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Débats

Le débat sur Hess en 2011-2012 (suite)




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Ce qui manque le plus, chez les tenants de la thèse d’un Hess agissant indépendamment de Hitler, c’est la prise en compte des manoeuvres anglaises.

Il faut dire que l’exemple vient de haut : Ian Kershaw, qui dans sa biographie de Hitler consacre à l’épisode une analyse assez détaillée, croit pouvoir affirmer que l’Angleterre n’a rien fait qui pût inciter Hess à entreprendre son voyage.

En tout état de cause, on a du mal à saisir la raison qu’aurait eue Hitler d’envisager une mission secrète du type de celle que tenta Hess. Depuis des mois, Hitler se préparait obstinément à attaquer et à détruire l’Union soviétique, précisément afin de forcer la Grande Bretagne à cesser les hostilités. Ses généraux et lui étaient certains de la défaite sans appel de l’Union soviétique à l’automne. Le calendrier de l’attaque ne laissait aucune place à des manoeuvres. La dernière chose que Hitler souhaita était bien un arrêt dû à des complications diplomatiques résultant de l’intervention de Hess, et ce quelques semaines avant le lancement de l’invasion. (édition française, t. 2, p. 561)

Le 13 mai, un internaute reproduit ceci sur le forum "vert" :

« Dans le chapitre 8 de Hitler 1936-1945 les notes de bas de page sont numérotées de 1 à 281.

Kershaw (2000, p. 563) : "Avant l’escapade de Hess, Albrecht Haushofer avait à plusieurs reprises essayé de prendre contact avec le duc de Hamilton [...] mais ses lettres étaient demeurées sans réponse.".

La note n° 216 indique : "Je sais gré à Ted Harrison de m’avoir permis de lire son essai encore inédit, étude fouillée des renseignements britanniques dans l’affaire Hess, qui démontre clairement l’absence de tout plan pour attirer Hess en Grande Bretagne et enlève tout fondement à l’idée que Londres aurait été d’avance averti de sa venue."

La note n° 223 indique : "Harrison observe que le MI5, le service britannique du contre-espionnage, avait reçu le 2 novembre 1940 une lettre d’Albrecht Haushofer à Hamilton, datée du 23 septembre et intercepté par la censure britannique. Celle-ci se référait à une lettre antérieure de juillet 1939 et suggérait une entrevue avec Hamilton à Lisbonne, ou ailleurs dans la périphérie de l’Europe. Le MI5 discuta de la lettre avec les services secrets dans l’idée de se servir de Hamilton pour se servir de la lettre pour faire de la désinformation auprès des Allemands. L’idée ne fut soumise à Hamilton lui même que quelques mois après. Entre temps, l’original avait disparu. Devant la réaction prudente de Hamilton, les autorités britanniques hésitèrent à aller de l’avant. C’est sur ces entrefaites qu’arriva Hess."  »



Francois Delpla

Mer 18 Mai -

Je constate que vous suivez aveuglément Kershaw... lequel se fie à Ted Harrison.

Mais, que cela vous plaise ou non, j’existe, et il me semble que c’est avec moi que vous débattez. Or les éléments que j’ai apportés, et dont vous devez obligatoirement tenir compte sous peine de tuer l’idée même de débat sur la Toile entre personnes réelles et actuelles, rendent caduques ces proses vieilles d’une dizaine d’années.

D’une part, Harrison se fonde visiblement sur le dossier du ministère de l’Air dont j’ai parlé, qui conte les tractations entre Hamilton et les services de renseignement internes à son ministère, au sujet de son possible envoi à Lisbonne à la rencontre d’Albrecht Haushofer. Harrison n’ajoute rien à ce que j’ai indiqué, sauf le nom du service qui chapeaute l’opération et que rien ne dévoile dans le dossier en question : où a-t-il pêché qu’il s’agissait du MI 5, ce qui est assez peu logique et même très peu (le MI 6 étant d’une part mieux outillé pour ce type d’affaire, d’autre part en charge de Hess dès son arrivée) ? Mystère.

D’autre part, ces proses sont complètement dépassées après l’apparition du document Lequio, qui prouve précisément une manoeuvre anglaise au plus haut niveau, sinon pour attirer Hess en Angleterre, du moins pour faire croire à Hitler qu’un puissant parti de la paix s’apprête à renverser Churchill -ce qui offre :

-  une motivation puissante pour le vol de Hess -certes risqué, idiot, absurde et tout ce que vous voulez, mais réel et donc à expliquer le moins idiotement et absurdement possible ;

-  une raison puissante de penser que Hitler et Hess, tous deux au courant de cette information (Hitler parce qu’il en était le destinataire et Hess... parce qu’il s’est envolé, avec un solide espoir de rencontrer ce parti de la paix), ont décidé ensemble de la suite à lui donner.

Alors, très cher, toujours "pas le moindre fondement dans la réalité" ?



Le télégramme "Lequio" (rappel)

« Madrid, le 14 mars 1941

Le prince de Hohenlohe séjourne à Madrid. Ce grand propriétaire terrien de la région des Sudètes est bien connu dans les milieux financiers de Londres, de New-York et également de Madrid, pour avoir épousé une très riche Hispano-Américaine, Madame Yturbi. C’est aussi un homme de confiance de Hitler, qui se sert souvent de lui pour sonder les humeurs et les tendances du camp ennemi, ainsi que pour remplir des missions secrètes à titre d’agent officieux.

Il me revient de source sûre que Hohenlohe s’est entretenu ces jours-ci avec l’ambassadeur d’Angleterre, sir Samuel Hoare, et en a obtenu des déclarations qui peuvent se résumer ainsi : "La situation du gouvernement anglais ne serait plus aussi solide. Churchill, malgré la récente loi américaine en faveur d’une aide à la Grande-Bretagne, ne disposerait plus d’une majorité. Hoare prévoit, en conséquence, qu’il sera tôt ou tard rappelé à Londres pour prendre la direction du gouvernement, avec l’objectif précis de rechercher une paix de compromis. Sur ce chapitre, il a déclaré avec la plus grande énergie qu’il n’accepterait cette charge qu’à condition de disposer des pleins pouvoirs. Il a ajouté qu’Eden serait écarté de la direction des Affaires étrangères pour occuper un autre poste dans le cabinet, et remplacé par l’actuel sous-secrétaire d’Etat Butler, qu’il a présenté comme un homme plein de bon sens et parfaitement à la hauteur de la dure tâche qui lui incombera.

L’ambassadeur d’Allemagne, également informé de l’entretien en question, a adressé à Berlin des informations similaires. »

(source : Documenti diplomatici italiani, Nona serie, vol VI, Istituto poligrafico e Zecca dello Stato, Rome, 1986, p. 701.)



L’argument "Hess n’aurait pas été un bon émissaire"

tient, ces jours-là, une certaine place.

Les donneurs de leçons à Hitler ne manquent pas de sugggestions alternatives, Göring étant la plus souvent citée, en raison notamment d’une sienne déclaration de 1945.

sur Monde en guerre

François Delpla

Jeu Mai 05, 2011 7:35 am

Les partisans de "Hess acteur unique" ont tendance à se concentrer sur un seul argument : si Hitler voulait ouvrir des négociations, il disposait d’autres moyens et d’autres canaux. Plus que jamais, on est dans la logique et dans la théorie, on engueule les événements réels... et on serait beaucoup à plus à l’aise si tout s’était passé normalement, ce qui est hélas rarement le cas avec Hitler.

Cependant, les canaux et procédures classiques avaient justement été essayés, avaient montré leurs limites et, comme la folie nazie s’était coincée elle-même en n’envisageant pas un report de Barbarossa, elle s’était mis la pression, s’obligeant à un acte inouï... en réponse à cette situation inouïe d’un parti anglais de la paix qui avait l’air d’exister et d’hésiter.


François Delpla

Mer Mai 25, 2011 11:00 am

Je voudrais maintenant faire un sort à un argument qu’on rencontre souvent.

Göring a déclaré en 1945, d’après la bio de David Irving (p. 323 de l’édition anglaise de poche) :

Citation :

"Hitler aurait-il vraiment envoyé le troisième personnage du Reich dans une telle mission solitaire en Grande-Bretagne sans la plus petite préparation ? ... S’il voulait vraiment traiter avec les Anglais, il existait des filières semi-officielles dans les pays neutres. J’avais moi-même de tels contacts avec l’Angleterre que j’aurais arrangé la chose en 48 heures."

Il aurait déclaré cela en octobre d’après le texte, mais en deux fois, le 15 juin et le 23 juillet, d’après les notes. Passons. Ce qui est sûr, c’est qu’il parade devant ses interrogateurs américains en voulant se faire passer pour le Führer bis et le successeur, tout en se déchargeant des aspects criminels du régime. D’où un besoin d’éclipser Hess -qui de toute façon, doit-il penser à juste titre, ne risque pas de le contredire puisqu’il a déclaré depuis quatre ans avoir agi seul : soit c’est vrai, soit c’est faux et Hess ne va pas changer de discours maintenant.

Ce qui apparaît ici c’est que Göring, lui, n’a pas été dans le coup, en conçoit peut-être une certaine jalousie et veut tirer à lui la couverture des tentatives "sérieuses" d’entente avec les Anglais.

En tout cas ce qu’il dit sur ses propres contacts est clairement faux et il le sait bien, donc clairement mensonger. Lesdits contacts existaient, mais étaient justement impuissants à provoquer la paix, comme à glaner des informations sur une éventuelle opposition à Churchill.

Pour conclure : Göring ne sait rien et il SPECULE.



A propos du risque de retarder Barbarossa

François Delpla

Jeu Mai 26, 2011 3:58 pm

Voyons maintenant ce qu’écrit Kershaw dans sa bio de Hitler :

En tout état de cause, on a du mal à saisir la raison qu’aurait eue Hitler d’envisager une mission secrète du type de celle que tenta Hess. Depuis des mois, Hitler se préparait obstinément à attaquer et à détruire l’Union soviétique, précisément afin de forcer la Grande Bretagne à cesser les hostilités. Ses généraux et lui étaient certains de la défaite sans appel de l’Union soviétique à l’automne. Le calendrier de l’attaque ne laissait aucune place à des manoeuvres. La dernière chose que Hitler souhaita était bien un arrêt dû à des complications diplomatiques résultant de l’intervention de Hess, et ce quelques semaines avant le lancement de l’invasion.

(édition française, t. 2, p. 561)

Ce texte pèse d’un grand poids dans l’argumentation des tenants de la thèse d’un Hess isolé (donc un peu zinzin ou au moins pas très futé etc.). Or il part d’un postulat faux : qu’une négociation engagée par Hess le 11 mai aurait pu entraîner des complications imposant un report de Barbarossa.

Ce n’est absolument pas ce qu’indiquent les rares documents sur la manoeuvre anglaise d’intoxication, si on se place du point de vue des Germains intoxiqués : ils sont "informés" qu’un renversement de Churchill est à l’étude mais ne voient rien venir et ils sont incités à venir vérifier sur place, pour donner en cas de besoin le coup de pouce qui manque ( je précise encore une fois que c’est ce que les Allemands sont incités à faire par les informations qu’ils ont, je ne dis pas du tout que les Anglais cherchent à attirer un ministre sur leur sol ; car ils ne savent pas, eux, que les Allemands se sont mis la pression par une date irrévocable pour Barbarossa). Ce que fait Hess, incontestablement, toute la question étant de savoir s’il le fait en isolé. Si donc on part du principe que les Allemands qui mordent à l’appât, qu’ils soient un, deux ou plus, ont l’espoir de signer la paix, le fait d’agir le 10 mai ne contrarie en rien le calendrier militaire à l’est, puisqu’il ne s’agit que de donner le coup de pouce final à un processus déjà bien engagé.



Une perle

éclose sur le forum vert, le 27 mai de grand matin, à propos de la conversation Hoare-Hohenlohe :

Aucune entorse pour un diplomate que de discuter avec un "ennemi", ça fait même partie du job d’un diplomate que de sonder les uns et les autres.

Réponse de FD

Mon pauvre ami, vous voilà à présent tenu de démontrer non seulement que Hoare, dans ses fonctions d’ambassadeur à Madrid (1940-1944) faisait couramment ce genre de déclaration aux ressortissants ennemis, mais aussi que les diplomates du monde entier se comportent ainsi lors de toutes les guerres.

(...)

Je crains que vous n’ayez toujours pas lu, ce qui s’appelle lire, le passage correspondant du document Lequio :

La situation du gouvernement anglais ne serait plus aussi solide. Churchill (...) ne disposerait plus d’une majorité. Hoare prévoit, en conséquence, qu’il sera tôt ou tard rappelé à Londres pour prendre la direction du gouvernement. (...) il n’accepterait cette charge qu’à condition de disposer des pleins pouvoirs. Il a ajouté qu’Eden serait écarté de la direction des Affaires étrangères pour occuper un autre poste dans le cabinet, et remplacé par l’actuel sous-secrétaire d’Etat Butler.

Annoncer qu’on va virer son supérieur, le ministre des Affaires étrangères, fait sans doute aussi partie de la routine du métier d’ambassadeur ?

(...)

Toute ironie mise à part, nous en arrivons à un tournant du débat.

L’acharnement déployé pour banaliser et routiniser cet OVNI diplomatique qu’est le document Lequio (et, accessoirement, le fait que je sois le seul à le faire remarquer, du moins sur le présent forum) en dit long sur la gêne que son contenu procure aux tenants de la théorie d’un Hess solitaire dans sa démarche..

Ils n’arrivent pas (même s’ils savent que sur ce coup-là je ne vais pas les laisser en paix) à se mettre devant cette réalité : Hitler reçoit vers la mi-mars 1941 des assurances sur le fait que Churchill est désormais en minorité aux Communes et que sa succession se prépare activement. Mais ces assurances ne sont pas précises sur la chronologie es événements à venir. Cela justifie que dans un premier temps il reste coi (une intervention nazie sur le sol britannique n’est certes pas la meilleure façon d’assurer un tel processus, s’il y a une chance qu’il se déroule de lui-même) puis, dans un deuxième temps, intervienne avec un gros atout, six semaines avant Barbarossa, pour essayer de forcer la décision des appeasers visiblement hésitants, afin d’éviter les risques énormes d’une guerre sur deux fronts.



Un internaute qui hier encore me reprochait de vouloir "lire dans le cerveau des gens" objecte que le point faible du scénario proposé est l’étroitesse du délai entre le vol de Hess (10 mai 1941) et le déclenchement de l’agression à l’est (22 juin).

Francois Delpla

Aujourd’hui à 8:05

A la bonne heure, vous commencez à vous aventurer vous-même dans le cerveau des gens... ce qui au demeurant pourrait servir de définition à l’histoire. Au moins à l’histoire des processus de décision.

Je comprends mal votre objection.

Obtenir la paix avec Londres, cela fait bientôt un an que Hitler essaye, le bâton dans une main et la carotte dans l’autre. En juillet 40 il a décidé d’employer les grands moyens : attaquer l’URSS au plus vite avec l’intention de l’écraser, également au plus vite, ce qui ferait mesurer à tout Anglais bourgeois que tout compte fait le communisme était bien sa cible et à tout Anglais tout court, sauf une poignée de suppôts des Juifs autour de Churchill, que la victoire est désormais une parfaite utopie. Mais, en analyste intelligent du rapport de forces et en auteur conséquent de Mein Kampf, il n’est pas enchanté du tout de guerroyer sur deux fronts, au risque de subir, si tout ne marche pas sur des roulettes, les aléas d’une guerre longue à laquelle le Reich n’est nullement préparé, et dans laquelle les Etats-Unis auraient le temps de jouer le même rôle qu’en 1918.

A la mi-mars arrive, via Madrid, un signe fort d’une menace mortelle contre le gouvernement Churchill : surtout, on n’intervient pas dans le processus (sinon en titillant les Anglais sur leur marges balkaniques et moyen-orientales, afin d’aggraver les embarras de Winston -dont on annule les récents gains libyens et grecs-, mais sans créer l’irréparable, ce qu’on ferait par exemple en soutenant vraiment Rachid Ali en Irak, moyennant l’embauche des Turcs et, en Syrie, des vichystes). Mais le 10 mai les parlementaires anti-churchilliens ne sont pas encore passés à l’action, alors de deux choses l’une : soit ce parti de la paix existe, et il faut le secouer, l’inciter et l’obliger à passer aux actes tout en lui garantissant par un représentant accrédité de Hitler les "conditions généreuses" de l’Allemagne ; soit il n’existe pas, Hoare s’est vanté abusivement, peut-être même est-il de mèche avec Churchill ? Allons-y quand même, on risque tout au plus de perdre Hess, qui en cas de capture saura tenir tête aux Anglais : il les empêchera de dire, et que la direction nazie se déchire, et que Hitler mendie la paix.

Soit dit en passant, cela rappelle, d’une certaine façon, l’incendie du Reichstag : tout le monde sent bien que les nazis ont mis le feu mais ils ont suffisamment bien brouillé les pistes pour qu’on ne puisse rien prouver ; ainsi apparaissent-ils capables de tout, mais pas, sans conteste, coupables de cela.

Hess niera être envoyé par le Führer... puis l’avouera en cas de besoin (par exemple si l’URSS s’écroule vite et que la question de la paix se repose ; il deviendrait alors, entre les mains de Churchill, un colis très encombrant : Winston aurait mis en péril par son obstination stupide la croisade pour débarrasser le monde du communisme... et empêché le Royaume-uni de participer à la curée).

En résumé : le 10 mai, le délai pour la paix avant Barbarossa est court, mais tenable si la situation est aussi mûre que Hoare l’a dit à Hohenlohe (et si elle a été aidée à mûrir plus encore par les coups de boutoir en Grèce, Libye et Irak). Si tout cela n’est qu’illusion, eh bien tant pis, cela valait le coup d’essayer d’en avoir le coeur net, et il n’y a plus qu’à foncer à l’est en se confiant à la Providence.



Dernières nouvelles (7 juin)

La censure s’en mêle !

Après avoir été menacé d’être exclu d’un forum et m’être abstenu d’y paraître pendant quelques jours pour laisser retomber la pression, j’ai risqué quelques nouveaux arguments en défaveur de la thèse traditionnelle et cela a provoqué le verrouillage du fil !

Pire peut-être, un vieux débatteur très antinazi, victime pendant son enfance de mesures antisémites en Algérie, cautionne ce type de censure au nom de l’insignifiance de la question !

Réponse :

Voyons ! de françois delpla le lundi 06 juin 2011 à 03h50

C’est l’un des plus étranges comportements internautiques que celui consistant à demander l’arrêt d’une discussion, alors qu’il est si simple de ne pas cliquer.

Très souvent, l’argument invoqué est qu’on tourne en rond alors que ce n’est même pas vrai !

En l’occurrence, Tie-tie 007, certes, se répète, mais son malaise est patent et il est clair que ses arguments se fondent essentiellement sur la discussion elle-même, où les partisans de la thèse qu’il réprouve sont accusés à tort de ne pas lui répondre et de ne pas invoquer de preuves. Or la discussion fait évoluer les siennes... à la façon d’une peau de chagrin : dans sa dernière intervention, la seule invoquée, censée pourvoir à tout, est la parole même de Hess. Le rappel, fréquent, du fait qu’il s’agit non seulement d’un dirigeant nazi auteur de nombreux mensonges avérés et de coups en douce avec Hitler parfaitement établis, mais d’un théoricien de la légitimité du mensonge en politique, n’y fait rien et ne fait jamais l’objet de la moindre réponse.

De plus, la méthode historique la plus élémentaire qui veut qu’on se demande, devant toute déclaration orale ou écrite, si son auteur a des raisons de mentir, aboutit ici à une conclusion nette et sans bavure : oui, puisqu’il s’agit d’un agent arrêté en territoire ennemi et qu’il est de règle universelle, en pareil cas, si on n’opte pas pour la trahison, de compromettre le moins possible son gouvernement.

Loin d’être superficiel ou marginal, ce débat touche au coeur même de la question nazie et de l’usage qu’on doit en faire aujourd’hui. Va-t-on prolonger indéfiniment une vision moraliste et manichéenne d’après laquelle il s’agit d’un ramassis de méchants, non seulement envers les autres mais entre eux, et il serait à la fois vain et vilain de démêler les mobiles et les machinations de chacun, ou va-t-on en venir enfin à une juste appréciation du talent et de l’unité de direction qui seuls sont à même d’expliquer la durée et l’ampleur des dégâts ?



Le 9 juin

J’écris aux modérateurs d’un forum où la discussion a été verrouillée :

(...) Mon respect et ma compréhension pour le métier de modérateur bénévole restent entiers. Leurs interventions, appropriées ou non, surviennent quand d’autres gens se sont mal conduits : responsabilité diffuse et collective s’il en est.

Ma personne ne compte pour rien : ce ne sont pas des diffamations de forum qui vont déterminer l’audience de ce que j’ai à dire en histoire... ni des compliments sur les mêmes lieux.

Il me semble qu’il faut réfléchir aux moyens de répliquer à l’agressivité de certains et que le verrouillage est le pire : vous devriez tester la suppression rapide au cas par cas des messages hors charte, cela désignerait mieux leurs auteurs et les dissuaderait de jouer le pourrissement... et le verrouillage.

En attendant, l’important est bien que nul n’ait le pouvoir de verrouiller la Toile. La thèse (si simple, si évidente...) de l’envoi de Hess par Hitler continuera placidement son chemin. (...)



Sur Livres de guerre

Le coeur de la question...

de françois delpla le mercredi 08 juin 2011 à 10h32

"Au-delà du personnage, qui avait quelques problèmes de santé mentale, je ne comprends pas comment des "historiens" sérieux, peuvent penser qu’une "mission Hess", en Angleterre, pour négocier une éventuelle paix, aurait eu quelques chances de réussite ...Ou bien alors il faut percevoir Hitler comme quelqu’un de stupide !"

... est bien là.

Tie-tie 007, et tous ceux qu’il influence ou qui partagent son point de vue, refusent mordicus de considérer la très grande lucidité de Hitler, et se payent le luxe d’accuser leurs contradicteurs de le croire stupide !

Ce que montrent une flopée d’éléments et de documents, soit sur l’orientation de fond du nazisme, soit sur la conjoncture du printemps 41, c’est que la guerre sur deux fronts est vue par Hitler comme l’abomination de la désolation, et à très juste titre. Les seuls éléments qui aillent à l’encontre sont des propos optimistes comme tout chef en émet avant d’envoyer ses hommes au casse-pipe.

En même temps qu’il analyse avec beaucoup de sûreté, et jusqu’en avril 1945, les rapports de force (les seules données contraires étant, encore et toujours, des discours destinés à soutenir le moral), il est prisonnier de son schéma de base et de sa folie, qui transforme ce schéma en un contrat avec la Providence : en l’occurrence, la résistance inattendue (et "juive") de Churchill, et son autorité vérifiée par l’obéissance des exécutants à Mers el-Kébir (et l’ovation consécutive à Londres), ont bousculé le calendrier, en l’amenant à jouer le tout pour le tout dans un assaut contre l’URSS, irrévocablement décidé dès juillet 40.

La préparation de cet assaut va donc combiner les préparatifs militaires et politiques de toutes sortes de la guerre à l’est et un effort méthodique pour faire tomber Churchill avant. Le vol de Hess, décidé par Hitler, a toute sa place dans l’organigramme : il consiste à nouer à toute force le contact avec ce qui reste d’appeasers à Londres, au sein d’un festival de coups de boutoir non mortels contre la puissance britannique (Irak, Balkans, Libye etc.) qui pourraient n’avoir été que des amuse-gueule si l’énorme potentiel militaire accumulé en Europe de l’est prenait la direction du Moyen-orient et non de l’URSS. Car ce potentiel est assez visible et il est fait pour, mais fonctionne aussi bien comme une menace que comme une préparation d’invasion. Hitler qui a, dit-on, remis 29 fois l’attaque contre la France l’année précédente pour cause de météo, peut très bien annuler celle-là et nul, y compris en Allemagne, ne sait qu’il ne va pas le faire, sinon lui-même.

Il est donc tout à fait faux d’affirmer que cette démarche est stupide : risquée certes, très hasardeuse et même un peu désespérée, elle est en fait de même nature et, dans le schéma nazi, de même pertinence que l’arrêt devant Dunkerque ou la lettre de septembre 40 à Hamilton (pour prendre deux exemples où l’implication hitlérienne n’est pas contestée) : il s’agit d’obtenir l’effacement de Churchill avant de s’en prendre à Staline.



de françois delpla le mercredi 08 juin 2011 à 14h22

(...)

Tu répètes en boucle que l’opération était bête parce qu’elle a échoué, donc pas hitlérienne parce que Hitler n’était pas bête... une idée que tu dois prioritairement à la lecture d’un certain historien (...) !

Ce que tu refuses obstinément de prendre en compte, c’est le caractère irrévocable de Barbarossa : il rendait urgent et intéressant même l’acte le plus aléatoire, pour écarter le risque extrême, parfaitement connu par Hitler, d’affronter un adversaire sans en avoir fini avec le précédent, et ce d’autant plus qu’un troisième (les Etats-Unis) pointait à l’horizon.

Pourtant, tu sais toi-même plaider (là encore, en boucle, avec une obstination de bélier) que tout Allemand espérant amener l’Angleterre à la paix était stupide en raison du soutien croissant des Etats-Unis, dès lors que l’Angleterre sans appuis de juillet 40 s’était refusée à traiter avec Hitler.

Ce qui fait bon marché de la foudre énorme accumulée en Europe de l’est et susceptible à tout moment du printemps 41 d’être dirigée vers l’est ou vers le sud, où elle pouvait porter des coups sévères aux intérêts britanniques les plus vitaux.

Fait aggravant, tu viens de lire le livre de Martin Allen, bourré de défauts pour ne pas dire plus, mais dont l’un des mérites est de mettre en relief plus qu’aucun autre la terrible angoisse anglaise quant aux intentions allemandes pour 1941, avant, justement, que l’Amérique soit capable d’une aide substantielle.

"Le fait d’envoyer Hess sauter en parachute sur la lande écossaise, pour initier une négociation avec les anglais, ne serait pas un signe de grande lucidité, puisque Hess a été mis au cachot et qu’aucune paix n’a eu lieu"

Il semble vain, hélas, de te rappeler que le saut en parachute n’était pas prévu, mais bien un atterrissage suivi d’un redécollage : l’échec n’est donc pas dans la mauvaise réception d’un comité d’accueil, mais dans le parachutage improvisé qui a entraîné une arrestation immédiate.

(...)



De plus en plus drôle

de françois delpla le jeudi 09 juin 2011 à 10h29

Se réclamer de la parole d’un théoricien nazi en ajoutant "les faits sont les faits", alors qu’il serait plus juste (mais d’une utilité toute relative) de dire que "les mots sont les mots", voilà une rare démonstration d’impuissance.

Cela dit, il est gravement erroné de prétendre que je "traite" Hess de menteur. C’est plutôt toi qui le traites comme un très fiable gentleman. Je dois donc une fois de plus rappeler des choses que j’ai dites, sans avoir aucun goût pour les répétitions et en souhaitant qu’enfin nous puissions avancer (c’est le cas, d’ailleurs, partout où la discussion n’est pas verrouillée... ce contre quoi on ne te voit guère protester).

Il ne s’agit pas de traiter les personnages historiques, pas plus que les historiens, de ceci ou de cela, mais de jauger la validité de toute affirmation, ce qui est la base même du travail d’historien. A la question qui nous préoccupe : "Hitler a-t-il envoyé Hess ?" il y a tout de même une réponse évidente, positive,en raison de tout ce que nous savons des rapports des deux hommes (amitié, admiration, subordination, collaboration étroite sur la question des rapports avec l’Angleterre après la chute de la France...) et une, négative, hautement problématique : quand et pour quelle raison Hess se serait-il mis à cacher des choses à son maître et idole ? est-il concevable que ce soit dès octobre 40, lorsqu’il commence à s’entraîner sur son avion, alors qu’ils viennent d’écrire ensemble au duc de Hamilton ? Si non, Hitler est au courant de ces entraînements : cela ne jette-t-il pas une suspicion fatale sur les efforts faits après coup pour faire croire que Hess était interdit de vol ?

Et surtout : comment établir, de manière sûre et scientifique, l’existence d’une cachotterie entre des gens qui étaient loin de tenir procès-verbal de leurs entretiens et de leurs conversations téléphoniques ?

Ah oui, en un sens, tu as entièrement raison de t’en remettre à la parole de Hess : c’est bien le seul moyen de prouver ta thèse ! mais comment sa fragilité peut-elle t’échapper à ce point ?



autres énormités

de françois delpla le jeudi 09 juin 2011 à 15h26

"D’ailleurs, le seul historien qui soutient votre thèse, Martin Allen, est un falsificateur patenté ..."

C’est sous la stimulation de nos échanges que tu as lu récemment son livre.

Oui mais... Il s’était passé une chose du même ordre il y a quelques mois sur le "vert", et tu t’étais mis à lire le livre de John Costello Les Dix jours qui ont sauvé l’Occident, paru en sortie mondiale le 10 mai 1991 pour le cinquantenaire du vol de Hess (une autre ère, par rapport au silence sépulcral de cette année !) et, sinon complètement affirmatif sur une mission donnée par Hitler, du moins fortement dubitatif sur un acte solitaire !

Est-ce que par hasard ton oeil gauche ignorerait ce que lit ton oeil droit ?

D’autre part, c’est une faute intellectuelle et même morale (surtout pour quelqu’un qui se plaint, par ailleurs, qu’on traite Hess de menteur) que de contester une thèse sous prétexte qu’un homme qui la professe serait "un falsificateur".

La vérité, que je t’ai souvent dite et dont tu ne tiens absolument aucun compte, c’est que, hélas, il n’y a pas que du mauvais chez Allen, et qu’il a été pionnier dans certaines découvertes.

Il ne tenait qu’aux gentlemen de les faire avant lui.



sur Passion-Histoire

François Delpla

MessagePosté : 27 Juin 2011 13:58

Peut-être faut-il clarifier quelque chose : il y a un "parti de la paix" bien réel et actif, au su de Hitler, en mai-juin 1940. Il comprend au moins Halifax, Butler et Hoare, et se manifeste essentiellement de trois façons : des discours peu churchilliens tenus par Halifax à l’ambassadeur italien Bastianini le 25 mai, par Butler avec l’accord, vérifié par le destinataire, de Halifax au ministre de Suède Prytz le 17 juin, et une offre faite par Hoare à Franco vers le 25 juin de "discuter de Gibraltar après la guerre" si l’Espagne n’y entrait pas (ce dernier point le plus mal documenté, mais hautement probable).

Mais ce "parti" n’en est pas vraiment un. Il n’y a ni congrès ni cotisations ! C’est plutôt un état d’esprit. Et cet esprit n’est pas nazi mais plutôt pacifiste : pour interrompre les dégâts de la guerre, n’y a-t-il pas encore une possibilité de trouver des gens raisonnables en Allemagne ? Quant à Churchill, il cohabite bien volontiers avec ces gens -et résiste de toutes ses forces à quelques jeunes chiens fous de tendance travailliste qui réclament qu’il fasse le ménage- en les entraînant dans son dynamisme et en les obligeant à la plus grande discrétion.

Ce que révèle le télégramme Lequio, ainsi que le recrutement concomitant du duc de Hamilton par les services secrets pour intoxiquer Albrecht Haushofer, c’est que Churchill (si on considère que Hoare ne PEUT PAS prendre une telle initiative, sans lendemain qui plus est, sans que Churchill le pilote par l’intermédiaire de Hillgarth) utilise l’atmosphère créée par ces pacifistes à l’été précédent pour faire croire à Hitler que son fauteuil est fragile. Et qu’en conséquence il a intérêt à mesurer ses coups contre le Royaume-Uni, de peur que lui-même (Churchill) ne soit à nouveau consolidé.

François Delpla

MessagePosté : 27 Juin 2011 17:18

Dans les pages précédentes certains, et notamment "XXXXXXX" (apparu en avril et disparu en mai), nous ont mis l’eau à la bouche en affirmant qu’il y avait "plusieurs interprétations possibles" du télégramme Lequio. Toutes les demandes de précisions sont restées sans réponse, et les tenants de cette idée se sont évanouis dans la nature... verte ou non.

Leur déroute intellectuelle est mesurable sur ce point précis.

Un ambassadeur expérimenté, souventes fois ministre y compris des Affaires étrangères, tient une fois, et une seule, des propos amicaux en pleine guerre à un ennemi, en disant le plus grand mal de son ministre des AE et de son premier ministre, auquel il se fait fort de succéder bientôt. Il est évident qu’il s’agit d’une manoeuvre convenue, au moins, avec le dernier nommé, destinée à induire gravement et urgemment en erreur le gouvernement ennemi. Elle ne peut avoir sur lui que le plus grand effet, puisqu’il s’apprête à se donner un autre ennemi, de belle taille : toute information sur la division de l’ennemi actuel et la possibilité de se réconcilier avec lui ne peut que susciter un intérêt extrême. Et entraîner notamment l’usage de grands moyens pour en savoir plus long sur ce qui se prépare, en préciser l’échéance et la hâter le plus possible.

L’affirmation véhémente qu’il y a d’autres interprétations possibles de ce document et l’impuissance à préciser lesquelles, en disent long sur la valeur démonstrative de ce télégramme et les coups qu’il porte à la thèse d’un "Hess solitaire".



Sur Passion-Histoire

(Un contradicteur revient sur les témoignages de la rage de Hitler le 11 mai, en accumulant les témoignages)

François Delpla

MessagePosté : 04 Juil 2011 2:32

J’attends avec [de plus en plus d’] impatience ton interprétation du télégramme Lequio !

Je le redonne à toutes fins utiles (...)

et aussi ton interprétation des deux éléments qui vont dans le même sens :

-  le recrutement du duc de Hamilton par les services secrets pour aller intoxiquer Albrecht Haushofer à Lisbonne le 14 mai (un événement bien sûr annulé par le vol de Hess... comme si celui-ci et son éventuel commanditaire avaient trouvé trop lent le processus proposé par la partie britannique) ;

-  la conversation Haushofer-Burckhardt du 28 avril 1941 à Genève où le Suisse apporte à l’Allemand les "salutations de ses amis anglais" et confirme qu’un parti de la paix s’agite à Londres.

Or s’il y a un lien que rien ne dément, c’est bien celui entre Hess et les Haushofer, père et fils. Et à la chaîne il faut ajouter Hitler himself, du moins en août-septembre 1940, lors de la confection de la fameuse lettre du 23 septembre 1940 d’Albrecht à Hamilton, via Lisbonne et une Mrs Roberts. Lettre retenue par le MI 6 jusqu’à ce qu’on la remette à son destinataire lors du recrutement précité. L’expéditeur non seulement propose une rencontre en territoire neutre pour causer de la paix, mais laisse lourdement entendre qu’il s’exprime de la part des plus hautes autorités du Reich, ce que confirment les informations qu’il donne sur la liberté de mouvements et de correspondance : pas besoin de longs délais, quelques jours suffiront. Répondez-moi, j’aurai votre lettre très vite et je franchirai les frontières à ma guise.

Les impressionnants témoins de la journée du 11 au Berghof (pendant laquelle Hitler reçoit aussi Darlan, en toute décontraction) ont en commun d’être beaucoup moins mêlés aux tentatives de conciliation en direction de l’Angleterre -dont Albrecht est un électron vibrionnant, pour le compte de Hess, dès la prise du pouvoir -voir là-dessus le livre du fils Hamilton (1971), et un témoignage de 1953 trop méconnu, les mémoires de Fritz Hesse, un proche de Ribbbentrop et d’Albrecht, intitulés Das Spiel um Deutschland.

Il y a donc dans cette affaire une avant-scène et un arrière-plan... et il nous revient de discerner ce qui compte vraiment.



François Delpla

MessagePosté : 04 Juil 2011 7:36 En ce qui concerne le témoignage d’Otto Dietrich sur la réaction première de Hitler, il peut être écarté sans dommage, car il est indirect. On lit en effet quelques lignes avant les extraits que tu cites :

« En lisant la lettre, Hitler eut un terrible accès de colère, et les éclats de sa rage troublèrent l’atmosphère de la maison, d’habitude si tranquille le dimanche ; ceux qui se trouvaient là ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait. »

Par ailleurs, ce résumé de Wikipédia, s’il est un peu lourd dans la forme, ne me semble pas insensé sur le fond :

«  En fait, avec le secret dû à la guerre, Dietrich ne connaissait pas toujours les intentions réelles de Hitler, dont il ne faisait pas partie du "premier cercle". »

D’une façon plus générale, il faut prendre avec précaution les livres de mémoires, avec, me semble-t-il, une mention spéciale pour ceux des nazis repentis. Dans ta collection, deux autres relèvent de cette catégorie, ceux de Speer et de l’interprète Paul Schmidt. Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas les ouvrir, mais qu’il faut être en alerte sur ce que les auteurs essayent de faire accroire et sur leur propension à croire eux-mêmes, à propos de leur ancienne idole, n’importe quoi de négatif.



François Delpla

MessagePosté : 04 Juil 2011 9:47 Ton dernier post témoigne d’un malentendu. Tu sembles vouloir, avec ces témoignages, prouver la réalité de la colère dictatoriale, alors que ce que je mets en doute, c’est sa sincérité.

Il me semble que le dernier des très rares ouvrages français sur Hitler reconnaît lui-même, dans une note 3 de la page 217 : "Il est impossible de savoir si Hitler croyait à ses propres arguments".

Dans ce dernier exemple, il s’agit de la situation en Norvège à la fin de la guerre, et Hitler refuse un retrait de troupes au motif que la majorité des importations allemandes de poisson vient de ce pays. Dont acte : il invoque probablement le premier argument qui lui passe par la tête, sans y croire une seconde, pour clouer le bec de l’officier qui lui demande une retraite, mais allez un peu le prouver...

Dans l’affaire Hess, en revanche, toutes sortes de recoupements sont possibles et l’insincérité de cette colère me semble démontrable. Inversement, s’appuyer sur elle, ou sur n’importe quelle déclaration soit de Hess, soit de Hitler, en prétendant démontrer de façon certaine qu’ils n’étaient pas de mèche, me semble de la plus grande imprudence.

D’une part, ils sont l’un et l’autre de grands comédiens. Pour Hitler, voir plus haut. Pour Hess ce n’est pas moi qui le dis mais... Speer, écoeuré de voir avec quelle sincérité apparente il mime son propre rôle au congrès de Nuremberg lors du tournage en studio, par Riefenstahl, d’une scène qu’elle avait ratée lors de l’événement. (mémoires de Speer, p. 86-87)

Je rappellerai qu’ils ont ensemble écrit Mein Kampf, qui peut être caractérisé, entre autres, comme une défense et illustration de la moralité du mensonge en politique "puisque ce sont les Juifs qui ont commencé".

Ce mensonge a un mobile évident : permettre de dégager la responsabilité d’un gouvernement dans l’arrestation d’un agent à l’étranger. Je rappelle que Hess n’avait jamais sauté en parachute et que la thèse suivant laquelle il comptait atterrir et repartir est la moins invraisemblable. Il y a eu un raté à la fin du vol, qui n’autorise pas à dire que Hess avait toutes chances de se faire arrêter par un policier de base avant d’avoir vu Hamilton.

[pour répondre à deux objections, suivant lesquelles Frau Hess avait été persécutée, et Hitler interdisait qu’on parlât de Hess en sa présence]

La persécution de sa femme semble avoir été officielle et à double fond : elle a pu garder sa maison grâce à une subvention qui n’était pas une obole clandestine d’Eva, ni n’était mince.

Hitler parle deux fois de Hess dans ses propos de table, après son vol, et en très bonne part. Ainsi le 5 février 1942, à midi :

« La police fit un jour une descente à la Maison brune. J’avais dans mon coffre des documents de la plus haute importance. L’une des clés, je l’avais sur moi et je me trouvais à Berlin. L’autre, c’est Hess qui l’avait. La police exigea de lui qu’il ouvrît le coffre. Il s’excusa de ne pouvoir le faire, excipant du fait que j’étais absent et que c’est moi qui avais la clé. Les policiers durent ainsi se résoudre à mettre des scellés sur le coffre et à attendre mon retour. Hess m’avait informé par téléphone de cette perquisition. Deux jours plus tard, il m’annonçait que je pouvais rentrer. Il avait en effet remarqué qu’il était possible de dévisser les poignées sur lesquelles avaient été apposés les scellés. Très adroit, Hess avait réalisé lui-même cette opération, ouvert le coffre avec sa propre clé et refermé (en replaçant les scellés), après l’avoir vidé des documents compromettants.

Dès mon retour, la police se présenta pour l’ouverture du coffre. Je protestai très énergiquement pour les amener à me menacer de recourir à la force. Je me décidai alors à faire jouer la serrure. La porte s’ouvrit, le coffre ne contenait rien ! Leur mine déconfite faisait plaisir à voir. »



François Delpla

MessagePosté : 04 Juil 2011 11:32

Il n’y a qu’un malheur dans cette histoire, c’est que le n° 3 du nazisme, n° 2 à certains égards (le seul à être "substitut du Führer") est bel et bien allé en Ecosse et qu’aucune trace de folie ni de disgrâce n’est relevée à son sujet dans des documents antérieurs au 10 mai 41. La thèse d’un Hitler pas au courant, outre l’inconvénient de ne reposer que sur les déclarations et mimiques des deux hommes, par ailleurs chevronnés menteurs, se heurte à la difficulté d’imaginer une brouille ou un désaccord entre ces deux hommes dont l’un était, vis-à-vis de l’autre, dans un rapport de subordination admirative. Une telle brouille est bien difficile à dater, autant qu’à expliquer. Les mobiles d’une complicité dissimulée, en revanche, sont évidents. Ils redoutent une guerre sur deux fronts, pour des raisons tant idéologiques que militaires, puisque la promesse qu’elle ne se renouvellera pas est au principe de l’évangile Mein Kampf et des sarcasmes de cette publication hitléro-hessienne contre Guillaume II.

Il ne s’agit donc pas de faire parler des documents absents en récusant les présents. Il s’agit, comme toujours en histoire, de ne pas s’en laisser conter et de faire tenir ensemble toutes les données.



Octobre 1942 Un article suédois d’origine allemande vend la mèche : Hitler a envoyé Hess !

François Delpla

MessagePosté : 04 Juil 2011 15:11

Pour changer d’angle, voici un document d’époque, public : un journal suédois d’obédience nazie, le Dagsposten, a publié le 4 octobre 1942 une version suivant laquelle Hitler était préalablement informé du vol de son lieutenant : il s’agissait donc d’une offre de paix officielle.

La pièce est en ligne.

Mon attention a été attirée là-dessus aux archives de Kew, dans les dossiers du premier ministre relatifs à Hess, cote Prem 3/219/1, f° 21 . On ne peut que rester perplexe devant le fait qu’aucun livre n’y ait encore fait la moindre allusion (l’oubli sera réparé d’ici quelques mois dans mon Churchill et Hitler).

Il est donc faux que le gouvernement nazi ait maintenu sans variation aucune la version du fou solitaire. Resterait à savoir pourquoi il a brièvement vendu cette mèche.



François Delpla

MessagePosté : 05 Juil 2011 9:25 Cette discussion, quel que soit son futur, a déjà un passé important, et irréversible !

Elle révèle, à la manière d’un produit photographique, l’état actuel du débat sur le nazisme.

C’est une querelle vieille d’un siècle qui resurgit, celle du positivisme. A la suite de Langlois et de Seignobos, les positivistes ont accouché d’une histoire au ras des documents, censés dégager par eux-mêmes une trame chronologique très sûre. Berr, puis Febvre et Bloch, puis Braudel ont mis l’accent sur la synthèse, et sur le décloisonnement des sciences humaines. La vérité du document devient relative, il ne prend sens que dans un ensemble.

Avec le nazisme, de surcroît, on ne peut jamais faire l’économie d’un très savant décryptage. Le mensonge est un constituant de base de ses discours, comme de ses actions. Et il présente des degrés très divers de complexité. La sincérité même n’est pas exclue, et il convient de la repérer quand elle existe, la méconnaître étant, pour l’historien, tout aussi grave que de se laisser avoir par un mensonge.

L’histoire du nazisme se dégage très péniblement de son cocon positiviste depuis une vingtaine d’années. Voir par exemple ce que je dis d’un des principaux maîtres que je révère, John Lukacs, dans ma préface à la traduction de son dernier livre :

Une autre limite sera jugée, par beaucoup, favorablement : notre historien est un prudent, tant dans ses thèses que dans ses hypothèses. On sent parfois qu’il se retient d’affirmer, et même de supposer. Ayant discerné l’importance du secret dans la pratique politique de Hitler (dont bon nombre d’auteurs encore retracent la carrière en négligeant ce facteur), il ne lui prête cependant pas beaucoup de ruses ni de mensonges ; il est pourtant, là aussi, un défricheur. Presque tous ses prédécesseurs racontent, par exemple, les démarches de Himmler et d’autres dirigeants SS envers les Américains à l’approche de la fin de la guerre comme des mouvements centrifuges, échappant à Hitler. Lukacs infère, avec des précautions de Sioux, que le Führer était derrière, au moins « dans certains cas ». Il faut dire qu’il a bâti préalablement un cadre explicatif : Hitler voyait sa seule planche de salut dans la dislocation de la coalition adverse, dès avant Pearl Harbor et l’entrée des Etats-Unis dans la guerre. Pour l’établir, Lukacs s’appuie sur des documents datant de novembre 1941, ou des témoignages relatifs à cette période. Or les démarches précitées des SS s’inscrivent parfaitement dans cette tentative au long cours de diviser le camp adverse. Mais comme elles sont essentiellement connues par des documents anglais ou américains, on peut à la rigueur concevoir qu’elles soient faites indépendamment de Hitler et Lukacs en laisse la possibilité ouverte. Des recherches en cours, notamment sur l’amiral Canaris, tendent à établir que le Führer, qui portait bien son nom, orientait en sous-main beaucoup de menées apparemment antinazies ou dissidentes. Lukacs fait des pas dans ce sens... et en laisse d’autres à ses continuateurs.

texte complet

Remarque subsidiaire : dans cette " tentative au long cours de diviser le camp adverse", la bouteille à la mer de l’article du Dagsposten d’octobre 42 (mon post précédent) s’inscrit à merveille : si une ouverture se dessine vers une réconciliation antisoviétique des bourgeoisies, il sera temps de mettre en avant le caractère pionnier de la politique allemande dans ce domaine, symbolisé par la mission de Hess. Voilà une explication possible de cette affirmation nazie unique, mais autorisée, remarquable et remarquée, du fait que cette mission a été donnée par Hitler.



SUR LE TELEGRAMME LEQUIO

sur Monde en guerre

François Delpla

MessagePosté : Mer Juin 29, 2011 1:55 pm

Lequio est l’ambassadeur d’Italie à Madrid. La connaissance de ce texte manque fâcheusement à toute histoire de la guerre, ou de n’importe quel épisode lié à celui-là, antérieure à 1986. De surcroît, ce document a été très peu remarqué depuis sa parution. La première analyse historique qui en tire un grand parti est hélas celle de Martin Allen sur le vol de Hess (2003, traduction rééditée cette année en Tempus). Hélas car tout le travail d’Allen (trois livres) est entaché par un usage massif de faux.

Mais si l’épisode peut être mis en rapport avec "l’étrange voyage" de Hess, il a aussi une énorme importance en lui-même.

Il signifie tout bonnement (si on exclut une fantaisie personnelle de Hoare sous l’emprise de quelque stupéfiant) que Churchill, avec la complicité vraisemblable d’Anthony Eden dont il vient d’imposer le retour au Foreign Office en remplacement de Halifax, se lance dans une hénaurme opération d’intoxication de Hitler : il met en scène sa propre fragilité. Une raison apparaît, et une seule (à moins que l’un de nous en voie une autre) : il panique à l’idée que l’Allemagne pourrait choisir en 1941, avec les forces qu’elle est en train de masser en Europe de l’est, d’attaquer non l’URSS, mais l’Angleterre dans ses possessions du Moyen-Orient, coupant notamment son robinet à pétrole avant que l’aide américaine puisse venir à la rescousse.

Dans ses mémoires, Churchill tait cette manoeuvre comme beaucoup d’autres. Il donne cependant une clé en soulignant ses relations personnelles avec le capitaine Allan Hillgarth, attaché naval anglais à Madrid et son homme de confiance pour toute opération délicate dans le pays : par là il avait le moyen de créer un circuit très court et très discret avec Hoare.



François Delpla

MessagePosté : Mar Juil 05, 2011 3:19 pm

Ce que ce télégramme prouve (si on suppose que Hoare n’est pas tombé sur la tête et que c’est sur ordre qu’il tient un discours aussi indigne d’un diplomate et d’un patriote), c’est que Churchill est aux abois, craignant fort que Hitler tienne sa parole de Mein Kampf et n’attaque pas l’URSS avant d’avoir, d’une manière ou d’une autre, neutralisé l’Angleterre. Ainsi, les troupes massées en Europe de l’Est pourraient tout aussi bien déferler sur l’Irak via la Turquie (alors facilement achetable) et la Syrie pétainiste, et pourraient même, sans bouger ni se départir de leur intention d’attaquer l’URSS, faire chuter le gouvernement Churchill rien qu’avec cette menace.

C’est bien une telle crainte qui semble s’exprimer, du moins ne vois-je pas d’autre explication, non seulement lorsque Hoare intoxique Hohenlohe, mais lorsque le duc de Hamilton est recruté par les services secrets pour répondre, enfin, à la lettre d’A Haushofer du 23 septembre. Il s’agit de faire croire qu’il y a bien des appeasers qui intriguent contre Churchill et sont sur le point d’aboutir : il serait donc, pour le Reich, de la dernière maladresse de frapper comme de menacer le Royaume-Uni chez lui ou sur la route des Indes. Cela sauverait Churchill au moment où il est en perdition.

C’est là une vision extrêmement neuve, que j’ai mis moi-même des années à accepter, et à intégrer dans mes analyses. Mais il y a aussi des leçons plus générales à tirer de cette affaire : sur notre méconnaissance persistante de cette guerre, dans ses articulations les plus essentielles. Ici se combinent deux grands facteurs : l’extrême originalité du nazisme (en grande partie parce qu’il découle d’une folie individuelle), et la guerre froide immédiatement consécutive au conflit. Car autant on voit très bien Churchill et Staline discuter de leurs magouilles respectives avec l’Allemagne en entrechoquant des verres de vodka et de whisky si l’affaire s’était terminée paisiblement, autant, avec les froissements est-ouest immédiats, l’éternisation des cachotteries était de mise.

(...)

Une sérieuse entrave aux recherches sur la Seconde Guerre mondiale : le positivisme

C’est une querelle vieille d’un siècle qui resurgit, celle du positivisme. A la suite de Langlois et de Seignobos, les positivistes ont accouché d’une histoire au ras des documents, censés dégager par eux-mêmes une trame chronologique très sûre. Berr, puis Febvre et Bloch, puis Braudel ont mis l’accent sur la synthèse, et sur le décloisonnement des sciences humaines. La vérité du document devient relative, il ne prend sens que dans un ensemble.

Avec le nazisme, de surcroît, on ne peut jamais faire l’économie d’un très savant décryptage. Le mensonge est un constituant de base de ses discours, comme de ses actions. Et il présente des degrés très divers de complexité. La sincérité même n’est pas exclue, et il convient de la repérer quand elle existe, la méconnaître étant, pour l’historien, tout aussi grave que de se laisser avoir par un mensonge.

L’histoire du nazisme se dégage très péniblement de son cocon positiviste depuis une vingtaine d’années.

Et le principal inconvénient du positivisme, c’est qu’une fois sa version construite en assemblant les documents disponibles à l’instant t, il devient très intolérant aux nouvelles pièces qui s’inscrivent mal dans son schéma.



Un internaute persuadé que Hitler a agi seul demande :

« Je suppose que le télégramme de Stohrer donne les mêmes informations que celui de Lequio. Quelqu’un peut-il me dire si je me trompe ? »

François Delpla

MessagePosté : Dim Juil 17, 2011 7:07 pm

C’eût été à toi

-  de te poser des questions de ce genre depuis deux mois, au lieu d’écarter ce document d’un revers de main ;

-  de tirer des leçons de l’absence de réponse, et du fait que ce document essentiel sur les rapports anglo-allemands nous soit arrivé de Rome par une édition de documents italiens, soit routinière, soit, si l’auteur de la sélection avait compris la portée de cette révélation, courageuse.

Il est possible que le télégramme de Stohrer soit accessible aux archives diplomatiques de Berlin. Dans ce cas, on peut incriminer, et fort sévèrement, la commission anglo-américano-française qui a trié pour publication les archives saisies de la Wilhelmstrasse dans les années 50. Elle a pourtant laissé passer la lettre de Haushofer à Hamilton du 23 septembre, connue par cette publication ainsi que l’implication, dans son envoi, et de Hess, et de Hitler.

Il est possible aussi que ce télégramme, tellement explosif, ait été retiré des collections du ministère, conservé chez Hitler seul et détruit en temps utile.



Florilège

d’arguments d’un internaute (intelligent et bon connaisseur du nazisme) sur un forum. Où l’on voit clairement que la version "Hitler pas au courant" est censée se passer de preuves, contrairement à sa rivale :

je suis un des zélateurs d’un "Hess acteur unique" et je pense que qu’en on veut réecrire l’histoire on amène des éléments concrets et pas uniquement du "blabla".

donc, 3 personnes sont au courant de la manoeuvre, rudolph, adolf et francois. Je ne vois qu’une solution a ca, c’est adolf qui conduisait l’avion et qui a parachuté son copain en ecosse.

a part vouloir faire cadrer les faits avec votre obsession, qu’avez vous comme témoignage ou comme documents ?

pourquoi faire ca dans le plus grand secret avec hess alors que depuis des mois goering s’occupait de la diplomatie parallèle.

le telegramme lequio n’est pas une preuve del’entente adolf/rudolf, trouvez autre chose.

négocier une paix entre 2 belligérants en 1 mois a l’aide d’un parachutiste amateur qui de plus n’est pas diplomate, vous y croyez vous ?

"mais il ressent l’urgence d’arriver à un résultat avant Barbarossa." c’est votre phrase, j’ai cru comprendre que c’etait pour une négociation de paix avant l’ouverture de ce nouveau front. maintenant si hess est allé cueillir des fraises en écosse c’est autre chose.

démontrer ce qu’il y a dans le cerveau des gens, je ne vois que vous delpla pour faire ca. [commentaire de l’impétrant : le compliment est un peu exagéré]

le point faible ca reste selon moi les 6 semaines necessaires a un changement de gouvernement et a une négociation de paix.

au recu de ce télégramme, adolf convoque son copain rudolf et lui dit : "Mon cher rudolf, je vais te confier une tâche un peu difficile, tu vas prendre un avion au fond de l’allemagne, tu vas voler vers l’écosse pour arriver a la tombée du jour, tu vas franchir gaillardement les défenses aériennes, tu te parachute de nuit noire au dessus du chateau de notre ami, si tu arrive en bas intact et que personne ne te descende en cours de route, tu t’arrange pour renverser le gouvernement et me signer vite fait une paix avec nos amis. Tu vois, c’est extremement simple et grouille toi parce que dans 6 semaines, je lache mes panzers sur staline." même les scénaristes d’hollywood trouveraient ca un peu compliqué.

je maintiens ma version du scenario sauf le coup du parachute qui est un incident de parcours. Qu’est ce qui n’a pas fonctionné alors apres l’atterissage dans ce magnifique plan ? arrétez de me bassiner et de faire une fixation avec votre télégramme, ce n’est pas lui qui a piloté l’avion. S’il y a collusion entre les 2 seuls tenant de ce plan, ou est l’os dans le paté qui fait que tout a merdé apres l’atterrissage ?

vous ne démontrez toujours pas la collusion adolf/rudolf.

ma 1ere question : apres la mort de hitler hess a eu 40 ans de reflexion pour livrer une autre version de sa ballade, pourquoi n’en a t’il pas profité pour réecrire l’histoire a son avantage et redresser son image.

ma 2eme question : pourquoi apres l’atterisage de hess, les affaires ne se sont pas déroulées comme prévu ?

personnellement delpla, je ne crois pas que vous vous trompiez sur tout, je souhaite juste que vous ameniez une preuve quelconque a votre démonstration. Pour moi, des discussions de diplomates qui vont dans le sens de votre hypothèse ne sont pas une preuve de la collusion pour ce vol.

D’autre part, vous me dite qu’a l’atterissage ca a foiré parce que hess a rencontré les mauvaises personnes, admettez qu’il aurait aussi bien pu rencontrer un spitfire, un arbre, une balle etc ... N’aurait-il pas été moins aventureux de débarquer hess par sous-marin pour assurer le coup ?

Semer le doute, est ce suffisant ?

Les arguments aident a créer des théories fumeuses, il manque juste "la preuve".

A propos de votre résumé de l’étape, je vois plus votre compilation de suppositions comme un scenario hollywoodien qui avec un bon casting et sur un malentendu peu faire des entrées. Pour les dialogues, je vous fait confiance, votre imagination est fertile.



le 14 mai 2012



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