Derniers articles http://www.delpla.org Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Destin français d'Eric Zemmour http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-143+destin-francais-d-eric-zemmour.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-143+destin-francais-d-eric-zemmour.php <span style="font-size: 16px;">Le livre <em>Hitler et Pétain</em> : une réponse de fond à </span><br /> <br /> Eric Zemmour, <em>Destin français</em>, Albin Michel, septembre 2018<br /> <br /> <br /> <br /> Eric Zemmour peint une grande fresque sur la politique française à travers les âges. Le propos, enlevé et brillant, s&#8217;avère parfois bien acrobatique : François 1er rapproché de John Kennedy, la relation de Soustelle à de Gaulle censée reproduire celle de Chateaubriand à Napoléon, le projet sioniste inspiré de l&#8217;histoire de France, le Parlement mettant fin à la Troisième République en 1940 puis à la Quatrième en 1958&#8230; Logique et cohérence font souvent défaut , mais quelques constantes sont respectées : la gauche a toujours tort, surtout sa composante communiste intégralement nocive (mais Léon Blum n&#8217;est pas mieux traité que Maurice Thorez), le salut ne saurait venir que de la droite, pour peu qu&#8217;elle soit elle-même et ne se laisse pas contaminer, l&#8217;islam est l&#8217;ennemi tant intellectuel que physique&#8230; L&#8217;une des bêtes noires de l&#8217;auteur est l&#8217;évolution des rapports entre les sexes, avec des attendus tout de même inattendus, fût-ce de la part d&#8217;un réactionnaire de 2018 : il faudrait en notre siècle perpétuer « la trame anthropologique millénaire des relations entre hommes et femmes, qui voit depuis la nuit des temps la femme chercher dans l&#8217;homme le protecteur, etc. » (p. 473). Une bonne partie de l&#8217;ouvrage est consacrée à une tentative, nullement inédite, de réunifier la droite française en comblant la faille entre Pétain et de Gaulle. C&#8217;est sur cet aspect que portera essentiellement ma critique.<br /> <br /> (citations du livre<em> Destin français</em> en italiques, déformations et bourdes en romain et en gras)<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Sur la genèse de la Seconde Guerre mondiale</span><br /> <br /> p. 468, Zemmour présente ainsi le pacte naval anglo-allemand de 1935, autorisant le Reich à construire des cuirassés en violation du traité de Versailles :<br /> <br /> <em>" Lorsque la France de Laval se rebella [contre la tutelle anglaise] en 1935 en se rapprochant de l&#8217;Italie et de l&#8217;URSS, ressuscitant les bonnes vieilles alliances de revers, les Anglais poignardèrent leur cher allié en signant avec l&#8217;Allemagne nazie un accord naval qui transgressait les règles du traité de Versailles en autorisant l&#8217;Allemagne à se doter d&#8217;une marine</em> <strong>qui pouvait menacer les colonies françaises</strong>."<br /> <br /> Il est tout à fait judicieux, et encore trop rare, de mettre en bonne place dans les causes de la guerre ce rapprochement unilatéral de Londres avec Berlin. Mais que viennent faire ici les colonies françaises ? Londres aurait été la première à froncer le sourcil si les nouvelles escadres allemandes s&#8217;étaient aventurées vers l&#8217;Afrique ou l&#8217;Asie. La flotte autorisée par ce texte, signé à Londres le 18 juin 1935 au mépris des traités de 1919 et de leurs autres signataires, était plutôt destinée à équilibrer la marine française par une flotte allemande unie à l&#8217;italienne, dans l&#8217;hypothèse d&#8217;une guerre entre la France et les deux dictatures. C&#8217;était effectivement, de la part de Londres, une mesure de rétorsion contre le pacte franco-soviétique signé par Laval le mois précédent. MAIS il s&#8217;agissait aussi de calmer le jeu par une série de pactes dont celui-là devait être l&#8217;amorce. Telle était la position anglaise au début des négociations : l&#8217;Allemagne devait préalablement reconnaître dans ce traité la première étape d&#8217;un processus général de limitation des armements. Or Hitler exige que le pacte naval soit signé sans préalable et menace de rappeler sa délégation dans le cas contraire. C&#8217;est alors que Londres cède. Cf. <em>Une histoire du Troisième Reich</em>, p. 184, et <em>Churchill et Hitler</em>, p. 64-69. Zemmour partage ici la sous-estimation des capacités manipulatrices et manoeuvrières de Hitler qui altère, encore aujourd&#8217;hui, la majorité des propos sur le nazisme. Et ce, avant même qu&#8217;il aborde l&#8217;histoire de l&#8217;Occupation.<br /> <br /> Dans le même ordre d&#8217;idées, un autre point peu connu (mais mentionné dès les années quarante dans les mémoires de Fernand de Brinon) mérite d&#8217;être souligné et l&#8217;est dans <em>Hitler et Pétain</em> (p. 55) : Hitler prend en main Laval juste après avoir engrangé ce pacte naval. En juillet 1935, Brinon, journaliste en vue et diplomate occulte, rencontre longuement les principaux dirigeants allemands et va rendre compte à Laval, président du conseil et ministre des Affaires étrangères. Hitler promet d&#8217;envoyer Ribbentrop à Paris, puis de recevoir Laval à Berlin au cours de l&#8217;automne ! Il amuse par de tels artifices les dirigeants français, entravant la préparation militaire et la mobilisation antinazie du pays, jusqu&#8217;à la veille de la guerre.<br /> <br /> Venons-en à la crise de 1939. On lit p. 468 :<br /> <em><br /> "En 1939, les Anglais Chamberlain et Halifax</em> <strong>préparaient une nouvelle conférence de Munich</strong> <em>sur la Pologne&#8230;"</em><br /> <br /> Pas exactement. Comme en 1935, la diplomatie anglaise ne désespère pas de corseter Hitler par des pactes. Une conférence dans le goût de Munich est une éventualité parmi d&#8217;autres : ce que Londres exige, c&#8217;est que le Reich ne règle pas la question de Dantzig par la force. C&#8217;est là servir Hitler, mais indirectement : on lui dicte la manière de s&#8217;y prendre pour se retrouver en guerre avec l&#8217;Angleterre et la France au moment le plus opportun pour lui, de façon à écraser la seconde. Mais dans tout le livre de Zemmour, on cherche en vain une allusion au projet de Hitler, exposé en 1926 dans <em>Mein Kampf</em>, d&#8217;effacer de la carte européenne la puissance française avant de se lancer vers l&#8217;est.<br /> <br /> p. 470 <em>Notre défaite de 1940 n&#8217;eut rien d&#8217;étrange. Elle était prévisible, inéluctable. Elle avait été programmée, préméditée. </em> <strong>Dès 1919, tout était écrit.</strong> <em>On avait mis la France en première ligne pour subir, seule, l&#8217;assaut de la machine de guerre allemande qu&#8217;on avait complaisamment laissée se reconstituer. </em> <br /> <br /> Là encore, Hitler est bien méconnu. Le réarmement clandestin allemand est très limité avant 1933. Ensuite, il est aussi rapide que méthodique, mais en même temps le chef nazi déploie d&#8217;immenses talents d&#8217;illusionniste et d&#8217;acteur. Il se présente à la fois comme un ancien combattant revenu de ses ardeurs guerrières, notamment lorsqu&#8217;il reçoit des Français de même état d&#8217;esprit, et comme un être inculte et primaire, insoupçonnable donc, et en tout cas insoupçonné, d&#8217;être en train de planifier un coup contre la France.<br /> <br /> Ce pacifisme officiel, mais ambigu car combiné avec la revendication hautaine de « l&#8217;égalité des droits », dure, sans altération aucune, jusqu&#8217;au lendemain des accords de Munich. Il chloroforme non seulement l&#8217;Europe et le monde, mais les Allemands eux-mêmes, dès 1933, témoin les nombreuses affiches où les nazis annexent le président conservateur Hindenburg :<br /> <img src="http://www.delpla.org/site/upload/index.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> (« Le maréchal et le caporal / Battez-vous avec nous pour la paix et l&#8217;égalité des droits »)<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Sur Pétain</span><br /> <br /> p. 506-507 "<em>Un armistice est une trêve (&#8230; ) ne livre pas le vaincu au vainqueur. Il lui donne un répit. (&#8230; )</em> <strong>A Vichy on lit et on relit l&#8217;histoire de la Prusse après Iéna.</strong>"<br /> <br /> C&#8217;est ici que le manque de références documentaires se fait le plus cruellement sentir. Car Zemmour, à l&#8217;évidence, aurait adoré peindre longuement Pétain en Hardenberg, Laval en Humboldt et Darlan en Gneisenau ! Encore une fois, la spécificité du danger nazi pour la France et ses habitants est noyée dans un parallèle peu rigoureux.<br /> <br /> p. 526, un bref aperçu des ministres de Pétain révèle une faible familiarité avec le sujet : Baudoin au lieu de Baudouin, Bouteillier au lieu de Bouthillier, et Raoul Dautry « passé par Vichy » alors qu&#8217;il s&#8217;est retiré à Lourmarin entre les deux Républiques.<br /> <br /> <br /> p. 535 L'entrée du Parti communiste dans la "résistance active" à partir de juin 1941 serait à elle seule responsable, et d'une "guerre civile" entre Français, et de la création de la Milice et de <strong>"l'arrivée des SS" </strong><br /> <br /> Zemmour confond l&#8217;arrivée des SS en France et leur arrivée à la tête des fonctions répressives aux dépens des militaires en 1942, à partir de l&#8217;installation de Carl Oberg comme chef suprême des SS et de la police (HSSPF). En fait, la milice personnelle du Führer est là dès le début, soit en tant que telle sous la direction de Thomas et de Knochen, soit sous le masque de fonctions étatiques, comme Abetz et, surtout, Werner Best, cofondateur du SD avec Heydrich et discrètement installé au troisième rang de la hiérarchie militaire parisienne avec la mission de superviser l'administration française de zone occupée (<em>Hitler et Pétain</em>, p. 82-83 et 95-99).<br /> En faisant arriver les SS après les attentats communistes du second semestre 1941, Zemmour fait de Pétain un vaincu propre sur lui, qui aurait subi l&#8217;occupant sans ouvrir le pays à ses hordes les plus fanatiques : il avait fallu la montée en puissance des Rouges pour gâter ce tableau presque idyllique.<br /> <br /> P. 513, l&#8217;échange entre Pétain et Göring à Saint-Florentin le 1er décembre 1941 est correctement cité mais mal interprété. Lorsque, devant le catalogue des demandes vichyssoises, le Reichsmarschall s&#8217;écrie « Mais enfin, qui est le vainqueur, vous ou nous ? », loin d&#8217;être mis en difficulté par un adversaire coriace, il déçoit avec désinvolture les espoirs qu&#8217;il avait fait naître en acceptant la rencontre.<br /> <br /> P. 515 toutefois, sans aucun souci de cohérence avec ce qui précède, Zemmour donne raison à Paul Marion, l&#8217;ancien ministre de l&#8217;Information de Vichy, quand il dit après la guerre que Vichy se croyait à tort « en 1871 ou en 1815 ».<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Sur Pétain et les Juifs</span><br /> <br /> <br /> p. 531 "<em>Au procès Pétain,</em> <strong>personne ne lui reprocha</strong>, <em>ni la haute cour ni le général de Gaulle, la livraison des Juifs étrangers". </em><br /> <br /> De Gaulle n&#8217;intervient pas, que l&#8217;on sache, dans la rédaction du réquisitoire. Mais celui-ci dément formellement l&#8217;essayiste dans le passage suivant : "110 000 déportés politiques, 120 000 déportés raciaux sur lesquels savez-vous combien il en est revenu à l'heure actuelle ? 1500 sur 120 000." <br /> Chiffres réels : 75 000 Juifs déportés comme tels, dont 2500 survivent. Loin de ne rien reprocher au maréchal en la matière, la haute cour avait presque doublé le nombre des raflés ! Mais l&#8217;avocat pétainiste Zemmour se prive de cet argument, dans son souci primordial de faire accroire que les juges de 1945 avaient d&#8217;autres soucis en tête que le sort des Juifs de France. <br /> <br /> Puis il aborde, p. 531, l&#8217;année 1943, qui voit Vichy cesser sa collaboration aux rafles et, par voie de conséquence, la protection des Juifs français dont les pages précédentes ont laborieusement crédité le maréchal :<br /> <br /> <em> "Une loi de dénaturalisation des Juifs français</em> <strong>naturalisés depuis le 1er janvier 1927 </strong><em>est préparée par René Bousquet, signée par Pierre Laval; mais Pétain, après une intervention discrète mais efficace de l'Eglise, refuse de la ratifier, le 14 août 1943." </em><br /> <br /> Là encore, un rapport élastique aux faits. Il s'agissait (mon livre, p. 440), d'un projet de loi prévoyant « le retrait de la qualité de Français à tous les individus naturalisés <strong>depuis 1932</strong> ». Bousquet l'avait rédigé en avril 1943 sur l&#8217;instruction d&#8217;un gouvernement unanime, « mais l&#8217;occupant durcit alors sa position et exige l&#8217;annulation des naturalisations prononcées depuis 1927. Laval et Pétain résistent de concert et, le 21 août, l&#8217;épiscopat donne de la voix, de façon collective cette fois, par l&#8217;intermédiaire de son représentant à Vichy, Mgr Chappoulie. » Ici, Zemmour noircit le couple Laval-Bousquet pour mieux dédouaner le maréchal et son régime.<br /> <br /> Le bouquet : un rapprochement très discutable entre les premières mesures de Vichy et les dernières de la Troisième République, à la mode depuis une trentaine d&#8217;années, devient chez Zemmour, p. 529, une assimilation pure et simple.<br /> <br /> <em>« Tout le monde ignore ou veut ignorer que</em><strong> la première rafle du Vél d&#8217;Hiv </strong> <em>fut exécutée par le gouvernement de Paul Reynaud à partir du 15 mai 1940 : cinq mille femmes allemandes, juives, qui seront conduites au camp de Gurs. » </em><br /> <br /> Il s&#8217;agit, bien entendu, d&#8217;une mesure prise en urgence par le pouvoir militaire (Daladier étant ministre de la Guerre et Gamelin commandant en chef) lors de l&#8217;invasion du territoire entamée cinq jours plus tôt, qui menace très vite la capitale. Les personnes arrêtées appartiennent aux deux sexes et à n&#8217;importe quelle « race » ; le motif de leur arrestation est qu&#8217;elles partagent, ou ont partagé récemment, la nationalité de l&#8217;envahisseur. Un vélodrome réquisitionné sert, entre autres, de lieu de rassemblement, dans des conditions d&#8217;entassement pénibles sans doute, mais infiniment moins dantesques que deux ans plus tard. La brusquerie et, parfois, la brutalité de l&#8217;exécution renvoient non pas à Vichy mais bien plutôt à la sous-estimation du danger hitlérien par tous les gouvernements depuis 1933, spécialement pendant la drôle de guerre où Daladier et Gamelin s&#8217;attendaient à tout, sauf à une percée blindée de 80 km de large dans la région de Sedan. C&#8217;est l&#8217;affolement qu&#8217;elle provoque qui entraîne cette improvisation, et non une subite poussée d&#8217;antisémitisme.<br /> <br /> L&#8217;expression « première rafle du Vél d&#8217;Hiv » n&#8217;est pas inventée par l&#8217;auteur, mais empruntée au témoignage tardif d&#8217;une survivante dans les années 2000. Depuis quand le journaliste ou l&#8217;historien sont-ils censés faire leur, sans nuance ni distance, le vocabulaire des victimes ?<br /> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Sur de Gaulle</span><br /> <br /> p. 503, à partir d&#8217;un témoignage unique et indirect (Pierre Ordioni témoignant d&#8217;une confidence de Paul Baudouin), Zemmour explique sa décision de rompre avec Pétain, le 16 juin 1940 au soir, par le seul fait qu&#8217;il ne figurait pas dans la liste de ses ministres (une vieille antienne pétainiste). Aucune allusion n&#8217;est d&#8217;ailleurs faite nulle part au débat sur la possibilité de continuer la lutte à partir de l&#8217;Afrique du Nord.<br /> <br /> <br /> p. 531<em> "les rares ralliés au panache gaulliste, venus pour l'essentiel des rangs de l'Action française"</em><br /> <br /> Pour un Daniel Cordier qui répond à ce critère, et en bornant l&#8217;enquête aux gens qui manifestent de vive voix ou par écrit leur ralliement au Général entre le 18 et le 30 juin 1940 (avant de prendre des chemins parfois divergents), les personnes suivantes n&#8217;ont aucune affinité connue avec l&#8217;AF : Courcel, Miribel, Kérillis, Hauck, Monclar, Cot, Lapie, Dupront, Pivert, Boris, Muselier, Brugère. Bref, un échantillon de républicains, de conviction ou de raison. L&#8217;erreur n&#8217;est pas innocente : elle sert à affirmer que sur la question juive Londres pensait comme Vichy !<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Sur Aron et Paxton</span><br /> <br /> Souvent réduit à cet aspect dans les recensions, le livre de Zemmour n&#8217;évoque l&#8217;opposition des deux Robert (Aron, <em>Histoire de Vichy</em>, 1954 et Paxton, <em>Vichy France</em>, 1972) que dans quelques lignes de la p. 512 :<br /> C&#8217;est, comme le dit Robert Aron dans sa fondatrice Histoire de Vichy &#8211; ouvrage tout à fait remarquable publié en 1954 et dénigré bien à tort aujourd&#8217;hui par la doxa universitaire entièrement convertie aux travaux de Robert Paxton : « L&#8217;affrontement de deux conceptions de l&#8217;honneur, qui étaient toutes deux nécessaires à la France. L&#8217;honneur civique de Pétain, qui protège les populations, et l&#8217;honneur militaire de De Gaulle qui refuse de s&#8217;avouer vaincu. »<br /> <br /> Aron attribue un rôle indu à une ordonnance allemande en zone nord du 27 septembre 1940, qui aurait poussé Vichy à prendre des mesures antisémites pour tout le pays dans un souci de continuité administrative. Cependant, il est on ne peut plus vrai que Paxton a exercé une grande influence sur les chercheurs français et que l&#8217;une de ses principales thèses est erronée : celle qui fait de Pétain un acteur autonome de la collaboration, particulièrement en matière de persécution des Juifs. Serge Klarsfeld en particulier n&#8217;en démord jamais&#8230; et Zemmour d&#8217;ailleurs l&#8217;approuve sur un point aussi discutable qu&#8217;important ! P. 528 en effet, il concède que Pétain avait fait preuve d&#8217;un zèle personnel dans la sévérité lors du conseil des ministres sur le statut des Juifs, le 1er octobre 1940, une idée qui découle de l&#8217;exhibition subite, par Klarsfeld, d&#8217;un brouillon annoté de la main du maréchal, le 3 octobre 2010. Nul n&#8217;avait alors osé en appeler à un examen critique de ce document et Zemmour, sur ce point, se soumet docilement à une « doxa » ! Enfin entrepris dans mon livre (p. 193-195), cet examen débouche sur l&#8217;idée que le maréchal avait des raisons personnelles, non pas de haïr les Juifs (ce qui se serait très probablement traduit par d&#8217;autres preuves ou indices), mais de flatter les marottes nazies. Il plaçait alors de grands espoirs, dont il n&#8217;entretenait guère le conseil des ministres, dans l&#8217;entrevue avec Hitler qu&#8217;il s&#8217;efforçait d&#8217;obtenir et qui allait avoir lieu le 24 de ce mois, à Montoire. <br /> <br /> Sur d&#8217;autres points cependant, la doxa paxtonienne est battue en brèche depuis une vingtaine d&#8217;années, une pionnière étant Barbara Lambauer dans sa thèse sur Otto Abetz (1998) : elle met en évidence des menées de l&#8217;ambassadeur pour amener Vichy à prendre des mesures antisémites, dès août 1940. Laurent Joly, dans son récent <em>L&#8217;Etat contre les Juifs</em>, rappelle et prolonge cette prise de distances avec l&#8217;historien américain . Pour ma part, après avoir déjà nettement divergé de Paxton dans <em>Montoire </em>(1996), j&#8217;enfonce le clou dans <em>Hitler et Pétain</em> (p. 10 et 159, et annexe 1) en montrant que l&#8217;exigence, par Abetz, de mesures antisémites commence en juillet 1940, dès ses premiers contacts avec Laval, voire en juin, quand le Parti communiste juge bon d&#8217;assortir sa demande de reparution de <em>L&#8217;Humanité</em> d&#8217;une saillie contre le « Juif Mandel » : dès son arrivée à Paris, Abetz était perçu comme un antisémite à caresser dans le sens du poil, sans doute en raison de la dénonciation de ce même « Juif Mandel », ministre de l&#8217;Intérieur de Paul Reynaud, par la radio allemande pendant l&#8217;invasion.<br /> <br /> Tout Paxton n&#8217;est cependant pas à jeter. Il convient plutôt de mettre en valeur ce qu&#8217;il dit sur l&#8217;armistice : la cessation de la lutte par la France fin juin 1940 n&#8217;était nullement inévitable. C&#8217;est là, pour Pétain, en quelque sorte le seul choix libre. Car dès lors que la guerre se prolonge, tous les autres choix de Vichy seront contraints par des pressions, des promesses et des chantages allemands, souvent dosés par Hitler en personne.<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;"><br /> Sur Pétain et de Gaulle</span><br /> <br /> Pour minorer le désaccord entre les deux hommes, Zemmour réemploie assez subtilement, sans trop appuyer, toutes les scies du pétainisme, soit de source maison (« l&#8217;épée et le bouclier »), soit de source gaullienne par l&#8217;intermédiaire de gaullistes repentis (« les deux cordes dont l&#8217;arc de la France avait besoin », confidence rapportée par le colonel Rémy ; « n&#8217;avouez jamais que l&#8217;armistice ne pouvait être évité », phrase connue par le témoignage du général Odic), soit encore en citant des gaullistes passés par le pétainisme et gardant envers le maréchal un fond d&#8217;indulgence, comme François Mauriac (de Gaulle soucieux de la France, et Pétain des Français). <br /> <br /> Autre procédé concourant au même résultat : les deux hommes auraient pareillement voulu sauvegarder l&#8217;existence de la France dans le cadre d&#8217;un empire, allemand pour Pétain, anglo-saxon pour de Gaulle, et les résultats seraient médiocres dans les deux cas. Là encore, Hitler passe à la trappe. Sa détermination de rayer la France de la carte des puissances était cependant autrement plus catégorique, et impitoyablement suivie d&#8217;effet, que celles de Roosevelt ou de Truman !<br /> <br /> <br /> En dernière analyse, et c&#8217;est là-dessus que <em>Hitler et Pétain</em> se conclut, l&#8217;armistice a bien servi Hitler et ne l&#8217;a nullement desservi.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> François Delpla, <em>Hitler et Pétain</em>, Nouveau monde éditions, novembre 2018.<br /> <br /> Chez le même éditeur : <em>Hitler / Propos intimes et politiques</em>, deux volumes, 2016<br /> <br /> Autres livres cités :<br /> <br /> - <em>Montoire</em>, Albin Michel, 1996<br /> <br /> - <em>Churchill et Hitler</em>, Le Rocher, 2012, rééd. Perrin, Tempus, 2013<br /> <br /> - <em>Une histoire du Troisième Reich</em>, Perrin, 2014 Fri, 04 Jan 2019 10:08:01 +0100 Des perles contre l’histoire http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="color:red;"><span style="font-size: 15px;">Rubrique ouverte à tous les vents de l&#8217;exagération pieuse, à tous les piments qui corsent les hagiographies et à tous les exorcismes des imprécateurs</span><br /> </span></span></strong><br /> <br /> <br /> <a href="http://www.delpla.org/forum/viewforum.php?f=16&amp;sid=2c76eb60d50efa2af3f24e69bb008e9d">pour débattre</a> des sujets ici abordés<br /> <br /> <a href="http://www.delpla.org/article.php3?id_article=446">perles plus anciennes</a><br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Génie stratégique contre Gilets jaunes </strong></span></span><br /> <br /> France Inter, le 16 décembre, 7h 30 :<br /> <br /> Pour désamorcer les inquiétudes, le ministère de l'Education accélère la mise en place des réformes<br /> <br /> (mis en ligne le 25 décembre 2018)<br /> <br /> =============================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Plus courtisan, tumeur !</strong></span></span><br /> <br /> "Macron a entièrement raison sur le fond, c'est la France qui va mal "<br /> <br /> d'un prof de philo nommé Alain Dermerguerian, pendant la crise des "Gilets jaunes"<br /> <br /> (mis en ligne le 3 décembre 2018)<br /> <br /> <br /> <br /> ==========================================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Méfiez-vous des soixante-huitard.e.s ! </strong></span></span><br /> <br /> <br /> De Laurence Hansen-Løve, qui avait pourtant, comme moi, vingt ans... (dans une discussion <a href="https://www.facebook.com/laurence.hansenlove/posts/10156882850269214?comment_id=10156882883829214">sur son mur facebook</a> ) :<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Thomas Muntzer</span> "Soyons réaliste, demandons l'impossible !" enfin mis en marche ! Célébration / hommage de mai 68 voulu par Micron.<br /> <span style="text-decoration: underline;">Laurence Hansen-Løve</span> Le pouvoir d'achat, en mai 68?<br /> <span style="text-decoration: underline;">François Delpla</span> C'est vrai quoi, à la fin : les accords de Grenelle n'ont augmenté le SMIG que de 30 %.<br /> <br /> On a beau avoir vécu une époque, on peut être tributaire de l'image convenue qui en subsiste (la phrase de Laurence H-L vise à opposer les idéaux soixante-huitards au vil matérialisme des présents "gilets jaunes").<br /> <br /> (mis en ligne le 27 novembre 2018)<br /> <br /> <br /> <br /> ================================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">A propos du mouvement des gilets jaunes, d'un macronien décomplexé </strong></span></span><br /> <br /> <br /> <a href="https://www.facebook.com/619194213/posts/10156868428809214/?comment_id=10156868586084214">sur Facebook </a><br /> <br /> "Je crois que le sujet est beaucoup moins un déficit de communication du gouvernement, qu'un déficit de disposition à écouter de la part des oppositions."<br /> <br /> (mis en ligne le 20 novembre 2018)<br /> <br /> ===============================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> Sans titre </strong></span></span><br /> <br /> France Info, octobre 2018 :<br /> <br /> A la suite d'un glissement de terrain, la prison avait dû fermer ses portes.<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 9 novembre 2018)<br /> <br /> <br /> ======================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Arithmétique : le niveau baisse </strong></span></span><br /> <br /> de <a href="https://fr.gatestoneinstitute.org/11524/france-terrorisme-antisemitisme-musulman">Guy Millière</a> :<br /> <br /> <em>Ilan Halimi a été enlevé en janvier 2006 (...)<br /> Ils ont été jugés à huis clos. Leur chef, Youssouf Fofana, a craché sa bile contre les Juifs et crié avec véhémence le nom d'Allah pendant tout le procès, si bien que la cour n'a pu cacher qu'il était un antisémite musulman. Il a été condamné à la prison « à vie » - ce qui en France signifie 18 à 20 ans d'incarcération. S'il n'avait pas agressé ses gardes pendant son emprisonnement, il aurait déjà été libéré.</em><br /> <br /> (mis en ligne le 10 décembre 2017)<br /> <br /> ========================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> Ce que les médias vous cachent ! </strong></span></span><br /> <br /> <a href="http://peupledefrance.com/2017/08/le-fascisme-de-gauche-gagne-du-terrain.html">http://peupledefrance.com/2017/08/le-fascisme-de-gauche-gagne-du-terrain.html</a><br /> <br /> <br /> Le programme du parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) reprend tous les points du programme proposé par Karl Marx et Friedrich Engels dans le «&#8239;Manifeste du parti communiste&#8239;».<br /> <br /> (mis en ligne le 12/10/2017)<br /> ===================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Qui recrute pour les djihadistes ?</strong></span><br /> <br /> <br /> Pour la députée Danièle Obono, un agent de la RATP qui refuse de conduire un bus après une femme n'est pas forcément radicalisé<br /> <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/daniele-obono-france-insoumise-pense-sans-doute-que-deux-femmes-tuees-marseille-ont-ete-assassinees-misogyne-radicalise-3181626.html#Jkhu0Y6FUWSYcQ47.99">http://www.atlantico.fr/decryptage/daniele-obono-france-insoumise-pense-sans-doute-que-deux-femmes-tuees-marseille-ont-ete-assassinees-misogyne-radicalise-3181626.html#Jkhu0Y6FUWSYcQ47.99</a><br /> <br /> avertissement : ce titre, qui pourrait être une louange, est un reproche !<br /> <br /> (mis en ligne le 3octobre 2017)<br /> ==================================================================================<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Achille a son Patrocle</span></strong></span><br /> <br /> <br /> de Chistophe Castaner, porte-parole de l'apprenti-président :<br /> <br /> "J&#8217;assume cette dimension amoureuse. Mon niveau d&#8217;exigence envers moi-même est tel que si je dois avoir un chef, je dois avoir de l&#8217;admiration pour lui. Et Emmanuel est fascinant. Tout l&#8217;est chez lui : son parcours, son intelligence sa vivacité, sa puissance physique même (&#8230;.)<br /> Aujourd&#8217;hui, lorsque l&#8217;on me pose des questions auxquelles je n&#8217;ai pas de réponse gouvernementale, je m&#8217;en tire parce que je sais comment il réagirait. Et je ne me suis pas souvent planté. "<br /> (déclaration au Point, 29/9)<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 1er octobre 2017)<br /> <br /> <br /> ====================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une des rares sorties amusantes contre Mélenchon</span></strong></span><br /> <br /> <a href="http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2017/09/18/melenchon-ne-veut-voir-que-sa-seule-tete-a-gauche,2176462.php">Dans la<em> République des Pyrénées</em></a><br /> <br /> De Jean-Michel Helvig , à propos de l'absence du leader de la France insoumise à la fête de l'Humanité (il tenait meeting à la Réunion) : <br /> <br /> "un Jean-Luc Mélenchon pas mécontent de constater que l&#8217;on a plus parlé de sa défection que s&#8217;il avait été présent."<br /> <br /> Encore eût-il fallu qu'il n'envoyât, à La Courneuve, que son hologramme !<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 20 septembre 2017)<br /> <br /> <br /> ======================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Heidegger innocente victime de sa date de naissance</span></strong></span><br /> <br /> «&#8201;Cela ne l&#8217;honore pas, mais Heidegger a été victime de sa puissante propagande et de son propre aveuglement au sujet de la révolution dont l&#8217;Occident aurait besoin. Il faut tenir compte de cette situation de détresse quand on condamne aujourd&#8217;hui Heidegger depuis le confort de nos écrans d&#8217;ordinateur grâce auxquels nous avons commodément accès à plusieurs sources d&#8217;information. Heidegger n&#8217;avait pas ce privilège.&#8201;»<br /> (de Jean Grondin, professeur de philo à l'université de Montréal, <em>Le Devoir</em>, 4 février 2017)<br /> <br /> (mis en ligne le 10 septembre 2017)<br /> <br /> <br /> <br /> ==========================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">La loi Gayssot à toutes les sauces</span></strong></span><br /> <br /> <em><br /> En 1990, une loi rédigée par un député communiste, Jean-Claude Gayssot, a été adoptée. Elle stipulait que « toute discrimination fondée sur l'appartenance ethnique, la nationalité, la race ou la religion est interdite ». </em><br /> <br /> nous apprend Guy Millière le 14 mars 2017 <a href="https://fr.gatestoneinstitute.org/10057/france-spirale-mort">sur le site du Gatestone Institute</a>. Or cette citation est un simple rappel de la loi du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme. La seule originalité du texte dit "Gayssot" réside dans l'adjonction d'un paragraphe réprimant le négationnisme, formulé de telle sorte qu'il ne s'applique qu'à la négation des génocides nazis et n'a été appliqué qu'à celle de la Shoah :<br /> <br /> "Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l&#8217;article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l&#8217;article 23, l&#8217;existence d&#8217;un ou plusieurs crimes contre l&#8217;humanité tels qu&#8217;ils sont définis par l&#8217;article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l&#8217;accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d&#8217;une organisation déclarée criminelle en application de l&#8217;article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale." <br /> <br /> Cela n'empêche pas Millière d'écrire : <br /> <br /> <em>Depuis lors, la loi a été utilisée pour criminaliser toute critique de la délinquance arabe et africaine, toute question sur l'immigration venue du monde musulman, toute analyse négative de l'islam. De nombreux auteurs ont été condamnés à une amende, et la plupart des livres « politiquement incorrects » sur ces sujets ont disparu des librairies.</em><br /> <br /> (mis en ligne le 15 mars 2017)<br /> <br /> ================================================================================================<br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Pour ces imprécateurs, une hirondelle fait moult printemps !</span></strong></span><br /> <br /> Lu sur <a href="http://ripostelaique.com/une-petite-annonce-qui-demontre-lislamisation-et-la-chariatisation-de-la-france.html">Riposte laïque</a> le 1er novembre 2016 :<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Une </span></strong><em>petite annonce dans « Le Bon Coin » qui démontre l&#8217;islamisation et la chariatisation de la France<br /> Publié le 18 août 2012 - par Djamila Gérard - Pas de commentaires - 184 227 vues</em><br /> <br /> Le texte de l'annonce : "vends licence n°4 pour boisson alcoolisée; motif : clientèle à majorité musulmane ".<br /> <br /> <br /> effectivement cela se passe de commentaires !<br /> <br /> <br /> Digne de remarque est cependant la date : le site remonte en lien à la Une un billet vieux de quatre ans. La chariatisation ne doit pas être galopante !<br /> <br /> (mis en ligne le 1er novembre 2016)<br /> <br /> ================================================================================================<br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Lévy danse ? ah, mal gammé !</span></strong></span><br /> <br /> <br /> " Le djihadisme, l'islamisme radical, c'est bien le dernier avatar du nazisme. Vous connaissez l'histoire. Le nazisme, dans les années vingt et trente du siècle dernier, a été une révolution planétaire. Il y a donc eu, dans le monde arabe comme ailleurs, une forme de nazisme née avec les Frères musulmans. Or, en 1945, il y a eu le fantasme d'un nazisme qui n'aurait été qu'européen et aurait miraculeusement épargné le monde arabao-musulman. Eh bien, Al-Quaida hier Daesh aujourd'hui, c'est ça ! C'est le retour du refoulé !" (BHL, JDD, 22 mai)<br /> <br /> Bernard, tu te moques de ton ancien condisciple !<br /> Tu savais bien pourtant que tu avais erré sur cette question. Je te l'avais dit en perlifiant tes propos le 12 septembre 2012 (cf. ci-après) et le le <a href="http://www.delpla.org/article.php3?id_article=446">2 décembre 2007</a><br /> <br /> Certes tu as gagné sur moi une bataille, celle de la "visibilité". Ce n'est pas une raison suffisante pour croire qu'il soit prudent de mépriser mes avis.<br /> <br /> (mis en ligne le 1er juin 2016)<br /> <br /> <br /> =================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">2016 : grand débat sur le sort à réserver à <em>Mein Kampf</em></span></strong></span><br /> <br /> CE LIVRE DOIT ETRE BRULE UN POINT C EST TOUT<br /> <br /> écrit une commentatrice qui signe "meller danielle" sur le <a href="http://www.europe-israel.org/2016/05/prouesse-chaine-arte-qui-diffuse-un-documentaire-sur-mein-kampf-sans-jamais-dire-que-cest-un-best-seller-dans-les-pays-arabes/comment-page-1/#comment-433462">site d'Europe-Israël</a><br /> <br /> En voilà, une bûcheuse !<br /> <br /> (mis en ligne le 10 mai 2016)<br /> ______________________________________________________________________________________<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 15px;"><br /> Forme et fond, degré zéro</span></span></strong><br /> <br /> <br /> Dans <a href="http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Chantage-au-roi-du-Maroc-la-DGSE-dement-avoir-transmis-aux-journalistes-un-rapport-sur-Mohammed-VI-749133">l'édition en ligne</a> du<em> Journal du dimanche</em>, sous un article ayant trait au duel entre le pouvoir marocain et les journalistes Eric Laurent et Catherine Graciet, arbitré par l'Etat français en faveur de son homologue maghrébin :<br /> <br /> <em>Par christianeG<br /> Posté le 02/09/2015 à 10h37 <br /> <br /> ah les medias socialistes,tous honnêtes surtout sur au monde mediapart et compagnie !il est temps d'amoindrir les pouvoirs de cette caste,comment? terminer les subventions,boycott de leurs journeaux ! même chose pour l'emprise du grand orient! il faut nettoyer la france de tous ces gens! </em><br /> <br /> Quand des conservateurs illettrés répudient l'orthographe, la syntaxe et jusqu'à la majuscule du mot France, on peut vraiment dire que tout fout le camp !<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 4 septembre 2015)<br /> ------------------------------------------------------------------------<br /> <br /> <strong><span style="font-size: 15px;"><span style="text-decoration: underline;">Pour Jean-Marie Cavada, Aube Dorée fait partie du gouvernement Tsipras !</span></span></strong><br /> <br /> <br /> France-Inter, mardi 7 juillet, émission "le téléphone sonne"<br /> <br /> Ancien ténor de l'audiovisuel public, présentement député européen du parti de François Bayrou, ce citoyen laisse son cerveau dériver au gré de l'intoxication ambiante.<br /> La classe politique et la grande majorité des médias d'Europe, acharnés à rechercher la chute du gouvernement Tsipras depuis sa formation en janvier dernier, ont toujours fait grand cas de l'alliance de Syriza, qui avait manqué de deux sièges la majorité absolue, avec un petit parti souverainiste de droite. Maints commentaires en font une alliance sur un pied d'égalité, une "union des extrêmes", etc.<br /> Débattant avec trois autres personnes, dont un membre de Syriza, Cavada affirme avec assurance que le gouvernement grec comprend des membres du parti "Aube dorée" (ouvertement néo-nazi, compromis dans des affaires criminelles et en perte de vitesse aux dernières élections). Aussitôt démenti, il "retire cela"... sans pouvoir faire oublier le dévoilement furtif de sa confusion mentale.<br /> <br /> <a href="http://www.franceinter.fr/emission-telephone-sonne-europe-grece-apres-le-referendum-et-maintenant">http://www.franceinter.fr/emission-telephone-sonne-europe-grece-apres-le-referendum-et-maintenant</a><br /> <br /> (mis en ligne le 10 juillet 2015)<br /> <br /> <br /> ___________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 11px;">Bonnet d'âne à partager entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez</span></span></strong><br /> <br /> <br /> dans le <em>Monde</em> daté du 3 mai, ils cosignent une assez lourde leçon d'histoire. Las, ils utilisent l'expression "<em>s'en</em> rappeler".<br /> <br /> <br /> <br /> Il faudra <em>se le</em> souvenir si un jour on songe à l'un ou à l'autre pour le ministère de l'Education <strong>nationale</strong> !<br /> <br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 4 mai 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> ________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 13px;">La quintessence du négationnisme</span></span></strong><br /> <br /> <a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/01/05/la-bibliotheque-ideale-dadolf-hitler/">http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/01/05/la-bibliotheque-ideale-dadolf-hitler/</a><br /> Sur le blog de Pierre Assouline :<br /> <br /> <br /> <em><br /> Je ne pense pas qu&#8217;Hitler ait été un &#8216;grand&#8217; lecteur. Un petit collectionneur de livres, tout au plus.<br /> Rédigé par : hortensia | le 05 janvier 2009 à 22:18</em> | |<br /> <br /> Derniers mots d'une discussion<a href="http://www.livredepoche.com/biographie-timothy-ryback-2333"> sur le livre</a> de Timothy Ryback, tirant parti (mieux vaut tard que jamais) des volumes saisis par les Américains dans les demeures du dictateur, censé jusque là avoir puisé sa "culture d'autodidacte" dans des "brochures".<br /> <br /> Cachez ces annotations que je ne saurais voir !<br /> <br /> (mis en ligne le 19 avril 2015)<br /> <br /> ======================================================<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 13px;">France-Inter et l'accélération de l'histoire</span></span></strong><br /> <br /> <br /> au journal de 13 h, le 21 mars 2015 :<br /> <br /> <em>La marée du siècle est un phénomène qui se produit tous les 18 ans.</em><br /> <br /> (mis en ligne le 22 mars)<br /> <br /> =============================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 12px;"><br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Voudrait-on renforcer Poutine...</span></strong></span><br /> <br /> <br /> ... par des reproches faciles à réfuter ?<br /> <br /> <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/040215/mediapart-et-lukraine-quelques-mises-au-point?onglet=full">Sur Mediapart</a><br /> <br /> <em>En suscitant, au terme d'un référendum truqué, le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie, le Kremlin a ainsi pris l'initiative de remettre en cause ce qui construit le système de paix et de sécurité en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale : l'intangibilité des frontières.</em><br /> <br /> (François Bonnet, 4 février 2015, article « Mediapart et l&#8217;Ukraine : quelques mises au point »)<br /> <br /> Une vision très unilatérale du retour de la Crimée à la Russie en mars 2014, et une étrange analyse de l&#8217;histoire européenne depuis 1945 en général et 1991 en particulier, les frontières européennes ayant fait alors plus que bouger, bien avant l&#8217;arrivée de Poutine au pouvoir.<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 7 février 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> ==============================================================<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12px;">Le bourreau peut-il être un témoin fiable de la victime ?</span></span></strong><br /> <br /> <br /> <em>« Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset ? Je vous prédis, moi, que vous aurez l&#8217;Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».</em><br /> Ces propos qu'on retrouve sur divers sites favorables à l'OAS et qui connaissent une nouvelle floraison depuis les attentats de Paris (le plus souvent sous la plume de José Castano; <a href="http://www.europe-israel.org/2015/01/islam-le-sombre-avenir/">exemple</a> ) auraient été tenus par le dirigeant nationaliste algérien Larbi Ben M'hidi aux parachutistes français qui l'arrêtaient lors de la bataille d'Alger (1957), de torturante mémoire. <br /> On n'a plus eu aucune nouvelle de Ben M'hidi avant mai 2001, dans un livre où le général Aussaresses indiquait qu'il avait présidé à sa pendaison maquillée en suicide, quelques jours après son arrestation.<br /> <br /> <br /> <br /> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ByOPi5I8cBA">Les aveux de Paul Aussaresses</a><br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 29 janvier 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> =========================================================================<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Attentats de janvier 2015 : où mène la passion anti-taubirale</span></strong><br /> <br /> <br /> <em>s'il avait purgé la totalité de cette peine, la jeune policière et les victimes juives de l'Hyper Cacher seraient encore en vie.<br /> <br /> Et saviez-vous que, pour Christiane Taubira, ces remises de peine sont encore insuffisamment généreuses ? </em><br /> <br /> Tel est, à propos du quintuple meurtrier des 8 et 9 janvier Amedy Coulibaly, condamné en décembre 2014 mais laissé en liberté, le jugement d'<a href="http://e.institutpourlajustice.org/a/?F=p8hxt3nm8dnf8p8qz4zks9j9q3l6vchkqpjhmsw4np4eftyc6lxyv9a-5734951">une officine pour qui la prison résout tout</a>.<br /> <br /> Redoublant de finesse, cette littérature se fait mathématique, additionne aux victimes de Coulibaly celles de Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche et Chérif Kouachi, soit 28 au total, tranche que tous auraient dû être sous les verrous au moment de leurs attaques et conclut que "si notre système pénal fonctionnait normalement, toutes les victimes de ces terroristes seraient encore en vie aujourd'hui ".<br /> <br /> Voilà qui est très rassurant : nous avons affaire à des tireurs isolés et non à une armée... à moins que cette armée ait disposé en tout et pour tout de cinq soldats.<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 26 janvier 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ===========================================================================<br /> <br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Eric : des Verhaeghe pour se faire battre !</span></strong><br /> <br /> <br /> <a href="http://www.eric-verhaeghe.fr/charlie-hebdo-allah-met-fin-70-ans-dinsouciance-francaise/">Sur son blog</a>, un énarque nommé Eric Verhaeghe fait la leçon au trio qui vient d'ensanglanter la France :<br /> <br /> <em>Moi, je suis arrivé en France en 1986, c&#8217;est-à-dire pas très longtemps avant leur naissance. Je suis fils d&#8217;ouvrier, dans ma famille, il n&#8217;y avait pratiquement pas de livre (sic), les bibliothèques étaient indigentes, les infrastructures publiques quasi-inexistantes, mais on savait que, pour en sortir (sic), il fallait bosser. Quand je suis arrivé à Paris, j&#8217;ai été scotché (sic) par le nombre de bibliothèques publiques, de terrains de sport, de musées gratuits.<br /> <br /> Qu&#8217;un gamin à Paris ose expliquer qu&#8217;on ne fait rien pour lui, c&#8217;est évidemment une aberration, un mensonge. </em><strong>Les Coulibaly, les Kouachi, ont disposé dans leur enfance de tout ce qu&#8217;il fallait pour s&#8217;en sortir</strong> (souligné par FD)<em>. La seule chose qui leur a manquée (sic), c&#8217;est le courage d&#8217;y arriver, et le travail qui va avec. Je ne suis en aucune manière responsable de leur échec, ni de leur folie. La seule faute leur incombe à eux (sic).<br /> <br /> Il y en a marre (sic) de tous ces discours où les fauteurs de trouble (sic) sont systématiquement exonérés de leur responsabilité.</em><br /> <br /> Cependant sa propre biographie, sur son propre site, permet de nuancer le caractère prolétarien de son parcours et l'indigence culturelle, tout comme l'exotisme, de son milieu d'origine :<br /> <br /> <em>Je suis né le 9 décembre 1968, à Liège, en Belgique. (...)<br /> Je fais mes études secondaires à Liège, à l&#8217;athénée Charles-Rogier, où j&#8217;apprends le latin et le grec. L&#8217;athénée (minuscules, sic) est installé rue Charles Magnette.<br /> En 1986, j&#8217;arrive à Paris, pour faire une hypokhâgne au lycée Henri-IV. J&#8217;y fais aussi une khâgne.<br /> </em><br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 14 janvier 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ========================================================================<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Le total obsédé du totalitarisme récidive</span></strong><br /> <br /> <br /> <em><br /> François Hollande n&#8217;a jamais été à la hauteur de la moindre situation. Son élection en 2012 a été le fruit des erreurs multiples commises par Nicolas Sarkozy, mais aussi celui d&#8217;une campagne de presse d&#8217;une férocité sans précédents menée contre celui-ci : la presse française, et plus généralement, les médias, sont les gardiens du « politiquement correct », donc du totalitarisme doucereux qui règne sur ce pays.</em><br /> <br /> (s) <a href="http://sentinellededieu.com/2014/12/28/mille-soldats-deployes-en-france-contre-la-maladie-mentale-qui-fait-crier-allahou-akbar/">Guy Millière</a><br /> <br /> <br /> Inculte, grossier, myope, adepte de l'incantation, parjure, agité, stérile, prévaricateur, égolâtre et jamais responsable de rien, Sarkozy était en 2012 le plus mauvais président qu'ait connu la Cinquième. Mais attention : il ne fallait pas le dire trop crûment, pour lui permettre d'être réélu. <br /> <br /> Toute autre conduite était totalitaire !<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 28 décembre 2014)<br /> <br /> <br /> (voir ci-après la perle du 8 mai 2013 : le totalitarisme était alors partiel, à présent le voilà doucereux)<br /> <br /> <br /> ======================================================================<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">L'homme pressé</span></strong><br /> <br /> <br /> <a href="http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/14/31003-20141014ARTFIG00155-guilluy-tribalat-zemmour-cachez-ces-intellectuels-que-je-ne-saurais-voir.php">Du<em> Figaro</em> </a><br /> <br /> <em>Machin est journaliste et écrivain. Son <strong>prochain</strong> livre</em> Dupont, Tartempion, la France et Moi <em><strong>vient de</strong> paraître chez Prems Editions.</em><br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 25 octobre 2014)<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><br /> Epitaphe pour Christophe de Margerie</span></strong><br /> <br /> Dans le concert d'éloges surgi après la mort accidentelle du PDG de Total, on entend dire qu'il avait "gravi tous les échelons de l'entreprise". Par exemple sur France Inter dans le journal de 7h et France-Culture dans celui de 8.<br /> <br /> Encore un effort, messieurs-dames : ajoutez la touche de vécu qui rendra plus frappant votre propos, en nous rappelant le nom du pétrolier pourri où ce fils de prolétaire avait débuté comme matelot sous-payé !<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 21 octobre 2014)<br /> <br /> <br /> <br /> ----------------------------------------------------------------------------------------<br /> ----------------------------------------------------------------------------------------<br /> <br /> <strong>A propos de la grève des masochistes pilotes d'Air France</strong><br /> <br /> <em><br /> Les pilotes jouissent d'une mauvaise réputation</em><br /> <br /> (du spécialiste aéronautique de <em>France Info</em>, le 29 septembre en milieu de journée)<br /> <br /> (mis en ligne le 2 octobre 2014)<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong><br /> L&#8217;ignorance crasse d&#8217;Alain Finkielkraut sur le nazisme</strong><br /> <br /> Du plus prolifique de nos pères Hamptoire <a href="http://www.lenouveleconomiste.fr/alain-finkielkraut-il-ny-a-pas-de-nation-sans-preference-nationale-20733">http://www.lenouveleconomiste.fr/alain-finkielkraut-il-ny-a-pas-de-nation-sans-preference-nationale-20733</a> :<br /> <br /> "Le geste inaugural de la Seconde Guerre mondiale fut, on semble l&#8217;avoir oublié, les troupes de la Wehrmacht repoussant dans un grand éclat de rire les barrières séparant l&#8217;Allemagne de la Pologne, car cette guerre était une guerre impériale contre les nations européennes, <em>au mépris des frontières</em> et, par-delà des frontières géographiques et historiques, <em>au mépris de toute limite</em>. Hitler, c&#8217;est l&#8217;hubris totalitaire. La démesure." (souligné par moi)<br /> <br /> Le nazisme se déployait en fait dans une double limite :<br /> <br /> - celle de la race, qui lui imposait, dans son rêve de domination mondiale, au moins un partenariat "aryen" obligatoire, celui de la Grande-Bretagne ;<br /> <br /> - celle du réalisme géopolitique, qui jouait dans le même sens : il fallait rassurer Londres en n&#8217;ayant strictement aucune ambition maritime ou coloniale, et en ne cherchant une expansion que là où la Grande-Bretagne n&#8217;avait encore dirigé ni ses vues ni ses pas : le monde slave.<br /> <br /> La sauvagerie contre la Pologne, aboutissant à maltraiter sa population plus encore que celle de l&#8217;URSS, était donc bien au premier chef une question de "frontière".<br /> <br /> Par ailleurs, cette agression était un coup de billard à trois bandes contre la France. Mais cette réalité reste à mettre en lumière et ne relève pas spécialement de l&#8217;ignorance de "Finkie".<br /> <br /> NB.- "fut les troupes" : est-ce très académique ?<br /> <br /> (mis en ligne le 19 septembre 2014)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Encore !</strong><br /> <br /> De Marc Nacht sur <em>Causeu</em>r le 13/8/2014, à Renaud Girard du <em>Figaro</em> qui désapprouve l&#8217;inscription du Hamas palestinien sur la liste des organisations terroristes établie par l&#8217;Union européenne :<br /> <em><br /> Votre argument est simple : le Hamas a été élu démocratiquement. On pourrait vous rétorquer : le parti nazi n&#8217;avait-il été, lui aussi, élu « démocratiquement » ?</em><br /> <br /> Rappel : le NSDAP, avant d&#8217;arriver au pouvoir, n&#8217;a jamais dépassé le chiffre, énorme mais éloigné de la majorité, de 37% des voix. Hitler lui&#8212;même avait obtenu ce score lors de la seule élection à laquelle il s&#8217;était présenté, la présidentielle de 1932, et il avait été battu.<br /> <br /> (mis en ligne le 12 septembre 2014)<br /> <br /> (voir ci-après la perle du 19 mai 2010)<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong><br /> La nouvelle bataille de Fontenoy</strong><br /> <br /> <br /> semble à première vue plus aisée que celle qu&#8217;a gagnée Maurice de Saxe le 11 mai 1745, et devrait réclamer moins d&#8217;efforts qu&#8217;une traversée du Pacifique à la rame.<br /> <br /> Maud Fontenoy vient en effet de déclarer sur France Inter :<br /> <br /> "Je me bats pour qu&#8217;écologie rime avec économie."<br /> <br /> (mis en ligne le 13 février 2014)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Jean-Paul Brighelli inculte... pas seulement sur les cultes</strong><br /> <br /> Ce pédagogue peu avare d&#8217;éloges pour les institutions scolaires d&#8217;antan n&#8217;en a peut-être pas été un usager toujours très concentré :<br /> <em><br /> C&#8217;est tout à la gloire de la France, justement, que de refuser l&#8217;inscription de la religion, telle qu&#8217;elle se pratique dans nombre de pays - y compris en Europe - et telle qu&#8217;elle se pratiquait sous Pétain.</em><br /> <br /> (Sur <em>Causeur</em>, le 10 février 2014)<br /> <br /> A copier cent fois avant de revenir en cours : l&#8217;agnostique maréchal n&#8217;a point fait inscrire sur les papiers d&#8217;identité la moindre croyance, mais l&#8217;appartenance supposée à une prétendue race, en grosses lettres rouges.<br /> <br /> (mis en ligne le 11 février)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Seux fait encore des siennes</strong><br /> <br /> (voir plus loin, perle du 6 juillet 2012)<br /> <br /> Aujourd&#8217;hui, après l&#8217;annonce de l&#8217;inculpation du PDG d&#8217;Orange pour "escroquerie en bande organisée", le chef de la bande ne pouvant être que Nicolas Sarkozy, le chroniqueur économique de France Inter s&#8217;interroge sur la possibilité qu&#8217;il conserve son poste.<br /> <br /> Il est en effet inquiété pour une affaire antérieure à sa prise de fonction : le fait d&#8217;avoir, en tant que chef de cabinet du ministre des Finances Christine Lagarde, favorisé le versement indû par l&#8217;Etat, en 2008, d&#8217;une somme colossale à Bernard Tapie. La décision, comme chacun en convient à mots plus ou moins couverts, ne pouvait émaner que du chef de l&#8217;Etat, mais Sarkozy et Tapie n&#8217;étaient pas spécialement proches et le mobile du cadeau reste obscur.<br /> <br /> "Pas de mobile, pas de délit", tranche le chroniqueur.<br /> <br /> Il n&#8217;y a plus qu&#8217;à se calfeutrer chez soi pour éviter d&#8217;être la victime d&#8217;un individu tirant sur les passants en étant assuré de l'impunité, du moins si les ceusses qui le jugent sont des Seux.<br /> <br /> (mis en ligne le 13 juin 2013)<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>La quintessence de la confusion</strong><br /> <br /> (de DoM P, sur le blog de Franck Boizard)<br /> <br /> Lénine et Hitler ont beaucoup en commun, à commencer par Marx et l&#8217;extermination de masse.<br /> <br /> Si Lénine a donné, dans certaines circonstances, des ordres impitoyables, il est facile de constater que Hitler n&#8217;a pu trouver la moindre leçon d&#8217;extermination chez Marx, en qui, de surcroît, il voyait l&#8217;une des principales incarnations de la "peste juive" dans l&#8217;histoire.<br /> <br /> (mis en ligne le 23 mai 2013)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Un ruminant dans son pré</strong><br /> <br /> Sommes-nous dans une société pré-totalitaire ? Oui, il m&#8217;arrive souvent de penser que nous sommes dans une société pré-totalitaire.<br /> <br /> (de Guy Millière, le 8 mai 2013)<br /> <br /> Il existe bien, en comptabilité, des totaux partiels. Mais une société peut-elle être partiellement totalitaire ?<br /> <br /> Elle peut, plus modestement, être en proie à une folle escalade verbale.<br /> <br /> (mis en ligne le le 8 mai 2013)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Netanyahou, autiste et fier de l&#8217;être</strong><br /> <br /> Le premier ministre israélien se targue de son manque d&#8217;intérêt pour le film The Gatekeepers, qui fait courir et causer ses administrés :<br /> <br /> <em>Les télés et les radios, nomination aux Oscars oblige, finissent par en parler et surtout font réagir les politiques. À droite, c&#8217;est glacial et unanime : un film "orienté", "tendancieux". À la présidence du Conseil, Benyamin Netanyahou laisse son porte-parole déclarer : "Le Premier ministre n&#8217;a pas vu le film et il n&#8217;a pas l&#8217;intention de le voir." Au lendemain de la cérémonie des Oscars, la droite fait des gorges chaudes du fait que Dror Moreh, le réalisateur du film, est reparti les mains vides. "Nous ne verserons pas une larme", dit-on en coeur... Quelques jours plus tard, Limor Livnat, la ministre de la Culture, met le feu aux poudres. Après avoir dénoncé "ces films qui salissent l&#8217;image d&#8217;Israël", elle appelle les réalisateurs à s&#8217;autocensurer.</em><br /> <br /> (extrait d&#8217;un article de la correspondante du<em> Point </em>à Jérusalem, Danièle Kriegel, mis en ligne le 7 mars 2013)<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Révisionnisme poutinien</strong><br /> <br /> <em>Mais l&#8217;essentiel, c&#8217;est que sans les atermoiements dans l&#8217;ouverture du deuxième front, les pertes soviétiques et alliées, surtout en Europe occupée, auraient été de 10 à 12 millions de personnes moins élevées. Auschwitz n&#8217;aurait pas existé, car il n&#8217;a commencé à fonctionner à plein régime qu&#8217;en quarante-quatre...<br /> <br /> Viktor Litovkine est un journaliste russe reconnu, spécialisé dans les questions militaires, collaborateur de la[i] Revue Militaire Russe</em>.[/i]<br /> <br /> Ainsi se terminait, en 2005, une interview de Valentin Faline par Viktor Litovkine, intitulée « La Seconde Guerre mondiale aurait pu prendre fin en 1943 ».<br /> <br /> Le mauvais génie de l&#8217;Occident, superficiellement antinazi et profondément antisoviétique, est censé être Winston Churchill qui, effectivement, avait parfois (et avec mesure) bercé Staline de bonnes paroles sur un "second front" avant qu&#8217;il ne se réalisât en Normandie, en 1944. Mais il l&#8217;avait différé avec réalisme (et en luttant contre l&#8217;irréalisme novice des Etats-Unis), pour ne pas offrir à Hitler un succès facile qui, lui, eût fortement prolongé la guerre.<br /> <br /> Enrôler Auschwitz dans le raisonnement en situant le début de son "plein régime" en 1944 constitue un record, et de désinformation, et de stupidité dans cet exercice.<br /> <br /> (mis en ligne le 11 février 2013)<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Gérard Depardieu : l'argent fait le bonheur... à une condition !</strong> <br />   <br /> "Il a apprécié depuis un mois, de par les contacts qu'il a eus, les commerces de proximité, les bouchers, les ptits restos, les ptits bistrots, le garage où il pourra réparer son scooter, enfin bref il a trouvé un esprit de convivialité qui lui a plu tout de suite. Un esprit généreux, un esprit ouvert, un esprit tolérant, je pense que c'est ce qu'il recherchait en sortant de la ville." <br />   <br /> Propos [tenus à la RTBF-&gt;http://www.rtl.be/info/votreregion/hainaut/964984/depardieu-a-nechin-la-joie-du-bourgmestre-en-video] par Daniel Senesael, bourgmestre d'Estaimpuis, commune belge jouxtant la France où l'acteur vient d'élire domicile. <br />   <br /> Il n'y a probablement entre Paris et la frontière belge que des commerces de grande surface et des estaminets démesurés. <br />   <br /> Et peut-être accessoirement des agents du fisc à l'esprit intolérant et fermé. <br />   <br />   <br /> PS.- "La ville", nouveau surnom de la France ? <br />   <br /> (mis en ligne le 11 décembre 2012) <br />   <br /> ______________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>Négationnisme d'extrême gauche </strong> <br />   <br />   <br /> En ces temps d'aiguisement de tous les sectarismes, le site [Mecanopolis-&gt;http://www.mecanopolis.org/?p=26410] se met à prédire la destruction de l'Etat d'Israël dans des termes carrément himmlériens : <br />   <br /> « <br /> (...) Les Nazis (1933-1945) &#339;uvraient systématiquement à l'éradication des communistes (toutes nationalités confondues), des tziganes-Roms (sans nationalité), des slaves, des marginaux et aussi des gens de religion juive et de leurs descendants même devenus non pratiquants. <br />   <br /> La réécriture de l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale au cours de la guerre froide (1954-1989) - États-Unis contre Union Soviétique ­- amènera la quasi disparition des premières victimes des livres d'histoire et leur remplacement par un nombre sacré - exactement 6 millions - lesquels petit à petit deviendront un peuple, puis une nation et enfin une «race», unique martyr au dire de l'hagiographie sioniste imposée par le maelstrom médiatique. Impasse totale par la suite sur les communistes, les handicapés, les tsiganes et les résistants pourtant {{tout autant incarcérés et exécutés dans ces camps de la mort ! [/b] » <br />   <br /> Robert Bibeau, chargé par ce site de cet article, officie ordinairement dans un [organe canadien francophone-&gt;http://www.robertbibeau.ca/palestine3.html] "marxiste-léniniste". La pudibonderie d'une partie de cette mouvance serait-elle en rapport avec l'omission, dans ses énumérations rituelles des victimes du nazisme censées avoir enduré les mêmes traitement que les Juifs, des homosexuels ? <br />   <br /> Les premiers "éradiqués" sont censés avoir été les communistes. Cela ne tient pas debout. Hitler tenait trop, en Allemagne, à leur "sang aryen", il en tua quelques centaines, en emprisonna quelques milliers, presque tous de façon temporaire, et enrôla les autres dans ses entreprises, la résistance organisée étant ô combien méritante, mais infime. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 28 octobre 2012) <br />   <br />   <br /> _______________________ <br /> ________________________ <br />   <br />   <br /> <strong>Une perle au front </strong> <br />   <br /> {(...) ce problème de fond qu'est la dégradation de l'insécurité} <br />   <br /> C'est de Bruno Gollnisch, non seulement [sur son blog-&gt;http://www.gollnisch.com/wp-content/uploads/2012/10/2012-10-01-motion-d-ordre-bruno-gollnisch-page-2.jpg], mais dans une lettre, ce jour, à son président de conseil régional ! <br />   <br /> Tant que la sécurité monte en grade, où est le problème ? <br />   <br /> Mais on pourrait bien finir par dégrader la note du professeur d'université, pour charabia et négligence. <br />   <br /> (mis en ligne le 1er octobre 2012) <br />   <br /> _______________ <br /> ________________ <br />   <br /> <strong>Un athéisme relatif </strong> <br />   <br />   <br /> Dans le débat souvent très bas sur les caricatures islamophobes de {Charlie-Hebdo}, on peut lire ceci [sur le blog-&gt;http://philippetorreton.wordpress.com/2012/09/19/de-lislamophobie-vous-dites/#comment-689] de Philippe Torreton : <br />   <br /> {Un jour peut être on prouvera que Dieu n'existe pas. Ce jour là beaucoup de personnes seront sauvées.} <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 23 septembre 2012) <br />   <br /> ____________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>L'inconscient collectif des élus ennuyés </strong> <br />   <br />   <br /> "C'est une question à ne pas éluder à la légère" <br />   <br /> (le maire d'une petite commune de l'Ouest de la France, sur France Inter au début de cette semaine) <br />   <br /> (mis en ligne le 20 septembre 2012) <br />   <br />   <br /> _________________ <br /> __________________ <br />   <br />   <br /> <strong>BHL métaphysicien </strong> <br />   <br /> { {l'increvable mouvement des Frères musulmans créé en 1928, en Egypte, dans la foulée de l'hitlérisme naissant} } <br />   <br /> [contexte-&gt;http://www.europe-israel.org/2011/05/%C2%AB%E2%80%89ah%E2%80%89-les-cons%E2%80%89%C2%BB-sur-un-munich-palestinien/] <br />   <br /> Mais non, Bernard ! <br />   <br /> En 1928, le nazisme convalescent n'a strictement aucune influence hors d'Allemagne. La phrase est donc archi-fausse, sauf à supposer quelque occulte transmission par des voies sataniques. <br />   <br /> (mis en ligne le 12 septembre 2012) <br />   <br />   <br />   <br /> ________________ <br /> _________________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Dominique Seux pédagogue </strong> <br />   <br />   <br /> Le journaliste des {Echos} et échotier du libéralisme sur France-Inter raillait, mardi 3 juillet, l'administration Hollande d'éviter avec soin le mot "rigueur", comme l'avait fait celle de Sarkozy. <br />   <br /> Sans doute pour mieux se faire comprendre, il donnait un exemple vivant : lui-même, évitant avec le même soin le mot "austérité" ! <br />   <br /> [note à l'usage d'une postérité heureuse à qui ces querelles de langage ne rappellent rien : en l'an 2012 ap. JC, dans bien des contrées, une très large majorité de publicistes, tout en se prétendant censurée par une très large majorité de mécréants, faisait de la baisse des revenus du plus grand nombre l'alpha et l'oméga des "lois de l'économie", résumées par le mot "rigueur" employé de préférence à celui d'"austérité", pourtant bien plus pertinent pour résumer leur doctrine.] <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 6 juillet 2012) <br />   <br /> ____________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>On se console comme on peut </strong> <br /> <br />   <br /> " C''est pourquoi la gauche a perdu le peuple. " <br />   <br /> Telle était la conclusion d'un article de la campagne électorale (Chantal Delsol, {Valeurs actuelles},19/01/2012), intégralement repris [sur un blog de droite-&gt;http://www.gerard-brazon.com/] , au {lendemain} de l'élection présidentielle de 2012. <br />   <br />   <br /> Mieux encore : l'article se voulait un portrait en pied de la génération "68", coupable... d'indifférence aux faits ! <br />   <br /> (mis en ligne le 29 mai 2012) <br />   <br /> ________________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>Perle de campagne </strong> <br />   <br />   <br /> Pas besoin de chercher très longtemps, en ces temps présidentiels, les huîtres affligées dont les larmes ont formé de précieuses concrétions. <br />   <br /> Fidèle à ma devise de railler plutôt les grandes puissances que les petites, je m'en prendrai au simplisme d'un des orateurs les plus lettrés de la campagne, professeur de littérature japonaise dans une université de Lyon. <br />   <br /> Au terme d'un [article sur Mohamed Merah-&gt;http://www.gollnisch.com/2012/03/31/bruno-gollnisch-affaire-merah-la-question-qui-nest-pas-posee/?utm_medium=email&amp;utm_campaign=Billet+dhumeur+-+Affaire+Merah++la+question+qui+nest+pas+pose&amp;utm_content=Billet+dhumeur+-+Affaire+Merah++la+question+qui+nest+pas+pose+CID_12ede423684e59e1044febbda5ac34e7&amp;utm_source=Campaign+Monitor&amp;utm_term=Blog+de+Bruno+Gollnisch] englobant dans la même réprobation ses sept meurtres et l'argent que son éducation aurait coûté à la France, Bruno Gollnisch écrit : <br />   <br /> {Cet article me vaudra, c'est sûr, comme d'habitude, des accusations de dureté de c&#339;ur, d'incitation à la haine, de récupération politique, et tout le bazar habituel de la rhétorique des bien-pensant <br /> [{sic}; ne lirait-il même pas Bernanos ?]. Je m'en contrefiche. Comme l'écrivait Chateaubriand, il est des temps où il faut être économe de son mépris, à cause du grand nombre de nécessiteux. Je réserve ma compassion aux victimes (...).} <br />   <br /> Un peu bancal, cela ! Le signataire est-il économe de sa compassion, ou réserve-t-il son mépris aux victimes ? <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 31 mars 2012) <br />   <br /> {dernière minute (et premier avril, sans poisson) : j'ai déposé ce matin à 6h 45 un commentaire sur le blog de Gollnisch, dans le sens ci-dessus; il n'y avait alors aucun commentaire; une ou deux heures plus tard, apparition de dix commentaires tous plus élogieux les uns que les autres et, au milieu, mention du mien comme étant "en attente de modération". <br />   <br /> A 14h 49, le nombre des éloges a doublé, et la mention de mon oeuvre a disparu. <br />   <br /> Tout est rentré dans l'ordre au sein du bazar habituel de la rhétorique ! <br />   <br /> [suite du feuilleton-&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/010412/une-splendide-gollnischerie]} <br /> ____________ <br /> _____________ <br />   <br />   <br /> <strong>Un démythificateur professionnel en plein mythe </strong> <br />   <br /> {Pour parler comme Churchill, les Occidentaux ont fortement contribué à « tuer le mauvais cochon ». } <br />   <br /> de Pierre-André Taguieff [sur Causeur-&gt;http://www.causeur.fr/la-verite-du-pretendu-%C2%AB-printemps-arabe-%C2%BB-est-dure-a-reconnaitre,16409], à propos des lendemains qui déchantent du "printemps arabe", marqués par une poussée islamiste au Maghreb et au Machrek. <br />   <br /> Churchill appelé en renfort pour justifier un regret nostalgique de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ! <br />   <br /> Rappel : "nous avons tué le mauvais cochon" est un propos rapporté, mal situé dans le temps, sans aucun répondant écrit et, {last but not least}, linguistiquement peu anglais, destiné à faire croire pendant la guerre froide que son auteur regrettait d'avoir choisi de concentrer son effort militaire contre Hitler, plutôt que contre Staline. <br />   <br /> [Une mise au point-&gt;http://viennanet.info/polemics/churchill] <br />   <br /> (mis en ligne le 24 mars 2012) <br /> _____________________ <br /> _____________________ <br />   <br />   <br /> <strong>D'un journaliste haineux </strong> <br />   <br /> {Un dictateur syrien qui annonce, sans aucun complexe, que si une seule balle étrangère est tirée dans son pays, il balancera des missiles sur Tel Aviv dans la demi-heure qui suivra. <br />   <br /> Je ne suis pas un va-t-en-guerre, mais moi je le mets au défi. <br /> Voilà une bonne stratégie à mettre au point avec Messieurs Sarkozy, Obama et Blair qui sont si choqués par les massacres commis par Bachar el Assad. Que les forces de l'Otan tirent un ou deux missiles sur la résidence du boucher, on verra si celui-ci met sa menace à exécution. Si oui, alors les Occidentaux aideront Israël qui ripostera et on en finira avec Assad. Vous pensez que je rêve ? Vous avez raison. <br />   <br /> La seule chose qui soit certaine dans cette hypothèse, c'est qu'en moins de 5 minutes, vraiment moins croyez-moi, Israël transformerait le palais présidentiel, et Assad lui-même, en un tas de cendres.} <br />   <br /> Marc Femsohn, {Guisen}, 6 octobre 2011 <br />   <br /> La haine transforme les hommes en robots... au point de recycler un discours avec deux premiers ministres britanniques de retard ! <br />   <br /> Et on frémit à l'idée de ce que dirait et ferait ce Marc s'il était un va-t-en-guerre ! <br />   <br /> (mis en ligne le 7 octobre 20011) <br />   <br /> ______________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>La présomption d'innocence et ses délires </strong> <br />   <br /> La déclaration des droits de l'homme de 1789 a édicté que la puissance publique ne devait plus prêter main-forte aux rumeurs infamantes, en précisant que seul un tribunal avait le droit de décider de la culpabilité de quelqu'un. <br />   <br /> Cette règle souvent oubliée a été outrageusement violée par un prince un matin de Noël : Michel Poniatowski, ministre de l'Intérieur de son vieil ami Giscard d'Estaing, a convoqué le 24 décembre 1976 une conférence de presse quelques heures après l'assassinat sur les Champs-Elysées de leur camarade de parti Jean de Broglie, pour expliquer que tout était éclairci, en nommant à la fois l'assassin et ses commanditaires. <br />   <br /> Depuis le scandale causé par cette affaire, tout journaliste se croit en devoir de donner du "présumé" aux auteurs des délits les plus flagrants. <br />   <br /> Mais tous les records sont battus depuis quelques jours : à l'occasion du procès de Jacques Chirac, les médias usent et abusent de l'expression "les emplois présumés fictifs de la ville de Paris"... alors que les salaires versés au nom desdits emplois ont été remboursés par le parti UMP à ladite municipalité ! <br />   <br /> Peut-être devrait-on suggérer à Jean-François Copé, secrétaire général de ce parti, d'exiger avec tous les accents de la vertu outragée, au nom de la présomption d'innocence, le remboursement du remboursement ? <br />   <br /> (mis en ligne le 9 septembre 2011) <br />   <br />   <br /> _____________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Le moyen âge comme si vous y étiez </strong> <br />   <br /> Sous le subtil pseudonyme "La bonne blague", à propos de la recension par Marie Ranquet d'un ouvrage anglo-saxon relatif aux Croisades, sur [nonfiction.fr-&gt;http://www.nonfiction.fr/article-4808-les_croisades_vues_par_un_historien.htm] : <br />   <br />   <br />   <br /> {Je me permets de lui rappeler que 99% des travaux sur les croisades soutiennent la thèse des méchants croisés contre les bons musulmans.} <br />   <br />   <br />   <br /> Le pourcentage parle de lui-même ! <br />   <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 9 juillet 2011) <br />   <br /> ____________ <br />   <br />   <br /> (après l'exécution de Ben Laden) <br />   <br />   <br /> <strong>Quand [Philippe Bilger-&gt;http://www.marianne2.fr/Mort-de-Ben-Laden-Justice-est-faite_a205766.html] piétine les fondements du droit </strong> <br />   <br /> {Justice vient d'être faite au sens où, au-delà de l'officiel, il y a des événements et des issues qui satisfont pleinement ce que l'être humain, quoi qu'on en ait, attend : que l'horreur et les tragédies suscités par la folie et la fureur d'un homme ne demeurent pas impunis.} <br />   <br /> Il n'est déjà pas très intelligent d'approuver les réactions primaires de la foule, même si on peut, et doit, les comprendre. <br />   <br /> Mais le faire au nom du droit, alors qu'il est bafoué et qu'on est un expert de cette discipline, chargé comme tel de fonctions importantes, voilà qui appelle seulement deux commentaires. <br />   <br /> L'un, évangélique : "Si le sel s'affadit, avec quoi va-t-on le saler ?" (Matthieu, 5, 12) <br />   <br /> L'autre, historique : qui donc avait cru devoir se fendre de plusieurs articles pour justifier la parole de Hitler selon laquelle, lors des meurtres de la nuit des Longs couteaux (30 juin 1934) il était "le Juge suprême du peuple allemand" ? <br />   <br /> Un juriste universitaire qui fit une belle carrière avant, pendant et après le nazisme : Carl Schmitt. <br />   <br /> Mais peut-être l'avocat général de la cour d'appel de Paris veut-il dire qu'un procès de Ben Laden aurait infailliblement conduit à son acquittement ? C'est en tout cas la seule interprétation possible de l'allégation selon laquelle sa fureur aurait pu demeurer impunie. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 8 mai 2011) <br />   <br /> ________________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>De Bilger encore (et de bien d'autres) </strong> <br />   <br />   <br /> "... l'impossibilité d'un procès qui aurait été dans tous les cas lourd de toutes sortes de menaces." <br />   <br /> Parce que Al Qaïda serait plus capable de faire des attentats pour délivrer son chef que pour le venger ?!!! <br />   <br /> A cette aune, il aurait fallu que les Anciens n'aient pas la folle imprudence d'inventer la prison, ni le tribunal, et laissent les pratiques de vendetta se pérenniser. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 8 mai 2011) <br />   <br /> ______________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>Où mène la phobie de la phobie </strong> <br />   <br /> [Dans un débat-&gt;http://www.lepoint.fr/debats/nouvelle-archive-de-vichy-ce-que-les-internautes-en-disent-08-10-2010-1246554_34.php?commentaire_list] du {Point} sur un brouillon du statut des Juifs, le seul disponible à ce jour, annoté par Pétain et exhumé par Serge Karsfeld. Un internaute ayant mis en cause le futur maréchal dans la prolongation de la Première Guerre mondiale, un "Bouboul" (on ne le lui fait pas dire, mais "Boumboum" irait mieux encore) : <br />   <br /> Bouboul <br />   <br />   <br />   <br /> vendredi 15 octobre | 15:03 <br />   <br /> { <br /> Je sais bien que l'américanophobie est dans les gènes de bien de nos concitoyens, mais de là à dire que "grâce aux Américains on pouvait continuer la boucherie", c'en est trop. Beaucoup trop. C'est justement l'arrivée des Américains qui a permis de terminer cette horrible boucherie. Les Allemands le savaient très bien qui ont signé une paix blanche avec les Bolcheviques à Brest Litovsk pour pouvoir utiliser toutes leurs troupes à l'ouest. Sans les "Doughboys", leur matériel, leur armement la guerre était perdue pour la France.} <br />   <br /> Hé non, les renforts humains furent bien, en 1918, américains, mais leur matériel était français : sans être anti, on peut remarquer que l'oncle Sam n'est pas sorti de la cuisse de Jupiter... tout armé ! <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 19 octobre 2010) <br />   <br /> ____________ <br /> ____________ <br />   <br />   <br /> <strong> <br /> Un Juif socialiste à Vichy ? </strong> <br />   <br /> [ <br /> Sur Causeur-&gt;http://www.causeur.fr/sarkozy-c%E2%80%99est-pas-petain,7440?show=comments#comment-202001], à propos des comparaisons Sarkozy-Pétain <br />   <br />   <br /> {Roba dit : <br />   <br /> 27 septembre 2010 à 9:17 <br />   <br /> Il serait bon de rappeler que tous les propos et slogans (comme &#8216;Travail,...') repris par l'auteur et attribués au Maréchal Philippe Pétain, chef de l'Etat français, sont en fait le pur produit de la plume de son &#8220;nègre&#8221;, l'excellent Emmanuel Berl, juif de gauche, écrivain et pacifiste. Et accessoirement, époux de la chanteuse Mireille. Rendons à César... <br />   <br /> Un juif socialiste à Vichy!!!!} <br />   <br /> Berl (qui n'était pas socialiste) a participé à la rédaction des tout premiers discours de Pétain à Bordeaux, en {juin} 1940, et n'a jamais, de près ou de loin, été son conseiller à Vichy. Si le rapprochement Pétain-Sarkozy est discutable, il y a encore moins de raisons de confondre Emmanuel Berl et Henri Guaino ! <br />   <br /> Mais cet amalgame est bien de notre temps : les jeux d'étiquettes remplacent l'ouverture des flacons. <br />   <br />   <br /> __________________ <br /> _________________ <br />   <br />   <br /> <strong>Quand Bruno Gollnisch sème ses toxines </strong> <br />   <br />   <br /> La journaliste Elisabeth Lévy, patronne du mensuel <em>Causeur</em> et du site d'échanges du même nom, ne dit pas que des inepties (cf. plus loin, à propos d'une librairie pro-palestinienne). <br />   <br /> Pourquoi faut-il, [dans un article-&gt;http://www.causeur.fr/le-devoir-du-sol,7278?show=comments] contre les anathèmes sarkozyens de l'été 2010 à l'égard des étrangers (passés, présents et futurs !), qu'elle relaye sans examen cette "information" : la législation du Front populaire était allée plus loin dans le retrait de la nationalité aux délinquants fraîchement naturalisés ! <br />   <br /> L'affirmation vient en droite ligne [d'une interview-&gt;http://www.fdesouche.com/132451-le-front-populaire-prevoit-la-decheance-de-la-nationalite-en-1938] du dirigeant du Front national, le 25 août. <br />   <br /> La réalité : [un décret-loi-&gt;http://pages.livresdeguerre.net/pages/sujet.php?id=docddp&amp;su=103&amp;np=780] du 12 novembre 1938, date à laquelle un gouvernement Daladier, comprenant des ministres de droite, tourne le dos au Front populaire, tout en cherchant des compromis avec le nazisme (nous sommes entre les accords de Munich du 30 septembre et la visite à Paris de Ribbentrop, pour signer un traité d'amitié, en excluant les ministres "juifs" Zay et Mandel des réceptions, le 6 décembre -en passant par la répression démesurée d'une grève de 24 heures, le 30 novembre). <br />   <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 8 septembre 2010) <br />   <br />   <br />   <br />   <br />   <br />   <br /> _______________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Hitler visait la domination mondiale : encore cette vieille lune ! </strong> <br />   <br /> Yoram Hazony, du Shalem Center de Jérusalem, est un jeune politologue israélien. <br />   <br /> Dans un essai intitulé {Israel Through European Eyes} (« Israël vu par les Européens »), il affirme que les gens de gauche (auxquels il ne semble pas porter une affection sans bornes) ont récemment inventé un "nouveau paradigme" inspiré de Kant, la disparition de l'Etat-nation. Son propos est ainsi résumé par Daniel Pipes le 17 août 2010, dans la [National Review online-&gt;http://fr.danielpipes.org/8779/emmanuel-kant-contre-israel] : <br />   <br /> {Est-il besoin de faire remarquer qu'il est faux d'attribuer les horreurs nazies à l'État-Nation ? Les nazis, qui voulaient mettre fin aux États-Nations, rêvaient, à l'instar de Kant, d'un État Universel.} <br />   <br /> Le nazisme poursuivit au contraire avec une remarquable constance le projet non pas d'une planète, mais d'une Europe allemande (partageant le pouvoir mondial avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Japon), et c'est bien pour cela : <br />   <br /> 1) qu'il a failli réussir; <br /> 2) qu'il a été en mesure de se livrer à un gigantesque massacre des Juifs de cet espace. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 1er septembre 2010) <br />   <br />   <br /> _________________ <br /> __________________ <br /> . <br />   <br /> <strong>"Hitler démocratiquement élu" : un internaute s'obstine ! </strong> <br />   <br />   <br />   <br /> L'une des missions les plus salubres de l'historien du nazisme est, à mon sens, de combattre ce préjugé encore aujourd'hui très commun. Il a en effet la triple et fâcheuse conséquence de masquer : <br />   <br /> -les engagements fallacieux par lesquels ce chef d'un parti raciste et violent a obtenu, le 30 janvier 1933 sa désignation comme chancelier, et les tricheries quotidiennes au terme desquelles il a installé sa dictature personnelle, à dater du 28 février; <br />   <br /> -la légèreté des classes dirigeantes allemandes, qui se croyaient en position de contenir et de contrôler ce minoritaire dont la nomination n'était en rien obligatoire; <br />   <br /> -celle de la communauté internationale, parfaitement fondée, selon les règles en vigueur notamment depuis la création de la Société des nations, à ne pas se laver les mains de ce processus. <br />   <br /> Or [sur mon propre forum-&gt;http://www.delpla.org/forum/viewtopic.php?f=3&amp;t=241&amp;p=5020#p5020] un internaute relaps (il avait reconnu que Hitler avait été nommé, puis avait recommencé à écrire comme si de rien n'était qu'il avait été élu) vient de déclarer : <br />   <br /> {Oser me reprocher d'avoir dit que le chef d'un parti qui comptait plusieurs centaines de députés avait été élu dénote un esprit fâcheusement procédurier ou fâcheusement... universitaire.} <br />   <br />   <br />   <br /> Eh bien, vive l'audace, et vive l'université ! <br />   <br /> Mais nous n'irons pas jusqu'à la procédure, du moins de mon fait. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 19 mai 2010) <br />   <br />   <br /> ______________________ <br /> ______________________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Magazine {L'Histoire} : perseverare diabolicum ! </strong> <br />   <br />   <br /> Dans un [dossier-&gt;http://www.delpla.org/article.php3?id_article=441] assez médiocre sur la défaite française de 1940, votre serviteur avait relevé [publiquement-&gt;http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=59&amp;t=23814&amp;p=327270#p327270] une faute étonnante : la chronologie, qui datait à juste titre du <br /> 3 septembre 1939 la déclaration de guerre de la France, la situait fâcheusement avant celle de l'Angleterre, qui pour sa part aurait attendu jusqu'au 4. <br />   <br /> Le numéro suivant comporte un rectificatif renouvelant la principale erreur ! Car il admet que les deux déclarations ont eu lieu le même jour, tout en répétant que celle de l'Angleterre était postérieure (alors qu'elle datait de 11 h, et la française de 17h). <br />   <br /> Or cet écart a un sens politique important : déjà fort tardif par rapport à l'agression nazie contre la Pologne (le 1er septembre à l'aube) à laquelle il était censé répliquer, ce geste avait été encore plus laborieux à obtenir de Paris que de Londres, ce qui, tout en reflétant l'alignement de la France sur l'Angleterre pendant les années 30, n'était pas sans préfigurer la scission de juin 1940 entre les deux pays. <br />   <br /> (mis en ligne le 3 mai 2010) <br />   <br />   <br />   <br /> ______________ <br /> _________________ <br />   <br />   <br /> <strong>Est-ce l'effet Sarkozy (Jean) ? </strong> <br />   <br /> Lu sur un billet du festival "Chorus", organisé par le conseil général des Hauts-de-Seine, début avril 2010 : <br />   <br /> "Ce billet ne sera ni repris ni échangé, même en cas de perte ou de vol." <br />   <br /> (mis en ligne le 13 avril) <br />   <br /> __________________ <br /> ____________________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Quand Yannick Haenel fictionne </strong> <br />   <br /> Extrait [du sottisier de son roman-&gt;http://www.delpla.org/article.php3?id_article=435] {Jan Karski} (Gallimard, septembre 2009, prix FNAC puis Interallié) : <br />   <br /> {Lorsqu'on incrimine la passivité des Polonais face à l'extermination, on oublie que la Pologne était occupée par les nazis et les staliniens.} (p. 181) <br />   <br /> Dans la polémique subséquente (éclose seulement début 2010 grâce à Annette Wieviorka), on entend beaucoup (trop) dire qu'il y aurait des malentendus "de génération" entre le quadragénaire Haenel et certains de ses aînés. <br />   <br /> Il est de fait que les plus obtus des auteurs nés avant 1960 n'ont pas encore, à ma connaissance, assimilé Staline à Hitler au point de les croire tous deux en Pologne à l'époque de la Solution finale ! <br />   <br /> (alors que l'occupation conjointe dure de septembre 1939 à juin 1941 et que la Solution finale démarre à la fin de cette année, tout le territoire ci-devant polonais étant aux mains du Reich) <br />   <br /> (mis en ligne le 25 février 2010) <br />   <br />   <br /> _________________ <br /> _________________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Sophie Marceau, biologiste du futur </strong> <br />   <br /> interviewée par {Télé-magazine} (n° 2832) à propos du film {Lol} qui la campe en mère d'une adolescente : <br />   <br /> "- Le petit oiseau éprouve le besoin de s'affranchir et de couper le cordon." <br />   <br /> Il avait peut-être un fil à la patte ! <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 14 février 2010) <br />   <br /> note du 20 mai : tapez la phrase sur Google, vous la verrez apparaître des dizaines de fois... preuve qu'elle n'avait pas été improvisée au hasard d'une rencontre avec un journaliste mais mûrement pesée par le service de promotion. C'est encore plus drôle ! <br />   <br /> _____________________ <br /> _______________________ <br />   <br />   <br /> <strong>et encore un pavé de l'ours ! </strong> <br />   <br /> Sur Causeur.fr, en réponse à Jérôme Leroy qui rappelait les tortures subies par certains militants communistes pendant la guerre d'Algérie : <br />   <br /> {Têtuniçois dit : <br />   <br /> 28 août 2009 à 19:13 <br />   <br /> En Algérie on ne torturait pas les communistes qui n'avaient rien fait . On torturait les communistes qui aidaient le FLN a poser des bombes contre les Européens .} <br />   <br /> (mis en ligne le 29 août 2009) <br />   <br /> ______________ <br /> ____________ <br />   <br />   <br /> <strong>Puissants cryptogames </strong> <br />   <br />   <br />   <br /> De Pierre-André Taguieff [cité par-&gt;http://www.idee-jour.fr/Pierre-Andre-Taguieff-s-invite.html] Emmanuel Lemieux : <br />   <br /> {Comme les champignons après la pluie, les illusions mortelles, à peine habillées de neuf, renaissent après les catastrophes qu'elles ont provoquées.} <br />   <br /> S'ils font la pluie, espérons que les champignons fassent aussi le beau temps ! <br />   <br /> (mis en ligne le 28 août 2009) <br />   <br /> __________ <br /> ___________ <br />   <br />   <br /> [perles plus anciennes-&gt;http://www.delpla.org/article.php3?id_article=446] Tue, 25 Dec 2018 19:34:01 +0100 Lettres d'information 2019 http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-144+lettres-d-information-2019.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-144+lettres-d-information-2019.php [url=http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-128+lettres-d-information-2018.php]<br /> Lettres antérieures [/url]<br /> <br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Lettre d'information n° 127 du site de l'historien du nazisme François Delpla </span></strong><br /> <br /> <br /> <br /> Chers abonnés,<br /> <br /> Vous étiez prévenus ! Permettez-moi , pour une fois , de me citer (lettre 126 du 9 novembre) :<br /> <br /> "Un livre intitulé Hitler et Pétain se heurte à une méfiance, qui peut aller jusqu&#8217; à un refus de lecture, de la part de maints spécialistes, appartenant à des courants très divers mais partageant le préjugé que la discipline historique a rompu définitivement, au XXème siècle, avec l&#8217;explication des décisions politiques par la volonté des dirigeants. <br /> <br /> Par bonheur, la polémique en cours [sur la différence entre le Pétain de 1918 et celui de l'Occupation] met en lumière un contraste très pédagogique : la différence entre un dictateur allemand dont les lubies produisent des effets immenses (bien qu'ils ne soient pas toujours faciles à cerner), et son tardif émule français qui, si ses idées et ses talents ont souvent favorisé, ou parfois handicapé, sa carrière, a néanmoins joué, à chaque étape, des rôles attendus, qu&#8217;aucun mystère après coup ne nimbe."<br /> <br /> Depuis le 29 novembre, date de sortie du livre (et malgré l'envoi de l'objet à la presse deux semaines plus tôt, ou de jeux d'épreuves plus tôt encore), l'écho généralement discret de mes ouvrages sur le nazisme depuis 1992 fait place à une ignorance universelle, en contraste avec sa "visibilité" sur les étalages les plus divers, le début encourageant des ventes et l'abondance du courrier "favorable à très favorable", comme disent les sondeurs. Cette anomalie suggère que les spécialistes de la presse et de l'université, devant un canard inattendu dans la couvée des cygneaux convenus, attendent que le voisin s'exprime le premier.<br /> <br /> Pas de pessimisme donc, mais un appel à l'action. Après tout, l'extra-ordinaire mouvement des Gilets jaunes, traîné par maint observateur dans la boue de ses éléments les plus patibulaires, est accusé de mémoire courte historique. Faire progresser "sur les ronds-points" l'idée que ce Pétain, qu'on les accuse souvent d'imiter, n'avait à partir de 1940 plus rien de français puisqu'il prenait ses ordres à l'étranger, peut faire partie de cette "pédagogie" dont un gouvernement décontenancé cherche laborieusement la formule.<br /> <br /> Vous aurez en particulier remarqué, dans ceux des remous de l'heure qui n'incitent pas à l'optimisme, le phénoménal succès commercial et médiatique du livre Destin français d'Eric Zemmour, dont la thèse centrale est que de Gaulle ne s'est pas mieux débrouillé avec l'impérialisme américain que Pétain avec l'allemand. Si je n'aborde pas de front, dans le mien, les différences entre les vues et les pratiques de Roosevelt et de Hitler envers la France, du moins, en mettant en lumière les menées destructrices, souvent subtiles, du dernier nommé, j'en suggère quelque idée !<br /> <br /> Vous trouverez sur le site, <br /> <br /> * outre un éditorial présentant les principales conclusions de Hitler et Pétain, <br /> <br /> * le dernier article de Marc-André Charguéraud sur la persécution des Juifs polonais APRES l'occupation allemande <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-142+l-elimination-des-juifs-de-pologne-apres-la-g.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-142+l-elimination-des-juifs-de-pologne-apres-la-g.php</a><br /> <br /> qui peur servir 1) à faire reculer l'idée absurde qu'une "polonisation" aurait menacé la France sous la botte nazie; <br /> <br /> 2) à toucher du doigt l'ampleur de la déshumanisation que le nazisme, même vaincu, imprimait dans certains esprits, en vertu, si l'on peut dire, de son talent corrupteur, <br /> <br /> * un extrait de débat sur Facebook <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=130">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=130</a> à propos de la décision hitlérienne d'attaquer l'URSS prise en juillet 1941, connue par le journal du général Halder dès 1947 mais contraire à la propagande churchillienne ET DONC ENCORE MECONNUE AUJOURD'HUI. <br /> <br /> Le préjugé selon lequel le retournement allemand vers l'est date, à l'automne 1940, d'un "échec" de la "bataille d'Angleterre" fausse complètement l'analyse des rencontres de Montoire et d'Hendaye, pour la plus grande gloire de Pétain et de Franco censés avoir refusé leur concours militaire à Hitler... en vue d'opérations dans l'Atlantique ou la Méditerranée dont il faisait seulement miroiter la perspective à des fins de diversion.<br /> <br /> * et, pour le fun, quelques nouvelles Perles contre l'histoire <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&amp;id=2">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&amp;id=2</a> , sévèrement triées dans une période entre toutes propice à une surproduction.<br /> <br /> <br /> Action, donc ! Et pour commencer, merci de participer à une conférence sur Hitler et Pétain<br /> Dimanche 13 janvier 2019 de 17:00 à 19:30<br /> Librairie La Terrasse de Gutenberg<br /> 9 rue Emilio Castelar, 75012 Paris<br /> <br /> ou de signaler cette manifestation à vos accointances fanciliennes.<br /> <br /> En conclusion, ce n'est pas sur vous, chers abonnés du moins de longue date, qu'il faut compter pour croire que Hitler a été élu (bourde qui émaille encore la plus récente interview d'Alain Badiou <a href="https://the-dissident.eu/alain-badiou-lallegeance-macron-negative/?fbclid=IwAR0z1G0n_r32yE7Rn9zDvUd9i-7puTMVcrky72WvhSIC3M3qTj-yV7ExcYI">https://the-dissident.eu/alain-badiou-lallegeance-macron-negative/?fbclid=IwAR0z1G0n_r32yE7Rn9zDvUd9i-7puTMVcrky72WvhSIC3M3qTj-yV7ExcYI</a> ), que le premier statut des Juifs date du 3 octobre 1940 et résulte entièrement de rancunes françaises, que Robert Paxton mérite une confiance aveugle, que Hitler était rarement à l'origine des actions de ses subordonnés, ou que Pétain a mené une politique cohérente et efficace de sauvetage des Juifs français. <br /> <br /> En revanche, votre intervention devient opportune pour chasser ces erreurs du plus possible de têtes en une époque qui offre avec les années trente quelques points communs, mais qu'en sépare une différence essentielle : il n'existe ni une puissance dans la situation de l'Allemagne, ni un fou talentueux pour en prendre le contrôle tout en mystifiant l'univers.<br /> <br /> <br /> <br /> Joyeuses fêtes à tous<br /> <br /> <br /> <br /> fdelpla<br /> <br /> <br /> Si le message s&#8217;affiche mal, retrouvez-le ici <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128</a> . Tue, 25 Dec 2018 10:44:01 +0100 L’élimination des Juifs de Pologne après la guerre. - 1945-1947 http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-142+l-elimination-des-juifs-de-pologne-apres-la-guerre-1945-1947.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-142+l-elimination-des-juifs-de-pologne-apres-la-guerre-1945-1947.php Un nouvel article de Marc-André Charguéraud (décembre 2018)<br /> <br /> <br /> <br /> La guerre est terminée, la paix est revenue. Trois millions de Juifs polonais ont été assassinés par les nazis. 200.000 reviennent d&#8217;URSS et 40 000 ont survécu. Ils voyaient la fin de l&#8217;enfer dans lequel ils avaient vécu. Il n&#8217;en fut rien, des persécutions allant jusqu&#8217;au meurtre les forceront à fuir leur pays dominé par un régime communiste.<br /> <br /> Avec ou sans communisme, l&#8217;antisémitisme meurtrier l&#8217;aurait emporté en Pologne tant la société en est infectée. « L&#8217;anticommunisme, une excuse trop facile ! Il y avait aussi des Polonais catholiques parmi les communistes par conviction ou par intérêt, on ne venait pas les tuer à domicile. Toute la différence est là. Nous avions échappé à mille périls et tout recommençait », explique un témoin juif.[1] Il suffit de lire un article paru le 20 janvier 1942 dans The Nation, le journal des Démocrates Chrétiens, pour comprendre l&#8217;enracinement profond de l&#8217;antisémitisme en Pologne : «... La situation rend impossible d&#8217;accepter le retour des Juifs à leur position privilégiée sans exposer le pays à de graves soulèvements ... Nous devons annoncer ouvertement que non seulement nous refusons de restaurer les droits politiques et patrimoniaux des Juifs, mais que nous voulons qu&#8217;ils partent tous de notre pays. » Et ce même parti démocrate-chrétien d&#8217;insister en 1944 : « Le problème juif doit être résolu par une émigration graduelle des Juifs qui après la politique allemande d&#8217;extermination sont encore en vie... Le point de départ sera la confiscation par l&#8217;Etat des propriétés juives sans héritiers ... » [2]<br /> <br /> Le témoignage de Sholem Rosenberg, un militant socialiste, illustre ce qui attend les Juifs de retour : « La joie fut hélas de courte durée. Nos gens religieux débarquaient avec leur barbe et leur costume traditionnel que la Russie athée ne leur avait jamais interdit de porter. Dès que nous sommes arrivés à Lodz, le fait d&#8217;avoir une barbe ou de parler yiddish dans la rue nous a tout de suite attiré des réflexions désagréables du genre : « Mais d&#8217;où sortent donc tous ces Juifs ? Ou encore : comment se fait-il qu&#8217;il en reste autant ? quand ce n&#8217;était pas : Des Juifs... encore des Juifs ». Rosenberg ajoute : « Par la suite nous avons compris que les Polonais comme les Allemands trouvaient normal de nous tuer. Psychologiquement c&#8217;était devenu une sorte de crime admis de nous faire disparaître complètement. » [3] A l&#8217;été 1947 plus de 1500 Juifs avaient péri. [4]<br /> <br /> Moins proche du drame et avec la retenue qui sied à un directeur de l&#8217;UNRRA à Berlin, H.J. Fishbein décrit la situation au Comité d&#8217;enquête anglo-américain : « L&#8217;histoire de leurs expériences depuis six mois est une histoire monotone répétée par tous les réfugiés venant de Pologne. Ils parlent de lettres reçues d&#8217;une organisation polonaise connue sous le nom de A.K. qui signifie armée patriotique&#8230; Elle est opposée au gouvernement actuel de la Pologne. Ces lettres menacent sans appel les Juifs de meurtre s&#8217;ils continuent à vivre dans cette localité. Il leur est généralement donné 24 à 48 heures pour partir. Ces lettres sont confirmées par des actes de terrorisme, de pillage et des meurtres commis par cette organisation&#8230; » [5]<br /> <br /> Les pogroms se sont produits dans une douzaine de villes. La plus violente de ces attaques a lieu à Kielce le 4 juillet 1946. Tout a commencé sur les dires d&#8217;un enfant imaginatif de neuf ans qui raconte au poste de police local qu&#8217;il a été enlevé et détenu captif pendant deux jours par des Juifs dans une cave où il a assisté au meurtre « rituel » d&#8217;autres enfants chrétiens. Une histoire sans fondement. La foule déchaînée va battre à mort 46 Juifs, une centaine sont gravement blessés. Les cadavres sont sauvagement mutilés. [6] Un article du New York Times daté du 11 juillet montre le climat délétère qui règne : « Quiconque a visité la ville de Kielce après le pogrom a cherché en vain une expression de regret ou de honte sur les visages. A l&#8217;exception d&#8217;affiches officielles réclamant un retour au calme, il ne s&#8217;est trouvé personne pour regretter le massacre. » [7] « Outre des gangs de terroristes pour lesquels le meurtre de Juifs est devenu une affaire quotidienne, une foule d&#8217;au moins 5 000 personnes (15 à 20 000 d&#8217;après des témoins) a pris part au pogrom, lequel a duré plus de cinq heures, même après que l&#8217;armée fut intervenue. »[8]<br /> <br /> Les attaques vont continuer. Trois jours seulement après les événements de Kielce, six Juifs qui se trouvent à bord d&#8217;un train allant de Varsovie à Bialystok sont assassinés. Près de Lublin les terroristes tendent une embuscade à un train de voyageurs. Cinq soldats de l&#8217;armée rouge et trois passagers juifs sont exécutés. Le lendemain ce sont quatorze Juifs qui subissent le même sort dans un train entre Katowice et Wroclaw. [9] On comprend dès lors que les départs qui se sont succédés depuis 1945 se transforment en un exode massif.<br /> <br /> De juillet 1945 à juillet 1946, dans l&#8217;année qui précède le pogrom de Kielce, 65 000 Juifs sont partis de Pologne. Les départs vont littéralement exploser pendant les mois de juillet, août et septembre 1946. Au cours des trois mois qui suivent Kielce, ce sont près de 100 000 Juifs polonais qui déferlent vers les zones d&#8217;occupation occidentales. [10]<br /> <br /> <br /> [1] Cité par Hillel 1985, p. 175.<br /> [2] Cité par Dobrozsycki in Yad Vashem 1990, p. 4 et 5.<br /> [3] Cité par Hillel 1985, p. 174 et 175.<br /> [4] Wasserstein 2000, p. 44.<br /> [5] Cité par Gay 2002, p. 183. En février 1946.<br /> [6] Steinlauf in Wyman 1996, p. 112. Bauer 1970, p. 206.<br /> [7] Cité par Dinnerstein 1982, p. 108. Un seul prêtre dénonce le pogrom de Kielce, le père Henryk Werynski de Cracovie. Le Cardinal Sapieka le suspend immédiatement.<br /> [8] Cité par Hillel 1985, p. 303.<br /> [9] Cité par Hillel 1985, p. 305.<br /> [10] Bauer 1989, p. 74 et p. 131. Tue, 25 Dec 2018 07:45:01 +0100 Un mauvais livre sur Hitler pourrait bien faire progresser la recherche http://www.delpla.org/site/articles/articles-6-141+un-mauvais-livre-sur-hitler-pourrait-bien-faire-progresser-la-recherche.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-6-141+un-mauvais-livre-sur-hitler-pourrait-bien-faire-progresser-la-recherche.php <br /> <br /> <br /> <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=6&amp;id=136">édito précédent</a> <br /> <br /> <br /> <br /> Le Hitler de Johann Chapoutot et Christian Ingrao, paru le 18 septembre aux éditions du Seuil, se présente comme "la biographie qui vous fera oublier Hitler", autrement dit comme une courte dissertation sur le nazisme, avec des allusions sporadiques à son fondateur et conducteur. Averti sur ce site depuis quelques années qu'il faisait fausse route en jugeant que ce leader n'était pas "central" et en prenant parti, de ce fait, contre la réédition de Mein Kampf, Chapoutot récidive et s'enferre, en recrutant Ingrao qui pourtant ne l'avait pas assisté dans ce combat d'arrière-garde.<br /> <br /> Les nombreuses erreurs factuelles qui émaillent cette oeuvrette, relevées (en partie) par le Monde des livres le jour de sa parution, ne doivent pas jouer le rôle de l'arbre qui masque la forêt : c'est bien la conception générale du propos qui pèche avant tout. A force de voir dans le nazisme, au lieu de la lubie d'un fou très doué pour la politique, un "précipité" d'idées à l'oeuvre dans la civilisation occidentale, on met en cause indûment l'Allemagne et son histoire, on se fait peur avec les résurgences actuelles de telles idées qui n'ont précisément pas de Hitler pour les catalyser (ni de situation allemande CONJONCTURELLE -entre traité de Versailles et "péril communiste"- pour permettre cette catalyse), et on s'éloigne des solutions à mettre en oeuvre pour les combattre.<br /> <br /> L'unique biographe français de Hitler, qui aspire fortement à n'être que le premier, pensait, à l'annonce de cette parution, être enfin rejoint par des "pointures". Il constate à son grand regret que ce livre n'est une biographie que dans les vantardises de l'éditeur -non suivi, sur ce point, par les auteurs, qui renvoient pour l'exercice à Kershaw, Ullrich et Longerich... qu'ils ont peu lus. Ils déclarent faire, par rapport à leur personnage et aux études parues sur lui, un "pas de côté". On ne le leur fait pas dire !<br /> <br /> Ce ratage, signé par deux chercheurs qui ont publié de bonnes analyses sur certains pans du régime nazi, démontre par l'absurde l'importance de connaître intimement son fondateur pour comprendre ce régime unique dans l'histoire.<br /> <br /> <br /> Frémainville, le 10 octobre 2018<br /> <br /> PS<br /> SUR LE "COMPLOTISME"<br /> <br /> <br /> L'étude du nazisme peut aider à mieux cerner la notion de complot et à comprendre qu'elle est, comme la langue d'Esope, porteuse du plus grand bien comme du plus grand mal.<br /> <br /> En politique comme dans l'entreprise, la famille, etc. deux individus ou plus peuvent s'entendre secrètement pour porter des coups à un tiers par surprise. Lorsque le tiers commence à s'en douter et à le dire, ils auront une tendance bien compréhensible à crier au complotisme.<br /> <br /> Le nazisme débutant tire le plus grand parti, le 27 février 1933, de l'incendie du Reichstag pour suspendre les libertés puis, le 30 juin 1934, du prétendu "putsch de Röhm" pour déclencher la "nuit des Longs couteaux" et faire en sorte que tout opposant craigne pour sa vie. Aujourd'hui encore, la plupart des travaux historiques répugnent à dire clairement qu'il s'agissait de coups montés par le pouvoir et concertés entre, au moins, Hitler, Göring, et Himmler.<br /> <br /> Les complots, CELA EXISTE. Et si le complotisme (le fait d'en voir partout) est haïssable, c'est avant tout parce qu'il handicape la mise en lumière des véritables complots. Mon, 24 Dec 2018 14:11:01 +0100 Facebouquineries http://www.delpla.org/site/articles/articles-10-130+facebouquineries.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-10-130+facebouquineries.php <img src="http://www.delpla.org/site/upload/histoire_de_la_collaboration.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> <br /> <a href="https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/permalink/1314021065411177/">https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/permalink/1314021065411177/</a><br /> <br /> <br /> <strong><em><span style="text-decoration: underline;">A propos de l'Histoire de la collaboration</span></em></strong><br /> <br /> un livre de François Broche et Jean-François Muracciole (Tallandier, 2017), p. 104 à 107<br /> <br /> <br /> Ce livre récent, universitaire, à bien des égards excellent, souffre d'une insertion totalement défectueuse de son objet dans l'histoire du nazisme et de sa guerre.<br /> <br /> La propagande churchillienne de guerre, et d'après guerre, avait un besoin vital que la bataille d'Angleterre en eût été vraiment une, c'est-à-dire une tentative repoussée de débarquement. Il fallait donc que Hitler ait oublié le ba ba de son racisme, qui le poussait à éviter toute querelle irrémédiable avec le Royaume-Uni.<br /> <br /> A la propagande anglaise susdite aurait donc dû faire obstacle, du moins à partir de 1947(date de la mise à la disposition des tribunaux de Nuremberg du journal du général Halder, chef d'état-major de l'armée de terre allemande), la révélation de la décision hitlérienne d'attaquer l'URSS en 1941, signifiée le 31 juillet 40 aux chefs de la Wehrmacht après une quinzaine consacrée à y préparer leurs esprits. En affinant un peu l'analyse, on se serait rendu compte dès ce moment qu'il s'agissait d'une conséquence directe de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir (3 juillet) ou plutôt de son accueil favorable, le lendemain, et par les Commune et par les Etats-Unis. Voilà qui confortait la position de Churchill et le maintien par lui de l'état de guerre, alors que sa chute, et la paix, étaient jusque là attendus par Berlin comme un fruit naturel de l'armistice franco-allemand.<br /> <br /> Les pages citées commettent l'exploit de dire à la fois les deux choses : tout d'abord que Hitler est repoussé à l'automne dans le ciel de Londres, et que l'opération qui sera nommée "Barbarossa" le 18 décembre était déjà décidée en juillet. La so called Battle of England était donc à la fois une vraie offensive et une diversion !<br /> <br /> C'est ce qu'on appelle, depuis un certain rabbin de Nazareth, "mettre du vin nouveau dans de vieilles outres".<br /> <br /> De même, les rencontres d'Hendaye et de Montoire ne devraient plus du tout, en aucune façon, être regardées comme des tentatives infructueuses d'obtenir ceci ou cela de Pétain ou de Franco, mais comme des diversions fort réussies, tendant à faire croire (à l'Angleterre, à l'Amérique et à la Russie principalement) que Hitler comptait s'emparer prochainement de Gibraltar et verrouiller la Méditerranée. Il fallait donc, côté anglo-saxon, être très gentil avec lui pour éviter qu'il ne fasse un malheur et, côté soviétique, l'être aussi, pour le pousser au crime.<br /> <br /> Bref, c'était un très méchant raciste, mais ni un idiot, ni un improvisateur.<br /> <br /> ==================================================================<br /> <br /> <a href="https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/franco-27-mai-1944/1405427979603818/">https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/franco-27-mai-1944/1405427979603818/</a><br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><br /> FRANCO, 27 MAI 1944</strong></span><br /> <br /> François Delpla·Lundi 14 mai 2018<br /> Le 24 mai, aux Communes, Churchill dit du bien de Franco alors qu&#8217;il en avait encore dit du mal dix jours avant. Le Caudillo, tout excité, triomphe devant François Pietri, l&#8217;ambassadeur de Vichy, persuadé non seulement que son régime va pouvoir survivre à la guerre, mais qu&#8217;il a une carte à jouer avec Pétain, celle d&#8217;un regroupement occidental contre Staline, englobant l&#8217;Allemagne sans dénazification aucune.<br /> <br /> Souce : Archives nationales, Pierrefitte, cote 415 AP/3 (papiers du cabinet du maréchal)<br /> <br /> ==============================================================<br /> <br /> https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/hitler-joueur-rus%C3%A9-il-ne-suffit-pas-de-le-reconna%C3%AEtre-il-faut-en-tirer-les-cons%C3%A9/1454402284706387/<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><br /> HITLER JOUEUR RUSÉ : IL NE SUFFIT PAS DE LE RECONNAÎTRE, IL FAUT EN TIRER LES CONSÉQUENCES !</strong></span><br /> <br /> LU SUR UN FORUM <a href="http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=49&amp;t=40863&amp;p=551491&amp;sid=1dbbbfd43af7e4a3edef767e54b63166#p551491">http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=49&amp;t=40863&amp;p=551491&amp;sid=1dbbbfd43af7e4a3edef767e54b63166#p551491</a> :<br /> &#8220;A part Staline et Hitler eux-mêmes, il n'y a que peu de gens qui savent que la Pologne se fera envahir par les troupes allemandes en septembre. Franco et Mussolini n'ont probablement pas été tenus au courant.&#8221;<br /> <br /> Réponse :<br /> <br /> A elle seule cette phrase résume toute l'incompréhension du nazisme à laquelle je m'efforce avec d'autres, depuis quelques décennies, de remédier.<br /> Hitler est un joueur retors et secret, y compris vis-à-vis de la plupart de ses intimes (il a peut-être un complice par coup, souvent Göring, de plus en plus Himmler, parfois Hess...) : de sa décision irrévocable de fondre sur la Pologne le 1er septembre 1939 il n'y a <br /> 1) aucun document pour attester et <br /> 2) aucune raison de penser <br /> qu'il ait prévenu Staline plus que Franco.<br /> Précisions sur demande.<br /> <br /> ==============================================================<br /> <br /> https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/pour-en-finir-avec-p%C3%A9tain-sauveur-de-juifs/1359879170825366/<br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><br /> Pour en finir avec Pétain &#8220;sauveur de Juifs&#8221;</strong></span><br /> <br /> <br /> François Delpla·Jeudi 15 mars 2018<br /> Une façon riche et intéressante de poser le problème à partir des errements d&#8217;Eric Zemmour en passant par ceux de Robert Paxton <a href="https://blogs.mediapart.fr/berjac/blog/181114/petain-t-il-sauve-les-juifs">https://blogs.mediapart.fr/berjac/blog/181114/petain-t-il-sauve-les-juifs</a><br /> <br /> Un argument apparemment massue : en Belgique, l&#8217;écart entre le pourcentage des Juifs nationaux et celui des Juifs étrangers anéantis est beaucoup plus faible.<br /> <br /> Une réponse : il urge -mieux vaut tard que jamais, beaucoup mieux- de rapporter cette question à la politique d'ensemble du Reich (c'est-à-dire avant tout de son chef) dans le pays concerné, en fonction de son but -gagner la guerre en l'occurrence.<br /> Car les Juifs, ils seront toujours là pour se faire marginaliser, affamer, ghettoïser et si possible trucider -trop longtemps certes dans l'idéal, mais Hitler vit dans le réel (mâtiné de quelques énormes erreurs idéologiques),<br /> tandis que l'occasion historique de faire accéder l'Allemagne au club des grands (jusque vers 42) <br /> ou au moins de s'en tirer par une paix blanche et antisoviétique (à partir de 42), <br /> ne se reproduira pas de sitôt.<br /> La comparaison avec la Belgique serait mieux fondée si le roi Albert (1875-1934), bien plus jeune que Pétain (né en 1856), n'était pas décédé dans la cinquantaine et avait affronté bravement l'occupation à la tête de ses sujets. Car le jeune Léopold ne pouvait pas, après l&#8217;armistice du 28 mai 1940, continuer à se dire chef d&#8217;Etat et était obligé de se présenter en prisonnier de guerre, parce que son gouvernement s&#8217;était divisé au sujet de ce même armistice et, majoritairement replié en France, refusait de rentrer. Mais il va de soi qu&#8217;Albert aurait eu une tout autre autorité pour imposer une capitulation nationale au nom du réalisme, bref, pour se conduire comme un Pétain d&#8217;outre-Quiévrain.<br /> Ainsi, c'est "le généralissime vainqueur de la guerre précédente" qui aurait (toujours dans ma comparaison) servi de marionnette au presque vainqueur de la suivante, signé un armistice et donné dans les panneaux qu'on lui tendait, par exemple celui de sauver les meubles et, partiellement, les compatriotes en laissant tomber, complètement, les métèques et autres "envahisseurs crasseux venus de l'est manger notre pain". <br /> <br /> Moralité : il faut cesser de sous-estimer Hitler, soit sa cruauté, soit son habileté, soit -cas le plus fréquent- les deux. Expert à tirer parti des circonstances, il joue, pour expliquer les différences de traitement entre les territoires occupés, un rôle qu&#8217;on aurait tort d&#8217;oublier au profit des mérites des dirigeants autochtones, ou de leurs turpitudes.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong>Sur l'incendie du Reichstag</strong></span><br /> (31 octobre 2018, sur mon "mur")<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">François Delpla</span> L'étude du nazisme peut aider à mieux cerner la notion de complot et à comprendre qu'elle est, comme la langue d'Esope, porteuse du plus grand bien comme du plus grand mal.<br /> (...)<br /> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Xavier Affre</span> Sauf que dans les derniers travaux d'historiens sérieux, rien ne prouve que les nazis soient responsables de cet incendie. Par contre l'utilisation qu'en font Hitler et les nazis est indéniable.<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">François Delpla</span> " les derniers travaux d'historiens sérieux" : références ?<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Xavier Affre</span> De mémoire les deniers travaux de chapoutot et les bio d'Hitler...<br /> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">François Delpla</span> <br /> <br /> Chapoutot, que j'approuve et défends quand il le mérite, n'a jamais travaillé sur l'incendie du R, pas plus d'ailleurs que sur quelque aspect que ce soit de l'histoire politique du Troisième Reich.<br /> <br /> Les bios d'Hitler ? D'abord, même remarque : c'est un travail tellement ample et généraliste (croyez-en un connaisseur) qu'il est très souvent de seconde main, le biographe ne pouvant approfondir lui-même tous les sujets. Il a certes l'avantage d'une vision globale de la carrière du dictateur et de sa logique, si logique il y a, ce qui permet d'étayer certaines conclusions mais ne remplace pas un examen détaillé des pièces de chaque dossier. <br /> <br /> Ensuite, vous les avez mal lues, ces biographies... et elles évoluent doucement vers la thèse du complot nazi : si Kershaw (1999) tranche, sans démonstration aucune, pour la thèse "van der Lubbe acteur unique", Ullrich (2013) est moins catégorique et Longerich (2015) carrément sceptique. Il écrit :<br /> <br /> "La deuxième thèse, que l'incendie Reichstag doit être attribué à l'action solitaire de l'ouvrier hollandais de 24 ans Marinus van der Lubbe, a longtemps dominé la recherche. Sa faiblesse majeure est le fait que la crémation et la destruction du grand bâtiment par un acteur unique est difficilement concevable. La troisième thèse, d'après laquelle il s'agissait d'un complot national-socialiste, peut-être dirigé par Göring, apparaît certes plausible au regard des mesures de persécution qui s'ensuivirent, mais n'est pas soutenue par une abondance de preuves."<br /> <br /> Donc, mon affirmation catégorique de 1999 a plutôt le vent en poupe, <a href="https://journals.openedition.org/lectures/23453">témoin cette recension</a> de la traduction française du livre d'Ullrich due à David Noël :<br /> <br /> "nous privilégions plutôt la thèse de l&#8217;historien français François Delpla7, qui met en évidence un faisceau d&#8217;indices tendant à démontrer la responsabilité d&#8217;Hitler et de Goering dans l&#8217;incendie du Reichstag."<br /> _____________________________________<br /> <br /> 7 François Delpla, <em>Hitler</em>, Paris, Éditions Grasset, 1999.<br /> <br /> =====================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Quand Hitler dénégrifiait la France au pas de course</span></strong> </span><br /> <br /> <br /> <img src="http://www.delpla.org/site/upload/image_1356394_galleryv9_kkua_1356394.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Mardi 6 novembre 2018<br /> Quoi qu&#8217;on en dise, il y a souvent du bon dans la Fabrique de l&#8217;histoire, l&#8217;émission de France Culture qui offre le meilleur débouché médiatique aux travaux des historiens français et de quelques autres. Ainsi elle m&#8217;a fait connaître aujourd&#8217;hui le jeune thésard rémois Cheikh Sakho, auteur d&#8217;un article sur les pérégrinations et les avatars du monument &#8220;Aux héros de l&#8217;armée noire&#8221; <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_h%C3%A9ros_de_l%27Arm%C3%A9e_noire">https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_h%C3%A9ros_de_l%27Arm%C3%A9e_noire</a> , récemment paru au sein d&#8217;un recueil des éditions Vendémiaire sur les troupes coloniales de l&#8217;armée française lors de la Première Guerre mondiale.<br /> <img src="http://www.delpla.org/site/upload/xcombattantsprisonniers1916_jpg_pagespeed_ic_kh_namkroj.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> Cette sculpture érigée à Reims en 1924 a été prestement démontée en 1940 par l&#8217;occupant nazi, tout comme par exemple le monument dédié au général Mangin (chantre de la &#8220;force noire&#8221<img src="http://www.delpla.org/site/images/smileys/clindoeil.gif" alt=";)" class="smiley" />, inauguré en 1932 non loin des Invalides et foudroyé par un ordre hitlérien lors de la visite à Paris du triomphateur provisoire le dimanche 23 juin 1940, puis découpé au chalumeau dès le jeudi suivant, le socle étant ensuite détruit à la dynamite.<br /> <br /> Ce que l&#8217;auteur du livre Hitler et Pétain, à paraître mercredi prochain, découvre aujourd&#8217;hui grâce à Cheikh Sakho, c&#8217;est que le Führer est tout autant à l&#8217;origine de l&#8217;éradication du monument rémois. Sakho a en effet retrouvé un télégramme sans équivoque de Himmler, daté du 2 juillet et cité par l&#8217;édition électronique du Spiegel dans les termes suivants :<br /> "In Reims steht ein Denkmal, von dem ich 2 Photographien beilege", telegraphierte Heinrich Himmler, Reichsführer-SS, am 2. Juli 1940 aus dem Sonderzug "Heinrich" nach Berlin. "Der Führer hat gestern genehmigt, dass die Bronce-Gruppe nach Deutschland überführt wird. Der Sockel soll gesprengt werden." (&#8220;Il y a à Reims une statue dont je joins deux photos (...). Le Führer a a donné hier son accord pour le transfert en Allemagne du groupe de bronze. Il faudra faire sauter le socle.&#8221;<br /> Voilà qui illustre et enrichit l&#8217;une des principales thèses de mon livre, suivant laquelle la guerre-éclair militaire s&#8217;inscrit dans un projet global sur la France, consistant à la châtrer de ses composantes et accointances extra-européennes (dont les &#8220;juives&#8221;, bien entendu), afin d&#8217;en faire une sorte d&#8217;eunuque aryen docile sur un continent germanisé.<br /> <br /> ==============================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Un complément de mon livre sur Hitler et Pétain, dès avant sa sortie</span></strong> </span><br /> <br /> Quoi qu&#8217;on en dise, il y a souvent du bon dans la Fabrique de l&#8217;histoire, l&#8217;émission de France Culture qui offre le meilleur débouché médiatique aux travaux des historiens français et de quelques autres. Ainsi elle m&#8217;a fait connaître aujourd&#8217;hui le jeune thésard rémois Cheikh Sakho, auteur d&#8217;un article sur les pérégrinations et les avatars du monument &#8220;Aux héros de l&#8217;armée noire&#8221; <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_h%C3%A9ros_de_l%27Arm%C3%A9e_noire">https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_h%C3%A9ros_de_l%27Arm%C3%A9e_noire</a> , récemment paru au sein d&#8217;un recueil des éditions Vendémiaire sur les troupes coloniales de l&#8217;armée française lors de la Première Guerre mondiale. <br /> <br /> Cette sculpture érigée à Reims en 1924 a été prestement démontée en 1940 par l&#8217;occupant nazi, tout comme par exemple le monument dédié au général Mangin (chantre de la &#8220;force noire&#8221<img src="http://www.delpla.org/site/images/smileys/clindoeil.gif" alt=";)" class="smiley" />, inauguré en 1932 non loin des Invalides et foudroyé par un ordre hitlérien lors de la visite à Paris du triomphateur provisoire le dimanche 23 juin 1940, puis découpé au chalumeau dès le jeudi suivant, le socle étant ensuite détruit à la dynamite.<br /> <br /> Ce que l&#8217;auteur du livre Hitler et Pétain, à paraître mercredi prochain, découvre aujourd&#8217;hui grâce à Cheikh Sakho, c&#8217;est que le Führer est tout autant à l&#8217;origine de l&#8217;éradication du monument rémois. Sakho a en effet retrouvé un télégramme sans équivoque de Himmler, daté du 2 juillet et cité par l&#8217;édition électronique du Spiegel dans les termes suivants :<br /> "In Reims steht ein Denkmal, von dem ich 2 Photographien beilege", telegraphierte Heinrich Himmler, Reichsführer-SS, am 2. Juli 1940 aus dem Sonderzug "Heinrich" nach Berlin. "Der Führer hat gestern genehmigt, dass die Bronce-Gruppe nach Deutschland überführt wird. Der Sockel soll gesprengt werden." (&#8220;Il y a à Reims une statue dont je joins deux photos (...). Le Führer a a donné hier son accord pour le transfert en Allemagne du groupe de bronze. Il faudra faire sauter le socle.&#8221;<br /> Voilà qui illustre et enrichit l&#8217;une des principales thèses de mon livre, suivant laquelle la guerre-éclair militaire s&#8217;inscrit dans un projet global sur la France, consistant à la châtrer de ses composantes et accointances extra-européennes (dont les &#8220;juives&#8221;, bien entendu), afin d&#8217;en faire une sorte d&#8217;eunuque aryen docile sur un continent germanisé.<br /> <br /> ===========================================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une lettre de Heydrich à Ribbentrop sur Vichy</span></strong> </span><br /> <br /> <a href="https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1971_num_18_2_2153">https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1971_num_18_2_2153</a><br /> <br /> Jean-Marie Musy était un conseiller fédéral suisse, en poste de 1920 à 1934, faisant les yeux doux aux nazis après ce mandat et jusqu'en 1945, lorsqu'à l'instar du Suédois Bernadotte il se commit avec Himmler sous prétexte de sauver des Juifs et, en fait, pour favoriser des contacts antisoviétiques germano-américains.<br /> J'aurais peut-être cité cette lettre dans mon Hitler et Pétain (à paraître le 15 novembre) si je l'avais connue avant ce jour. La connaissance du régime de Vichy que m&#8217;a donnée ce travail me permet de trancher bien des incertitudes exprimées par l&#8217;historien Daniel Bourgeois. Il va de soi que Musy a fait état, lors de son voyage à Berlin, d'un nouveau séjour à Vichy après celui de la première quinzaine de novembre, séjour au cours duquel il a conversé avec Pétain et Darlan ensemble : ainsi faut-il interpréter à mon avis l'expression "lors de l'entretien" à la charnière des pages 306 et 307. S'il ne mentionne guère Laval, ce n'est certes pas faute de savoir qu'il a été renvoyé. Et puisqu'il parle autant de Darlan, c'est qu'il est au courant de l'ascension de ce dernier après la chute de Laval. En revanche, il n'y a pas le moindre signe, dans cette prose de Heydrich, d'un projet à court terme de relance de la collaboration en Afrique et là-dessus l'historien suisse extrapole, à partir des souhaits personnels de Musy.<br /> Daniel Bourgeois omet de commenter un point important du document : le souci des nazis, et des SS en particulier, de mettre la main sur des documents prouvant une influence franc-maçonne dans le déclenchement de la guerre.<br /> <br /> ===============================================================================<br /> <br /> <br /> <img src="http://www.delpla.org/site/upload/46163170_1142581325918694_4783797456900980736_n.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> <br /> Une discussion s'engage le 12 novembre 2018<a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1142581322585361&amp;set=a.139253329584837&amp;type=3&amp;theater&amp;ifg=1"> sur le mur de Michel Caillouët</a><br /> <br /> Ma conclusion :<br /> <br /> <em>Toutes les discussions en cours sur Facebook, à ma connaissance, sous-estiment gravement l'intelligence de Hitler et son talent manipulateur, visible entre mille autres signes dans la manière dont il a pressé le citron Strasser. </em><br /> <br /> Mais surtout, <a href="https://www.snopes.com/fact-check/hitler-nazis-capitalist-system/?fbclid=IwAR3b8764koo_FPFmpLkOBV3uln1yqo5b5clLSxwCaIM7nuUUBsFMmtmXfr4">il s'agit d'un faux</a> !<br /> <br /> =================================================================================<br /> <br /> Tue, 13 Nov 2018 11:47:01 +0100 Lettres d'information 2018 http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-128+lettres-d-information-2018.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-128+lettres-d-information-2018.php Lettres antérieures <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-119+lettres-d-information-2017.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-119+lettres-d-information-2017.php</a><br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><br /> <br /> En finir avec la lecture au premier degré d&#8217;un brouillon de statut des Juifs (et toute lecture sans distance critique)</span></strong><br /> <br /> <br /> n° 126<br /> 9 novembre 2018<br /> <br /> Chers abonnés,<br /> <br /> <br /> Voici donc, selon toute vraisemblance, la dernière lettre que vous recevrez avant l&#8217;anniversaire du premier armistice de Rethondes et la parution, le jeudi 29 novembre, du premier livre sur les rapports entre Hitler et Pétain. Elle est rédigée avec un &#339;il surpris et accablé sur les efforts d&#8217;un président pour articuler un discours cohérent sur l&#8217;événement centenaire et les leçons à en tirer, tant pour sortir l&#8217;Europe d&#8217;une nouvelle crise que pour sauvegarder la paix dans le monde.<br /> <br /> Un livre intitulé Hitler et Pétain se heurte à une méfiance, qui peut aller jusqu&#8217; à un refus de lecture, de la part de maints spécialistes, appartenant à des courants très divers mais partageant le préjugé que la discipline historique a rompu définitivement, au XXème siècle, avec l&#8217;explication des décisions politiques par la volonté des dirigeants. Par bonheur, la polémique en cours met en lumière un contraste très pédagogique : la différence entre un dictateur allemand dont les lubies produisent des effets immenses, pas toujours faciles à cerner, et son tardif émule français qui, si ses idées et ses talents ont souvent favorisé, ou parfois handicapé, sa carrière, a néanmoins joué, à chaque étape, des rôles attendus, qu&#8217;aucun mystère après coup ne nimbe.<br /> <br /> Considérons l&#8217;un des premiers appels radiophoniques du général de Gaulle, celui du 26 juin 1940, en soulignant ses derniers mots : <br /> « On vous a fait croire, Monsieur le Maréchal, que cet armistice, demandé à des soldats par le grand soldat que vous êtes, serait honorable pour la France. Je pense que maintenant vous êtes fixé. Cet armistice est déshonorant. Les deux tiers du territoire livrés à l'occupation de l'ennemi et de quel ennemi ! Notre armée démobilisée. Nos officiers et nos soldats prisonniers maintenus en captivité. Notre flotte, nos avions, nos chars, nos armes, à livrer intacts, pour que l'adversaire puisse s'en servir contre nos propres Alliés. La Patrie, le Gouvernement, vous-même, réduits à la servitude. Ah ! pour obtenir et pour accepter un pareil acte d'asservissement, on n'avait pas besoin de vous, Monsieur le Maréchal, on n'avait pas besoin du vainqueur de Verdun; N&#8217;IMPORTE QUI AURAIT SUFFI. »<br /> <br /> Il ne manquait pas, en effet, de Français résignés qui se seraient fait un devoir de signer un armistice dans la rédaction duquel leur personnalité n&#8217;aurait pas eu la moindre part, pas plus que n&#8217;en a eu celle de Pétain. Car il s&#8217;agissait d&#8217;un texte hitlérien, c&#8217;est à dire soit rédigé entièrement par Hitler -comme on sait depuis peu que Mein Kampf l&#8217;avait été-, soit écrit selon ses directives et relu de près par lui. Car il couronnait non seulement une bataille qu&#8217;il avait planifiée et dirigée à la tête d&#8217;un groupe de généraux mis au pas, mais une vingtaine d&#8217;années de spéculations et d&#8217;actions politiques tendant à faire appel du verdict de 1918, au détriment de la France principalement, avant que ne vienne le tour de la Russie.<br /> <br /> Si donc la personne de Pétain, en l&#8217;affaire, compte peu, elle est en revanche une aubaine pour l&#8217;Allemagne dans la période suivante, où il s&#8217;agit de faire avaler aux Français les pilules de plus en plus amères des conséquences de ce texte. Il n&#8217;en va pas du tout de même de la personne de Hitler. Entre 1871 et 1914, il avait fallu plus de deux générations pour que la France osât tenter une revanche. Pour faire mûrir en deux décennies un événement analogue après un désastre plus complet encore, il avait fallu que l&#8217;Allemagne fût dirigée par un mage inspiré, volontaire, tendu vers ce but et apte à le cacher, comme à mettre, au moins un peu, l&#8217;adversaire dans son tort en créant chez ses compatriotes le sentiment d&#8217;un encerclement, voire d&#8217;une agression.<br /> <br /> Le maréchal déchu et frappé d&#8217;indignité nationale en 1945 supporte à juste titre l&#8217;opprobre d&#8217;avoir été à la tête du pays lors de cette signature, et d&#8217;en avoir assumé les conséquences par des décisions, comme dirait l&#8217;actuel président, funestes, mais il subit, depuis la Libération et plus encore depuis quarante-huit heures, au moment où ces lignes sont écrites, un certain nombre d&#8217;avanies inutiles et injustes.<br /> <br /> On en fait à tort un responsable majeur de la défaite, puis un exécutant zélé des ordres criminels de l&#8217;occupant. Dans les deux cas, il n&#8217;était qu&#8217;un parmi bien d&#8217;autres, et non le plus puissant. Dans une république, le pouvoir n&#8217;est pas militaire mais civil, au moins en temps de paix. Dans une situation d&#8217;occupation, l&#8217;ennemi est le maître... et en l&#8217;occurrence, comme dit de Gaulle, quel ennemi ! De 1933 à 1940, c&#8217;est l&#8217;ensemble des élites françaises qui omet de lire Mein Kampf ou tout au moins de prendre la mesure des menaces, on ne peut plus précises, du grand pays voisin contre le leur. Ensuite, la défaite acceptée amène le pouvoir fantoche de Vichy à des &#8220;choix funestes&#8221; dans une recherche quotidienne du moindre mal, sous la pression d&#8217;un ennemi qui multiplie les chantages tout en faisant miroiter une &#8220;collaboration&#8221; qui allégerait son joug, mais qu&#8217;il dérobe sans cesse. <br /> <br /> Un bon symbole des avanies indûment subies par Pétain réside dans le brouillon de statut des Juifs annoté de sa main, théâtralement produit par Serge Klarsfeld le 3 octobre 2010. Le fait que le crayon du maréchal ait aggravé certaines mesures de la version dactylographiée qui lui était soumise le fait passer depuis lors, et notamment ces derniers jours, pour un élément moteur de la politique antisémite de Vichy, voire le plus impitoyable de la bande. <br /> <br /> Or rien d&#8217;autre dans sa carrière n&#8217;étaye un jugement aussi extrême et c&#8217;est une règle bien connue des historiens qu&#8217;un document unique est à manier avec précaution. J&#8217;en propose dans mon livre à paraître une interprétation contextualisée, qui débouche sur d&#8217;autres conclusions. <br /> <br /> Le dernier psychodrame en date du macronisme, après le scandale soulevé chez les connaisseurs par une étrange anti-biographie de Hitler qui fait l&#8217;objet de mon dernier éditorial, est de nature à faire progresser la conscience que certains individus sont plus influents que d&#8217;autres sur le cours de l&#8217;histoire. <br /> <br /> Autant la marge d&#8217;initiative de Pétain a été surestimée, autant le poids personnel de Hitler a été exagérément minoré. Il le reste encore sous bien des plumes. <br /> <br /> <br /> Frémainville, le 9 novembre 2018<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> PS.- Mon livre, dont la couverture et sa quatrième ornent la page d&#8217;accueil du site, sera en librairie jeudi 29 novembre. Les impatients peuvent me commander des « bonnes feuilles » sur les sujets qui les intéressent, je les satisferai au cours du week-end.<br /> <br /> PS 2.- Parmi les nouveautés du site, quelques nouvelles perles <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&amp;id=2">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&amp;id=2</a> , un article d&#8217;André Charguéraud sur le boycott des commerces juifs le 1er avril 1933 <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-140+boycotts-et-contreboycotts-echecs-et-appels.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-140+boycotts-et-contreboycotts-echecs-et-appels.php</a> , et un nouveau florilège de mes contributions sur le « mur » d&#8217;ISSN <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=130">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=130</a> .<br /> <br /> Si le message s&#8217;affiche mal, retrouvez-le ici <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128</a> .<br /> <br /> <br /> =======================================================================<br /> <br /> <br /> <br /> n° 125<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Hitler et Pétain sur les rails</span></strong><br /> <br /> <br /> 13 août 2018<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Chers abonnés,<br /> <br /> <br /> Vous êtes restés sans nouvelles depuis un certain temps mais jamais loin de mon coeur... à l'ouvrage.<br /> <br /> Mon dernier livre, rédigé depuis cinq ans (avec une interruption pour l'édition des Propos intimes et politiques, qu'il ne faut plus dire "de table") mais mûri depuis vingt-cinq (dans la foulée de Churchill et les Français, 1993) a été remis à l'éditeur et devrait sortir à la mi-novembre. Des ajustements sont possibles encore pendant quelques semaines et tous vos avis seront les bienvenus.<br /> <br /> Ce Hitler et Pétain est avant tout une nouvelle synthèse sur Vichy, qui manquait après les avancées remarquables de la recherche post-paxtonienne, depuis 1995 or so. Ma connaissance à peu près égale de la France en guerre et de Hitler, traduite par un volume de publications similaire sur les deux sujets, me faisait en quelque sorte un devoir d'ajouter aux avancées en question une étude du regard et du rôle du conquérant allemand, qui n'existait nulle part. Une fois de plus, le pilotage hitlérien se révèle comme un mixte de recettes stéréotypées et de man&#339;uvres complexes et les énigmes s&#8217;éclairent l&#8217;une l&#8217;autre, pour peu qu&#8217;on pense à les rapprocher. Je n&#8217;en dis pas plus ici pour vous mettre l&#8217;eau à la bouche, et vous inciter à me demander des précisions.<br /> <br /> Ma participation aux débats internautiques s'est ralentie en conséquence, tout en poursuivant sur Facebook son bonhomme de chemin. J'ai rapatrié sur le site quelques amorces de discussions que j'avais introduites <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-10-130+facebouquineries.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-10-130+facebouquineries.php</a> .<br /> <br /> J'ai aussi commencé à rapatrier sur le nouveau site les éditoriaux de l'ancien commencés au début du siècle, qui offrent à la fois le journal d'une recherche d'historien et un miroir promené le long du chemin de l'actualité <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-6-133+editos-anciens-1.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-6-133+editos-anciens-1.php</a> . Justement, le dernier éditorial http:/www.delpla.org entremêle les considérations sur les plus récents déboires présidentiels et le signalement de la dérive de plus en plus sidérante des discours officiels sur la rafle du Vel d'hiv.<br /> <br /> Sur un sujet connexe, un nouvel article de mon invité Marc-André Charguéraud pose la question de l&#8217;attitude de Pie XII devant la rafle romaine d&#8217;octobre 1943 et le dédouane&#8230; après s&#8217;être fait l&#8217;avocat du Diable <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=6&amp;id=137">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=6&amp;id=137</a> (là encore, il conviendrait de poser la question : « et Hitler ? que veut-il obtenir au juste, et dans quelle exacte mesure est-il contrarié par le résultat ? »).<br /> <br /> Bon surf et bonne fin d&#8217;été !<br /> <br /> Frémainville, le 13 août 2018<br /> <br /> <br /> ========================================================================<br /> <br /> <br /> n° 124 <br /> 21 février 2018<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Des propos qui n'étaient pas de table sont désormais en poche !</span></strong><br /> <br /> <br /> <br /> Chers abonnés, <br /> <br /> De même que la parole du président Macron devait être rare et tend à devenir pluriquotidienne, de même l'éloignement de la mort de Hitler le place chaque jour un peu plus au coeur de l'actualité. Ce mois-ci, la Pologne inspire un nouvel éditorial http;//www.delpla.org , qui entend dépasser le scandale des lois historiques liberticides, portant sur les années de guerre, pour mettre l'accent sur la cécité et la complaisance des dirigeants des années trente, beaucoup plus importantes et beaucoup plus méconnues, sans épargner ceux de la France qui disposaient de moyens de pression et se sont gardés d'en user. A ce sujet, je publie sur le site un article déjà paru dans Histomag sur les ruse nazies d'avant guerre <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-132+les-ruses-nazies-d-avant-guerre-1933-1939.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-132+les-ruses-nazies-d-avant-guerre-1933-1939.php</a> .<br /> <br /> La parution en anglais des mémoires de Brunhilde Pomsel, morte à 106 ans après avoir témoigné à 103, est l'occasion d'une recension montrant qu'elle n'était pas la "secrétaire de Goebbels" et n'avait aucun secret d'Etat à dévoiler, mais avait mené une vie d'Allemande ordinaire sous le nazisme, dont elle éprouvait sur le tard le besoin de cracher les serpents.<br /> <br /> Les échanges sur Facebook <a href="https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/continuent">https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/continuent</a> de filer bon train et de me donner l'occasion d'un florilège <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=130">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=130</a> .<br /> <br /> Mais l'événement du jour est la parution en poche des Propos de Hitler, anciennement et inexactement dits "de table", qu'on peut désormais conseiller sans modération à qui veut comprendre le mécanisme de cette si spéciale dictature.<br /> <br /> Bon vagabondage !<br /> <br /> <br /> <br /> PS.- si le message s'affiche mal, retrouvez-le sur le site <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128</a> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ===================================================================================<br /> n° 123<br /> <br /> 11 janvier 2018<br /> <br /> <br /> <br /> Chers abonnés,<br /> <br /> <br /> <br /> Juste deux mots aujourd'hui.<br /> <br /> <br /> Un éditorial sur les pamphlets antisémites de Céline vient d'être mis en ligne <a href="http://www/delpla.org">http://www/delpla.org</a><br /> <br /> <br /> Ma recension sur la réédition munichoise de <em>Mein Kampf</em> a été publiée par le site de l'IFRA <a href="https://journals.openedition.org/ifha/8992">https://journals.openedition.org/ifha/8992</a><br /> <br /> Pour une discussion sur Facebook / ISSN <a href="https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/">https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/</a><br /> <br /> <br /> Quant au film sur Churchill en mai 1940, les critiques témoignent dans leur grande majorité d'une incompréhension totale de l'enjeu historiographique. Cependant, cette recension <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-127+darkest-hour-churchill-en-mai-1940.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-127+darkest-hour-churchill-en-mai-1940.php</a> fait boule de neige sur la Toile. N'hésitez pas à la rouler encore et encore !<br /> <br /> <br /> <br /> Bonne lecture, bons débats !<br /> <br /> fdelpla<br /> <br /> <br /> Si le message s'affiche mal, retrouvez-le sur le site <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128</a> .<br /> <br /> ====================================================================<br /> n° 122<br /> <br /> 4 janvier 2018<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><span style="text-decoration: underline;">Churchill, Darkest Hour : du cinéma, mais pas seulement ! </span></span><br /> <br /> <br /> Chers abonnés,<br /> <br /> <br /> Belle année à tous, y compris ceux qui m'ont honoré de voeux circulaires et qui en trouveront ici la réciproque.<br /> <br /> Dans le n° 121, je vous rendais compte de ma réaction aux romans sur le nazisme primés cet automne par deux jurys littéraires et non des moindres. Ce texte, légèrement remanié, est paru depuis dans la revue Commentaire <a href="https://www.commentaire.fr/boutique/achat-d-articles/prix-litteraires-quand-renaudot-surclasse-goncourt-12414">https://www.commentaire.fr/boutique/achat-d-articles/prix-litteraires-quand-renaudot-surclasse-goncourt-12414</a> .<br /> <br /> La tragi-comique année politique qui vient de s'écouler a encore enfanté quelques perles <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php</a> .<br /> <br /> Mais l'actualité la plus intéressante est bien ce film sur Churchill, sorti hier. De même que je vois dans le nazisme un sujet vierge, et ce, chaque jour un peu plus, de même je pense qu'on peut dire que, d'une certaine façon, ce film est le premier qui prenne Churchill pour objet... et parle réellement de lui.<br /> <br /> J'ai mis en ligne mes premières impressions <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-127+darkest-hour-churchill-en-mai-1940.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-127+darkest-hour-churchill-en-mai-1940.php</a> et j'en débats sur Facebook <a href="https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/?multi_permalinks=1308929742586976&amp;notif_id=1515082493861436&amp;notif_t=feedback_reaction_generic">https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/?multi_permalinks=1308929742586976&amp;notif_id=1515082493861436&amp;notif_t=feedback_reaction_generic</a><br /> <br /> Il y a quelques années, je signalais qu'une bande dessinée avait fait progresser l'histoire, à propos de Joinovici. C'est aussi le cas du roman de Guez sur Mengele primé par les Renaudot. Il en va de même avec ce film, mais dans un sens un peu différent : les créateurs n'ont pas mené une recherche originale, mais ils ont pris à bras le corps des réalités mises au jour depuis des décennies par quelques pionniers qui, comme des hirondelles en automne, n'ont pas eu l'heur de faire le printemps.<br /> <br /> Que peut-on bien dire d'important sur Churchill quand on omet le nom de Halifax ? C'est ce que semblent se dire les auteurs. Winston serait en effet resté un sympathique marginal de la politique britannique, doublé d'un chroniqueur à la plume acérée, s'il n'avait point déblayé son chemin de ce rival pour gagner le droit d'affronter son véritable adversaire, dans un moment où le sort du monde pouvait basculer dans des sens divers, certains cauchemardesques. Cependant, le film n'est pas entièrement équitable envers Halifax, ni même envers Churchill, présenté à tort comme prêt à céder et plus à tort encore comme sauvé au dernier moment du désespoir par d'aimables passagers du métro londonien.<br /> <br /> Une chape énorme de préjugés, contaminant par exemple un ouvrage de 1995 de RAC Parker qui se voulait à la gloire de Churchill et minorait jusqu'à l'absurde son différend avec Halifax <a href="https://www.delpla.org/article.php3?id_article=389">https://www.delpla.org/article.php3?id_article=389</a> , est en passe d'être dissoute par cette oeuvre magnifique. Il est d'autant plus important que les historiens fassent leur travail pour départager la réalité et la fiction. Outre le site et la page ISSN de Facebook, j'ai tenté d'y contribuer lors d'une interview parue dans un hors-série de grande qualité de Paris-Match <a href="http://www.parismatch.com/Culture/Medias/Winston-Churchill-le-stratege-un-hors-serie-exceptionnel-1424267">http://www.parismatch.com/Culture/Medias/Winston-Churchill-le-stratege-un-hors-serie-exceptionnel-1424267</a> , dirigé par Jean-Marc Vidal.<br /> <br /> Bonnes lectures, donc, et bonne séance !<br /> <br /> Frémainville, le 4 janvier 2018<br /> <br /> <br /> Si le message s'affiche mal, retrouvez-le sur le site <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128</a> . Fri, 09 Nov 2018 19:46:01 +0100 Boycotts et Contreboycotts : Echecs et appels au calme http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-140+boycotts-et-contreboycotts-echecs-et-appels-au-calme.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-140+boycotts-et-contreboycotts-echecs-et-appels-au-calme.php Boycotts et Contreboycotts : Echecs et appels au calme<br /> <br /> Le boycott eut lieu le 1er avril 1933. Dans toute l&#8217;Allemagne, les magasins et les sociétés juives furent désignés à la vindicte populaire par d&#8217;énormes J U D E, peints sur les vitrines et sur les murs. Prévenus d&#8217;avance, de nombreux magasins avaient baissé leur rideau de fer. A l&#8217;entrée des commerces restés ouverts, des SA patrouillaient pour dissuader les clients qui bravaient l&#8217;interdit. Des vitrines volèrent en éclats, des commerçants furent molestés. C&#8217;est l&#8217;ampleur et la visibilité sans précédent du mouvement qui impressionna aussi bien les Allemands que les étrangers.<br /> <br /> Paul-Joseph Goebbels, ministre de la propagande et de l&#8217;information du troisième Reich explique dans son journal les raisons de ce boycott : « Une propagande étrangère atroce nous cause énormément de soucis. Les nombreux Juifs qui ont émigré d&#8217;Allemagne excitent tous les pays contre nous ... Nous ne réussirons à mettre fin à la calomnie étrangère que si nous attaquons les gens qui en sont à l&#8217;origine ou au moins en sont les bénéficiaires, c&#8217;est-à-dire les Juifs vivant en Allemagne... C&#8217;est pourquoi nous devons lancer un boycott d&#8217;importance contre toutes les affaires juives en Allemagne. Les Juifs étrangers y regarderont à deux fois si leurs frères de race sont frappés dans le dos. »[1]<br /> <br /> Si pendant les premiers mois de 1933, il n&#8217;y eut pratiquement pas de Juifs internés en tant que Juifs, ils n&#8217;en furent pas moins les victimes de pogromes locaux. Les SA organisèrent une série de boycotts contre les professions libérales et les commerces juifs. Plus grave, des professionnels juifs en vue furent battus à mort : vengeances ou actes gratuits ? Cette flambée de violences antisémites fut condamnée et engendra de vives réactions en Amérique. La principale manifestation contre ces persécutions fut un rassemblement de masse le 27 mars 1933 au Madison Square Garden à New York organisé par Stephen Wise, le président de l&#8217;American Jewish Congress. Simultanément des associations d&#8217;anciens combattants juifs appelèrent au boycott des produits importés d&#8217;Allemagne.<br /> <br /> On aurait pu croire que les Juifs allemands maltraités auraient été satisfaits des soutiens apportés par leurs coreligionnaires américains. Il n&#8217;en fut rien. Des Juifs allemands au plus haut niveau sont intervenus, craignant que le boycott américain des produits allemands ne se retournât contre eux, Eric Warburg, de la banque Warburg, qui envoya le 29 mars un câble urgent à son cousin Felix, président de l&#8217;Américan Jewish Joint Distribution Committee à New York, disant que « le boycott allemand prendrait place le premier avril si les informations d&#8217;atrocités et la propagande hostile dans la presse étrangère et les meetings de masse (...) ne cessent pas immédiatement . Félix lut ce câble au président de l&#8217;American Jewish Committee, Cyrus Adler, et le groupe publia une circulaire dans laquelle il rejetait tout boycott des produits allemands et qualifiait d&#8217;irresponsables ceux qui soutenaient de tels boycotts. » [2] Ces termes d&#8217;irresponsables visent les membres de l&#8217;association juive concurrente, qui a organisé la manifestation du Madison Square Garden : l&#8217;American Jewish Congress. On mesure là la profondeur du fossé qui sépare les deux groupes. Au moment où leur aide deviendra au fil des ans de plus en plus indispensable, cette division fratricide affaiblira de façon dramatique les possibilités d&#8217;intervention de la plus grande communauté juive mondiale. Une dissension que l&#8217;on retrouvera entre ces Juifs étrangers qui veulent intervenir et faire pression sur le gouvernement du Reich et les Juifs allemands qui désirent calmer le jeu et cherchent à s&#8217;entendre avec le pouvoir nazi.<br /> <br /> De son côté, Goering intervint en convoquant les quatre organisations juives les plus représentatives pour leur demander de faire pression sur leurs coreligionnaires américains afin que cessent ces manifestations. Il brandit la menace de sanctions et de boycotts dont les Juifs allemands seraient les victimes. De nombreux télégrammes furent envoyés d&#8217;Allemagne en Amérique et dans le monde. Celui de la communauté juive de Berlin à l&#8217;American Jewish Committee fournit un bon exemple : « D&#8217;après les récits des journaux, une campagne de propagande se poursuit outre-mer contre l&#8217;Allemagne qui serait coupable d&#8217;atrocités et de boycotts. Elle est apparemment le fait d&#8217;organisations juives. En tant qu&#8217;Allemands et que Juifs, nous devons élever à ce sujet une protestation solennelle. La diffusion de fausses nouvelles ne peut en effet qu&#8217;avoir des effets néfastes, car elle ternit la réputation de l&#8217;Allemagne, notre terre natale, et met en danger les relations des Juifs allemands avec leurs concitoyens. Veuillez faire en sorte, et de manière urgente, que s&#8217;arrête toute propagande sur les atrocités et le boycottage. » [3]<br /> <br /> Hitler avait espéré par un boycott prolongé pousser les Juifs à la ruine, au désespoir et à leur fuite d&#8217;un pays qui leur refusait les moyens les plus élémentaires de vivre. Ce but est bien exprimé par le journal Niedersachsischer Beobachter du 1er avril 1933. « Le boycott actuel est purement défensif et de nature économique. Il n&#8217;est pas dirigé contre les personnes juives. Le mouvement national-socialiste est persuadé que cette action ramènera le judaïsme mondial à la raison... » [4] Le boycott du 1er avril fut un échec, reconnu comme tel par les nazis eux- mêmes. « Le 17 avril, Curt Menzel, un juriste nazi, souligna dans une conférence à la ligue nationale socialiste des juristes à Hambourg que pour beaucoup de nazis l&#8217;apathie du public fut évidente pendant le boycott (...). La réponse du public était loin d&#8217;être satisfaisante (...). Dans certaines villes, il y eut une résistance active, avec des clients essayant délibérément d&#8217;acheter dans des magasins boycottés. » [5] Il faut également constater que lorsque des manifestations antijuives surviennent dans la rue, une partie de la population allemande réagit négativement aux brutalités. Or il n&#8217;en est rien lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de mesures administratives. Ce que l&#8217;on voit, l&#8217;image, engendre des réactions infiniment plus puissantes qu&#8217;une directive ou qu&#8217;une loi qui restent abstraites au moment de leur publication.<br /> <br /> Ce n&#8217;est pas seulement parce qu&#8217;il avait échoué que le boycott fut interrompu. Dès le départ, sous la double pression du Président Hindenburg et des ministres conservateurs, Hitler décida à regret de le limiter à la journée. Hindenburg pour des raisons politiques, les ministres pour tenir compte de contraintes économiques. « Ceux-ci, avec à leur tête le baron Constantin von Neurath, Ministre des affaires étrangères, mirent en avant les résultats négatifs qu&#8217;aurait sur l&#8217;économie allemande une guerre avec la juiverie internationale. » [6] Les Juifs de downtown New York, ceux de l&#8217;American Jewish Congress, les Sionistes avaient donc eu raison sur ceux de uptown de l&#8217;American Jewish Committee, plus conservateurs. Ils avaient tenu tête à Hitler en manifestant pour le boycott des importations allemandes. Avec les nazis la fermeté payait. Elle ne fut malheureusement que trop rarement utilisée, et les conséquences de cette parcimonie sont connues.<br /> <br /> « Le boycott apprit aux nazis une leçon essentielle : résoudre le problème juif et le problème économique en même temps était impossible tant que des progrès économiques visibles n&#8217;auraient pas été faits... Les investissements et les prêts étrangers dépendaient de la confiance dans la politique économique de l&#8217;Allemagne... Chaque mesure qui minerait cette confiance ne ferait que renforcer les problèmes que Hitler devait résoudre... » [7] Tel fut le raisonnement de la plupart des hommes d&#8217;affaires juifs à la tête de grandes sociétés. Les nazis avaient besoin d&#8217;eux sur le plan national et surtout international. Ils ne craignaient rien. Ils eurent raison, jusqu&#8217;au jour où Hitler décida qu&#8217;ils avaient tort.<br /> <br /> <br /> [1] Journal de Paul-Joseph Goebbels du 24 mars 1933 cité par Herbert A. Strauss - Op. Cit. p. 66.<br /> [2] CHERNOW, Ron, The Warburgs, Random House, New York 1993, p. 373.<br /> [3] DAWIDOWIZ, Lucy, La Guerre contre les Juifs, 1933-1945, Hachette, Paris 1975. Télégramme envoyé le 30 mars 1933 par communauté juive de Berlin à l&#8217;American Jewish Committee, p. 95.<br /> [4] STRAUSS Herbert, Op.Cit. Niedersachsischer Beobachter daté du 1er avril, p.70.<br /> [5] SCHLEUNES, Karl A. The Twisted Road to Auchwitz, Nazi Policy toward German Jews, 1933,1939, University of Illinois Press, Urbana 1970. Conférence de Curt Menzel, juriste nazi, le 17 avril 1933, p.88.<br /> [6] CHALK, Frank, (direction) The History and Sociology of Genocide, Analysis and Case Studies, Yale University Press, New Haven 1990, p. 345.<br /> [7] SCHLEUNES Karl A, Op. Cit. p. 89.<br /> <br /> Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2018. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source. Wed, 07 Nov 2018 13:42:31 +0100 INGRAO, CHAPOUTOT ET HITLER (commentaires sur l'introduction) http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-139+ingrao-chapoutot-et-hitler-commentaires-sur-l-introduction.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-139+ingrao-chapoutot-et-hitler-commentaires-sur-l-introduction.php <img src="http://www.delpla.org/site/upload/41fqpmepstl_sx325_bo1_204_203_200.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> <br /> Si l'éditeur présente ce livre comme une biographie, les auteurs sont à la fois plus modestes et plus ambitieux : ils entendent faire, par rapport au genre, un "pas de côté". Renvoyant à Kershaw, Ullrich ou Longerich les amateurs "de plus amples informations", ils ne prétendent certes pas en donner de brèves, mais présenter leur personnage comme un "condensat" ou un "catalyseur". <br /> <br /> La première image semble inappropriée : pour<br /> qu'on dansât <br /> sur cette musique, encore faudrait-il que ce qui est à l'entour du personnage soit gazeux, et lui un concentré des principes de ce gaz, autrement dit une réalité exceptionnellement puissante. La catalyse semble plus proche de ce que les auteurs veulent dire : Hitler, dans la gare parisienne du Nord, ferait plutôt partie des "gens qui ne sont rien" (d'après celui qui présida la France de 2017 à une date encore inconnue) que des fortes personnalités. Ce quidam sans qualités catalyserait donc des "forces émanant de la vertigineuse mutation" du début du XXème siècle, qui "se précipitent" (on a sans doute voulu écrire "précipitent") dans sa vie.<br /> <br /> Cette vie exerce un effet en retour. Ah ? faut-il comprendre que la personnalité de Hitler est plus qu'un catalyseur et qu'elle donne au précipité quelque originalité de forme ou de couleur ? Las, un certain nombre de traits censés résumer le nazisme et qui lui sont, de fait, essentiels (militantisme frénétique, appétit -plutôt qu'espérance- impérial, conquête européenne, guerre et génocide,<br /> ne résultent pas de son initiative, pas plus qu'il n'en dirige l'exécution.<br /> Ces réalités viennent "se mêler" à son destin ! C'est qu'il ne faudrait pas donner dans une "lecture personnaliste" de l'histoire (étrange détournement de l'adjectif forgé par Emmanuel Mounier). <br /> <br /> Une autre idée juste, le rôle de "matrice" de la Première Guerre mondiale, tant pour Hitler que pour le monde, dérape aussitôt dans l'erreur : cette guerre serait, pour lui du moins, un "horizon indépassable" car il serait resté un "Autrichien provincial installé à Munich". Voici le germe, ou l'effet, du catastrophique chapitre sur la bataille de France, gagnée malgré Hitler car il serait resté "au pas du fantassin". <br /> <br /> Avant un dernier paragraphe qui prône de jargonienne façon une histoire "internaliste" (antihèse de l'histoire personnaliste ?), les auteurs livrent une autre clé, qui explique en revanche ce qu'ils disent de plus juste et de plus neuf (et de plus "personnaliste" !). Ils empruntent à l'anthropologue Pierre Clastres (1934-1977) la notion d'être-pour-la-guerre et échappent ainsi à l'idée commune, dont Kershaw n'est pas indemne, qu'en 1939 il espérait qu'on lui passerait sa conquête de la Pologne comme celle de la Tchécoslovaquie. <br /> <br /> Mais on voit mal le rapport entre le concept clastrien, portant sur les sociétés sans écriture censées être toutes des "êtres-pour-la-guerre" et l'option belliciste inhérente au nazisme <br /> <br /> et, dans l'Europe de ce temps-là, à lui seul. Tue, 16 Oct 2018 16:51:01 +0200 ]Du traitement de Benalla à celui de l’histoire, un même professionnalisme présidentiel http://www.delpla.org/site/articles/articles-6-138+du-traitement-de-benalla-a-celui-de-l-histoire-un-meme-professionnalisme-presidentiel.php http://www.delpla.org/site/articles/articles-6-138+du-traitement-de-benalla-a-celui-de-l-histoire-un-meme-professionnalisme-presidentiel.php <span style="font-size: 18px;"><strong>Du traitement de Benalla à celui de l&#8217;histoire, un même professionnalisme présidentiel</strong></span><br /> <br /> <br /> Je ne me rappelle plus exactement quand j&#8217;ai commencé à surnommer « Micron » le jeune politicien dont François Hollande avait fait un secrétaire adjoint de l&#8217;Elysée puis un ministre de l&#8217;Economie, avant qu&#8217;il parte courir sa chance en solitaire, avec le succès provisoire que l&#8217;on sait. Mais aujourd&#8217;hui il serait plutôt digne du sobriquet « Nano ».<br /> <br /> Si, par sa vulgarité de langage et de manières, il fait penser plutôt à Sarkozy qu&#8217;à son successeur (un Sarkozy au demeurant admiratif : « Macron, c&#8217;est moi en mieux ! », propos rapporté par le Canard enchaîné en juin 2017 et non démenti à cette heure) , il surpasse ces deux devanciers dans l&#8217;impuissance à poser comme à résoudre les problèmes du pays. A cet égard, le traitement des remous soulevés par le comportement de son gorille, le 1er mai dernier, au Jardin des plantes puis à la Contrescarpe, ne fait que prolonger une démonstration commencée dès sa prise de fonction. <br /> <br /> Il a commencé par ne rien faire en comptant sur la complaisance des médias puis, quand le Monde, le 18 juillet, s&#8217;en est départi et a « sorti » l&#8217;affaire, il a laissé ses lieutenants s&#8217;en débrouiller pendant une semaine avant de s&#8217;expliquer, non devant les Français, mais devant un parterre de courtisans, à charge pour eux de filmer et de diffuser la scène. En disant « Je suis le seul responsable&#8230; qu&#8217;ils viennent le chercher ! », il rappelait Sarkozy défiant un manifestant de venir s&#8217;expliquer à poings nus. En ajoutant « Benalla n&#8217;est pas mon amant » il trahissait sinon des m&#339;urs privées qui n&#8217;ont rien à voir en l&#8217;affaire, du moins une sensibilité exacerbée aux bruits qui courent sur ce sujet. <br /> <br /> En ajoutant trois jours plus tard « J'ai dit ce que j'avais à dire, c'est-à-dire que je crois que c'est une tempête dans un verre d'eau », il renouait avec le mépris du peuple dont il avait déjà fait preuve à propos des ouvrières illettrées, des gens qui ne sont rien et de ceux qui feraient bien de chercher un job « au lieu de foutre le bordel ». <br /> <br /> Ce qu&#8217;on peut lui accorder, tout de même, c&#8217;est que l&#8217;affaire est moins une affaire d&#8217;Etat en raison des bizarreries, structurelles ou individuelles, de la protection du président qu&#8217;en raison de sa propre désinvolture.<br /> <br /> <br /> Elle n&#8217;est pas moindre quand il traite de questions historiques, révélant un amateurisme auquel son entourage pourrait remédier en partie, s&#8217;il était lui-même sélectionné selon des critères professionnels et incité au travail. Un exemple appelé à se renouveler tous les 16 ou 17 juillet en fait foi : celui du discours accompagnant la commémoration de la rafle du Vél d&#8216;hiv. Exercice obligé des débuts de mandat depuis la prestation de Chirac en 1995, il se traduit par un effacement progressif de la commandite allemande au « profit » d&#8217;un antisémitisme made in France. Hollande avait franchi un seuil d&#8217;absurdité en 2012, non seulement en la taisant (un comportement inauguré par Sarkozy en 2007), mais en soulignant que « pas un Allemand » n&#8217;avait participé à la rafle des Juifs étrangers franciliens parqués au vélodrome dans des conditions dantesques. Macron a repris exactement la même idée en 2017. Cette année, il a laissé la besogne à son premier ministre, et Edouard Philippe a atteint dans la contrition nationale inappropriée un nouveau sommet, en prétendant que Vichy avait « devancé les ordres ».<br /> Certes il existe un antisémitisme français, illustré au XIXème siècle par les noms de Fourier, de Proudhon, de Toussenel et de Drumont, avant que Maurras et les siens prennent le relais pour un demi-siècle. Certes, cet antisémitisme a offert à la Shoah un terrain favorable. Mais ni plus ni moins que le vieil antijudaïsme chrétien, dans ses déclinaisons catholique ou protestante. L&#8217;hitlérisme est passé par toutes ces portes d&#8217;entrée pour caser sa propre marchandise, de nature tout à fait différente. Le racisme ordinaire a besoin de cibles vivantes, et ne tue qu&#8217;épisodiquement. Le christianisme même est rivé à sa source juive, ne serait-ce que pour exalter ses précieuses innovations. Le nazisme est le premier racisme systématiquement éradicateur, au nom d&#8217;une théorie suivant laquelle « le Juif » est un cancer de l&#8217;humanité en phase terminale, mais encore opérable. C&#8217;est cela qui est à l&#8217;oeuvre le 16 juillet 1942, après que Heydrich et Oberg ont pris en main Laval et Bousquet.<br /> <br /> Pour l&#8217;instant, la réaction des historiens n&#8217;est pas à la hauteur de leurs devoirs.<br /> <br /> Frémainville, le 13 août 2018 Thu, 11 Oct 2018 20:58:38 +0200