François DELPLA

Livre d'or

Par The_Lovermind

Je suis un modeste passionné d’histoire et notamment celle qui touche à l’un des conflits les plus sanglants qu’aura connu notre vie [Suite...]

Livre d'or

 
Rss Florilège des critiques avec quelques remarques
On ne manque pas d'ouvrages sur
l'ensemble de ces douze années qui
virent basculer l'histoire du monde.
On l'a scruté sur toutes les coutures,
analysé dans tous ses aspects,
fussent-ils les plus inattendus.
Encore faut-il compter avec une
échelle distordue à l'extrême, qui
réserve l'essentiel du propos à
l'acmé du drame : le deuxième
conflit mondial. Peu se sont risqués,
tout bonnement, à le raconter, de
l'accession d'Hitler au pouvoir à
l'effondrement apocalyptique sur
quoi il s'achève. Une histoire du
lll'™ Reich de l'historien François
Delpla, le seul spécialiste français
qui ait osé une biographie d'Adolf
Hitler, comble en ce sens une
lacune. D'une approche clairement
chronologique - c'est le nerf de
l'Histoire -, ce gros livre très informé
s'ancre dans les derniers jours de
janvier 1933, où le vieil Hindenburg
abandonne la chancellerie au Führer
du parti nazi, en croyant bien qu'il
s'y casserait les dents. Faute de
quoi il s'incruste, définit très vite des
objectifs politiques qui, tous,
s'orientent vers un but unique : la
réorientation complète de l'histoire
humaine sous la conduite d'une
«race aryenne» seule habilitée a dire
le droit et à vivre Le programme
puise à des sources multiples, et
s'incarne dans le désir obsédant de
rendre à l'Allemagne son statut de
grande puissance, puis de puissance
hégémonique. Il bénéficie de la
veulerie des États européens, et
seule la guerre, qu'on mitonne
depuis longtemps, dessille les
aveugles. Longtemps, Churchill sera
seul face à l'hydre. On sait la suite.
Quelque cinquante millions de morts
plus tard, il reste un monde à refaire,
mais autrement. Une synthèse
pensée, solidement construite,
menée de main d'ouvrier, passionnante
(Pierre Aubé, Les Affiches de Normandie, 7 janvier 2015 ).

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Le rôle d'adolf Hitler apparaît absolument central. Parti de rien, ce peintre amateur (...) a réussi à mettre dans sa poche et à écraser sous sa botte des millions d'Européens. (...) Avec l'auteur, sans doute faut-il croire que "Les Allemands ordinaires, dans leur majorité, s’étaient laissés prendre à la mise en scène hitlérienne, d’autant plus efficace
qu’elle tirait parti d’une forme de sincérité et même d’ingénuité
."


Pierre Compagnon, Voix du Jura et La Croix du Nord, 15 janvier 2015 et, oralement, RCF radio.


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Sur Hérodote.net


Érudit et riche de références de première main, son Histoire du IIIe Reich s'adresse donc en premier lieu aux amateurs éclairés et aux bons connaisseurs de cette Histoire.

François Delpla montre les racines de l'antisémitisme et de l'« eugénisme racial » dans l'Allemagne d'après la Première Guerre mondiale.

Dans les mémoires d'Otto Wagener, l'un des premiers conseillers de Hitler, il note que celui-ci avait découvert dès 1930 que ses SS venaient plutôt des régions catholiques, imprégnées d'un fort respect de la hiérarchie, et ses SA des régions protestantes, plus favorables au libre-arbitre... « La surreprésentation des Autrichiens parmi les bourreaux nazis trouve là une de ses explications les plus convaincantes » (page 40).

De façon convaincante, l'auteur montre comment Hitler, sitôt après son accession à la Chancellerie, en 1933, a su tromper le monde en menant une politique d'apaisement, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur (concordat avec le Saint-Siège, traité d'amitié avec la Pologne).

Se montrant rassurant, il a pu sans trop de difficultés consolider son pouvoir (suppression des partis autres que le parti nazi) et, enfin, en 1935, montrer ses crocs (rétablissement du service militaire obligatoire, lois antisémites)...


(André Larané)


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Sur Mediapart
7/11/2014


François Delpla creuse le sujet de la folie de Hitler ; il la met en regard de nos conceptions de l’action politique nazie. Il démontre que le succès politique de Hitler n’est pas dû à une inéluctabilité historique, sociale ou économique, à laquelle seule la folie de Hitler pouvait répondre, mais démontre qu’il est dû à sa grande dextérité en matière de politique intérieure allemande puis des politiques intérieures européennes. Delpla met à mal l’idée que Hitler était un fou dilettante alors qu’il démontre
qu’il travaillait d’arrache-pied, personnellement, sans rien laisser au hasard, en mobilisant tout l’appareil du parti, puis de l’État, pour être à la hauteur de ses prétentions.

L’auteur règle aussi son compte à l’idée que le nazisme, sous la férule de Hitler, était une équipe pagailleuse qui échappait aux mains de son chef.

Ainsi, il n’y avait pas d’inéluctabilité à ce que le nazisme s’impose ; la victoire politique nazie est pardessus tout, le fruit de l’expérience, des connaissances et de la pratique, aussi bien tactique que stratégique, de Hitler, en matière de politique intérieure allemande.

Cela n’empêche pas que le moteur de la folie du politicien nazi fonctionnait concomitamment à son habile et fine pratique politicienne (au regard de ses objectifs) pour prendre le pouvoir en janvier 33, jusqu’à la décision du déclenchement de la guerre à l’Est dont Delpla avance la chronologie avec force et argument.

(Jacques Eutrope)

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Les Clionautes

(Bruno Modica... himself !)



Dans une bibliographie particulièrement abondante sur l’histoire du troisième Reich, sur Hitler, sur le régime national-socialiste, cette publication de François Delpla répond parfaitement à la commande.
En 500 pages le lecteur peut trouver le récit de la construction du régime national-socialiste, une étude nourrie de très nombreuses sources allemandes sur la personnalité même de Hitler et une analyse de la politique conduite par l’Allemagne nazie, à la fois sur le plan intérieur, avec la politique raciale, et la politique étrangère.
Cet ouvrage peut servir de référence aux professeurs d’histoire et de géographie du second degré qui doivent traiter des totalitarismes, mais également aux élèves qui présentent le concours d’admission à l’institut d’études politiques de Paris, sur la base du programme de première des lycées. C’est également une excellente approche pour les concours des écoles militaires, notamment l’école militaire interarmes, dont le programme pour la filière lettres traite des relations internationales en Europe jusqu’en 1989.
La démarche suivie par l’auteur au niveau de la construction de l’ouvrage est très classique. De la prise de pouvoir en 1933, dont les ressorts sont soigneusement détaillés, à l’effondrement, qu’il traite dans le chapitre final, la liquidation. L’avantage de cette démarche, grâce à une table des matières, un appareil cartographique, et un index très bien conçu, et que le lecteur peut très vite trouver quelques pages sur les points qui l’intéressent tout particulièrement.

Si l’ouvrage peut être présenté comme un récit, on apprécie tout particulièrement ce qui fait la marque de fabrique de cet auteur, notamment dans le chapitre sur l’installation du totalitarisme, à savoir l’interaction entre les facteurs psychologiques personnels et l’action politique. Ce qui est particulièrement intéressant c’est de voir comment, et il est difficile de l’envisager autrement dans un régime totalitaire, le dictateur joue des individus, de leurs ambitions, mais aussi de leurs faiblesses. La période de mars à juillet 1933 est particulièrement bien montrée, avec une analyse précise des mesures contre la culture, contre le fédéralisme de la république de Weimar, la mise au pas du parlement et les premières mesures antisémites. Paradoxalement, dans un premier temps, on apprend que dans certaines régions les violences des sections d’assaut contre les communautés juives sont réprimées par la police du Reich. Mais en réalité le région de Breslau dans laquelle des incidents violents ont lieu et où l’un des tout premiers camps de concentration est ouvert, avant de fermer un an plus tard en août 1934, est un laboratoire des mesures antisémites étendues ensuite à l’ensemble du Reich.
(...)

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Le Cliophage


« Une synthèse exhaustive » nous dit l’éditeur, Perrin. Exhaustive, peut-être pas. Mais unique et essentielle, assurément, invitant à redécouvrir les rouages de la machine nazie, de sa singularité, de son imprégnation de la société allemande des années noires et de son degré de contrôle par Adolf Hitler.

De ce fait, c’est toute l’histoire du grand drame du XXe siècle qui est revisité à la lumière de sources nombreuses, parfois inédites, souvent négligées, selon un schéma d’interprétation, un « ciment » historique propre : la mise en scène par Hitler pendant une longue décennie d’un plan parfaitement arrêté et cohérent déjà présenté pour qui sait le voir dans les pages de Mein Kampf, authentique programme politique où l’on ne voit encore souvent qu’un pamphlet de jeunesse hystérique et délirant.
(...)
La simple lecture de la bibliographie de l’auteur rappellerait à ceux qui pourraient en douter l’extrême richesse de son apport depuis plus de deux décennies, et ce bien au-delà des éventuels tâtonnements de recherches constamment soumises au débat : Qui a tué Mandel ? Churchill et Hitler; Churchill et les Français; La face cachée de 1940 ou encore sa biographie d’Hitler récemment rééditée. Ces ouvrages n’ont pas toujours eu l’écho que leur importance méritait, peut-être parce l’homme, sa personnalité et son parcours – Un normalien venu à l’histoire sur le tard et aujourd’hui Docteur HDR – sont atypiques; peut-être pour des questions d’écume, d’air du temps, de difficulté à appréhender ou seulement à envisager la complexité d’une époque au delà des prismes rassurants et conformes à nos présupposés…


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Dans la presse catalane


François Delpla és l’únic biògraf francès de Hitler. Per cert, quan es publicarà una bona biografia de Hitler en la nostra llengua? Les obres d’aquest especialista de la segona guerra mundial —en particular de l’any 1940— palesen un estil brillant i una curiositat intel·lectual constant. El seu últim estudi és un compendi de luxe sobre la història del Tercer Reich. Delpla analitza el caràcter de Hitler amb dos llums. El Führer era un home molt intel·ligent, un diplomàtic de categoria, però estava boig, posseït per un dimoni intern que el feia actuar sovint contra els propis interessos. Delpla ens informa de les darreres aportacions de la investigació històrica. (...)

Delpla demostra que pels nazis l’exercici del poder és per damunt de tot una pràctica, una política amb idees generals monstruoses. Hitler i els cabdills del Reich no havien llegit El mite del segle XX d’Alfred Rosenberg. Se’n mofaven obertament.


(François Delpla est le seul biographe français de Hitler. Les œuvres de ce spécialiste de la seconde guerre mondiale —et plus particulièrement de l'année 1940— témoignent d'un style brillant et d'une curiosité intellectuelle constante. Sa dernière étude est un Que sais-je? de luxe sur l'histoire du Troisième Reich. Delpla analyse le caractère de Hitler avec deux angles d'approche. Le Führer était un homme très intelligent, un diplomate hors pair, mais il était fou, possédé par un démon intérieur qui le faisait souvent agir contre ses propres intérêts. Delpla nous informe des dernières contributions de la recherche historique. (...)

Delpla démontre que pour les nazis l'exercice du pouvoir est avant tout une pratique, une politique avec des idées générales monstrueuses. Hitler et les dirigeants du Reich n'avaient pas lu Le mythe du XX siècle d'Alfred Rosenberg. Ils s'en moquaient ouvertement.)


(Joan-Daniel Bezsonoff)
(traduction de l'auteur)


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REMARQUES
(26 février 2015)

On peut vérifier tout au long du site que cet exercice est le premier du genre. Auparavant, il m'est arrivé de répondre ponctuellement à une critique (par exemple à propos du livre sur Mandel, masochistement démoli dans l'organe de la FNDIRP). Pour l'heure, la publication chez un éditeur tel que Perrin d'un livre qui est lui-même, à côté de nouveaux approfondissements, un florilège de mes travaux, est l'occasion de méditer, et d'appeler tout amateur d'histoire à méditer, sur leur réception.

Elle est faite majoritairement, encore et toujours, de silence (troué, c'est le cas de le dire, outre les articles ici rassemblés, par la parole que m'accorde à chaque publication, depuis Churchill et Hitler, le fidèle Franck Ferrand) . Pas plus que d'habitude, mais pas moins non plus. Cependant, les six extraits ci-dessus montrent un nombre inhabituel de connaisseurs, tous compétents en histoire sinon spécialistes de mon sujet, soulignant que mon dernier livre éclaire son objet d'une lumière en grande partie nouvelle.

Il s'agit moins que jamais de ma personne (n'en déplaise à ceux qui n'ont que cela à dire). Il s'agit du phénomène nazi, de sa place unique dans l'histoire et de la difficulté de l'humanité à comprendre ce qui lui est alors arrivé.

Une histoire vierge, ai-je coutume de dire. Je le ressens de plus en plus à chaque découverte, et ne prétends certes pas mettre fin à cet état avec ma frêle petite plume.



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Dans le Figaro-Histoire, sous la signature de Frédéric Valloire :

Cette synthèse surtout politique place cet historien parmi les grands connaisseurs du IIIe Reich, avec des idées fortes, simples, tranchantes. Selon lui, le IIIe Reich est « une exception radicale » née dans la détresse allemande de 1918-1919. Hitler, « délirant intelligent », investi d'une mission, celle de rendre sa place à l'Allemagne en la débarrassant des Juifs, en est le pivot. Les divisions internes du Reich deviennent alors secondaires. Un seul adversaire, Churchill, dès 1935.

Je propose de donner à ce journaliste, qui officie surtout à Valeurs actuelles, la palme d'or du résumé.


Quant à celle de l'interview, Raymond Serini me paraît un concurrent sérieux :

12-17.pdf

(mis en ligne le 16 avril 2015)
 
 
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Ecrit par: François Delpla, Le: 16/04/15