François DELPLA

Livre d'or

Par François
Delpla

@ Boosteur Inactif

il me semble que vous confondez les Propos et Mein Kampf, que Genoud n'a jamais traduit.

Quant à votre lien il mène tout bonn [Suite...]

Livre d'or

 

Ce qui reste à découvrir sur le nazisme

  en librairie jeudi 22 février 2018









Une recension de ce film... en tous sens historique !






Editorial


Du traitement de Benalla à celui de l’histoire, un même professionnalisme présidentiel


Je ne me rappelle plus exactement quand j’ai commencé à surnommer « Micron » le jeune politicien dont François Hollande avait fait un secrétaire adjoint de l’Elysée puis un ministre de l’Economie, avant qu’il parte courir sa chance en solitaire, avec le succès provisoire que l’on sait. Mais aujourd’hui il serait plutôt digne du sobriquet « Nano ».

Si, par sa vulgarité de langage et de manières, il fait penser plutôt à Sarkozy qu’à son successeur (un Sarkozy au demeurant admiratif : « Macron, c’est moi en mieux ! », propos rapporté par le Canard enchaîné en juin 2017 et non démenti à cette heure) , il surpasse ces deux devanciers dans l’impuissance à poser comme à résoudre les problèmes du pays. A cet égard, le traitement des remous soulevés par le comportement de son gorille, le 1er mai dernier, au Jardin des plantes puis à la Contrescarpe, ne fait que prolonger une démonstration commencée dès sa prise de fonction.

Il a commencé par ne rien faire en comptant sur la complaisance des médias puis, quand le Monde, le 18 juillet, s’en est départi et a « sorti » l’affaire, il a laissé ses lieutenants s’en débrouiller pendant une semaine avant de s’expliquer, non devant les Français, mais devant un parterre de courtisans, à charge pour eux de filmer et de diffuser la scène. En disant « Je suis le seul responsable… qu’ils viennent le chercher ! », il rappelait Sarkozy défiant un manifestant de venir s’expliquer à poings nus. En ajoutant « Benalla n’est pas mon amant » il trahissait sinon des mœurs privées qui n’ont rien à voir en l’affaire, du moins une sensibilité exacerbée aux bruits qui courent sur ce sujet.

En ajoutant trois jours plus tard « J'ai dit ce que j'avais à dire, c'est-à-dire que je crois que c'est une tempête dans un verre d'eau », il renouait avec le mépris du peuple dont il avait déjà fait preuve à propos des ouvrières illettrées, des gens qui ne sont rien et de ceux qui feraient bien de chercher un job « au lieu de foutre le bordel ».

Ce qu’on peut lui accorder, tout de même, c’est que l’affaire est moins une affaire d’Etat en raison des bizarreries, structurelles ou individuelles, de la protection du président qu’en raison de sa propre désinvolture.


Elle n’est pas moindre quand il traite de questions historiques, révélant un amateurisme auquel son entourage pourrait remédier en partie, s’il était lui-même sélectionné selon des critères professionnels et incité au travail. Un exemple appelé à se renouveler tous les 16 ou 17 juillet en fait foi : celui du discours accompagnant la commémoration de la rafle du Vél d‘hiv. Exercice obligé des débuts de mandat depuis la prestation de Chirac en 1995, il se traduit par un effacement progressif de la commandite allemande au « profit » d’un antisémitisme made in France. Hollande avait franchi un seuil d’absurdité en 2012, non seulement en la taisant (un comportement inauguré par Sarkozy en 2007), mais en soulignant que « pas un Allemand » n’avait participé à la rafle des Juifs étrangers franciliens parqués au vélodrome dans des conditions dantesques. Macron a repris exactement la même idée en 2017. Cette année, il a laissé la besogne à son premier ministre, et Edouard Philippe a atteint dans la contrition nationale inappropriée un nouveau sommet, en prétendant que Vichy avait « devancé les ordres ».
Certes il existe un antisémitisme français, illustré au XIXème siècle par les noms de Fourier, de Proudhon, de Toussenel et de Drumont, avant que Maurras et les siens prennent le relais pour un demi-siècle. Certes, cet antisémitisme a offert à la Shoah un terrain favorable. Mais ni plus ni moins que le vieil antijudaïsme chrétien, dans ses déclinaisons catholique ou protestante. L’hitlérisme est passé par toutes ces portes d’entrée pour caser sa propre marchandise, de nature tout à fait différente. Le racisme ordinaire a besoin de cibles vivantes, et ne tue qu’épisodiquement. Le christianisme même est rivé à sa source juive, ne serait-ce que pour exalter ses précieuses innovations. Le nazisme est le premier racisme systématiquement éradicateur, au nom d’une théorie suivant laquelle « le Juif » est un cancer de l’humanité en phase terminale, mais encore opérable. C’est cela qui est à l’oeuvre le 16 juillet 1942, après que Heydrich et Oberg ont pris en main Laval et Bousquet.

Pour l’instant, la réaction des historiens n’est pas à la hauteur de leurs devoirs.

Frémainville, le 13 août 2018
un fil du forum de Bruno Roy-Henry intitulé "Le débat sur mon travail"

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