guillotine boisbouvière (ici même, page 1; une censure réitérée p. 3, 02 Fév 2013 08:33 am) :

Citation:
Alain Michel

Historien

Jérusalem



Le 23 janvier 2013.



Réaction à l’article de Marc-André Charguéraud du 4 janvier 2013 :

Rafle du Vel d’Hiv : Laval pouvait refuser sa complicité.



Le sujet de la rafle du Vel d’Hiv est extrêmement problématique pour la simple et bonne raison qu’il n’existe aucune étude scientifique de cette question, qui se trouve pourtant au centre de la Mémoire de la Shoah en France. C’est sans doute pourquoi, Marc-André Charguérau, ne s’appuyant uniquement que sur ce qu’en écrit Serge Klarsfeld, passe son temps, au fil de son article, et sans doute de manière inconsciente, à accumuler erreurs, contresens et mauvaises interprétations.

Relevons-en donc quelques-unes :

- La responsabilité de Vichy : Dès la deuxième ligne, on se trouve dans l’erreur la plus absolue. Les 12 884 Juifs arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 ne l’ont pas été sur l’ordre du gouvernement de Vichy. A) La rafle est décidée et programmée par la Sipo-SD dès le mois de juin 1942. Même après l’accord du 4 juillet 1942 sur lequel je vais revenir, l’initiative se trouve toujours entre les mains allemandes. Preuve en est ce que déclare Dannecker, le délégué à Paris de Eichmann, à la première réunion de préparation technique de la rafle, le 7 juillet 1942. Deux sources sont citées dans les documents apportés par Klarsfeld dans son livre Vichy-Auschwitz paru en 1983 (mais Klarsfeld n’en tient pas compte dans son analyse puisqu’il ne fait pas de l’histoire mais écrit un récit mémoriel). P. 238, dans le compte rendu de la réunion, qui rassemble avenue Foch (donc chez les Allemands) les principaux responsables de la police parisienne (ainsi que Darquier de Pellepoix et Leguay, délégué de Bousquet en zone nord), on voit que celui-ci commence de la manière suivante : « M. le capitaine Dannecker fait connaître les décisions de l’Autorité allemande [c’est nous qui soulignons – AM]. Celle-ci a décidé [AM] le rassemblement et le transfert pour une destination orientale de 22 000 Juifs … ». P. 242, une note interne de Dannecker souligne un échange qu’il a eu avec Leguay au cours de cette réunion du 7 juillet, dans lequel ce dernier rappelait les négociations « actuellement en cours » entre Bousquet et Oberg et qui devrait aboutir à une large autonomie de la police de zone nord. La réponse du délégué d’Eichmann aux affaires juives était dénuée d’ambigüité : « Sur ce, j’ai dit à Leguay que pour l’instant la situation restait inchangée et que la police française (en particulier dans des actions locales ou des cas particuliers) était tenue d’exécuter [AM] ce que nos services locaux ou les commandos de la Sipo (SD) qui en dépendant pouvaient être amenés à leur demander, sans s’informer au préalable auprès du Secrétaire d’Etat à la police [il s’agit de Bousquet - AM] de la légitimité des ordres en questions ». B) De ces deux documents, il apparaît que tous ceux qui attribuent la rafle du Vel d’Hiv à la responsabilité de Vichy se trompent lourdement. André Charguéraud entamant son texte ainsi, on comprend que dès le départ, toute sa reconstruction historique est inexacte puisqu’elle s’appuie sur une erreur conceptuelle de base (dont il est victime comme tous ceux qui ont suivi aveuglément le narratif mémoriel et émotionnel de Serge Klarsfeld). Soulignons également au passage que les historiens (comme Henry Rousso dans « Le régime de Vichy » de Que sais-je n° 1720, 2007, ou Christian Chevandier dans « Policiers dans la ville », folio histoire 198, 2012), qui dénoncent la responsabilité de Vichy dans l’organisation de la rafle comme une conséquence de l’accord sur l’autonomie de la police entre Bousquet et Oberg se trompent également. L’accord ne sera conclu que début août 1942, après la rafle du Vel d’Hiv.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 7:21 am 
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Inscription: Mar Sep 23, 2008 12:11 pm
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Fort bien, mais pourquoi parler de "troncage" ?
Ta charte ne dit-elle pas qu'il est interdit d'étouffer les discussions par des citations ou même des productions trop longues ?
Je trouve très bien l'ensemble du texte que tu cites, toi, et tu remarqueras qu'il corrobore parfaitement ce que j'ai pu dire ici depuis quatre ans et que je viens de répéter. En particulier le bénéfice considérable que retira la communauté juive de France du marché du 2 juillet 42 passé entre Bousquet et les SS de Paris (livraison des Juifs étrangers des deux zones contre immunité pour les Juifs français de ZO). Marché qui explique à la fois la rafle du Vel d'hiv. aux dépens des seuls étrangers et la rafle du 24 août de ZNO.
Ce bénéfice ne se limita pas à cette immunité. Celle-ci, en effet, ne servit qu'aux Juifs français pendant un an, mais elle eut pour effet de ralentir le processus de destruction dans son ensemble, car, quand les Allemands étendirent ce processus en août 43 à la zone libre et à la communauté juive française, ils rencontrèrent des difficultés. Nombreux furent les Juifs français qui avaient pris des dispositions pour se cacher ce qu'ils n'auraient pu faire s'ils avaient été raflés en 42. Il suffit de comparer avec le cas hongrois. Rien de plus facile à l'époque moderne où tout est si bien répertorié et où la vie, en particulier économique, est très tributaire de l'ensemble social au sein duquel elle s'insère que de rafler pour la déporter une communauté humaine quelconque. Trois mois ont suffi en Hongrie comme l'a dit Himmler à Mutschmann en juillet 44. Une guerre de Vendée qui durerait cinq ans comme sous la Révolution est devenue impossible.

Alain Michel et moi nous disons la même chose avec une approche différente. Sa méthode consiste à relever les fautes que commettent les détracteurs de Vichy par rapport aux règles de la construction historique.
Nous nous complétons.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 7:24 am 
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Citation:
Une guerre de Vendée qui durerait cinq ans comme sous la Révolution est devenue impossible.

A l'époque les paysans faisaient leur pain et même leur farine. Aujourd'hui ils ont besoin d'un boulanger et de cartes de rationnement.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 8:12 am 
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Je voudrais ajouter pour finir, car je crois que la cause est désormais entendue, qu'il y a une chose que je ne supporte pas c'est la critique vertueuse façon pasteur Boegner faite à Vichy de s'être sali les mains en discutant le bout de gras avec les Allemands. Quand il s'agit de sauver d'une mort programmée une communauté de 350 000 personnes, celui qui refuse de se salir les mains pour le faire, n'est qu'un salopard.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 8:49 am 
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ô politesse de plus en plus exquise !


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 8:53 am 
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boisbouvier a écrit:
Fort bien, mais pourquoi parler de "troncage" ?
Ta charte ne dit-elle pas qu'il est interdit d'étouffer les discussions par des citations ou même des productions trop longues ?


Je ne dis évidemment pas qu'il était obligatoire de tout citer, mais plutôt qu'il est grave d'avoir fait une coupure déformante (qui isolait, notamment, le passage le plus arrogant) sans la signaler.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 9:36 am 
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Quel est donc ce passage arrogant ?


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 9:38 am 
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Citation:
ô politesse de plus en plus exquise !

Quand cesseras-tu de te défausser sur la forme ?
Réponds sur le fond s'il te plait.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 9:48 am 
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Citation:
- Quelles sont les conséquences de cet accord ? A) Vichy accepte de collaborer aux arrestations et déportations. Mais cette collaboration, nous l’avons vu, ne se fait pas dans le cadre de la rafle du Vel d’Hiv, qui relève de la responsabilité allemande. C’est en arrêtant les Juifs étrangers de zone sud et en les remettant aux nazis que Vichy participe directement à la Solution finale. B) Mais la « compensation » de cette participation se trouve dans le fait que Vichy obtient, en échange, que les Juifs français ne soient pas arrêtés et déportés (en juillet 1942, les arrestations ne concernent que les Juifs apatrides mais elles seront peu à peu élargies à d’autres catégories de Juifs étrangers). Malgré certaines exceptions, les Allemands respecteront globalement cet accord jusque fin août 1943, ce qui est l’explication principale de la différence de victimes entre les Juifs français (moins de 10 %) et les Juifs étrangers (plus de 36 %). C) L’acceptation par les nazis de réduire le champ des arrestations de juillet 1942 aux seuls Juifs apatrides a pour effet immédiat de restreindre les possibilités d’internements. On le sait par l’exemple de ce qui se passe à Bordeaux, et par l’annulation de train de déportation qui s’ensuit. Toujours dans Klarsfeld, p. 257, on trouve cité le télex envoyé par le SS Röthke à Berlin dans lequel il explique que suite à l’accord conclu avec Vichy « le nombre de personnes à appréhender se trouve considérablement réduit (en particulier en province) »


Plus je relis ce texte moins je le trouve "arrogant" soit dans le ton soit dans le fond.
Comme Arkel dans les yeux de Mélisande je n'y vois qu'une grande innocence, une innocence en quelque sorte baptismale.


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MessagePosté: Lun Fév 04, 2013 9:59 am 
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boisbouvier a écrit:
Citation:
ô politesse de plus en plus exquise !

Quand cesseras-tu de te défausser sur la forme ?
Réponds sur le fond s'il te plait.


à la bonne heure !
même plus le droit de te mettre le nez dans tes contradictions, tu appelles cela se défausser sur la forme !


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