Derniers articles https://www.delpla.org Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Lettres d'information 2020 https://www.delpla.org/site/articles/articles-7-152+lettres-d-information-2020.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-7-152+lettres-d-information-2020.php Lettre d'information du site de François Delpla<br /> [url=http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-144+lettres-d-information-2019.php]<br /> Lettres antérieures [/url]<br /> <br /> <br /> ________________________<br /> Lettre d'information n° 130 du site de l'historien du nazisme François Delpla <br /> <br /> Montcornet et Facebook<br /> <br /> <br /> <br /> Un mot rapide dans l'urgence du graduel déconfinement pour vous signaler<br /> <br /> 1) que l'anniversaire de l'escarmouche symbolique de Montcornet sera commenté sur Cnews de 12 à 13h par votre serviteur;<br /> <br /> 2) qu'il est empêché de l'annoncer sur Facebook, tout son travail posté sur ce réseau depuis quelque 5 ans ayant été rendu invisible à titre de punition du fait qu'il causait du nazisme, sans réaction à ce jour aux protestations et demandes d'explication.<br /> <br /> PEUT-ÊTRE SERAIT-IL UTILE QUE CEUX DES DESTINATAIRES <br /> <br /> qui sont inscrits sur ce réseau fassent l'annonce de cette émission en signalant pourquoi je ne la fais pas moi-même : si beaucoup le font, cela pourrait aider à secouer la répressive torpeur. Je serai heureux de recevoir des nouvelles de ces annonces, et de leurs éventuelles répercussions, sur ma messagerie <a href="mailto:contact@delpla.org">contact@delpla.org</a> .<br /> <br /> <br /> En cette "année de Gaulle", le premier "temps fort" de la communication macronienne s'annonce assez mal, sur le site de l'Elysée :<br /> <br /> "Alors que les panzers de la Wehrmacht progressent sur le territoire français, mission lui est confiée de bloquer leur avancée vers Paris.<br /> Le 17 août 1940, au beau milieu de la nuit, ses troupes lancent une contre-attaque à Montcornet, commune située dans le département de l&#8217;Aisne.<br /> L&#8217;armée allemande subit dans un premier temps des pertes humaines et doit ralentir sa progression vers Paris. Mais la Wehrmacht contre-attaque, aidée par l&#8217;appui aérien de la Luftwaffe. Les Français font face à des difficultés techniques et à l&#8217;absence de moyens de communication. La 4ème division cuirassée n&#8217;a pas d&#8217;autre choix : elle doit se replier face à l&#8217;ennemi.<br /> <br /> Si la France ne sortira pas victorieuse de cette bataille, le moral des troupes en ressortira meilleur"<br /> <br /> <br /> <br /> L'emploi du futur après "si" n'est qu'une petite "tache nationale" à côté de cet "esprit de résistance" exalté en soi - ce qui est un comble sur un site républicain présidentiel ! Sans la moindre précision sur ce à quoi on résiste -en l'occurrence, le nazisme et l'extraordinaire talent de son chef brouilleur de pistes, à éliminer dès 1933 si on voulait avoir... la paix.<br /> <br /> Combien de précisions, de corrections et de nuances l'historien de service pourra apporter, l'avenir proche le dira !<br /> <br /> <br /> à tout de suite<br /> <br /> <br /> fd<br /> <br /> <br /> PS.- Quant au site <a href="http://www.delpla.org,">www.delpla.org,</a> un peu en friche ces derniers temps,<br /> <br /> * il a désormais un prolongement collectif (et non censurable en l'état actuel de la répression en Occident) : <a href="http://issn-hist.com/">http://issn-hist.com/</a> , où vos contributions sont accueillies à bras ouverts;<br /> <br /> * il va s'orner bientôt de nouvelles considérations sur le travail de Johann Chapoutot, dont le livre controversé "Libres d'obéir" occulte plus que jamais un aspect important du nazisme : le rôle de son fondateur et néanmoins conducteur ;<br /> <br /> * il va profiter incessamment du travail sur mon prochain livre, au sujet encore confidentiel... pour quelques semaines, un travail apportant notamment des lumières nouvelles sur le vol de Rudolf Hess, dans un sens opposé à la récente "biographie" publiée par Pierre Servent <a href="https://www.librest.com/livres/rudolf-hess--la-derniere-enigme-du-iiie-reich-pierre-servent_0-5866714_9782262072612.html">https://www.librest.com/livres/rudolf-hess--la-derniere-enigme-du-iiie-reich-pierre-servent_0-5866714_9782262072612.html</a> .<br /> <br /> <br /> <br /> Si le message s'affiche mal, retrouvez-le ici <a href="http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=152">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=152</a> . <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ________________________<br /> Lettre d'information n° 129 du site de l'historien du nazisme François Delpla <br /> <br /> Être Munichois aujourd'hui<br /> <br /> Chers abonnés,<br /> <br /> <br /> Être munichois, c'est ce qui m'arrive en ce dimanche et toute la semaine qui vient, pour les besoins de mon prochain livre, toujours sur les arcanes du gouvernement nazis et toujours pour y mieux cerner le rôle et le jeu du chef.<br /> Pour calmer votre légitime impatience, vous pouvez voir en replay quelques débats sur Cnews à l'occasion des récentes commémorations d'Auschwitz, les 23 et 27 janvier <a href="https://www.cnews.fr/emission/2020-01-23/le-carrefour-de-linfo-1ere-partie-du-23012020-920372">https://www.cnews.fr/emission/2020-01-23/le-carrefour-de-linfo-1ere-partie-du-23012020-920372</a><br /> <br /> ou bien lire mon intervention dans le prochain <a href="https://www.weyrich-edition.be/mook-1944-3#.Xj9NCYhCdaQ">"Mook" des éditions Weyrich</a> qui portera sur la chute du Reich.<br /> <br /> Mais munichois, avec une minuscule, c'est aussi un insulte répandue en notre confuse époque, qui se demande de plus en plus ce qu'elle a de commun avec les années trente du dernier siècle et a un besoin croissant des hisoriens pour départager les analogies et les différences.<br /> <br /> A nouveau Johann Chapoutot entend contribuer à cette salubre tâche. Un an après une pochade rapide et controversée sur Hitler, il nous donne, sur le management moderne et ses accointances avec le nazisme, un livre qui suscite de vives réactions. J'en profite pour donner une appréciation d'ensemble sur les quinze premières années de ses publications. On la trouvera en <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&amp;id=64">appendice de ma recension</a> sur la Loi du sang.<br /> <br /> L'histoire s'est invitée aussi au Parlement européen, avec une motion largement votée, le 19 septembre 2019 et bardée d'idéologie au pire sens du terme : l'usage intensif du mot "totalitarisme" débouche sur l'idée que la cause de la Seconde Guerre mondiale serait non pas les dents longues de l'Allemagne, non pas l'efficace comédie du loup longtemps travesti en grand-mère, mais le dernier avatar de ses ruses, le pacte germano-soviétique, sans la moindre mention des autres puissances. Ce texte ploiticien reçoit les leàons qu'il mérite dans le nouvel édito.<br /> <br /> Les perles aussi s'accumulent <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php.">http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php.</a><br /> <br /> Bonnes lectures !<br /> <br /> <br /> Marines le 9 février 20120<br /> <br /> <br /> <br /> Si le message s'affiche mal, retrouvez-le ici <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=152">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=152</a> . Sun, 17 May 2020 02:26:01 +0200 Des perles contre l’histoire https://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-9-2+des-perles-contre-l-histoire.php <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="color:red;"><span style="font-size: 15px;">Rubrique ouverte à tous les vents de l&#8217;exagération pieuse, à tous les piments qui corsent les hagiographies et à tous les exorcismes des imprécateurs</span><br /> </span></span></strong><br /> <br /> <br /> <a href="http://www.delpla.org/forum/viewforum.php?f=16&amp;sid=2c76eb60d50efa2af3f24e69bb008e9d">pour débattre</a> des sujets ici abordés<br /> <br /> <a href="http://www.delpla.org/article.php3?id_article=446">perles plus anciennes</a><br /> <br /> <br /> =============================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> Perle secrétée par une épidémie fatale au tourisme</strong></span></span><br /> <br /> Sur BFM-TV, 12h 35 :<br /> <br /> "L'hôtelier a fait une croix sur les vacances de Pâques"<br /> <br /> (mis en ligne le 8 avril 2020)<br /> <br /> ===============================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Un record de critique-boomerang </strong></span></span><br /> <br /> De Maurice Szafran dans<a href="https://www.challenges.fr/politique/les-troubles-ressorts-de-la-haine-anti-macron_694518?fbclid=IwAR1dSwX4TztXrngfN8WaFUpwXngQRxxSxt4JD9iSDNxnz-MZk1zbnh143m4"> Challenges</a>, à la mi-janvier 2020, à propos de la campagne présidentielle de 2017 et de deux reproches adressés au candidat Macron :<br /> <br /> "cette campagne suintait l&#8217;antisémitisme appliqué à un non-juif"<br /> <br /> Les deux reproches : celui de ne pas aimer la France, au profit l'ensemble européen et atlantiste; celui de n'avoir d'autre réussite professionnelle à son actif qu'un passage à la banque Rothschild.<br /> <br /> Qu'est-ce qui est le plus raciste ? Ces reproches, s'ils sont étayés d'arguments pertinents ? Ou le fait de voir là de l'antisémitisme ??!!<br /> <br /> (mis en ligne le 20 janvier 2020) <br /> <br /> =============================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Quand un FOG sème le brouillard... </strong></span></span><br /> <br /> en renversant le cours du temps :<br /> <br /> "des listes de juifs qui circulent sur Twitter, comme au temps du IIIe Reich"<br /> <br /> (éditorial de Franz-Olivier Giesbert dans le<em> Point</em>, 11 novembre)<br /> <br /> <a href="https://www.pressreader.com/france/le-point/20191114/281496458106595">https://www.pressreader.com/france/le-point/20191114/281496458106595</a><br /> <br /> (mis en ligne le 17 novembre 2019)<br /> <br /> ============================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Génie stratégique contre Gilets jaunes </strong></span></span><br /> <br /> France Inter, le 16 décembre, 7h 30 :<br /> <br /> "Pour désamorcer les inquiétudes, le ministère de l'Education accélère la mise en place des réformes."<br /> <br /> (mis en ligne le 25 décembre 2018)<br /> <br /> =============================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Plus courtisan, tumeur !</strong></span></span><br /> <br /> "Macron a entièrement raison sur le fond, c'est la France qui va mal "<br /> <br /> d'un prof de philo nommé Alain Dermerguerian, pendant la crise des "Gilets jaunes"<br /> <br /> (mis en ligne le 3 décembre 2018)<br /> <br /> <br /> <br /> ==========================================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Méfiez-vous des soixante-huitard.e.s ! </strong></span></span><br /> <br /> <br /> De Laurence Hansen-Løve, qui avait pourtant, comme moi, vingt ans... (dans une discussion <a href="https://www.facebook.com/laurence.hansenlove/posts/10156882850269214?comment_id=10156882883829214">sur son mur facebook</a> ) :<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Thomas Muntzer</span> "Soyons réaliste, demandons l'impossible !" enfin mis en marche ! Célébration / hommage de mai 68 voulu par Micron.<br /> <span style="text-decoration: underline;">Laurence Hansen-Løve</span> Le pouvoir d'achat, en mai 68?<br /> <span style="text-decoration: underline;">François Delpla</span> C'est vrai quoi, à la fin : les accords de Grenelle n'ont augmenté le SMIG que de 30 %.<br /> <br /> On a beau avoir vécu une époque, on peut être tributaire de l'image convenue qui en subsiste (la phrase de Laurence H-L vise à opposer les idéaux soixante-huitards au vil matérialisme des présents "gilets jaunes").<br /> <br /> (mis en ligne le 27 novembre 2018)<br /> <br /> <br /> <br /> ================================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">A propos du mouvement des gilets jaunes, d'un macronien décomplexé </strong></span></span><br /> <br /> <br /> <a href="https://www.facebook.com/619194213/posts/10156868428809214/?comment_id=10156868586084214">sur Facebook </a><br /> <br /> "Je crois que le sujet est beaucoup moins un déficit de communication du gouvernement, qu'un déficit de disposition à écouter de la part des oppositions."<br /> <br /> (mis en ligne le 20 novembre 2018)<br /> <br /> ===============================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> Sans titre </strong></span></span><br /> <br /> France Info, octobre 2018 :<br /> <br /> A la suite d'un glissement de terrain, la prison avait dû fermer ses portes.<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 9 novembre 2018)<br /> <br /> <br /> ======================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Arithmétique : le niveau baisse </strong></span></span><br /> <br /> de <a href="https://fr.gatestoneinstitute.org/11524/france-terrorisme-antisemitisme-musulman">Guy Millière</a> :<br /> <br /> <em>Ilan Halimi a été enlevé en janvier 2006 (...)<br /> Ils ont été jugés à huis clos. Leur chef, Youssouf Fofana, a craché sa bile contre les Juifs et crié avec véhémence le nom d'Allah pendant tout le procès, si bien que la cour n'a pu cacher qu'il était un antisémite musulman. Il a été condamné à la prison « à vie » - ce qui en France signifie 18 à 20 ans d'incarcération. S'il n'avait pas agressé ses gardes pendant son emprisonnement, il aurait déjà été libéré.</em><br /> <br /> (mis en ligne le 10 décembre 2017)<br /> <br /> ========================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> Ce que les médias vous cachent ! </strong></span></span><br /> <br /> <a href="http://peupledefrance.com/2017/08/le-fascisme-de-gauche-gagne-du-terrain.html">http://peupledefrance.com/2017/08/le-fascisme-de-gauche-gagne-du-terrain.html</a><br /> <br /> <br /> "Le programme du parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) reprend tous les points du programme proposé par Karl Marx et Friedrich Engels dans le <em>Manifeste du parti communiste&#8239;</em>."<br /> <br /> (mis en ligne le 12/10/2017)<br /> ===================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Qui recrute pour les djihadistes ?</strong></span><br /> <br /> <br /> "Pour la députée Danièle Obono, un agent de la RATP qui refuse de conduire un bus après une femme n'est pas forcément radicalisé."<br /> <br /> <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/daniele-obono-france-insoumise-pense-sans-doute-que-deux-femmes-tuees-marseille-ont-ete-assassinees-misogyne-radicalise-3181626.html#Jkhu0Y6FUWSYcQ47.99">http://www.atlantico.fr/decryptage/daniele-obono-france-insoumise-pense-sans-doute-que-deux-femmes-tuees-marseille-ont-ete-assassinees-misogyne-radicalise-3181626.html#Jkhu0Y6FUWSYcQ47.99</a><br /> <br /> avertissement : ce titre, qui pourrait être une louange, est un reproche !<br /> <br /> (mis en ligne le 3octobre 2017)<br /> ==================================================================================<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Achille a son Patrocle</span></strong></span><br /> <br /> <br /> de Chistophe Castaner, porte-parole de l'apprenti-président :<br /> <br /> "J&#8217;assume cette dimension amoureuse. Mon niveau d&#8217;exigence envers moi-même est tel que si je dois avoir un chef, je dois avoir de l&#8217;admiration pour lui. Et Emmanuel est fascinant. Tout l&#8217;est chez lui : son parcours, son intelligence sa vivacité, sa puissance physique même (&#8230;.)<br /> Aujourd&#8217;hui, lorsque l&#8217;on me pose des questions auxquelles je n&#8217;ai pas de réponse gouvernementale, je m&#8217;en tire parce que je sais comment il réagirait. Et je ne me suis pas souvent planté. "<br /> (déclaration au<em> Point</em>, 29/9)<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 1er octobre 2017)<br /> <br /> <br /> ====================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une des rares sorties amusantes contre Jean-Luc Mélenchon</span></strong></span><br /> <br /> <a href="http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2017/09/18/melenchon-ne-veut-voir-que-sa-seule-tete-a-gauche,2176462.php">Dans la<em> République des Pyrénées</em></a><br /> <br /> De Jean-Michel Helvig , à propos de l'absence du leader de la France insoumise à la fête de l'Humanité (il tenait meeting à la Réunion) : <br /> <br /> "un Jean-Luc Mélenchon pas mécontent de constater que l&#8217;on a plus parlé de sa défection que s&#8217;il avait été présent."<br /> <br /> Encore eût-il fallu qu'il n'envoyât, à La Courneuve, que son hologramme !<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 20 septembre 2017)<br /> <br /> <br /> ======================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Heidegger innocente victime de sa date de naissance</span></strong></span><br /> <br /> «&#8201;Cela ne l&#8217;honore pas, mais Heidegger a été victime de sa puissante propagande et de son propre aveuglement au sujet de la révolution dont l&#8217;Occident aurait besoin. Il faut tenir compte de cette situation de détresse quand on condamne aujourd&#8217;hui Heidegger depuis le confort de nos écrans d&#8217;ordinateur grâce auxquels nous avons commodément accès à plusieurs sources d&#8217;information. Heidegger n&#8217;avait pas ce privilège.&#8201;»<br /> (de Jean Grondin, professeur de philo à l'université de Montréal, <em>Le Devoir</em>, 4 février 2017)<br /> <br /> (mis en ligne le 10 septembre 2017)<br /> <br /> <br /> <br /> ==========================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">La loi Gayssot à toutes les sauces</span></strong></span><br /> <br /> <em><br /> En 1990, une loi rédigée par un député communiste, Jean-Claude Gayssot, a été adoptée. Elle stipulait que « toute discrimination fondée sur l'appartenance ethnique, la nationalité, la race ou la religion est interdite ». </em><br /> <br /> nous apprend Guy Millière le 14 mars 2017 <a href="https://fr.gatestoneinstitute.org/10057/france-spirale-mort">sur le site du Gatestone Institute</a>. Or cette citation est un simple rappel de la loi du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme. La seule originalité du texte dit "Gayssot" réside dans l'adjonction d'un paragraphe réprimant le négationnisme, formulé de telle sorte qu'il ne s'applique qu'à la négation des génocides nazis - il n'a été appliqué qu'à celle de la Shoah :<br /> <br /> "Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l&#8217;article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l&#8217;article 23, l&#8217;existence d&#8217;un ou plusieurs crimes contre l&#8217;humanité tels qu&#8217;ils sont définis par l&#8217;article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l&#8217;accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d&#8217;une organisation déclarée criminelle en application de l&#8217;article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale." <br /> <br /> Cela n'empêche pas Millière d'écrire : <br /> <br /> <em>Depuis lors, la loi a été utilisée pour criminaliser toute critique de la délinquance arabe et africaine, toute question sur l'immigration venue du monde musulman, toute analyse négative de l'islam. De nombreux auteurs ont été condamnés à une amende, et la plupart des livres « politiquement incorrects » sur ces sujets ont disparu des librairies.</em><br /> <br /> (mis en ligne le 15 mars 2017)<br /> <br /> ================================================================================================<br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Pour ces imprécateurs, une hirondelle fait moult printemps !</span></strong></span><br /> <br /> Lu sur <a href="http://ripostelaique.com/une-petite-annonce-qui-demontre-lislamisation-et-la-chariatisation-de-la-france.html">Riposte laïque</a> le 1er novembre 2016 :<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Une </span></strong><em>petite annonce dans « Le Bon Coin » qui démontre l&#8217;islamisation et la chariatisation de la France<br /> Publié le 18 août 2012 - par Djamila Gérard - Pas de commentaires - 184 227 vues</em><br /> <br /> Le texte de l'annonce : "vends licence n°4 pour boisson alcoolisée; motif : clientèle à majorité musulmane ".<br /> <br /> <br /> effectivement cela se passe de commentaires !<br /> <br /> <br /> Digne de remarque est cependant la date : le site remonte en lien à la Une un billet vieux de quatre ans. La chariatisation ne doit pas être galopante !<br /> <br /> (mis en ligne le 1er novembre 2016)<br /> <br /> ================================================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Lévy danse ? ah, mal gammé !</span></strong></span><br /> <br /> <br /> " Le djihadisme, l'islamisme radical, c'est bien le dernier avatar du nazisme. Vous connaissez l'histoire. Le nazisme, dans les années vingt et trente du siècle dernier, a été une révolution planétaire. Il y a donc eu, dans le monde arabe comme ailleurs, une forme de nazisme née avec les Frères musulmans. Or, en 1945, il y a eu le fantasme d'un nazisme qui n'aurait été qu'européen et aurait miraculeusement épargné le monde arabao-musulman. Eh bien, Al-Quaida hier Daesh aujourd'hui, c'est ça ! C'est le retour du refoulé !" (BHL, JDD, 22 mai)<br /> <br /> Bernard, tu te moques de ton ancien condisciple !<br /> Tu savais bien pourtant que tu avais erré sur cette question. Je te l'avais dit en perlifiant tes propos le 12 septembre 2012 (cf. ci-après) et le <a href="http://www.delpla.org/article.php3?id_article=446">2 décembre 2007</a><br /> <br /> Certes tu as gagné sur moi une bataille, celle de la "visibilité". Ce n'est pas une raison suffisante pour croire qu'il soit prudent de mépriser mes avis.<br /> <br /> (mis en ligne le 1er juin 2016)<br /> <br /> <br /> =================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">2016 : grand débat sur le sort à réserver à <em>Mein Kampf</em></span></strong></span><br /> <br /> CE LIVRE DOIT ETRE BRULE UN POINT C EST TOUT<br /> <br /> écrit une commentatrice qui signe "meller danielle" sur le <a href="http://www.europe-israel.org/2016/05/prouesse-chaine-arte-qui-diffuse-un-documentaire-sur-mein-kampf-sans-jamais-dire-que-cest-un-best-seller-dans-les-pays-arabes/comment-page-1/#comment-433462">site d'Europe-Israël</a><br /> <br /> En voilà, une bûcheuse !<br /> <br /> (mis en ligne le 10 mai 2016)<br /> <br /> =============================================================<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 15px;"><br /> Forme et fond, degré zéro</span></span></strong><br /> <br /> <br /> Dans <a href="http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Chantage-au-roi-du-Maroc-la-DGSE-dement-avoir-transmis-aux-journalistes-un-rapport-sur-Mohammed-VI-749133">l'édition en ligne</a> du<em> Journal du dimanche</em>, sous un article ayant trait au duel entre le pouvoir marocain et les journalistes Eric Laurent et Catherine Graciet, arbitré par l'Etat français en faveur de son homologue maghrébin :<br /> <br /> <em>Par christianeG<br /> Posté le 02/09/2015 à 10h37 <br /> <br /> "ah les medias socialistes,tous honnêtes surtout sur au monde mediapart et compagnie !il est temps d'amoindrir les pouvoirs de cette caste,comment? terminer les subventions,boycott de leurs journeaux ! même chose pour l'emprise du grand orient! il faut nettoyer la france de tous ces gens! "</em><br /> <br /> Quand des conservateurs illettrés répudient l'orthographe, la syntaxe et jusqu'à la majuscule du mot France, on peut vraiment dire que tout fout le camp !<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 4 septembre 2015)<br /> <br /> =============================================================<br /> <br /> <strong><span style="font-size: 15px;"><span style="text-decoration: underline;">Pour Jean-Marie Cavada, Aube Dorée fait partie du gouvernement Tsipras !</span></span></strong><br /> <br /> <br /> France-Inter, mardi 7 juillet, émission "le téléphone sonne"<br /> <br /> Ancien ténor de l'audiovisuel public, présentement député européen du parti de François Bayrou, ce citoyen laisse son cerveau dériver au gré de l'intoxication ambiante.<br /> La classe politique et la grande majorité des médias d'Europe, acharnés à rechercher la chute du gouvernement Tsipras depuis sa formation en janvier dernier, ont toujours fait grand cas de l'alliance de Syriza, qui avait manqué de deux sièges la majorité absolue, avec un petit parti souverainiste de droite. Maints commentaires en font une alliance sur un pied d'égalité, une "union des extrêmes", etc.<br /> Débattant avec trois autres personnes, dont un membre de Syriza, Cavada affirme avec assurance que le gouvernement grec comprend des membres du parti "Aube dorée" (ouvertement néo-nazi, compromis dans des affaires criminelles et en perte de vitesse aux dernières élections). Aussitôt démenti, il "retire cela"... sans pouvoir faire oublier le dévoilement furtif de sa confusion mentale.<br /> <br /> <a href="http://www.franceinter.fr/emission-telephone-sonne-europe-grece-apres-le-referendum-et-maintenant">http://www.franceinter.fr/emission-telephone-sonne-europe-grece-apres-le-referendum-et-maintenant</a><br /> <br /> (mis en ligne le 10 juillet 2015)<br /> <br /> <br /> =============================================================<br /> <br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 11px;">Bonnet d'âne à partager entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez</span></span></strong><br /> <br /> <br /> dans le <em>Monde</em> daté du 3 mai, ils cosignent une assez lourde leçon d'histoire. Las, ils utilisent l'expression "<em>s'en</em> rappeler".<br /> <br /> <br /> <br /> Il faudra <em>se le</em> souvenir si un jour on songe à l'un ou à l'autre pour le ministère de l'Education <strong>nationale</strong> !<br /> <br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 4 mai 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> =============================================================<br /> <br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 13px;">La quintessence du négationnisme</span></span></strong><br /> <br /> <a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/01/05/la-bibliotheque-ideale-dadolf-hitler/">http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/01/05/la-bibliotheque-ideale-dadolf-hitler/</a><br /> Sur le blog de Pierre Assouline :<br /> <br /> <br /> <em><br /> Je ne pense pas qu&#8217;Hitler ait été un &#8216;grand&#8217; lecteur. Un petit collectionneur de livres, tout au plus.<br /> Rédigé par : hortensia | le 05 janvier 2009 à 22:18</em> | |<br /> <br /> Derniers mots d'une discussion<a href="http://www.livredepoche.com/biographie-timothy-ryback-2333"> sur le livre</a> de Timothy Ryback, tirant parti (mieux vaut tard que jamais) des volumes saisis par les Américains dans les demeures du dictateur, censé jusque là avoir puisé sa "culture d'autodidacte" dans des "brochures".<br /> <br /> Cachez ces annotations que je ne saurais voir !<br /> <br /> (mis en ligne le 19 avril 2015)<br /> <br /> ======================================================<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 13px;">France-Inter et l'accélération de l'histoire</span></span></strong><br /> <br /> <br /> au journal de 13 h, le 21 mars 2015 :<br /> <br /> <em>La marée du siècle est un phénomène qui se produit tous les 18 ans.</em><br /> <br /> (mis en ligne le 22 mars)<br /> <br /> =============================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 12px;"><br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Voudrait-on renforcer Poutine...</span></strong></span><br /> <br /> <br /> ... par des reproches faciles à réfuter ?<br /> <br /> <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/040215/mediapart-et-lukraine-quelques-mises-au-point?onglet=full">Sur Mediapart</a><br /> <br /> <em>En suscitant, au terme d'un référendum truqué, le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie, le Kremlin a ainsi pris l'initiative de remettre en cause ce qui construit le système de paix et de sécurité en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale : l'intangibilité des frontières.</em><br /> <br /> (François Bonnet, 4 février 2015, article « Mediapart et l&#8217;Ukraine : quelques mises au point »)<br /> <br /> Une vision très unilatérale du retour de la Crimée à la Russie en mars 2014, et une étrange analyse de l&#8217;histoire européenne depuis 1945 en général et 1991 en particulier, les frontières européennes ayant fait alors plus que bouger, bien avant l&#8217;arrivée de Poutine au pouvoir.<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 7 février 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> ==============================================================<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12px;">Le bourreau peut-il être un témoin fiable de la victime ?</span></span></strong><br /> <br /> <br /> <em>« Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset ? Je vous prédis, moi, que vous aurez l&#8217;Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».</em><br /> Ces propos qu'on retrouve sur divers sites favorables à l'OAS et qui connaissent une nouvelle floraison depuis les attentats de Paris (le plus souvent sous la plume de José Castano; <a href="http://www.europe-israel.org/2015/01/islam-le-sombre-avenir/">exemple</a> ) auraient été tenus par le dirigeant nationaliste algérien Larbi Ben M'hidi aux parachutistes français qui l'arrêtaient lors de la bataille d'Alger (1957), de torturante mémoire. <br /> On n'a plus eu aucune nouvelle de Ben M'hidi avant mai 2001, dans un livre où le général Aussaresses indiquait qu'il avait présidé à sa pendaison maquillée en suicide, quelques jours après son arrestation.<br /> <br /> <br /> <br /> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ByOPi5I8cBA">Les aveux de Paul Aussaresses</a><br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 29 janvier 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> =========================================================================<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Attentats de janvier 2015 : où mène la passion anti-taubirale</span></strong><br /> <br /> <br /> <em>s'il avait purgé la totalité de cette peine, la jeune policière et les victimes juives de l'Hyper Cacher seraient encore en vie.<br /> <br /> Et saviez-vous que, pour Christiane Taubira, ces remises de peine sont encore insuffisamment généreuses ? </em><br /> <br /> Tel est, à propos du quintuple meurtrier des 8 et 9 janvier Amedy Coulibaly, condamné en décembre 2014 mais laissé en liberté, le jugement d'<a href="http://e.institutpourlajustice.org/a/?F=p8hxt3nm8dnf8p8qz4zks9j9q3l6vchkqpjhmsw4np4eftyc6lxyv9a-5734951">une officine pour qui la prison résout tout</a>.<br /> <br /> Redoublant de finesse, cette littérature se fait mathématique, additionne aux victimes de Coulibaly celles de Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche et Chérif Kouachi, soit 28 au total, tranche que tous auraient dû être sous les verrous au moment de leurs attaques et conclut que "si notre système pénal fonctionnait normalement, toutes les victimes de ces terroristes seraient encore en vie aujourd'hui ".<br /> <br /> Voilà qui est très rassurant : nous avons affaire à des tireurs isolés et non à une armée... à moins que cette armée ait disposé en tout et pour tout de cinq soldats.<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 26 janvier 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ===========================================================================<br /> <br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Eric : des Verhaeghe pour se faire battre !</span></strong><br /> <br /> <br /> <a href="http://www.eric-verhaeghe.fr/charlie-hebdo-allah-met-fin-70-ans-dinsouciance-francaise/">Sur son blog</a>, un énarque nommé Eric Verhaeghe fait la leçon au trio qui vient d'ensanglanter la France :<br /> <br /> <em>Moi, je suis arrivé en France en 1986, c&#8217;est-à-dire pas très longtemps avant leur naissance. Je suis fils d&#8217;ouvrier, dans ma famille, il n&#8217;y avait pratiquement pas de livre (sic), les bibliothèques étaient indigentes, les infrastructures publiques quasi-inexistantes, mais on savait que, pour en sortir (sic), il fallait bosser. Quand je suis arrivé à Paris, j&#8217;ai été scotché (sic) par le nombre de bibliothèques publiques, de terrains de sport, de musées gratuits.<br /> <br /> Qu&#8217;un gamin à Paris ose expliquer qu&#8217;on ne fait rien pour lui, c&#8217;est évidemment une aberration, un mensonge. </em><strong>Les Coulibaly, les Kouachi, ont disposé dans leur enfance de tout ce qu&#8217;il fallait pour s&#8217;en sortir</strong> (souligné par FD)<em>. La seule chose qui leur a manquée (sic), c&#8217;est le courage d&#8217;y arriver, et le travail qui va avec. Je ne suis en aucune manière responsable de leur échec, ni de leur folie. La seule faute leur incombe à eux (sic).<br /> <br /> Il y en a marre (sic) de tous ces discours où les fauteurs de trouble (sic) sont systématiquement exonérés de leur responsabilité.</em><br /> <br /> Cependant sa propre biographie, sur son propre site, permet de nuancer le caractère prolétarien de son parcours et l'indigence culturelle, tout comme l'exotisme, de son milieu d'origine :<br /> <br /> <em>Je suis né le 9 décembre 1968, à Liège, en Belgique. (...)<br /> Je fais mes études secondaires à Liège, à l&#8217;athénée Charles-Rogier, où j&#8217;apprends le latin et le grec. L&#8217;athénée (minuscules, sic) est installé rue Charles Magnette.<br /> En 1986, j&#8217;arrive à Paris, pour faire une hypokhâgne au lycée Henri-IV. J&#8217;y fais aussi une khâgne.<br /> </em><br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 14 janvier 2015)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ========================================================================<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Le total obsédé du totalitarisme récidive</span></strong><br /> <br /> <br /> <em><br /> François Hollande n&#8217;a jamais été à la hauteur de la moindre situation. Son élection en 2012 a été le fruit des erreurs multiples commises par Nicolas Sarkozy, mais aussi celui d&#8217;une campagne de presse d&#8217;une férocité sans précédents menée contre celui-ci : la presse française, et plus généralement, les médias, sont les gardiens du « politiquement correct », donc du totalitarisme doucereux qui règne sur ce pays.</em><br /> <br /> (s) <a href="http://sentinellededieu.com/2014/12/28/mille-soldats-deployes-en-france-contre-la-maladie-mentale-qui-fait-crier-allahou-akbar/">Guy Millière</a><br /> <br /> <br /> Inculte, grossier, myope, adepte de l'incantation, parjure, agité, stérile, prévaricateur, égolâtre et jamais responsable de rien, Sarkozy était en 2012 le plus mauvais président qu'ait connu la Cinquième. Mais attention : il ne fallait pas le dire trop crûment, pour lui permettre d'être réélu. <br /> <br /> Toute autre conduite était totalitaire !<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 28 décembre 2014)<br /> <br /> <br /> (voir ci-après la perle du 8 mai 2013 : le totalitarisme était alors partiel, à présent le voilà doucereux)<br /> <br /> <br /> ======================================================================<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">L'homme pressé</span></strong><br /> <br /> <br /> <a href="http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/14/31003-20141014ARTFIG00155-guilluy-tribalat-zemmour-cachez-ces-intellectuels-que-je-ne-saurais-voir.php">Du<em> Figaro</em> </a><br /> <br /> <em>Machin est journaliste et écrivain. Son <strong>prochain</strong> livre</em> Dupont, Tartempion, la France et Moi <em><strong>vient de</strong> paraître chez Prems Editions.</em><br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 25 octobre 2014)<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><br /> Epitaphe pour Christophe de Margerie</span></strong><br /> <br /> Dans le concert d'éloges surgi après la mort accidentelle du PDG de Total, on entend dire qu'il avait "gravi tous les échelons de l'entreprise". Par exemple sur France Inter dans le journal de 7h et France-Culture dans celui de 8.<br /> <br /> Encore un effort, messieurs-dames : ajoutez la touche de vécu qui rendra plus frappant votre propos, en nous rappelant le nom du pétrolier pourri où ce fils de prolétaire avait débuté comme matelot sous-payé !<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 21 octobre 2014)<br /> <br /> <br /> <br /> ----------------------------------------------------------------------------------------<br /> ----------------------------------------------------------------------------------------<br /> <br /> <strong>A propos de la grève des masochistes pilotes d'Air France</strong><br /> <br /> <em><br /> Les pilotes jouissent d'une mauvaise réputation</em><br /> <br /> (du spécialiste aéronautique de <em>France Info</em>, le 29 septembre en milieu de journée)<br /> <br /> (mis en ligne le 2 octobre 2014)<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong><br /> L&#8217;ignorance crasse d&#8217;Alain Finkielkraut sur le nazisme</strong><br /> <br /> Du plus prolifique de nos pères Hamptoire <a href="http://www.lenouveleconomiste.fr/alain-finkielkraut-il-ny-a-pas-de-nation-sans-preference-nationale-20733">http://www.lenouveleconomiste.fr/alain-finkielkraut-il-ny-a-pas-de-nation-sans-preference-nationale-20733</a> :<br /> <br /> "Le geste inaugural de la Seconde Guerre mondiale fut, on semble l&#8217;avoir oublié, les troupes de la Wehrmacht repoussant dans un grand éclat de rire les barrières séparant l&#8217;Allemagne de la Pologne, car cette guerre était une guerre impériale contre les nations européennes, <em>au mépris des frontières</em> et, par-delà des frontières géographiques et historiques, <em>au mépris de toute limite</em>. Hitler, c&#8217;est l&#8217;hubris totalitaire. La démesure." (souligné par moi)<br /> <br /> Le nazisme se déployait en fait dans une double limite :<br /> <br /> - celle de la race, qui lui imposait, dans son rêve de domination mondiale, au moins un partenariat "aryen" obligatoire, celui de la Grande-Bretagne ;<br /> <br /> - celle du réalisme géopolitique, qui jouait dans le même sens : il fallait rassurer Londres en n&#8217;ayant strictement aucune ambition maritime ou coloniale, et en ne cherchant une expansion que là où la Grande-Bretagne n&#8217;avait encore dirigé ni ses vues ni ses pas : le monde slave.<br /> <br /> La sauvagerie contre la Pologne, aboutissant à maltraiter sa population plus encore que celle de l&#8217;URSS, était donc bien au premier chef une question de "frontière".<br /> <br /> Par ailleurs, cette agression était un coup de billard à trois bandes contre la France. Mais cette réalité reste à mettre en lumière et ne relève pas spécialement de l&#8217;ignorance de "Finkie".<br /> <br /> NB.- "fut les troupes" : est-ce très académique ?<br /> <br /> (mis en ligne le 19 septembre 2014)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Encore !</strong><br /> <br /> De Marc Nacht sur <em>Causeu</em>r le 13/8/2014, à Renaud Girard du <em>Figaro</em> qui désapprouve l&#8217;inscription du Hamas palestinien sur la liste des organisations terroristes établie par l&#8217;Union européenne :<br /> <em><br /> Votre argument est simple : le Hamas a été élu démocratiquement. On pourrait vous rétorquer : le parti nazi n&#8217;avait-il été, lui aussi, élu « démocratiquement » ?</em><br /> <br /> Rappel : le NSDAP, avant d&#8217;arriver au pouvoir, n&#8217;a jamais dépassé le chiffre, énorme mais éloigné de la majorité, de 37% des voix. Hitler lui&#8212;même avait obtenu ce score lors de la seule élection à laquelle il s&#8217;était présenté, la présidentielle de 1932, et il avait été battu.<br /> <br /> (mis en ligne le 12 septembre 2014)<br /> <br /> (voir ci-après la perle du 19 mai 2010)<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong><br /> La nouvelle bataille de Fontenoy</strong><br /> <br /> <br /> semble à première vue plus aisée que celle qu&#8217;a gagnée Maurice de Saxe le 11 mai 1745, et devrait réclamer moins d&#8217;efforts qu&#8217;une traversée du Pacifique à la rame.<br /> <br /> Maud Fontenoy vient en effet de déclarer sur France Inter :<br /> <br /> "Je me bats pour qu&#8217;écologie rime avec économie."<br /> <br /> (mis en ligne le 13 février 2014)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Jean-Paul Brighelli inculte... pas seulement sur les cultes</strong><br /> <br /> Ce pédagogue peu avare d&#8217;éloges pour les institutions scolaires d&#8217;antan n&#8217;en a peut-être pas été un usager toujours très concentré :<br /> <em><br /> C&#8217;est tout à la gloire de la France, justement, que de refuser l&#8217;inscription de la religion, telle qu&#8217;elle se pratique dans nombre de pays - y compris en Europe - et telle qu&#8217;elle se pratiquait sous Pétain.</em><br /> <br /> (Sur <em>Causeur</em>, le 10 février 2014)<br /> <br /> A copier cent fois avant de revenir en cours : l&#8217;agnostique maréchal n&#8217;a point fait inscrire sur les papiers d&#8217;identité la moindre croyance, mais l&#8217;appartenance supposée à une prétendue race, en grosses lettres rouges.<br /> <br /> (mis en ligne le 11 février)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Seux fait encore des siennes</strong><br /> <br /> (voir plus loin, perle du 6 juillet 2012)<br /> <br /> Aujourd&#8217;hui, après l&#8217;annonce de l&#8217;inculpation du PDG d&#8217;Orange pour "escroquerie en bande organisée", le chef de la bande ne pouvant être que Nicolas Sarkozy, le chroniqueur économique de France Inter s&#8217;interroge sur la possibilité qu&#8217;il conserve son poste.<br /> <br /> Il est en effet inquiété pour une affaire antérieure à sa prise de fonction : le fait d&#8217;avoir, en tant que chef de cabinet du ministre des Finances Christine Lagarde, favorisé le versement indû par l&#8217;Etat, en 2008, d&#8217;une somme colossale à Bernard Tapie. La décision, comme chacun en convient à mots plus ou moins couverts, ne pouvait émaner que du chef de l&#8217;Etat, mais Sarkozy et Tapie n&#8217;étaient pas spécialement proches et le mobile du cadeau reste obscur.<br /> <br /> "Pas de mobile, pas de délit", tranche le chroniqueur.<br /> <br /> Il n&#8217;y a plus qu&#8217;à se calfeutrer chez soi pour éviter d&#8217;être la victime d&#8217;un individu tirant sur les passants en étant assuré de l'impunité, du moins si les ceusses qui le jugent sont des Seux.<br /> <br /> (mis en ligne le 13 juin 2013)<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>La quintessence de la confusion</strong><br /> <br /> (de DoM P, sur le blog de Franck Boizard)<br /> <br /> Lénine et Hitler ont beaucoup en commun, à commencer par Marx et l&#8217;extermination de masse.<br /> <br /> Si Lénine a donné, dans certaines circonstances, des ordres impitoyables, il est facile de constater que Hitler n&#8217;a pu trouver la moindre leçon d&#8217;extermination chez Marx, en qui, de surcroît, il voyait l&#8217;une des principales incarnations de la "peste juive" dans l&#8217;histoire.<br /> <br /> (mis en ligne le 23 mai 2013)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Un ruminant dans son pré</strong><br /> <br /> Sommes-nous dans une société pré-totalitaire ? Oui, il m&#8217;arrive souvent de penser que nous sommes dans une société pré-totalitaire.<br /> <br /> (de Guy Millière, le 8 mai 2013)<br /> <br /> Il existe bien, en comptabilité, des totaux partiels. Mais une société peut-elle être partiellement totalitaire ?<br /> <br /> Elle peut, plus modestement, être en proie à une folle escalade verbale.<br /> <br /> (mis en ligne le le 8 mai 2013)<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Netanyahou, autiste et fier de l&#8217;être</strong><br /> <br /> Le premier ministre israélien se targue de son manque d&#8217;intérêt pour le film The Gatekeepers, qui fait courir et causer ses administrés :<br /> <br /> <em>Les télés et les radios, nomination aux Oscars oblige, finissent par en parler et surtout font réagir les politiques. À droite, c&#8217;est glacial et unanime : un film "orienté", "tendancieux". À la présidence du Conseil, Benyamin Netanyahou laisse son porte-parole déclarer : "Le Premier ministre n&#8217;a pas vu le film et il n&#8217;a pas l&#8217;intention de le voir." Au lendemain de la cérémonie des Oscars, la droite fait des gorges chaudes du fait que Dror Moreh, le réalisateur du film, est reparti les mains vides. "Nous ne verserons pas une larme", dit-on en coeur... Quelques jours plus tard, Limor Livnat, la ministre de la Culture, met le feu aux poudres. Après avoir dénoncé "ces films qui salissent l&#8217;image d&#8217;Israël", elle appelle les réalisateurs à s&#8217;autocensurer.</em><br /> <br /> (extrait d&#8217;un article de la correspondante du<em> Point </em>à Jérusalem, Danièle Kriegel, mis en ligne le 7 mars 2013)<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Révisionnisme poutinien</strong><br /> <br /> <em>Mais l&#8217;essentiel, c&#8217;est que sans les atermoiements dans l&#8217;ouverture du deuxième front, les pertes soviétiques et alliées, surtout en Europe occupée, auraient été de 10 à 12 millions de personnes moins élevées. Auschwitz n&#8217;aurait pas existé, car il n&#8217;a commencé à fonctionner à plein régime qu&#8217;en quarante-quatre...<br /> <br /> Viktor Litovkine est un journaliste russe reconnu, spécialisé dans les questions militaires, collaborateur de la[i] Revue Militaire Russe</em>.[/i]<br /> <br /> Ainsi se terminait, en 2005, une interview de Valentin Faline par Viktor Litovkine, intitulée « La Seconde Guerre mondiale aurait pu prendre fin en 1943 ».<br /> <br /> Le mauvais génie de l&#8217;Occident, superficiellement antinazi et profondément antisoviétique, est censé être Winston Churchill qui, effectivement, avait parfois (et avec mesure) bercé Staline de bonnes paroles sur un "second front" avant qu&#8217;il ne se réalisât en Normandie, en 1944. Mais il l&#8217;avait différé avec réalisme (et en luttant contre l&#8217;irréalisme novice des Etats-Unis), pour ne pas offrir à Hitler un succès facile qui, lui, eût fortement prolongé la guerre.<br /> <br /> Enrôler Auschwitz dans le raisonnement en situant le début de son "plein régime" en 1944 constitue un record, et de désinformation, et de stupidité dans cet exercice.<br /> <br /> (mis en ligne le 11 février 2013)<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <strong>Gérard Depardieu : l'argent fait le bonheur... à une condition !</strong> <br />   <br /> "Il a apprécié depuis un mois, de par les contacts qu'il a eus, les commerces de proximité, les bouchers, les ptits restos, les ptits bistrots, le garage où il pourra réparer son scooter, enfin bref il a trouvé un esprit de convivialité qui lui a plu tout de suite. Un esprit généreux, un esprit ouvert, un esprit tolérant, je pense que c'est ce qu'il recherchait en sortant de la ville." <br />   <br /> Propos [tenus à la RTBF-&gt;http://www.rtl.be/info/votreregion/hainaut/964984/depardieu-a-nechin-la-joie-du-bourgmestre-en-video] par Daniel Senesael, bourgmestre d'Estaimpuis, commune belge jouxtant la France où l'acteur vient d'élire domicile. <br />   <br /> Il n'y a probablement entre Paris et la frontière belge que des commerces de grande surface et des estaminets démesurés. <br />   <br /> Et peut-être accessoirement des agents du fisc à l'esprit intolérant et fermé. <br />   <br />   <br /> PS.- "La ville", nouveau surnom de la France ? <br />   <br /> (mis en ligne le 11 décembre 2012) <br />   <br /> ______________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>Négationnisme d'extrême gauche </strong> <br />   <br />   <br /> En ces temps d'aiguisement de tous les sectarismes, le site [Mecanopolis-&gt;http://www.mecanopolis.org/?p=26410] se met à prédire la destruction de l'Etat d'Israël dans des termes carrément himmlériens : <br />   <br /> « <br /> (...) Les Nazis (1933-1945) &#339;uvraient systématiquement à l'éradication des communistes (toutes nationalités confondues), des tziganes-Roms (sans nationalité), des slaves, des marginaux et aussi des gens de religion juive et de leurs descendants même devenus non pratiquants. <br />   <br /> La réécriture de l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale au cours de la guerre froide (1954-1989) - États-Unis contre Union Soviétique ­- amènera la quasi disparition des premières victimes des livres d'histoire et leur remplacement par un nombre sacré - exactement 6 millions - lesquels petit à petit deviendront un peuple, puis une nation et enfin une «race», unique martyr au dire de l'hagiographie sioniste imposée par le maelstrom médiatique. Impasse totale par la suite sur les communistes, les handicapés, les tsiganes et les résistants pourtant {{tout autant incarcérés et exécutés dans ces camps de la mort ! [/b] » <br />   <br /> Robert Bibeau, chargé par ce site de cet article, officie ordinairement dans un [organe canadien francophone-&gt;http://www.robertbibeau.ca/palestine3.html] "marxiste-léniniste". La pudibonderie d'une partie de cette mouvance serait-elle en rapport avec l'omission, dans ses énumérations rituelles des victimes du nazisme censées avoir enduré les mêmes traitement que les Juifs, des homosexuels ? <br />   <br /> Les premiers "éradiqués" sont censés avoir été les communistes. Cela ne tient pas debout. Hitler tenait trop, en Allemagne, à leur "sang aryen", il en tua quelques centaines, en emprisonna quelques milliers, presque tous de façon temporaire, et enrôla les autres dans ses entreprises, la résistance organisée étant ô combien méritante, mais infime. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 28 octobre 2012) <br />   <br />   <br /> _______________________ <br /> ________________________ <br />   <br />   <br /> <strong>Une perle au front </strong> <br />   <br /> {(...) ce problème de fond qu'est la dégradation de l'insécurité} <br />   <br /> C'est de Bruno Gollnisch, non seulement [sur son blog-&gt;http://www.gollnisch.com/wp-content/uploads/2012/10/2012-10-01-motion-d-ordre-bruno-gollnisch-page-2.jpg], mais dans une lettre, ce jour, à son président de conseil régional ! <br />   <br /> Tant que la sécurité monte en grade, où est le problème ? <br />   <br /> Mais on pourrait bien finir par dégrader la note du professeur d'université, pour charabia et négligence. <br />   <br /> (mis en ligne le 1er octobre 2012) <br />   <br /> _______________ <br /> ________________ <br />   <br /> <strong>Un athéisme relatif </strong> <br />   <br />   <br /> Dans le débat souvent très bas sur les caricatures islamophobes de {Charlie-Hebdo}, on peut lire ceci [sur le blog-&gt;http://philippetorreton.wordpress.com/2012/09/19/de-lislamophobie-vous-dites/#comment-689] de Philippe Torreton : <br />   <br /> {Un jour peut être on prouvera que Dieu n'existe pas. Ce jour là beaucoup de personnes seront sauvées.} <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 23 septembre 2012) <br />   <br /> ____________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>L'inconscient collectif des élus ennuyés </strong> <br />   <br />   <br /> "C'est une question à ne pas éluder à la légère" <br />   <br /> (le maire d'une petite commune de l'Ouest de la France, sur France Inter au début de cette semaine) <br />   <br /> (mis en ligne le 20 septembre 2012) <br />   <br />   <br /> _________________ <br /> __________________ <br />   <br />   <br /> <strong>BHL métaphysicien </strong> <br />   <br /> { {l'increvable mouvement des Frères musulmans créé en 1928, en Egypte, dans la foulée de l'hitlérisme naissant} } <br />   <br /> [contexte-&gt;http://www.europe-israel.org/2011/05/%C2%AB%E2%80%89ah%E2%80%89-les-cons%E2%80%89%C2%BB-sur-un-munich-palestinien/] <br />   <br /> Mais non, Bernard ! <br />   <br /> En 1928, le nazisme convalescent n'a strictement aucune influence hors d'Allemagne. La phrase est donc archi-fausse, sauf à supposer quelque occulte transmission par des voies sataniques. <br />   <br /> (mis en ligne le 12 septembre 2012) <br />   <br />   <br />   <br /> ________________ <br /> _________________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Dominique Seux pédagogue </strong> <br />   <br />   <br /> Le journaliste des {Echos} et échotier du libéralisme sur France-Inter raillait, mardi 3 juillet, l'administration Hollande d'éviter avec soin le mot "rigueur", comme l'avait fait celle de Sarkozy. <br />   <br /> Sans doute pour mieux se faire comprendre, il donnait un exemple vivant : lui-même, évitant avec le même soin le mot "austérité" ! <br />   <br /> [note à l'usage d'une postérité heureuse à qui ces querelles de langage ne rappellent rien : en l'an 2012 ap. JC, dans bien des contrées, une très large majorité de publicistes, tout en se prétendant censurée par une très large majorité de mécréants, faisait de la baisse des revenus du plus grand nombre l'alpha et l'oméga des "lois de l'économie", résumées par le mot "rigueur" employé de préférence à celui d'"austérité", pourtant bien plus pertinent pour résumer leur doctrine.] <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 6 juillet 2012) <br />   <br /> ____________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>On se console comme on peut </strong> <br /> <br />   <br /> " C''est pourquoi la gauche a perdu le peuple. " <br />   <br /> Telle était la conclusion d'un article de la campagne électorale (Chantal Delsol, {Valeurs actuelles},19/01/2012), intégralement repris [sur un blog de droite-&gt;http://www.gerard-brazon.com/] , au {lendemain} de l'élection présidentielle de 2012. <br />   <br />   <br /> Mieux encore : l'article se voulait un portrait en pied de la génération "68", coupable... d'indifférence aux faits ! <br />   <br /> (mis en ligne le 29 mai 2012) <br />   <br /> ________________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>Perle de campagne </strong> <br />   <br />   <br /> Pas besoin de chercher très longtemps, en ces temps présidentiels, les huîtres affligées dont les larmes ont formé de précieuses concrétions. <br />   <br /> Fidèle à ma devise de railler plutôt les grandes puissances que les petites, je m'en prendrai au simplisme d'un des orateurs les plus lettrés de la campagne, professeur de littérature japonaise dans une université de Lyon. <br />   <br /> Au terme d'un [article sur Mohamed Merah-&gt;http://www.gollnisch.com/2012/03/31/bruno-gollnisch-affaire-merah-la-question-qui-nest-pas-posee/?utm_medium=email&amp;utm_campaign=Billet+dhumeur+-+Affaire+Merah++la+question+qui+nest+pas+pose&amp;utm_content=Billet+dhumeur+-+Affaire+Merah++la+question+qui+nest+pas+pose+CID_12ede423684e59e1044febbda5ac34e7&amp;utm_source=Campaign+Monitor&amp;utm_term=Blog+de+Bruno+Gollnisch] englobant dans la même réprobation ses sept meurtres et l'argent que son éducation aurait coûté à la France, Bruno Gollnisch écrit : <br />   <br /> {Cet article me vaudra, c'est sûr, comme d'habitude, des accusations de dureté de c&#339;ur, d'incitation à la haine, de récupération politique, et tout le bazar habituel de la rhétorique des bien-pensant <br /> [{sic}; ne lirait-il même pas Bernanos ?]. Je m'en contrefiche. Comme l'écrivait Chateaubriand, il est des temps où il faut être économe de son mépris, à cause du grand nombre de nécessiteux. Je réserve ma compassion aux victimes (...).} <br />   <br /> Un peu bancal, cela ! Le signataire est-il économe de sa compassion, ou réserve-t-il son mépris aux victimes ? <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 31 mars 2012) <br />   <br /> {dernière minute (et premier avril, sans poisson) : j'ai déposé ce matin à 6h 45 un commentaire sur le blog de Gollnisch, dans le sens ci-dessus; il n'y avait alors aucun commentaire; une ou deux heures plus tard, apparition de dix commentaires tous plus élogieux les uns que les autres et, au milieu, mention du mien comme étant "en attente de modération". <br />   <br /> A 14h 49, le nombre des éloges a doublé, et la mention de mon oeuvre a disparu. <br />   <br /> Tout est rentré dans l'ordre au sein du bazar habituel de la rhétorique ! <br />   <br /> [suite du feuilleton-&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/010412/une-splendide-gollnischerie]} <br /> ____________ <br /> _____________ <br />   <br />   <br /> <strong>Un démythificateur professionnel en plein mythe </strong> <br />   <br /> {Pour parler comme Churchill, les Occidentaux ont fortement contribué à « tuer le mauvais cochon ». } <br />   <br /> de Pierre-André Taguieff [sur Causeur-&gt;http://www.causeur.fr/la-verite-du-pretendu-%C2%AB-printemps-arabe-%C2%BB-est-dure-a-reconnaitre,16409], à propos des lendemains qui déchantent du "printemps arabe", marqués par une poussée islamiste au Maghreb et au Machrek. <br />   <br /> Churchill appelé en renfort pour justifier un regret nostalgique de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ! <br />   <br /> Rappel : "nous avons tué le mauvais cochon" est un propos rapporté, mal situé dans le temps, sans aucun répondant écrit et, {last but not least}, linguistiquement peu anglais, destiné à faire croire pendant la guerre froide que son auteur regrettait d'avoir choisi de concentrer son effort militaire contre Hitler, plutôt que contre Staline. <br />   <br /> [Une mise au point-&gt;http://viennanet.info/polemics/churchill] <br />   <br /> (mis en ligne le 24 mars 2012) <br /> _____________________ <br /> _____________________ <br />   <br />   <br /> <strong>D'un journaliste haineux </strong> <br />   <br /> {Un dictateur syrien qui annonce, sans aucun complexe, que si une seule balle étrangère est tirée dans son pays, il balancera des missiles sur Tel Aviv dans la demi-heure qui suivra. <br />   <br /> Je ne suis pas un va-t-en-guerre, mais moi je le mets au défi. <br /> Voilà une bonne stratégie à mettre au point avec Messieurs Sarkozy, Obama et Blair qui sont si choqués par les massacres commis par Bachar el Assad. Que les forces de l'Otan tirent un ou deux missiles sur la résidence du boucher, on verra si celui-ci met sa menace à exécution. Si oui, alors les Occidentaux aideront Israël qui ripostera et on en finira avec Assad. Vous pensez que je rêve ? Vous avez raison. <br />   <br /> La seule chose qui soit certaine dans cette hypothèse, c'est qu'en moins de 5 minutes, vraiment moins croyez-moi, Israël transformerait le palais présidentiel, et Assad lui-même, en un tas de cendres.} <br />   <br /> Marc Femsohn, {Guisen}, 6 octobre 2011 <br />   <br /> La haine transforme les hommes en robots... au point de recycler un discours avec deux premiers ministres britanniques de retard ! <br />   <br /> Et on frémit à l'idée de ce que dirait et ferait ce Marc s'il était un va-t-en-guerre ! <br />   <br /> (mis en ligne le 7 octobre 20011) <br />   <br /> ______________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>La présomption d'innocence et ses délires </strong> <br />   <br /> La déclaration des droits de l'homme de 1789 a édicté que la puissance publique ne devait plus prêter main-forte aux rumeurs infamantes, en précisant que seul un tribunal avait le droit de décider de la culpabilité de quelqu'un. <br />   <br /> Cette règle souvent oubliée a été outrageusement violée par un prince un matin de Noël : Michel Poniatowski, ministre de l'Intérieur de son vieil ami Giscard d'Estaing, a convoqué le 24 décembre 1976 une conférence de presse quelques heures après l'assassinat sur les Champs-Elysées de leur camarade de parti Jean de Broglie, pour expliquer que tout était éclairci, en nommant à la fois l'assassin et ses commanditaires. <br />   <br /> Depuis le scandale causé par cette affaire, tout journaliste se croit en devoir de donner du "présumé" aux auteurs des délits les plus flagrants. <br />   <br /> Mais tous les records sont battus depuis quelques jours : à l'occasion du procès de Jacques Chirac, les médias usent et abusent de l'expression "les emplois présumés fictifs de la ville de Paris"... alors que les salaires versés au nom desdits emplois ont été remboursés par le parti UMP à ladite municipalité ! <br />   <br /> Peut-être devrait-on suggérer à Jean-François Copé, secrétaire général de ce parti, d'exiger avec tous les accents de la vertu outragée, au nom de la présomption d'innocence, le remboursement du remboursement ? <br />   <br /> (mis en ligne le 9 septembre 2011) <br />   <br />   <br /> _____________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Le moyen âge comme si vous y étiez </strong> <br />   <br /> Sous le subtil pseudonyme "La bonne blague", à propos de la recension par Marie Ranquet d'un ouvrage anglo-saxon relatif aux Croisades, sur [nonfiction.fr-&gt;http://www.nonfiction.fr/article-4808-les_croisades_vues_par_un_historien.htm] : <br />   <br />   <br />   <br /> {Je me permets de lui rappeler que 99% des travaux sur les croisades soutiennent la thèse des méchants croisés contre les bons musulmans.} <br />   <br />   <br />   <br /> Le pourcentage parle de lui-même ! <br />   <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 9 juillet 2011) <br />   <br /> ____________ <br />   <br />   <br /> (après l'exécution de Ben Laden) <br />   <br />   <br /> <strong>Quand [Philippe Bilger-&gt;http://www.marianne2.fr/Mort-de-Ben-Laden-Justice-est-faite_a205766.html] piétine les fondements du droit </strong> <br />   <br /> {Justice vient d'être faite au sens où, au-delà de l'officiel, il y a des événements et des issues qui satisfont pleinement ce que l'être humain, quoi qu'on en ait, attend : que l'horreur et les tragédies suscités par la folie et la fureur d'un homme ne demeurent pas impunis.} <br />   <br /> Il n'est déjà pas très intelligent d'approuver les réactions primaires de la foule, même si on peut, et doit, les comprendre. <br />   <br /> Mais le faire au nom du droit, alors qu'il est bafoué et qu'on est un expert de cette discipline, chargé comme tel de fonctions importantes, voilà qui appelle seulement deux commentaires. <br />   <br /> L'un, évangélique : "Si le sel s'affadit, avec quoi va-t-on le saler ?" (Matthieu, 5, 12) <br />   <br /> L'autre, historique : qui donc avait cru devoir se fendre de plusieurs articles pour justifier la parole de Hitler selon laquelle, lors des meurtres de la nuit des Longs couteaux (30 juin 1934) il était "le Juge suprême du peuple allemand" ? <br />   <br /> Un juriste universitaire qui fit une belle carrière avant, pendant et après le nazisme : Carl Schmitt. <br />   <br /> Mais peut-être l'avocat général de la cour d'appel de Paris veut-il dire qu'un procès de Ben Laden aurait infailliblement conduit à son acquittement ? C'est en tout cas la seule interprétation possible de l'allégation selon laquelle sa fureur aurait pu demeurer impunie. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 8 mai 2011) <br />   <br /> ________________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>De Bilger encore (et de bien d'autres) </strong> <br />   <br />   <br /> "... l'impossibilité d'un procès qui aurait été dans tous les cas lourd de toutes sortes de menaces." <br />   <br /> Parce que Al Qaïda serait plus capable de faire des attentats pour délivrer son chef que pour le venger ?!!! <br />   <br /> A cette aune, il aurait fallu que les Anciens n'aient pas la folle imprudence d'inventer la prison, ni le tribunal, et laissent les pratiques de vendetta se pérenniser. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 8 mai 2011) <br />   <br /> ______________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br /> <strong>Où mène la phobie de la phobie </strong> <br />   <br /> [Dans un débat-&gt;http://www.lepoint.fr/debats/nouvelle-archive-de-vichy-ce-que-les-internautes-en-disent-08-10-2010-1246554_34.php?commentaire_list] du {Point} sur un brouillon du statut des Juifs, le seul disponible à ce jour, annoté par Pétain et exhumé par Serge Karsfeld. Un internaute ayant mis en cause le futur maréchal dans la prolongation de la Première Guerre mondiale, un "Bouboul" (on ne le lui fait pas dire, mais "Boumboum" irait mieux encore) : <br />   <br /> Bouboul <br />   <br />   <br />   <br /> vendredi 15 octobre | 15:03 <br />   <br /> { <br /> Je sais bien que l'américanophobie est dans les gènes de bien de nos concitoyens, mais de là à dire que "grâce aux Américains on pouvait continuer la boucherie", c'en est trop. Beaucoup trop. C'est justement l'arrivée des Américains qui a permis de terminer cette horrible boucherie. Les Allemands le savaient très bien qui ont signé une paix blanche avec les Bolcheviques à Brest Litovsk pour pouvoir utiliser toutes leurs troupes à l'ouest. Sans les "Doughboys", leur matériel, leur armement la guerre était perdue pour la France.} <br />   <br /> Hé non, les renforts humains furent bien, en 1918, américains, mais leur matériel était français : sans être anti, on peut remarquer que l'oncle Sam n'est pas sorti de la cuisse de Jupiter... tout armé ! <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 19 octobre 2010) <br />   <br /> ____________ <br /> ____________ <br />   <br />   <br /> <strong> <br /> Un Juif socialiste à Vichy ? </strong> <br />   <br /> [ <br /> Sur Causeur-&gt;http://www.causeur.fr/sarkozy-c%E2%80%99est-pas-petain,7440?show=comments#comment-202001], à propos des comparaisons Sarkozy-Pétain <br />   <br />   <br /> {Roba dit : <br />   <br /> 27 septembre 2010 à 9:17 <br />   <br /> Il serait bon de rappeler que tous les propos et slogans (comme &#8216;Travail,...') repris par l'auteur et attribués au Maréchal Philippe Pétain, chef de l'Etat français, sont en fait le pur produit de la plume de son &#8220;nègre&#8221;, l'excellent Emmanuel Berl, juif de gauche, écrivain et pacifiste. Et accessoirement, époux de la chanteuse Mireille. Rendons à César... <br />   <br /> Un juif socialiste à Vichy!!!!} <br />   <br /> Berl (qui n'était pas socialiste) a participé à la rédaction des tout premiers discours de Pétain à Bordeaux, en {juin} 1940, et n'a jamais, de près ou de loin, été son conseiller à Vichy. Si le rapprochement Pétain-Sarkozy est discutable, il y a encore moins de raisons de confondre Emmanuel Berl et Henri Guaino ! <br />   <br /> Mais cet amalgame est bien de notre temps : les jeux d'étiquettes remplacent l'ouverture des flacons. <br />   <br />   <br /> __________________ <br /> _________________ <br />   <br />   <br /> <strong>Quand Bruno Gollnisch sème ses toxines </strong> <br />   <br />   <br /> La journaliste Elisabeth Lévy, patronne du mensuel <em>Causeur</em> et du site d'échanges du même nom, ne dit pas que des inepties (cf. plus loin, à propos d'une librairie pro-palestinienne). <br />   <br /> Pourquoi faut-il, [dans un article-&gt;http://www.causeur.fr/le-devoir-du-sol,7278?show=comments] contre les anathèmes sarkozyens de l'été 2010 à l'égard des étrangers (passés, présents et futurs !), qu'elle relaye sans examen cette "information" : la législation du Front populaire était allée plus loin dans le retrait de la nationalité aux délinquants fraîchement naturalisés ! <br />   <br /> L'affirmation vient en droite ligne [d'une interview-&gt;http://www.fdesouche.com/132451-le-front-populaire-prevoit-la-decheance-de-la-nationalite-en-1938] du dirigeant du Front national, le 25 août. <br />   <br /> La réalité : [un décret-loi-&gt;http://pages.livresdeguerre.net/pages/sujet.php?id=docddp&amp;su=103&amp;np=780] du 12 novembre 1938, date à laquelle un gouvernement Daladier, comprenant des ministres de droite, tourne le dos au Front populaire, tout en cherchant des compromis avec le nazisme (nous sommes entre les accords de Munich du 30 septembre et la visite à Paris de Ribbentrop, pour signer un traité d'amitié, en excluant les ministres "juifs" Zay et Mandel des réceptions, le 6 décembre -en passant par la répression démesurée d'une grève de 24 heures, le 30 novembre). <br />   <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 8 septembre 2010) <br />   <br />   <br />   <br />   <br />   <br />   <br /> _______________ <br /> _______________ <br />   <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Hitler visait la domination mondiale : encore cette vieille lune ! </strong> <br />   <br /> Yoram Hazony, du Shalem Center de Jérusalem, est un jeune politologue israélien. <br />   <br /> Dans un essai intitulé {Israel Through European Eyes} (« Israël vu par les Européens »), il affirme que les gens de gauche (auxquels il ne semble pas porter une affection sans bornes) ont récemment inventé un "nouveau paradigme" inspiré de Kant, la disparition de l'Etat-nation. Son propos est ainsi résumé par Daniel Pipes le 17 août 2010, dans la [National Review online-&gt;http://fr.danielpipes.org/8779/emmanuel-kant-contre-israel] : <br />   <br /> {Est-il besoin de faire remarquer qu'il est faux d'attribuer les horreurs nazies à l'État-Nation ? Les nazis, qui voulaient mettre fin aux États-Nations, rêvaient, à l'instar de Kant, d'un État Universel.} <br />   <br /> Le nazisme poursuivit au contraire avec une remarquable constance le projet non pas d'une planète, mais d'une Europe allemande (partageant le pouvoir mondial avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Japon), et c'est bien pour cela : <br />   <br /> 1) qu'il a failli réussir; <br /> 2) qu'il a été en mesure de se livrer à un gigantesque massacre des Juifs de cet espace. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 1er septembre 2010) <br />   <br />   <br /> _________________ <br /> __________________ <br /> . <br />   <br /> <strong>"Hitler démocratiquement élu" : un internaute s'obstine ! </strong> <br />   <br />   <br />   <br /> L'une des missions les plus salubres de l'historien du nazisme est, à mon sens, de combattre ce préjugé encore aujourd'hui très commun. Il a en effet la triple et fâcheuse conséquence de masquer : <br />   <br /> -les engagements fallacieux par lesquels ce chef d'un parti raciste et violent a obtenu, le 30 janvier 1933 sa désignation comme chancelier, et les tricheries quotidiennes au terme desquelles il a installé sa dictature personnelle, à dater du 28 février; <br />   <br /> -la légèreté des classes dirigeantes allemandes, qui se croyaient en position de contenir et de contrôler ce minoritaire dont la nomination n'était en rien obligatoire; <br />   <br /> -celle de la communauté internationale, parfaitement fondée, selon les règles en vigueur notamment depuis la création de la Société des nations, à ne pas se laver les mains de ce processus. <br />   <br /> Or [sur mon propre forum-&gt;http://www.delpla.org/forum/viewtopic.php?f=3&amp;t=241&amp;p=5020#p5020] un internaute relaps (il avait reconnu que Hitler avait été nommé, puis avait recommencé à écrire comme si de rien n'était qu'il avait été élu) vient de déclarer : <br />   <br /> {Oser me reprocher d'avoir dit que le chef d'un parti qui comptait plusieurs centaines de députés avait été élu dénote un esprit fâcheusement procédurier ou fâcheusement... universitaire.} <br />   <br />   <br />   <br /> Eh bien, vive l'audace, et vive l'université ! <br />   <br /> Mais nous n'irons pas jusqu'à la procédure, du moins de mon fait. <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 19 mai 2010) <br />   <br />   <br /> ______________________ <br /> ______________________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Magazine {L'Histoire} : perseverare diabolicum ! </strong> <br />   <br />   <br /> Dans un [dossier-&gt;http://www.delpla.org/article.php3?id_article=441] assez médiocre sur la défaite française de 1940, votre serviteur avait relevé [publiquement-&gt;http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=59&amp;t=23814&amp;p=327270#p327270] une faute étonnante : la chronologie, qui datait à juste titre du <br /> 3 septembre 1939 la déclaration de guerre de la France, la situait fâcheusement avant celle de l'Angleterre, qui pour sa part aurait attendu jusqu'au 4. <br />   <br /> Le numéro suivant comporte un rectificatif renouvelant la principale erreur ! Car il admet que les deux déclarations ont eu lieu le même jour, tout en répétant que celle de l'Angleterre était postérieure (alors qu'elle datait de 11 h, et la française de 17h). <br />   <br /> Or cet écart a un sens politique important : déjà fort tardif par rapport à l'agression nazie contre la Pologne (le 1er septembre à l'aube) à laquelle il était censé répliquer, ce geste avait été encore plus laborieux à obtenir de Paris que de Londres, ce qui, tout en reflétant l'alignement de la France sur l'Angleterre pendant les années 30, n'était pas sans préfigurer la scission de juin 1940 entre les deux pays. <br />   <br /> (mis en ligne le 3 mai 2010) <br />   <br />   <br />   <br /> ______________ <br /> _________________ <br />   <br />   <br /> <strong>Est-ce l'effet Sarkozy (Jean) ? </strong> <br />   <br /> Lu sur un billet du festival "Chorus", organisé par le conseil général des Hauts-de-Seine, début avril 2010 : <br />   <br /> "Ce billet ne sera ni repris ni échangé, même en cas de perte ou de vol." <br />   <br /> (mis en ligne le 13 avril) <br />   <br /> __________________ <br /> ____________________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Quand Yannick Haenel fictionne </strong> <br />   <br /> Extrait [du sottisier de son roman-&gt;http://www.delpla.org/article.php3?id_article=435] {Jan Karski} (Gallimard, septembre 2009, prix FNAC puis Interallié) : <br />   <br /> {Lorsqu'on incrimine la passivité des Polonais face à l'extermination, on oublie que la Pologne était occupée par les nazis et les staliniens.} (p. 181) <br />   <br /> Dans la polémique subséquente (éclose seulement début 2010 grâce à Annette Wieviorka), on entend beaucoup (trop) dire qu'il y aurait des malentendus "de génération" entre le quadragénaire Haenel et certains de ses aînés. <br />   <br /> Il est de fait que les plus obtus des auteurs nés avant 1960 n'ont pas encore, à ma connaissance, assimilé Staline à Hitler au point de les croire tous deux en Pologne à l'époque de la Solution finale ! <br />   <br /> (alors que l'occupation conjointe dure de septembre 1939 à juin 1941 et que la Solution finale démarre à la fin de cette année, tout le territoire ci-devant polonais étant aux mains du Reich) <br />   <br /> (mis en ligne le 25 février 2010) <br />   <br />   <br /> _________________ <br /> _________________ <br />   <br />   <br />   <br /> <strong>Sophie Marceau, biologiste du futur </strong> <br />   <br /> interviewée par {Télé-magazine} (n° 2832) à propos du film {Lol} qui la campe en mère d'une adolescente : <br />   <br /> "- Le petit oiseau éprouve le besoin de s'affranchir et de couper le cordon." <br />   <br /> Il avait peut-être un fil à la patte ! <br />   <br />   <br /> (mis en ligne le 14 février 2010) <br />   <br /> note du 20 mai : tapez la phrase sur Google, vous la verrez apparaître des dizaines de fois... preuve qu'elle n'avait pas été improvisée au hasard d'une rencontre avec un journaliste mais mûrement pesée par le service de promotion. C'est encore plus drôle ! <br />   <br /> _____________________ <br /> _______________________ <br />   <br />   <br /> <strong>et encore un pavé de l'ours ! </strong> <br />   <br /> Sur Causeur.fr, en réponse à Jérôme Leroy qui rappelait les tortures subies par certains militants communistes pendant la guerre d'Algérie : <br />   <br /> {Têtuniçois dit : <br />   <br /> 28 août 2009 à 19:13 <br />   <br /> En Algérie on ne torturait pas les communistes qui n'avaient rien fait . On torturait les communistes qui aidaient le FLN a poser des bombes contre les Européens .} <br />   <br /> (mis en ligne le 29 août 2009) <br />   <br /> ______________ <br /> ____________ <br />   <br />   <br /> <strong>Puissants cryptogames </strong> <br />   <br />   <br />   <br /> De Pierre-André Taguieff [cité par-&gt;http://www.idee-jour.fr/Pierre-Andre-Taguieff-s-invite.html] Emmanuel Lemieux : <br />   <br /> {Comme les champignons après la pluie, les illusions mortelles, à peine habillées de neuf, renaissent après les catastrophes qu'elles ont provoquées.} <br />   <br /> S'ils font la pluie, espérons que les champignons fassent aussi le beau temps ! <br />   <br /> (mis en ligne le 28 août 2009) <br />   <br /> __________ <br /> ___________ <br />   <br />   <br /> [perles plus anciennes-&gt;http://www.delpla.org/article.php3?id_article=446] Wed, 08 Apr 2020 19:34:01 +0200 Johann Chapoutot publie un livre important https://www.delpla.org/site/articles/articles-11-64+johann-chapoutot-publie-un-livre-important.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-11-64+johann-chapoutot-publie-un-livre-important.php <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&amp;id=83">du même auteur</a><br /> <br /> <br /> <br /> <em> La loi du sang / Penser et agir en nazi </em>(Gallimard, Bibliothèque des histoires,9 octobre 2014)<br /> <br /> Recension première mise en ligne le 24 novembre 2014<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><span style="text-decoration: underline;">L'un des premiers ouvrages généraux sur le nazisme qui prennent son discours au sérieux... mais il gomme le rôle fondateur de la folie hitlérienne.</span></span><br /> <br /> <br /> Cette thèse d'habilitation, soutenue en 2013, affirme haut et fort en introduction et en conclusion que le discours nazi a été beaucoup trop négligé par les historiens, qu'une évolution est en cours à ce sujet depuis quelques années et que des études précises des ouvrages théoriques produits par les philosophes, historiens, médecins et juristes, ainsi que des productions culturelles inspirées par eux notamment en matière de cinéma, sont indispensables à la compréhension des "pratiques" nazies, exclues par définition du champ de cette recherche. L'auteur a soin cependant de se démarquer de tout "intentionnalisme naïf" et de se rattacher au bon vieux courant fonctionnaliste, qui décidément a encore quelques beaux jours devant lui en dépit de son "dépassement" si souvent annoncé depuis les années 1990.<br /> Dans sa conclusion (p. 528), Chapoutot pousse à l'extrême sa génuflexion devant le fonctionnalisme à propos de la Solution finale. Une décision qui, en novembre 1941 (plutôt que décembre, date retenue par JC), procède, plus que toute autre, de la folie hitlérienne, loin de toute "fonction" appelée par l'évolution de la situation. En effet, si la décision est censée être prise après l'entrée en guerre des Etats-Unis (le 7 décembre lors de l'attaque de Pearl Harbor), des raisons sanitaires semblent plus déterminantes encore : <br /> <br /> <em>Les idées avancées par l'antisémitisme biomédical ne sont que des conditions de possibilité d'actes qui, de pensables et possibles qu'ils étaient, vont devenir souhaitables dans un contexte spécifique, celui de l'automne 1941 : la brutalité de la politique nazie de ghettoïsation des Juifs de Pologne, puis d'ailleurs, dans les ghettos du Gouvernement général entraîne une situation sanitaire catastrophique telle que, comme l'a montré Paul Weindling, le meurtre s'impose, un meurtre qui épouse les justifications sanitaires et revêt la forme de procédures médicales.</em><br /> <br /> Voilà qui noie l'impulsion hitlérienne, plus évidente et plus nécessaire qu'en toute autre matière, dans un tel flou qu'on a l'impression que la décision, en son absence, se serait imposée d'elle-même. Il est d'ailleurs censé (p. 505) avoir "emboîté le pas à Goebbels" dans un discours du 30 janvier 1942. Un Goebbels affirmant en public le 1er décembre que les Juifs subissaient un châtiment mérité. C'était avant Pearl Harbor ! Goebbels serait donc l'inspirateur suprême ? Mais au fond tout cela est bien confus.<br /> <br /> Sans verser moi-même dans un "intentionnalisme" naïf ou non (j'ai toujours refusé l'étiquette), je pense avoir montré dans tous mes travaux que Hitler maîtrisait son affaire, du moins entre 1930 et la mi-mai1940 (la venue de Churchill au pouvoir changeant alors la donne), et, dans mes livres récents, que l'idéologie nazie était son invention personnelle, sous l'empire d'une psychose paranoïaque déclenchée en 1918. Même si, bien entendu, il utilise force matériaux préexistants, à la fois pour bâtir ses propres idées, et pour les mettre plus facilement en circulation. Sur ce dernier plan, rien ne semble avoir bougé dans la vision de Johann Chapoutot depuis <a href="http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=PARL_013_0063">ces lignes de 2010</a>, résumant un article de la revue <em>Parlements</em> :<br /> <br /> <em>Tout fut fait, dans la propagande du Parti nazi, puis, à partir de 1933, de l&#8217;État, pour faire du Führer un homme providentiel, héros et sauveur doté de toutes les vertus. Hitler lui-même ne manquait pas de faire référence à la Providence et à un très haut qui, non content de l&#8217;avoir fait parvenir au pouvoir, le protégeait si visiblement contre ennemis et attentats. Une lecture plus attentive de ses propos montre, cependant, qu&#8217;il ne croyait lui-même guère à tout cela et que ce mystique apparent était, fondamentalement, un positiviste de la nature et de ses lois, le déterminisme biologique tenant lieu de cette grande force cosmologique qu&#8217;il invoquait parfois ou de cette Providence dont l&#8217;invocation nimbait son pouvoir d&#8217;une mystérieuse et séduisante aura.</em><br /> <br /> La folie de Hitler se déploie suivant deux grands axes : la nocivité universelle et multiforme du Juif; la mission donnée par la Providence à Adolf Hitler d'y mettre bon ordre. Ces invocations n'ont donc rien de rhétorique et sont loin d'être de pure propagande (même si cette préoccupation existe, notamment pour ne pas provoquer trop vite les chrétiens). Cette Providence est bien un dieu personnel et substantiel, qui se mêle de près des affaires humaines.<br /> <br /> Ce livre très riche deviendra vite un classique... mais il clôt une époque autant qu'il en ouvre une. Son curieux plan en est un indice : la matière est répartie en trois corpus intitulés respectivement "procréer", "combattre" et "régner"; cette classification n'est justifiée nulle part dans le livre et les chevauchements sont nombreux, de même que les développements mal reliés au titre sous lequel ils se rangent. Les faits seraient mieux ordonnés si on partait de Hitler et de ses lubies plutôt que de le croiser de temps à autre au milieu de ses disciples, et quasiment sur le même plan qu'eux.<br /> <br /> <br /> *********<br /> <a href="http://www.quatrea.com/fichiers/FeralLe%20nazisme%20et%20l%27antiquit%C3%A9%20de%20Johann%20Chapoutot.pdf">Deux longues </a> <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=66"> recensions </a> du livre de Chapoutot <em>Le nazisme et l'Antiquité</em>.<br /> <br /> <br /> ********************************************************************************************************************<br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 20px;"><br /> Informations et réflexions ultérieures</span></span></strong><br /> <br /> Le courrier des lecteurs du magazine <em>L'Histoire</em> (numéro de janvier 2015) comporte une réponse de Johann Chapoutot à un correspondant qui s'étonnait d'une sienne affirmation, dans un numéro précédent : il avait écrit que Hitler ne voulait pas d'une guerre avec l'Ouest; le lecteur fait remarquer notamment que l'idée en était déjà bien dessinée dans <em>Mein Kampf</em>.<br /> <br /> Chapoutot objecte :<br /> <br /> Mein Kampf<em>, on le sait, n'est pas un programme politique stricto sensu. Hitler au pouvoir n'est pas seul. D'une part, il a évolué en presque dix ans et d'autre part il doit composer avec militaires et industriels, fort réticents à l'idée d'une guerre à l'Ouest. Ce qui fait plus consensus est une expansion à l'Est.<br /> <br /> Depuis 1936 et la remilitarisation de la Rhénanie, Hitler est persuadé qu'il pourra attaquer la Pologne sans aucune réaction des démocraties (Grande-Bretagne et France). Ce qui se profile est à ses yeux une solution négociée comme à Munich (pour les Sudètes), ce qui est le projet avéré de Georges Bonnet ministre des Affaires étrangères, mais aussi de lord Halifax. Je maintiens donc que Hitler s'est résolu à la guerre alors que depuis 1936, donc, l'hypothèse, quoique sérieusement envisagée, n'était plus privilégiée. Le réarmement auquel vous faites référence a pour objet avant tout la lutte contre l'Est. Cet armement devrait aussi pouvoir servir contre l'Ouest -mais la machine de production allemande n'est pas à la hauteur d'une guerre sur deux fronts.</em><br /> <br /> L'idée que Hitler n'avait pas prévu les événements de septembre 1939 et a vu ses plans dérangés par la déclaration de guerre anglo-française est monnaie courante, depuis les événements eux-mêmes. Elle s'accompagne souvent de l'affirmation que le nazisme ne préparait pas, dès son installation, une guerre et s&#8217;est trouvé contraint, par sa gestion calamiteuse de l'économie allemande, d'en déclencher une pour éviter une faillite financière. Chapoutot reconnaît que le gouvernement nazi avait bel et bien préparé de longue date une guerre, mais voit dans l'URSS la seule grande puissance qu'il comptait affronter.<br /> <br /> <em>Mein Kampf</em>, en son tome 2 (1926), n'est certes pas "un programme politique stricto sensu", mais comporte en revanche un projet militaire précis : éliminer la puissance française pour "assurer les arrières" d'une expansion vers l'est. Or c'est exactement ce qui se passe. L'entreprise échoue certes mais non point du fait de l'URSS, neutralisée au dernier moment par un pacte de non-agression et d'amitié avec l'Allemagne, ni du fait de la France, qui a docilement offert son cou au bourreau en déclarant la guerre sans la faire. Elle laisse alors Hitler frapper à son heure avec les moyens et la tactique adéquats. Reste l'Angleterre, censée se résigner, après la perte de son allié français, à une paix qui laisserait à l'Allemagne les "mains libres à l'est". Le remplacement, en pleine offensive allemande contre la France, du premier ministre britannique fait échouer la manoeuvre, d'extrême justesse. On sait en effet depuis peu que Churchill a éprouvé toutes les peines du monde à convaincre son cabinet de continuer, dans l'été 1940, une guerre ruineuse et apparemment vaine.<br /> <br /> Il s'agit donc d'une tentative inouïe, menée de main de maître, de modifier en quelques offensives (contre la Pologne et la France principalement) les rapports de force planétaires. Elle a été annoncée dans un livre douze ans à l'avance... et elle devrait tout à l'improvisation ? ce serait plus inouï encore !<br /> <br /> Hitler préparait, d'après Chapoutot, une guerre toute différente dans un azimut opposé. Voilà qui semble bien difficile à prouver. Il se présente au contraire comme un homme de paix, sans nuance aucune jusqu'en octobre 1938 puis, à partir de ce mois, il laisse entendre de plus en plus nettement que si on l'attaque on trouvera à qui parler. Mais l'assaillant présumé est occidental, et plus précisément britannique, la France n'étant mise en cause que pour sa trop grande docilité envers la "gouvernante anglaise" -une expression forgée par Hitler à ce moment. Il n'y a pas, avant la campagne de France, la moindre préparation en Allemagne d'une guerre contre la Russie. L'anticommunisme récurrent de la propagande nazie n'empêche pas des relations diplomatiques et commerciales avec l'Union soviétique, moins étroites que sous le régime précédent mais encore bien éloignées d'une rupture. Surtout, si Hitler voulait s'attaquer à l'URSS, il devrait écarter d'une manière ou d'un autre un obstacle important, sur le plan géographique plus encore que militaire : la Pologne. Il faudrait soit lui faire la guerre, soit s'en faire une alliée en jouant sur son propre anticommunisme. Dans le premier cas, l'Allemagne se mettrait immanquablement à dos la France, liée à la Pologne par un traité contraignant, et aussi l'Angleterre, obligée d'assister la France si l'Allemagne se lançait dans des agressions caractérisées. C'est bien ce qui se produit, et qui amène Hitler tout près d'un triomphe total en mai ou juin 1940.<br /> <br /> Si en revanche Hitler se faisait de la Pologne une alliée, et une armée d'appoint dans une croisade antisoviétique, il devrait commencer par supprimer les points de friction entre les deux pays (comme il le fait avec l'Italie... dans le droit-fil de <em>Mein Kampf</em>) : Dantzig, son corridor et la condition des minorités allemandes de Pologne; il s'engagerait ensuite dans une collaboration militaire plus ou moins discrète. Mais il romprait du même coup avec un bonne partie du projet de <em>Mein Kampf</em>, imprégné de racisme antislave et désignant nommément le territoire polonais comme une partie intégrante de l'"espace" vital convoité. Au lieu de cela que fait-il ? Un pacte de non-agression avec Varsovie, signé pour dix ans le 26 janvier 1934, qui gèle les questions pendantes et permet donc de les réactiver sous un prétexte quelconque au moment opportun (un art dans lequel Hitler est maître). Ce pacte est pour beaucoup dans la crédibilité relative de son image d'homme de paix. Il rassure en particulier les deux puissances qui ont tout à craindre d'un rapprochement germano-polonais, la France et la Russie. Puisqu'il s'agit de non-agression, et non d'une alliance pour faire des conquêtes, il sera toujours temps de s'inquiéter plus tard...<br /> <br /> Quant aux industriels et aux militaires dont Hitler doit tenir compte, il en est le premier conscient : il gratifie les uns et les autres d'un discours-programme dès février 1933. Mais il organise son pouvoir de telle sorte qu'il est de moins en moins tributaire de leurs avis. L'étape la plus importante de ce processus est accomplie le 4 février 1938 quand l'économie, la diplomatie et l'armée sont prises en main par des nazis bon teint (respectivement Funk, Ribbentrop et Hitler lui-même) en lieu et place de conservateurs qui rassuraient l'étranger.<br /> <br /> Au total, la façon dont l'Allemagne replonge le monde dans la guerre deux décennies après une déroute apparaît comme un pari audacieux et très maîtrisé, en cohérence parfaite avec une idéologie délirante que le livre de Chapoutot montre fort bien à l'oeuvre dans d'autres domaines.<br /> <br /> En d&#8217;autres termes, une erreur politique et diplomatique, florissante dans les années trente, a contaminé les études historiques : il serait toujours temps de s&#8217;inquiéter et d&#8217;agir le jour où un Reich militairement immature oserait se frotter à l&#8217;URSS et semblerait en voie de l&#8217;emporter ; une action prématurée de l&#8217;Occident risquerait au contraire de renforcer le communisme. Cette vision est (enfin) en voie de dépérissement dans le monde de la recherche, au profit d&#8217;une perception résolue de la continuité des desseins hitlériens. Un Churchill en Angleterre, un Mandel en France, deux fieffés anticommunistes déjà actifs au niveau gouvernemental dans la guerre précédente, avaient amplement raison de sonner le tocsin dès 1933, quelque immatures que fussent les armées de leurs pays respectifs, et l&#8217;affaire aurait d&#8217;ailleurs pu se conclure sans guerre, Hitler étant déposé par des militaires incomplètement mis au pas et effrayés, précisément, par la perspective d&#8217;une guerre sur deux fronts. Un chercheur d&#8217;avant-garde, Johann Chapoutot, livre sur ce point un combat d&#8217;arrière-garde, en avançant que Hitler comptait faire l&#8217;économie, avant sa croisade vers l&#8217;est, d&#8217;un écrasement militaire de la France &#8211;qu&#8217;il a accompli avec une froide résolution et dont tout démontre que la pensée ne l&#8217;a jamais quitté.<br /> <br /> (mis en ligne le 6 janvier 2015, 10h)<br /> <br /> <br /> *********************************************************<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 17px;">La folie dans l'ouvrage de Chapoutot</span></span></strong><br /> <br /> <br /> Il en est essentiellement question dans l'introduction, lorsque l'auteur présente les conceptions antérieures auxquelles il s'oppose :<br /> <br /> <em>Dès qu'il est question du nazisme et de ses crimes, "on" -entendons la presse, les éditorialistes, les commentateurs, tous ceux qui donnent forme à l'expression publique- mobilise toute une série d'explications qui n'en sont pas. Les acteurs du crime nazi auraient été "fous", dit-on. Un passage en revue, <span style="text-decoration: underline;">du haut en bas de la hiérarchie </span>(souligné par FD), laisse le psychiatre <span style="text-decoration: underline;">presque</span> (idem) totalement bredouille : s'il y eut des fous dans les rangs nazis, il n'y en eut guère plus que dans tout autre groupe humain, ce qui laisse la quasi-totalité de ceux qui dirent et firent le IIIème Reich sous la juridiction de l'historien.<br /> L'explication par la barbarie est plus séduisante (...). </em> (p. 13)<br /> <br /> On croit comprendre (mais cela irait mieux en le disant) que le haut, c'est-à-dire Hitler, est ressorti "non fou" de cet examen universel des adeptes du nazisme par un psychiatre non identifié. En outre, la folie n'aurait en l'affaire <em> aucune</em> valeur explicative. Enfin, il ne serait pas plus important et explicatif d'examiner le psychisme du chef que celui des exécutants.<br /> <br /> De fait, le Führer est souvent cité dans l'ouvrage -c'est une de ses originalités et de ses qualités- mais presque comme le serait un simple soldat. Il n'est jamais en position d'inspirateur suprême, et presque jamais, même, un <em>primus inter pares</em>. J'en prendrai pour exemple ce qui est dit, p. 155, de la répudiation du christianisme par les nazis. Elle est censée s'être faite par étapes :<br /> <br /> <em>Comme souvent, les propos du Führer font écho à ce qui se dit ailleurs et que Hitler, hypermnésique touche-à-tout, a lu, entendu et retenu. L'aryanité de Jésus est une vieille lune qui permet aux chrétiens de concilier leur amour du Crucifié et leur révérence pour la race nordique. C'est dans cet esprit que le programme du NSDAP, en 1920, professe l'attachement du parti à un "christianisme positif" dont Hitler, pour des raisons personnelles mais aussi d'opportunisme politique, va mettre longtemps à se détacher. Il faudra attendre le milieu des années 1930 et les réticences du Vatican devant les lois eugénistes pour que le Führer rompe intérieurement avec le christianisme de son enfance et envisage clairement un avenir sans christianisme. </em><br /> <br /> La psychose de Hitler se déclenche vraisemblablement en novembre 1918 à l'hôpital de Pasewalk. Ce paranoïaque identifie définitivement son ennemi et le baptise "le Juif" à l'époque de son trentième anniversaire (avril 1919). Il s'imagine appelé par une "Providence" à lutter contre ce fléau et invoquera souvent cette instance. Il y a dès cette époque peu de place pour le "christianisme de son enfance" et beaucoup, en revanche, pour l'opportunisme politique, qui lui fait rechercher dès avant son arrivée au pouvoir le concours de l'Eglise catholique et de son parti, le Zentrum (ce dernier contribue à élire Göring, en août 1932, à la présidence du Reichstag), qui l'incite à signer au plus vite un concordat et à ne jamais le dénoncer même si son application est jalonnée de crises, et même à rester catholique jusqu'au bout puisque les papes n'ont osé l'excommunier et que lui-même n'a pas renié son appartenance fiscale à l'Eglise (contrairement à un Heydrich qui franchit le pas en octobre 1936).<br /> <br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 6 janvier 2015, 21h)<br /> <br /> ***************************************************************************************************<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 17px;">Les leçons de<em> L'Histoire</em></span></span></strong><br /> <br /> <br /> Les erreurs de JC dans sa réponse au lecteur, ainsi que les rares réserves de Chrisitian Ingrao dans sa recension (dans <a href="http://www.histoire.presse.fr/livres/tete-nazis-01-11-2014-118183">le même magazine</a> en novembre 2014)<br /> <br /> "<em>Ce très beau livre appelle une discussion notamment sur la question du continuum entre discours et pratiques, sur le statut des contre-exemples, sur l'articulation des impératifs catégoriques entre eux, et enfin sur le statut des sources et l'inscription et la circulation sociales.</em>"<br /> <br /> attirent l'attention (du moins la mienne) sur la plus grosse lacune du livre : il ne dit rien ou presque de la Grande-Bretagne et de sa place dans l'idéologie nazie. Or son propos l'appellerait, en deux occasions surtout :<br /> <br /> -lorsqu'il est question de ce que l'idéologie nazie doit au colonialisme;<br /> <br /> -dans les pages sur la politique extérieure.<br /> <br /> Diversement résolue, une question capitale est du moins posée dans la plupart des autres ouvrages : l'offre d'alliance de Hitler à la Grande-Bretagne sur la base d'une répartition de la domination sur les peuples présumés inférieurs (à toi les mers et les peuples de couleur, à moi l'Europe et les Slaves) est-elle sincère et constante ?<br /> <br /> J'y apporte pour ma part une réponse positive, étroitement corrélée à <em>mon</em> diagnostic de folie <em>individuelle</em>. Hitler n'est pas un cinglé, un excité tous azimuts (vision notamment de Rauschning, que Chapoutot cite volontiers sans la moindre réserve), mais un paranoïaque des plus conséquents qui non seulement croit que "le Juif" persécute son pays, mais développe contre cet ennemi imaginaire une stratégie réaliste : il n'est pas question de dominer avec 80 millions d'habitants une planète de deux milliards, mais de pervertir de l'intérieur la puissance et l'expérience d'un immense empire colonial en le mettant au service de l'idée délirante d'une inégalité des races.<br /> <br /> C'est cette stratégie qui se casse les dents contre Churchill... à quelques heures près.<br /> <br /> <br /> (mis en ligne le 7 janvier 2015, 10h)<br /> <br /> ================================================<br /> <br /> <strong><span style="font-size: 17px;"><span style="text-decoration: underline;"><br /> Sur <a href="http://www.nonfiction.fr/article-7411-prendre_les_nazis_au_serieux.htm">nonfiction.f</a>r</span></span></strong><br /> <br /> Nicolas Patin écrit une recension entièrement laudative.<br /> <br /> Mon commentaire :<br /> <br /> <em><br /> 22/02/15 12:52<br /> L'ouvrage de Chapoutot est plus une banque de données (ô combien précieuse) qu'un livre d'histoire, dans la mesure où il n'explique absolument pas comment un fonds idéologique que lui-même qualifie d'européen et qui, en matière par exemple d'antijudaïsme, prend racine quelques millénaires plus tôt, a pu se cristalliser dans le projet guerrier le plus vaste et le dispositif meurtrier le plus systématique en un moment et en un pays précis.<br /> <br /> Le traumatisme de la défaite et de la sortie de guerre ne fait pas ici l'affaire, car quinze ans plus tard, et malgré la nouvelle épreuve qu'était la crise "de 29", plus personne ne pouvait craindre que l'étranger fût en train de tuer l'Allemagne.<br /> <br /> Je propose pour ma part une piste : non pas une folie collective, mais une psychose déclenchée dans l'esprit d'un individu nommé Adolf Hitler. Là se forme un fantasme : "ce sera nous ou eux". Hitler met au service de ce fantasme un génie manoeuvrier et organisationnel longtemps inaperçu, dont la description va probablement mobiliser les historiens pendant quelques années, et peut-être quelques décennies.<br /> </em><br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;">=============================================================</span><br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Antisémitisme et négationnisme chez Jean-Marie Le Pen</span></strong><br /> <br /> <br /> <br /> <a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/020415/le-pen-antisemite-en-quoi-et-pourquoi">Dans les commentaires</a> d'un billet de Mediapart <br /> <br /> <br /> 09/04/2015, 18:27 | Par François Delpla en réponse au commentaire de valandre78 le 09/04/2015 à 10:18<br /> <br /> Je laisse Dieu sonder les reins et les coeurs, et peu me chaut que Le Pen soit intimement et constamment antisémite ou belliciste. Ce que je commente, ce sont des actes et des propos.<br /> <br /> En tant qu'addict à l'étude des mystères du nazisme, et conscient que je suis loin moi-même de tout comprendre, je constate que le négationnisme est une chose très répandue et partagée chez les observateurs du phénomène (journalistes, politiciens ou historiens), depuis bientôt un siècle. J'entends par là le fait de nier ou de minorer l'agressivité de Hitler.<br /> <br /> Par exemple, le courrier des lecteurs de janvier du magazine L'Histoire contient une réponse très surprenante (mais en fait, pas tant que cela) de Johann Chapoutot (qui passe, en partie à juste titre, pour l'un des historiens du nazisme les plus novateurs de notre époque) à un lecteur qui s'étonnait qu'il présente la guerre sur le front de l'Ouest comme un accident, alors que la guerre à l'est aurait été voulue et prévue. C'est nier l'agressivité anti-française du nazisme, qui imposait de plumer le coq gaulois avant de se lancer franchement vers l'est. Et cela passait nécessairement par une guerre non seulement contre la France, mais contre l'Angleterre -qui, dans son éternel souci d'"équilibre européen", ne pouvait laisser tomber la France, au profit d'une Allemagne aussi ambitieuse, avant qu'elle ne soit battue. Mein Kampf annonçait donc ce qui allait se passer, mais dissimulait l'ordre des opérations. L'alliance éternelle contre les peuples inférieurs proposée à l'Angleterre, annoncée sur le même plan que le projet d'écraser la France, ne pouvait en fait qu'être postérieure.<br /> <br /> L'un des pères de l'église négationniste est l'historien anglais AJP Taylor, qui se disait lui-même "révisionniste". Dans un livre retentissant de 1961, The Origins of the SWW, il présentait précisément cette thèse de l'accident que Chapoutot, consciemment ou non, reprend aujourd'hui. En 1939, Hitler n'aurait nullement cherché à provoquer une guerre et la situation aurait échappé à tout le monde, comme en 1914. Très peu d'ouvrages parus depuis sur la guerre ou sur ses origines immédiates (par exemple, en 2009, celui de Richard Overy) ont pris suffisamment le contrepied de ces fariboles, l'idée la plus courante étant que, puisque par les accords de Munich on avait abandonné à Hitler les Sudètes sans combat en septembre 1938 et qu'on l'avait sans réaction militaire laissé occuper le reste de la Tchécoslovaquie en mars 1939, il devait penser qu'on le laisserait bien prendre encore en septembre, avec Dantzig et son corridor, un bout de terre plus petit et plus allemand. Or de nombreux documents montrent, et qu'il visait d'emblée à occuper toute la Pologne, dès le mois d'avril, et qu'il avait sciemment fermé à Paris et à Londres la porte de sortie d'un nouveau Munich : en d'autres termes, il avait sciemment provoqué la déclaration de guerre de Paris et de Londres. Pour une raison évidente : parce qu'il voulait écraser la France. Et il n'avait pas d'autre choix que de le faire d'un coup sec, pour obtenir de Londres une paix de résignation et ne pas provoquer une mobilisation américaine.<br /> <br /> On voit que pour moi le négationniste Le Pen est en bonne compagnie. Ce qui est en jeu, c'est le constat (mieux vaut tard que jamais) de la cohérence du projet nazi.<br /> <br /> Dont la chambre à gaz est un parfait symbole.<br /> <br /> <br /> (09/04/2015, 21:13 | Par François Delpla<br /> <br /> Si le cahier livres du jeudi a du retard sur l'actualité de l'historiographie du Troisième Reich, en revanche <em>Libé</em> a sa pêche de toujours sur les titres de Une !) (le titre en question : "Marine joue à qui père gagne")<br /> <br /> <br /> ====================================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Quand le débat sur Mein Kampf radicalise Johann Chapoutot</span></strong></span><br /> <br /> <br /> <a href="http://www.liberation.fr/debats/2015/10/26/johann-chapoutot-cette-focalisation-sur-ce-texte-a-l-inconvenient-d-encourager-une-lecture-hitlero-c_1409031">Une interview parue le 26 octobre 2015</a> dans<em> Libération</em><br /> <br /> <em><br /> Vous avez été sollicité pour travailler sur l&#8217;édition de Mein Kampf. Pourquoi avoir refusé ?</em><br /> <br /> Pour des raisons de lassitude personnelle avant tout : j&#8217;ai beaucoup travaillé sur l&#8217;idéologie nazie et sur des sources qui, à mon avis, sont bien plus intéressantes et décisives que ce texte. J&#8217;estime avoir mieux à faire que préparer une édition critique que nos collègues allemands de l&#8217;Institut für Zeitgeschichte (Munich) élaborent avec science et talent depuis des années. Vous me répondrez que cette édition sera en allemand, et que le public français n&#8217;y aura pas accès. Mais les chercheurs, eux, pourront toujours la lire. A part eux, qui peut avoir un intérêt à la lecture de Mein Kampf ? Les professeurs d&#8217;histoire, sans doute, et les collègues et amis qui vont travailler à cette édition française estiment de leur devoir de fournir aux enseignants un outil de travail. J&#8217;entends cet argument, tout en estimant que, par leurs travaux et publications, ils travaillent déjà pour eux.<br /> <br /> <em>Pour quelles raisons êtes-vous opposé à la publication de</em> Mein Kampf <em>telle qu&#8217;elle est réalisée par Fayard ?</em><br /> <br /> Je n&#8217;y suis pas opposé. Fayard a eu la sagesse de s&#8217;adresser à d&#8217;excellents historiens qui se disposent à faire un très bon travail d&#8217;édition critique : contextualisation du texte, notes, élucidation des notions&#8230; Ce travail, je le répète, gagnerait à être effectué pour une myriade d&#8217;autres sources, produites par des hauts fonctionnaires, des scientifiques (médecins, juristes, géographes, historiens, anthropologues spécialistes de la race, etc.) qui travaillaient dans les années 20, 30 et 40 et qui ont informé l&#8217;univers culturel et mental dans lequel les actes nazis ont ensuite pris place et sens.<br /> <br /> Je trouve, mais mes collègues le savent aussi bien que moi, que cette focalisation sur <em>Mein Kampf</em> a l&#8217;inconvénient d&#8217;encourager une lecture hitléro-centriste du nazisme, depuis longtemps dépassée.<br /> <br /> Cela dit, une bonne édition critique du livre pourrait précisément montrer cela : que ce texte n&#8217;a pas eu l&#8217;importance qu&#8217;on lui prête, ni son auteur la centralité absolue que l&#8217;on croit.<br /> <em><br /> Cela signifie-t-il qu&#8217;il faut interdire toute publication des textes de propagande comme le Protocole des Sages de Sion ? Et interdire la diffusion de film comme le Juif Süss ?</em><br /> <br /> Interdire n&#8217;appartient généralement pas au vocabulaire de l&#8217;historien. Tout travail sur une source est légitime : les sources produites par les nazis n&#8217;échappent pas à ce principe. Un travail de mise en perspective (critique externe) et d&#8217;élucidation (critique interne) doit aiguiser l&#8217;intelligence et permettre la connaissance, voire la compréhension, des phénomènes historiques. Cela dit, on n&#8217;est pas obligé non plus de saturer l&#8217;espace public de ces objets. Un historien est avant tout là pour écrire des livres d&#8217;histoire. C&#8217;est armé de cette intelligence partagée que l&#8217;on peut ensuite travailler sur des sources.<br /> <br /> <br /> Philippe DOUROUX <br /> <br /> <br /> ___<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Un mot de commentaire </span></strong>:<br /> <br /> "Historien" est pris ici en un sens bien étroit, qui exclut tout recoupement avec la catégorie de citoyen.<br /> <br /> Comme trop souvent dans le débat sur la réédition de MK qui prend de l'ampleur en cet automne, le lecteur des tribunes et autres interventions diverses et variées n'apprend rien de précis sur le contenu du livre, sinon qu'il serait mal écrit, pénible à lire et raciste. Johann Chapoutot ajoute, et il est heureusement le seul, qu'il n'apprend pas grand-chose sur le nazisme. Il pousse ici cette formulation à l'extrême : une grande quantité d'autres sources seraient plus intéressantes et plus décisives. Elles auraient "informé l&#8217;univers culturel et mental dans lequel les actes nazis ont <strong><em><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 15px;">ensuite </span></span></em></strong>pris place et sens".<br /> <br /> J'insiste pour ma part, [url=International Society for the Study of Nazism]notamment dans le cadre du groupe Facebook[/url] "International Society for the Study of Nazism", sur un aspect du livre gravement méconnu, tant par les responsables politiques de l'époque que par ceux qui aujourd'hui, ent tant qu'historiens, citoyens ou simples curieux, tentent de comprendre le siècle passé : son caractère foncièrement anti-français.<br /> ____________________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 20px;">Deux livres plus tard : Où en est Johann Chapoutot ?</span></span></strong><br /> <br /> <br /> UN HISTORIEN À LA CROISÉE DES CHEMINS<br /> François Delpla·Mercredi 5 février 2020·<br /> Johann Chapoutot n'est pas, comme on le lui dit complaisamment au point que peut-être il a commencé à le croire, un spécialiste du nazisme, mais de son idéologie, qu'il étudie au moyen de sources en partie nouvelles.<br /> <br /> Du nazisme en action, de son histoire politique, il n'a que des connaissances convenues et fort peu revues à la lumière des recherches récentes. Quand il lui est arrivé d'en traiter dans un livre sur les derniers mois de 1932,<br /> il a enchaîné les poncifs <a href="https://www.delpla.org/site/articles/https:/le-meurtre-de-weimar...">https://blogs.mediapart.fr/.../le-meurtre-de-weimar...</a> .<br /> <br /> Les limites, pour l'instant, de cette recherche tiennent principalement à une impasse sur le créateur et maître de cette idéologie et de ce mouvement. Non content de sous-évaluer Hitler et son influence, Chapoutot ne veut pas les connaître du tout, et y réussit très bien, notamment quand il cosigne un livre sur la question :<br /> Renvoyant de manière désinvolte à trois biographies beaucoup plus longues, il montre qu'il en a lui-même gardé la lecture pour plus tard en hypertrophiant certains préjugés. Ainsi, là où l'antinazisme traditionnel dit que le chef nazi a commis des erreurs pendant la bataille de France, heureusement corrigées par certains généraux, Johann Chapoutot et Christian Ingrao professent qu'il cheminait &#8220;au pas du fantassin&#8221; de la guerre précédente, et n&#8217;entendait rien à la motorisation.<br /> Poursuivant dans cette voie, Chapoutot, en son dernier opus, <br /> <br /> <br /> étudie les rapports du nazisme et du management en évoquant fort peu Hitler, et beaucoup un de ses "généraux" en la matière, l&#8217;officier SS Reinhard Höhn. Et une fois de plus il pousse à l'extrême une idéologie pseudo-scientifique appelée "fonctionnalisme" dont les pères fondateurs, Martin Broszat et Hans Mommsen, étaient au moins de bons historiens du politique. Si leur nazisme était excessivement divisé en bandes rivales, ils n'oubliaient tout de même pas, le premier surtout, de rendre à César son rôle dans les décisions les plus importantes. Et, sur ce chapitre, ils mettaient les mains dans le cambouis des archives.<br /> <br /> Hitler était précisément épris de motorisation et, plus généralement, de modernisation. Ami de Ford, admirateur de l'efficacité américaine, il était lui-même en rapport avec Charles Bedaux, l'un des successeurs de Taylor - une relation encore mal connue, sur laquelle l'attention a été attirée depuis une vingtaine d'années par le biais des missions politiques que Hitler lui confiait -notamment celle de chaperonner le couple Windsor. Plus récemment, j&#8217;ai découvert dans la célèbre série 3W des archives de Pierrefitte des télégrammes dont l&#8217;importance n&#8217;avait pas été perçue. Ils établissent qu&#8217;au moment le plus délicat de l&#8217;Occupation, à savoir la crise ouverte par le renvoi de Laval 13 décembre 1940, Bedaux converse avec un représentant du gouvernement de Vichy puis fait un saut en Afrique du Nord pour rencontrer le proconsul Weygand, début janvier. Alors que le 25 décembre, rencontrant l&#8217;amiral Darlan, Hitler avait exhalé sa méfiance envers Vichy, voilà que ce messager raconte qu'en fait Hitler n'est pas si fâché que cela et a toute confiance en Weygand ! (cf. Hitler et Pétain, Nouveau Monde, 2019, p. 247-264)<br /> <br /> J'interprète cela (avec d'autres éléments à l'appui) comme le signe 1) que Hitler a craint un moment que la situation lui échappe (par un départ de Pétain en AFN ou au moins une dissidence de Weygand); 2) qu'il était assez intime avec Bedaux, et assez confiant dans ses talents comme dans sa loyauté, pour lui confier une mission aussi vitale que délicate. Reste à savoir comment s&#8217;était nouée la relation entre Hitler et Bedaux : par le biais de son activité d&#8217;ingénieur en management ? L&#8217;avenir le dira peut-être.<br /> <br /> Hitler savait écouter et déléguer -une autre réalité longtemps niée, en dédaignant l'avis de témoins aussi bien placés que le général Jodl. Il faudrait peut-être commencer à voir sous un autre angle sa relation avec Speer. Outre un ami peu politisé qui lui permettait de satisfaire sa passion de l'architecture, il a su en faire l'ordonnateur de ses pompes de Nuremberg et d'ailleurs, dans une coopération féconde avec Leni Riefenstahl, puis le digne successeur de Todt au ministère de l'Armement. Pygmalion, lui, n'avait créé Galatée qu'une fois !<br /> <br /> Todt meurt dans un accident hautement suspect, sur lequel une enquête est confiée à Hans Baur, le pilote de Hitler et son complice en plusieurs affaires louches. Sacrifier un compagnon d'avant le déluge devenu un ingénieur indépendant d'esprit, qui avait diagnostiqué dès la fin de 1941 l'impossibilité matérielle de vaincre l'URSS, en le remplaçant par sa propre créature, était bien dans la manière du personnage, mais rien n'est prouvé. Ce qu'on peut en retenir, c'est que Hitler, pour tenir le plus longtemps possible dans une guerre qui tourne mal, remobilise ses industriels sous la conduite d'un manager efficace, doublé d'un diplomate qui sait comment prendre les patrons et qui a commencé à faire ses preuves sur les chantiers de Berlin.<br /> <br /> Ainsi, la vieille conception militaire prussienne de l'Auftragstaktik est peut-être à l'honneur aussi dans l'industrie, mais elle ne s'oppose nullement à un fort degré de centralisation.<br /> <br /> Comme l'histoire politique, l'histoire économique du Reich est encore dans l'enfance et là aussi la sous-estimation des talents de Hitler a retardé la formulation d'un grand nombre de questions. Par exemple, la pluralité des équipes qui travaillaient à l'invention d'armes nouvelles a-t-elle, comme on l'écrit encore - et comme Chapoutot le fait dans ce livre- été à l&#8217;origine de gigantesques gaspillages ou au contraire d'une féconde émulation, arbitrée au sommet en temps utile, et l'Allemagne a-t-elle été ici plus efficace ou moins que l'Angleterre ou l'Amérique ? Il serait temps de se le demander. Mais le livre pionnier de Paul Kennedy<br /> est encore centré sur un seul camp <a href="https://www.delpla.org/article.php3?id_article=602">https://www.delpla.org/article.php3?id_article=602</a> .<br /> <br /> Pour en revenir à Johann Chapoutot, il avait su dans <em>Le nazisme et l&#8217;Antiquité </em><br /> montrer Hitler à la barre, et dominant Himmler sur un aspect très important de l&#8217;idéologie nazie (le primat de la souche gréco-romaine sur les anciens Germains comme symbole de l&#8217;excellence aryenne). Mais le rôle du chef est complètement dilué dans les opus suivants, notamment la <em>Loi du sang</em>, <br /> où Hitler est quasiment ravalé au rang des milliers de &#8220;petites mains&#8221;, ces auteurs d&#8217;ouvrages et d&#8217;articles sur le droit ou la biologie dont l&#8217;auteur fait les créateurs du nazisme, presque à égalité avec le fondateur et maître.<br /> <br /> Cette oeuvre importante voit ainsi, pour l&#8217;instant, ses résultats enlisés. Puisse l&#8217;accueil critique de ses deux derniers livres provoquer la révolution, non pas culturelle mais copernicienne, qui s&#8217;impose. Fri, 07 Feb 2020 09:27:01 +0100 Le défi du parlement de Strasbourg aux historiens... et à l'histoire https://www.delpla.org/site/articles/articles-6-151+le-defi-du-parlement-de-strasbourg-aux-historiens-et-a-l-histoire.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-6-151+le-defi-du-parlement-de-strasbourg-aux-historiens-et-a-l-histoire.php <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=6&amp;id=149">édito précédent</a><br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 18px;">Le défi du parlement de Strasbourg aux historiens... et à l'histoire </span><br /> <br /> <a href="http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2019-0021_FR.html">http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2019-0021_FR.html</a><br /> <br /> Le 19 septembre 2019, notre continentale assemblée s&#8217;est mêlée, suivant le mauvais exemple de certains parlements nationaux, de dire l&#8217;histoire. Et ce, non pas sur un point de détail mais sur les deux guerres mondiales et particulièrement la Seconde. Les vaillants députés ont-ils pensé à Pierre Corneille et à son Cid :<br /> Mes pareils à deux fois ne se font point connaître<br /> Et pour leurs coups d&#8217;essai veulent des coups de maître ?<br /> Ce long texte, visiblement soigné, concentre les maux humains dans un mot, &#8220;totalitarisme&#8221;, et propose d&#8217;instituer une nouvelle date symbolique, à commémorer tous les ans, le 23 août. Ce jour-là, en l&#8217;an de disgrâce 1939, deux pays d&#8217;Europe ont signé un traité censé mettre le feu aux poudres. En effet, le texte fait du pacte germano-soviétique la cause &#8220;directe&#8221; (point C) puis &#8220;immédiate&#8221; (point M, alinéa 2) de la guerre... et n&#8217;attribue nulle autre cause à ce conflit.<br /> Outre l&#8217;ajout précité au calendrier commémoratif, le texte fait la leçon aux pays membres dans deux domaines tout aussi symboliques : seraient coupables de manquement grave à la démocratie non seulement les monuments érigés çà et là à la gloire des SS et de leurs collaborateurs, mais les lois qui prohibent la croix gammée sans interdire la faucille et le marteau.<br /> Dans cette logique, on chercherait en vain la moindre allusion aux sacrifices consentis par les peuples soviétiques ou le mouvement communiste dans la lutte contre le nazisme, qui à eux seuls devraient interdire de renvoyer dos à dos les symboles figurant sur les bannières.<br /> <br /> Ce texte, déposé par les groupes PPE, ECR, Renew et S&amp;D (correspondant respectivement à la démocratie-chrétienne, à la droite souverainiste, à des hybrides dont les députés français dits &#8220;en marche&#8221; et à un regroupement des sociaux-démocrates et des Verts), devra être abrogé et le plus tôt sera le mieux. Il a pour inconvénient principal de nier l&#8217;agressivité spécifique du nazisme, et de passer sous silence le caractère particulièrement sauvage et inhumain de son idéologie raciale et des pratiques qui en ont découlé.<br /> <br /> Concernant plus spécialement l&#8217;évolution des rapports diplomatiques entre 1933 et 1939, on trouvera de bons antidotes dans cet article de Michael Jabara Carley paru il y a dix ans dans Histoire(s) de la dernière guerre, et dans celui que j&#8217;ai donné en 2015 au magazine en ligne Histomag, qui décrypte le jeu redoutable de Hitler.<br /> <br /> <br /> Marines, le 6 décembre 2019 Fri, 06 Dec 2019 15:24:01 +0100 Facebouquineries 3 https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-150+facebouquineries-3.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-150+facebouquineries-3.php https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/un-propos-hitl%C3%A9rien-n%C3%A9glig%C3%A9/1790549384425007/<br /> <br /> UN PROPOS HITLÉRIEN NÉGLIGÉ<br /> François Delpla·Dimanche 7 juillet 2019<br /> <br /> <br /> Je relis les mémoires d&#8217;Albert Speer (1969) quelques années après ma dernière lecture et je trouve, grâce au travail effectué entre-temps, des pépites qui m&#8217;avaient échappé. Ainsi, ce monologue placé dans la bouche de Hitler le 22 juillet 1944, deux jours après l&#8217;attentat de Stauffenberg :<br /> &#8220; Le fait que le général Fellgiebel, le chef des services de transmission, ait fait partie lui aussi du groupe des conjurés provoqua chez Hitler une explosion où la satisfaction, la colère et le triomphe se mêlaient à la conscience d&#8217;être justifié :<br /> <em>« Maintenant, je sais pourquoi tous mes grands plans étaient condamnés à échouer en Russie pendant ces dernières années. Tout était trahison ! Il y a longtemps que nous serions vainqueurs sans ces traîtres ! Voilà ma justification devant l&#8217;histoire ! Il faut maintenant absolument chercher à savoir si Fellgiebel disposait d&#8217;une ligne directe avec la Suisse, grâce à laquelle il aurait transmis tous mes plans aux Russes. Il faut employer tous les moyens pour l&#8217;interroger&#8230; Encore une fois c&#8217;est moi qui ai eu raison. Qui est-ce qui me croyait lorsque je m&#8217;opposais à toute unification du commandement de la Wehrmacht ? Regroupée dans une seule main, la Wehrmacht constitue un danger ! Pensez-vous aujourd&#8217;hui encore que c&#8217;est un hasard si j&#8217;ai fait mettre sur pied le plus grand nombre possible de divisions de Waffen-SS ? Je savais pourquoi je donnais ces ordres en dépit de toutes les résistances&#8230; l&#8217;inspecteur général des blindés : j&#8217;ai créé tout cela pour diviser l&#8217;armée de terre une fois de plus ! »</em> &#8221;<br /> (édition française de poche, 1972, p. 517)<br /> <br /> Il est rare qu&#8217;une même tirade hitlérienne en dise autant, à la fois sur son caractère et sur son style de gouvernement... même si les deux ne sont pas faciles à démêler, mais le sont-ils jamais ?<br /> Ainsi, son besoin éperdu d&#8217;autojustification, passant par le rejet sur autrui de la responsabilité de toute erreur, se mêle à des préoccupations politiques à court, moyen et long terme :<br /> <br /> cerner le périmètre et les procédés de la conjuration, en utilisant au besoin la torture;<br /> réaffirmer l&#8217;autorité du chef et son infaillibilité;<br /> dédouaner le régime de tous les échecs subis en URSS, en les expliquant par la trahison plutôt que par la force de l&#8217;ennemi et le risque inconsidéré pris en l&#8217;attaquant;<br /> justifier ledit régime, et son chef, &#8220;devant l&#8217;histoire&#8221;;<br /> justifier (ici implicitement) toute la politique antisémite, fondée sur les soupçons perpétuellement formulés à l&#8217;égard des Juifs de liaisons internationales secrètes.<br /> <br /> Mais le plus instructif est la façon dont l&#8217;orateur se vante de son procédé favori : la division des forces qui pourraient s&#8217;opposer à sa volonté. Ces lignes sont de nature à ruiner l&#8217;idée que le développement accéléré des Waffen-SS, poursuivi jusqu&#8217;à la fin de la guerre, aurait pour moteur la soif de pouvoir de Himmler. Il s&#8217;agit bel et bien d&#8217;une mission à lui confiée par son vénéré maître, qui anticipe depuis longtemps le trouble que les défaites vont créer dans l&#8217;esprit des officiers, et entreprend d&#8217;en limiter les effets en truffant les armées de divisions politiquement sûres... dussent leurs carences militaires provoquer les sarcasmes des officiers de carrière.<br /> <strong><em><br /> =========================================================================<br /> +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++<br /> =========================================================================</em></strong><br /> <a href="https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/?multi_permalinks=1790836707729608&amp;notif_id=1562525503032586&amp;notif_t=feedback_reaction_generic">https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/?multi_permalinks=1790836707729608&amp;notif_id=1562525503032586&amp;notif_t=feedback_reaction_generic</a><br /> <br /> Jérémy Roy<br /> 30 juin, 2019<br /> [size=17]Hitler, Heisenberg, Fritz Reiche et Fritz Houtermans : une manipulation hitlérienne de plus autour de la bombe atomique [size]<br /> (printemps 41)<br /> <br /> La manipulation est très simple : faire croire aux Américains que les Allemands ont la bombe ou sont tout près de l'avoir, la possession de cette arme doit évidemment décourager les Anglo-américains à continuer la guerre et même les encourager à faire la paix et reconnaître la domination allemande sur l'Europe. Pour cela Hitler peut compter sur des savants de haut vol complices du régime nazi (Heisenberg et Weiszacker) et sur des seconds couteaux non moins complices tel Fritz Houtermans. Il peut aussi compter sur des savants juifs hostiles au régime nazi sur lesquels il a posé ses griffes et qui ont des contacts avec les Anglo-américains : nous avons déjà vu le cas Niels Bohr, et nous allons voir désormais le cas Fritz Reiche. <br /> <br /> Fritz Reiche est beaucoup moins connu que Niels Bohr : né en 1883 dans une famille juive et riche de Berlin, il avait fait des études brillantes au Collège Royal français puis à l'université de Berlin (sous l'égide de Roentgen, prix Nobel). Après une thèse de physique sous la direction de Max Planck, il travaille à l'université de Breslau où il se lie d'amitié avec Rudolf Ladenburg (qui émigre en 1931 aux USA). Pendant la Première guerre mondiale il travaille avec Einstein, Planck et Fritz Haber (3 prix Nobel) et est nommé professeur à l'université de Breslau après la guerre. Dans les années 20, il publie à un livre à succès sur la Physique quantique. Les ennuis commencent en 1933 avec l'arrivée de Hitler au pouvoir. Il est licencié en 1934, trouve un emploi à Prague en 1935 puis s'établit à Copenhague en 1936 à l'invitation de Niels Bohr (autre prix Nobel). De 1936 à 1941, de retour à Berlin, il survit grâce à une maigre pension. Son fils arrive à émigrer en Angleterre en 1939. La même année on lui trouve un poste à New York. Pourquoi n'émigre-t-il pas ? Sa fille n'aurait pas réussi le test médical (Thomas Powers Le mystère Heisenberg p.134). Pourtant 2 ans plus tard elle passera le test grâce à un médecin allemand complaisant (ami de son père cf Powers p.134). Pourquoi trouve-t-il un médecin allemand complaisant en 1941 et pas en 1939 ? Comme c'est curieux. Est-ce que seul le certificat médical de sa fille posait problème ? N'est-ce pas plutôt les autorités allemandes sous l'autorité de Hitler qui ont refusé sciemment le visa à monsieur ? Comment se fait-il que le visa soit arrivé en mars 41 et pas avant ? Comment ne pas voir les services hitlériens à la man&#339;uvre ? Comment se fait-il que le poste à New York ait été gardé pendant 2 ans au chaud à Monsieur Reiche et n'ait pas été attribué à un autre savant juif dans la détresse ?<br /> La réponse favorable des autorités allemandes arrive en mars 1941, 2 semaines avant l'interdiction totale d'émigrer. Quelle chance ! Le Hasard ? Non, Hitler a trouvé en Reiche un émissaire sûre et efficace pour porter son intoxication directement aux Américains. Pour toucher Reiche Hitler va faire appel à un autre physicien trouble : Fritz Houtermans. <br /> <br /> Fritz Houtermans, moins connu que Niels Bohr, plus que Fritz Reiche, doit sa célébrité (toute relative) à son destin hors du commun : un grand-père hollandais qui a fait fortune sous Guillaume II; il est éduqué par sa mère, juive et autrichienne; à Vienne dans les cercles feutrés de la haute société viennoise. Sa mère était très cultivée et fut la première femme diplômée de l'université en Autriche. Fritz grandit dans une ambiance bourgeoise et bohème. Jeune il s'inscrit au KPD (années 20) et fait des études de physique à Göttingen. Devenu professeur à l'université, il se marie à la fille d'un riche éditeur. Tout roule pour Fritz. Tandis que sa femme s'inquiète de l'arrivée des nazis au pouvoir, lui ne semble pas préoccupé, pourtant acien KPD.... est-il séduit par un Hitler socialiste ? Houtermans a-t-il été toujours un petit peu nationaliste ? Sa femme finit par le convaincre de fuir : ils émigrent en Angleterre. Mais, très vite il juge son emploi ennuyeux et ingrat... Heureusement, un emploi s'offre à lui en 1935 en URSS, il saute sur l'occasion : on lui promet un poste de professeur à l'université avec tout un tas d'avantages. Le rêve ! Malheureusement, pour lui l'idylle soviétique tourne court : en 1937 le NKVD débusque un nid d'espion allemand à Kharkov, la quasi-totalité des professeurs étrangers sont arrêtés, Houtermans fait partie du lot. Pendant 3 ans il connait la prison, la torture (dira-t-il) et pendant qu''il fait des aveux compromettants sa femme réussit à fuir avec leur enfant pour les USA. De là elle avertit la communauté scientifique de la situation de son mari : Einstein et Joliot-Curie demandent sa grâce à Staline. En 1940, considéré comme un espion fasciste allemand, Houtermans est ré-expédié à Berlin. Emprisonné cette fois par la Gestapo, entre mai et août, placé en observation afin de s'assurer qu'il n'est à son tour pas un espion soviétique, Houtermans est libéré et très vite placé dans l'institut de Von Ardenne qui travaille sur la bombe atomique allemande. Quelle rapide promotion ! Peut-être les accusation soviétiques n'étaient-elles pas sans fondement après tout ?<br /> <br /> Donc résumons : en mars 41 à la veille de Barbarossa Hitler a sous sa coupe deux physiciens de haut vol qui sont tout prêts à lui rendre service. Le premier Fritz Reiche va servir de mule. Le deuxième Fritz Houtermans est plus compromis : il doit mentir au premier, lui faire réciter un message adressé aux Américains : "Heisenberg ne pourra pas résister longtemps aux pressions d'en-haut en vue de faire la bombe. Dépêchez-vous!". <br /> Reiche, une fois arrivé aux USA en avril 41, récite le message à son ami Rudolf Ladenburg (professeur à Princeton) qui lui-même met au courant Lyman Briggs qui lui-même s'en montre très inquiet et en fait part au président Roosevelt. <br /> Le tour est joué ! Le message est passé. Hitler dès avril 41 instille le doute dans l'esprit des Américains : il est près d'avoir le bombe, cette fameuse bombe ! Les Américains oseront-ils soutenir davantage les Anglais et Churchill ? Oseront-ils s'engager davantage contre l'Allemagne ?<br /> <br /> Il faut maintenant faire le lien la grosse affaire de mai 41 : le vol de Rudolf Hess. En effet, à la veille de Barbarossa Hitler envoie son fidèle second tâter le terrain en Angleterre d'une éventuelle réconciliation aryenne. Roosevelt voit les signaux s'accumuler qui l'inciteraient à l'apaisement envers Hitler : pourquoi faire la guerre à un pays qui aura bientôt la bombe, pourquoi faire la guerre à un pays qui ruinera le bolchévisme, pourquoi faire la guerre à un pays qui demande la paix à l'Angleterre ? L'intoxication a atteint son but : le président américain. A-t-elle fonctionné ? En partie : les Américains ne déclarent pas la guerre à Hitler, mais c'est l'inverse qui se produit, Hitler reste le maître du jeu. Elle n'a pas réussi à renverser Churchill ni à fonder l'alliance aryenne qui lui aurait permis de consolider ses conquêtes européennes. Mais, Hitler n'abandonnera pas l'idée du chantage à la bombe nucléaire : en septembre 41; il envoie Heisenberg intoxiquer Bohr.<br /> <br /> On voit donc que Hitler faisait feu de mille manipulations à la veille de Barbarossa. Sa plus grosse opération (le vol de Rudolf Hess) en cachait de plus insidieuses (le message de Reiche puis la rencontre de Copenhague au sujet de l'arme atomique). Mon, 08 Jul 2019 10:00:03 +0200 Le régime de Vichy, fasciste ou hitlérien ? https://www.delpla.org/site/articles/articles-6-149+le-regime-de-vichy-fasciste-ou-hitlerien.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-6-149+le-regime-de-vichy-fasciste-ou-hitlerien.php <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles-6-141+un-mauvais-livre-sur-hitler-pourrait-bien-fai.php">édito précédent</a><br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 18px;">Le régime de Vichy, fasciste ou hitlérien ?</span><br /> <br /> Cela vient de sortir : l'<em>Humanité</em> du 28 juin 2019 ouvre sa page "Débats" à "Armand Ajzenberg, historien autodidacte du régime de Vichy", lequel se demande s'il s'agit d'un régime fasciste ou "simplement autoritaire", et reproduit son article <a href="https://blogs.mediapart.fr/perso/messages/725159">sur Mediapart</a> en l'ouvrant aux commentaires. Réponse :<br /> <br /> J'espère qu'Armand me pardonnera mon amicale sévérité : son papier souffre d'un défaut commun avec tout ce qu'il dénonce.<br /> <br /> <br /> Le nom de Hitler n'y figure qu'une fois, et encore : à bonne distance de la guerre et de l'Occupation, dans l'expression "l'Allemagne de Hitler" et à propos des lois raciales de 1935.<br /> <br /> "Hitler connais pas" est le défaut commun des écoles qui s'étripent sur Vichy. Les unes (dans le sillage de Klarsfeld et de Paxton en particulier) le considèrent comme un pouvoir autonome voire indépendant, du moins en matière de politique intérieure. Les autres évoquent, plus exactement, un bras de fer avec les autorités occupantes, mais atomisent celles-ci en chapelles rivales, dont Vichy cherche à amadouer les moins féroces.<br /> <br /> Or nous vivons une époque de renouvellement du regard. Pendant un siècle, on a écrit sur le nazisme comme si son fondateur et chef, un avorton intellectuel -pensez donc, sorti du collège à 16 ans sans diplôme !-, était de toute évidence incapable d'inspirer un grand mouvement puis de diriger un grand pays. L'essentiel des décisions prises en son nom ne pouvait être que servile imitation de précurseurs, plate obéissance à des commanditaires ou accaparement indu des initiatives de subordonnés plus capables. <br /> <br /> Une fois dépassé ce préjugé, un champ immense s'ouvre à la recherche. Et ce, tout particulièrement au sujet des rapports germano-français, que ce soit entre 1933 et 1940 ou pendant la suite de la guerre.<br /> <br /> Un politicien aussi doué que fou, dont les plans passent depuis longtemps par l'écrasement de la France, remplit avec maestria cette partie de son programme mais n'arrive pas à concrétiser ses gains car l'allié anglais de la France refuse paradoxalement d'abandonner la lutte. La guerre devient mondiale et tourne de plus en plus mal pour l'Allemagne. Et on voudrait qu'elle laisse à la France en cage -et sourdement en rage- la moindre autonomie, au point qu'on pourrait savamment discuter de la nature plus ou moins autoritaire de son régime ?<br /> <br /> Il n'est jamais trop tard pour être sérieux.<br /> <br /> <br /> Frémainville, le 8 juillet 2019<br /> <br /> <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=6&amp;id=151">édito suivant</a> Mon, 08 Jul 2019 06:37:01 +0200 1933-1939 - Les communautés juives occidentales hostiles à l’arrivée de Juifs étrangers https://www.delpla.org/site/articles/articles-23-148+1933-1939-les-communautes-juives-occidentales-hostiles-a-l-arrivee-de-juifs-etrangers.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-23-148+1933-1939-les-communautes-juives-occidentales-hostiles-a-l-arrivee-de-juifs-etrangers.php <span style="font-size: 18px;">Un nouvel article de Marc-André Charguéraud, mis en ligne le 24 juin 2019 </span> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;"><strong> 1933-1939 - Les communautés juives occidentales hostiles à l&#8217;arrivée de Juifs étrangers</strong></span><br /> <br /> « Dans les moments cruciaux, pendant les années de l&#8217;Holocauste, c&#8217;est l&#8217;incapacité des Juifs de parler d&#8217;une même voix qui a empêché de répondre de façon adéquate aux dangers qui menaçaient les Juifs d&#8217;Europe. »[1] Ce jugement sévère du grand historien Henry Feingold s&#8217;applique aussi aux années qui ont précédé la guerre. Et pourtant, le 13 juin 1938, l&#8217;American Jewish Committee et l&#8217;American Jewish Congress joignirent leurs forces avec celles de deux organisations moins importantes, le B&#8217;nai B&#8217;rith et le Jewish Labor Committee, pour fonder le General Jewish Council, qui représenta l&#8217;ensemble de la communauté juive américaine. Par manque de leadership, en raison du jeu des oppositions, ce nouveau groupement fut incapable de prendre des décisions.<br /> <br /> Le compte-rendu de la réunion du 18 décembre 1938 du General Jewish Council illustre cette faillite : « Pour des raisons humanitaires on ne peut s&#8217;opposer à une émigration en masse des Juifs allemands. Toutefois il faut reconnaître que d&#8217;autres pays semblent avoir infiniment plus de droits que l&#8217;Allemagne et pourraient demander une solution similaire (...) malgré des efforts pour concilier des positions opposées, d&#8217;une part donner un accord à une émigration en masse allemande (...) et en même temps reconnaître l&#8217;erreur fondamentale d&#8217;une telle politique (...) aucune solution satisfaisante ne fut trouvée (...). Il fut finalement décidé, pour le moment en tout cas, de ne rien faire à ce sujet (...). » et l&#8217;auteur qui cite ces lignes de conclure : « Par inaction les dirigeants juifs américains devinrent les complices passifs d&#8217;une politique qui ferma les portes aux Juifs d&#8217;Allemagne (et d&#8217;ailleurs, devrait-on ajouter) à un moment où leur sauvetage était encore possible. » [2]<br /> <br /> C&#8217;est ce que constatait déjà à l&#8217;automne 1935 James McDonald, le Haut-Commissaire aux réfugiés d&#8217;Allemagne : « Je ne peux pas croire que, quels que soient les problèmes chez eux, les Juifs américains ne sauront pas reconnaître que leurs coreligionnaires doivent être aidés. » [3] Plus tard, Elie Wiesel écrira dans un style plus dramatique : « Incroyable mais vrai : la communauté juive américaine n&#8217;a pas répondu aux cris déchirants de ses frères et soeurs de l&#8217;Europe nazifiée. Ou du moins pas comme ils l&#8217;auraient dû. Quelle étrange attitude pour une communauté connue pour sa solidarité, son sens de la famille et sa tradition humanitaire ! Surtout lorsque l&#8217;on pense que peu de Juifs américains n&#8217;avaient pas un membre de leur famille, proche ou lointaine, en Pologne, en Roumanie ou en Lituanie. » [4]<br /> <br /> La passivité relative de la communauté juive a été expliquée par le spectre, exacerbé par un chômage angoissant, d&#8217;un antisémitisme et d&#8217;une xénophobie en pleine expansion aux Etats-Unis. Les Juifs établis qui avaient su se faire accepter par la communauté nationale redoutaient que l&#8217;arrivée massive de réfugiés juifs d&#8217;Europe ne remette leur statut en cause. La remarque est exacte, mais est-ce une raison suffisante ? Les Juifs américains n&#8217;avaient rien à craindre, alors que la vie de leurs coreligionnaires outre-mer était en danger. Et ce ne sont pas des considérations financières qui conditionnèrent le rythme des arrivées dans le nouveau monde, comme ce fut le cas en Angleterre.<br /> <br /> Car le piège financier s&#8217;est refermé sur la générosité des associations juives anglaises. Elles s&#8217;étaient engagées à prendre en charge tous les réfugiés juifs pour qu&#8217;ils ne tombent pas à la charge de l&#8217;Etat. Cet engagement « assurait aux réfugiés déjà présents en Angleterre l&#8217;aide dont ils avaient besoin, mais il empêcha d&#8217;envisager un sauvetage en masse des Juifs allemands. » [5] Avec des finances limitées, les Juifs anglais devaient contingenter le nombre de Juifs admis en Angleterre et donner la préférence à ceux qui possédaient des moyens suffisants pour ne pas avoir besoin d&#8217;assistance. Une tâche ingrate que résume bien le compte-rendu d&#8217;une réunion du cabinet britannique du 16 novembre 1938, au cours de laquelle le ministre de l&#8217;intérieur Sir Samuel Hoare explique « que son ministère reçoit chaque jour 1.000 demandes d&#8217;entrée. Ces demandes sont soumises au Coordinating Committee for Refugees et seules celles recommandées par les représentants juifs sont acceptées. Ces représentants sont toutefois opposés à l&#8217;entrée dans le pays d&#8217;un grand nombre de Juifs (...) car ils ont peur d&#8217;une agitation antijuive. » [6] On doit ajouter qu&#8217;ils craignaient surtout de ne pas pouvoir faire face financièrement.<br /> <br /> Les associations juives anglaises avaient prévu lors de leur engagement en 1933 l&#8217;arrivée de 2 ou 3.000 réfugiés. En 1938, 13.000 étaient à leur charge permanente. Cette situation insupportable permettait au gouvernement anglais de déclarer, de façon un peu hypocrite, qu&#8217;il lui était impossible de délivrer un plus grand nombre de visas s&#8217;il n&#8217;obtenait pas l&#8217;accord préalable des Juifs anglais.<br /> <br /> En Suisse, si la situation était comparable à celle du Royaume-Uni, la solution fut plus expéditive. Le 16 août 1938, Rothmund, le chef de la police, rencontra les présidents des deux principales associations juives, la Fédération Suisse des Communautés Israélites et la Fédération Suisse des Comités d&#8217;Entraide Israélites. « Il en obtenait l&#8217;accord que les réfugiés continueraient à être assistés, mais que, faute de fonds pour aider les nouveaux arrivants, il convenait de fermer la frontière. » [7] Ce qui fut fait le 19 août 1938.<br /> <br /> Quant aux Juifs nationaux français, leur opinion peu flatteuse à l&#8217;égard de leurs coreligionnaires en difficulté ne les incitait pas à intervenir pour que le gouvernement ouvre les frontières de façon plus libérale. Comme dans d&#8217;autres pays, ces Juifs craignaient qu&#8217;une immigration en masse n&#8217;incite les antisémites à redoubler leurs attaques et les xénophobes à intensifier leur croisade pour « l&#8217;emploi aux Français ». Ils firent le maximum pour encourager les nouveaux arrivants à ne considérer la France que comme une terre de transit et à poursuivre leur voyage vers d&#8217;autres pays d&#8217;accueil, ce qui se fit à grande échelle.<br /> <br /> Cette attitude négative à l&#8217;égard des étrangers est illustrée par une déclaration de Jacques Helbronner Qui deviendra président du Consistoire juif. Il affirmait que «la France comme les autres nations avait ses chômeurs et que tous les réfugiés juifs d&#8217;Allemagne n&#8217;étaient pas intéressants à garder (...). S&#8217;il y a 100 à 150 grands intellectuels qu&#8217;il est utile d&#8217;accueillir en France (...), ils peuvent rester, mais les 7, 8 ou 10.000 Juifs qui vont arriver en France, est-ce notre intérêt de les garder ?» Helbronner continuera dans la même voie dans les années qui suivent. Pour lui, les réfugiés sont « des rejets de la société, des éléments qui n&#8217;ont pas pu être de quelque utilité dans leur propre pays. »[8]<br /> <br /> Une intervention de Léon Blum critique vertement cette attitude négative de certains milieux juifs qui a freiné l&#8217;arrivée de réfugiés juifs. Le 26 novembre 1938, au cours d&#8217;une réunion de la Ligue Internationale contre l&#8217;Antisémitisme, Léon Blum déclarait : « Je ne verrais rien au monde de si douloureux et de si déshonorant que de voir des Juifs français s&#8217;appliquer aujourd&#8217;hui à fermer les portes aux réfugiés d&#8217;autres pays. Il n&#8217;y a pas d&#8217;exemple dans l&#8217;histoire que l&#8217;on ait acquis une sécurité par la lâcheté et cela, ni pour les peuples, ni pour les groupements humains, ni pour les hommes. » Cette lâcheté, cette passivité coupable ont mis en péril la sécurité de milliers de gens.<br /> <br /> [1] Henry Feingold - Time for Searching . Op. Cit. p. 189<br /> [2] Minutes de la réunion du General Jewish Council du 18 décembre 1938 cité par Haskel Lookstein - Op. Cit. p. 68<br /> [3] McDonald, Haut comissaire aux réfugiés cité par Henry Feingold - Politics of Rescue - Op.Cit. p. 14<br /> [4] Elie Wiesel - cité par Haskel Lookstein - Op. Cit. p. 9<br /> [5] Margaret Sampson - Jewish anti-sémitism ? The attitude of the Jewish Community in Britain Towards Refugees from Nazi Germany : The «Jewish Chronicle » March 1933-september 1938 dans Why Germany - John Milfull ( direction ) - Berg - Oxford 1993 p. 153 - Un titre sévère<br /> [6] Samuel Hoare. Ministre de l&#8217;intérieur britannique à une réunion du Cabinet le 16 novembre 1938 cité par Ari Joshua Sherman - Op. Cit. p. 175<br /> [7] André Lasserre - Op. Cit. p. 57 citant Rothmund le 16 août 1938<br /> [8] Vicki Caron - Loyalties in conflicts, French Jewry and the Refugee Crisis, 1933-1935 , 1991 p.320 cité par Saul Friedländer, Nazi Germany and the Jews,Op. Cit. p.220<br /> <br /> <br /> Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2019. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.<br /> <br /> ***********************************************************************************************<br /> <br /> Commentaire de François Delpla :<br /> <br /> Cette précieuse synthèse permet d'instruire le procès de l'habileté de Hitler. Si quelqu'un met les responsables, des communautés juives comme des gouvernements du monde entier, dans des situations impossibles, c'est bien lui, et tout à fait consciemment.<br /> Il profite d'ailleurs de cet acquis dans un passage trop méconnu de son discours du 30 janvier 1939, précédant celui, célébrissime, où il annonce en cas de guerre "la fin de la race juive en Europe". Extrait de mon <em>Histoire du Troisième Reich</em> :<br /> <br /> "Abordant ensuite la « question juive », il s&#8217;offre d&#8217;abord le<br /> luxe de tirer du spectacle de la conférence sur l&#8217;accueil des<br /> réfugiés juifs réunie récemment à Evian des leçons d&#8217;action<br /> humanitaire à l&#8217;usage des démocraties :<br /> <em>C&#8217;est un spectacle honteux de voir comment le monde démocratique<br /> dans son ensemble suinte de sympathie pour les pauvres<br /> Juifs qui souffrent, mais demeure sans coeur et inflexible lorsqu&#8217;il<br /> s&#8217;agit de les aider &#8211; ce qui est certainement, d&#8217;après son point de<br /> vue, un devoir patent. Les prétextes avancés pour ne pas les aider<br /> parlent en fait en notre faveur à nous, Allemands et Italiens74. Car<br /> voici ce qu&#8217;ils disent :<br /> 1. « Nous », les démocraties, « ne sommes pas en situation d&#8217;accueillir<br /> les Juifs ». Pourtant, dans ces empires, il n&#8217;y a même pas 10<br /> habitants au kilomètre carré. Alors que l&#8217;Allemagne, avec ses 135<br /> habitants par kilomètre carré, est censée avoir de la place pour eux !<br /> 2. Ils nous affirment : « nous ne pouvons les prendre à moins<br /> que l&#8217;Allemagne ne soit prête à autoriser les immigrants à emporter<br /> un certain capital ».</em><br /> <br /> Après quoi il peut s&#8217;offrir un autre luxe, celui d&#8217;insulter cette<br /> « race » comme il ne l&#8217;avait plus fait en public depuis la prise<br /> du pouvoir :<br /> <br /> <em>Depuis des centaines d&#8217;années, l&#8217;Allemagne a été assez bonne<br /> pour recevoir ces éléments, bien qu&#8217;ils ne possèdent rien d&#8217;autre<br /> que des maladies infectieuses, politiques et physiques. Ce qu&#8217;ils possèdent<br /> aujourd&#8217;hui, ils l&#8217;ont, dans une très large mesure, acquis aux<br /> dépens de la nation allemande moins rusée, et par de nombreuses<br /> manoeuvres des plus condamnables. Aujourd&#8217;hui nous payons tout<br /> simplement ce peuple comme il le mérite. Lorsque la nation allemande<br /> fut, grâce à l&#8217;inflation provoquée et menée par les Juifs,<br /> dépouillée de toutes les économies qu&#8217;elle avait amassées pendant<br /> des années de travail honnête, lorsque le reste du monde retirait<br /> de la nation allemande les investissements étrangers, lorsque nous<br /> avons été dépouillés de l&#8217;ensemble de nos possessions coloniales,<br /> ces considérations philanthropiques pesaient évidemment bien peu<br /> pour les hommes d&#8217;Etat des démocraties.<br /> (...)<br /> Le monde a suffisamment d&#8217;espace pour des implantations, mais<br /> nous devons nous débarrasser une fois pour toutes de l&#8217;opinion<br /> que la race juive n&#8217;a été créée par Dieu que pour qu&#8217;un certain<br /> pourcentage vive en parasite sur le corps et sur le travail productif<br /> d&#8217;autres nations. La race juive devra s&#8217;adapter pour fonder une<br /> activité constructive comme les autres nations ou, tôt ou tard, elle<br /> succombera à une crise d&#8217;une ampleur inimaginable.</em> " Mon, 24 Jun 2019 15:30:01 +0200 Facebouquineries 2 https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-147+facebouquineries-2.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-147+facebouquineries-2.php <span style="font-size: 17px;">SUR LES ORIGINES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE </span><br /> <br /> François Licoppe<br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/65011464_10156437122403602_6764984163087941632_n.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> 24/6/2019<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;">Hitler et le système monétaire</span><br /> <br /> C'est bien pourquoi Hitler nomma Schacht à la tête de la Reichsbank, banque nationale publique, qui finança la reconstruction de l'Allemagne faisant disparaître les 7 millions de chômeurs que ce pays comptait et ce en 3 ans.<br /> <br /> Eh oui, il existe des systèmes monétaires qui sont favorables au peuple et d'autres pas. Hitler choisit parmi les premiers. Les autres pays lui firent la guerre à cause de cela. Qu'on ne vienne pas me dire que les Anglais et les Français en avaient quelque chose à foutre des polaks.<br /> <br /> =========================================================<br /> <br /> François Delpla <br /> <br /> Couper le nazisme en tranches, c'est lire l'heure sur un réveil démonté.<br /> <br /> A l'arrivée cela donne, dans les cas extrêmes, de superbes inversions, comme cette guerre voulue par la France et l'Angleterre pour tordre le cou à un système qui dévalorisait l'or.<br /> <br /> Je ne suis pas moi-même très éloigné de penser qu'elles n'avaient "rien à foutre de la Pologne" (qui le leur rendait bien) mais je n'ai garde d'oublier que le très belliciste Hitler menait le jeu et avait par de savantes manoeuvres, s'étendant sur des années, induit ces trois pays à se retrouver en conflit avec le sien, dans les pires conditions pour eux et les meilleures pour lui.<br /> <br /> ========================================================<br /> <br /> François Licoppe <br /> L'Allemagne contrairement à la vulgate était peu armée en 1937<br /> <br /> <br /> François Licoppe<br /> François Licoppe Les premiers à bombarder furent les Anglais<br /> <br /> ========================================================<br /> <br /> François Delpla<br /> <br /> Pour suivre la politique française de Hitler, il faut d'abord avoir à l'esprit le schéma tracé dans <em>Mein Kampf</em> : assommer ce pays par un coup militaire décisif, puis conquérir l'Est européen, avec la bénédiction (enthousiaste ou résignée) des Anglais, enrôlés pour dominer de conserve, grâce à la supériorité "aryenne" des "deux grands peuples germaniques", les races inférieures pendant mille ans.<br /> <br /> L'objectif n'est pas abandonné une seule seconde... mais différé, et noyé sous des discours lénifiants. Tout est mené de pair sans se faire repérer, car seul le chef sait que ses entreprises convergeront à point nommé vers une guerre rapidement victorieuse, en 1939-40 (une échéance probablement fixée assez tôt).<br /> <br /> Rien n'est prêt en 1937 ? Cela fait justement partie de la ruse.<br /> <br /> <strong><br /> ==========================================================<br /> ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++<br /> ==========================================================</strong><br /> <br /> Mon, 24 Jun 2019 08:30:01 +0200 1938 novembre. - Nuit de Cristal. Les démocraties : cris d’horreur mais inaction https://www.delpla.org/site/articles/articles-23-146+1938-novembre-nuit-de-cristal-les-democraties-cris-d-horreur-mais-inaction.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-23-146+1938-novembre-nuit-de-cristal-les-democraties-cris-d-horreur-mais-inaction.php <br /> <br /> En quelques heures 190 synagogues sont démolies, incendiées pour la plupart, 7.000 magasins et entreprises juives sont détruites, pillées, 30.000 Juifs dont 8.000 Autrichiens sont arrêtés et internés dans des camps de concentration. Un pogrome gigantesque fait une centaine de morts et des milliers de blessés. En quelques heures, dans toutes les grandes villes d&#8217;Allemagne et d&#8217;Autriche la terreur s&#8217;est déchaînée. Les portes de leur logis arrachées par des fanatiques, les Juifs sont traînés dans la rue, les hommes molestés, des femmes violées. Dans la seule nuit du mercredi 9 au jeudi 10 novembre 1938, le sort des Juifs allemands bascule de l&#8217;arbitraire dans la barbarie la plus infâme.<br /> <br /> « Les Juifs doivent être expulsés de nos principaux quartiers résidentiels et rassemblés à part (...) isolés, ces parasites seront (...) réduits à la misère (...). Mais que l&#8217;on espère que nous resterons là, inactifs à attendre (...). Les Allemands ne sont pas le moins du monde enclins à accepter dans leur pays des centaines de milliers de criminels (...) qui désirent se venger (...). Trois cent mille Juifs dans la misère ne seront qu&#8217;un foyer fertile pour le bolchevisme (...) En face d&#8217;une telle situation nous serons dans la nécessité d&#8217;exterminer cette pègre juive en appliquant les lois et ordres de notre gouvernement qui prévoit l&#8217;extermination de tous les criminels par le feu et le glaive. Le résultat sera la fin définitive du judaïsme en Allemagne, son extermination. »[1]<br /> <br /> Cette déclaration résume une réunion tenue par Reinhart Heydrich, chef de la Gestapo, et fut publiée le 22 novembre 1938 dans le Schwarze Korps, l&#8217;organe des SS. Elle fut reprise en première page du Times Magazine aux Etats-Unis. L&#8217;hebdomadaire conclut que c&#8217;est ce qui arriverait si les démocraties n&#8217;évacuaient pas à leurs frais et immédiatement les Juifs allemands. [2] De son côté, commentant le même texte, le Daily Telegraph anglais titre : « Menace de tuer tous les Juifs, les USA et l&#8217;Angleterre sont prévenus. »[3]<br /> <br /> Répondant à Times Magazine et au Daily Telegraph, le célèbre Manchester Guardian écrit le 29 novembre 1938 : « A ces menaces qui sont sérieuses, il n&#8217;y a qu&#8217;une réponse : les Juifs d&#8217;Allemagne doivent être secourus immédiatement. Un faible courant d&#8217;émigrants utilisant les possibilités limitées actuelles ne constitue pas une solution à ce défi lancé au monde pour sauver des innocents sans défense... Si les gouvernements se considèrent comme les exécuteurs de la conscience de leur peuple, ils montreront une plus grande énergie et aideront plus qu&#8217;ils ne le font actuellement tous les Juifs qui essaient de s&#8217;échapper d&#8217;un pays dont les dirigeants ont décidé leur extermination. » [4] La position du Daily Telegraph reflète parfaitement l&#8217;émotion du public anglais après la Nuit de Cristal.<br /> <br /> Les gouvernements sont alertés mais aucun ne déploie une plus grande énergie pour venir au secours des Juifs. Chaque pays invoque des raisons qui ne sont que des prétextes méprisables pour justifier son inaction. Le 16 novembre 1938, le journal Politiken de Copenhague s&#8217;insurge contre le pogrome, mais conclut : « L&#8217;Europe est submergée de réfugiés, mais il doit bien exister une place pour eux dans d&#8217;autres parties du monde. » [5] L&#8217;ambassadeur américain à Stockholm note, le 18 novembre 1938, que « quelle que soit la sympathie que l&#8217;on éprouve pour les Juifs, il est manifeste que personne ne veut créer un problème juif en Suède en préconisant une admission libérale des réfugiés juifs. »[6] Reçus le 7 décembre 1938 par Lord Winterton représentant le Home Office britannique, le Conseil Juif demande une participation aux coûts pour l&#8217;installation de camps de réfugiés. La réponse est symptomatique. Il ne faut pas compter sur l&#8217;assistance financière du gouvernement, car « toute utilisation de fonds publics pour les réfugiés servirait non seulement à encourager les nazis à expulser leurs Juifs, mais serait utilisée dans le même sens par les autres gouvernements désirant bannir leurs propres Juifs. »[7]<br /> <br /> La veulerie et l&#8217;hypocrisie se disputent la scène. Les dirigeants politiques des deux côtés de la Manche veulent éviter le moindre incident qui pourrait jeter une ombre sur les relations avec le Reich et risquerait de nuire aux Juifs allemands. « La diplomatie anglaise cherche à freiner tout ce qui peut compromettre la politique de rapprochement germano-britannique. Cinq jours plus tard (après la Nuit de Cristal), l&#8217;ambassadeur anglais fait savoir à son collègue américain à Berlin qu&#8217;il est d&#8217;accord avec lui pour penser qu&#8217;une intervention ferait plus de mal que de bien. » [8] Pour d&#8217;autres raisons, Sir Georges Ogilvie Forbes, chargé d&#8217;affaires britannique à Berlin, arrive à la même conclusion lorsqu&#8217;il écrit : « Je ne trouve pas de mots suffisamment forts pour condamner la façon révoltante de traiter tant d&#8217;innocents. Le monde civilisé se trouve dans la perspective effroyable d&#8217;assister à la lente agonie de 500.000 personnes qui mourront dans la misère la plus complète. Je pense néanmoins que les condamnations et les blâmes, qui ne sauraient être évités, devraient être tempérés par égard pour les malheureux Juifs qui auront à en supporter les conséquences et dont les souffrances s&#8217;en trouveront accrues. » [9] Laissez les Juifs martyrisés sans secours !<br /> <br /> Dans le Temps de Paris, daté du 16 novembre 1938, l&#8217;éditorialiste écrit : « Les réactions provoquées surtout dans les pays anglo-saxons menacent de créer une atmosphère peu favorable à la politique d&#8217;entente que l&#8217;on pourrait envisager avec quelque confiance après les accords de Munich. » [10] Georges Bonnet et Joachim von Ribbentrop, les ministres des Affaires Etrangères de France et d&#8217;Allemagne, se rencontreront le 6 décembre 1938 pour signer un pacte d&#8217;amitié reconnaissant les frontières des deux pays ! Le grand rabbin de Paris, Julien Weill, dans le Matin du 19 novembre, justifiera son attitude passive au nom d&#8217;une paix fragile : « Le problème juif vient, ces derniers temps, de prendre une ampleur telle qu&#8217;il ne saurait être résolu par les organisations internationales. Je crois, à ce propos, que la solution qu&#8217;il réclame dépend davantage de l&#8217;Amérique et de l&#8217;Angleterre que de la France, qui a déjà fait à cet égard plus qu&#8217;aucun autre pays du monde et ne peut de toute évidence accueillir de nouveaux immigrants... Il ne nous appartient pas de prendre en ce moment une initiative qui pourrait entraver en quoi que ce soit les tentatives actuellement en cours pour un rapprochement franco-allemand. »[11]<br /> <br /> « Les Juifs ne sont pas les seuls à pousser des cris d&#8217;indignation. Tous les milieux et toutes les classes en font autant avec la même intensité, y compris les milieux germano-américains », dit un message de Hans Dieckhoff, ambassadeur du Reich à Washington. [12] Un télégramme envoyé par 36 écrivains américains illustre cet état d&#8217;esprit : « Nous estimons que nous ne pouvons rester silencieux. Il y a trente-cinq ans une Amérique horrifiée protesta contre le pogrome de Kishinev en Russie tsariste. Que le Seigneur nous vienne en aide si nous sommes incapables de protester aujourd&#8217;hui contre le pogrome allemand. » [13] La presse américaine réagit violemment aux exactions allemandes. Mais ces condamnations ne modifièrent en aucune façon l&#8217;attitude du gouvernement américain concernant l&#8217;immigration des réfugiés.<br /> <br /> Thomas E. Dewey, qui deviendra gouverneur de l&#8217;état de New-York et candidat à la Maison Blanche, s&#8217;écrie à la radio le soir du vendredi 11 novembre 1938 : « Le monde civilisé se lève, unanime, révolté par ce pogrom sanglant contre des gens sans défense. Du plus profond de nous s&#8217;élèvent des cris de protestation contre les horreurs qui se sont produites depuis cinq ans en Allemagne et qui viennent depuis deux jours d&#8217;atteindre de nouveaux degrés de délire organisé...» [14] Au même moment, un réfugié d&#8217;Allemagne écrit à un correspondant américain : « Ne vous trompez pas de propagande ! Dites bien là-bas que les beaux discours dans les meetings n&#8217;ont aucune efficacité. L&#8217;argent lui non plus ne sert pas à grand-chose. Aidez-nous à ouvrir les frontières pour que les gens puissent quitter le pays des assassins, sinon ils sont tous perdus. Encore un petit événement, et tous seront fusillés. »[15]<br /> <br /> Si Roosevelt se joint au concert des protestations, les mesures qu&#8217;il prend ne sont pas à la hauteur de la situation. Il rappelle son ambassadeur à Berlin pour consultations à Washington, mais ne rompt pas les relations diplomatiques. Lors d&#8217;une conférence de presse le 15 novembre 1938, le Président répète qu&#8217;il ne peut prendre aucune mesure pour aider l&#8217;immigration des Juifs allemands : « Ce n&#8217;est pas envisageable, nous avons le système des quotas. »[16]<br /> <br /> Le General Jewish Council, qui réunit les quatre plus grandes organisations juives américaines, dans sa réunion du 13 novembre 1938, décide de son côté d&#8217;adopter une attitude passive : « Dans les conditions présentes le General Jewish Council demande qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de parades, pas de démonstrations publiques et pas de protestations juives. » [17] La communauté juive américaine veut éviter que de telles protestations ne déclenchent des représailles contre les Juifs allemands et qu&#8217;aux Etats-Unis mêmes, elles n&#8217;exacerbent des sentiments antisémites toujours présents. Seul le Comité du Peuple, une organisation communiste juive, réunira 20.000 personnes à Madison Square Garden pour manifester contre le pogrom de la Nuit de Cristal.<br /> <br /> <br /> [1] Schwarze Korps, organe des SS, daté du 22 novembre 1938 cité par Richard Breitman - The Architect of Genocide : Himmler and the Final Solution - Brandeis University Press - Hanover and London 1991 p. 58<br /> <br /> [2] Times Magazine daté du 23 novembre 1938 cité par Haskel Lookstein - Op. Cit. p. 38<br /> <br /> [3] Andrew Sharf - Op.Cit. p 97 citant le Daily Telegraph<br /> <br /> [4] Manchester Guardian daté du 29 novembre 1938 cité par Andrew Sharf - Op. Cit. p. 173<br /> <br /> [5] « Politiken » de Copenhague daté du 16 novembre 1938 cité par Rita Thalmann et Emmanuel Feinermann - Op. Cit. p. 200<br /> <br /> [6] Commentaires de l&#8217;Ambassadeur Américain à Stochholm le 18 novembre 1938 cité par Rita Thalmann eet Emmanuel Feinermann - Op. Cit. p 201<br /> <br /> [7] Déclaration de Lord Winterton du 7 décembre 1938 cité par Ari Johsua Sherman - Op. Cit. p. 196<br /> <br /> [8] Rita Thalmann et Emmanuel Feinermann - Op. Cit. p. 206<br /> <br /> [9] Télégramme de Sir Georges Ogilvie-Forbes, chargé d&#8217;affaire britannique à Berlin à Lord Halifax le 13 novembre 1938 cité par Eliahu Ben Elissar - Op. Cit. p. 349<br /> <br /> [10] Article du « Temps » de Paris daté du 16 novembre 1938 cité par Rita Thalamann et Emmanuel Feinermann - Op. Cit. p. 220<br /> <br /> [11] Article du Grand Rabbin de Paris, Julien Weill dans le «Matin » le 19 novembre 1938 cité par Rita Thalamann et Emmanuel Feinermann - Op. Cit p. 219<br /> <br /> [12] Télégramme de Hans Diekhoff, ambassadeur allemand à Washington à Ribbentrop du 15 novembre 1938 cité par Eliahu Ben Elissar - Op. Cit. p. 354 citation<br /> <br /> [13] Nora Levin - Op. Cit. p. 30 citant un télégramme de 36 écrivains américains à Roosevelt à la suite de la nuit de cristal.<br /> <br /> [14] Thomas E. Dewey à la radio le 11 novembre 1938 cité par Haskel Lookstein - Op. Cit. p. 39 citation<br /> <br /> [15] Kurt Pätzold et Irene Runge - Pogromnacht 1938 - Das Verbrechung an den Deutschen Juden - Berlin 1988 cité dans La Politique Nazie d&#8217;Extermination - Op. Cit. p. 201.<br /> <br /> [16] Robert A. Devine - American Immigration Policy - 1936-1952 - Yale University Press - New Haven - 1957 - p. 97 citant Roosevelt sur la politique des quotas.<br /> <br /> [17] Haskel Lookstein - Op. Cit. p.46 - Déclaration contre des manifestations antiboycott des quatre organisations juives américaines composant l&#8217;American Jewish Council qui sont : l&#8217;American Jewish Committee, l&#8217;American Jewish Congress, B&#8217;nai B&#8217;rith, le Jewish Labor Committee.<br /> <br /> <br /> Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2019. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.<br /> <br /> xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx<br /> <br /> Mes remarques :<br /> <br /> - La journaliste canadienne Corinne Chaponnière a produit en 2015 la première étude fouillée sur l'attentat de Grynzspan (<em>Les Quatre coups de la Nuit de crista</em>l, Paris, Albin Michel, 2015) , fondée sur d'amples recherches d'archives. Il en ressort que, sans preuve décisive à ce jour, le SD (plutôt que la Gestapo, nommée dans l'ouvrage) est fortement suspect d'avoir pris en main le jeune homme avant l'attentat, de l'avoir équipé d'une arme (dont l'achat dans une armurerie, établi par l'enquête, excédait de beaucoup ses moyens) et d'avoir guidé son bras. <br /> <br /> - A mon avis, il est trompeur de parler de "pogrom" comme, par exemple, d'"alliance" à ^propos du pacte germano-soviétique. Ce sont là des pièces hitlériennes à usage unique, dont un nom commun estompe l'originalité.<br /> <br /> - Les puissances sont bel et bien corsetées, dans leurs réactions à la nuit de Cristal, par leur politique d'apaisement. Il convient de remarquer que cette paralysie est un résultat de l'habileté et du doigté dont Hitler fait preuve, réalisant un parcours "sans faute" de 1933 à la mi-mai 1940, moment où l'obstacle churchillien surgit devant lui et commence à déranger ses plans. Sun, 10 Mar 2019 18:02:44 +0100 Lettres d'information 2019 https://www.delpla.org/site/articles/articles-7-144+lettres-d-information-2019.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-7-144+lettres-d-information-2019.php [url=http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-128+lettres-d-information-2018.php]<br /> Lettres antérieures [/url]<br /> <br /> <br /> La dernière :<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Lettre d'information n° 128 du site de l'historien du nazisme François Delpla </span></strong><br /> <br /> POUR UN DIGNE ANNIVERSAIRE DE 1939<br /> <br /> <br /> Chers abonnés,<br /> <br /> <br /> Les conférences-signatures annoncées ont donné lieu à des mises en ligne :<br /> <br /> <a href="http://www.ekouter.net/hitler-et-petain-avec-francois-delpla-a-la-nouvelle-action-royaliste-4151">http://www.ekouter.net/hitler-et-petain-avec-francois-delpla-a-la-nouvelle-action-royaliste-4151</a><br /> <br /> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ObZzd1Jw-dE">https://www.youtube.com/watch?v=ObZzd1Jw-dE</a><br /> <br /> <br /> Par ailleurs, votre site favori d'historien du XXème siècle s'est enrichi d'un nouvel article sur la Shoah de Marc-André Charguéraud <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles-23-146+1938-novembre-nuit-de-cristal-les-democra.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-146+1938-novembre-nuit-de-cristal-les-democra.php</a> . Il porte sur les répercussions internationales de la nuit de Cristal et je l'ai agrémenté de quelques remarques sur le jeu nazi. <br /> <br /> Voilà qui m'amène à mon sujet principal, la préparation de la guerre par Hitler et l'anniversaire qui tombe au milieu de ce mois.<br /> <br /> De l&#8217;avis général, en effet, l&#8217;entrée de Hitler à Prague après son entrevue mélodramatique avec le président Hacha, le 15 mars 1939, déclenche le compte à rebours de la Seconde Guerre mondiale : après un délai de réflexion de 48h le député de Birmingham, par ailleurs premier ministre, Neville Chamberlain, annonce en sa bonne ville que cette violation flagrante des accords de Munich, et du traité bilatéral anglo-allemand qui les avait accompagnés, ne restera pas impunie. Le châtiment consiste en une déclaration de guerre du Royaume au Reich... à la prochaine incartade. Celle-ci menaçant de plus en plus clairement de se produire en Pologne, Londres garantit solennellement la sécurité de ce pays le 31 mars suivant. Dès lors, Hitler sait comment il peut déclencher une conflagration européenne, en choisissant son moment. <br /> <br /> Le 23 mai, il annonce à ses généraux que ce sera le 1er septembre, QUOI QU&#8217;IL ARRIVE, ajoutant :<br /> « Je crains seulement qu&#8217;au dernier moment il y ait un cochon qui me propose quelque plan d&#8217;arbitrage » (document Nuremberg PS-798).<br /> <br /> Il s&#8217;étend cependant longuement, ce jour-là et en d&#8217;autres occasions, sur l&#8217;improbabilité d&#8217;une intervention de la France ou de l&#8217;Angleterre pour secourir la Pologne. Il convient d&#8217;autre part de remarquer que pendant toute cette crise polonaise, en public comme en privé, il affecte d&#8217;avoir pour but la récupération de Dantzig et de son &#8220;corridor&#8221;, et non la conquête de la Pologne entière, en prélude à celle d&#8217;un immense &#8220;espace vital&#8221; aux dépens des Slaves.<br /> <br /> Les publications des précédents anniversaires, lors des années en &#8220;9&#8221;, sont loin d&#8217;avoir clarifié ce point, prenant trop souvent les déclarations du Führer au premier degré. En 2009 encore, un livre de Richard Overy (Countdown to War, Londres, Penguin, 2009, tr. fr. 1939 : Demain, la guerre, Paris, Seuil, 2009) jugeait que Hitler, en attaquant le 1er septembre, espérait que Paris comme Londres passeraient l&#8217;éponge. C&#8217;est lui attribuer bien peu d&#8217;intelligence politique et de culture diplomatique. C&#8217;est aussi méconnaître Mein Kampf, ou penser que ce programme de politique, entre autres, extérieure, publié en 1926, n&#8217;a rien à voir avec ce qu&#8217;il fait, quelques années plus tard, à la tête du gouvernement. Il disait vouloir régler le compte de la France pour &#8220;assurer les arrières&#8221; de la conquête de l&#8217;espace vital, l&#8217;acceptation de ces faits par l&#8217;Angleterre étant obtenue au nom d&#8217;une solidarité &#8220;aryenne&#8221; dans la domination des peuples &#8220;inférieurs&#8221;.<br /> <br /> Or c&#8217;est exactement ce qui se passe, et seule l&#8217;arrivée au pouvoir, in extremis, de Churchill ébranle cette belle construction.<br /> <br /> Outre l&#8217;ouvrage d&#8217;Overy, qui prolongeait l&#8217;idée reçue que Hitler avait été surpris, déçu et désorienté par la déclaration de guerre anglo-française, l&#8217;anniversaire de 2009-2010 avait été dominé par la thèse d&#8217;une surprise, en mai-juin 1940, ... de l&#8217;Allemagne elle-même, devant sa victoire contre la France ! C&#8217;était là l&#8217;effet, en particulier, d&#8217;une abondance de productions sur &#8220;l&#8217;étrange victoire allemande&#8221; dans les années 1990-2000, dont l&#8217;ouvrage le plus influent reste le Blitzkieg-Legende de Karl-Heinz Frieser (1995, traduit en français en 2003 et en anglais en 2005).<br /> <br /> Que de brumes à dissiper ! Il faudra sans doute attendre 2029 pour finish the job. Mais avançons-le le plus possible ! <br /> <br /> <br /> <br /> PS.- Ce travail est loin de n&#8217;avoir qu&#8217;un intérêt rétrospectif. Le néo-nazisme et le négationnisme, qui ont le vent en poupe dans différentes parties du monde, se nourrissent de la lecture au premier degré des propos (et propositions) de Hitler, témoins la récente réédition par Vincent Reynouard d&#8217;une brochure nazie de 1940 sur son &#8220;pacifisme&#8221; <a href="https://www.jeune-nation.com/culture/ce-que-le-monde-na-pas-voulu-les-offres-de-paix-dhitler-entre-1933-et-1939.html">https://www.jeune-nation.com/culture/ce-que-le-monde-na-pas-voulu-les-offres-de-paix-dhitler-entre-1933-et-1939.html</a> , par ailleurs en ligne <a href="https://www.wintersonnenwende.com/scriptorium/deutsch/archiv/neindanke/wwnw00.html">https://www.wintersonnenwende.com/scriptorium/deutsch/archiv/neindanke/wwnw00.html</a> . Décrypter le jeu du dictateur nazi n&#8217;est pas seulement un plaisir, mais un devoir.<br /> (L&#8217;auteur de la brochure, Friedrich Stieve -1884-1966-, est un cadre méconnu de la Wilhelmstrasse, responsable de sa section culturelle -sic !- pendant tout le Troisième Reich. Il avait été nommé en 1932. Cet écrit, et d&#8217;autres du même auteur, offrent un bel exemple d&#8217;intelligence satellisée par la folie hitlérienne.)<br /> Ps 2.- Le site comporte un article sur les ruses diplomatiques nazies de 1933 à 1939 <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles-9-132+les-ruses-nazies-d-avant-guerre-1933-1939.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-9-132+les-ruses-nazies-d-avant-guerre-1933-1939.php</a> .<br /> <br /> <br /> <br /> PS 3.-Si le message s'affiche mal, retrouvez-le ici <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles-7-144+lettres-d-information-2019.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-7-144+lettres-d-information-2019.php</a><br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ________________________________________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Lettre d'information n° 127 du site de l'historien du nazisme François Delpla </span></strong><br /> <br /> <br /> <br /> Chers abonnés,<br /> <br /> Vous étiez prévenus ! Permettez-moi , pour une fois , de me citer (lettre 126 du 9 novembre) :<br /> <br /> "Un livre intitulé Hitler et Pétain se heurte à une méfiance, qui peut aller jusqu&#8217; à un refus de lecture, de la part de maints spécialistes, appartenant à des courants très divers mais partageant le préjugé que la discipline historique a rompu définitivement, au XXème siècle, avec l&#8217;explication des décisions politiques par la volonté des dirigeants. <br /> <br /> Par bonheur, la polémique en cours [sur la différence entre le Pétain de 1918 et celui de l'Occupation] met en lumière un contraste très pédagogique : la différence entre un dictateur allemand dont les lubies produisent des effets immenses (bien qu'ils ne soient pas toujours faciles à cerner), et son tardif émule français qui, si ses idées et ses talents ont souvent favorisé, ou parfois handicapé, sa carrière, a néanmoins joué, à chaque étape, des rôles attendus, qu&#8217;aucun mystère après coup ne nimbe."<br /> <br /> Depuis le 29 novembre, date de sortie du livre (et malgré l'envoi de l'objet à la presse deux semaines plus tôt, ou de jeux d'épreuves plus tôt encore), l'écho généralement discret de mes ouvrages sur le nazisme depuis 1992 fait place à une ignorance universelle, en contraste avec sa "visibilité" sur les étalages les plus divers, le début encourageant des ventes et l'abondance du courrier "favorable à très favorable", comme disent les sondeurs. Cette anomalie suggère que les spécialistes de la presse et de l'université, devant un canard inattendu dans la couvée des cygneaux convenus, attendent que le voisin s'exprime le premier.<br /> <br /> Pas de pessimisme donc, mais un appel à l'action. Après tout, l'extra-ordinaire mouvement des Gilets jaunes, traîné par maint observateur dans la boue de ses éléments les plus patibulaires, est accusé de mémoire courte historique. Faire progresser "sur les ronds-points" l'idée que ce Pétain, qu'on les accuse souvent d'imiter, n'avait à partir de 1940 plus rien de français puisqu'il prenait ses ordres à l'étranger, peut faire partie de cette "pédagogie" dont un gouvernement décontenancé cherche laborieusement la formule.<br /> <br /> Vous aurez en particulier remarqué, dans ceux des remous de l'heure qui n'incitent pas à l'optimisme, le phénoménal succès commercial et médiatique du livre Destin français d'Eric Zemmour, dont la thèse centrale est que de Gaulle ne s'est pas mieux débrouillé avec l'impérialisme américain que Pétain avec l'allemand. Si je n'aborde pas de front, dans le mien, les différences entre les vues et les pratiques de Roosevelt et de Hitler envers la France, du moins, en mettant en lumière les menées destructrices, souvent subtiles, du dernier nommé, j'en suggère quelque idée !<br /> <br /> Vous trouverez sur le site, <br /> <br /> * outre un éditorial présentant les principales conclusions de Hitler et Pétain, <br /> <br /> * le dernier article de Marc-André Charguéraud sur la persécution des Juifs polonais APRES l'occupation allemande <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles-23-142+l-elimination-des-juifs-de-pologne-apres-la-g.php">http://www.delpla.org/site/articles/articles-23-142+l-elimination-des-juifs-de-pologne-apres-la-g.php</a><br /> <br /> qui peur servir 1) à faire reculer l'idée absurde qu'une "polonisation" aurait menacé la France sous la botte nazie; <br /> <br /> 2) à toucher du doigt l'ampleur de la déshumanisation que le nazisme, même vaincu, imprimait dans certains esprits, en vertu, si l'on peut dire, de son talent corrupteur, <br /> <br /> * un extrait de débat sur Facebook <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=130">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=10&amp;id=130</a> à propos de la décision hitlérienne d'attaquer l'URSS prise en juillet 1941, connue par le journal du général Halder dès 1947 mais contraire à la propagande churchillienne ET DONC ENCORE MECONNUE AUJOURD'HUI. <br /> <br /> Le préjugé selon lequel le retournement allemand vers l'est date, à l'automne 1940, d'un "échec" de la "bataille d'Angleterre" fausse complètement l'analyse des rencontres de Montoire et d'Hendaye, pour la plus grande gloire de Pétain et de Franco censés avoir refusé leur concours militaire à Hitler... en vue d'opérations dans l'Atlantique ou la Méditerranée dont il faisait seulement miroiter la perspective à des fins de diversion.<br /> <br /> * et, pour le fun, quelques nouvelles Perles contre l'histoire <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&amp;id=2">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=9&amp;id=2</a> , sévèrement triées dans une période entre toutes propice à une surproduction.<br /> <br /> <br /> Action, donc ! Et pour commencer, merci de participer à une conférence sur Hitler et Pétain<br /> Dimanche 13 janvier 2019 de 17:00 à 19:30<br /> Librairie La Terrasse de Gutenberg<br /> 9 rue Emilio Castelar, 75012 Paris<br /> <br /> ou de signaler cette manifestation à vos accointances fanciliennes.<br /> <br /> En conclusion, ce n'est pas sur vous, chers abonnés du moins de longue date, qu'il faut compter pour croire que Hitler a été élu (bourde qui émaille encore la plus récente interview d'Alain Badiou <a href="https://the-dissident.eu/alain-badiou-lallegeance-macron-negative/?fbclid=IwAR0z1G0n_r32yE7Rn9zDvUd9i-7puTMVcrky72WvhSIC3M3qTj-yV7ExcYI">https://the-dissident.eu/alain-badiou-lallegeance-macron-negative/?fbclid=IwAR0z1G0n_r32yE7Rn9zDvUd9i-7puTMVcrky72WvhSIC3M3qTj-yV7ExcYI</a> ), que le premier statut des Juifs date du 3 octobre 1940 et résulte entièrement de rancunes françaises, que Robert Paxton mérite une confiance aveugle, que Hitler était rarement à l'origine des actions de ses subordonnés, ou que Pétain a mené une politique cohérente et efficace de sauvetage des Juifs français. <br /> <br /> En revanche, votre intervention devient opportune pour chasser ces erreurs du plus possible de têtes en une époque qui offre avec les années trente quelques points communs, mais qu'en sépare une différence essentielle : il n'existe ni une puissance dans la situation de l'Allemagne, ni un fou talentueux pour en prendre le contrôle tout en mystifiant l'univers.<br /> <br /> <br /> <br /> Joyeuses fêtes à tous<br /> <br /> <br /> <br /> fdelpla<br /> <br /> <br /> Si le message s&#8217;affiche mal, retrouvez-le ici <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128">http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=7&amp;id=128</a> . Sun, 10 Mar 2019 10:44:01 +0100