François DELPLA

Livre d'or

Par Thierry Kron

Lisant vos commentaires sur la RdL et n'y comptant plus y avoir l'envie d'y commenter,
je signe votre livre d'or.
Toujours avec plaisir,
Thierry Kr [Suite...]

Livre d'or

 
Rss Lettres d'information
La toute dernière :


Mein Mein Kampf



Lettre d’information n° 113 du site de François Delpla
http://www.delpla.org



Chers abonnés,

La lettre 112 datant du 20 juillet, vous avez dû considérer, dans votre compréhensible impatience, que je prenais de bien longues vacances… et vous aviez grandement tort !

Outre les tracas multiples d’une délocalisation, ma petite entreprise s’est concentrée sur une production nouvelle, à remettre pour la Toussaint : la traduction et la présentation de l’œuvre de Hitler connue sous le nom -ô combien réducteur- de « Propos de table ». Il s’agit d’improvisations verbales recueillies au début de la campagne contre l’URSS, non seulement pendant les repas mais en diverses autres occasions, et triées pour en dégager soit des consignes, soit des récits utiles à l’histoire du mouvement nazi. L’intérêt d’une nouvelle édition ne réside pas seulement dans le fait qu’elle est libre de droits au 1er janvier 2016, comme celle d’un livre plus connu qui défraye aujourd’hui la chronique. Il tient surtout à l’insuffisance criante des productions antérieures ; particulièrement l’édition française de 1952-53, due au banquier hitlérophile François Genoud, et traduite en anglais sans la moindre vérification… même lors de rééditions récentes. J’ai moi-même pris conscience de cet état de choses, nuisible aux analyses antérieures du nazisme sans excepter les miennes, à l’occasion de ce travail. Un nouvel article du site http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=8&id=100 dresse un début d’inventaire des dégâts. Ma sévérité surprendra peut-être, mais tout le site est là pour témoigner que je n’en suis pas coutumier vis-à-vis du travail d’autrui. En particulier dans la rubrique « Dialogue avec les œuvres », ou encore dans les précédentes lettres d’information, qu’on retrouvera ici http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php (ainsi que la présente, si elle s’affiche mal dans votre boîte de réception).
Ce livre, à paraître début janvier chez Nouveau Monde Editions, prolonge Mein Kampf tout en le complétant. En prenant au sérieux ces propos, proférés à table souvent mais jamais en l’air, on pénètre dans… pour ne pas dire le saint des saints, disons la gueule de l’enfer. Le nazisme à l’état natif, tel qu’il jaillit au jour le jour en fonction des défis qu’il se lance à lui-même. Cela se passe pendant l’année où la planète commence à se mobiliser contre lui : le Kampf véritable commence, et tourne d’emblée très mal, avec une résilience soviétique qui laisse à Churchill le temps d’enrôler les Etats-Unis. Ces réalités dessinent, dans le regard du prophète halluciné à qui tout réussissait, un effroi croissant, peu perceptible de ses auditeurs, mais révélé, comme une photographie, par l’analyse historique. Commencé dans l’élan d’une avancée rapide en URSS avec un déferlement de consignes pour organiser sans retard ni scrupules le « nouvel espace », le tome 1 s’achève, en mars 1942, dans la réitération de plus en plus impuissante des postulats de base, naguère encore tellement fructueux. Au même moment, le massacre des Juifs d’Europe se dessine, se décide et dévoile son caractère, à la fois de vengeance et de conjuration.
Pour en terminer provisoirement avec ce sujet, je dirai que cette publication devrait rassurer ceux qui expriment des craintes, sincères ou non, devant les futures éditions de Mein Kampf. Le manifeste fou de 1925-27 risquera d’autant moins de susciter des émules qu’on le complètera par le spectacle de la déception affolée de l’auteur devant l’échec croissant de ses entreprises.
Je vous recommande le dernier Histomag http://www.39-45.org/portailv2/download/download-108+histomag-n-93-novembre-2015-janvier-2016.php sur la Pologne pendant la guerre, dans lequel j’ai glissé, en tête d’un article sur le jeu de son gouvernement face au nazisme jusqu’en 1938, quelques rapprochements avec la période actuelle et son abus de la référence à Munich.

Mon invité Marc-André Charguéraud http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-101+roosevelt-reve-de-paradis-terrestres.php invite, lui, sans le dire, à un autre rapprochement lorsqu’il traite des projets illusoires et dérisoires d’implantations de réfugiés juifs allemands aux quatre coins du monde, entre 1933 et 1939. L’hypocrisie et le cynisme des pays riches sont certes des réalités, mais le problème est à la source, encore beaucoup plus qu'aujourd'hui. On ne peut pas calmer du jour au lendemain la guerre de Syrie, tandis que dire au seul Hitler, avec toute la netteté voulue, qu'il n'avait pas à trier ses citoyens était non seulement possible mais, pour ne pas être complice, indispensable.

Last but not least, je serais heureux de vous rencontrer ce week-end au mémorial de Caen, où je présenterai mon Histoire du Troisième Reich et mes livres antérieurs, et à une table de signature, et à l’occasion d’un débat avec Jean-Marc Dreyfus :
14h45>15h45 | DÉBAT D'AUTEURS / Hall
"Au coeur de l'Allemagne nazie"
Modérateur : Jean-Luc Leleu, Ingénieur de recherche CNRS (UCBN-CRHQ)
Auteurs : Jean-Marc Dreyfus, Alfred Rosenberg. Journal 1934-1944, Flammarion, 2015
François Delpla, Une histoire du IIIe Reich, Perrin, 2014


Frémainville, le 5 novembre 2015

fdelpla


PS. Le groupe Facebook « International Society for the Study of Nazism” https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/ , dont je vous avais annoncé la création, compte à présent 125 membres. Comment, pas vous encore ? Une remarque m’ayant été faite au sujet de la personnalité controversée du patron de Fb, je ne puis que faire remarquer que certes, en empruntant les autoroutes françaises, on contribue à arrondir le patrimoine de la famille Bouygues, mais que cela ne rapporte rien à personne de faire, pour cette seule raison, un détour par les chemins vicinaux. Je rappelle également qu’on peut s’inscrire sur ce réseau social uniquement pour accéder aux messages de ce groupe.


































































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Depuis la rénovation du site :



Lettre n° 99
2 octobre 2014

Chers négligés,



Je vais pouvoir à présent vous informer plus assidûment, car le livre qui m'a demandé à la fois trois ans et trente ans de travail, "Une histoire du Troisième Reich" vient de partir chez l'imprimeur. Sa sortie est toujours prévue pour le 6 novembre. Le service de presse sera adressé à partir du 12 octobre.

Pendant ce temps, votre site favori ou presque fait peau neuve, dans une présentation de Frédéric Bonnus. L'espace que vous fréquentiez naguère s'appelle désormais "ancien site" et est accessible par la colonne de gauche de la page d'accueil de http://www.delpla.org .

Pour en revenir au livre, voici sa quatrième de couverture :


"Né il y a quatre-vingts ans, mort en sa treizième année,
le Troisième Reich n’en finit pas d’être scruté et analysé.
Mais il a été au total assez peu raconté : c’est à quoi s’attelle
cet ouvrage, dans une approche strictement chronologique,
loin de tout débat théorique. Le régime apparaît
comme un mouvement tourné vers un seul but : une réorientation
complète de l’humanité sous la conduite d’une
prétendue « race aryenne ». Contrairement à d’autres
totalitarismes, ce projet ne se rattache pas à une idéologie
précise, tout en empruntant à beaucoup. Il s’inscrit pleinement
dans son époque, mobilise une Allemagne humiliée
plus qu’affaiblie en 1918-1919, et donne vie aux fantasmes
mortifères de son chef, Adolf Hitler.
L’ouvrage mène de pair l’étude de sa folie et celle des
procédés, toujours retors et souvent habiles, qui l’amènent
tout près d’une réussite durable en 1940. De l’accession au
pouvoir à l’effondrement apocalyptique, il montre la prise
en main de la société allemande par un mélange de terreur
et de séduction, analyse la longue passivité de la communauté
internationale comme le résultat d’un jeu mené à un
rythme paralysant toute réflexion et décrit la lente agonie
du régime après le zénith de 1940, en mettant en valeur
l’action de Winston Churchill pour rassembler la coalition
adverse et maintenir vaille que vaille son unité. Pendant ce
temps, le fauve blessé du Reich déploie toutes ses potentialités
criminelles. Cette trace de feu et de sang dans l’histoire
du xxe siècle, effacée au prix d’un effort planétaire,
structure encore le monde actuel et nourrit ses débats.

Une synthèse, exhaustive et enlevée, qui faisait défaut.

François Delpla, normalien, docteur (HDR) en histoire, unique
biographe français de Hitler, est l’auteur de nombreux ouvrages
sur la Seconde Guerre mondiale."

Pour en revenir au site, il comporte dans sa nouvelle version, outre un éditorial annonçant le livre :

-trois recensions de livres récents : le "Pétain" de Bénédicte Vergez-Chaignon http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-25+une-nouvelle-biographie-de-petain.php , les "Lettres de la Wehrmacht" de Marie Moutier avec le concours de Fanny Chassain-Pichon http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-26+lettres-de-la-wehrmacht.php et le "Hitler et la France" de Jean-Paul Cointet http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=27 .

-une reprise légèrement actualisée de la rubrique "invectives" http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=5&id=11 .

-sous le titre "bonus", un début de mise en ligne des pages du livre sur le Troisième Reich qui ont dû être retirées faute de place http://www.delpla.org/site/articles/articles-15+bonus.php .

-sous le titre "Pierre d'achoppement", un débat de forum sur la folie de Hitler http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&id=4 .

- une collection de nouvelles "perles contre l'histoire" http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&id=2 .

- une nouvelle page destinée à recueillir les lettres d'information, dont celle-ci http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&id=29 : cliquez si elle s'affiche mal .

Pour votre distraction, je vous invite à visiter, sur le forum, une page où est contée la forfaiture d'un site nauséabond où je publiais de temps en temps, après une mise en cause, une mise au point. L'un de mes messages a été trafiqué, d'une façon ridiculement voyante ! http://www.delpla.org/forum/viewtopic.php?f=2&t=966&start=30

Je vous souhaite une fructueuse navigation.


fdelpla

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24 oct 14


En cet anniversaire de Montoire, rénovons notre regard sur Vichy

Centième lettre d’information du site de François Delpla


"Le Suicide français" d’Eric Zemmour fait les beaux jours de la trésorerie des hypermarchés, d’Amazon et accessoirement des librairies. Ses pages les plus commentées portent sur le régime de Vichy et plus précisément sur l’un de ses historiens, l’Américain Robert Paxton. La cible elle-même monte au créneau et se défend, plutôt mal.

Il s’agit de savoir si Philippe Pétain a aggravé le sort des Juifs de France -thèse de Paxton- ou l’a allégé au prix d’une distinction immorale mais efficace entre Juifs français et étrangers, et d’une « protection » limitée aux premiers –thèse piochée par Zemmour chez quelques auteurs anciens (Robert Aron, Poliakov, Hilberg) et un chercheur en activité, l’Israélien Alain Michel.

Au-delà d’une énième tentative des forces conservatrices françaises pour réduire la fracture entre gaullistes et pétainistes (car en dehors de ce coup de chapeau mitigé à Pétain Zemmour ne jure que par de Gaulle …un de Gaulle résolument passéiste et raciste), et d’un clin d’œil appuyé à l’électorat du Front national, cet événement offre une bonne occasion de faire le point sur le traitement des populations considérées comme juives, pendant l’Occupation de la France.

Commençons par un paradoxe : Leo Strauss en forgeant l’expression « reductio ad Hitlerum », Godwin en proposant sa loi (« à partir du moment où un débat s’installe, la probabilité que le nom de Hitler y soit cité tend vers 100% ») ont négligé le phénomène inverse. Lorsque Hitler est vraiment en cause, on en parle le moins possible ! C’est particulièrement le cas dans les débats sur Vichy. Le domptage d’un ennemi héréditaire au sein d’une guerre mondiale est un des grands exploits de l’histoire militaire et diplomatique, mais il est rarement vu sous cet angle. Une telle carence révèle que Hitler continue d’être considéré comme un destructeur aveugle, incapable de tâter un terrain et d’y adapter ses interventions. Le seul élément qu’il serait intéressant de mesurer est le degré de complaisance ou de résistance des autres hommes devant ses entreprises.

Il convient donc de renvoyer dos à dos Alain Michel et Robert Paxton, à propos des rafles de Juifs dits étrangers (souvent d’ailleurs français de naissance, ou dénaturalisés) dans l’été de 1942, qui ne débouchent pas à l’automne sur la seconde étape annoncée par l’occupant, la déportation des Juifs français. Un tournant se produit le 25 septembre, quand il apparaît que le chef SS Himmler a dispensé Knochen, chef du SD (le service de sécurité SS) en France, de la déportation des Juifs français, trois jours après une rencontre entre Himmler et Hitler. Ainsi, le dictateur sait que la déportation des étrangers a créé des remous, et en tient le plus grand compte. Il a, en France, beaucoup d’autres paramètres à considérer qu’une population juive déjà largement marginalisée, dont le meurtre peut attendre. Celle-ci sert au contraire de variable d’ajustement, pour redonner un peu de lustre à Pétain dont la réputation de « sauveur de meubles » peut et va encore servir, ô combien.

Ce débat est donc loin de concerner la seule France en ses années quarante et suivantes. Il renvoie à des carences persistantes dans l’analyse du nazisme.

Mon livre « Une histoire du Troisième Reich », à paraître chez Perrin le 6 novembre, entend y remédier… en petite partie. Il forme un tout avec la biographie de Hitler et le livre de l’an dernier sur la prise du pouvoir, tous deux aux éditions Pascal Galodé.

Montigny, le 24 octobre 2014

Pages à consulter :
-sur le livre et ses « bonus » : http://www.delpla.org/site/articles/articles-8+fd-livres.php
-sur les lettres d’information : http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php
-sur le livre de Zemmour : http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-55+a-nos-zemmour.php
-sur quelques livres récemment parus : http://www.delpla.org/site/articles/articles-11+dialogue-avec-les-oeuvres.php
-mon blog de Mediapart (cent billets tout juste, autant que de lettres d’information !) : http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla
-l’ancien site : http://delpla.org/sommaire.php3
-le site des éditions Perrin : http://www.editions-perrin.fr/auteur/francois-delpla/318181
-le site des éditions Pascal Galodé : http://www.pascalgalodeediteurs.com/grand-west_293_poches_biographie-hitler__9791091468275.html
-les deux interventions récentes de Paxton : http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/09/robert-paxton-largument-zemmour-vichy-est-vide-255385 http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/10/18/polemique-zemmour-vichy-une-collaboration-active-et-lamentable_4508542_823448.html
-le site d’Alain Michel : http://vichyetlashoah.blog.lemonde.fr/


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Lettre n° 101

A vos écrans !


Chers abonnés,


Une histoire du Troisième Reich n'aura pas échappé à vos yeux perçants chez vos libraires, depuis le 6 novembre. Les journalistes n'en finissent pas de se repaître de sa substance. Le fidèle Franck Ferrand projette de me la faire développer dans son émission d'Europe 1 le 18 décembre. La revue en ligne Culture Chronique n'en dit pas que du mal sous la signature de Pierre-André d'Aguesseau.

Surtout, Jacques Eutrope, docteur en histoire et disciple de René Girault, a non seulement écrit dans Mediapart un article assez favorable (et abondamment commenté), mais entrepris de me faire exposer par le menu les points saillants du livre et de mettre le résultat en ligne au fur et à mesure.

Je donne rendez-vous aux Franciliens à la librairie Cultura de Franconville mercredi 12 décembre de 10 à 18h pour dédicacer gratuitement le cadeau de Noël qu'ils ne manqueront pas d'avoir eu l'idée de faire à leurs familiers passionnés d'histoire, ou simplement inquiets des relents qui traversent le monde.

Sur le site ils trouveront une estimation équilibrée de l'apport d'un livre important paru juste avant, La loi du sang / Penser et agir en nazi de Johann Chapoutot. Le diagnostic de la folie de Hitler me semble y manquer... et bien sûr j'insiste pour ma part sur cette découverte qui me semble loin d'avoir encore développé toutes ses conséquences.

Je commence aussi à présenter le travail de Cédric Mas, l'un des plus compétents parmi les internautes passionnés croisés depuis le début de ce siècle.

L'antisémitisme de Martin Heidegger fait l'objet d'une mise au point.

L'historien Alain Michel, récemment mis en lumière par Eric Zemmour, a participé voici bientôt un an à un débat sur mon forum, désormais résumé sur le site.

Je signale pour finir une petite interview dans le Figaro, à propos de l'utilisation des symboles nazis par des groupes musicaux

et vous laisse à vos lectures internautiques, à vos auditions vidéographiques et, bien sûr, à votre curiosité pour les nouveautés acquises en librairie.


fdelpla


si le message s'affiche mal, retrouvez-le ici : http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php .

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PS (1er décembre 2014)



Codicille à la lettre n° 101 du site de François Delpla

Une erreur s'est manifestement glissée dans la date de la vente-signature de mon dernier livre (sans préjudice des plus anciens) chez Cultura à Franconville (centre Leclerc).

Il s'agit du MERCREDI 10 DECEMBRE, de 10h à 18h.


A présent, les liens des vidéos de présentation des nouveautés de cette Histoire du Troisième Reich (Perrin 2014) figurent sur une page du site : http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=18&id=68

Franck Ferrand, lui, n'a pas fait l'objet d'une annonce erronée et me fait causer dans son poste européen n° 1 DE 14h à 15H

JEUDI 18 DECEMBRE


En foi de quoi


bonnes lectures, bon déplacement culturel, bonnes écoutes !




fdelpla

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Lettre d’information du site de l’historien François Delpla
n° 102


Chez Franck Ferrand demain jeudi 18 décembre, 14h


Chers amis,

J’ai l’honneur d’être à nouveau invité à présenter un livre dans l’émission Au cœur de l’histoire http://www.europe1.fr/emissions/au-coeur-de-l-histoire . Les impatients peuvent dès à présent se mettre dans l’ambiance en (ré)écoutant l’émission précédente, sur la prise du pouvoir http://www.europe1.fr/mediacenter/emissions/au-coeur-de-l-histoire/sons/le-recit-hitler-30-janvier-1933-1395515 . Ou encore, sur la même chaîne : http://www.europe1.fr/mediacenter/emissions/cafe-decouvertes/sons/l-histoire-vraie-de-joseph-personnage-de-bande-dessinee-423967 .

Je suis maintenant moi-même à la tête d’une chaîne de télévision ! Car c’est ainsi que le site Dailymotion appelle les espaces qu’il met à la disposition de tout un chacun pour présenter ses vidéos. Mais là je veille personnellement à la qualité des programmes, avec l’aide de vos commentaires : http://www.dailymotion.com/FrancoisDelpla .
Le sommaire des vidéos, avec les liens appropriés, se trouve également sur le site : http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=18&id=68 .

Le récent film télévisé sur Jean-Marie Loret, né de père inconnu en mars 1918 et persuadé d’être le fils de Hitler, m’a valu un questionnement de Gilles Daniel dans Metronews http://www.metronews.fr/info/hitler-mon-grand-pere-sur-france-5-l-incroyable-enigme-du-pretendu-fils-cache-francais-du-fuhrer/mnlk!77S2PWaapRkQ/.

La psychose paranoïaque de Hitler forme le fil conducteur de mon livre Une histoire du Troisième Reich (Perrin, novembre 2014), et d’une nouvelle page du site http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=18&id=66. C’est cette maladie, apparue à la fin de 1918, qui le transforme en Antéchrist soucieux, en particulier, de rendre la fête de Noël à ses origines païennes. Aujourd’hui, elle est plutôt entre les mains des marchands du Temple ! Ceux qui trouvent leur intérêt à faire fabriquer par les enfants pauvres d’Asie les jouets des enfants de pays riches et à les faire circuler par bateau en épuisant les ressources non renouvelables.
Puisse ce cadeau entièrement conçu et réalisé en France favoriser non point un retour vers le passé, mais une réflexion plus nécessaire que jamais sur les crispations racistes qu’engendre toute crise.

Joyeuses fêtes à tous !


Montigny le 17 décembre 2014


PS.- Si le message s’affiche mal, retrouvez-le ici http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&id=29


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Lettre d’information n° 103 du site de l’historien François Delpla http://www.delpla.org


Islamo-fascisme et nazislamisme, munichois et collabos du « péril vert »… Halte au confusionnisme !


Chers abonnés,

Les attentats perpétrés en France ont ouvert une période de débats sur l’essentiel. Mais prenons garde : l’évocation et l’invocation du nazisme, mis à toutes les sauces ces dernières années, risquent de connaître une croissance exponentielle.

Le nazisme est dans l’histoire de l’Allemagne, de l’Europe et de l’humanité un météore unique et non reproductible, qui engendre cependant des nostalgies et des contrefaçons. Les fanatiques des trois principaux monothéismes sont contaminés, et ceux qui se réclament de l’islam puisent une raison particulière de l’être dans le conflit israélo-arabe. Inversement, la politique arabe de Hitler et l’adhésion à ses vues du grand mufti de Jérusalem sont exploitées pour traiter de munichois ou de collabo quiconque rechigne à reconnaître, dans l’islam, un monothéisme moins salubre que les autres.

J’esquisse mes positions de citoyen dans un éditorial flétrissant toutes les variétés d’amalgames et, sur un mode plus léger, dans mon écrin de « perles », gracieusement enrichi par Eric Verhaeghe http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&id=2 .

J’ai été heureux d’apprendre qu’un jeune historien, Johann Chapoutot, avait produit en même temps que moi un livre général sur le nazisme –un doublé des plus rares, du moins en France. Le sien porte sur l’idéologie, dont il démontre page après page la très grande cohérence. Il s’en excuse en conclusion par une profession de foi fonctionnaliste : les actes des nazis seraient dus, outre l’idéologie, à une multitude de circonstances matérielles. N’importe : c’est le travail qui compte et qui restera, non la révérence finale devant une approche dépassée. Mais ce travail présente une limite : la genèse de cette idéologie n’est pas dégagée et elle semble sortir de l’air du temps sans égard, cette fois, aux circonstances. En d’autres termes, il reste à raccorder ces délires à la folie hitlérienne, qui a polarisé en un tout inédit et formidablement dynamique les virtualités criminogènes du colonialisme, de l’antisémitisme, de l’eugénisme, du pangermanisme, etc. Ce que mon propre livre s'efforce d'esquisser -car il y a encore du travail pour quelques générations.

Sur Johann Chapoutot toujours, on trouvera ici http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=64 , outre ma recension de son livre, la mention d’un désaccord sur les projets guerriers de Hitler, qu’il estime cantonnés à l’Europe orientale. C'est du moins ce qu’il vient de répondre, dans le courrier des lecteurs de L’Histoire, à un abonné de ce magazine. Pour compléter ma propre réponse, on peut lire mon article d’Histomag http://www.39-45.org/portailv2/download/download-105+histomag-n-90-janvier-fevrier-mars-2015.php sur les leurres hitlériens pendant la préparation de la guerre, notamment vis-à-vis de la Pologne.

Hérodote (le site) http://www.herodote.net/ m’a commandé un article sur le fonctionnalisme, qui sera en ligne le 25 janvier. Trois jours auparavant, un dossier sur Hitler du magazine Géo Histoire comportera notamment des propos de votre serviteur sur la passion anti-française du dictateur, et son art de la faire oublier.

Je continue la publication des articles de Marc-André Charguéraud sur les réactions à la persécution des Juifs par les nazis. Ce mois-ci il est question de l’Eglise confessante, sans farder les retards à l’allumage de quelques figures célèbres http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=23&id=71 .

Les idées ici exprimées, et toutes mes études historiques, peuvent faire l'objet de débats sur le nouveau site (grâce à la possibilité de commenter chaque article), sur le forum http://www.delpla.org/forum/, sur d’autres forums et en particulier le beige http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=42&t=27701 ou la Tribune http://www.empereurperdu.com/tribunehistoire/viewtopic.php?f=12&t=1003 et, last but not least, sous les vidéos qui détaillent le contenu de mon dernier ouvrage : http://www.dailymotion.com/FrancoisDelpla .

Enfin, mon prochain livre est en bonne voie. Il porte sur les rapports entre Hitler et Pétain, une question aussi riche qu'inexplorée, et devrait paraître à l’automne.

Bonne et féconde année à tous


fdelpla





PS.- Si le message s’affiche mal, retrouvez-le ici http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&id=29


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Pour son cinquantenaire, un Churchill raplapla !


Lettre d'information du site de François Delpla n° 104


Chers abonnés anciens, récents et intermédiaires,



Chaque époque écrit l'histoire qui l'arrange... en dépit des historiens dignes de ce nom, qui sont par définition des résistants.

Winston Churchill, né le 30 novembre 1874 et mort le 24 janvier 1965, avait de l'esprit. En un dernier sourire, il fit traîner sa dernière maladie jusqu'à mourir l'année commémorative de la fin de la Seconde Guerre mondiale, dont le déclenchement devait tout ou presque à Hitler et le dénouement tout à lui-même, ou quasi. Mais dès lors il ne pouvait plus contrôler les faits et gestes des commémorateurs -individus ou gouvernements. Il dépend entièrement d'eux de présenter cet homme et cette guerre ensemble, ou d'en traiter séparément.

Pour l'instant, la séparation est totale. Les sites voués à la présentation des événements de "l'année Churchill" mettent sur le même plan "l'homme d'esprit", "le peintre", "les relations avec son père", "les funérailles", "les cigares"..., et le "chef de guerre". Bien plus, le traitement de ce dernier mélange allègrement les deux guerres mondiales et oscille entre les images d'Epinal du cogneur et du gaffeur, tandis que le nom de Hitler est rarissime sur les moteurs de recherche, quand il n'est pas introuvable.

Plus introuvable encore est John Lukacs, un jeune Hongrois demi-juif né en 1924, échappé aux griffes d'Eichmann puis de Staline pour devenir l'un des plus grands historiens américains, et l'un des meilleurs connaisseurs de l'histoire européenne des deux derniers siècles. Il a voué nombre de pages à Churchill et à Hitler et les a réunis dans quelques livres, à commencer par The Duel, qui en 1990 dépeignit pour la première fois le paroxysme de leur affrontement, entre le 10 mai et le 31 juillet 1940. J'ai fait connaître le dernier en date de ces ouvrages, paru en 2010 et intitulé The Legacy of the Second World War, au public français dans une traduction approuvée par l'auteur, en 2011 (The Legacy of the Second World War. New Haven; London: Yale University Press, 2010;
L'héritage de la Seconde Guerre mondiale, Ed. François-Xavier de Guibert, 2011). Cf. sur le site : http://delpla.org/article.php3?id_article=488 .

Si pittoresque que soit sa personnalité et si spirituels ses bons mots, Churchill serait aujourd'hui oublié hors de son pays sans ce duel. Son aura lui vient pour l'essentiel de l'immense puissance que le monde a laissé acquérir par Hitler, des avertissements précoces qu'il avait prodigués à cet égard et du courage avec lequel il a prêché en mai et juin 1940 que, devant le stupéfiant triomphe de l'Allemagne sur la France, c'est la bagarre qui était de mise et non la pause.

La platitude des commémorations est le reflet exact du tabou qui entoure encore cette vérité, gênante voire insupportable pour les admirateurs de Roosevelt, de Pie XII, de Staline, de Reynaud, de Ben Gourion, de Stauffenberg, etc.

Et pour quiconque vante la ténacité BRITANNIQUE en ignorant, consciemment ou non, à quel point elle était CHURCHILLIENNE.

Examinons les faits,

et ne laissons pas faire !



fdelpla, le 24 janvier 2015




à suivre :

-les commémorations d'Auschwitz mardi 27 janvier, avec votre serviteur sur France 24 de 16 à 19h; à titre d'entraînement, une chaîne Dailymotion : http://www.dailymotion.com/FrancoisDelpla

-un article sur le fonctionnalisme http://www.herodote.net/Le_nazisme_entre_fonctionnalisme_et_intentionnalisme-article-1493.php

-la recension d'un livre décapant http://clio-cr.clionautes.org/IMG/article_PDF/Une-histoire-du-IIIe-Reich_a5391.pdf .

Si le message peine à s'afficher, rendez-vous ici http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php .


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Lettre d'information n° 105
http://www.delpla.org

Chers abonnés,





Si haute que soit leur tour, si dur l'ivoire dont elle est faite, les historiens sont les plus terre à terre des savants, les plus immergés dans la glaise de leur époque.

Ma spécialité, l'histoire du nazisme et de sa guerre, avec une focalisation particulière sur l'année 1940 (Doumenc *1992, Churchill et les Français 1993-2000-2005-2011, Montoire *1996, La Ruse nazie / Dunkerque 24 mai 1940 *1997, L'Appel du 18 juin 1940 *2000, La Face cachée de 1940 / comment Churchill réussit à prolonger la partie *2003, Mers el-Kébir *2010) n'en finit pas de faire la Une des journaux et d'être invoquée par des clans actuels.

Si l'idée de progrès, actuellement impopulaire, doit être maniée avec précaution, c'est bien dans ce domaine : certains ouvrages qui passent d'abord pour des avancées sont en grande partie régressifs, au point de donner un bain de Jouvence, des années plus tard, à des productions antérieures qui, comme il est logique, commencent à sentir le moisi. C'est ainsi que Robert Aron, le premier historien de Vichy (1954), fort complaisant envers son objet, connaît une seconde jeunesse à mesure qu'apparaissent les limites de son contradicteur Robert Paxton (1972). Pire : le livre gravement inexact, du moins sur son sujet principal (la campagne de mai 1940), de Karl-Heinz Frieser (1995), traduit en français en 2003 sous le titre Le Mythe de la guerre-éclair, ressuscite pêle-mêle de nos jours Goutard (1957) et Truchet (1955), voire de Gaulle (1953) -ce dernier, en ses Mémoires de guerre, non dépourvu de valeur historique, mais au carrefour de l'histoire, de la fresque épique et du tract électoral.

Enfin Ian Kershaw, qui a tant fait dans son Hitler (1999-2001) pour arracher le personnage à une sous-estimation générale de ses capacités et de sa cohérence, reste trop prisonnier de sa formation "fonctionnaliste" et d'une méfiance envers l'histoire "complotiste" pour aller au bout de ses découvertes. Voilà qui autorise l'un des analystes les plus récents et les plus cultivés du nazisme, Johann Chapoutot, à disserter savamment, et de façon novatrice, sur les ramifications de l'idéologie nazie, en estompant hélas ce qu'elle doit à son créateur. Il l'attribue tout entière à la culture germanique, avec des accents parfois dignes d'Edmond Vermeil (1938) qui présentait sur le même plan une palette bigarrée de "doctrinaires de la révolution allemande".

Parmi les nombreux anniversaires à célébrer cette année, l'un des derniers sera celui de l'ouverture du procès de Nuremberg, en novembre. Relisant mon propre livre d'il y a dix ans, je me remémore à quel point ces assises, si éclairantes, nécessaires et justes qu'elles aient été dans leurs débats et leurs verdicts, ont écrit droit avec des lignes courbes. La préparation de la guerre, notamment, a été obscurcie par la notion de "complot contre la paix" alors qu'il n'y avait souvent, lors de chaque épisode, qu'un véritable comploteur (le chef) et deux ou trois complices (Göring, Himmler et le toujours sous-estimé Canaris étant aux premières loges). D'autre part le "complot", pour plus de sûreté, démarrait aux yeux du tribunal le 5 novembre 1937, date d'une réunion à la chancellerie, dont le procès-verbal montrait un Führer détaillant des projets guerriers... en partie mensongers. Les infortunés auditeurs, s'ils étaient encore vivants, ont payé cher, et plus cher que leurs coaccusés à criminalité égale, pour avoir entendu cela.

Ces approximations de prétoire ne sont point encore vraiment dépassées. Il nous incombe donc, mieux vaut tard que jamais, de regarder le nazisme tout entier comme un complot contre la paix, ordonné à la préparation d'une guerre la plus précoce possible, tout en avançant masqué pour que les ennemis soient les moins préparés et organisés possibles.

Ce dispositif est perceptible dès les premières heures du pouvoir de Hitler, l'après-midi du 30 janvier 1933 : http://www.delpla.org/site/upload/2015_001_histoire_du_nazisme_la_lettre_f0caf.pdf .

Mon livre Une histoire du Troisième Reich a été chroniqué sur Hérodote http://www.herodote.net/Une_Histoire_du_IIIe_Reich-bibliographie-552.php et chez les Clionautes http://clio-cr.clionautes.org/une-histoire-du-iiie-reich.html#.VOHCqi6QBCI , où j'ai moi-même disserté sur un Darlan bien inté-récent http://clio-cr.clionautes.org/darlan-la-collaboration-a-tout-prix.html#.VOHC8C6QBCI .

A ce propos, je serai heureux de rencontrer les Tourangeaux, ou les vacanciers amateurs de périples sur la Loire, vendredi 27 à 18h 30 : http://www.auberge-de-la-treille.com/fr/accueil.php

Enfin, la saison est propice à la collecte des perles : http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php .



Bons périples !


fdelpla


Si le message peine à s'afficher, rendez-vous ici http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php .


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Lettre d'information n° 106
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Hitler omniscient ? Plutôt homme, et « sciant » !



Chers abonnés fidèles et infidèles,



« Vous nous présentez un Hitler omniscient » : l’objection faite depuis le début de son travail au biographe français du chef nazi ne désarme pas, en dépit de la publication d’une Histoire du Troisième Reich (Perrin, novembre 2014) dont chaque page contient de quoi la désamorcer.
Ce dictateur intelligent et fou à la fois, dont les succès stupéfiants et constants tout au long des années 1930 sont dus pour une grande part au caractère sans précédent d’une telle conjonction de rationalité et d’irrationalité à la tête d’une grande puissance (et dans la tête de son principal dirigeant), possédait à un haut degré deux qualités précieuses pour diriger quelque entreprise que ce soit : l’art de choisir ses collaborateurs et celui de leur déléguer l’accessoire en gardant la capacité de les guider sur l’essentiel.
Trop simple, cette vérité reste scandaleuse (comment donc, personne ne s’en serait aperçu ?) et ici se combinent les intérêts de deux sortes de boutiques : celles des partis politiques, dont les ancêtres de l’époque, sur toutes les cases de l’échiquier, ont été roulés dans la farine et se sont mal orientés faute de percer les brouillards hitlériens, et celles de l’histoire universitaire en ses multiples chapelles, rodées à considérer que la simplicité du regard est mauvaise conseillère et que toute avancée dans la recherche ne saurait survenir qu’au terme de fastidieuses compilations d’archives (mais hélas, cette condition proclamée nécessaire n’est pas toujours jugée suffisante !).
Si l’on ajoute au rôle sans précédent de Hitler pour changer le cours de l’histoire contribution irremplaçable de Churchill pour lui arracher l’initiative et l’empêcher d’arriver à ses fins, on multiplie encore les occasions de frictions et de malentendus, avec les uns comme avec les autres.
En résumé, il reste plus sûr, pour naviguer tranquillement, de ne pas trop s’éloigner des routes bien balisées : Hitler est un violent servi par une chance insolente, qui ne pouvait, à la longue, que se casser la figure, et mal lui a pris de ne pas savoir éviter la guerre avec une Angleterre apparemment ramollie, mais unanimement indignée par ses procédés.
Néanmoins, si les livres fondés sur ces postulats trouvent encore preneur, l’avenir appartient à qui s’en éloigne, et le présent en porte déjà largement témoignage. La guerre nazie à l’est se dévoile de plus en plus comme une entreprise qui ne doit rien à l’improvisation (mais que l’urgence créée par la résistance churchillienne a dangereusement accélérée) dans les travaux de Timothy Snyder, de Nicolas Bernard, de Jean Lopez et de bien d’autres. La Shoah, souvent analysée comme un processus bureaucratique acéphale, est en train de retrouver toute sa tête à en croire un récent livre de Johann Chapoutot http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=64 , en dépit de sa conclusion en forme de repentir et d’un fréquent oubli du rôle moteur de Hitler dans la genèse de l’idéologie. Son dessein ferme et constant d’écraser la France avant de se lancer vers l’est est enfin mis au jour par Jean-Paul Cointet http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?id=27&cat=11 même si son corollaire, le caractère inévitable d’un état de guerre temporaire avec l’Angleterre, reste implicite. La puissance d’attraction de Hitler sur Vichy est dégagée dans un livre sur Darlan http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-74+le-darlan-de-bernard-costagliola.php où Bernard Costagliola confirme le beau tempérament d’iconoclaste qu’il avait déjà montré dans sa thèse sur la marine de Vichy, éditée en 2009. Sa cible principale est le regretté Hervé Coutau-Bégarie, bon spécialiste des questions stratégiques mais auteur à partir de 1989 de travaux sur Darlan entachés d’un parti pris pétainiste, qui ne peut plus désormais être nié. Hubert Delpont avait d’ailleurs sonné l’alarme en 1998 en dévoilant un long texte d’allégeance au nazisme, signé de l’amiral et daté de juillet 1942, dans un livre sur Darlan et dans une indifférence générale (l’auteur, qui est aussi l’éditeur, avait inondé les spécialistes de services de presse, en vain, jusqu’à qu’il serve Costagliola en raison de son livre de 2009, puis votre serviteur en raison de sa recension précitée).
Toutes ces parutions sont stimulantes. Ainsi, hier même, voulant illustrer la manipulation de Darlan par le Reich, je suis tombé sur un « propos de table » de Hitler sur Vichy rarement cité, et ô combien éclairant, que j’ai déposé en conclusion d’un billet de Mediapart http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/010315/un-livre-pionnier-sur-vichy-le-darlan-de-bernard-costagliola .
Vous trouverez aussi sur le site

-un exemple flagrant de trucage de l’image de Hitler par lui-même : sa réputation de « bouffeur de tapis », dont la genèse nazie a été mise en lumière depuis peu, notamment grâce aux débats de forums http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&id=79 .
-un éditorial inspiré par l’expression « islamo-fascisme », stupéfiante dans la bouche d’un premier ministre.
-une première « lettre sur l’histoire du nazisme », annonçant une longue série http://www.delpla.org/site/upload/2015_001_histoire_du_nazisme_la_lettre_f0caf.pdf .
-un florilège des recensions de mon livre, très brièvement commenté http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=18&id=78 .
-une chronologie du Troisième Reich (revendiquée par un lecteur de ce livre) http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=19&id=73 .

Vendredi dernier 27 février, j’ai été invité à parler de cet ouvrage dans un endroit voué aux cultures (celle de la vigne n’étant pas la dernière ; connaissez-vous le vignoble de Montlouis ?), l’Auberge de la Treille à Saint-Martin le Beau, entre Tours et Amboise. Auparavant j’avais été invité sur le plateau de TV Tours http://www.tvtours.fr/emissions/11/tout-sur-un-plateau.html# (mon intervention à 7’ 30) puis sur la radio de l’évêché (lien sur la page d’accueil du site), et longuement interrogé sur la personnalité d’Adolf Hitler.

Point omniscient donc, mais homme sciant, funambule dont un public figé guette la défaillance, dominant son époque et projetant sur la nôtre des ombres sinistres, il laisse aux historiens beaucoup à découvrir et parmi tous les proverbes qu’il illustre un est d’actualité : mieux vaut tard que jamais !


Montigny, le 2 mars 2015


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Intentionnalisme et fonctionnalisme : antinomiques mais non antidotes !




Lettre d'information du site de l'historien François Delpla

N° 107




Chers abonnés,


En ce jour anniversaire autant que printanier, les vœux de beaucoup d’entre vous m’incitent à tenter de naître, enfin, tel que je suis, en dissipant un sombre nuage qui m’inflige une réputation indue : celle d’un historien « intentionnaliste » pour lequel Hitler « serait omniscient et déciderait de tout », au point que je me croirais dispensé de prouver par des documents le rôle du chef dans les décisions des nazis, à quelque échelon que ce soit. Je sais bien qu’aucun de vous n’est sensible à ce genre de propagande, mais c’est comme à l’école ou à l’armée : pour savonner la tête des absents et des déserteurs, le professeur comme le colonel sont bien obligés de s’adresser aux présents.

Pernicieuse entre toutes les pensées binaires est l’idée que, pour sortir d’une impasse appelée fonctionnalisme, on doive nécessairement emprunter une voie dite intentionnaliste. En d’autres termes, soit le nazisme serait un ramassis de clans mafieux se disputant la faveur d’un maître, qui n’aurait lui-même d’autre ligne de conduite que d’arbitrer entre les lubies de ses lieutenants, soit « tout serait déjà dans Mein Kampf ». Le fait que ce livre arrive en force dans les librairies au début de l’année prochaine, en raison de son entrée dans le domaine public 70 ans après la mort de l’auteur, va aider l’humanité à comprendre qu’il annonce un grand nombre d’événements, mais certes point tous et rarement dans le détail. En outre, à côté d’une franchise crue il comporte aussi des dissimulations, parfois évolutives d’un tome à l’autre. Le meilleur exemple concerne le sort des handicapés, promis à la mort en 1925 et à la stérilisation deux ans plus tard. En fait, ils seront stérilisés avant la guerre, et tués pendant. Un décryptement est donc nécessaire, dans ce cas et dans beaucoup d’autres.

Il est vrai que les limites depuis toujours évidentes et gênantes du fonctionnalisme (une école qui se dit telle et a pignon sur rue) comme de l’intentionnalisme (une nébuleuse mal définie, baptisée par son adversaire fonctionnaliste) ont incité maint spécialiste, depuis une trentaine d’années, à dire que la querelle était dépassée et que l’heure était à la synthèse. Mais songerait-on à unir l’eau et le feu, ou à soigner la peste par le choléra ? En vérité, le nazisme ne répondait, dans l’Allemagne ou l’Europe de son temps, à aucune nécessité fonctionnelle, pas plus qu’il ne suivait un plan détaillé. Il s’agissait d’un régime qui savait ce qu’il voulait, doté d’une rare aptitude à mettre les circonstances à profit. Il s’agissait aussi, et ce n’était pas le moindre ingrédient de son succès, d’un projet fou et sanguinaire, doté d’une justification métaphysique. C’est son irréalisme même qui le rendait applicable : par l’incrédulité que suscitaient ses déclarations d'intention, le nazisme rassurait partenaires et adversaires.

Les enrichissements récents du site portent

* sur la survie plus importante des Juifs français sous Vichy, à travers un débat sur le site d’Alain Michel http://www.delpla.org/site/articles/articles-10-58+debats-avec-alain-michel.php ;
*sur l’attitude collaboratrice encore trop méconnue de l’amiral Darlan, mise en lumière par un livre novateur de Bernard Costagiola, qui de surcroît tire d’un oubli injuste un livre pionnier d’Hubert Delpont ; ce dernier m’a autorisé à mettre en ligne une profession de foi nazie de Darlan en juillet 1942, laissée dans l’ombre par les précédents biographes http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-74+le-darlan-de-bernard-costagliola.php http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&id=82 ;
* sur la religion de Hitler, avec une recension du livre éponyme d’Arnaud de la Croix, déjà auteur d’un remarquable Hitler et la franc-maçonnerie http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=85 ;
* sur la vision de Hitler par Churchill dans son fameux article de 1935 http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&id=84 ;
* sur un élément méconnu de la décoration du Berghof, on ne peut plus révélateur des obsessions du propriétaire http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&id=80 ;
* sur un livre de Johann Chapoutot http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=83
et un autre de Lionel Richard http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=86
*sur deux ou trois perles supplémentaires (il a fallu se restreindre tant la période est nécessiteuse) http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&id=2

Quant à mes prestations récentes et à mes projets immédiats de parole et d’écriture, ce que j’en puis dévoiler porte sur

• Une interview dans le magazine Histoire du Second Conflit Mondial (n° 28, 20 mars 2015) à propos de mon Histoire du Troisième Reich
• Une invitation au salon du livre de Genève, les 2 et 3 mai, notamment pour un débat sur « la dédiabolisation du nazisme », le samedi à 14h, à l’invitation du CICAD (Centre d’information de de coordination contre les discriminations)
• Une participation au documentaire de D8 sur Hitler, diffusé fin avril, aux côtés d’une douzaine d’autres historiens
• Une interview dans le « bonus » du film très soigné de Vanessa Lapa « Himmler the Decent One », en collaboration avec Katrin Himmler et Michael Wildt
• Un certain nombre d’apparitions et de parutions sur petit écran lors de l’anniversaire du procès de Nuremberg
• La sortie en livre de poche, avant la fin de l’année, des Tentatrices du diable (L’Archipel, 2005, sur les relations entre Hitler et la gent féminine)
• Un début de débat sur le site Athéna-Défense de Roland Pietrini à propos des questions essentielles et rarement posées sur le nazisme (date d’apparition de l’antisémitisme chez Hitler, guerre contre la France voulue ou accidentelle, etc.) http://www.athena-vostok.com/a-propos-d-hitler-du-nazisme-et-des-blocages
• Quelques nouveaux billets sur Mediapart, dont une réaction à chaud sur la très étrange soirée sondagière du premier tour des élections départementales françaises http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/230315/un-ahurissant-discours-de-valls

Bonnes lectures et heureux spectacles !

Montigny-les-Cormeilles, 26 mars 2015
fdelpla


Si le message s’affiche mal, retrouvez-le ici http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php


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L’histoire doit-elle être consensuelle ? L’exemple du tournant de 1940


Lettre d'information N° 108




Prenons une question cruciale : la continuation de la guerre par le Royaume-Uni après la défaite de la France.

Qu’en est-il fin mai 1940, au moment de Dunkerque, l’armée française ayant été coupée en deux après la percée allemande des Ardennes, depuis Sedan jusqu’à la mer ? Qu’en est-il fin juin, après l’armistice franco-allemand ?

Le choix de ne pas s’incliner, conforme aux meilleures traditions du pays, pouvait en outre être présenté comme une réplique exacte de celui de Pitt face à Napoléon –un précédent dont Churchill allait se réclamer souvent. Il s’ensuivit un premier consensus, la victoire de 1945 aidant, ainsi que la défaite électorale qui avait laissé à Churchill les loisirs nécessaires pour se faire le héraut de son épopée : la France décadente et mal commandée, tant militairement que politiquement, avait plié mais la fière Angleterre, après avoir tardé à se mobiliser devant le danger,
comme souvent,
avait relevé le défi sans un instant d’hésitation,
comme toujours.
La sous-estimation récurrente de Hitler depuis 1920 contribuait à verrouiller la réflexion -et la voix de la France, engoncée dans les séquelles de son désastre, restait inaudible.

Un naïf pourrait croire que le surgissement, en 1971, des archives du cabinet britannique, révélant le jeu personnel du ministre des Affaires étrangères Edward Halifax et sa préférence pour une paix de compromis, allait obliger chacun à réexaminer toute l’affaire. D’autant qu’après la disparition dans les années précédentes des grands premiers rôles anglais, français et suédois (Churchill, de Gaulle, Reynaud, Daladier, Baudouin, Günther et Nordling), un nombre impressionnant de dirigeants haut placés, ou de sous-ordres connaissant parfaitement les coulisses, pouvaient encore commenter les stupéfiantes minutes des discussions du War Cabinet : Eden, Butler, Spears, Colville, Courcel, Leca, Margerie, Villelume, Leger, Prytz…

Or on n’importuna guère ces témoins dans leurs vieux jours et il ne se passa rien, pendant très longtemps. On vit même un auteur anglais publier en 1973 un florilège des délibérations du cabinet en omettant méthodiquement ce qui aurait contredit les mémoires de Churchill : ainsi la seule discussion un peu orageuse du cabinet britannique en 1940 reste, dans ce livre, celle qui avait opposé Churchill et l’air marshal Hugh Dowding au sujet de l’envoi d’avions à la France (*).

Un auteur américain longtemps solitaire, John Lukacs (né en 1924 et reconnu, surtout pour d’autres travaux, comme l’un des plus grands historiens vivants), eut le mérite de soulever la question en 1976 puis de l’approfondir à plusieurs reprises dans la décennie 1990. Sa grande notoriété assura une certaine audience à ses ouvrages sur le sujet. Du coup, les biographes de Churchill (Bédarida, Jenkins, Best, Kersaudy et d’autres) se mirent à évoquer cette crise en admettant plus ou moins clairement que leur héros avait failli perdre le pouvoir puis Ian Kershaw siffla, en 2007, la fin de la récréation, dans le premier chapitre de ses Fateful Choices / Ten decisions that changed the world 1940-1941. Churchill n’avait, d’après cette étude, jamais été menacé puisqu’il disposait d’une majorité arithmétique, Halifax étant seul de son avis parmi les cinq membres du cabinet. Le premier ministre avait laissé se dérouler la discussion pour observer les formes démocratiques et obtenir une décision unanime, Halifax se rendant finalement à des arguments plus rationnels que les siens.

En réalité le débat n’est pas clos. Ian Kershaw n’a pas réussi à conclure.

En fait de démocratie, Churchill avait étouffé la dispute en sonnant la charge au nom de l’état de guerre. Il s’était donné des armes juridiques pour arrêter les défaitistes (en faisant un exemple, le 23 mai, sur Mosley et sa poignée de fascistes) et avait tiré grand parti de la menace d’une invasion ; la querelle qui avait connu son acmé entre le 26 et le 28 mai n’avait précisément pas reçu de conclusion, mais avait été suspendue pour la durée de l’évacuation de Dunkerque… et n’avait jamais repris –mais Halifax avait continué d’adresser des oeillades aux Allemands par l’intermédiaire, notamment, de la Suède (télégramme de Prytz, 17 juin http://www.delpla.org/article.php3?id_article=102 ).

A partir de cet exemple, il faut constater, une fois de plus, que l’histoire n’est pas une grand-messe consensuelle, ni un exercice de colmatage pour sauver les idées reçues, mais un regard critique, toujours mieux affiné, sur les justifications avancées par les acteurs de l’époque considérée. Le carburant de ce progrès ne saurait être la révérence devant une autorité, quelle qu’elle soit, mais le débat.

Je confirme et je maintiens qu’il y a bien eu un rapport de forces, difficile pour Churchill, au sein du cabinet britannique, au moment de Dunkerque puis de l’armistice franco-allemand. Churchill a bien failli perdre le pouvoir et le monde gagner la paix… nazie.

Les documents sont sur la table.


(*) cf. Parkinson (Robert), Blood, Toil, Tears and Sweat , Londres, 1973, ch. 2.
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Sur le site, je continue la revue de presse de mon livre sur le Troisième Reich http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=18&id=78 en ajoutant surtout, cette fois-ci, une interview de moi-même par Raymond Serini dans le numéro actuel du magazine Histoire du second conflit mondial ; les questions témoignent d’une lecture fort attentive de l’ouvrage ; il est vrai que l’auteur n’en est pas à son coup d’essai comme en témoignent ses interviews mises en ligne, notamment celle-ci, concernant Leni Riefenstahl http://www.leoscheer.com/IMG/pdf/itw-Lilian.pdf .

Je continue à refuser de toutes mes faibles forces l’étiquette d’ « intentionnaliste » que des myopes continuent de m’appliquer http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?id=64&cat=11 .

Je présente le deuxième livre d’Eric Kerjean, le pionnier qui a osé poser les bonnes questions sur l’attitude résistante de Canaris http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-90+le-second-livre-d-eric-kerjean.php .

Je publie un nouvel article de Marc-André Charguéraud http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=23&id=89 sur un sauvetage de Juifs polonais et sa reconnaissance différenciée : le Japonais Sugihara, déclaré « Juste », est encensé ; l’Américain Moses Beckelman, étant juif, ne peut l’être (Juste), ce qui n’est pas une raison pour qu’il soit oublié.

Je donne rendez-vous à mon public helvète, alpestre, rhodanien et plus si affinités au Salon du livre de Genève, les 2 et 3 mai. Je participerai notamment à un débat sur la « dédiabolisation du nazisme » organisé par le CICAD (Centre d’information de de coordination contre l’antisémitisme et les discriminations) le samedi à 14h.

Sur des sites amis les débats continuent, même si les historiens professionnels y sont encore trop rares. Qu'ils prennent modèle sur Bernard Costagliola, qui défend et affine les innovations de son livre sur Darlan http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=55969&v=1 . Sur Athena-vostok mes propres thèses entraînent des réactions variées http://www.athena-vostok.com/recherche?q=delpla&id=276653 . Si une certaine discussion sur Nonfiction.fr http://www.nonfiction.fr/article-7411-prendre_les_nazis_au_serieux.htm semble avoir tourné court, il y a de plus en plus d’échanges intéressants dans les commentaires de livres sur Amazon. J’en ai mis quelques-uns en ligne, à propos de la folie de Hitler http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&id=87 .

Sur le même sujet, j’ai publié un résumé des discussions sur l’œuvre encore trop méconnue de Rudolph Binion http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=5&id=88 .


Que le soleil de ce printemps soit régénérant pour les corps et les esprits !


Montigny-les-Cormeilles, 17 avril 2015

fdelpla


Si vous voulez vous remémorer les lettres précédentes ou si le présent message s’affiche mal : http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php


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Devant Hitler, une cécité indéracinable et un blocage éternel ?



Lettre d’information n° 110 du site de François Delpla http://www.delpla.org




POUR CONSTATER ET POUR ECRIRE QU’UN DICTATEUR DICTAIT, il ne semble pas qu’il faille une dose particulière d’intelligence ou de courage. Pourtant, dans le cas de Hitler, cela peut encore, en 2015, valoir à qui s’y risque, fût-il normalien, docteur et habilité, des montagnes d’incompréhension, de rumeurs caricaturales, de prises de distances apitoyées ou courroucées, d’ostracisme dans les médias, de marginalisation dans les génériques, de non-invitations dans les colloques et d’omissions dans les bibliographies.

Témoin de ce blocage, le statut, au plan mondial, de la biographie monumentale du Führer par Ian Kershaw (1999-2001). Cette synthèse des connaissances disponibles et de l’état des questions à la fin du XXème siècle, généralement sûre et souvent exhaustive sur l’essentiel, joue hélas trop souvent le rôle d’une statue du Commandeur, d’un dogme permettant de tracer la frontière de l’hérésie et d’opposer aux découvertes une farouche résistance.

ET POURTANT, ELLE TOURNE ! Qui donc ? La recherche. Et les apports des livres et des études parus depuis 2002 vont tous dans le même sens. Ils aident à cerner le rôle moteur de Hitler dans les principales orientations de son régime et, sans nier le moins du monde l’importance des subalternes, leur assignent une place, comme de juste, subordonnée.

Voyez Johann Chapoutot http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=64 qui, après une exploration pionnière des emprunts du nazisme à l’Antiquité gréco-romaine, éclaire avec finesse la diffusion de son idéologie dans le corps social par une myriade de spécialistes du droit, de la philosophie, de la médecine, du cinéma, etc. S’il passe rapidement sur le rôle du chef, il va bien devoir un jour tirer, de la cohérence même de l’ensemble qu’il dégage, la conclusion qui s’impose.

Voyez la révélation des Cahiers noirs de Heidegger http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=62 , qui prend à contrepied ses nombreux thuriféraires français par la mise au jour, non seulement de l’antisémitisme foncier du philosophe, mais du caractère central de ce trait dans sa pensée. Qu’est-ce donc qui en avait rendu possible la dissimulation ? Le fait que de nombreux témoignages établissaient que depuis 1935 environ Heidegger persiflait les grands du régime devant ses étudiants. On ne s’était pas avisé qu’il épargnait le premier d’entre eux et prenait rang par là dans une cohorte de nazis mal dégrisés comme Otto Wagener, Leni Riefenstahl et bien d’autres. Tout se passe comme s’il estimait au bout du compte que le « surgissement de l’Estre », incarné par ce prophète, avait été mal secondé par des ministres mal choisis, faisant avorter une tentative prometteuse de résistance à l’« américanisation » (un synonyme, dans ces cahiers, de « domination juive mondiale »).

Voyez le texte d’inspiration nazie de l’amiral Darlan en juillet 1942 http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-74+le-darlan-de-bernard-costagliola.php que Bernard Costagliola, après sa découverte quasi-clandestine par Hubert Delpont en 1998, a exploité dernièrement pour créer une petite révolution dans notre vision du dirigeant vichyssois. Qu’est-ce à dire, sinon que ce patriote dévoyé accordait encore beaucoup de crédit à l’idée hitlérienne d’une Europe tenant la dragée haute aux Etats-Unis comme à l’URSS ?

Voyez les recherches de l’association Yahad-In Unum sur la Shoah par balles et les autres massacres est-européens, contestées lors de leur première apparition par une polémique éphémère, qui tendent à faire la part entre une infinie diversité de situations locales (ce qui montre la marge d’initiative laissée aux exécutants et leur inventivité), et une impulsion permanente venue d’en haut… de tout en haut.

Voyez les crimes ou les bizarreries survenus au sommet de l’Etat nazi dont la genèse est obscure et dont, notamment depuis 1960, sous la férule longtemps hégémonique d’une école dite fonctionnaliste, on se refusait « scientifiquement » à attribuer l’initiative à Hitler, comme l’incendie du Reichstag, l’arrêt devant Dunkerque http://www.dailymotion.com/video/x2b5ah1_dunkerque-et-la-crise-du-cabinet-britannique_school, le vol de Rudolf Hess http://www.delpla.org/article.php3?id_article=494 et les menées tortueuses de Canaris. On est loin encore d’un consensus, mais de livre en livre un Longerich, un Brayard, un Kershaw même sont de moins en moins enclins à laisser penser que quelque lieutenant ait mis un jour Hitler devant le fait accompli d’un acte important.

Voyez, dans la recherche sur le système concentrationnaire, les réflexions récentes sur la « zone grise » repérée par Primo Levi : le colloque tenu à Bruxelles en 2009 parle peu du dictateur mais beaucoup de la spécificité nazie, qui posait des problèmes moraux d’une autre nature que les situations antérieures et postérieures (cf. La Zone grise / entre accommodement et collaboration, Kimé, 2010).

Voyez Vincent Platini, sans doute l’historien qui a récemment le plus augmenté le champ des études sur le nazisme, en scrutant avec une érudition gourmande la culture populaire et surtout le roman policier http://www.babelio.com/livres/Platini-Krimi--Une-anthologie-du-recit-policier-sous-le-T/612538 . Lui aussi, sans beaucoup évoquer Hitler et en se concentrant plutôt sur Goebbels, met au jour une surveillance policière cohérente et intelligente, qui ne saurait être le seul fait du préposé à la propagande.

Voyez Jean-Louis Vullierme, un spécialiste de philosophie politique, qui présente une théorie générale du nazisme mettant l’accent sur sa logique d’ensemble et réhabilitant la notion d’« intention ». Il a le tort d’incriminer la civilisation occidentale et de voir dans le nazisme un « précipité » d’icelle, sans s’intéresser au catalyseur indispensable du chef. Mais il a l’immense et encore trop rare mérite de s’offrir à la critique de façon interactive, sur le site de son éditeur http://miroirdeloccident.fr/echange-avec-auteur.php .

Last but not least, voyez Kershaw lui-même qui dans The End invente le concept, immédiatement classique, de « quadriumvirat » pour désigner les principaux chefs nazis de la dernière année de la guerre : Himmler, Bormann, Goebbels et Speer… tous plus familiers du Führer les uns que les autres, et coordonnés par qui sinon par lui ?

Philippe Burrin http://delpla.org/article.php3?id_article=111 , qui dans les années 1980-90 avait été l’un des premiers historiens à réagir contre la marginalisation de Hitler dans son propre régime, écrivait dès 1989 : « Hitler suivait et guidait pas à pas la politique extérieure et la politique militaire. Malgré les trous de la documentation, il est démontrable que sa présence était d’autant plus active et sa direction plus exclusive que la question considérée se rapprochait du noyau de ses convictions. » (Hitler et les Juifs, Seuil, p. 15 ; une affirmation répétée en janvier 2003 dans un article de L’Histoire et en 2010 dans Le nazisme en questions, Paris, Fayard/Pluriel, p. 153.)

Il ne s’agit pas, du moins en ce qui me concerne, de négliger les élites allemandes ou les autres cadres nazis, encore moins de les excuser. Les échos que je reçois, directement ou non, de la réception de mon travail charrient pourtant souvent des incompréhensions de cet ordre, énoncées de manière générale et sans le moindre exemple. Or si le reproche avait le moindre fondement, on se ferait un devoir, par des extraits choisis, de me mettre, et de mettre aux lecteurs, le doigt dessus !

Le site détaille depuis quinze ans les facteurs de blocage aussi bien que les avancées. L’anniversaire de la victoire de 1945 a offert de nombreux exemples dans ces deux domaines. Celui du procès de Nuremberg va prendre le relais. Surtout, peut-être, la parution dès janvier 2016 des œuvres de Hitler, tombées dans le domaine public, avec, souhaitons-le, des traductions françaises meilleures que les précédentes (ce qui ne serait pas un exploit) et bénéficiant elles-mêmes des acquis de la recherche, va obliger tout un chacun à examiner de plus près le personnage…

… et à reconnaître UNE CONJONCTION RARE DE FOLIE ET DE TALENT.

Montigny, le 22 mai 2015



PS

La vidéo du salon du livre de Genève (voir lettre n° 109) sera disponible début juin ici : https://www.youtube.com/watch?v=SQGjo5w8iTg

Le remarquable film de Vanessa Lapa « Himmler the Decent One », sorti en salles en janvier, sera commercialisé en juin sous la forme d’un DVD. Interviewé pendant une heure pour le bonus, j’ai eu la surprise point trop désagréable de voir que le quart d’heure retenu élaguait l’accessoire pour se concentrer sur l’essentiel (trop absent du film) : le rapport de soumission du personnage à son chef.

BFM TV ne se contente pas de recourir aux services des historiens les jours de commémorations, il arrive qu’elle les immortalise http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/francois-delpla-le-8-mai-1945-c-est-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale-et-du-regime-nazisme-521389.html . Pendant ces quelques minutes, j’ai eu l’occasion de camper Churchill en rival de Hitler et ce, pendant toute la guerre.

A partir des fables de Rezun-Souvorov sur l'intention de Staline d'attaquer l'Allemagne en 1941, un débat de forum de haute tenue est en cours : http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=18&t=41678&start=0 .


Si vous voulez vous remémorer les lettres précédentes ou si le présent message s’affiche mal : http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php

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Sur le nazisme, des questions de plus en plus pertinentes








Lettre d’information n° 111 du site de François Delpla
http://www.delpla.org


29 juin 2015




Chers abonnés,


Au seuil de cet été, les plaies mal guéries des années trente et quarante n’en finissent pas de suppurer, au Moyen-Orient comme en Afrique, en Europe de l’Est comme en Asie et, de plus en plus, dans les pays développés. L’anniversaire du procès de Nuremberg, cet automne, est l’occasion de réfléchir à ce qui, faute d’avoir été analysé, fait retour.

Je m’y efforce dans la nouvelle préface de mon livre de 2006 sur le procès, bientôt réédité en poche aux éditions de l’Archipel. Je mentionne notamment la redécouverte en 2013 par Jack El-Hai de Douglas Kelley, le premier psychiatre américain de la prison de Nuremberg, fasciné par Göring au point de se suicider comme lui au cyanure, en 1958. Ni l’ex-Reichsmarschall ni les autres accusés ne souffraient de pathologies mentales, assénait Kelley au contraire du psychologue Gustav Gilbert, dont le livre est beaucoup plus connu. Ce qui laisse entière la question de la santé mentale de Hitler, que Kelley n’avait pas rencontré mais sur lequel il avait recueilli, avant d’autres, le témoignage de sa secrétaire Christa Schroeder.

Il en tire une conclusion, pour l’époque, magistrale : « Il fut capable, par son dynamisme, son intelligence et son art de manier les gens, d’atteindre une position où, à la fin, ses déviations pathologiques ont pu perturber l’ensemble du monde civilisé, et presque le détruire. » (22 Cells in Nuremberg, New-York, American Book-Stratford Press, 1947, p. 250).

Les chapitres du livre qui avaient été mis en ligne sur le site seront réédités sans changement ou presque :
http://delpla.org/article.php3?id_article=338
http://delpla.org/article.php3?id_article=337
http://delpla.org/article.php3?id_article=321
http://delpla.org/article.php3?id_article=311


Deux analyses novatrices du nazisme sont parues, l’automne dernier, presque en même temps que mon livre Une histoire du Troisième Reich (Perrin, novembre 2014). Elles sont dues respectivement à Johann Chapoutot http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=64 et à Jean-Louis Vullierme. Ce dernier, un philosophe du droit et de la politique, a l’audace encore rare, et néanmoins recommandable, de tenir un blog http://miroirdeloccident.fr/echange-avec-auteur.php où il répond sans détours à toute remarque. Nous y débattons depuis quelques semaines sur son ouvrage et sur sa démarche, qui consiste à rechercher la généalogie de la cruauté nazie dans la civilisation occidentale. Je lui propose de cerner de plus près le rôle du chef et de ses deux fantasmes fondamentaux : le cancer juif qui menacerait l’existence même de l’humanité, et la mission, confiée par la Providence à Adolf Hitler, de lutter contre ce fléau. Je regroupe ces fantasmes sous le nom de « folie » mais, si on préfère une formulation d’allure plus savante, on peut se rabattre sans dommage sur l’expression « psychose paranoïaque ».

Le film « Himmler / The decent one » de Vanessa Lapa, sorti en salles au début de cette année, vient d’être commercialisé sous la forme d’un DVD http://www.allocine.fr/film/fichefilm-226778/dvd-blu-ray/?cproduct=295657 . Interviewé pour le bonus, je fais remarquer que, si Hitler était fou, ses principaux collaborateurs ne l’étaient pas. Une décision aussi irrationnelle que le meurtre intégral des Juifs requérait des exécutants dotés de sens pratique et soucieux d’obéir exactement, plutôt que guidés par leurs propres fantasmes.

Cette folie transparaît aussi dans la vie privée du dictateur que j’ai étudiée en 2005 dans un livre, les Tentatrices du diable, bientôt réédité en poche lui aussi (vraisemblablement sous un titre plus explicite…;). Il a contribué à l’inspiration d’un roman d’Alain Régus, le Journal d’Eva Braun, à paraître le 2 juillet chez Presse-Pocket.

La personnalité de Hitler et l’intelligence avec laquelle il menait sa barque ont suscité l’émergence d’adversaires solides et énergiques, qui refusaient de le suivre dans ses intrigues. L’un des moins connus est le pape Pie XI, revenu d’une complaisance initiale pendant les deux dernières années de son pontificat, comme en témoigne l’encyclique antinazie « Mit brennender Sorge » de mars 1937 ; il s’ensuit de grands écarts avec la Curie, qui ne sont pas sans préfigurer des événements récents. L’encyclique de 1937 vient de faire l’objet d’un colloque à Brest, dont les actes, où je signe quelques pages, seront disponibles dès le 10 septembre aux éditions Dialogues.

L’arrivée des œuvres de Hitler dans le domaine public en janvier 2016 me permettra d’exercer mon second métier, celui de traducteur, et de commenter les propos du chef nazi à des moments-clés –un travail que la prochaine lettre présentera plus précisément.

Que cet été soit propice, notamment, à la rédaction des recensions sur mon Histoire du Troisième Reich, et l’automne à leur parution.

Elles ont pris un peu de retard, sans doute à cause de l’ampleur de la matière et peut-être aussi d’une manière de la traiter qui contrarie certaines habitudes. Mieux vaut tard que jamais, et les ouvriers de la onzième heure seront les bienvenus : après tout, un article résumant mon livre de janvier 2013 sur la prise du pouvoir est bien en instance de parution dans le numéro de septembre de la revue Commentaire.

Je souhaite à tous de fructueuses et reconstituantes lectures


fdelpla



PS.- La brèche ouverte par le gouvernement grec dans le consensus européen a déclenché une course contre la montre dans le domaine de l’information. En un clic http://www.audit-citoyen.org/?p=6374 , on peut obtenir le schéma d’un barrage, à monter soi-même, contre les lieux communs dont la presse écrite, radiodiffusée ou télévisée inonde l’Europe et le monde :

1- Annuler la dette grecque : 636 € par Français ; 2- quand on doit, on rembourse ; 3- les Grecs se sont goinfrés, ils doivent payer ; 4- on a aidé les Grecs, ils doivent nous remercier ; 5- la Grèce doit poursuivre les réformes engagées ; 6- l’austérité, c’est dur mais ça finit par marcher ; 7- une cure d’austérité, ce n’est pas la mort ; 8- de toutes façons la Grèce a déjà capitulé.

PS 2.- Marc-André Charguéraud nous donne ce mois-ci un article remarquable sur Raymond-Raoul Lambert, le dirigeant de l’UGIF en zone sud de 1941 à 1943 http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=23&id=97 .

PS 3.- Si vous voulez vous remémorer les lettres précédentes ou si le présent message s’affiche mal : http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php

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Supplément, expédié le 10 juillet 2015



Chers abonnés,


Annoncée depuis plusieurs mois, la création d'une association internationale est désormais en bonne voie. Jacques et moi avons opté pour un démarrage en douceur, sous la forme d’un groupe « facebook » auquel on peut accéder par cette adresse : https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/
Une fois inscrits, les membres peuvent lancer une discussion par un simple message adressé ici : StudyOfNS@groups.facebook.com .
Comme vous pouvez le voir dans le message liminaire, la Société a vocation à transcender toutes les frontières : il suffit, pour y avoir sa place, d’être intéressé et intrigué par le nazisme, en se déprenant de l’idée que « tout a été dit ».

Un mot sur l’actualité du site : la page d’accueil a été sinistrée par un bug mais s’orne d’un nouvel éditorial sur les événements de Grèce, posté trois jours avant le référendum du 5 juillet http://www.delpla.org
Sur le même sujet, le député-journaliste Cavada nous offre une superbe perle http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php


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De Genève en Facebook



Lettre d’information n° 112 du site de François Delpla
http://www.delpla.org


20 juillet 2015




Chers abonnés,



J'ai le plaisir de vous signaler

-la mise en ligne du débat organisé le 2 mai à Genève par la CICAD sur la "dédiabolisation de Hitler" https://www.youtube.com/watch?v=Fcc8uIB-dJ8 .

-l'ouverture au public du groupe "facebook" signalé dans le dernier courrier https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/; parmi de grandes richesses déposées par l'un ou l'autre membre au cours des dix premiers jours, je retiens en particulier, à propos de l'encyclique Mit brenneder Sorge, le signalement par Marc Fortier-Beaulieu d'un volume des Oeuvres complètes du père de Lubac ayant trait à la réception de ce texte par la hiérarchie catholique.

-l'accueil sur le site http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=23&id=99 d'un débat lancé par l'un des membres les plus actifs dudit groupe, Michel Schiffers, sur l'éventualité d'une "ruse stalinienne" en 1941.

-un tout petit début de débat sur le dernier livre de Johann Chapoutot http://www.amazon.fr/review/R3NYT588UCPVIL/ref=cm_cd_notf_message?ie=UTF8&cdForum=FxKA1N9NGSZT6T&cdPage=1&cdThread=Tx319SBPBWNB23C#Mx3IMTKWHA56CU7 .

-enfin, last but... ???, des interviews de votre serviteur par deux hebdomadaires en mal de feuilletons estivaux sur les "derniers secrets du IIIème Reich" : l'Express à propos des nazis exilés au Moyen-Orient après 1945, le Nouvel Obs à propos du vol de Rudolf Hess. Nous verrons bien ce qu'il en adviendra !


bonnes vacances à tous


Montigny le 20 juillet 2015


fdelpla



Si vous voulez vous remémorer les lettres précédentes ou si le présent message s’affiche mal : http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-29+lettres-d-information.php






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Ecrit par: François Delpla, Le: 05/11/15