François DELPLA

 
Rss Editorial de rentrée
Editorial de rentrée


L'inauguration de ce site encore en rodage (si vous êtes affamé, n'oubliez pas de cliquer, en haut à gauche de cette page, sur l'"ancien site" qui sera transféré peu à peu), dont le graphisme et la navigation sont l'oeuvre de Frédéric Bonnus, coïncide avec la mise en fabrication de mon livre sur le Troisième Reich, qui sera envoyé en service de presse le 12 octobre et envahira les librairies à partir du 6 novembre.
Son calibre (500 pages) est rare dans le monde, et unique en France. Les précédentes synthèses couvrent deux ou trois forts volumes.
Son plan aussi est nouveau : j'étudie tous les aspects de front, dans une démarche aussi chronologique que possible. On voit se déployer le projet nazi sur l'Allemagne puis l'Europe, dans tous les domaines, comme les tentacules d'une pieuvre et loin du découpage habituel en tranches : une pour le Führer et son entourage, une pour la Gestapo, une pour la propagande, une pour l'armée etc.
L'acheteur va donc, pour un prix raisonnable, tout savoir sur Hitler, son idéologie, son régime et ses entreprises, dans une présentation qui ne requiert pas de grandes connaissances préalables. La narration est privilégiée au détriment des débats théoriques. Ceux-ci se détournent, depuis quelques années, d'une vision qui avait tendance à multiplier les centres de décision et à sous-estimer la place du Führer. J'insiste sur le caractère très personnel de ses idées en général et de son antisémitisme en particulier : il croit réellement les Juifs à l'oeuvre dans tous les maux qui accablent l'humanité, y compris les maladies; là où d'autres se trompent en leur prêtant collectivement tel ou tel comportement, lui est dans l'hallucination complète, dans une certitude véritablement folle... que son sens politique et son talent de manipulateur lui permettent de convertir en une entreprise de destruction sans précédent. Il a failli, dans l'été de 1940, remporter un succès durable et l'ouvrage met en exergue, pour expliquer sa chute, le rôle personnel de Winston Churchill : il n'était pas loin d'être le seul au monde à croire, lors de la défaite de la France, qu'on pouvait encore vaincre Hitler par les armes.

L'ouvrage s'achève par une réflexion sur le paradoxe d'un régime qui a duré douze ans et débouché sur un échec absolu mais qui reste omniprésent dans l'actualité politique mondiale, soixante-dix ans après sa disparition, quand les dirigeants et autres militants se traitent de munichois, de fascistes ou de totalitaires, quand le conquérant d'un petit pays voisin fait l'objet de caricatures constellées de croix gammées ou quand la situation économique favorise un peu partout des crispations racistes aux lendemains incertains. Comme chez les individus, la résurgence du passé vient de ce qu'il a été mal analysé. Ce livre entend contribuer à une guérison, tout en diagnostiquant qu'elle demandera encore beaucoup de temps. Elle passe par une franche reconnaissance du fait que les chrétiens et les athées, les ouvriers et les patrons, les capitalistes et les marxistes, les humanistes et les sionistes, ont rivalisé de naïveté et de raisonnements rassurants à bon compte, pour la plupart jusqu'en 1941.

Pour m'en tenir au nombre requis de signes, j'ai dû élaguer un certain nombre d'analyses, qui seront publiées ici dans les semaines à venir, à la manière des "bonus" de DVD .


Montigny, le 25 septembre 2014


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Ecrit par: François Delpla, Le: 14/01/15