François DELPLA

Livre d'or

Par Michel

Bonjour François,
Un site agréable, bien clair, qui ne demande qu'à s'étoffer pour le plaisir et la connaissance des membres.
Tous mes encouragement [Suite...]

Livre d'or

 
Rss Lettres d'information 2019
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Lettre d'information n° 128 du site de l'historien du nazisme François Delpla

POUR UN DIGNE ANNIVERSAIRE DE 1939


Chers abonnés,


Les conférences-signatures annoncées ont donné lieu à des mises en ligne :

http://www.ekouter.net/hitler-et-petain-avec-francois-delpla-a-la-nouvelle-action-royaliste-4151

https://www.youtube.com/watch?v=ObZzd1Jw-dE


Par ailleurs, votre site favori d'historien du XXème siècle s'est enrichi d'un nouvel article sur la Shoah de Marc-André Charguéraud http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-146+1938-novembre-nuit-de-cristal-les-democra.php . Il porte sur les répercussions internationales de la nuit de Cristal et je l'ai agrémenté de quelques remarques sur le jeu nazi.

Voilà qui m'amène à mon sujet principal, la préparation de la guerre par Hitler et l'anniversaire qui tombe au milieu de ce mois.

De l’avis général, en effet, l’entrée de Hitler à Prague après son entrevue mélodramatique avec le président Hacha, le 15 mars 1939, déclenche le compte à rebours de la Seconde Guerre mondiale : après un délai de réflexion de 48h le député de Birmingham, par ailleurs premier ministre, Neville Chamberlain, annonce en sa bonne ville que cette violation flagrante des accords de Munich, et du traité bilatéral anglo-allemand qui les avait accompagnés, ne restera pas impunie. Le châtiment consiste en une déclaration de guerre du Royaume au Reich... à la prochaine incartade. Celle-ci menaçant de plus en plus clairement de se produire en Pologne, Londres garantit solennellement la sécurité de ce pays le 31 mars suivant. Dès lors, Hitler sait comment il peut déclencher une conflagration européenne, en choisissant son moment.

Le 23 mai, il annonce à ses généraux que ce sera le 1er septembre, QUOI QU’IL ARRIVE, ajoutant :
« Je crains seulement qu’au dernier moment il y ait un cochon qui me propose quelque plan d’arbitrage » (document Nuremberg PS-798).

Il s’étend cependant longuement, ce jour-là et en d’autres occasions, sur l’improbabilité d’une intervention de la France ou de l’Angleterre pour secourir la Pologne. Il convient d’autre part de remarquer que pendant toute cette crise polonaise, en public comme en privé, il affecte d’avoir pour but la récupération de Dantzig et de son “corridor”, et non la conquête de la Pologne entière, en prélude à celle d’un immense “espace vital” aux dépens des Slaves.

Les publications des précédents anniversaires, lors des années en “9”, sont loin d’avoir clarifié ce point, prenant trop souvent les déclarations du Führer au premier degré. En 2009 encore, un livre de Richard Overy (Countdown to War, Londres, Penguin, 2009, tr. fr. 1939 : Demain, la guerre, Paris, Seuil, 2009) jugeait que Hitler, en attaquant le 1er septembre, espérait que Paris comme Londres passeraient l’éponge. C’est lui attribuer bien peu d’intelligence politique et de culture diplomatique. C’est aussi méconnaître Mein Kampf, ou penser que ce programme de politique, entre autres, extérieure, publié en 1926, n’a rien à voir avec ce qu’il fait, quelques années plus tard, à la tête du gouvernement. Il disait vouloir régler le compte de la France pour “assurer les arrières” de la conquête de l’espace vital, l’acceptation de ces faits par l’Angleterre étant obtenue au nom d’une solidarité “aryenne” dans la domination des peuples “inférieurs”.

Or c’est exactement ce qui se passe, et seule l’arrivée au pouvoir, in extremis, de Churchill ébranle cette belle construction.

Outre l’ouvrage d’Overy, qui prolongeait l’idée reçue que Hitler avait été surpris, déçu et désorienté par la déclaration de guerre anglo-française, l’anniversaire de 2009-2010 avait été dominé par la thèse d’une surprise, en mai-juin 1940, ... de l’Allemagne elle-même, devant sa victoire contre la France ! C’était là l’effet, en particulier, d’une abondance de productions sur “l’étrange victoire allemande” dans les années 1990-2000, dont l’ouvrage le plus influent reste le Blitzkieg-Legende de Karl-Heinz Frieser (1995, traduit en français en 2003 et en anglais en 2005).

Que de brumes à dissiper ! Il faudra sans doute attendre 2029 pour finish the job. Mais avançons-le le plus possible !



PS.- Ce travail est loin de n’avoir qu’un intérêt rétrospectif. Le néo-nazisme et le négationnisme, qui ont le vent en poupe dans différentes parties du monde, se nourrissent de la lecture au premier degré des propos (et propositions) de Hitler, témoins la récente réédition par Vincent Reynouard d’une brochure nazie de 1940 sur son “pacifisme” https://www.jeune-nation.com/culture/ce-que-le-monde-na-pas-voulu-les-offres-de-paix-dhitler-entre-1933-et-1939.html , par ailleurs en ligne https://www.wintersonnenwende.com/scriptorium/deutsch/archiv/neindanke/wwnw00.html . Décrypter le jeu du dictateur nazi n’est pas seulement un plaisir, mais un devoir.
(L’auteur de la brochure, Friedrich Stieve -1884-1966-, est un cadre méconnu de la Wilhelmstrasse, responsable de sa section culturelle -sic !- pendant tout le Troisième Reich. Il avait été nommé en 1932. Cet écrit, et d’autres du même auteur, offrent un bel exemple d’intelligence satellisée par la folie hitlérienne.)
Ps 2.- Le site comporte un article sur les ruses diplomatiques nazies de 1933 à 1939 http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-132+les-ruses-nazies-d-avant-guerre-1933-1939.php .



PS 3.-Si le message s'affiche mal, retrouvez-le ici http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-144+lettres-d-information-2019.php




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Lettre d'information n° 127 du site de l'historien du nazisme François Delpla



Chers abonnés,

Vous étiez prévenus ! Permettez-moi , pour une fois , de me citer (lettre 126 du 9 novembre) :

"Un livre intitulé Hitler et Pétain se heurte à une méfiance, qui peut aller jusqu’ à un refus de lecture, de la part de maints spécialistes, appartenant à des courants très divers mais partageant le préjugé que la discipline historique a rompu définitivement, au XXème siècle, avec l’explication des décisions politiques par la volonté des dirigeants.

Par bonheur, la polémique en cours [sur la différence entre le Pétain de 1918 et celui de l'Occupation] met en lumière un contraste très pédagogique : la différence entre un dictateur allemand dont les lubies produisent des effets immenses (bien qu'ils ne soient pas toujours faciles à cerner), et son tardif émule français qui, si ses idées et ses talents ont souvent favorisé, ou parfois handicapé, sa carrière, a néanmoins joué, à chaque étape, des rôles attendus, qu’aucun mystère après coup ne nimbe."

Depuis le 29 novembre, date de sortie du livre (et malgré l'envoi de l'objet à la presse deux semaines plus tôt, ou de jeux d'épreuves plus tôt encore), l'écho généralement discret de mes ouvrages sur le nazisme depuis 1992 fait place à une ignorance universelle, en contraste avec sa "visibilité" sur les étalages les plus divers, le début encourageant des ventes et l'abondance du courrier "favorable à très favorable", comme disent les sondeurs. Cette anomalie suggère que les spécialistes de la presse et de l'université, devant un canard inattendu dans la couvée des cygneaux convenus, attendent que le voisin s'exprime le premier.

Pas de pessimisme donc, mais un appel à l'action. Après tout, l'extra-ordinaire mouvement des Gilets jaunes, traîné par maint observateur dans la boue de ses éléments les plus patibulaires, est accusé de mémoire courte historique. Faire progresser "sur les ronds-points" l'idée que ce Pétain, qu'on les accuse souvent d'imiter, n'avait à partir de 1940 plus rien de français puisqu'il prenait ses ordres à l'étranger, peut faire partie de cette "pédagogie" dont un gouvernement décontenancé cherche laborieusement la formule.

Vous aurez en particulier remarqué, dans ceux des remous de l'heure qui n'incitent pas à l'optimisme, le phénoménal succès commercial et médiatique du livre Destin français d'Eric Zemmour, dont la thèse centrale est que de Gaulle ne s'est pas mieux débrouillé avec l'impérialisme américain que Pétain avec l'allemand. Si je n'aborde pas de front, dans le mien, les différences entre les vues et les pratiques de Roosevelt et de Hitler envers la France, du moins, en mettant en lumière les menées destructrices, souvent subtiles, du dernier nommé, j'en suggère quelque idée !

Vous trouverez sur le site,

* outre un éditorial présentant les principales conclusions de Hitler et Pétain,

* le dernier article de Marc-André Charguéraud sur la persécution des Juifs polonais APRES l'occupation allemande http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-142+l-elimination-des-juifs-de-pologne-apres-la-g.php

qui peur servir 1) à faire reculer l'idée absurde qu'une "polonisation" aurait menacé la France sous la botte nazie;

2) à toucher du doigt l'ampleur de la déshumanisation que le nazisme, même vaincu, imprimait dans certains esprits, en vertu, si l'on peut dire, de son talent corrupteur,

* un extrait de débat sur Facebook http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&id=130 à propos de la décision hitlérienne d'attaquer l'URSS prise en juillet 1941, connue par le journal du général Halder dès 1947 mais contraire à la propagande churchillienne ET DONC ENCORE MECONNUE AUJOURD'HUI.

Le préjugé selon lequel le retournement allemand vers l'est date, à l'automne 1940, d'un "échec" de la "bataille d'Angleterre" fausse complètement l'analyse des rencontres de Montoire et d'Hendaye, pour la plus grande gloire de Pétain et de Franco censés avoir refusé leur concours militaire à Hitler... en vue d'opérations dans l'Atlantique ou la Méditerranée dont il faisait seulement miroiter la perspective à des fins de diversion.

* et, pour le fun, quelques nouvelles Perles contre l'histoire http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&id=2 , sévèrement triées dans une période entre toutes propice à une surproduction.


Action, donc ! Et pour commencer, merci de participer à une conférence sur Hitler et Pétain
Dimanche 13 janvier 2019 de 17:00 à 19:30
Librairie La Terrasse de Gutenberg
9 rue Emilio Castelar, 75012 Paris

ou de signaler cette manifestation à vos accointances fanciliennes.

En conclusion, ce n'est pas sur vous, chers abonnés du moins de longue date, qu'il faut compter pour croire que Hitler a été élu (bourde qui émaille encore la plus récente interview d'Alain Badiou https://the-dissident.eu/alain-badiou-lallegeance-macron-negative/?fbclid=IwAR0z1G0n_r32yE7Rn9zDvUd9i-7puTMVcrky72WvhSIC3M3qTj-yV7ExcYI ), que le premier statut des Juifs date du 3 octobre 1940 et résulte entièrement de rancunes françaises, que Robert Paxton mérite une confiance aveugle, que Hitler était rarement à l'origine des actions de ses subordonnés, ou que Pétain a mené une politique cohérente et efficace de sauvetage des Juifs français.

En revanche, votre intervention devient opportune pour chasser ces erreurs du plus possible de têtes en une époque qui offre avec les années trente quelques points communs, mais qu'en sépare une différence essentielle : il n'existe ni une puissance dans la situation de l'Allemagne, ni un fou talentueux pour en prendre le contrôle tout en mystifiant l'univers.



Joyeuses fêtes à tous



fdelpla


Si le message s’affiche mal, retrouvez-le ici http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&id=128 .
 
 
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Ecrit par: François Delpla, Le: 10/03/19