Le Forum de François Delpla

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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 7:32 am 
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Michel Boisbouvier, apôtre de Pétain, s'est cru au bout de ses peines un jour où Bruno Roy-Henry a cité sur un autre forum http://www.empereurperdu.com/tribunehis ... ite#p10390 une phrase de moi, indiquant que Churchill lui-même avait félicité la France de sa modération au lendemain du coup de force rhénan.

Cette information exacte, issue de mon article sur Léon Blum face à l'Allemagne http://www.delpla.org/article.php3?id_article=50, appelle quelques précisions si on entend en faire la base d'une démonstration, voire, s'agissant de Michel, d'une religion.

Je mets donc ici en débat des extraits de l'article que Churchill publie le 13 mars 1936, soit une semaine après la remilitarisation par Hitler de la zone rhénane, en violation des traités de Versailles et de Locarno.

Ces derniers autorisaient l'armée française à aller immédiatement au-devant des intrus, tout en requérant le concours des armées anglaise et italienne. C'est de ne l'avoir pas fait immédiatement que la France est, en début d'article et pour solde de tout compte, félicitée... avant d'être fortement incitée à ne pas en rester là :

Citation:
Il y a rarement eu une crise où l’Espoir et le Péril se soient présentés aussi clairement et aussi simultanément sur la scène du monde. Lorsque Herr Hitler répudia le traité de Locarno samedi dernier et fit entrer ses troupes en Rhénanie, il mit par là la Société des Nations en face de son épreuve suprême, comme aussi de sa plus splendide chance. Si la Société des Nations survit à cette épreuve, il n’y a aucune raison pour que l’horrible, morne et impitoyable courant qui nous entraîne vers la guerre en 1937 ou 1938, et l’entassement préparatoire dans chaque pays d’armements énormes, ne soient pas arrêtés d’une façon décisive.



Churchill félicite certes la France de n’avoir pas réagi par les armes « comme l’aurait fait la génération précédente » et d’avoir porté le différend devant la SDN. Voilà qui sonne peu différemment du discours officiel anglais. Mais ce qui tranche du tout au tout avec lui, c’est l’exigence que ce recours à la SDN donne satisfaction à la France, dont l’auteur affirme qu’elle a tout à fait raison de craindre pour sa sécurité. Ce n’est pas Baldwin, ni Eden, qui alertent la planète sur l’immense danger d’un usage dilatoire de la Société et pronostiquent sa mort certaine au cas où elle ne ferait pas promptement repasser le Rhin aux aigles nazies. Ils parlent et agissent comme si la condition nécessaire et suffisante du sauvetage de la paix était au contraire la résignation de la France.
La suite montre que Churchill ne se fait pas la moindre illusion sur Hitler. Loin de se méprendre sur son humanité ou sa moralité, il compte uniquement sur la peur que créerait un rapport de forces :

Citation:
(…) si les forces de la Société des Nations sont quatre ou cinq fois supérieures à celles dont l’agresseur peut actuellement disposer, les chances d’une solution pacifique et amicale sont fort grandes. C’est pour cela que chaque nation, grande ou petite, a son rôle à jouer, en accord avec le Pacte de la Société.


On voit que la SDN dont il s’agit n’est pas la coquille vide dont l’histoire a gardé le souvenir. Elle est censée, conformément à ses statuts, apprécier s’il y a agression et, dans le cas d’une réponse affirmative –qui pour l’auteur ne fait aucun doute- mettre en demeure les pays membres de fournir des armées punitives. L’évaluation de leur quantité potentielle est éloquente : « quatre ou cinq fois » la force allemande, cela implique l’enrôlement de toutes les grandes puissances alors membres de la SDN : Grande-Bretagne, France et URSS ; l’Italie, qui s’en est exclue quelques mois plus tôt pour faire main basse sur l’Ethiopie, est mise en demeure de revoir sa position ou, à tout le moins, de ne pas soutenir l’Allemagne.
L’éloge conditionnel de ce pays et de son Führer qui fait suite à ces menaces n’est donc qu’une pilule destinée à adoucir l’amertume d’une éventuelle reculade :

Citation:
Mais il est une nation parmi toutes les autres, à qui échoit, si elle le veut, l’occasion de rendre au monde un noble service. Herr Hitler et la grande Allemagne inconsolée qu’il dirige ont la chance actuellement de pouvoir se placer au tout premier rang de la civilisation. Par une fière et volontaire soumission, non pas à une seule puissance ni à un groupe de puissances, mais au caractère sacré des traités et à l’autorité de la loi générale, par un retrait immédiat des troupes de Rhénanie, ils peuvent ouvrir à l’humanité entière une ère nouvelle et créer les conditions dans lesquelles le génie germanique atteindrait à la gloire la plus haute.

Le paragraphe suivant, et dernier, rappelle à la Grande-Bretagne son obligation, découlant du traité de Locarno, d’entrer en guerre aux côtés de la France si celle-ci le lui demande.

Aucun doute : celui qui écrit ce texte est éminemment conscient de l’agressivité allemande et prêt à mettre entre parenthèses toute autre considération, notamment à l’égard de l’URSS et du communisme, pour traiter en priorité cette question, avec la dernière énergie.


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 7:47 am 
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On te sent aux abois, mon pauvre Delpla.
Calme toi. Tout le monde peut se tromper. Ta théorie d'un Churchill se dressant "comme un roc" face à Hitler dès 1930 ne tient pas la route. Mieux, elle a été mise en pièces par toi même quand tu nous a appris qu'au moment crucial de la réoccupation de la rive gauche du Rhin, quand il est encore temps d'arrêter Hitler, Churchill, loin de recommander la fermeté et le respect des traités, félicite la France de renoncer à mobiliser ce qui pourtant n'aurait pas coûté cher et aurait fait faire l'économie d'une guerre mondiale à l'humanité tout entière.
Ah! le respect des traités. Ça n'a l'air de rien vu comme ça, quand on n'a pas fait Sciences Po. mais c'est pourtant la condition sine qua non d'une vie internationale calme et ordonnée. Dieu sait que je n'aime pas Staline, mais je dois reconnaitre qu'il avait un avantage sur Hitler : il respectait ses engagements.
Or, en tolérant qu'un pays comme l'Allemagne se fiche de sa signature comme de sa première chemise, Churchill , simple député, certes, mais aussi le cabinet britannique dans son ensemble, ont commis une faute politique majeure qui a coûté très cher.
En faisant confiance à la SDN, ce tribunal sans gendarmerie, pour assurer le maintien de la paix, Churchill en a commis une deuxième.
Ne lui jetons pas la pierre. Il s'est racheté par la suite.


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 7:55 am 
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Citation:
Churchill félicite certes la France de n’avoir pas réagi par les armes « comme l’aurait fait la génération précédente » et d’avoir porté le différend devant la SDN.


Je te cite.


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 8:20 am 
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boisbouvier a écrit:
On te sent aux abois, mon pauvre Delpla.


eh bien on a tort !

mais n'est-ce pas l'occasion de faire un peu de Boisbouvier, en renvoyant sèchement l'accusation ?


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 8:32 am 
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Renvoie, tant que tu veux.
Les lecteurs, s'il y en a, jugeront, mais j'en connais un qui te soutiendra toujours, quoi que tu dises.


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 10:00 am 
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boisbouvier a écrit:
Renvoie, tant que tu veux.
Les lecteurs, s'il y en a, jugeront, mais j'en connais un qui te soutiendra toujours, quoi que tu dises.
Voilà certes un reproche auquel, dans l'état actuel de tes opinions, tu ne t'exposes pas !


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 10:39 am 
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Pour sûr !
Je me résigne.


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 11:57 am 
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boisbouvier a écrit:
tu nous a appris qu'au moment crucial de la réoccupation de la rive gauche du Rhin, quand il est encore temps d'arrêter Hitler, Churchill, loin de recommander la fermeté et le respect des traités, félicite la France de renoncer à mobiliser


C'est là une déformation sensible de mon propos, aboutissant à un contresens total sur la politique prônée par le député-journaliste.

Voilà qui m'incite à donner un autre extrait du texte, dans sa langue originale :

Citation:
France believes and declares that she had sustained a grievous injury at the hands of Germany. If we had been invadeed four times in a hundred years, we should understand better how terrible that injury is. England had not seen the camp fires of an invading army for nearly a thousand years. For France and Belgium the avanlanche of fire and steel which fell upon them twenty years ago, and the agony of the German ossupation which followed, are an overpowering memory and obsession. The demilitarised zone which they gained by awful sacrifices is to them not only a bulwark, but the guarantie of a breathing spaéce between them abd mortal calamity. How should we feel if -to change the metaphor- we saw a tiger, the marks of whose teeths and claws had scarred every limb of our bodies, coming forward and crouching within exactly the distance of a single spring ? Whether these fears are justified or not is arguable. But it is particularly important for us to realise how the French and Belgians feel.
Instead of retaliating by armed force, as would have been done in a previous generation, France had taken the proper and prescribed course of appealing to the League of Nations. She has taken her case for the Court and she asks for justice there.


On voit que Churchill met en avant l'extrême gravité du coup de force hitlérien et s'emploie à fond, devant l'opinion publique et la classe politique britanniques, pour en démontrer le caractère inacceptable, à Paris comme à Bruxelles. Dans ces conditions, le coup de chapeau à la France qui n'a pas réagi par les armes apparaît bien comme une façon de faire contre mauvaise fortune bon coeur, et de se tourner vers l'avenir... immédiat : il faut que très vite la SDN prenne position, et très fermement, en exigeant un retrait sans délai des troupes allemandes au-delà du Rhin.

D'autre part, le roué politicien tente de faire d'une pierre deux coups. Il n'est rien de plus sacré pour lui, comme paraît-il pour Michel, que le respect des traités, et pour cette raison même que donne Michel : plus on impose ce respect, et moins il y a de guerres. Ce pacifisme de bon aloi irrigue toutes les démarches churchilliennes de l'entre-deux-guerres. La SDN est l'instrument créé pour le promouvoir, or elle a jusqu'ici mis la charrue avant les boeufs en palabrant sur le désarmement sans égard pour les problèmes internationaux concrets et pendants (je rappelle la maxime churchillienne fâcheusement oubliée par ceux qui font de Winston un belliciste : "La satisfaction des justes revendications des vaincus doit précéder le désarmement des vainqueurs").

Le coup rhénan et la miteuse réaction première de la France sont donc une occasion providentielle de redresser la politique genevoise et de faire enfin de la SDN la garante des traités, menace d'usage de la force à l'appui.

Pour contester cela, et faire de Winston le complice des appeasers voire, comme Michel s'y est laissé aller, un appeaser tout court, il faudrait montrer précisément ce qu'il pouvait faire et dire d'autre, dans la conjoncture précise de l'heure, et démontrer que c'aurait de toute évidence été plus efficace.


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 2:06 pm 
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Taratata !
On est en droit d'attendre d'un homme politique qu'il anticipe et prévoie. "Gouverner, c'est prévoir" disait PMF. Or, force est de constater que la SDN qui s'était montrée impuissante, tant en 1931 quand le Japon s'était démarqué du système de Washington en envahissant la Mandchourie, qu'en 1935 quand l'Italie avait envahi l'Ethiopie, n'allait pas réussir à empêcher Hitler de croître et de prospérer. Faire fond sur elle, comme l'a fait Churchill en 1936, c'était lâcher la proie pour l'ombre.
J'aime Churchill autant que toi et même plus (j'ai lu es 12 tomes de ses Mémoires) mais l'Histoire garde ses droits.


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 3:00 pm 
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Tu ne peux dire cela qu'en isolant l'objet "SDN" du reste du champ.

Son supporter Churchill n'ignorait pas qu'elle avait été discréditée par les affaires mandchoues et abyssines.

Mais

- il n'est point sot de penser qu'il était tout juste temps de tenir compte de ces expériences pour faire autrement, et rendre à l'institution force et prestige en lui faisant enfin prendre au sérieux sa charte;

- il y avait précisément à ces deux manquements une excuse, et une seule : l'arrivée de Hitler au pouvoir (l'agression en Mandchourie est antérieure, mais sa condamnation platonique par la SDN est de l'été 33), qui pouvait autoriser à penser qu'il valait mieux laisser courir des agresseurs de pays sous-développés qu'une très grande puissance menaçant de rallumer la guerre mondiale.

Précisément, Churchill avait des indulgences envers Tokyo et Rome inspirées par ce genre de considérations. Il en sacrifiait d'avance Singapour... pour le plus grand malheur de la croix gammée.

En revanche, la gauche française ou britannique, en donnant dans l'"antifascisme" et en faisant le même type de reproches à Hitler, Franco ou Mussolini, a joué un rôle démobilisateur que l'histoire n'a peut-être pas encore assez mis en lumière.


L'explication de la part prise par Churchill dans la destruction de Hitler réside largement dans cette différence. Et il ne s'en est pas départi d'une semelle dans cet article de mars 1936 où, au contraire, il en appelle à l'Italie tout comme à l'URSS pour occuper son créneau.


NB : "taratata" n'est pas précisément le genre de réponse prôné par la charte. Turlututu !


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MessagePosté: Lun Nov 15, 2010 7:16 pm 
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Citation:
En revanche, la gauche française ou britannique, en donnant dans l'"antifascisme" et en faisant le même type de reproches à Hitler, Franco ou Mussolini, a joué un rôle démobilisateur que l'histoire n'a peut-être pas encore assez mis en lumière.


Je suis d'accord avec ça.
La politique de Laval tendant à désolidariser Mussolini et Staline de Hitler afin de l'isoler sur la scène internationale était la bonne. Celle de Pétain qui est allé à Madrid pour empêcher que Franco s'allie à Hitler et qui y a réussi, l'était aussi. La gauche a fait passer ses préférences idéologiques avant l'intérêt du pays.
Mussolini détestait Hitler. La SDN et la gauche éternelle les ont réconciliés.
Je sais que le dire n'est pas politiquement correct... et je m'en excuse par avance.


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MessagePosté: Mar Nov 16, 2010 11:13 am 
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Moi aussi, je suis d'accord avec moi... mais pas tout à fait avec toi !

La gauche ne fait pas "passer ses intérêts idéologiques avant"... du moins pas plus que la droite. Tous sont mis dans le vent par un talent hitlérien encore largement à découvrir aujourd'hui.

Le problème, c'est qu'il y a à Berlin un grand connaisseur des hommes et de la politique, qui joue au millimètre de toutes ces contradictions.


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MessagePosté: Mar Nov 16, 2010 11:45 am 
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Pourquoi faire de Hitler un surhomme ?
Il a pris tout le monde, y compris Churchill, à contrepied par son audace et son bellicisme à une époque où tout le monde était fatigué de la guerre.
J'entends encore la soeur de Chamberlain, la charmante Lady Asquith, dire à la TV dans un français parfait mais fortement coloré d'accent "Nous étions un peuple fotigué".


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MessagePosté: Mar Nov 16, 2010 11:52 am 
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Citation:
La gauche ne fait pas "passer ses intérêts idéologiques avant"... du moins pas plus que la droite.


Si, justement ! beaucoup plus que la droite, au moins à ce moment-là.
C'est parce que Richelieu a su faire alliances avec des princes protestants pour tenir en respect la Maison d'Autriche qu'il occupe la place honorable que vous enseignez à vos élèves MM. les Professeurs.
Je compare le réalisme de Laval à celui de Richelieu. Quand la patrie est en danger, au diable les grands principes : safety first.


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MessagePosté: Mar Nov 16, 2010 12:41 pm 
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boisbouvier a écrit:
Pourquoi faire de Hitler un surhomme ?


c'est justement ce que je ne fais pas : ce besoin de déformer avant de répondre pourra, une fois repéré, t'aider, à condition bien sûr que tu le corriges.


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