François DELPLA

Livre d'or

Par François
Delpla

@ Boosteur Inactif

il me semble que vous confondez les Propos et Mein Kampf, que Genoud n'a jamais traduit.

Quant à votre lien il mène tout bonn [Suite...]

Livre d'or

 
Rss lettres d'information 2016
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LA DERNIERE :






Propos intimes et politiques, suite et faim


Lettre n° 117





Chers abonnés et néanmoins lecteurs,


Je ferme demain la parenthèse : distrait au début de 2015 de mes recherches sur le couple Hitler-Pétain pour éditer les propos du premier nommé pendant la campagne de Russie, j’aurai le plaisir et le soulagement de voir apparaître demain le tome deuxième et dernier sur les tables des libraires. La traduction a demandé des efforts inattendus, celle de Genoud, en 1953, étant plus erronée encore que celle du tome 1. Je rappelle que le public anglo-saxon reste tributaire de cette version, fidèlement traduite du français et rééditée encore sans changement en 2001 et 2007. Les commentaires sont abondants, tout en se présentant comme une première approche, tant le texte est riche d’aperçus sur le fonctionnement du régime nazi et tant cette source a été jusque là sous-estimée.

Ce travail participe au renouveau des études sur Hitler, qui est en train de modifier en profondeur notre vision du Troisième Reich. Ainsi, la fameuse édition critique de Mein Kampf par quatre chercheurs allemands ou autrichiens, parue à Munich au début de cette année, a mis au jour une donnée capitale : le prisonnier de Landsberg a travaillé seul… et était donc capable, figurez-vous, d’écrire un livre. Exit la cohorte des Hess, Stempfle, Haushofer et d’autres, pas toujours nommés, qui auraient soufflé des idées ou mis en forme un magma illisible. En revanche, ce sont les nazis eux-mêmes qui ont fait courir, à partir de 1933, le bruit que le prisonnier Hess avait passé de longues heures dans la cellule de son maître et tapé le manuscrit sous la dictée. Voilà une information intéressante sur la fabrication par la propagande d’un Hess plus précocement intime de Hitler qu’il ne l’était, afin d’asseoir son aura de « lieutenant du Führer » ; elle donnera à penser aux tenants encore nombreux de la théorie selon laquelle son vol vers l’Ecosse, en 1941, n’était pas concerté avec son chef.

Le groupe Facebook ISSN (International Society for the Study of Nazism) continue à croître et à embellir. Il devrait accorder une grande attention à l’ouvrage d’Emmanuel Faye "Arendt et Heidegger. Extermination nazie et destruction de la pensée", qui sort aujourd’hui. Décidément, la révélation des Cahiers noirs du philosophe a déclenché un séisme qui ne semble pas près de se tasser. Les visions anciennes comme toujours résistent, témoin cet académicien en vue qui, avant toute lecture, tranche qu’on entreprend avec ce livre d’« expurger les bibliothèques » des œuvres de quiconque a été en contact avec Heidegger. Il s’agit, plus pacifiquement, de scruter les causes d’une indulgence qui a empêché une théoricienne du politique, qui écrivait sur le nazisme tout en connaissant bien l’oeuvre de Heidegger, de percevoir dans toute son ampleur le recoupement de ces deux ensembles. Par exemple, la cécité, souvent repérée ces derniers temps, d’Arendt devant l’antisémitisme passionné d’Adolf Eichmann, pour en faire un simple criminel de bureau en proie à « l’absence de pensée », a non seulement des racines heideggériennes peu repérées auparavant, mais procède aussi d’une impuissance à prendre la mesure de l’antisémitisme foncier de Heidegger.

Les Tentatrices du diable, ce livre sur les relations de Hitler avec la gent féminine publié en 2005 chez l’Archipel, va ressortir début novembre dans la collection de poche de Nouveau Monde éditions, avec des retouches de détail et une préface actualisante. Auparavant, je vais débattre sur LCP à propos du documentaire Eva Braun épouse Hitler, réalisé par André Annosse, avec le réalisateur, l’historienne Alya Aglan et le romancier, par ailleurs comédien, Alain Régus. L’émission sera diffusée à 20h 30 le jeudi 6 octobre.

Je vous donne rendez-vous le surlendemain à Blois pour une conférence ainsi présentée dans le programme :
QUE NOUS APPRENNENT LES «PROPOS INTIMES» D’HITLER ?
CONFÉRENCE
DE 10H À 11H - SALLE DE LECTURE, BIBLIOTHÈQUE ABBÉ GRÉGOIRE
Carte blanche à Nouveau Monde éditions
À l’occasion de la publication de l’ouvrage Propos intimes et politiques d’Hitler.
Publiés pour la première fois dans une édition critique, les Propos intimes et politiques d’Hitler offrent des informations et pistes d’analyse inédites sur le IIIe Reich.
INTERVENANT : François DELPLA, docteur HDR

Sur le site, vous trouverez essentiellement des changements dans la page d’accueil, avec un éditorial sur la sordide polémique burkinale qu’on peut aussi commenter sur Mediapart https://blogs.mediapart.fr/francois-delpla/blog/140916/des-vampires-en-burkini-ou-des-vents-pires-poil , et, comme d’habitude, le texte de la présente lettre pour le cas où votre messagerie le restituerait mal http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&id=105 .

Frémainville, le 14 septembre 2016


François Delpla




supplément au n° 117 (8 octobre 2016)


http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-105+lettres-d-information-2016.php

Paroles "d'actu" de Nicolas Roche, patron d'une luxueuse boutique d'interviews :

François Delpla, historien spécialisé depuis plus d’un quart de siècle dans l’étude de la Seconde Guerre mondiale et du nazisme - il a répondu une première fois à mes questions en mai dernier -, a entrepris il y a deux ans un chantier massif : offrir une traduction entièrement nouvelle à une masse de propos « intimes et politiques » qu’a tenus Adolf Hitler au sein de son quartier général, entre 1941 et 1944, et commenter ceux-ci par de riches éléments de contextualisation. L’ouvrage en deux tomes a été édité chez Nouveau Monde ; il est d’un intérêt considérable pour qui s’intéresse à et souhaiterait étudier plus avant la période, le personnage du Führer en particulier - sans doute cette lecture vaut-elle bien celle de Mein Kampf, ne serait-ce que parce qu’on a ici confrontation de la théorie à l’épreuve de la Guerre et de l’exercice du pouvoir.

La suite : http://parolesdactu.canalblog.com/archives/2016/10/07/34411257.html

J'espère croiser ce week-end (et avant tout ce samedi, à 10 heures) ceux d'entre vous qui seront blésois et salonnards

et donne rendez-vous à tous sur Facebook https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/965732916906662/?notif_t=like&notif_id=1475865411774251 , où le débat sur les rapports de Martin Heidegger et du nazisme bat son plein, et où se trouve aussi abordé, dans tous les sens du verbe, le récent livre de Norman Ohler sur la drogue du haut en bas de l'édifice nazi.

François Delpla


post scriptum


et il va sans dire, mais encore mieux en le disant, que le livre sur l'encyclique antinazie de Pie XI est enfin en librairie


https://www.editions-dialogues.fr/livre/pie_IX_pape_contre_nazisme ,

que mes "Tentatrices du diable" vont resurgir dans les poches à la mi-novembre sous le titre plus transparent "Hitler et les femmes" ,


et que la victoire des manifestantes polonaises ne doit être, pour les amateurs d'histoire, qu'un essai à transformer de toute urgence

https://blogs.mediapart.fr/francois-delpla/blog/021016/propos-de-lautoritarisme-du-gouvernement-polonais-en-matiere-dhistoire


Addendum (14 octobre)


La conférence de Blois sur les Propos intimes et politiques s'est fort bien passée, ainsi que la vente-signature consécutive.

Un compte rendu de la conférence devrait paraître sous peu sur le site des Clionautes https://www.clionautes.org/spip.php?rubrique151 , complétant sur certains points l'interview de Paroles d'actu, déjà signalée http://parolesdactu.canalblog.com/ .

C'est maintenant le tour de la librairie Le Grand cercle à Eragny-sur-Oise, nettement plus proche de mes pénates, de me recevoir DEMAIN samedi, de 14 à 18h.

Le débat de LCP sur Eva Braun (avec Jean-Pierre Gratien, Alya Aglan, André Anosse et Alain Régus), diffusé le 6 octobre, devrait être en ligne sous peu ( http://www.lcp.fr/emissions/droit-de-suite ).

La version poche des Tentatrices du diable, avec de menues corrections et une préface actualisante, intitulée Hitler et les femmes, sera bien en librairie le 15 novembre. http://www.librairie-sciencespo.fr/livre/9782369423386-hitler-et-les-femmes-francois-delpla/

Last but not least, mes amis de Pau m'invitent, les 23 et 24 novembre, en leur parvis et en leur université. Des détails suivront.

Et sur Facebook https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/975784272568193/?comment_id=975817705898183&notif_t=like&notif_id=1476448905999353 , le rendez-vous est quotidien !



fdelpla






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LES PRECEDENTES



lettre n° 114

Propos de Hitler en librairie ce lundi





Chers abonnés,



Un court billet cette fois-ci, pour vous faire part de la venue au monde de mon petit dernier : "Hitler / Propos intimes et politiques", tome 1 (juillet 1941-mars 1942).

"Libres propos" lors d'une première édition française de 1952 (1), "Propos de table" ou "Monologues" dans des éditions allemandes de 1963, 1977 et 1980 diversement insatisfaisantes,

ces textes improvisés par le Führer au début de sa campagne contre l'URSS dans les intervalles de ses conférences militaires sont un complément indispensable de Mein Kampf... dont la traduction française prend des allures d'Arlésienne.

Le livre, édité chez Nouveau Monde, devrait être en place dès demain dans les librairies sérieuses. Des extraits assortis d'une interview sont en instance de parution dans le magazine Historia et d'une façon générale la couverture de presse s'annonce convenable.

On a vu s'exprimer ces derniers temps, à propos de l'arrivée de Mein Kampf dans le domaine public, des craintes de contamination débouchant sur l'exigence d'éditions critiquant chaque phrase, voire assez rébarbatives pour n'être accessibles qu'aux spécialistes. Tel n'est pas le parti qui a été pris ici. Il s'agit plutôt, une fois éclaircies les allusions obscures, de commenter le texte en montrant comment les consignes et les réflexions de Hitler influencent les terribles exactions de l'occupant allemand, surtout à l'est mais également dans toute l'Europe, le lecteur étant jugé capable de comprendre que le traitement des populations n'est pas bienveillant, et se fonde sur des préjugés racistes fort éloignés des réalités.

Ce travail devrait ainsi nourrir les débats les plus actuels par une meilleure connaissance d'une autre époque critique.


Bonne lecture !



fdelpla




(1) Cette édition française, traduite approximativement en beau langage pas nazi ni hitlérien pour deux sous, a été traduite en anglais en 1953 sans le moindre recours à l'original allemand, et rééditée jusqu'à nos jours : elle pollue encore de nos jours le travail historique dans le monde entier. Des exemples de ses erreurs sont détaillés dans un article du site http://www.delpla.org/site/articles/articles-8-102+propos-intimes-et-politiques-alias-propos-d.php .

Si ce message s'affiche mal, retrouvez-le ici http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&id=105

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Sujet : Propos de Hitler dans le poste

Lettre d'information du site de François Delpla http://www.delpla.org

n° 115, 1er mars 2016

Chers abonnés,



Les propos de Hitler m'occupent à plein temps, et il serait bon que ce soit contagieux, tant ils offrent une voie royale pour la compréhension du personnage et de ses entreprises, et tant le chaos européen et mondial d'aujourd'hui doit être à la fois rapproché et distingué du cataclysme d'il y a trois quarts de siècle.

Le regain du racisme, les options sécuritaires opposées aux droits élémentaires, les débats grossiers et binaires, l'exaltation de la virilité guerrière, la brutalité intellectuelle et physique présentée comme une panacée, tout cela plonge certes des racines dans le terreau des années trente mais il faut se garder de crier au loup. Aucun chef comparable à Hitler n'est là pour orchestrer le mouvement et aucun pays n'est de près ou de loin dans la situation de l'Allemagne d'alors. Tout est plus éclaté et incertain, et le citoyen de base est mieux outillé pour agir. L'intellectuel aussi, tenu un peu partout à l'écart par des gouvernants primaires et leurs experts myopes, mais prié d'affiner contre vents et marées ses analyses pour le jour où on admettra d'avoir besoin de lui.

Les propos en question, émis pendant la première année de l'offensive allemande en URSS, montrent un Hitler très européen, pressé d'achever de subjuguer et d'aménager le continent pour le rendre invulnérable à tout péril asiatique ou américain. Il espère toujours associer l'Angleterre à ses projets, tout en se rapprochant assez comiquement du Japon malgré l'"infériorité" de sa race : c'est qu'il l'utilise comme un bélier contre l'Angleterre churchillienne dont il espère sincèrement et sérieusement la fin lorsque Singapour sera tombée.

Négligée en raison de la disqualification de son auteur, cette parole, dont je démontre au passage la fiabilité et la rigoureuse logique, explique aussi les événements de 1945 et le fait inouï d'un pays vaincu qui se bat "jusqu'au bout" aux dépens de sa propre substance : dès ce moment Hitler donne ses instructions pour que tout germe de rébellion soit écrasé en cas de revers militaire et que la capitulation de 1918 ne puisse se reproduire.

La presse française est en passe de mentionner cette publication (dont je prépare activement le second tome, à paraître en septembre) autant que tous mes autres livres réunis. Je me permets d'attirer votre attention sur deux séquences télévisées : cet après-midi même, à 18h 10, sur TV5 Monde (tweet du journaliste : https://twitter.com/MKACITV5M/status/704547222793416704?cn=bWVudGlvbg%3D%3D&refsrc=email ) et vendredi 11 mars sur France 24 à 14h 30.


à tout à l'heure !


fdelpla



rappel : https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/

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n° 116
29 avril 2016

Le Hitler nouveau est (presque) là !


Chers abonnés,


La coupe est à présent presque pleine.
Après l’édition savante de Mein Kampf par l’Institut d’histoire contemporaine de Munich, chargée de commentaires moralement superflus mais scientifiquement salutaires,
et le tome 1 des Propos intimes et politiques,
la reconstitution, sous la plume de Harald Sandner et sous le titre « Hitler / Das Itinerär / Aufenthaltsorte und Reisen von 1889 bis 1945 » (Hitler / L’itinéraire / Lieux de séjour et voyages de 1889 à 1945), de l’agenda journalier de Hitler,
achève pratiquement de nous donner les instruments requis
pour appréhender le fonctionnement de l’objet politique singulier qu’était le national-socialisme,
en donnant à son chef seulement sa place, mais toute sa place, considérable
… et à considérer, en toutes circonstances et sur toute question.
Sandner fait justement remarquer que les biographes ne prennent pas toujours le temps de vérifier la chronologie des déplacements du dictateur, alors que lui s’est donné, pendant une décennie, cette mission unique. Dans les années 1970, le Français Ray Petitfrère, dans les quatre volumes de son Pas à pas avec Hitler, avait d’une part compilé des sources livresques plutôt qu’archivistiques et, d’autre part, rendu peu maniable son propre travail par un plan géographique et non chronologique.
Le livre de Sandner, d’après les extraits mis en ligne par l’éditeur http://www.berlinstory-verlag.de/images/medien/9783957230959-Hitler_Das_Itinerar_Pressemappe.pdf , ruine par exemple l’idée reçue que Hitler n’avait pas discouru en dehors de la Bavière avant 1925, alors qu’il l’avait fait à Stuttgart dès le 7 mai 1920. La portée d’une telle erreur et la fécondité potentielle d’une pareille correction n’échapperont, je pense, à personne.

J’aurais moi-même erré dans ma biographie de 1999 en écrivant que Hitler avait occupé son appartement munichois en septembre 1929 et accueilli sa nièce Geli en novembre (je m’étais fié au très fiable Anton Joachimsthaler). Sandner écrit qu’ils ont emménagé ensemble le 5 octobre, mais l’extrait en ligne n’indique pas de source. Si le fait était avéré, il jetterait une lumière nouvelle sur leur proximité, et sur la sous-estimation de celle-ci par l’historiographie –ce qui ne veut pas nécessairement dire, entendons-nous bien, que la question de leur intimité physique doive recevoir désormais une réponse affirmative (elle reste selon moi improbable à l’heure qu’il est, et l’oncle suspect de lutter contre un désir d’épousailles qui le détournerait de sa « mission » ; les mémoires d’Otto Wagener, confident alors le plus proche, sont très éclairants à ce sujet).
Concernant mes « Propos », je ne serai pas plus royaliste que ce client anonyme d’Amazon https://www.amazon.fr/gp/cdp/member-reviews/A22RUJUM8484U2/ref=pdp_new qui a écrit le 3 avril :
« Une plongée incroyable au coeur du nazisme ...,
... comme il y en a peu. Moins rébarbative et repoussante seulement sur le fond, cette nouvelle traduction et surtout les commentaires judicieusement disposés permettent une lecture accessible pour le lecteur curieux.
L'écart avec la traduction "suisse" est tout simplement incroyable ! »
d’autant plus qu’une autre de ses critiques révèle un lecteur capable d’une grande sévérité pour « l’auto-célébration », la « rédaction facile » et l’absence de nouveauté.
L’une des questions qui restent à trancher porte sur LE VOL DE RUDOLF HESS et la connaissance préalable que Hitler en avait, ou non. Il se trouve que Karl Zéro vient de réaliser sur ce sujet un documentaire qui sera diffusé sur RMC Découverte http://rmcdecouverte.bfmtv.com/mediaplayer-direct/ le vendredi 13 mai à 21h 30, à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de l’escapade. Il interroge (séparément) huit historiens qui se sont récemment exprimés sur le sujet, dont Peter Padfield, Rainer Schmidt, François Kersaudy et moi-même. Le résultat me semble concluant ou, du moins, propre à acheminer le débat vers une conclusion prochaine.
Une autre approche de Hitler, et une autre raison de renouveler notre regard sur lui, est offerte par les interminables développements de L’AFFAIRE HEIDEGGER http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-62+heidegger-et-l-antisemitisme.php , en voie peut-être aussi de conclusion avec la parution, et surtout le commentaire philosophique, des Cahiers noirs -un livre qui divise profondément la vaste cohorte des heideggériens français. L’histoire montre ici encore son utilité, avec la parution de la première biographie d’historien, signée de Guillaume Payen et complétant avantageusement celle du philosophe Rüdiger Safransky. Ce qui manque peut-être encore dans les analyses, c’est une prise en compte suffisante de la fascination de Heidegger par Hitler ; pour cela, il faut à la fois admettre que le philosophe avait une capacité éminente de prendre des vessies pour des lanternes, jusqu’au cœur de sa méditation sur l’Etre, mais aussi que Hitler avait une épaisseur historique dont le déni est, à tous égards, aveuglant et contre-productif.

Quoi qu’on pense du fondateur américain de l’enseigne, Facebook se révèle un instrument fort utile pour que le débat public entre universitaires, sans exclure les amateurs passionnés, prenne enfin, sur ces matières, son essor. Les groupes « ISSN » https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/ et « Heidegger, les Cahiers noirs » https://www.facebook.com/groups/695823450487857/1000457650024434/?notif_t=group_activity&notif_id=1461493868692721 en sont l’épicentre. Quant au groupe « L’histoire, un métier » https://www.facebook.com/groups/352415074917781/permalink/579857418840211/?comment_id=580726125420007&notif_t=group_comment_follow&notif_id=1461761273461912 , il a vu une mise au point salutaire sur une phrase attribuée à Goebbels alors qu’elle expose la théorie orwellienne de la « novlangue », qui va au nazisme comme un tablier à une chèvre… mais la Toile avait gobé la bourde sans mot dire, et encore moins maudire ! Là encore, l’originalité et la spécificité nazies sont noyées dans des nébuleuses : le totalitarisme en l’occurrence, mais le fascisme ou « les éléments les plus chauvins du capital » ne sont pas des concepts moins lâches.
Soyons courageux !


Frémainville, le 29 avril 2016

PS.- Et surtout ne perdons pas le moral quand la réaction se pare encore des atours de la nouveauté, ainsi dans la Dépêche du Midi le 30 mars dernier :

«Hitler et les apôtres du mal».


Docu-info - Historique | Inédit | 2016 | 95min. (20H55 / 22H30)

Présentation : Bernard de La Villardière
Réalisation : Fabien Vinçon

Hitler serait l'ange déchu, le diable, l'homme qui aurait hypnotisé et précipité dans l'horreur tout un peuple et plongé le monde entier dans la guerre. Seul, le Führer aurait tout décidé et tout prévu. Et si cette version de l'Histoire si souvent présentée à la télévision était inexacte ? Ce documentaire à contre-courant brosse un portrait très différent d'Hitler : un chef paresseux, isolé, coupé de la réalité, incapable de gouverner sans ses «apôtres» : Goering, Goebbels, Himmler... Des hommes cabossés, des ratés, des frustrés qu'il a rencontrés et recrutés à Munich dans les années 1920 et qui lui doivent tout. Sans le nazisme, ils ne sont rien.


Si ce message s'affiche mal, retrouvez-le ici http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&id=105
 
 
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Ecrit par: François Delpla, Le: 14/10/16