François DELPLA

Livre d'or

Par François
Delpla

@ Boosteur Inactif

il me semble que vous confondez les Propos et Mein Kampf, que Genoud n'a jamais traduit.

Quant à votre lien il mène tout bonn [Suite...]

Livre d'or

 
Rss Malheureux le pays qui a besoin d'un héros
Un livre de Lionel Richard
(Autrement, 2014)

Sous-titre : La fabrication d'Adolf Hitler


Dans son très estimable D'où vient Adolf Hitler? (éditions Autrement, 2000), Lionel Richard nous livrait le fruit de recherches approfondies dans les archives, notamment autrichiennes, pour cerner l'enfance et la formation du dictateur jusque vers sa trente-deuxième année.

Hélas, que ne s'y est-il, sur Hitler, tenu ?

Le libelle que nous commentons ici n'était ni fait ni à faire, tant il peine à cerner son objet. Il expose toute sa thèse dès son titre (Hitler ? une simple résultante d'un besoin qu'aurait eu son pays) mais ne tente de la démontrer que par le sarcasme et le dénigrement, tant de son "héros" que de quiconque en a écrit. A part dans les premières pages, où il résume sa recherche précitée, à aucun moment il ne prend une position d'historien, confrontant des thèses avec méticulosité, et tranchant après avoir fait le tour des sources.

Un exemple aussi central qu'affligeant est l'incendie du Reichstag, sur lequel le débat continue de faire rage autant que les flammes de l'époque. Van der Lubbe est-il seul coupable, a-t-il seulement mis le feu et si non, qui et comment ? LR écrit (p. 180), comme le plus banal des historiens "fonctionnalistes" (ceux qui attribuent à Hitler le moins de réflexions et de décisions possibles), que les nazis ont profité de l'événement, et c'est en note qu'il accuse le NSDAP de l'avoir organisé, en se retranchant derrière quelques lignes de l'ambassadeur François-Poncet... écrites en 1946 ! Aucun dirigeant n'est ici nommé, en revanche les coupables directs sont dénombrés et leur itinéraire précis : il s'agirait d'une douzaine de SA venus et repartis par le souterrain du chauffage. Il n'y a qu'un malheur : c'est que Göring avait lui-même ordonné théâtralement de fouiller cet accès, devant la presse... et que Lionel Richard avait lu cette décapante remarque dans mon livre de 1999 (qui reste hélas la seule biographie française).

Il en perdrait même son allemand quand p. 183 il transforme comme suit le titre du quotidien nazi : "Der Völkische Beobachter".

Lionel Richard fait certes preuve, comme à son habitude, d'un antinazisme vigoureux, mais en 2015 cette manière vieillote et confuse d'aborder le sujet est contre-productive.
 
 
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Ecrit par: François Delpla, Le: 27/03/15