François DELPLA

Livre d'or

Par The_Lovermind

Je suis un modeste passionné d’histoire et notamment celle qui touche à l’un des conflits les plus sanglants qu’aura connu notre vie [Suite...]

Livre d'or

 
Rss Nicolas Bernard
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Actuellement avocat au barreau de Paris, Nicolas hante les forums d’histoire depuis son jeune âge étudiant et a été pour moi une belle rencontre.

Il s’est doté d’une solide culture historique, particulièrement sur le XXème siècle, qui l’a rendu capable d’écrire sur la Toile et dans des magazines des articles aussi remarqués que solides, ainsi que des recensions de livres nombreuses et pertinentes. Nous fûmes de temps en temps voisins de sommaires, et encore récemment dans le magazine hélas disparu après deux ans et demi de vaillants services à Clio Histoire(s) de la Dernière guerre.

Après avoir dit beaucoup de bien de mon travail, ou débattu sur un ton convenable de quelques désaccords, il est brusquement devenu très agressif en 2005, à propos de la mort de Himmler revisitée par Martin Allen. Il a certes flairé très tôt et mieux que moi l’usage de faux qui entachait le livre de l’historien extra-universitaire britannique, et dont une lente enquête a révélé trois ans plus tard qu’il était de pratique courante dans l’ensemble de sa production. J’ai moi-même très vite proposé, devant les doutes semés par l’investigation du journaliste Ben Fenton, de remplacer la version traditionnelle (une capsule de cyanure croquée sitôt que découverte) par la thèse d’un suicide assisté. La documentation faisait en effet apparaître la grande invraisemblance d’un tel objet gardé en bouche et non remarqué pendant environ huit heures. Il fallait donc qu’un Anglais quelconque ait fourni ou rendu le poison. De longs extraits de ce débat aussi fructueux qu’interminable peuvent être lus sur ce site. Un autre désaccord propice à une montée du ton (de sa seule part, comme toujours) a porté sur l’interprétation du procès verbal de la conférence de Wannsee. Nicolas faisait à mon avis la part trop belle aux interrogatoires très postérieurs d’Eichmann pour combler une lacune de son texte.

Il s’ensuivit quelques années de mise en cause générale et à peu près systématique de mon travail, tout uniment entaché de légèreté, mon explication diplomatique du Haltbefehl devant Dunkerque et ma défense du couple Aubrac surnageant parfois toutes seules comme deux îlots après un cataclysme. Sur le site Livres de guerre il m’apparut, en 2007, trop crédule devant l’étrange thèse d’un Hitler poussé par ses généraux à envahir l’URSS, surgie en Allemagne à la fin du siècle dernier à partir d’évanescentes archives soviétiques. Il finit par reconnaître très loyalement qu’il avait été abusé par un faux.

Le ton est redevenu normal depuis quelque temps. Nous avons même retrouvé une certaine connivence en 2012 dans la défense du livre d’Eric Kerjean sur la fausse résistance de Canaris, objet d’attaques particulièrement primaires.

A signaler encore, un débat sur le traitement des Juifs européens par les nazis en cas de chute de Churchill et de paix générale en mai ou juin 1940. S’il s’était déroulé en pleine période de tension, il ne m’en avait pas moins fait progresser, avec l’aide également d’Edouard Husson, vers une meilleure appréhension du projet "Madagascar".

En conclusion provisoire, je souhaite que ces épisodes aient mis Nicolas en garde contre un mélange des genres peut-être induit par son activité principale. Il donne parfois dans une histoire militante et moraliste, qui induit chez lui une attention insuffisante envers les méthodes obliques qu’avaient utilisées, en situation de guerre, les antinazis.

(mis en ligne le 10 décembre 2012)

ajout du 2 octobre 2014

Nicolas a publié il y a un an chez Tallandier un livre remarquable intitulé La guerre germano-soviétique.

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Ecrit par: François Delpla, Le: 03/10/14