François DELPLA

Livre d'or

Par Thierry Kron

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Livre d'or

 

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   L'HISTOIRE, UN PRODUIT DE PREMIERE NECESSITE !


Depuis le dernier éditorial, publié à la veille du premier tour de la présidentielle française, l'histoire est plus instrumentalisée que jamais.

De « colonisation, crime contre l’humanité » en approximations sur un édit de François 1er, l'élu se révèle inculte et, pour l'instant, incurable, faute peut-être de recourir aux membres les moins ignares de son entourage -il doit bien s'en trouver ! Son double échec à Normale sup (une condition que je partageai avant de m'en affranchir à mon troisième essai), officiellement dû à ses émois de jeune mâle, doit peut-être quelque chose à sa très sarkozyenne façon de penser que le culot à l'oral rattrape toutes les lacunes de la préparation.

Mais parmi les présidents de la Cinquième, c'est à Giscard qu'il fait le plus penser. Notamment par sa façon de se présenter comme un commencement absolu, tel l'élu de 1974, départagé par la photo-finish d'avec François Mitterrand et proclamant aussitôt "une ère nouvelle dans la politique française" !

Autres temps, autres épouvantails : ici c'est une prétendue résurgence du fascisme, et non une gauche en pleine ascension, qui a rabattu l'électorat vers les bras protecteurs de la réaction.

Précédent plus inquiétant : l'autocratique président, que le fait même d'avoir un premier ministre semble indisposer au plus haut point, défie ouvertement "la rue" au moyen de textes appelés "ordonnances". Cela fait peu résistiblement penser à Charles X, le dernier Bourbon "légitime", dont les erreurs eurent le mérite de faire progresser la démocratie (même si la victoire de la rue fut provisoirement confisquée par un Bourbon à peine plus présentable), mais aussi une conséquence grosse de multiples catastrophes : la conquête de l'Algérie. L'impopulaire majesté avait cru se sauver en amusant le peuple par des succès militaires exotiques. Nous eûmes de cela chez Sarkozy puis Hollande et il n'y a hélas aucune raison de penser que leur successeur renonce à la recette, témoin ses mimiques et ses accoutrements de militaire en campagne.

Sarkozy, Hollande, Fillon, Cazeneuve, Raffarin, Royal, Juppé finis,
Valls, Villepin, Bayrou et les Le Pen mal en point : les têtes d’affiche de la politique française ont mal passé l’année 2017. Deux partis surgis de nulle part, République en marche et France insoumise, ont raflé 45% des voix au premier tour et se partagent l’attention. A gauche, le rapport de forces vieux de quatre décennies entre un PS écrasant et un PCF impuissant s’est brusquement inversé. Le tout sur fond de problèmes domestiques et mondiaux longtemps négligés par des politiques qui naviguent à vue, et requérant d’urgence des décisions de fond.

Le Troisième Reich s’invite dans les débats, plus que jamais. Non seulement au second tour de la présidentielle, mais par des tentatives récurrentes d’assimiler Mélenchon à Hitler ou par le regrettable discours de Macron lors de la commémoration du Vel d’Hiv, attribuant plus encore que Hollande ce crime nazi, relayé servilement par Vichy, à un antisémitisme d’origine française.

Nous avons certes échappé à la police des manuels scolaires que promettait Fillon à grands coups d’injection de « roman national ». Reste à prendre la mesure de l’emprise et de l’habileté hitlériennes, pour aider la France à renouer avec le meilleur de son passé, en critiquant les élites qui n’avaient rien vu venir et en prenant en compte les entraves que la situation d’armistice imposait à tous les habitants du pays.


Frémainville, le 24 septembre 2017.
un fil du forum de Bruno Roy-Henry intitulé "Le débat sur mon travail"

webmaster Le: 25/03/15