François DELPLA

Livre d'or

Par Thierry Kron

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Ce qui reste à découvrir sur le nazisme

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Le défi du parlement de Strasbourg aux historiens... et à l'histoire

http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2019-0021_FR.html

Le 19 septembre 2019, notre continentale assemblée s’est mêlée, suivant le mauvais exemple de certains parlements nationaux, de dire l’histoire. Et ce, non pas sur un point de détail mais sur les deux guerres mondiales et particulièrement la Seconde. Les vaillants députés ont-ils pensé à Pierre Corneille et à son Cid :
Mes pareils à deux fois ne se font point connaître
Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître ?
Ce long texte, visiblement soigné, concentre les maux humains dans un mot, “totalitarisme”, et propose d’instituer une nouvelle date symbolique, à commémorer tous les ans, le 23 août. Ce jour-là, en l’an de disgrâce 1939, deux pays d’Europe ont signé un traité censé mettre le feu aux poudres. En effet, le texte fait du pacte germano-soviétique la cause “directe” (point C) puis “immédiate” (point M, alinéa 2) de la guerre... et n’attribue nulle autre cause à ce conflit.
Outre l’ajout précité au calendrier commémoratif, le texte fait la leçon aux pays membres dans deux domaines tout aussi symboliques : seraient coupables de manquement grave à la démocratie non seulement les monuments érigés çà et là à la gloire des SS et de leurs collaborateurs, mais les lois qui prohibent la croix gammée sans interdire la faucille et le marteau.
Dans cette logique, on chercherait en vain la moindre allusion aux sacrifices consentis par les peuples soviétiques ou le mouvement communiste dans la lutte contre le nazisme, qui à eux seuls devraient interdire de renvoyer dos à dos les symboles figurant sur les bannières.

Ce texte, déposé par les groupes PPE, ECR, Renew et S&D (correspondant respectivement à la démocratie-chrétienne, à la droite souverainiste, à des hybrides dont les députés français dits “en marche” et à un regroupement des sociaux-démocrates et des Verts), devra être abrogé et le plus tôt sera le mieux. Il a pour inconvénient principal de nier l’agressivité spécifique du nazisme, et de passer sous silence le caractère particulièrement sauvage et inhumain de son idéologie raciale et des pratiques qui en ont découlé.

Concernant plus spécialement l’évolution des rapports diplomatiques entre 1933 et 1939, on trouvera de bons antidotes dans cet article de Michael Jabara Carley paru il y a dix ans dans Histoire(s) de la dernière guerre, et dans celui que j’ai donné en 2015 au magazine en ligne Histomag, qui décrypte le jeu redoutable de Hitler.


Marines, le 6 décembre 2019
un fil du forum de Bruno Roy-Henry intitulé "Le débat sur mon travail"

webmaster Le: 25/03/15