François DELPLA

Livre d'or

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Nul, ce site d'un personnage empli d'un égo démesuré !!!

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Rss Origines et prise du pouvoir

L'étranger responsable du nazisme... dans une large mesure



C’est d’ailleurs par la politique extérieure qu’il convient de commencer, pour rappeler que les grandes puissances n’étaient nullement tenues de supporter sans réagir que l’une d’entre elles fût dirigée par un fou raciste, pourfendeur à la fois de la démocratie et des traités qui avaient conclu, quatorze ans plus tôt, un affrontement mondial. En d’autres termes, la prise du pouvoir avait à être ratifiée par l’approbation, au moins tacite, des principaux gouvernements de la planète, et Hitler en était plus que tout autre conscient.






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Premiers pas d'une politique extérieure d'apparence pacifique : une remarque lumineuse de Gerhard Weinberg


Comme l’a remarqué un spécialiste de la politique extérieure nazie, la diplomatie allemande, dans les années précédant la venue au pouvoir de Hitler, s’était querellée avec les pays voisins qui abritaient des minorités germaniques « en visant des gains immédiats mais limités », tandis que Hitler s’attache à « faire baisser les tensions pour l’heure et le futur immédiat » en vue de « préparer le terrain pour une tentative ultérieure de vastes conquêtes » .


Cf. Weinberg (Gerhard), The Foreign Policy of Hitler's Germany: Diplomatic Revolution in Europe, 1933–36, Chicago, University of Chicago Press, 1970, p. 86.

(Un ouvrage dont la traduction française avec un demi-siècle de retard vaudrait mieux que son éternelle absence ! Ainsi que celle du suivant, sur la marche à la guerre : The Foreign Policy of Hitler's Germany: Starting World War II, 1937-1939, Chicago, University of Chicago Press, 1980).


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Westerplatte ou le fantasme d'une guerre préventive contre le nazisme




Il reste à dissiper un fantasme qui a été pris au sérieux par quelques historiens, notamment en Pologne : celui d’une « guerre préventive » que le maréchal Pilsudski aurait proposé en vain à la France d’entreprendre avec lui. Si on néglige les témoignages indirects et postérieurs, le seul fait tangible est de proportions plus modestes. On l’appelle l’incident de la Westerplatte. Il y avait sur la presqu’île ainsi nommée, à l’entrée du port de Dantzig, une petite garnison polonaise, avec l’accord de la SDN qui gérait la « ville libre » depuis le traité de Versailles* . Le 3 mars, craignant sans doute qu’une victoire nazie aux élections du surlendemain ne suscite, à Dantzig, une effervescence dangereuse pour ses ressortissants, la Pologne annonça un renforcement, bien modique, de ses effectifs : la garnison passait de 88 hommes à 200. La SDN protesta contre cette mesure, mise en application le 6, on en débattit à Genève et sous la pression de toutes les grandes puissances alors membres de la Société (c’est-à-dire toutes sauf les Etats-Unis et l’URSS), la Pologne accepta, le 16, de retirer son renfort** . En somme, chacun avait manifesté sa résolution et on était resté très en-deçà, dans quelque capitale que ce fût, d’une velléité de « guerre préventive ».


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* C’est la solution bâtarde qu’avaient trouvée les congressistes pour donner au nouvel Etat polonais un accès à la mer : un corridor, prélevé sur le territoire de la Prusse et intégré au territoire polonais, menait à Gdynia, un village de pêcheurs de la banlieue est de Dantzig où la Pologne construisit un port qui devint rapidement le pôle principal de son commerce extérieur.
** cf. Weinberg (Gerhard), op. cit., p. 59-60.



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Ecrit par: François Delpla, Le: 06/10/14


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joeychen
  135 Le: 17/10/16 à 09h23
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  9 Le: 16/10/14 à 20h05
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C'est un passage que vous citez vous même sur votre blog !
Cdlt
JE

 
 
  8 Le: 16/10/14 à 19h46
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Vous commencez à citer le livre lui-même, dont je vous ai envoyé une version électronique !

Oui, bien sûr, tout indique que Hitler s'intéresse beaucoup à la vie politique des pays qui comptent. C'est un sujet encore bien peu défriché.
Dans Churchill et Hitler, j'ai mis en lumière (sur les traces de William Manchester, mais en enrichissant l'information notamment au moyen des archives du FO) la façon dont il avait réagi à l'article de Churchill sur lui-même, en 1935 :

Citation:
Si, de nos jours, certains le trouvent indulgent le portrait de Hitler par Churchill paru au début de novembre 1935 dans Strand Magazine , les archives montrent que tel n’avait pas été l’avis du modèle et qu’il s’était arrangé pour le faire savoir –un fait assez rare dans les archives diplomatiques pour un objet aussi mince. Bien plus, le chancelier avait protesté simultanément à Londres et à Berlin. A Londres c’est un conseiller d’ambassade, le baron Marschall, qui « sans élever une protestation officielle » transmet au Foreign Office un exemplaire de la revue où de nombreux passages de cet article, qualifiés par lui d’« un peu forts de café » (rather strong), sont soulignés en rouge. A Berlin des fonctionnaires de la Wilhelmstrasse rapportent à l'ambassadeur Phipps une réflexion de Hitler :

Citation:
Que deviendrait l’accord naval anglo-allemand si l’auteur de cet article venait à être ministre de la Marine ?


Ralph Wigram, qui était peut-être l’Anglais le plus proche de Churchill sur la question nazie, semble avoir cherché ici à le préserver de la vérité, puisque rien n’a trait à cet incident dans les papiers de ce dernier ni dans ses mémoires, et que le fonctionnaire inscrit ce commentaire sur la chemise dans laquelle figure cette information :

Citation:
Je ne sais exactement ce que cela signifie : mais si M. Churchill savait que Hitler a dit cela, il pourrait bien dire que ce n’est là qu’une nouvelle preuve de la nécessité d’être bien armés. Faute de quoi nous nous laisserions dicter par les Allemands la composition du gouvernement de ce pays.


Ainsi, le premier jugement connu de Hitler sur Churchill concerne le plus long texte jamais écrit par le journaliste sur le dictateur mais ses amis comme ses ennemis semblent, d’un commun accord, avoir négligé de lui en parler. Les premiers sans doute pour éviter de le mettre un peu plus en porte-à-faux avec le cabinet, et les seconds pour dissimuler l’alignement de ce même cabinet sur un diktat étranger et nazi de surcroît. Du reste, il est tout à fait possible que Hitler, prévoyant un remaniement gouvernemental à Londres après les élections du 14 novembre 1935, ait susurré intentionnellement cet interdit sur le nom de Churchill pour qu’il fût rapporté à Baldwin et le guidât dans la composition de son ministère. On peut même se demander si le chancelier allemand, prévoyant qu’en cas de guerre Churchill finirait par entrer au gouvernement, n’a pas ainsi guidé volontairement le choix, pour son poste, d’un ministère maritime, c’est-à-dire marginal par rapport à la guerre terrestre, et rapide, qu’il avait en tête. Nous reviendrons le moment venu sur cette question (cf. infra, p. OOO109) .
Dans la bouche de Hitler, Churchill commençait donc en 1935 à devenir le symbole d’une Angleterre ennemie, qu'il opposait aux partisans de l’appeasement tout en les accusant d’être de mèche avec lui et en leur demandant, pour preuve qu’il n’en était rien, toujours plus de concessions. A commencer par celle de ne pas inclure Churchill dans le cabinet. Cette réaction, trois ans après l’annulation du rendez-vous de 1932, peut comme elle être rapportée à la folie du chef allemand. Il a reçu une « mission », et son pays également. Une force maléfique s’y oppose, baptisée « le Juif » mais, au besoin, racialement disparate puisque, dès Mein Kampf, il s’agit aussi bien des marxistes, « sémites » ou non, et de toutes sortes d’autres gens. L’Angleterre est, nous allons en voir mille signes, l’épicentre du combat, la puissance qui doit autoriser l’envol de l’Allemagne, si son gouvernement est dominé par des Aryens avant tout attachés à la domination blanche sur le monde, ou s’y opposer une nouvelle fois de toutes ses forces, si elle se laisse dominer par les Juifs. L’accord naval anglo-allemand de juin 1935, qui rend pour la première fois Londres complice d’une rupture des chaînes de Versailles, dans un souverain mépris pour les autres vainqueurs de 1918, est une première et considérable victoire du Bien. Mais Churchill alors produit un long article défavorable à Hitler, pire, favorable pour peu qu’il s’assagisse ? Le fou sait alors de source sûre qui lui passera la camisole, si un jour on la lui passe.
En attendant, le médecin dont on méprise les ordonnances s’offre des vacances de six semaines en France et au Maroc, vouées à Marlborough et à la peinture, qui vont lui procurer le bénéfice annexe de n’être point mêlé à une controverse sur un sujet qu’il estime marginal : les sanctions de la SDN contre l’Italie en train d’agresser l’Ethiopie.

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  7 Le: 16/10/14 à 18h18
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Cher François,
Il est dommage qu'en partant de l'extérieur vous reveniez à des éléments endogènes à l'Allemagne.
Votre propos initial était prometteur :
"... L'étranger responsable du nazisme... dans une large mesure
C’est d’ailleurs par la politique extérieure qu’il convient de commencer, pour rappeler que les grandes puissances n’étaient nullement tenues de supporter sans réagir que l’une d’entre elles fût dirigée par un fou raciste, pourfendeur à la fois de la démocratie et des traités qui avaient conclu, quatorze ans plus tôt, un affrontement mondial. En d’autres termes, la prise du pouvoir avait à être ratifiée par l’approbation, au moins tacite, des principaux gouvernements de la planète, et Hitler en était plus que tout autre conscient.
..."

Peut-être pourriez-vous aller au bout de votre idée - AH était donc un virtuose en politique intérieure allemande selon vous mais nous pouvons donc en déduire qu’il était aussi un virtuose en politique intérieure de chacun des grands pays européens. Est-ce cela que vous vouliez dire ?
Jacques Eutrope
(Précédemment, je débutais avec les arcanes de votre site et je ne sais pas me corriger sur vos tablettes)

 
 
  6 Le: 16/10/14 à 16h28
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Oui et non, cher Jacques Eutrope (nb : je souhaite que les commentaires soient signés et Jacques a commencé à le faire un peu plus loin) : comme dans le sport, la force de l'un est relative à la faiblesse de l'autre et vice versa. On peut dire aussi que Hitler était très fort. Il a joué en virtuose, et de son isolement apparent au sein d'un cabinet conservateur, et de la peur du communisme avivée par la crise de 29 et une légère progression rouge dans les scrutins allemands de 1932.

FD

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  4 Le: 15/10/14 à 19h07
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"...
L'étranger responsable du nazisme... dans une large mesure
..."
Une excellente manière de faire de l'Histoire, en portant un jugement très sévère, mais en le verrouillant, grâce à une sortie par le haut des débats idéologiques « droite gauche » de la vie politique française, alors que les historiens sont souvent incapables de s’en extraire, cherchant, la plupart du temps, des raisons d’accabler celui qui n’est pas de leur camp et d’excuser celui qui a leur préférence. C’est la dominante du débat franco français qui inonde une grande partie de la littérature historique…française concernant le sujet.
Le point de vue de FD est revigorant.
Crument cela veut simplement dire que tout le personnel politique français et britannique était nul.
Il suffisait d’un claquement de doigt.