François DELPLA

Livre d'or

Par François
Delpla

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78 Le: 12/01/19 à 06h21

le vôtre est trop effacé, je gage que votre nom gagnerait à être connu !

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Ce qui reste à découvrir sur le nazisme

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Le régime de Vichy, fasciste ou hitlérien ?

Cela vient de sortir : l'Humanité du 28 juin 2019 ouvre sa page "Débats" à "Armand Ajzenberg, historien autodidacte du régime de Vichy", lequel se demande s'il s'agit d'un régime fasciste ou "simplement autoritaire", et reproduit son article sur Mediapart en l'ouvrant aux commentaires. Réponse :

J'espère qu'Armand me pardonnera mon amicale sévérité : son papier souffre d'un défaut commun avec tout ce qu'il dénonce.


Le nom de Hitler n'y figure qu'une fois, et encore : à bonne distance de la guerre et de l'Occupation, dans l'expression "l'Allemagne de Hitler" et à propos des lois raciales de 1935.

"Hitler connais pas" est le défaut commun des écoles qui s'étripent sur Vichy. Les unes (dans le sillage de Klarsfeld et de Paxton en particulier) le considèrent comme un pouvoir autonome voire indépendant, du moins en matière de politique intérieure. Les autres évoquent, plus exactement, un bras de fer avec les autorités occupantes, mais atomisent celles-ci en chapelles rivales, dont Vichy cherche à amadouer les moins féroces.

Or nous vivons une époque de renouvellement du regard. Pendant un siècle, on a écrit sur le nazisme comme si son fondateur et chef, un avorton intellectuel -pensez donc, sorti du collège à 16 ans sans diplôme !-, était de toute évidence incapable d'inspirer un grand mouvement puis de diriger un grand pays. L'essentiel des décisions prises en son nom ne pouvait être que servile imitation de précurseurs, plate obéissance à des commanditaires ou accaparement indu des initiatives de subordonnés plus capables.

Une fois dépassé ce préjugé, un champ immense s'ouvre à la recherche. Et ce, tout particulièrement au sujet des rapports germano-français, que ce soit entre 1933 et 1940 ou pendant la suite de la guerre.

Un politicien aussi doué que fou, dont les plans passent depuis longtemps par l'écrasement de la France, remplit avec maestria cette partie de son programme mais n'arrive pas à concrétiser ses gains car l'allié anglais de la France refuse paradoxalement d'abandonner la lutte. La guerre devient mondiale et tourne de plus en plus mal pour l'Allemagne. Et on voudrait qu'elle laisse à la France en cage -et sourdement en rage- la moindre autonomie, au point qu'on pourrait savamment discuter de la nature plus ou moins autoritaire de son régime ?

Il n'est jamais trop tard pour être sérieux.


Frémainville, le 8 juillet 2019
un fil du forum de Bruno Roy-Henry intitulé "Le débat sur mon travail"

webmaster Le: 25/03/15