François DELPLA

Livre d'or

Par Thierry Kron

Lisant vos commentaires sur la RdL et n'y comptant plus y avoir l'envie d'y commenter,
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Thierry Kr [Suite...]

Livre d'or

 
Rss Tsipras dans les pas de Léonidas
Tsipras dans les pas de Léonidas


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Ayant bien peur qu'en Grèce même, marché unique et mondialisation oblige, Léonidas évoque surtout du chocolat, je rappelle qu'il s'agit d'un héros spartiate qui se sacrifia à la tête de 300 soldats en barrant le défilé des Thermopyles pour retarder l'armée de l'envahisseur perse Xerxès, finalement boutée dehors après une longue lutte.

"La lettre tue, l'esprit vivifie". Plus que jamais, les doubles racines grecques et chrétiennes de la vieille Europe sont à nu dans la présente crise ! Juncker, Lagarde, Merkel, Hollande et consorts (ou plutôt hélas ceux qui méritent "qu'on les sorte" et ne font pour l'instant que le mériter) ne sont pas avares de mesquinerie dans l'interprétation des textes et l'exigence de leur application littérale, en se refusant à toute mise en perspective (sinon au dernier moment, pour se donner le beau rôle et de façon purement rhétorique).

On a reproché à un éditorialiste, discourant sur l'organisation d'un référendum par Tsipras, le titre suivant : "La déclaration d’indépendance de la Grèce".

Tsipras n'a pas à proprement parler proclamé l'indépendance de la Grèce ? Mille fois d'accord. Sauf qu'il a salement parlé ! Son référendum, c'est les Thermopyles ! L'hydre de Bruxelles a 7 têtes qui repoussent au fur et à mesure qu'on les coupe. Tous les gouvernants qui valsent au pied de l'Acropole depuis 2010, de droite à gauche, en ont fait l'expérience et notamment le centriste Papandréou : en 2011 il accepte des propositions qui ruinent un peu plus le niveau de vie des masses puis entend les leur soumettre par référendum. Viré sur l'heure par la troika comme un valet ! Tu as dit oui, cela engage tes électeurs, tu es un odieux parjure en leur permettant tout d'un coup de dire non ! En France régnait Sarkozy mais l'insurrection de son rival Hollande, camarade de Papandréou, n'est pas dans toutes les mémoires, et pour cause !

Je ne sais si Tsipras a ingénieusement calculé le moment de dégoupiller sa grenade ou s'il l'a fait parce qu'on venait de lui retirer tout autre moyen de faire respecter son pays, mais en tout cas, si ce n'est pas une manifestation, donc une déclaration, d'indépendance, qu'est-ce donc ?

Les mêmes causes produisant, comme disait Aristote, les mêmes effets, l'Union antidémocratique européenne dispose encore de 72 heures pour indisposer les partisans du non et leur faire vomir leur vote devant la crainte d'un abîme. Elle n'est pas avare de théologiens et de peintres en icônes orthodoxes capables de camper un enfer aux couleurs insoutenables.



Un seul espoir : sa politique a déjà fait descendre sur les rivages ensoleillés de l'Egée un tel enfer que la menace pourrait avoir perdu de de son pouvoir.



Cela dit, il n'est pas normal que les démocrates de tout un continent retiennent leur souffle et suspendent tous leurs espoirs au sursaut d'une poignée des plus malheureux d'entre eux. Il va bien falloir qu'ils se mettent en mouvement, et il est déjà bien tard.


Montigny, le 3 juillet 2015
 
 
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Ecrit par: François Delpla, Le: 03/07/15