François DELPLA

 
Rss La révolution culturelle nazie (J. Chapoutot)
Ce livre composé d'articles parus entre 2008 et 2014 (1) , de deux chapitres originaux, d'une introduction et d'une conclusion est, comme souvent dans des cas similaires, disparate et inégal. Prétendant servir lui-même de conclusion au travail de l'auteur sur le nazisme, il en résume qualités et défauts.

Les précédents ouvrages témoignaient d'une sous-estimation croissante, par l'auteur, du rôle de Hitler dans son propre régime. La tendance n'est pas inversée ici et Chapoutot d'ailleurs, dans une émission de présentation de son ouvrage, maintenait le 27 janvier 2017 la position prise il y a un an et demi contre la réédition de Mein Kampf sous forme de livre et l'idée qu'il serait préférable d'offrir une version commentée en ligne, arguant notamment du caractère "non central" de cet ouvrage. Le fait de noyer Hitler parmi ses disciples célèbres ou anonymes, constant dans la Loi du sang (2014), se retrouve ici dans l'un des deux chapitres inédits intitulé, entre guillemets, "Effacer 1789 de l'histoire allemande" (p. 73-87). Or la phrase est non de Hitler mais de Goebbels, et date des tout premiers temps de la dictature, ce qui exigerait pour le moins qu'elle soit située et soupesée dans son contexte chronologique. En fait, l'idéologue nazi de premier plan qui se montre le plus obsédé par la révolution française est Rosenberg, et on sait que Hitler prenait volontiers ses distances avec lui. Pour sa part, dans les Propos intimes et politiques,





___________________________
(1) Presque tous sont dits remaniés, sans autre précision.
 
 
Note: Aucune note
(0 note)
Ecrit par: François Delpla, Le: 07/03/17