Derniers articles https://www.delpla.org Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Facebouquineries 3 https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-150+facebouquineries-3.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-150+facebouquineries-3.php https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/un-propos-hitl%C3%A9rien-n%C3%A9glig%C3%A9/1790549384425007/<br /> <br /> UN PROPOS HITLÉRIEN NÉGLIGÉ<br /> François Delpla·Dimanche 7 juillet 2019<br /> <br /> <br /> Je relis les mémoires d&#8217;Albert Speer (1969) quelques années après ma dernière lecture et je trouve, grâce au travail effectué entre-temps, des pépites qui m&#8217;avaient échappé. Ainsi, ce monologue placé dans la bouche de Hitler le 22 juillet 1944, deux jours après l&#8217;attentat de Stauffenberg :<br /> &#8220; Le fait que le général Fellgiebel, le chef des services de transmission, ait fait partie lui aussi du groupe des conjurés provoqua chez Hitler une explosion où la satisfaction, la colère et le triomphe se mêlaient à la conscience d&#8217;être justifié :<br /> <em>« Maintenant, je sais pourquoi tous mes grands plans étaient condamnés à échouer en Russie pendant ces dernières années. Tout était trahison ! Il y a longtemps que nous serions vainqueurs sans ces traîtres ! Voilà ma justification devant l&#8217;histoire ! Il faut maintenant absolument chercher à savoir si Fellgiebel disposait d&#8217;une ligne directe avec la Suisse, grâce à laquelle il aurait transmis tous mes plans aux Russes. Il faut employer tous les moyens pour l&#8217;interroger&#8230; Encore une fois c&#8217;est moi qui ai eu raison. Qui est-ce qui me croyait lorsque je m&#8217;opposais à toute unification du commandement de la Wehrmacht ? Regroupée dans une seule main, la Wehrmacht constitue un danger ! Pensez-vous aujourd&#8217;hui encore que c&#8217;est un hasard si j&#8217;ai fait mettre sur pied le plus grand nombre possible de divisions de Waffen-SS ? Je savais pourquoi je donnais ces ordres en dépit de toutes les résistances&#8230; l&#8217;inspecteur général des blindés : j&#8217;ai créé tout cela pour diviser l&#8217;armée de terre une fois de plus ! »</em> &#8221;<br /> (édition française de poche, 1972, p. 517)<br /> <br /> Il est rare qu&#8217;une même tirade hitlérienne en dise autant, à la fois sur son caractère et sur son style de gouvernement... même si les deux ne sont pas faciles à démêler, mais le sont-ils jamais ?<br /> Ainsi, son besoin éperdu d&#8217;autojustification, passant par le rejet sur autrui de la responsabilité de toute erreur, se mêle à des préoccupations politiques à court, moyen et long terme :<br /> <br /> cerner le périmètre et les procédés de la conjuration, en utilisant au besoin la torture;<br /> réaffirmer l&#8217;autorité du chef et son infaillibilité;<br /> dédouaner le régime de tous les échecs subis en URSS, en les expliquant par la trahison plutôt que par la force de l&#8217;ennemi et le risque inconsidéré pris en l&#8217;attaquant;<br /> justifier ledit régime, et son chef, &#8220;devant l&#8217;histoire&#8221;;<br /> justifier (ici implicitement) toute la politique antisémite, fondée sur les soupçons perpétuellement formulés à l&#8217;égard des Juifs de liaisons internationales secrètes.<br /> <br /> Mais le plus instructif est la façon dont l&#8217;orateur se vante de son procédé favori : la division des forces qui pourraient s&#8217;opposer à sa volonté. Ces lignes sont de nature à ruiner l&#8217;idée que le développement accéléré des Waffen-SS, poursuivi jusqu&#8217;à la fin de la guerre, aurait pour moteur la soif de pouvoir de Himmler. Il s&#8217;agit bel et bien d&#8217;une mission à lui confiée par son vénéré maître, qui anticipe depuis longtemps le trouble que les défaites vont créer dans l&#8217;esprit des officiers, et entreprend d&#8217;en limiter les effets en truffant les armées de divisions politiquement sûres... dussent leurs carences militaires provoquer les sarcasmes des officiers de carrière.<br /> <strong><em><br /> =========================================================================<br /> +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++<br /> =========================================================================</em></strong><br /> <a href="https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/?multi_permalinks=1790836707729608&amp;notif_id=1562525503032586&amp;notif_t=feedback_reaction_generic">https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/?multi_permalinks=1790836707729608&amp;notif_id=1562525503032586&amp;notif_t=feedback_reaction_generic</a><br /> <br /> Jérémy Roy<br /> 30 juin, 2019<br /> [size=17]Hitler, Heisenberg, Fritz Reiche et Fritz Houtermans : une manipulation hitlérienne de plus autour de la bombe atomique [size]<br /> (printemps 41)<br /> <br /> La manipulation est très simple : faire croire aux Américains que les Allemands ont la bombe ou sont tout près de l'avoir, la possession de cette arme doit évidemment décourager les Anglo-américains à continuer la guerre et même les encourager à faire la paix et reconnaître la domination allemande sur l'Europe. Pour cela Hitler peut compter sur des savants de haut vol complices du régime nazi (Heisenberg et Weiszacker) et sur des seconds couteaux non moins complices tel Fritz Houtermans. Il peut aussi compter sur des savants juifs hostiles au régime nazi sur lesquels il a posé ses griffes et qui ont des contacts avec les Anglo-américains : nous avons déjà vu le cas Niels Bohr, et nous allons voir désormais le cas Fritz Reiche. <br /> <br /> Fritz Reiche est beaucoup moins connu que Niels Bohr : né en 1883 dans une famille juive et riche de Berlin, il avait fait des études brillantes au Collège Royal français puis à l'université de Berlin (sous l'égide de Roentgen, prix Nobel). Après une thèse de physique sous la direction de Max Planck, il travaille à l'université de Breslau où il se lie d'amitié avec Rudolf Ladenburg (qui émigre en 1931 aux USA). Pendant la Première guerre mondiale il travaille avec Einstein, Planck et Fritz Haber (3 prix Nobel) et est nommé professeur à l'université de Breslau après la guerre. Dans les années 20, il publie à un livre à succès sur la Physique quantique. Les ennuis commencent en 1933 avec l'arrivée de Hitler au pouvoir. Il est licencié en 1934, trouve un emploi à Prague en 1935 puis s'établit à Copenhague en 1936 à l'invitation de Niels Bohr (autre prix Nobel). De 1936 à 1941, de retour à Berlin, il survit grâce à une maigre pension. Son fils arrive à émigrer en Angleterre en 1939. La même année on lui trouve un poste à New York. Pourquoi n'émigre-t-il pas ? Sa fille n'aurait pas réussi le test médical (Thomas Powers Le mystère Heisenberg p.134). Pourtant 2 ans plus tard elle passera le test grâce à un médecin allemand complaisant (ami de son père cf Powers p.134). Pourquoi trouve-t-il un médecin allemand complaisant en 1941 et pas en 1939 ? Comme c'est curieux. Est-ce que seul le certificat médical de sa fille posait problème ? N'est-ce pas plutôt les autorités allemandes sous l'autorité de Hitler qui ont refusé sciemment le visa à monsieur ? Comment se fait-il que le visa soit arrivé en mars 41 et pas avant ? Comment ne pas voir les services hitlériens à la man&#339;uvre ? Comment se fait-il que le poste à New York ait été gardé pendant 2 ans au chaud à Monsieur Reiche et n'ait pas été attribué à un autre savant juif dans la détresse ?<br /> La réponse favorable des autorités allemandes arrive en mars 1941, 2 semaines avant l'interdiction totale d'émigrer. Quelle chance ! Le Hasard ? Non, Hitler a trouvé en Reiche un émissaire sûre et efficace pour porter son intoxication directement aux Américains. Pour toucher Reiche Hitler va faire appel à un autre physicien trouble : Fritz Houtermans. <br /> <br /> Fritz Houtermans, moins connu que Niels Bohr, plus que Fritz Reiche, doit sa célébrité (toute relative) à son destin hors du commun : un grand-père hollandais qui a fait fortune sous Guillaume II; il est éduqué par sa mère, juive et autrichienne; à Vienne dans les cercles feutrés de la haute société viennoise. Sa mère était très cultivée et fut la première femme diplômée de l'université en Autriche. Fritz grandit dans une ambiance bourgeoise et bohème. Jeune il s'inscrit au KPD (années 20) et fait des études de physique à Göttingen. Devenu professeur à l'université, il se marie à la fille d'un riche éditeur. Tout roule pour Fritz. Tandis que sa femme s'inquiète de l'arrivée des nazis au pouvoir, lui ne semble pas préoccupé, pourtant acien KPD.... est-il séduit par un Hitler socialiste ? Houtermans a-t-il été toujours un petit peu nationaliste ? Sa femme finit par le convaincre de fuir : ils émigrent en Angleterre. Mais, très vite il juge son emploi ennuyeux et ingrat... Heureusement, un emploi s'offre à lui en 1935 en URSS, il saute sur l'occasion : on lui promet un poste de professeur à l'université avec tout un tas d'avantages. Le rêve ! Malheureusement, pour lui l'idylle soviétique tourne court : en 1937 le NKVD débusque un nid d'espion allemand à Kharkov, la quasi-totalité des professeurs étrangers sont arrêtés, Houtermans fait partie du lot. Pendant 3 ans il connait la prison, la torture (dira-t-il) et pendant qu''il fait des aveux compromettants sa femme réussit à fuir avec leur enfant pour les USA. De là elle avertit la communauté scientifique de la situation de son mari : Einstein et Joliot-Curie demandent sa grâce à Staline. En 1940, considéré comme un espion fasciste allemand, Houtermans est ré-expédié à Berlin. Emprisonné cette fois par la Gestapo, entre mai et août, placé en observation afin de s'assurer qu'il n'est à son tour pas un espion soviétique, Houtermans est libéré et très vite placé dans l'institut de Von Ardenne qui travaille sur la bombe atomique allemande. Quelle rapide promotion ! Peut-être les accusation soviétiques n'étaient-elles pas sans fondement après tout ?<br /> <br /> Donc résumons : en mars 41 à la veille de Barbarossa Hitler a sous sa coupe deux physiciens de haut vol qui sont tout prêts à lui rendre service. Le premier Fritz Reiche va servir de mule. Le deuxième Fritz Houtermans est plus compromis : il doit mentir au premier, lui faire réciter un message adressé aux Américains : "Heisenberg ne pourra pas résister longtemps aux pressions d'en-haut en vue de faire la bombe. Dépêchez-vous!". <br /> Reiche, une fois arrivé aux USA en avril 41, récite le message à son ami Rudolf Ladenburg (professeur à Princeton) qui lui-même met au courant Lyman Briggs qui lui-même s'en montre très inquiet et en fait part au président Roosevelt. <br /> Le tour est joué ! Le message est passé. Hitler dès avril 41 instille le doute dans l'esprit des Américains : il est près d'avoir le bombe, cette fameuse bombe ! Les Américains oseront-ils soutenir davantage les Anglais et Churchill ? Oseront-ils s'engager davantage contre l'Allemagne ?<br /> <br /> Il faut maintenant faire le lien la grosse affaire de mai 41 : le vol de Rudolf Hess. En effet, à la veille de Barbarossa Hitler envoie son fidèle second tâter le terrain en Angleterre d'une éventuelle réconciliation aryenne. Roosevelt voit les signaux s'accumuler qui l'inciteraient à l'apaisement envers Hitler : pourquoi faire la guerre à un pays qui aura bientôt la bombe, pourquoi faire la guerre à un pays qui ruinera le bolchévisme, pourquoi faire la guerre à un pays qui demande la paix à l'Angleterre ? L'intoxication a atteint son but : le président américain. A-t-elle fonctionné ? En partie : les Américains ne déclarent pas la guerre à Hitler, mais c'est l'inverse qui se produit, Hitler reste le maître du jeu. Elle n'a pas réussi à renverser Churchill ni à fonder l'alliance aryenne qui lui aurait permis de consolider ses conquêtes européennes. Mais, Hitler n'abandonnera pas l'idée du chantage à la bombe nucléaire : en septembre 41; il envoie Heisenberg intoxiquer Bohr.<br /> <br /> On voit donc que Hitler faisait feu de mille manipulations à la veille de Barbarossa. Sa plus grosse opération (le vol de Rudolf Hess) en cachait de plus insidieuses (le message de Reiche puis la rencontre de Copenhague au sujet de l'arme atomique). Mon, 08 Jul 2019 10:00:03 +0200 Facebouquineries 2 https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-147+facebouquineries-2.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-147+facebouquineries-2.php <span style="font-size: 17px;">SUR LES ORIGINES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE </span><br /> <br /> François Licoppe<br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/65011464_10156437122403602_6764984163087941632_n.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> 24/6/2019<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;">Hitler et le système monétaire</span><br /> <br /> C'est bien pourquoi Hitler nomma Schacht à la tête de la Reichsbank, banque nationale publique, qui finança la reconstruction de l'Allemagne faisant disparaître les 7 millions de chômeurs que ce pays comptait et ce en 3 ans.<br /> <br /> Eh oui, il existe des systèmes monétaires qui sont favorables au peuple et d'autres pas. Hitler choisit parmi les premiers. Les autres pays lui firent la guerre à cause de cela. Qu'on ne vienne pas me dire que les Anglais et les Français en avaient quelque chose à foutre des polaks.<br /> <br /> =========================================================<br /> <br /> François Delpla <br /> <br /> Couper le nazisme en tranches, c'est lire l'heure sur un réveil démonté.<br /> <br /> A l'arrivée cela donne, dans les cas extrêmes, de superbes inversions, comme cette guerre voulue par la France et l'Angleterre pour tordre le cou à un système qui dévalorisait l'or.<br /> <br /> Je ne suis pas moi-même très éloigné de penser qu'elles n'avaient "rien à foutre de la Pologne" (qui le leur rendait bien) mais je n'ai garde d'oublier que le très belliciste Hitler menait le jeu et avait par de savantes manoeuvres, s'étendant sur des années, induit ces trois pays à se retrouver en conflit avec le sien, dans les pires conditions pour eux et les meilleures pour lui.<br /> <br /> ========================================================<br /> <br /> François Licoppe <br /> L'Allemagne contrairement à la vulgate était peu armée en 1937<br /> <br /> <br /> François Licoppe<br /> François Licoppe Les premiers à bombarder furent les Anglais<br /> <br /> ========================================================<br /> <br /> François Delpla<br /> <br /> Pour suivre la politique française de Hitler, il faut d'abord avoir à l'esprit le schéma tracé dans <em>Mein Kampf</em> : assommer ce pays par un coup militaire décisif, puis conquérir l'Est européen, avec la bénédiction (enthousiaste ou résignée) des Anglais, enrôlés pour dominer de conserve, grâce à la supériorité "aryenne" des "deux grands peuples germaniques", les races inférieures pendant mille ans.<br /> <br /> L'objectif n'est pas abandonné une seule seconde... mais différé, et noyé sous des discours lénifiants. Tout est mené de pair sans se faire repérer, car seul le chef sait que ses entreprises convergeront à point nommé vers une guerre rapidement victorieuse, en 1939-40 (une échéance probablement fixée assez tôt).<br /> <br /> Rien n'est prêt en 1937 ? Cela fait justement partie de la ruse.<br /> <br /> <strong><br /> ==========================================================<br /> ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++<br /> ==========================================================</strong><br /> <br /> Mon, 24 Jun 2019 08:30:01 +0200 Facebouquineries https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-130+facebouquineries.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-130+facebouquineries.php <img src="https://www.delpla.org/site/upload/histoire_de_la_collaboration.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> <br /> <a href="https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/permalink/1314021065411177/">https://www.facebook.com/groups/StudyOfNS/permalink/1314021065411177/</a><br /> <br /> <br /> <strong><em><span style="text-decoration: underline;">A propos de l'Histoire de la collaboration</span></em></strong><br /> <br /> un livre de François Broche et Jean-François Muracciole (Tallandier, 2017), p. 104 à 107<br /> <br /> <br /> Ce livre récent, universitaire, à bien des égards excellent, souffre d'une insertion totalement défectueuse de son objet dans l'histoire du nazisme et de sa guerre.<br /> <br /> La propagande churchillienne de guerre, et d'après guerre, avait un besoin vital que la bataille d'Angleterre en eût été vraiment une, c'est-à-dire une tentative repoussée de débarquement. Il fallait donc que Hitler ait oublié le ba ba de son racisme, qui le poussait à éviter toute querelle irrémédiable avec le Royaume-Uni.<br /> <br /> A la propagande anglaise susdite aurait donc dû faire obstacle, du moins à partir de 1947(date de la mise à la disposition des tribunaux de Nuremberg du journal du général Halder, chef d'état-major de l'armée de terre allemande), la révélation de la décision hitlérienne d'attaquer l'URSS en 1941, signifiée le 31 juillet 40 aux chefs de la Wehrmacht après une quinzaine consacrée à y préparer leurs esprits. En affinant un peu l'analyse, on se serait rendu compte dès ce moment qu'il s'agissait d'une conséquence directe de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir (3 juillet) ou plutôt de son accueil favorable, le lendemain, et par les Commune et par les Etats-Unis. Voilà qui confortait la position de Churchill et le maintien par lui de l'état de guerre, alors que sa chute, et la paix, étaient jusque là attendus par Berlin comme un fruit naturel de l'armistice franco-allemand.<br /> <br /> Les pages citées commettent l'exploit de dire à la fois les deux choses : tout d'abord que Hitler est repoussé à l'automne dans le ciel de Londres, et que l'opération qui sera nommée "Barbarossa" le 18 décembre était déjà décidée en juillet. La so called Battle of England était donc à la fois une vraie offensive et une diversion !<br /> <br /> C'est ce qu'on appelle, depuis un certain rabbin de Nazareth, "mettre du vin nouveau dans de vieilles outres".<br /> <br /> De même, les rencontres d'Hendaye et de Montoire ne devraient plus du tout, en aucune façon, être regardées comme des tentatives infructueuses d'obtenir ceci ou cela de Pétain ou de Franco, mais comme des diversions fort réussies, tendant à faire croire (à l'Angleterre, à l'Amérique et à la Russie principalement) que Hitler comptait s'emparer prochainement de Gibraltar et verrouiller la Méditerranée. Il fallait donc, côté anglo-saxon, être très gentil avec lui pour éviter qu'il ne fasse un malheur et, côté soviétique, l'être aussi, pour le pousser au crime.<br /> <br /> Bref, c'était un très méchant raciste, mais ni un idiot, ni un improvisateur.<br /> <br /> ==================================================================<br /> <br /> <a href="https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/franco-27-mai-1944/1405427979603818/">https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/franco-27-mai-1944/1405427979603818/</a><br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><br /> FRANCO, 27 MAI 1944</strong></span><br /> <br /> François Delpla·Lundi 14 mai 2018<br /> Le 24 mai, aux Communes, Churchill dit du bien de Franco alors qu&#8217;il en avait encore dit du mal dix jours avant. Le Caudillo, tout excité, triomphe devant François Pietri, l&#8217;ambassadeur de Vichy, persuadé non seulement que son régime va pouvoir survivre à la guerre, mais qu&#8217;il a une carte à jouer avec Pétain, celle d&#8217;un regroupement occidental contre Staline, englobant l&#8217;Allemagne sans dénazification aucune.<br /> <br /> Souce : Archives nationales, Pierrefitte, cote 415 AP/3 (papiers du cabinet du maréchal)<br /> <br /> ==============================================================<br /> <br /> https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/hitler-joueur-rus%C3%A9-il-ne-suffit-pas-de-le-reconna%C3%AEtre-il-faut-en-tirer-les-cons%C3%A9/1454402284706387/<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><br /> HITLER JOUEUR RUSÉ : IL NE SUFFIT PAS DE LE RECONNAÎTRE, IL FAUT EN TIRER LES CONSÉQUENCES !</strong></span><br /> <br /> LU SUR UN FORUM <a href="http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=49&amp;t=40863&amp;p=551491&amp;sid=1dbbbfd43af7e4a3edef767e54b63166#p551491">http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=49&amp;t=40863&amp;p=551491&amp;sid=1dbbbfd43af7e4a3edef767e54b63166#p551491</a> :<br /> &#8220;A part Staline et Hitler eux-mêmes, il n'y a que peu de gens qui savent que la Pologne se fera envahir par les troupes allemandes en septembre. Franco et Mussolini n'ont probablement pas été tenus au courant.&#8221;<br /> <br /> Réponse :<br /> <br /> A elle seule cette phrase résume toute l'incompréhension du nazisme à laquelle je m'efforce avec d'autres, depuis quelques décennies, de remédier.<br /> Hitler est un joueur retors et secret, y compris vis-à-vis de la plupart de ses intimes (il a peut-être un complice par coup, souvent Göring, de plus en plus Himmler, parfois Hess...) : de sa décision irrévocable de fondre sur la Pologne le 1er septembre 1939 il n'y a <br /> 1) aucun document pour attester et <br /> 2) aucune raison de penser <br /> qu'il ait prévenu Staline plus que Franco.<br /> Précisions sur demande.<br /> <br /> ==============================================================<br /> <br /> https://www.facebook.com/notes/issn-international-society-for-the-study-of-nazism/pour-en-finir-avec-p%C3%A9tain-sauveur-de-juifs/1359879170825366/<br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><br /> Pour en finir avec Pétain &#8220;sauveur de Juifs&#8221;</strong></span><br /> <br /> <br /> François Delpla·Jeudi 15 mars 2018<br /> Une façon riche et intéressante de poser le problème à partir des errements d&#8217;Eric Zemmour en passant par ceux de Robert Paxton <a href="https://blogs.mediapart.fr/berjac/blog/181114/petain-t-il-sauve-les-juifs">https://blogs.mediapart.fr/berjac/blog/181114/petain-t-il-sauve-les-juifs</a><br /> <br /> Un argument apparemment massue : en Belgique, l&#8217;écart entre le pourcentage des Juifs nationaux et celui des Juifs étrangers anéantis est beaucoup plus faible.<br /> <br /> Une réponse : il urge -mieux vaut tard que jamais, beaucoup mieux- de rapporter cette question à la politique d'ensemble du Reich (c'est-à-dire avant tout de son chef) dans le pays concerné, en fonction de son but -gagner la guerre en l'occurrence.<br /> Car les Juifs, ils seront toujours là pour se faire marginaliser, affamer, ghettoïser et si possible trucider -trop longtemps certes dans l'idéal, mais Hitler vit dans le réel (mâtiné de quelques énormes erreurs idéologiques),<br /> tandis que l'occasion historique de faire accéder l'Allemagne au club des grands (jusque vers 42) <br /> ou au moins de s'en tirer par une paix blanche et antisoviétique (à partir de 42), <br /> ne se reproduira pas de sitôt.<br /> La comparaison avec la Belgique serait mieux fondée si le roi Albert (1875-1934), bien plus jeune que Pétain (né en 1856), n'était pas décédé dans la cinquantaine et avait affronté bravement l'occupation à la tête de ses sujets. Car le jeune Léopold ne pouvait pas, après l&#8217;armistice du 28 mai 1940, continuer à se dire chef d&#8217;Etat et était obligé de se présenter en prisonnier de guerre, parce que son gouvernement s&#8217;était divisé au sujet de ce même armistice et, majoritairement replié en France, refusait de rentrer. Mais il va de soi qu&#8217;Albert aurait eu une tout autre autorité pour imposer une capitulation nationale au nom du réalisme, bref, pour se conduire comme un Pétain d&#8217;outre-Quiévrain.<br /> Ainsi, c'est "le généralissime vainqueur de la guerre précédente" qui aurait (toujours dans ma comparaison) servi de marionnette au presque vainqueur de la suivante, signé un armistice et donné dans les panneaux qu'on lui tendait, par exemple celui de sauver les meubles et, partiellement, les compatriotes en laissant tomber, complètement, les métèques et autres "envahisseurs crasseux venus de l'est manger notre pain". <br /> <br /> Moralité : il faut cesser de sous-estimer Hitler, soit sa cruauté, soit son habileté, soit -cas le plus fréquent- les deux. Expert à tirer parti des circonstances, il joue, pour expliquer les différences de traitement entre les territoires occupés, un rôle qu&#8217;on aurait tort d&#8217;oublier au profit des mérites des dirigeants autochtones, ou de leurs turpitudes.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong>Sur l'incendie du Reichstag</strong></span><br /> (31 octobre 2018, sur mon "mur")<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">François Delpla</span> L'étude du nazisme peut aider à mieux cerner la notion de complot et à comprendre qu'elle est, comme la langue d'Esope, porteuse du plus grand bien comme du plus grand mal.<br /> (...)<br /> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Xavier Affre</span> Sauf que dans les derniers travaux d'historiens sérieux, rien ne prouve que les nazis soient responsables de cet incendie. Par contre l'utilisation qu'en font Hitler et les nazis est indéniable.<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">François Delpla</span> " les derniers travaux d'historiens sérieux" : références ?<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Xavier Affre</span> De mémoire les deniers travaux de chapoutot et les bio d'Hitler...<br /> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">François Delpla</span> <br /> <br /> Chapoutot, que j'approuve et défends quand il le mérite, n'a jamais travaillé sur l'incendie du R, pas plus d'ailleurs que sur quelque aspect que ce soit de l'histoire politique du Troisième Reich.<br /> <br /> Les bios d'Hitler ? D'abord, même remarque : c'est un travail tellement ample et généraliste (croyez-en un connaisseur) qu'il est très souvent de seconde main, le biographe ne pouvant approfondir lui-même tous les sujets. Il a certes l'avantage d'une vision globale de la carrière du dictateur et de sa logique, si logique il y a, ce qui permet d'étayer certaines conclusions mais ne remplace pas un examen détaillé des pièces de chaque dossier. <br /> <br /> Ensuite, vous les avez mal lues, ces biographies... et elles évoluent doucement vers la thèse du complot nazi : si Kershaw (1999) tranche, sans démonstration aucune, pour la thèse "van der Lubbe acteur unique", Ullrich (2013) est moins catégorique et Longerich (2015) carrément sceptique. Il écrit :<br /> <br /> "La deuxième thèse, que l'incendie Reichstag doit être attribué à l'action solitaire de l'ouvrier hollandais de 24 ans Marinus van der Lubbe, a longtemps dominé la recherche. Sa faiblesse majeure est le fait que la crémation et la destruction du grand bâtiment par un acteur unique est difficilement concevable. La troisième thèse, d'après laquelle il s'agissait d'un complot national-socialiste, peut-être dirigé par Göring, apparaît certes plausible au regard des mesures de persécution qui s'ensuivirent, mais n'est pas soutenue par une abondance de preuves."<br /> <br /> Donc, mon affirmation catégorique de 1999 a plutôt le vent en poupe, <a href="https://journals.openedition.org/lectures/23453">témoin cette recension</a> de la traduction française du livre d'Ullrich due à David Noël :<br /> <br /> "nous privilégions plutôt la thèse de l&#8217;historien français François Delpla7, qui met en évidence un faisceau d&#8217;indices tendant à démontrer la responsabilité d&#8217;Hitler et de Goering dans l&#8217;incendie du Reichstag."<br /> _____________________________________<br /> <br /> 7 François Delpla, <em>Hitler</em>, Paris, Éditions Grasset, 1999.<br /> <br /> =====================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Quand Hitler dénégrifiait la France au pas de course</span></strong> </span><br /> <br /> <br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/image_1356394_galleryv9_kkua_1356394.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Mardi 6 novembre 2018<br /> Quoi qu&#8217;on en dise, il y a souvent du bon dans la Fabrique de l&#8217;histoire, l&#8217;émission de France Culture qui offre le meilleur débouché médiatique aux travaux des historiens français et de quelques autres. Ainsi elle m&#8217;a fait connaître aujourd&#8217;hui le jeune thésard rémois Cheikh Sakho, auteur d&#8217;un article sur les pérégrinations et les avatars du monument &#8220;Aux héros de l&#8217;armée noire&#8221; <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_h%C3%A9ros_de_l%27Arm%C3%A9e_noire">https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_h%C3%A9ros_de_l%27Arm%C3%A9e_noire</a> , récemment paru au sein d&#8217;un recueil des éditions Vendémiaire sur les troupes coloniales de l&#8217;armée française lors de la Première Guerre mondiale.<br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/xcombattantsprisonniers1916_jpg_pagespeed_ic_kh_namkroj.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> Cette sculpture érigée à Reims en 1924 a été prestement démontée en 1940 par l&#8217;occupant nazi, tout comme par exemple le monument dédié au général Mangin (chantre de la &#8220;force noire&#8221<img src="https://www.delpla.org/site/images/smileys/clindoeil.gif" alt=";)" class="smiley" />, inauguré en 1932 non loin des Invalides et foudroyé par un ordre hitlérien lors de la visite à Paris du triomphateur provisoire le dimanche 23 juin 1940, puis découpé au chalumeau dès le jeudi suivant, le socle étant ensuite détruit à la dynamite.<br /> <br /> Ce que l&#8217;auteur du livre Hitler et Pétain, à paraître mercredi prochain, découvre aujourd&#8217;hui grâce à Cheikh Sakho, c&#8217;est que le Führer est tout autant à l&#8217;origine de l&#8217;éradication du monument rémois. Sakho a en effet retrouvé un télégramme sans équivoque de Himmler, daté du 2 juillet et cité par l&#8217;édition électronique du Spiegel dans les termes suivants :<br /> "In Reims steht ein Denkmal, von dem ich 2 Photographien beilege", telegraphierte Heinrich Himmler, Reichsführer-SS, am 2. Juli 1940 aus dem Sonderzug "Heinrich" nach Berlin. "Der Führer hat gestern genehmigt, dass die Bronce-Gruppe nach Deutschland überführt wird. Der Sockel soll gesprengt werden." (&#8220;Il y a à Reims une statue dont je joins deux photos (...). Le Führer a a donné hier son accord pour le transfert en Allemagne du groupe de bronze. Il faudra faire sauter le socle.&#8221;<br /> Voilà qui illustre et enrichit l&#8217;une des principales thèses de mon livre, suivant laquelle la guerre-éclair militaire s&#8217;inscrit dans un projet global sur la France, consistant à la châtrer de ses composantes et accointances extra-européennes (dont les &#8220;juives&#8221;, bien entendu), afin d&#8217;en faire une sorte d&#8217;eunuque aryen docile sur un continent germanisé.<br /> <br /> ==============================================================================<br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Un complément de mon livre sur Hitler et Pétain, dès avant sa sortie</span></strong> </span><br /> <br /> Quoi qu&#8217;on en dise, il y a souvent du bon dans la Fabrique de l&#8217;histoire, l&#8217;émission de France Culture qui offre le meilleur débouché médiatique aux travaux des historiens français et de quelques autres. Ainsi elle m&#8217;a fait connaître aujourd&#8217;hui le jeune thésard rémois Cheikh Sakho, auteur d&#8217;un article sur les pérégrinations et les avatars du monument &#8220;Aux héros de l&#8217;armée noire&#8221; <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_h%C3%A9ros_de_l%27Arm%C3%A9e_noire">https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_h%C3%A9ros_de_l%27Arm%C3%A9e_noire</a> , récemment paru au sein d&#8217;un recueil des éditions Vendémiaire sur les troupes coloniales de l&#8217;armée française lors de la Première Guerre mondiale. <br /> <br /> Cette sculpture érigée à Reims en 1924 a été prestement démontée en 1940 par l&#8217;occupant nazi, tout comme par exemple le monument dédié au général Mangin (chantre de la &#8220;force noire&#8221<img src="https://www.delpla.org/site/images/smileys/clindoeil.gif" alt=";)" class="smiley" />, inauguré en 1932 non loin des Invalides et foudroyé par un ordre hitlérien lors de la visite à Paris du triomphateur provisoire le dimanche 23 juin 1940, puis découpé au chalumeau dès le jeudi suivant, le socle étant ensuite détruit à la dynamite.<br /> <br /> Ce que l&#8217;auteur du livre Hitler et Pétain, à paraître mercredi prochain, découvre aujourd&#8217;hui grâce à Cheikh Sakho, c&#8217;est que le Führer est tout autant à l&#8217;origine de l&#8217;éradication du monument rémois. Sakho a en effet retrouvé un télégramme sans équivoque de Himmler, daté du 2 juillet et cité par l&#8217;édition électronique du Spiegel dans les termes suivants :<br /> "In Reims steht ein Denkmal, von dem ich 2 Photographien beilege", telegraphierte Heinrich Himmler, Reichsführer-SS, am 2. Juli 1940 aus dem Sonderzug "Heinrich" nach Berlin. "Der Führer hat gestern genehmigt, dass die Bronce-Gruppe nach Deutschland überführt wird. Der Sockel soll gesprengt werden." (&#8220;Il y a à Reims une statue dont je joins deux photos (...). Le Führer a a donné hier son accord pour le transfert en Allemagne du groupe de bronze. Il faudra faire sauter le socle.&#8221;<br /> Voilà qui illustre et enrichit l&#8217;une des principales thèses de mon livre, suivant laquelle la guerre-éclair militaire s&#8217;inscrit dans un projet global sur la France, consistant à la châtrer de ses composantes et accointances extra-européennes (dont les &#8220;juives&#8221;, bien entendu), afin d&#8217;en faire une sorte d&#8217;eunuque aryen docile sur un continent germanisé.<br /> <br /> ===========================================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une lettre de Heydrich à Ribbentrop sur Vichy</span></strong> </span><br /> <br /> <a href="https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1971_num_18_2_2153">https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1971_num_18_2_2153</a><br /> <br /> Jean-Marie Musy était un conseiller fédéral suisse, en poste de 1920 à 1934, faisant les yeux doux aux nazis après ce mandat et jusqu'en 1945, lorsqu'à l'instar du Suédois Bernadotte il se commit avec Himmler sous prétexte de sauver des Juifs et, en fait, pour favoriser des contacts antisoviétiques germano-américains.<br /> J'aurais peut-être cité cette lettre dans mon Hitler et Pétain (à paraître le 15 novembre) si je l'avais connue avant ce jour. La connaissance du régime de Vichy que m&#8217;a donnée ce travail me permet de trancher bien des incertitudes exprimées par l&#8217;historien Daniel Bourgeois. Il va de soi que Musy a fait état, lors de son voyage à Berlin, d'un nouveau séjour à Vichy après celui de la première quinzaine de novembre, séjour au cours duquel il a conversé avec Pétain et Darlan ensemble : ainsi faut-il interpréter à mon avis l'expression "lors de l'entretien" à la charnière des pages 306 et 307. S'il ne mentionne guère Laval, ce n'est certes pas faute de savoir qu'il a été renvoyé. Et puisqu'il parle autant de Darlan, c'est qu'il est au courant de l'ascension de ce dernier après la chute de Laval. En revanche, il n'y a pas le moindre signe, dans cette prose de Heydrich, d'un projet à court terme de relance de la collaboration en Afrique et là-dessus l'historien suisse extrapole, à partir des souhaits personnels de Musy.<br /> Daniel Bourgeois omet de commenter un point important du document : le souci des nazis, et des SS en particulier, de mettre la main sur des documents prouvant une influence franc-maçonne dans le déclenchement de la guerre.<br /> <br /> ===============================================================================<br /> <br /> <br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/46163170_1142581325918694_4783797456900980736_n.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> <br /> Une discussion s'engage le 12 novembre 2018<a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1142581322585361&amp;set=a.139253329584837&amp;type=3&amp;theater&amp;ifg=1"> sur le mur de Michel Caillouët</a><br /> <br /> Ma conclusion :<br /> <br /> <em>Toutes les discussions en cours sur Facebook, à ma connaissance, sous-estiment gravement l'intelligence de Hitler et son talent manipulateur, visible entre mille autres signes dans la manière dont il a pressé le citron Strasser. </em><br /> <br /> Mais surtout, <a href="https://www.snopes.com/fact-check/hitler-nazis-capitalist-system/?fbclid=IwAR3b8764koo_FPFmpLkOBV3uln1yqo5b5clLSxwCaIM7nuUUBsFMmtmXfr4">il s'agit d'un faux</a> !<br /> <br /> =================================================================================<br /> Tue, 13 Nov 2018 11:47:01 +0100 La folie de Hitler : débat avec Eric OD Green et d'autres sur le site d'Amazon https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-87+la-folie-de-hitler-debat-avec-eric-od-green-et-d-autres-sur-le-site-d-amazon.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-87+la-folie-de-hitler-debat-avec-eric-od-green-et-d-autres-sur-le-site-d-amazon.php dans les commentaires [url=http://www.amazon.fr/Himmler-Peter-LONGERICH/dp/2262041962/ref=cm_rdp_product_img]du site Amazon.fr[/url]<br /> <br /> à propos du<em> Himmler d</em>e Peter Longerich<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;"><br /> Apogée et chute du bourreau d'Hitler : le crépuscule d'un assassin impitoyable et lâche</span><br /> 23 mars 2014<br /> <br /> <br /> Eric OD Green<br /> <br /> Dans ce second volume Heinrich Himmler développe à son paroxysme les capacités de la SS qui deviendra sur la fin de la guerre une sorte d&#8217;armée parallèle à la Wehrmacht. Himmler montre toute sa détermination et sa cruauté lors de l&#8217;annexion de l&#8217;Autriche, puis très rapidement avec l&#8217;affaire des Sudètes. Le SD de Reinhard Heydrich se montre d&#8217;une redoutable efficacité. La guerre contre la Pologne va être le commencement des traitements barbares et inhumains qui seront la règle dans toutes l&#8217;Europe de l&#8217;Est et en URSS suite au déclenchement de l&#8217;opération Barbarossa. Les massacres de civils en Pologne et les assassinats commis par les Einzatsgruppen contre les membres de l&#8217;intelligentsia polonaise, l&#8217;ensemble étant coordonné par le tout nouveau RSHA, office central de sécurité du Reich confié à Heydrich. <br /> Dès novembre 1939, le RSHA met au point un plan à long terme prévoyant la déportation de tous les juifs dans le gouvernement général de Pologne confié à Hans Frank, et dès le 17 décembre 1939 87000 personnes étaient déjà expulsées du Warthegau vers le gouvernement général. La planification prévoyait l&#8217;expulsion de 3,4 millions de polonais, dont 560000 juifs, sans compter 30000 tziganes provenant de l&#8217;ensemble du Reich. On remarque que les premiers essais d&#8217;extermination en chambre en gaz datent du 12 décembre 1939 avec l&#8217;utilisation de monoxyde de carbone. Ce dernier sera remplacé par le Zyklon B, mais les assassinats à l&#8217;aide de camions chambres à gaz resteront une modalité très prisée des Einzatsgruppen jusqu&#8217;à la fin, avec l&#8217;apport considérable d&#8217;Adolf Eichmann. <br /> Si la décision de procéder à la destruction des juifs d&#8217;Europe de l&#8217;Est et des territoires de l&#8217;URSS prend son rythme de croisière à compter de 1941-1942, il n&#8217;en reste pas moins que cette solution finale devait être étudiée de longue date, par exemple avec le programme T4 d&#8217;euthanasie des malades mentaux. Ce qui rend mystérieux certains passages de la conférence de Wannsee : sur ce point on peut se reporter aux travaux considérables d&#8217;Edouard Husson disponibles chez Tempus. Si Himmler parvient à imposer sa domination et la cruauté méthodique de ses méthodes aux pays de l&#8217;Est, il n&#8217;en va pas de même à l&#8217;ouest, notamment au Danemark, en Norvège, et en France. Sur la fin de la guerre, devenu ministre de l&#8217;intérieur, il lui sera alors possible de rattraper le temps perdu en procédant via la nomination de HSSPF à des actes de cruautés, à des déportations vers les camps de concentration et à divers massacres routiniers de civils, pseudo partisans. Le terme de chasse aux partisans en URSS a surtout été pour Himmler une sorte de permis de tuer, avec l&#8217;action impitoyable des Einzatsgruppen, exécutant massivement des juifs et des personnes sans défense dans un cycle infernal de répression. Les personnages qui sont le plus connus sont le général SS Erich Von den Bach Zelevski, Oscar Dirlewanger (on se reportera à la monographie de Christian Ingrao sur « les chasseurs noirs » Tempus) et l&#8217;abject Odilo Globocnik. Le processus d&#8217;assassinant des juifs d&#8217;Europe de l&#8217;Est, puis des juifs d&#8217;URSS et enfin des pays de l&#8217;ouest est une politique qui va s&#8217;exécuter par phase à partir de 1942, déportation à l&#8217;Est, au sein du Gouvernement général de Pologne, puis application du « traitement spécial » avec les chambres à gaz de Belzec et d&#8217;Auschwitz puis Sobibor à partir de mai 1942. <br /> Les seuls juifs qui pouvaient échapper au « traitement spécial » étaient selon l&#8217;expression de Robert Browning, « les juifs de labeur » qui allaient être mis au travail pour les besoins de l&#8217;économie de guerre du Reich. Il s&#8217;agissait toutefois bien « d&#8217;un anéantissement par le travail » selon la terminologie en vigueur au sein de la SS. Reinhard Heydrich est victime d&#8217;un attentat le 27 mai 1942 et décède finalement d&#8217;une septicémie. Les représailles vont être terribles avec l&#8217;anéantissement de la population du village de Lidice, dont 97 enfants assassinés dans le camp de concentration de Chelmno. Les Juifs de Prague sont également particulièrement touchés par des déportations massives. <br /> Après l&#8217;attentat contre Heydrich, le Reichsführer-SS accélère le programme d&#8217;anéantissement des juifs à l&#8217;échelle de toute l&#8217;Europe. Les conséquences sont connues avec précision, elles sont tout à fait abominables. En tant que commissaire à la consolidation de la nation, Himmler nourrissait de grands projets de colonisation des territoires conquis à l&#8217;Est en remplaçant les populations locales repoussées toujours plus à l&#8217;Est par des colons germaniques, soldats-paysans « de bonne race » qui devaient ceinturer le grand Reich à concurrence de 100 millions de personnes dans les décennies à venir&#8230; Il va de soi que la mise à mort de 40 à 60 millions de personnes racialement inférieure (slave, métis divers, etc..) allait accompagner ce projet. Il ne faut pas oublier que les colons allemands puisés dans les minorités allemandes récupérées par le grand Reich allaient être déplacés sans ménagements. On le voit donc bien, la Shoah n&#8217;était pour Himmler et Hitler qu&#8217;un début dans un processus plus global et plus long. Les échecs de la Wehrmacht à partir de 1942-1943 mettent fin à ce délire raciste. <br /> Toutefois, Himmler réagit en déployant une brutalité toujours plus grande : il va cumuler les fonctions de ministre de l&#8217;intérieur, après l&#8217;attentat manqué de von Stauffenberg contre Hitler, il devient chef de l&#8217;armée de réserve et poursuit un développement considérable de la Waffen-SS mais fait face à des problèmes insolubles de recrutement. Finalement, lors du naufrage du Reich il devient aussi chef du groupe d&#8217;armée de la Vistule ou il montre toute son incompétence. Devant l&#8217;avance inexorable des Russes à l&#8217;Est et des Occidentaux à l&#8217;Ouest, il se met à négocier pour tenter de marchander sa misérable existence contre d&#8217;éventuelles libérations de prisonniers juifs, toutefois l&#8217;évacuation chaotique des camps se traduit par « des marches de la mort » aux termes desquelles 240.000 à 360.000 personnes trouvent la mort. <br /> Considéré comme un traître par Hitler pour ces tentatives de négociations avec les Alliés Himmler est démis de toutes ses fonctions. Il choisit une fuite désordonnée et se suicide sans panache après avoir été capturé. Il laisse l&#8217;image d&#8217;un personnage cruel et impitoyable qui annonçait à qui voulait l&#8217;entendre qu&#8217;il poursuivrait son travail jusqu&#8217;à « la dernière grand-mère et au dernier enfant ». Les explications psychologiques données par Peter Longerich pour cerner l&#8217;action d&#8217;Himmler sont pour moi assez simplistes et incomplètes : je considère que l&#8217;on peut être un homme cruel sans raison, et fantasmer à volonté sur des mythologies nordiques-germaniques. Il n&#8217;en reste pas moins vrai que le travail de Peter Longerich est un travail majeur pour toute personne désireuse d&#8217;approfondir sa connaissance des processus qui ont présidé à la genèse et à la justification et à l&#8217;exécution de la solution finale.<br /> <br /> <br /> ======================================================<br /> <br /> 29 mars <br /> <br /> François Delpla dit:<br /> <br /> L'antisémitisme "rédempteur" décrit par Friedländer en 2006 est une avancée historiographique importante. Auparavant on mélangeait beaucoup plus l'antisémitisme nazi et les variétés précédentes de cette haine. Quant à Hilberg, il s'est toujours intéressé beaucoup plus au comment qu'au pourquoi. On peut en dire autant de Longerich, excellent connaisseur de l'appareil nazi mais peu intéressé par les fantasmes hitlériens. De ce point de vue, il faut effectivement compléter son analyse par celles d'Edouard Husson.<br /> ==============================<br /> <br /> <br /> Eric OD Green dit:<br /> Bonjour M Delpla, je suis parfaitement d'accord avec vous : les travaux de Hilberg portent sur les modalités d&#8217;extermination des Juifs d'Europe, sans se prononcer de manière dirimante sur le pourquoi; si je me souviens bien il a indiqué être en présence d'un système qu'il pouvait parfaitement décrire, sans être en mesure d'expliquer le pourquoi. Le concept d'antisémitisme rédempteur est assurément une avancée significative, j'aime bien également les travaux beaucoup plus anciens de Léon Poliakov, avec une histoire de l'antisémitisme qui a été refondue en deux volumes, le premier traite de ce que Poliakov a désigné comme étant l'âge de la foi, et le second, l'âge de la science. Ces deux volumes permettent de couvrir les multiples formes d'antisémitisme d'une manière correcte, mais l'ouvrage est ancien, même si je le considère toujours comme pertinent. Ensuite, les travaux d'Edouard Husson sont effectivement une référence scientifique française très solide, en particulier l'ouvrage consacré à "Heydrich et la solution finale" disponible dans la collection Tempus, et il serait inconvenant d'en oublier l'existence et vous avez raison de le mentionner.<br /> <br /> ================================<br /> <br /> <br /> François Delpla dit:<br /> vous me faites relire Poliakov... et j'y trouve encore moins que chez Hilberg, Mosse, Arendt, Kershaw, Evans et L. Richard réunis le plus petit début de réflexion sur la nouveauté de l'antisémitisme hitlérien !<br /> <br /> =============================<br /> <br /> <br /> Eric OD Green dit:<br /> Concernant Poliakov, je reste convaincu de l&#8217;intérêt de cet auteur, mais il est vrai que la problématique de l'antisémitisme de Hitler n'est pas développée, en revanche la partie qui reçoit la dénomination de "déflagration" est fort intéressante, sans vouloir la surestimer.<br /> <br /> George Mosse possède le grand mérite d'avoir exploré les fondements antisémites du mouvement Volkish et il montre quand même l'existence d'un terreau intellectuel favorable à la doctrine nazie. Cette approche culturelle ne permet toutefois pas d'expliquer comment avec la personnalité hors norme d'Hitler on arrive à une forme aussi extrême d'antisémitisme.<br /> <br /> Daniel Goldhagen, dans son ouvrage sur les bourreaux volontaires de Hitler pose le principe d'un antisémitisme qui serait spécifique à l'Allemagne, un antisémitisme éliminationiste : sur le plan de la démonstration, les mesures juridiques permettant d'aboutir à faire des Juifs des êtres socialement morts, expliquerait la facilité apparente avec laquelle, on pourrait passer à un processus extrême d'élimination physique. Toutefois, les travaux de Goldhagen conduisent à une réactivation du concept de responsabilité collective du peuple allemand, ils ont donc fait l'objet de critiques très dures.<br /> <br /> Le concept qui demeure le plus proche d'une explication satisfaisante est l'antisémitisme rédempteur. Les différents travaux que vous citez montrent à quel point il est difficile d'analyser la personnalité d'Hitler et ses fantasmes antisémites : Ian Kershaw a estimé dans plusieurs ouvrage que la personnalité de Hitler était résistante aux analyses de type psychologique, sans être totalement d'accord avec cette avis, je constate qu'un auteur comme Longerich fait un usage extensif de prétendues pathologies mentales, en particulier dans sa biographie de Goebbels. Je ne suis pas certain que tous les comportements violents s'expliquent par des aspects psychiatriques, même si les notes prises par le psychiatre Leon Goldensohn dans "ses entretiens de Nuremberg" sont vraiment remarquable.<br /> <br /> Personnellement, ce que je redoute dans une explication psychologique c'est que l'on puisse y voir une atténuation de la responsabilité des individus, même si par ailleurs je ne sous-estime nullement la valeur d'une expertise psychologique, je ne veux en revanche y voir un paradigme mécanisme et déterministe.<br /> <br /> =========================<br /> <br /> <br /> François Delpla dit:<br /> <br /> ce que je veux dire, et dont je n'ai moi-même pris pleine conscience que vers 2010 après 20 ans de travaux ininterrompus sur le nazisme, c'est que toute l'idéologie nazie est née du déclenchement de la psychose de Hitler. L'antisémitisme antérieur, il le réemploie comme un architecte réemploie des éléments de bâtiments préexistants; il s'en sert notamment pour collectiviser sa folie, disant aux chrétiens ceci, aux eugénistes cela, etc. Mais son idée de base, celle d'un cancer prêt à tuer l'espèce humaine à brève échéance sur la lancée de la "victoire juive" de 1918, lui est personnelle. Et c'est en elle que prend racine l'idée d'une extermination totale.<br /> <br /> <br /> <br /> ==================================<br /> <br /> 30 mars <br /> <br /> Eric OD Green dit:<br /> Oui, je pense effectivement qu'il s'agit d'une forme de pensée délirante qui a été en mesure de puiser dans un antisémitisme latent qui fournissait des éléments permettant d'effectuer une rationalisation a posteriori sur le thème du coup de poignard dans le dos de 1917/1918 qui est la cause pour Hitler de la défaite allemande et bien sûr les Juifs (sans que l'on sache réellement de qui on parle) sont les maîtres d&#8217;&#339;uvre de ce complot.<br /> <br /> Ce thème du complot Juif est à bien des égards un recyclage des tristement célèbres protocoles des sages de Sion, mais avec un apport ultra-violent et incroyablement puissant de la part d'Hitler. La thèse d'une psychose avait été formulée lors de son passage en hôpital pour une cécité temporaire qui aurait trouvé son origine dans une forme d'hystérie ; l&#8217;événement a été narré en 1976 par John Toland, mais a l'époque cette explication n'a guère trouvée d'écho.<br /> <br /> La thèse du psychopathe "hystérique" ou non d'ailleurs est sans nul doute, avec comme point d'orgue un antisémitisme forcené, une approche raisonnable et cohérente de la personnalité de Hitler. Toutefois, la nature exacte de cette maladie mentale pose question : en règle générale les psychopathes ne sont pas capables d'une action aussi cohérente que celle de Hitler au moins sur la période 1925-1940, ou à défaut d'être un pur génie de la stratégie il a été un joueur extrêmement habile.<br /> <br /> Toutefois, les psychoses sont évolutives, et les divers témoignages disponibles sur la santé vont dans le sens d'une dégradation progressive des capacités cognitives et physiques du sujet : la dégradation est déjà importante fin 1942, avec une inflexion brutale après la défaite de Stalingrad jusqu'à sa mort. Hitler semble s'être consumé dans une sorte de burning out de violence dont la Shoah a été l'un des points culminants.<br /> <br /> La dégradation physique paraît être partiellement liée à cet aspect tout en étant complétée par une cardiopathie, et ce qui semble être la maladie de Parkinson, sans compter les dommages résultant de l'attentat manqué.<br /> <br /> ========================================<br /> <br /> <br /> François Delpla dit:<br /> <br /> Vous abordez beaucoup de points à la fois !<br /> Si la psychose, quand elle se déclenche, est souvent invalidante et conduit à l'internement, elle peut tout au contraire donner à la vie une cohérence qui lui manquait et socialiser l'individu, par exemple dans le cas des gourous. Hitler est une sorte de gourou-limite, dont le fantasme convient à toute une société (à des degrés divers selon les individus et les groupes) dans un moment historique très particulier.<br /> En ce qui le concerne, je ne constate pas d'évolution mais une grande fixité. Voyez la grande cohérence intellectuelle de ses testaments du 28 avril 1945, dont les phrases antijuives auraient pu être écrites en 1919.<br /> Quant à l'hypothèse d'un Parkinson, une maladie encore aujourd'hui mal connue, avec des erreurs de diagnostic fréquentes, je ne vois pas l'intérêt de s'y appesantir.<br /> <br /> <br /> ================================================================<br /> ================================================================<br /> <br /> <br /> <span style="font-size: 15px;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Dans les commentaires de ma bio de Hitler en poche </span></strong></span><br /> <br /> [url=http://www.amazon.fr/review/R3FL6483CDCIGM/ref=cm_cr_dp_cmt?ie=UTF8&amp;ASIN=B00AA869T8&amp;channel=detail-glance&amp;nodeID=301061&amp;store=books#wasThisHelpful]Message initial[/url]: 26 févr. 15 10:38:12 GMT+01:00<br /> cacoton dit:<br /> Avoir une idée fixe aussi tordue que celle d'Hitler (grosso-modo un état fondé exclusivement sur la" race supérieure") est bien,à mon sens,un signe patent de folie,ce qui,par ailleurs, ne s'oppose pas au fait que Hitler était indiscutablement très intelligent.<br /> <br /> <br /> ____________________<br /> 18 mars 15 05:32:34 GMT+01:00<br /> <br /> François Delpla dit:<br /> Oui !<br /> <br /> Mais il convient d'ajouter que cette cohabitation d'intelligence et de folie est une idée relativement nouvelle.<br /> <br /> Et pour couper court à toute contestation, du moins je l'espère, je vais citer l'exemple de mes propres tâtonnements.<br /> <br /> L'édition première du livre parle (de façon presque entièrement nouvelle par rapport aux biographies antérieures, et bien plus précise que le livre contemporain de Kershaw) de l'intelligence de Hitler, tout en précisant qu'elle "cohabite avec un délire raciste". Je mentionne favorablement (à l'inverse de Kershaw, qui le dénigre entièrement) le livre pionner (et inégal) de Rudolph Binion (1976) sur son déclenchement de psychose à la fin de 1918 mais ce n'est que vers 2010 que je fais le chemin jusqu'au bout : ce déclenchement engendre l'idéologie nazie dans son ensemble, très différente de tout ce qui précède à en juger par les deux fantasmes sur lesquels elle repose -l'existence d'un poison juif mortel pour l'humanité entière, et ce, à brève échéance; la mission confiée par la Providence à Adolf Hitler d'alerter ses congénères contre ce danger.<br /> <br /> Je fais cette mise au point dans la préface de cette édition de poche. Tue, 31 Mar 2015 15:01:01 +0200 Débats avec Alain Michel https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-58+debats-avec-alain-michel.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-58+debats-avec-alain-michel.php voir plus loin :<span style="font-size: 16px;"> <img src="https://www.delpla.org/site/images/smileys/clindoeil.gif" alt=";)" class="smiley" /> <strong><span style="text-decoration: underline;">débat sur la place de Hitler dans son propre régime</span></strong> <img src="https://www.delpla.org/site/images/smileys/clindoeil.gif" alt=";)" class="smiley" /> </span><br /> <br /> <br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/20180114_064428.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/20180114_064447.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/20180114_064544.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <img src="https://www.delpla.org/site/upload/20180114_064558.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> Alain Michel, né à Nancy en 1954, historien israélien d'expression française, déboule en force dans le débat sur Vichy en 2012 avec son livre <em>Vichy et la Shoah</em>, qui se réclame de la tradition initiée par Robert Aron et s'oppose frontalement aux travaux de Robert Paxton. Il est chaleureusement approuvé ou vertement critiqué et ne laisse apparemment personne indifférent.<br /> <br /> Sa moindre qualité n'est pas son courage pour s'exposer sans filtre sur la Toile dans un blog personnel, non modéré a priori. Une qualité que je partage en toute modestie et qui n'est pas commune, pour l'heure, chez les historiens francophones. Puissent nos exemples en convaincre rapidement un grand nombre que l'exercice ne présente que des avantages, même dans le cas relativement rare où les commentaires sont à la fois désagréables et stupides : pour pouvoir y répliquer, il convient de savoir ce qui se dit.<br /> <br /> J'ai eu les honneurs d'un<a href="http://vichyetlashoah.blog.lemonde.fr/2013/01/29/un-exemple-dhistoire-memorielle-sur-le-site-de-francois-delpla/"> titre de billet</a> le 29 janvier 2013 : <em>Un exemple d&#8217;histoire mémorielle sur le site de François Delpla</em>. C'est <a href="http://www.delpla.org/article.php3?id_article=584">l'article d'un auteur invité</a>, Marc-André Charguéraud, qui était ainsi pris à partie.<br /> <br /> Réaction à l&#8217;article de Marc-André Charguéraud du 4 janvier 2013 :<br /> <br /> Rafle du Vel d&#8217;Hiv : Laval pouvait refuser sa complicité.<br /> <br /> <br /> <br /> Le sujet de la rafle du Vel d&#8217;Hiv est extrêmement problématique pour la simple et bonne raison qu&#8217;il n&#8217;existe aucune étude scientifique de cette question, qui se trouve pourtant au centre de la Mémoire de la Shoah en France. C&#8217;est sans doute pourquoi, Marc-André Charguérau, ne s&#8217;appuyant uniquement que sur ce qu&#8217;en écrit Serge Klarsfeld, passe son temps, au fil de son article, et sans doute de manière inconsciente, à accumuler erreurs, contresens et mauvaises interprétations.<br /> <br /> Relevons-en donc quelques-unes :<br /> <br /> - La responsabilité de Vichy : Dès la deuxième ligne, on se trouve dans l&#8217;erreur la plus absolue. Les 12 884 Juifs arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 ne l&#8217;ont pas été sur l&#8217;ordre du gouvernement de Vichy. A) La rafle est décidée et programmée par la Sipo-SD dès le mois de juin 1942. Même après l&#8217;accord du 4 juillet 1942 sur lequel je vais revenir, l&#8217;initiative se trouve toujours entre les mains allemandes. Preuve en est ce que déclare Dannecker, le délégué à Paris de Eichmann, à la première réunion de préparation technique de la rafle, le 7 juillet 1942. Deux sources sont citées dans les documents apportés par Klarsfeld dans son livre Vichy-Auschwitz paru en 1983 (mais Klarsfeld n&#8217;en tient pas compte dans son analyse puisqu&#8217;il ne fait pas de l&#8217;histoire mais écrit un récit mémoriel). P. 238, dans le compte rendu de la réunion, qui rassemble avenue Foch (donc chez les Allemands) les principaux responsables de la police parisienne (ainsi que Darquier de Pellepoix et Leguay, délégué de Bousquet en zone nord), on voit que celui-ci commence de la manière suivante : « M. le capitaine Dannecker fait connaître les décisions de l&#8217;Autorité allemande [c&#8217;est nous qui soulignons &#8211; AM]. Celle-ci a décidé [AM] le rassemblement et le transfert pour une destination orientale de 22 000 Juifs &#8230; ». P. 242, une note interne de Dannecker souligne un échange qu&#8217;il a eu avec Leguay au cours de cette réunion du 7 juillet, dans lequel ce dernier rappelait les négociations « actuellement en cours » entre Bousquet et Oberg et qui devrait aboutir à une large autonomie de la police de zone nord. La réponse du délégué d&#8217;Eichmann aux affaires juives était dénuée d&#8217;ambigüité : « Sur ce, j&#8217;ai dit à Leguay que pour l&#8217;instant la situation restait inchangée et que la police française (en particulier dans des actions locales ou des cas particuliers) était tenue d&#8217;exécuter [AM] ce que nos services locaux ou les commandos de la Sipo (SD) qui en dépendant pouvaient être amenés à leur demander, sans s&#8217;informer au préalable auprès du Secrétaire d&#8217;Etat à la police [il s&#8217;agit de Bousquet - AM] de la légitimité des ordres en questions ». B) De ces deux documents, il apparaît que tous ceux qui attribuent la rafle du Vel d&#8217;Hiv à la responsabilité de Vichy se trompent lourdement. André Charguéraud entamant son texte ainsi, on comprend que dès le départ, toute sa reconstruction historique est inexacte puisqu&#8217;elle s&#8217;appuie sur une erreur conceptuelle de base (dont il est victime comme tous ceux qui ont suivi aveuglément le narratif mémoriel et émotionnel de Serge Klarsfeld). Soulignons également au passage que les historiens (comme Henry Rousso dans « Le régime de Vichy » de Que sais-je n° 1720, 2007, ou Christian Chevandier dans « Policiers dans la ville », folio histoire 198, 2012), qui dénoncent la responsabilité de Vichy dans l&#8217;organisation de la rafle comme une conséquence de l&#8217;accord sur l&#8217;autonomie de la police entre Bousquet et Oberg se trompent également. L&#8217;accord ne sera conclu que début août 1942, après la rafle du Vel d&#8217;Hiv.<br /> <br /> - Les accords du 4 juillet 1942 et leurs conséquences : Pour comprendre le rôle exact de Vichy dans la rafle du Vel d&#8217;Hiv, il faudrait remettre dans l&#8217;ordre et compléter de nombreux éléments présentés de manière erronée et confuse par MA Charguéraud. Un exemple : il agrège deux textes différents du Conseil des ministres, celui tenu le 26 juin 1942 et celui du 3 juillet suivant. Pour ne pas allonger trop cette réaction, je me permettrai de résumer le déroulement des événements qui aboutissent à cet accord du 4 juillet entre Laval et Oberg, le chef de la SS en France. Face aux demandes allemandes d&#8217;arrestations et de déportations de Juifs, le premier mouvement de Vichy est de dire en gros : faites ce que vous voulez en zone nord, mais nous ne participons pas en zone sud. De plus, il y a même une demande pour que la police de zone nord ne participe pas à ces arrestations, demande qui sera encore renouvelée par Bousquet le 2 juillet. Il faut bien comprendre cependant que, si les Allemands refusent cette demande, Vichy ne peut rien faire. En effet, depuis le début de l&#8217;occupation, la police française de zone nord se doit d&#8217;obéir aux autorités d&#8217;occupation en vertu de l&#8217;application de la Convention de La Haye de 1907 et de la Convention d&#8217;armistice de juin 1940 (il n&#8217;y a pas à entrer ici dans le débat juridique sur l&#8217;abus qu&#8217;ont fait les Allemands de ces Conventions puisque cet abus a été accepté tant par Vichy que par les fonctionnaires de Zone nord, même si parfois des protestations sont émises). Cependant, cette vue de Vichy de non-participation aux arrestations de Juifs va évoluer pour une raison principale : en laissant les mains libres aux Allemands dans l&#8217;organisation de la rafle, Vichy abandonne les Juifs français de Zone nord, puisque Dannecker a annoncé que 40 % des arrestations concerneront des Juifs de citoyenneté française. C&#8217;est pourquoi la position de Vichy se transforme et aboutit à une sorte de troc qui est présenté par Bousquet le 4 juillet au matin. Les Allemands acceptent de n&#8217;arrêter et déporter vers l&#8217;Est que les Juifs apatrides de zone nord, et en échange Vichy s&#8217;engage à livrer les Juifs apatrides de zone sud. De plus, de fait, Vichy renonce à sa demande de non utilisation de la police française en zone nord. Deux remarques importantes : a) l&#8217;idée d&#8217;évacuer les Juifs apatrides de zone sud n&#8217;est pas nouvelle, et pendant un an et demi, à partir de l&#8217;automne 1940, tant Darlan que Laval ont cherché à faire partir ceux-ci vers le continent américain mais ils se sont heurtés au refus de Washington (les documents sur cette question se trouvent dans les archives françaises et américaines). Les faire partir vers l&#8217;Est constitue donc aux yeux de Vichy la poursuite de la même politique vers une destination différente. Il n&#8217;y a pas de possibilité de connaître ce qui se passe vraiment à Auschvitz à ce moment. C&#8217;est pourquoi, lorsque Laval approuve dans l&#8217;après-midi du 4 juillet 1942 cet accord, il négocie le fait que les Juifs apatrides évacués de zone sud le seront par famille, c'est-à-dire y compris les enfants, contrairement aux demandes allemandes. Puisque ceux-ci avaient « déversé » des familles entières (comme dans le cas des Juifs de Bade et du Palatinat fin octobre 1940), ils devaient « reprendre des familles entières.<br /> <br /> - Quelles sont les conséquences de cet accord ? A) Vichy accepte de collaborer aux arrestations et déportations. Mais cette collaboration, nous l&#8217;avons vu, ne se fait pas dans le cadre de la rafle du Vel d&#8217;Hiv, qui relève de la responsabilité allemande. C&#8217;est en arrêtant les Juifs étrangers de zone sud et en les remettant aux nazis que Vichy participe directement à la Solution finale. B) Mais la « compensation » de cette participation se trouve dans le fait que Vichy obtient, en échange, que les Juifs français ne soient pas arrêtés et déportés (en juillet 1942, les arrestations ne concernent que les Juifs apatrides mais elles seront peu à peu élargies à d&#8217;autres catégories de Juifs étrangers). Malgré certaines exceptions, les Allemands respecteront globalement cet accord jusque fin août 1943, ce qui est l&#8217;explication principale de la différence de victimes entre les Juifs français (moins de 10 %) et les Juifs étrangers (plus de 36 %). C) L&#8217;acceptation par les nazis de réduire le champ des arrestations de juillet 1942 aux seuls Juifs apatrides a pour effet immédiat de restreindre les possibilités d&#8217;internements. On le sait par l&#8217;exemple de ce qui se passe à Bordeaux, et par l&#8217;annulation de train de déportation qui s&#8217;ensuit. Toujours dans Klarsfeld, p. 257, on trouve cité le télex envoyé par le SS Röthke à Berlin dans lequel il explique que suite à l&#8217;accord conclu avec Vichy « le nombre de personnes à appréhender se trouve considérablement réduit (en particulier en province) ». « En particulier en province » signifie que le phénomène a lieu également à Paris. Nous avons ici une explication partielle de l&#8217;échec relatif de la rafle du Vel d&#8217;Hiv. La cible s&#8217;étant réduite, suite à l&#8217;accord, il était à présent impossible de remplir l&#8217;objectif prévu au départ. D) Enfin, contrairement à ce qui est affirmé en général (sauf par quelques historiens lucides comme Léon Poliakov), la déportation des enfants arrêtés lors de la rafle du Vel d&#8217;Hiv n&#8217;est pas due à la demande de Laval (qui ne s&#8217;est préoccupé, on l&#8217;a vu, que de la zone sud) ou encore de l&#8217;administration française. Alors qu&#8217;il était prévu au départ que les enfants dont les parents étaient arrêtés seraient confiés à l&#8217;UGIF (voir les deux comptes-rendus de la réunion préparatoire du 7 juillet), c&#8217;est Dannecker qui, dès le 10 juillet télex à Berlin pour demander si « à partir du 10e convoi les enfants apatrides à évacuer pourront être évacués eux aussi ». Il ajoute également qu&#8217;il attend une réponse à son télex du 6 juillet dans lequel il avait déjà demandé à Berlin l&#8217;évacuation d&#8217;enfants à partir du 15° convoi. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une répétition, mais a) le 6 juillet la demande concernait les enfants de zone sud, suite à la conversation avec Laval, b) le 10 juillet la demande concerne les enfants de ceux qui doivent être arrêtés dans la rafle de zone nord.<br /> <br /> - Quelques autres erreurs : les idées reçues sur la responsabilité et la culpabilité française dans la rafle du Vel d&#8217;Hiv sont tellement ancrées que leur réfutation demande de longues explications. Dans le cadre de cette réaction, je ne peux entrer dans le détail que pour les deux premiers points ci-dessus. Pour le reste, je me contenterais de souligner rapidement les autres problèmes du texte de Marc-André Charguéraud : a) L&#8217;affirmation que les jeunes officiers SS seraient envoyés sur le front russe « au moindre manquement » est totalement gratuite, d&#8217;autant plus dans le cas d&#8217;officiers SS et non de la Wehrmacht. B) Le compte rendu de l&#8217;américain Tuck comme quoi Laval n&#8217;a aucune sympathie pour les Juifs est à mettre en parallèle avec le compte-rendu de Laval du 10 juillet où il rapporte que lorsqu&#8217;il propose à Tuck que les USA prennent les Juifs étrangers, Tuck répond qu&#8217;ils en ont 5 millions et que c&#8217;est suffisant ! C) Le fait que Laval aurait cédé aux pressions de l&#8217;opinion et de l&#8217;Eglise est vraisemblablement faux. Tout d&#8217;abord les réactions ont eu beaucoup moins d&#8217;amplitude que ce que l&#8217;on monte en épingle aujourd&#8217;hui. Ensuite, Laval n&#8217;a jamais cédé aux pressions de l&#8217;opinion publique dans aucun cas, même lors de la crise la plus forte avec l&#8217;Eglise, début 1943, à propos du STO. Pourquoi l&#8217;aurait-il fait dans le cas des Juifs qui n&#8217;était sûrement pas une question prioritaire ni pour le gouvernement, ni pour la majorité des Français, principalement indifférents ? D) La présentation de la question des dénaturalisations en 1943 est tronquée et inexacte. Il s&#8217;agit d&#8217;une négociation complexe, qui dure sur plusieurs mois, et pour laquelle Laval, puis Pétain, refusent finalement leur concours à cause de la manière brusquée dont Rothke veut utiliser la loi si elle était promulguée. E) Lorsque Röthke demande à Berlin une compagnie de Schutzpolizei, ce n&#8217;est pas par menace contre Vichy, mais tout simplement la recherche d&#8217;une solution au manque de policiers puisque Vichy ne veut plus collaborer. Il est à noter d&#8217;ailleurs qu&#8217;il s&#8217;agit de la zone sud, puisqu&#8217;au nord l&#8217;administration française continue à appliquer la convention d&#8217;occupation. F) L&#8217;affirmation de Klarsfeld comme quoi un refus de Laval début juillet 1942 aurait entraîné une non-collaboration policière à Paris est absolument fausse. Voir ce que j&#8217;ai montré ci-dessus à propos de l&#8217;obéissance des fonctionnaires de police en zone nord.. G) La comparaison avec l&#8217;Alsace est absurde. Tout d&#8217;abord on se trouve alors en 1940, ensuite cette région est annexée de fait et la présence policière et militaire allemande est bien plus importante que ce qui existe dans l&#8217;ensemble du reste de la France en 1942-1943. H) Dans les deux paragraphes de conclusion, le regard sur ce que Vichy n&#8217;aurait pas du faire et qui a porté des stigmates dans la société relève, dans la manière dont cela est présenté, d&#8217;une vision totalement téléologique et anachronique. Mais, comme d ans tout le reste de son texte, Charguéraud ne fait pas l&#8217;effort d&#8217;un travail historique de reconstitution des événements, mais reprend l&#8217;histoire mémorielle imposée comme vérité unique et officielle depuis 40 ans en France.<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________<br /> _______________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> Un extrait de ce qui précède ayant été déposé<a href="http://www.delpla.org/forum/viewtopic.php?f=90&amp;t=879&amp;p=15391#p15391"> sur mon forum</a>, j'y réponds :<br /> <br /> <br /> Sujet du message: Re: Rafle du Vel d&#8217;Hiv : Laval pouvait refuser sa complicité<br /> MessagePosté: 29 Jan 2013 04:44 pm <br /> <br /> Alain Michel serait bien inspiré d'employer un ton moins arrogant.<br /> <br /> Le seul mérite de sa contribution est d'en appeler à un peu plus de rigueur formelle, ce qui ne fait jamais de mal.<br /> <br /> Mais il en profite lui-même pour altérer l'essentiel : c'est bien sur l'ordre de Vichy et en raison des négociations en très bonne voie de ce pseudo-gouvernement avec les SS que la police de Vichy coopère à la rafle -décidée, bien sûr, par l'occupant en fonction du délire hitlérien concernant la dangerosité universelle des Juifs, que ne partageaient certes ni Pétain, ni Laval, ni Bousquet.<br /> <br /> Mais c'est plutôt à François Hollande qu'à Marc Charguéraud ou Serge Klarsfeld qu'il siérait de le rappeler !<br /> <br /> Cf. <a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/310712/rafle-du-vel-dhiv-le-point-sur-les-responsabilites">http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/310712/rafle-du-vel-dhiv-le-point-sur-les-responsabilites</a><br /> <br /> <span class="text_blockquote">Citation:</span><div class="blockquote">Rafle du Vel d'Hiv : le point sur les responsabilités<br /> 31 juillet 2012 Par François Delpla<br /> <br /> La Shoah n'est pas née de rien ni venue de nulle part. Certes, elle fut mise en &#339;uvre par l'alliance inédite et terrifiante de l'obstination dans le délire raciste et de la rationalité industrielle dans l'exécution. Mais elle a aussi été rendue possible par des siècles d'aveuglement, de bêtise, de mensonges et de haine.Elle a été précédée de multiples signes avant-coureurs, qui n'ont pas alerté les consciences.<br /> <br /> Notre vigilance ne doit jamais être prise en défaut. Aucune Nation, aucune société, aucune personne n'est immunisée contre le Mal. N'oublions pas ce jugement de Primo LEVI à propos de ses persécuteurs : « Sauf exceptions, ils n'étaient pas des monstres ; ils avaient notre visage ». Restons en alerte, afin de savoir déceler le retour de la monstruosité sous ses airs les plus anodins.</div><br /> <br /> <br /> <br /> Cet extrait peu cité du discours de Hollande le 16 juillet dernier<br /> <br /> <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actu">http://www.elysee.fr/president/les-actu</a> ... _hiv&amp;xcr=1<br /> <br /> n'est pas le moins significatif.<br /> <br /> Sur cet autre, fort cité en revanche<br /> <br /> <br /> <em>La vérité, c'est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l'ensemble de l'opération.</em> ,<br /> <br /> on peut faire une remarque que je n'ai guère lue : c'est la seule allusion, dans tout le discours, au pays qui avait commandité la rafle ! Pour dire qu'il n'y avait pas participé !! De même qu'on ne trouve dans le texte, comme dans l'extrait cité en commençant sur ce dont "est née" la Shoah, aucune mention de Hitler ni du nazisme.<br /> <br /> Il me faut donc, en bon citoyen docile à l'injonction présidentielle de "rester en alerte", compléter le propos.<br /> <br /> La Shoah est née, sur un terreau empoisonné par l'antijudaïsme chrétien et le racisme biologique du XIXème siècle, du "délire raciste" d'un individu précis, entré en politique en 1919 parce qu'il pensait que la défaite de l'Allemagne était un succès des Juifs, rapprochant dangereusement ceux-ci d'une réussite totale dans leur projet de domination mondiale. La responsabilité des autres nations est d'avoir sans mot dire laissé cet homme accéder à la direction de son pays, d'avoir dialogué avec lui comme s'il était honorable et d'avoir très mal déchiffré son jeu, qui était de replonger le monde dans une guerre dès qu'il en aurait créé les conditions, pour l'Allemagne, les plus favorables, afin d'écraser une bonne fois la France et de s'agrandir démesurément l'Allemagne vers l'est, aux dépens des pays slaves. Ces lâchetés et ces aveuglements ont conduit à une mainmise totale de l'Allemagne sur la France pendant plus de quatre ans tout en lui laissant, par une application classique de la ruse nazie non encore décryptée (à l'époque, et encore bien peu aujourd'hui), une souveraineté illusoire sous une apparence de gouvernement.<br /> <br /> Le crime du Vel d'Hiv, dans ces conditions, est bel et bien un forfait allemand, exécuté sur commande par ce gouvernement fantoche.<br /> <br /> ___________________________________________________________________________________<br /> ____________________________________________________________________________________<br /> 30 Jan 2013 01:10 am <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Alain Michel répond </span></strong>sur mon forum :<br /> <br /> <br /> Cher Monsieur Delpla,<br /> En quoi suis-je arrogant? Parce que j'essaye de faire une histoire qui repose sur les faits et non pas une histoire qui repose sur les a priori idéologiques? Lorsque François Furet, il y a cinquante ans, avait osé remettre en question l'approche idéologique de la révolution française telle qu'elle était monopolisée par les historiens marxistes de l'époque, il avait également été traité d'arrogant. Si c'est de cette arrogance là dont vous parlez, alors oui, je suis prêt à l'assumer. Permettez-moi de vous citer une phrase de "Penser la Révolution française" (Folio Histoire 1978, p. 26) : "Pourtant, il faut tenter de rompre ce cercle vicieux de l'historiographie commémorative".<br /> De ce point de vue, il est tout à fait typique que pour contrer mon argumentaire sur la responsabilité de Vichy dans la Rafle du Vel d'Hiv, vous m'opposiez non pas une citation d'archive ou un témoignage de l'époque mais une citation du président de la République. J'ai beaucoup de respect pour M. François Hollande et pour sa fonction, mais en quoi ce qu'il dit dans une cérémonie mémorielle a-t-il une valeur historique? C'est un homme politique, qui, dans une cérémonie de consensus politique, s'efforce de faire un discours qui satisfera les commanditaires de cette cérémonie (il a en tête, comme chacun de nous, les sifflets qui avaient accueillis François Mitterrand en son temps).<br /> D'un historien comme vous, j'attends un autre type de contestation. Que vous m'apportiez des preuves documentaires ou argumentaires que je me trompe. Par exemple que vous m'expliquiez votre lecture du document du 8 juillet 1942, dont je fais une courte citation, et qui montre qu'il n'y a pas d'autonomie de la police française en zone occupée à cette date, et où il est précisé que ce n'est pas Bousquet qui confirme à la police de zone nord la légitimité des ordres allemands, mais bien les Allemands eux-mêmes. Certes à Paris il n'y a pas d'Allemands dans les rues le 16 juillet. Mais en quoi cela démontre l'implication d'une décision de Vichy?<br /> Dans la question juive, la police parisienne collabore avec les nazis depuis septembre 1940. Sans en référer le plus souvent au gouvernement de Vichy et pratiquement sans intervention de celui-ci. Pourquoi en serait-il autrement en juillet 1942, alors qu'en plus les comptes-rendus de la préparation de la rafle nous montrent que ce sont les Allemands qui donnent les ordres?<br /> J'attends donc que vous me montriez le ou les documents qui prouvent : a) qu'il y a un ordre de Vichy à la police de zone nord d'exécuter la rafle; b) que cet ordre est lié à l'état d'avancement des négociations sur l'autonomie de la police française en zone nord; c) que si cet ordre n'avait pas existé, la police parisienne n'aurait pas participé à la rafle. Sans argumentaire de ce type, votre réfutation reste des paroles en l'air, et l'arrogance, finalement, ne se trouve peut-être pas là où vous pensez la trouver.<br /> Amitiés historiennes<br /> Alain Michel<br /> <br /> <br /> _______________________________________________________________________________________<br /> _______________________________________________________________________________________<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Extrait de ma réponse :</span></strong><br /> <br /> <br /> "il n&#8217;y a pas à entrer ici dans le débat juridique ". Bien sûr que si !<br /> <br /> C'est un bien curieux sauveur de Juifs qu'un régime qui, après avoir signé un traité d'armistice dont l'application était édictée jour après jour à Wiesbaden en présence de ses représentants, en admettait une interprétation exorbitante du droit et du bon sens.<br /> <br /> Les droits de la puissance occupante comme l'obligation de la police occupée à collaborer avec elle ne s'appliquent qu'à ce qui concerne le confort et la sécurité de la puissance occupante, et tout particulièrement de ses troupes. Il est en particulier formellement (au sens fort de l'adverbe) interdit de modifier la législation de l'occupé si elle ne regarde en rien l'occupant. En prétendant que les bébés juifs constituent une menace, le MBF, Abetz et le SD agissent en tant qu'instruments de la folie hitlérienne, et non en tant que rouages d'une occupation classique.<br /> <br /> Après Wannsee, le Reich entreprend méthodiquement de rafler pour les tuer les Juifs d'Europe et, si possible, d'Afrique du Nord, en passant le continent "au peigne fin d'ouest en est". C'est là un changement radical, par rapport notamment au sens antérieur du mouvement, qui tendait plutôt, en France, à chasser les Juifs vers la zone non occupée. La collaboration policière prend alors un tout autre sens et mériterait bien d'être repensée à Vichy. Elle l'est, d'ailleurs, à partir des contacts que prend Laval après son retour au gouvernement, et surtout à l'occasion la longue visite de Heydrich en mai. On se dirige dès ce moment-là vers un troc : vous nous rendez notre autorité directe sur la police de zone nord, et elle collabore à vos besognes les plus basses et les moins obligatoires.<br /> <br /> Cependant, si les modalités sont nouvelles, le principe ne l'est nullement. Il est celui même de l'armistice et des premières mesures de Vichy. Partant du postulat que l'Allemagne a gagné la guerre, et que la seule chance de sauver de la France quelque chose est de "mettre Hitler en confiance", on en rajoute dans un antisémitisme censé le séduire.<br /> <br /> Vous pouvez constater à quel point je diffère, en la matière, d'un Klarsfeld comme d'un Paxton, en montrant que Vichy n'est pas d'abord mû par des considérations de politique intérieure (revanche contre Dreyfus etc.), mais avant tout adonné au décryptage des attentes de l'Allemagne.<br /> <br /> ___________________________________________________________________________________________<br /> ___________________________________________________________________________________________<br /> 08 Fév 2013<br /> <br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Une réponse de Marc-André Charguéraud</span></strong><br /> <br /> <br /> Réponse à M. Alain Michel<br /> <br /> Responsabilité de Vichy<br /> <br /> Je reconnais que j&#8217;aurais dû préciser que la décision était allemande. Quant à l&#8217;ordre d&#8217;exécution par la police parisienne, Vichy est directement impliqué. Le texte du 9 juillet 1942 du Délégué du Secrétaire Général à la Police dans les Territoires occupés à M. le Commissaire Général aux Affaires Juives ( M. Darquier de Pellepoix à Vichy) est éloquent . Au sujet des arrestations dites du « Vel d&#8217;Hiv », on lit : « Pour me permettre de donner à M. le préfet de Police&#8230;les instructions nécessaires, je vous serais obligé de bien vouloir me confirmer l&#8217;accord verbal que vous avez donné de ces opérations. » (Klarsfeld Vichy-Auschwitz p. 242). Sans cet accord, dans quelle mesure la Police parisienne aurait-elle exécuté un ordre donné directement par les Allemands ?<br /> Clairement la décision est allemande comme vous le soulignez en citant Dannecker le 7 juillet 1942, et l&#8217;exécution se fait avec l&#8217;accord de Vichy. Si ce n&#8217;était pas le cas, on se demanderait pourquoi Darquier de Pellepoix assistait à cette réunion qui détaillait les mesures à prendre.<br /> <br /> Les accords du 4 juillet et leurs conséquences.<br /> <br /> Je n&#8217;agrège pas les textes du Conseil des Ministres du 26 juin et du 3 juillet. Je cite simplement la remarque de Laval qui dit à propos de la question juive : elle « a été résolue, on le sait, en Allemagne d&#8217;une manière extrêmement sévère. L&#8217;opinion publique française accepterait difficilement que des mesures identiques soient prises en France où cette question n&#8217;a jamais eu la même acuité ». Mon article ne cite pas la réunion du 3 juillet.<br /> <br /> J&#8217;ai traité de l&#8217;abandon des Juifs apatrides contre la protection des Juifs français dans un autre article intitulé En France, priorité au sauvetage des Juifs français « de souche »,1940-1942. (Tome II de Cinquante idées reçues sur la Shoah ). Un autre article encore intitulé : « Vichy terre d&#8217;asile 1940-1942 » donne une explication tout aussi importante du fait que les victimes françaises ont été en pourcentage moins nombreuses que les victimes étrangères. Je consacre aussi un article au sort des enfants arrêtés lors de la rafle du Vel d&#8217;Hiv « Laval et la déportation des enfants juifs. Juillet-août 1942. ». Me voilà « lucide » comme Léon Poliakov.<br /> <br /> Quelques autres erreurs.<br /> <br /> Ma remarque sur le fait qu&#8217;au moindre manquement de jeunes officiers SS devront abandonner leur poste confortable en France est loin d&#8217;être « gratuite » comme vous l&#8217;affirmez. Mécontent de lui Kaltenbrunner qui dirige le RSHA à Berlin convoque Helmut Knochen, l&#8217;un d&#8217;entre eux, et lui signifie : « La guerre dans les bureaux et les salons est terminée pour vous, vous allez d'ailleurs me rendre ce grade qui n'avait de valeur qu'à Paris. Vous êtes désormais SS-Schütze (2eclasse) et vous partez pour le front ! »<br /> La politique des Alliés a toujours été de refuser d&#8217;accueillir en nombre des juifs persécutés. Voir mon article : « En guerre, les alliés refusent de sauver des Juifs, 1942-1944 » ( I tome). Pinkey Tuck ne fait que rappeler cette politique, ce qui n&#8217;empêche pas de donner toute sa valeur à son entretien avec Laval.<br /> Laval n&#8217;a pas cédé aux pressions de l&#8217;opinion publique et de l&#8217;Eglise&#8230;Il n&#8217;a jamais cédé à l&#8217;opinion publique, dites-vous. Il ne faut pas sous-estimer l&#8217;influence de l&#8217;Eglise dans un pays qui à l&#8217;époque était très catholique. Les églises ne furent jamais aussi fréquentées qu&#8217;en cette période de désarroi de la population devant la défaite et l&#8217;occupation. Laval était un excellent politicien et il ne pouvait pas ignorer les rapports alarmants que lui envoyaient les préfets sur le basculement de l&#8217;opinion publique. Voir l&#8217;examen de cette question dans mon livre Survivre, Français, Belges, Hollandais et Danois face à la Shoah. 1940-1945, page 248 à 258, sous le titre « La société civile se manifeste ».<br /> Sur la question des dénaturalisations, vous estimez que mon résumé des faits est tronqué et inexact, mais après avoir souligné que ce fut une négociation complexe et longue, vous arrivez aux mêmes conclusions que moi : Laval et Pétain refusent leur concours.<br /> En ce qui concerne la demande de Röthke d&#8217;une compagnie de Schutzpolizei, car « on ne peut plus compter sur la collaboration de la police française pour l&#8217;arrestation en masse des Juifs », à chacun son interprétation. Ce qui pour vous est une recherche pour parer au manque de policiers puisque Vichy ne veut plus collaborer est pour moi une menace. Il s&#8217;agit bien de la zone Nord et non de la zone Sud qui à l&#8217;époque est la zone libre où les Allemands ne pouvaient pas intervenir.<br /> La comparaison avec l&#8217;Alsace est absurde, écrivez-vous. J&#8217;ai simplement voulu par un exemple montrer que, lorsqu&#8217;ils le voulaient, les Allemands étaient à même de se pourvoir des moyens policiers nécessaires dans une ville comme Paris où la concentration de Juifs était la plus importante de France.<br /> Fallait-il dans vos commentaires employer à mon égard des qualificatifs désobligeants ? Ils le sont aussi envers Serge Klarsfeld qui d&#8217;après vous ne fait pas l&#8217;histoire, mais écrit un récit mémoriel comportant de fausses affirmations. « Récit Mémoriel » « Relation écrite qu&#8217;une personne fait des évènements auxquels elle a participé ou dont elle a été témoin », peut-on lire dans le Petit Robert. Une appréciation peu réaliste pour un enfant qui n&#8217;avait que 7 ans en 1942 et vivait caché à Nice. Historien, certainement, ses recherches et les documents qu&#8217;il a publiés en attestent.<br /> Que vous ne soyez pas d&#8217;accord avec ce que d&#8217;autres avancent, c&#8217;est tout à fait normal surtout que, comme vous l&#8217;écrivez, « le sujet de la rafle du Vel d&#8217;hiv est extrêmement problématique pour la simple et bonne raison qu&#8217;il n&#8217;existe aucune étude scientifique sur la question. » Mais je m&#8217;attendais à des propos plus modérés de la part d&#8217;un éminent historien qui a travaillé de longues années au prestigieux et très respecté Yad Vashem.<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________<br /> _______________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> Le débat se poursuit quelque temps <a href="http://www.delpla.org/forum/viewtopic.php?f=90&amp;t=879&amp;start=105">sur le forum </a>entre les deux auteurs, entrecoupé de subtiles interventions de Jesse Darvas.<br /> <br /> <br /> ___________________________________________________________________________________________________<br /> __________________________________________________________________________________________<br /> _______________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <br /> Automne 2013 : <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 15px;">débat sur la place de Hitler dans son propre régime</span></span></strong><br /> <br /> protagonistes (entre autres) : Alain Michel, Paul Sanders, François Delpla<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 13px;">Review of Alain Michel&#8217;s book &#8220;Vichy and the Shoah</span></span></strong>&#8221;, by Paul Sanders<br /> <br /> Publié le 25 novembre 2013<br /> &#8220;Vichy and the Shoah, inquire about the French paradox&#8221; was published in March 2012 by the LCD Publishing House.<br /> <br /> <br /> In his book Vichy and the Shoah, Alain Michel addresses the &#8216;French paradox&#8217;: why did the country that practically &#8216;invented&#8217; the notion of &#8216;state collaboration&#8217; with Nazi Germany have one of the lowest rates (approximately one-quarter) of Jews deported to extermination and concentration camps during the Final Solution? Surprisingly, historians have eluded this core contradiction, subscribing to the assertion, popularized by Hannah Arendt&#8217;s Eichmann in Jerusalem (1963), that collaboration facilitated the Nazis&#8217; dirty work and was co-responsible for the Jewish catastrophe. Conversely, Arendt argued that bureaucratic chaos and disorder would have resulted in a significantly lower number of victims. This point of view was adopted by Robert O. Paxton in his paradigmatic and highly influential history of Vichy France (1972). Paxton argued that the presence of the regime brought no benefits to the French; quite to the contrary, it made matters worse for them, and they would have been better off without Vichy. The low Jewish victimization rate in France was turned on its head, with Paxton arguing that the low rate would have been even lower had it not been for Vichy. Under the weight of this &#8216;learned opinion&#8217; the genuine driver of the Final Solution in France has remained in the dark. Alain Michel's book redresses the balance. He demonstrates how the Vichy government was driven by an objective of protecting certain categories of integrated Jews, namely those with French citizenship, and how, generally, it started dragging its feet as soon as the genuine meaning and purpose of the &#8216;evacuations to the East&#8217; had become clearer, in late summer 1942. The regime&#8217;s &#8216;protection&#8217; of Jews with French citizenship did not come without a &#8216;price&#8217;: in its negotiations with the Nazis the regime offered the minority of recently arrived foreign or stateless Jews in France as a pawn, and it was this group that would become the prime target for filling the deportation convoys. While Michel condemns the regime&#8217;s use of foreign Jews as bargaining material, calling this a &#8216;crime&#8217;, he stresses that, under the conditions pertaining at the time, collaboration did not, invariably, lead to worst possible outcomes (as argued by previous literature). In fact, the sacrifice of the few for the greater number was a &#8216;lesser evil&#8217;. The overall indication is that, contrary to Arendt&#8217;s assertion, the presence of collaboration governments in Europe moderated the impact of the Final Solution. In any case, the death rates were consistently higher in countries under direct German domination than in countries run by independent or semi-independent collaboration regimes. This does not amount to a rehabilitation of such regimes; at the same time it shows that the black-and-white dichotomies characterizing the majority of studies on the role of collaboration regimes in the Holocaust require urgent revision. Michel&#8217;s rigorous reappraisal of Vichy&#8217;s role relies on quantitative material to support its central claims, in the light of which a number of chapters of French Holocaust history will have to be rewritten.<br /> <br /> [Paul Sanders is Geopolitics professor at NEOMA Business School (Reims, France), PHD in history from Cambridge University and Fellow of the Royal Historical Society of London. He is a specialist of the German occupation in France, and worked also on the local occupation of the Anglo-Norman isles.] <br /> <br /> ___________________________________________________<br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 25 novembre 2013 à 16:27 <br /> <br /> Paul, I presume you, as a specialist of the Channel Islands, are able to read french<br /> et je n&#8217;expose pas plus longtemps la langue de Shakespeare à un massacre inutile.<br /> <br /> Je maintiens ce que j&#8217;ai déjà dit sur ce blog : en Allemagne comme en pays occupé c&#8217;est Hitler qui décide, du moins sur les questions les plus importantes pour la réussite de son entreprise, et il estime dans sa folie que la « question juive » est du nombre.<br /> <br /> Il ne me semble donc pas qu&#8217;on puisse l&#8217;isoler du tableau d&#8217;ensemble.<br /> La Seconde Guerre mondiale n&#8217;est pas, n&#8217;en déplaise à Lucy Dawidovicz, une « guerre contre les Juifs »&#8230; et les Juifs ne sont pas une entité à détruire indépendamment du reste.<br /> <br /> Un gouvernement collaborateur, c&#8217;est avant tout, pour Hitler, un moyen de faire obéir une nation de 40 millions d&#8217;habitants en y faisant stationner très peu de soldats allemands (en dehors de ceux qui gardent les frontières menacées de l&#8217;extérieur, ou mènent des opérations à partir d&#8217;elles, c&#8217;est-à-dire essentiellement les côtes). D&#8217;autre part, cette nation, développée et industrialisée, au sol riche, est largement mise au service de l&#8217;économie de guerre allemande et les Juifs depuis longtemps assimilés, c&#8217;est-à-dire intégrés aux entreprises, peuvent de ce point de vue se révéler très utiles.<br /> <br /> On ne saurait donc envisager cette question isolément.<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> Paul Sanders dit : <br /> 25 novembre 2013 à 18:55 <br /> <br /> Dear François, I am not sure what you are aiming at in this blog post, and, besides, there are a number of points I would disagree with most emphatically &#8211; such as your insinuation about Jews working in armements factories in France (what am I to make of this?). Also, how central Hitler&#8217;s input was in the Final Solution has been debated for several decades by the Intentionalists and the Functionalists and there is no end in sight to this debate. So these issues cannot be solved in a couple of lines&#8230;<br /> <br /> Je pense que vous vous trompez de debat; l&#8217;argument avancé içi ne va pas du tout dans le sens d&#8217;une quelconque rehabilitation de Vichy; il s&#8217;agit d&#8217;apporter des nuances à un debat sur Vichy, lequel est devenu, pour ainsi dire, mythique. On parle enormement de zones grises et de mains sales, mais rares sont les ouvrages qui abordent ces phenomenes. Beaucoup preferent un manichéisme tout court.<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> René Fiévet dit : <br /> 26 novembre 2013 à 09:33 <br /> <br /> Paul,<br /> Effectivement, il n&#8217;est pas toujours facile de comprendre les méandres de la pensée de François Delpla. Mais sur ce point, j&#8217;arrive à le suivre. Si on intègre l&#8217;ensemble de la question dans la politique globale de Hitler (dont l&#8217;extermination des Juifs n&#8217;est qu&#8217;un aspect), ont peut soutenir que l&#8217;existence d&#8217;un régime collaborateur en France, qui lui permettait d&#8217;économiser des ressources en hommes et de contribuer à l&#8217;effort de guerre allemand (par le pillage systématique d&#8217;un pays riche), a été un élément facilitateur de sa politique. Ce qui fait que Hitler avait déjà accepté que le sort des Juifs en France (et notamment ceux de nationalié française) serait moins terrible que celui qui leur fut réservé dans les autres pays. Du moins dans un premier temps. En tout cas, cela le disposait à « lâcher du lest » par rapport aux demandes de Vichy sur le sort des Juifs français.<br /> Ce qui veut dire que pour François Delpla ce débat, assez franco-français sur Vichy (faut-il condamner sans nuance, ou faut-il nuancer le jugement à la lumière du sort qui fut réservé aux Juifs de France ?) est un peu un non sujet. C&#8217;est « irrelevant », comme on dit en anglais.<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________ <br /> <br /> Paul dit : <br /> 26 novembre 2013 à 13:02 <br /> <br /> Bonjour,<br /> Votre argumentation sur Hitler, qui aurait été tenté par une exemption de certains juifs, pour mieux faire marcher l&#8217;économie française au bénéfice de l&#8217;Allemagne nazie, est spéculative. Je vous demande donc : où sont vos preuves documentaires (je n&#8217;ai pas beaucoup de confiance dans l&#8217;histoire orale) pour un tel énoncé ?<br /> 1. A ma connaissance, Hitler ne s&#8217;est jamais prononcé sur le sort des juifs en France, au moins pas dans le sens que vous indiquez. Je vous laisse le soin de trouver une telle réflexion de la part d&#8217;Hitler dans les « Tischgespräche », publié par Trevor Roper (ou dans une autre source, comme le journal intime de Goebbels), mais je vous garantis à 99,99% que vous n&#8217;en trouverez rien de telle sorte.<br /> 2. Hitler était utopiste, pas réaliste. Et il n&#8217;était jamais un partisan d&#8217;une quelconque modération ; c&#8217;est lui, par exemple, qui exigeait une politique de représailles de plus en plus lourde (et de plus en plus contre-productive !) dans les territoires occupées, sans jamais se poser la question si cela était dans l&#8217;intérêt de l&#8217;Allemagne ; il n&#8217;y a, à ma connaissance, aucune preuve que Hitler aurait accepté des dérogations concernant un tel ou tel juif (ou un tel ou tel groupe de juifs) ; cela ne rentrait pas dans sa pensée radicalement antisémite et eliminationiste.<br /> 3. Cela ne veut pas dire qu&#8217;il n&#8217;avait pas, parmi les services allemands dans la France occupée, des clivages entre un tenant &#8216;maximaliste&#8217; (ceux exigeant que tous les Juifs soient déportés sans exception, et &#8216;coute que coute&#8217;, sans faisant état des retombées politiques, stratégiques ou autres) et un tenant &#8216;réaliste&#8217;, pour lequel la &#8216;question juive&#8217; était un parmi plusieurs dossiers à traiter avec Vichy. Pourtant, cela ne dit absolument rien sur le degré (et la nature) de l&#8217;antisémitisme des uns et des autres. On pouvait très bien être allemand réaliste et antisémite eliminationiste à la fois.<br /> 4. Par contre, l&#8217;hypothèse que Hitler n&#8217;était pas toujours au courant de tout en matière d&#8217;exécution de sa politique anti-juive, c&#8217;est-à-dire dans tous les détails, et partout en Europe, me semble assez pertinente ; aucun dirigeant, même pas un Napoléon ou un de Gaulle, est toujours au courant de tout (idée complètement erronée du leader) ; la question serait de voir, p.ex. si Eichmann, un maximaliste, partageait ses frustrations au sujet de la déportation des juifs en France avec ses supérieurs (Müller et Kaltenbrunner) et si ceux-ci faisaient remonter cette info spécifique à Hitler. Donc, en gros, Hitler, était-il au courant du dossier de la Shoah en France, dans toute sa complexité et dans tous ses détails ? Je n&#8217;ai aucune idée là-dessus, mais je le doute. Par contre, sur un projet majeur comme celui de la dénaturalisation en 1943, là je pense qu&#8217;il aurait pu être au courant. Tout cela, maintenant, il faudrait l&#8217;affirmer (ou infirmer), selon la méthode de Popper.<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 27 novembre 2013 à 14:10 <br /> <br /> Cher René, vous décryptez et résumez si bien ma pensée que je suis prêt à tout pour vous expliquer ce qui vous échappe !<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 26 novembre 2013 à 17:24 <br /> <br /> Hitler était très secret, et avait élevé le cloisonnement, dans les milieux gouvernementaux, à la hauteur d&#8217;un art. En plus il écrivait peu et les « propos de table » auxquels vous vous référez à juste titre ne sont disponibles de façon suivie que sur un an (1941-42). D&#8217;où une difficulté à savoir ce qu&#8217;il savait&#8230; et ce qu&#8217;il ne savait pas. Je considère que l&#8217;histoire du nazisme deviendra scientifique le jour où elle se préoccupera autant de la seconde difficulté que de la première. En d&#8217;autres termes, en l&#8217;absence de documents prouvant que Hitler se mêlait d&#8217;une question, on a eu jusqu&#8217;ici beaucoup trop tendance à tenir pour assuré qu&#8217;il ne s&#8217;en mêlait pas.<br /> <br /> Cela vaut particulièrement pour la prétendue question juive. Il était disciple, sur ce point, de l&#8217;attitude de Gambetta après 1871, à propos de l&#8217;Alsace-Lorraine : « y penser toujours, n&#8217;en parler jamais »&#8230; sauf les rares fois où il en parlait. Son attitude au sujet de la France était d&#8217;ailleurs très comparable. A quand un livre disant enfin qu&#8217;entre 1933 et 1940 son obsession n° 1 était de lui faire une guerre rapidement écrasante (bientôt, en fait, car j&#8217;en prépare un !). Et la réalisation de cet objectif n&#8217;a évidemment pas adouci ses sentiments envers ce beau pays.<br /> <br /> Pour devenir plus concret, je vous signale mon livre sur l&#8217;exécution de Georges Mandel, où je démontre que dans un tel système lui seul pouvait prendre une telle décision&#8230; et que par bonheur quelques documents surnagent pour le prouver.<br /> <br /> Quelques éléments ici :<br /> <a href="http://www.delpla.org/article.php3?id_article=451">http://www.delpla.org/article.php3?id_article=451</a><br /> <a href="http://www.delpla.org/article.php3?id_article=422">http://www.delpla.org/article.php3?id_article=422</a><br /> <br /> Et bien sûr, si Mandel est tué, c&#8217;est avant tout en tant que Juif. Un Juif artisan du traité de Versailles ! Il est, comme victime expiatoire, tout naturellement préféré à Blum, et bien sûr aussi à Reynaud, moins antinazi quoi qu&#8217;on en dise, et non juif.<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> Paul Sanders dit : <br /> 26 novembre 2013 à 18:12 <br /> <br /> On fait au mieux avec ce qu&#8217;on a, c&#8217;est à dire les sources disponibles ; le reste, c&#8217;est de la speculation ou, pire, de la fabulation. Voilà, tout l&#8217;enjeu de l&#8217;historiographie !<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 26 novembre 2013 à 18:40 <br /> <br /> je suis d&#8217;accord avec ces remarques et elles ne contredisent pas mon post heureusement réapparu.<br /> <br /> Convenez-vous qu&#8217;il est tout aussi grave de dire que Hitler ne s&#8217;est pas mêlé d&#8217;une question, alors qu&#8217;on n&#8217;en sait rien, que de dire qu&#8217;il s&#8217;en est mêlé, de façon purement spéculative ?<br /> <br /> Un bon exemple a déjà été exposé ici, celui de l&#8217;incendie du Reichstag. On peut prendre aussi celui du vol de Hess, qui est en France d&#8217;une actualité radiophonique <a href="http://www.franceinter.fr/emission-rendez-vous-avec-x-10-mai-1941-l-etrange-voyage-de-rudolf-hess-1">http://www.franceinter.fr/emission-rendez-vous-avec-x-10-mai-1941-l-etrange-voyage-de-rudolf-hess-1</a> . Dans les deux cas, une foule d&#8217;historiens affirme, sans laisser la moindre place au doute, que Hitler a été surpris.<br /> <br /> C&#8217;est grave, non ?<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> Paul dit : <br /> 27 novembre 2013 à 08:26 <br /> <br /> Non, je ne conviens point. D&#8217;ailleurs, il faudrait que vous continuiez cette conversation avec David Irving.<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 27 novembre 2013 à 09:49 <br /> <br /> et vous avec Luc Nemeth !<br /> <br /> on va où, comme cela ?<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 28 novembre 2013 à 06:01 <br /> <br /> Ce débat est tellement fondamental que je crois utile d&#8217;en regrouper ci-après les deux pôles :<br /> <br /> François Delpla dit :<br /> 26 novembre 2013 à 17:24<br /> <br /> Hitler était très secret, et avait élevé le cloisonnement, dans les milieux gouvernementaux, à la hauteur d&#8217;un art. En plus il écrivait peu et les « propos de table » auxquels vous vous référez à juste titre ne sont disponibles de façon suivie que sur un an (1941-42). D&#8217;où une difficulté à savoir ce qu&#8217;il savait&#8230; et ce qu&#8217;il ne savait pas. Je considère que l&#8217;histoire du nazisme deviendra scientifique le jour où elle se préoccupera autant de la seconde difficulté que de la première. En d&#8217;autres termes, en l&#8217;absence de documents prouvant que Hitler se mêlait d&#8217;une question, on a eu jusqu&#8217;ici beaucoup trop tendance à tenir pour assuré qu&#8217;il ne s&#8217;en mêlait pas.<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 17 janvier 2014 à 09:12 <br /> <br /> Une question à Alain Michel.<br /> <br /> Je m&#8217;intéresse depuis quelques jours (dans le défrichage de mon prochain livre, qui devrait porter sur l&#8217;influence allemande à Vichy) au dynamitage de sept synagogues parisiennes dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941. D&#8217;un premier balayage de mes ouvrages (ceux que je possède) sur Vichy, le Troisième Reich, l&#8217;Holocauste e tutti quanti, il ressort que neuf sur dix n&#8217;en soufflent mot et que le dixième en parle comme d&#8217;une anecdote liée aux instincts du nazisme et, à ce titre, à peine digne d&#8217;une mention rapide.<br /> <br /> Votre Vichy et la Shoah fait partie, sauf erreur de la première catégorie; à tout le moins, si une allusion m&#8217;a échappé, elle n&#8217;est pas à sa place chronologiquement attendue, au chapitre 4.<br /> <br /> En fait, il s&#8217;agit d&#8217;un moment clé dans la montée du pouvoir des SS en France, directement préparatoire à la Solution finale; et bien sûr aussi d&#8217;un défi à Vichy et à son fringant technocrate policier, Pierre Pucheu.<br /> <br /> A votre avis, que prévoit l&#8217;armistice au sujet des crimes racistes allemands les plus tordus et crasseux en France ? Les permet-il ? Oblige-t-il la police locale à fermer les yeux ?<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> Alain Michel dit : <br /> 21 janvier 2014 à 14:10 <br /> <br /> (...)<br /> 1) je pense qu&#8217;effectivement le dynamitage des synagogues s&#8217;inscrit avant tout dans les questions concurentielles internes aux allemands.<br /> 2) je ne suis pas persuadé que cet événement est directement lié à la solution finale. Début octobre 1941, la Solution finale est encore un événement en application uniquement à l&#8217;est, sur les territoires soviétiques d&#8217;avant le 22 juin, l&#8217;extension à la Pologne commence à être organisée, et il n&#8217;y a sans doute pas encore de décision d&#8217;extension à l&#8217;ouest de l&#8217;Europe (je suis assez proche des idées développées par Florent Brayard dans son livre de 2012).<br /> 3) La question n&#8217;est pas, à mon avis, l&#8217;armistice, qui établie sur le fondement des conventions internationales, ne peut qu&#8217;être en contradiction avec ce type de crimes allemands, mais de savoir comment Vichy réagit. J&#8217;aurais peut-être de nouvelles considérations à vous transmettre d&#8217;ici quelques semaines, à la suite de nouvelles archives que je consulte.<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 22 janvier 2014 à 18:38 <br /> <br /> (...)<br /> <br /> Je me permets de signaler une discussion de forum intéressante : <a href="http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=17&amp;t=37649&amp;start=0">http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=17&amp;t=37649&amp;start=0</a><br /> Un ancien officier de renseignements qui se met à l&#8217;écriture historique commence par me voler dans les plumes, puis reconnaît que j&#8217;ai peut-être levé un lièvre important.<br /> <br /> Je suis (depuis peu) frappé par la carence des études sur les agressions nazies contre les synagogues &#8230;et fais appel aux internautes pour savoir si le sujet est vraiment vierge ou s&#8217;il existe quand même çà et là quelques articles. Par exemple des textes qui mettent la nuit de Cristal en rapport avec d&#8217;autres agressions contre des lieux de culte.<br /> <br /> Concernant celle de Paris, le dossier montre indubitablement l&#8217;implication de Knochen et de Heydrich. Et comme il s&#8217;agit de marcher sur les plate-bandes des militaires, on ne voit pas des subordonnés prendre des initiatives : le Führer est nécessairement au courant, et probablement à la barre.<br /> <br /> Comme il commence à piétiner en Russie et à comprendre qu&#8217;il a perdu son pari d&#8217;une victoire avant l&#8217;hiver, ou du moins a des chances de le perdre, et qu&#8217;il a toutes chances de se retrouver avec l&#8217;ennemi américain en sus, il est logique qu&#8217;il resserre son contrôle sur l&#8217;armée, seul source potentielle de coup d&#8217;Etat pour cause de défaite prévisible ou consommée.<br /> <br /> D&#8217;autre part, il y a dans son comportement, à côté d&#8217;une grande finesse tactique, une bonne dose de magie : il croit réellement que les Juifs sont à la source de tous les maux, donc les frapper dans les lieux sacrés de leur maudite religion est une action militaire, en même temps qu&#8217;une façon de se rassurer. Et, du point de vue des intérêts allemands, presque un devoir.<br /> <br /> La lettre de Heydrich à l&#8217;OKH du 6 novembre comporte une allusion au fait que Hitler l&#8217;a chargé de la Solution finale. Cela ne veut pas dire que le judéocide intégral en Europe soit décidé (je reste intéressé par l&#8217;idée d&#8217;Edouard Husson que l&#8217;ordre en est donné par Hitler à Himmler le 9 novembre, date fétiche), mais qu&#8217;une savante progression est en cours.<br /> <br /> Quant à Brayard, il évolue beaucoup en 2012 par rapport à 2004&#8230; sans le reconnaître, ce qui complique les choses ! Mais il me semble sur la bonne voie en considérant désormais la Shoah comme un « complot nazi ».<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> <br /> Alain Michel dit : <br /> 23 janvier 2014 à 09:53 <br /> <br /> Merci pour votre reponse. J&#8217;ai tres peu de temps mais j&#8217;ai toujours beaucoup de mal avec les sauts que vous faites en passant d&#8217;evenements locaux a Hitler lui-meme, comme s&#8217;il devait y avoir lien direct. Cela me parait un peu simpliste, si je puis me permettre, d&#8217;imaginer que tout est controle, organise, avec un Deus ex machina de qui depend le moindre evenement. L&#8217;evolution de l&#8217;historiographie americaine, israelienne et allemamnde ces 20 dernieres annees souligne au contraire a quel point les autonomies locales sont souvent tres importantes. Je vous conseille de lire l&#8217;introduction de Dan Michman a l&#8217;encyclopedie des ghettos publie par Yad Vashem. Il montre tres bien a quel point il n&#8217;y a pas de « ghethoisation » mais des politiques locales differentes dont certaines convergent et d&#8217;autres non, et qui sont avalisees et parfois reorientees par le sommet dirigeant.<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 23 janvier 2014 à 12:15 <br /> <br /> Bonjour<br /> <br /> Je vais lire Michman sur la ghettoïsation (dont a priori le caractère central me semble avéré par les ordres de Heydrich lors de l&#8217;invasion de la Pologne, et n&#8217;exclut nullement des adaptations locales), mais je souhaite que vous ayez le temps de me répondre sur les synagogues. Sous l&#8217;angle, à la fois, de la carence des études et du lien des attaques avec la Shoah, à titre soit de préface (Paris), soit de postface (Varsovie).<br /> <br /> L&#8217;exemple parisien a ceci de précieux que l&#8217;implication du Führer est fortement suggérée par les documents (déjeuner entre lui, Abetz et Himmler le 16 septembre, lettre de Heydrich du 6 novembre, etc.).<br /> <br /> Ce n&#8217;est pas depuis vingt ans que l&#8217;historiographie se trompe en effaçant trop le central au profit du local, mais depuis bientôt un siècle ! Dans les années 1920 un Heiden, un Trotsky prétendaient que Hitler n&#8217;avait rien dans le ciboulot et se laissait guider par les foules&#8230;<br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 23 janvier 2014 à 12:21 <br /> <br /> PS à mon 23 janvier 2014 à 12:15<br /> <br /> cf. un texte où, dans le cadre d&#8217;un débat sur la loi Gayssot, j&#8217;affirme que « Hitler est à l&#8217;origine de tout »&#8230; en un certain sens, bien entendu, que j&#8217;explicite : <a href="http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=54930">http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=54930</a> .<br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________<br /> <br /> François Delpla dit : <br /> 23 janvier 2014 à 18:28 <br /> <br /> Je suis tout à fait conscient que les journées de Hitler n&#8217;ont que 24h et que sa capacité de travail, certes bien supérieure à ce qu&#8217;en dit, après bien d&#8217;autres, Ian Kershaw, a ses limites.<br /> Aussi proposé-je de tenter de cerner son rôle d&#8217;une part lorsque des documents le mentionnent (grand est ici, s&#8217;agissant des affaires françaises, le mérite de Barbara Lambauer qui a recensé ses rencontres avec Abetz, à contre-courant d&#8217;un Jäckel ou d&#8217;un Paxton), d&#8217;autre part lorsque, hiérarchiquement parlant, il est improbable ou impossible qu&#8217;une décision ne lui ait pas été soumise.<br /> C&#8217;est le cas dans cette affaire de synagogues, au confluent des pouvoirs des SS et de l&#8217;armée : son arbitrage, au minimum, est requis, et son initiative probable.<br /> <br /> <br /> <br /> __________________________________________________________________________________________________ Wed, 25 Mar 2015 13:48:01 +0100 Hitler "bouffeur de tapis" : une légende hitlérienne ! https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-79+hitler-bouffeur-de-tapis-une-legende-hitlerienne.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-79+hitler-bouffeur-de-tapis-une-legende-hitlerienne.php L'affaire commence en 2009... du moins sur Internet.<br /> <a href="http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=42629&amp;v=1">http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=42629&amp;v=1</a><br /> <br /> Christian Favre, le mercredi 13 mai 2009 à 08h21, fait partager aux lecteurs du site Livres de guerre, dans le cadre d'un débat qu'il a ouvert sur le livre d'Henri Noguères <em>Munich ou la drôle de paix</em>, sa découverte d'une citation de William Shirer. La scène se passe à Godesberg, où Chamberlain est venu rencontrer Hitler :<br /> <br /> <em>Hitler était dans un état de nervosité extrême. Le matin du 22, je prenais le petit déjeuner sur la terrasse de l'Hôtel Dreesen, où devaient avoir lieu les consultations, quand Hitler passa, marchant à grandes enjambées, pour aller inspecter son yacht amarré au bord du fleuve. I1 me parut agité d'un tic nerveux. A chaque instant, son épaule droite se soulevait d'un geste mécanique, tandis que sa jambe gauche se détendait d'une saccade. Il avait les yeux affreusement cernés de noir. Ainsi que je le notai le soir dans mon journal, il semblait au bord de la dépression nerveuse : Teppichfresser ! murmura mon compagnon allemand, un directeur de journal qui détestait secrètement les nazis. Et il me raconta que, depuis quelques jours, Hitler était dans un tel état de frénésie, à cause de l'affaire tchèque, que, plus d'une fois, il avait perdu tout empire sur soi, se jetant sur le sol et mâchant le bord d'un tapis. D'où l'expression « mangeur de tapis ». La veille au soir, à l'Hôtel Dreesen, au cours d'une conversation avec quelques plumitifs aux ordres du parti. j'avais entendu cette expression appliquée au Führer - à voix basse, bien sûr. </em><br /> <br /> Un "Ollivier" fait part de son scepticisme, fondé sur l'affirmation que Shirer est souvent fantaisiste. Vincent Bernard (alias Thiriel) réplique en défendant Shirer en général. Ollivier renchérit : "<br /> Le fait même que Shirer accorde du crédit à cette histoire de Hitler mangeur de tapis donne une idée de la rigueur de ses travaux." et Vincent réplique :<br /> <br /> <em>Non justement. Replacé dans le contexte, cela illustre au contraire la valeur du témoignage. Ce qui intéressera notamment l'historien au délà de l'anecdote c'est que ce type de discussion ait eu lieu entre un journaliste allemand et un journaliste américain à Berlin en septembre 1939 (pas de raisons d'en douter), et qu'Hitler ait eu cette image de "bouffeur de tapis" dans certains milieux, comme de "petit caporal de Bohème" dans d'autres. C'est à l'historien de prendre du recul face aux sources qu'il exploite et confronte entre elles.</em><br /> <br /> C'est alors que je mets mon grain de sel :<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Toujours penser à la possiblité d'une manip !</span> de françois delpla le mercredi 13 mai 2009 à 13h49<br /> <br /> <br /> <em>Je converge avec Thiriel sur le fait qu'il n'y a pas à mettre en doute le texte de Shirer concernant son observation de Hitler le 22/9/38 -même s'il sied de vérifier la chose dans son journal publié et que je n'en ai pas le temps.<br /> <br /> Mais ni lui ni les chers participants au débat pour le moment n'ont l'air de se poser la question d'une mise en scène :<br /> <br /> "Hitler était dans un état de nervosité extrême. Le matin du 22, je prenais le petit déjeuner sur la terrasse de l'Hôtel Dreesen, où devaient avoir lieu les consultations, quand Hitler passa, marchant à grandes enjambées, pour aller inspecter son yacht amarré au bord du fleuve. I1 me parut agité d'un tic nerveux. A chaque instant, son épaule droite se soulevait d'un geste mécanique, tandis que sa jambe gauche se détendait d'une saccade. Il avait les yeux affreusement cernés de noir. Ainsi que je le notai le soir dans mon journal, il semblait au bord de la dépression nerveuse".<br /> <br /> Hitler joue alors la comédie d'une prochaine entrée en guerre -qu'il ne prépare nullement, sur le plan opérationnel. Il y a fort à parier que sa nervosité est feinte, ses cernes un peu soulignés par le maquillage, etc. Et je n'exclus pas que ce soient de fieffés gestapistes qui répandent dans des oreilles choisies, notamment journalistiques, la légende du Teppichfresser.</em><br /> <br /> Et puis j'oublie ! Au gré des débats internautiques de l'époque, qui portaient plus sur la question du bluff hitlérien lorsqu'il menaçait l'Europe d'une guerre en 1938, que sur ses procédés de mise en scène.<br /> <br /> Et c'est fin 2014, après la parution de mon livre sur le Troisième Reich, que j'en arrive à la conclusion ferme qu'il s'agit d'une manipulation, en ayant enfin relu le passage correspondant du journal de Shirer (édité aux Etats-Unis en 1941 -la discussion de 2009 portait sur un passage de son <em>Troisième Reich</em>, publié vingt ans plus tard).<br /> <br /> J'ouvre à ce sujet un fil <a href="http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=42&amp;t=40654&amp;hilit=bouffeur">sur le forum beige</a>.<br /> <br /> En résumé, il est clair que l'intoxication est menée de main de maître... et plus que probable que Hitler, arrivé à un tournant fort délicat de son entreprise, où il s'agit de duper, de surveiller et d'orienter les dirigeants des plus grandes puissances, ne saurait diriger en personne cette manoeuvre locale. Force est de supposer que Himmler, Heydrich ou quelque agent du SD s'arrange pour glisser ce qu'il faut dans l'oreille des journalistes, et s'assure que l'un d'eux, le plus antinazi, en apparence, de la bande, mettra les points sur les i pour expliquer à l'éditorialiste américain que Hitler mord réellement les tapis depuis quelque temps, tant cette crise diplomatique sollicite ses nerfs. Lui-même vient en personne, à point nommé, mettre la touche finale.<br /> <br /> Reste à entreprendre une étude (qui existe peut-être, mais pas à ma connaissance) sur le devenir de cette légende (tout en s'assurant qu'elle n'existait pas antérieurement, ce que la surprise de Shirer semble indiquer, et le débat internautique confirmer). Mon, 02 Mar 2015 10:51:01 +0100 La folie de Hitler : débat entre les historiens aujourd'hui https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-66+la-folie-de-hitler-debat-entre-les-historiens-aujourd-hui.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-66+la-folie-de-hitler-debat-entre-les-historiens-aujourd-hui.php Je propose de reproduire sur cette page les réactions de mes collègues historiens à une analyse que je développe et étaye, au fil des livres et des articles, depuis quelques années : le nazisme procède d'un déclenchement de psychose chez Adolf Hitler à la fin de 1918, qui l'amène à concevoir "le Juif" comme la source de tous les maux humains, en une rationalisation achevée au plus tard à la fin de 1919. Ce facteur n'est certes pas unique, mais il est au poste de commande.<br /> <br /> Pour lancer la discussion, voici quelques extraits de mon<a href="http://www.histoquiz-contemporain.com/forum/viewtopic.php?f=28&amp;t=4912"> mémoire d'auto-histoire</a> présenté pour l'habilitation en juin 2012 : <br /> <br /> <em>Loin de moi l&#8217;idée de mettre en cause le primat des forces profondes d&#8217;une façon générale. Mais pour le nazisme, il n&#8217;explique strictement rien* . Les structures léguées par la Première Guerre mondiale n&#8217;étaient guère de nature à en faire éclore une deuxième, encore plus terrible, au bout de vingt ans. Il y fallut un individu très particulier et même</em> une folie individuelle<em>, sur laquelle, ces dernières années, je concentre de plus en plus mon attention. Cette folie s&#8217;est révélée des plus efficaces : sans peut-être orienter pour mille ans, comme elle y prétendait, le destin de l&#8217;humanité, elle avait acquis un tel ascendant au milieu de l&#8217;an 1940 qu&#8217;il vaut la peine de rechercher les causes de son effacement sans retour, cinq petites années plus tard. Il doit beaucoup au fait qu&#8217;un individu des plus capables, mais lui-même assez particulier et marginal, a pris les choses en main, relevé le défi et, poussant au suicide le prophète fou, permis le réveil des envoûtés. </em><br /> <span style="font-size: 10px;"><br /> *« On peut mesurer la part de la crise économique mondiale dans l&#8217;avènement de Hitler, dans la montée des égoïsmes nationaux dont il a su profiter, ainsi que le poids de l&#8217;opinion américaine qui a poussé la première puissance du monde à l&#8217;inaction internationale et au refus de la régulation des affaires du monde. Les forces profondes ont provoqué ces dérèglements, qui, à leur tour, ont largement contribué au déclenchement du conflit, mais les agissements de Hitler sont malgré tout au centre du réseau des causalités directes. », écrit Robert Frank (...).</span><br /> <br /> ........................................<br /> <em><br /> Il ne s&#8217;agit pas de régresser de deux siècles et de prétendre que, nonobstant Guizot, Marx, Lévi-Strauss et Lacan, l&#8217;histoire est façonnée consciemment par des dirigeants habiles et bien informés qui se jouent des contraintes imposées par les structures de tout acabit. Ce n&#8217;est pas parce que Hitler était beaucoup plus réfléchi et maître du jeu qu&#8217;on ne le soupçonnait très généralement jusque vers 1990, qu&#8217;il maîtrisait pour autant son destin et celui du monde.</em><br /> <br /> J&#8217;avance avec l&#8217;assurance d&#8217;un somnambule sur la voie que la Providence m&#8217;a tracée.<br /> <br /> <em>Il faut savoir gré à Ian Kershaw d&#8217;avoir mis en exergue, à la fin du tome 1 de sa biographie (1999), cette phrase prononcée lors d&#8217;un meeting par Hitler le 14 mars 1936, alors que se confirme le succès de son pari rhénan (remettre son armée sur la rive gauche du Rhin en violation des traités de Versailles et de Locarno, sans réaction sérieuse des autres signataires). C&#8217;est l&#8217;une des plus sincères qu&#8217;il ait proférées en public dans toute sa carrière de chancelier. Il expose au grand jour sa folie, mais d&#8217;une manière telle que personne ne s&#8217;en rend compte : il y a de quoi se demander qui est le plus somnambule, de lui et de l&#8217;auditoire, tous pays confondus.<br /> Il se croit guidé, justifié et même sanctifié par une Providence&#8230; alors qu&#8217;il vient d&#8217;effectuer, dans la réalité la plus triviale, un coup diplomatico-militaire lucratif. </em><br /> <br /> ....................................................<br /> <br /> <em>A propos du massacre des Juifs, il y a aussi une vérité fondamentale enrobée de mensonges dans la "prophétie" du 30 janvier 1939, faussement datée par la suite du 1er septembre, suivant laquelle une nouvelle guerre mondiale, bien évidemment déclenchée par les Juifs pour l&#8217;anéantissement final de l&#8217;Allemagne, signifierait "la fin de la race juive en Europe".<br /> Hitler ment, certes, car la guerre sera déclenchée par lui-même et en ce début de 1939 il le sait fort bien. Mais le lien entre guerre et extermination est indiqué sans détours. La guerre, c&#8217;est indissolublement l&#8217;occasion de tuer les Juifs, et les habitants surnuméraires de "l&#8217;espace vital", d&#8217;agrandir le territoire vers l&#8217;est, d&#8217;imposer l&#8217;Allemagne comme un membre incontournable d&#8217;un directoire du monde à quatre (avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Japon), enfin de rendre la « race supérieure » consciente d&#8217;elle-même et de la cruauté nécessaire pour marquer cette supériorité.<br /> La cohérence de tout cela, l&#8217;impossibilité d&#8217;y déceler des priorités ou une hiérarchie (sinon provisoirement, pour des raisons tactiques), c&#8217;est l&#8217;essence même du nazisme. Il y a bien là une entreprise démente (puisqu&#8217;il n&#8217;est pas vrai que l&#8217;humanité se divise en races inégales et qu&#8217;il l&#8217;est encore moins qu&#8217;on pourrait, en faisant admettre partout ce postulat &#8211;et en éliminant les Juifs, qui en sont la négation vivante-, fonder une nouvelle civilisation), mais elle est aussi terriblement réaliste. Avec une habileté diabolique, elle se niche dans des préjugés comme le sentiment de supériorité des « Blancs », elle exploite des phobies comme celle du communisme, elle singe des politiques coloniales ou impériales : elle est, par la captation de tous ces thèmes, capable d&#8217;un succès et d&#8217;une implantation relativement durables.</em><br /> <br /> Pour toute contribution : <br /> contact[arobaz]delpla.org<br /> <br /> <a href="https://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=23&amp;id=67">Un article de Marc Gébelin sur ma bio de Hitler</a><br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;"><br /> Remarques sur le texte de Marc :</span><br /> <br /> Il résume fort bien mon travail dans ces passages :<br /> <br /> <span class="text_blockquote">Citation:</span><div class="blockquote">Hitler a de cette puissante flamme, illuminé les parois du long souterrain des haines qui court sous l&#8217;écorce raisonnable du monde, les a unifiées, s&#8217;en est fait le propagateur tranquille, enjoué, malin -parfois hystérique quand sa voix exaspérée galvanisait les foules dans les stades-, mais en règle générale sans haine inutile.</div><br /> <span class="text_blockquote">Citation:</span><div class="blockquote">La haine, tant que sa flamme ne rencontre pas le combustible approprié, reste diffuse, diluée, n&#8217;est pas dangereuse, est la chose au monde la mieux partagée. C&#8217;est quand elle se concentre en une personne, qu&#8217;elle atteint sa masse critique et produit la foudre. C&#8217;est comme l&#8217;intelligence : dispersée dans tous les cerveaux elle est moyenne, faite de nous des êtres pensant, mais petits. Quand soudain elle décide à se masser en un seul, elle engendre le génie, génie qui estimera avoir pour mission de s&#8217;occuper de toutes les intelligences moyennes pour les hausser à son niveau. (...) Il consacra sa vie à mettre en &#339;uvre une politique que personne à sa place n&#8217;aurait osée. C&#8217;est la thèse de François Delpla dans son premier livre sur Hitler, écrit il y a déjà dix ans. </div><br /> <br /> Quinze ans aujourd'hui...<br /> Cette bio de 1999 était encore tout imprégnée de ma découverte de l'intelligence de Hitler, commencée dix ans plus tôt en étudiant la campagne de France, en dépassant son explication classique par la sclérose du commandement français, en centrant le regard sur l'excellence du plan allemand et de son exécution et en découvrant (dans les livres <em>Les Papiers secrets du général Doumenc</em>, 1992, et <em>Churchill et les Français</em>, 1993) la finalité de ce plan, mis en échec in extremis par l'arrivée de Churchill au pouvoir : une paix blanche avec la France et l'Angleterre, Hitler se contentant d'humilier la France et de ruiner sa puissance et son prestige militaires, tout en obligeant Londres à se résigner enfin à une domination allemande sur le continent européen.<br /> Dans les années 2000, surtout à partir de mon travail sur sa vie privée consigné en 2005 dans <em>Les Tentatrices du diable</em>, j'ai été plus sensible à la fragilité du personnage, qui le faisait notamment s'entourer de présences féminines admiratives à la veille de ses décisions risquées. Edouard Husson me faisait dans le même temps remarquer son fétichisme des dates. Dans la bio, j'avais certes parlé de son délire raciste et pris au sérieux le travail inégal mais pionnier de Rudolph Binion, au milieu des années 1970, sur son déclenchement de psychose en novembre 1918, qui avait rapidement et radicalement transformé un solitaire incompris en un leader écouté. J'avais également donné raison à Brigitte Hamann contre Ian Kershaw sur la date de naissance de son antisémitisme : 1918 et non dix ans plus tôt à Vienne. Cependant, ce n'est que vers 2010 que j'ai commencé à préciser les choses comme je le fais dans mon récent<em> Troisième Reich</em> : sa psychose paranoïaque lui fait découvrir d'un coup (peut-être à la veille de son trentième anniversaire) que "le Juif" est à la source de tous les maux, que la victoire de 1918 est la sienne et que, parasite-né, il est donc comme un cancer sur le point de tuer l'espèce humaine; cependant, la Providence veille, et vient de charger Adolf Hitler de mettre en garde l'humanité saine (c'est-à-dire avant tout "aryenne") contre ce péril. Voilà qui se différencie profondément de tout ce qu'on peut observer, en matière d'antisémitisme, dans les époques antérieures. Une différence non seulement de degré (il "radicalise", "pousse au paroxysme" l'antisémitisme préexistant, pouvait-on lire chez les trop rares auteurs qui se posaient la question) mais de nature (seul à ma connaissance Saül Friedländer s'est engagé dans cette voie, en 2006, en parlant d'un "antisémitisme rédempteur").<br /> <br /> Le dérangement mental du caporal Hitler, à bien des égards sans précédent, a certes une postérité. L'idée d'un mal mondial, immanent, menaçant à brève échéance la survie de l'espèce à force de complots, de tromperies et de contagions, se retrouve chez Staline avec ses "trotskystes agents de la Gestapo et du capital", puis dans les deux camps de la guerre froide et ceux de notre présent "choc des civilisations", l'Amérique dans les deux cas se voulant rédemptrice, et gladiatrice contre un empire du mal. Il n'en est que plus important de situer l'origine de ce délire manichéen, et de discerner son mécanisme. Wed, 26 Nov 2014 14:26:01 +0100 Pétain, Zemmour, Paxton, Berstein & C° https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-51+petain-zemmour-paxton-berstein-c.php https://www.delpla.org/site/articles/articles-10-51+petain-zemmour-paxton-berstein-c.php Eric Zemmour, dans <em>Le Suicide français</em> (Albin Michel, 2014), s'en prend à Robert Paxton qui en 1972 dans <em>La France de Vichy</em> avait prétendu que Vichy avait devancé les Allemands dans la persécution des Juifs; il propose d'en revenir sur ce point à Robert Aron, qui contait en 1954 dans son <em>Histoire de Vichy</em> que Pétain et ses subordonnés n'avaient fait que défendre de leur mieux les intérêts français en cédant le moins possible aux exigences allemandes; ils seraient ainsi parvenus à "sauver" la grande majorité des Juifs français tout en jetant en pâture au monstre nazi un grand nombre de Juifs étrangers. <a href="http://www.lesinrocks.com/2014/10/06/actualite/serge-berstein-zemmour-petain-11528197/#.VDN_hVR3yzw.twitter">Serge Berstein lui répond</a> dans Les<em> Inrocks</em> le 6 octobre 2014. Je diverge à peu près symétriquement d'Eric Zemmour et de Serge Berstein.<br /> <br /> Ce dernier écrit :<br /> <span class="text_blockquote">Citation:</span><div class="blockquote"><br /> Vichy prend l&#8217;initiative d&#8217;instaurer, au lendemain de la défaite, un statut des Juifs en France que les Allemands ne lui demandaient pas, qui reposait non sur des critères religieux mais sur des critères de généalogie. On a beau être converti au catholicisme, voire être devenu prêtre ou religieuse, on est toujours Juif si on a eu des grands-parents juifs. c&#8217;est évidemment une définition qui ne permet pas d&#8217;échapper aux persécutions et Vichy, sans que personne ne lui demande rien, institue ce statut des Juifs qui en fait des citoyens de seconde zone, qui leur interdit l&#8217;accès de toute une série de professions, en rapport avec la fonction publique et notamment dans le cinéma ou la presse.<br /> <br /> Ce sera encore aggravé en 1941 par un second statut qui leur interdira pratiquement d&#8217;exercer des activités économiques, autrement dit, qui les condamne à la misère et qui les discrimine au sein de la société française. Sur ce plan-là, Vichy n&#8217;a attendu personne et surtout pas les Allemands pour être un régime violemment antisémite, discriminatoire et oppressif.</div><br /> <br /> Ces lignes contiennent plusieurs erreurs. Le premier statut des Juifs n'est pas adopté "au lendemain de la défaite" mais quatre mois plus tard (le 18 octobre 1940 et non le 3 -une erreur fréquente dont le pullulement ne fait pas une vérité). Ce délai en dit long : pendant quatre mois (et les quatre années suivantes) se déroule un incessant jeu de chat et de souris où Vichy ne fait pas ce qui lui plaît mais cherche anxieusement à plaire au maître allemand, présumé vainqueur de la guerre le lendemain matin (du moins pendant les premières semaines). Et moins l'Allemand demande, plus Vichy accorde, espérant le surprendre agréablement. Cela dit, il conviendrait de regarder de plus près (un sujet abordé par la recherche depuis une douzaine d'années seulement) ce que l'occupant laisse entrevoir de ses désirs, par le truchement d'Abetz ou d'autres personnes. Quant au statut de 1941, il est adopté le 2 juin après huit mois supplémentaires hauts en couleurs, marqués notamment par une exigence allemande de belle taille et suivie d'effet : la nomination par Vichy d'un "commissaire général aux questions juives", le 29 mars. Il dirige une structure, le CGQJ (commissariat général aux questions juives) qui dispose de toutes les attributions d'un ministère. Le premier commissaire, Xavier Vallat, est un député conservateur, d'un catholicisme viscéralement hostile aux Juifs, celui-là même qui avait insulté Léon Blum en plein Palais-Bourbon en juin 1936 lors de la présentation de son gouvernement. Mais précisément cela n'avait pas été un mouvement spontané de Vichy de créer cette structure, ni de la confier à un tel personnage.<br /> <br /> Mais le point le plus contestable de l'interview de Berstein vient ensuite :<br /> <br /> <span class="text_blockquote">Citation:</span><div class="blockquote">En revanche, le régime de Vichy était parfaitement disposé à livrer les étrangers qui se trouvaient en France : c&#8217;était un régime xénophobe. C&#8217;était l&#8217;une des clauses de l&#8217;armistice : livrer aux Allemands les réfugiés allemands antinazis qui avaient trouvé refuge en France, ce que Vichy a fait.</div><br /> <br /> L'historien, qui n'est ni un juge ni un moraliste, peut tout de même adresser des critiques aux gens dont il raconte les faits et gestes, non point en fonction d'un code mais de leurs propres intentions. Loin de flatter chez eux une xénophobie quelconque, l'article 19 de la convention d'armistice, qui imposait la livraison par la France des Allemands réfugiés sur son sol, avait été pour les négociateurs français, dans la clairière de Rethondes, une amère surprise. L'erreur du maréchal était de s'être mis dans une situation où les Allemands avaient beau jeu d'exiger la signature en l'état, malgré les véhémentes protestations de la délégation française. Le général Keitel, qui dirigeait la délégation allemande après une brève apparition du Führer, avait condescendu à préciser, de la part de son maître, que l'application de cet article ne porterait que sur quelques "incitateurs à la guerre"... un équivalent de "Juif" dans la mythologie nazie : on voit que le jeu du chat et de la souris avait commencé immédiatement.<br /> <br /> Berstein montre ensuite qu'il n'a pas lu depuis longtemps le livre d'Aron. Il commet une curieuse confusion entre "documents" et "archives", lorsqu'il prétend que, faute de s'être fait ouvrir ces dernières, Aron n'avait travaillé qu'à partir de ses souvenirs. Il avait au contraire assimilé une énorme documentation, déposée à la BDIC de Nanterre. Elle comprend d'une part des pièces des procès de la Libération, d'autre part des interviews et enfin des documents fournis par les personnalités interviewées. Ce qui ne fait certes pas de son ouvrage un livre impartial et au-dessus de toute critique. Ni du "retour à Aron" de Zemmour (ou, en plus travaillé, d'Alain Michel) une panacée.<br /> <br /> La bonne façon, à mon avis, de poser le problème est de reconnaître -mieux vaut tard que jamais- l'intelligence avec laquelle Hitler mettait en oeuvre ses postulats fous. Il guidait la France au millimètre, sans se faire remarquer, pour l'exploiter au maximum en y suscitant le moins de résistances possible. Le sort des Juifs s'explique avant tout par là. Ce n'était pas d'abord pour exterminer cette minorité que Hitler occupait ce pays. Alors que ce souci a, par exemple, une priorité beaucoup plus haute sur son agenda en Hongrie au printemps de 1944.<br /> <br /> <br /> =========================================================<br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><br /> Une réponse sur<em> Les Inrocks</em></span></strong><br /> <br /> <br /> Jean Loueneu<br /> il y a 1 jour à 19:58<br /> <br /> @Jean Tata. J&#8217;ai probablement tort de nourrir le troll. Mais je vous signale que les Inrocks ne donnent pas une « leçon d&#8217;histoire ». En revanche, ils donnent à Serge Berstein l&#8217;opportunité d&#8217;en donner une et de rétablir une vérité SCIENTIFIQUE qu&#8217;aucun historien sérieux ne conteste plus. A savoir: Paxton avait raison dans les grandes lignes, même si ça a décoiffé les historiens tradis de l&#8217;époque (et les réacs d&#8217;aujourd&#8217;hui)&#8230;<br /> <br /> Je ne sais pas qui sont les « historiens communautaristes » dont vous parlez (ou plutôt: je préfère ne pas comprendre), mais sachez que Serge Berstein est en effet un historien de référence pour la communauté&#8230; des étudiants de sciences po, des classes prepa et des facs d&#8217;histoire qui ont appris par coeur ses ouvrages! Vous êtes qui vous?<br /> <br /> ==========================================================<br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;"><br /> Un échange sur <em>Mediapart</em></span></strong><br /> <br /> <a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/071014/vichy-non-zemmour-non-berstein-le-choix-nest-pas-entre-robert-paxton-et-robert-aron">ici</a><br /> <br /> 08/10/2014, 17:39 | Par XipeTotec<br /> <br /> Votre hypothèse est intéressante et conduit à une conclusion étonnante sur l'absence d'intérêt d'Hitler pour les Juifs. Mais qu'est-ce qui appuie cette hypothèse ? L'intelligence d'Hitler ! C'est à voir. Il faudrait étayer cette hypothèse par des sources. Dans <em>Mein Kampf</em>, Hitler prend tout à fait au sérieux la menace que fait planer le modèle français d'assimilation, de "mixité" sur sa vision personnelle de l'avenir de l'Europe. L'idée du nationalisme allemand, depuis un siècle et demi (Hegel) est que l'Allemagne, modèle d'"harmonie" linguistique et raciale, doit apporter la même "harmonie" aux pays latins. Donc les "purifier".<br /> <br /> Vous soulignez par ailleurs que les élites françaises germanophiles ont devancé les désirs de l'Allemagne (cherche anxieusement à plaire au maître allemand. (...) moins l'Allemand demande, plus Vichy accorde) ce qui aurait pu au contraire conduire à une extermination massive des Juifs en France. Or il n'en a rien été. De ce fait, la remarque formulée sur le taux de survie des Juifs en France par rapport aux autres pays européens reste sans explication valable.<br /> <br /> <br /> 08/10/2014, 21:27 | Par François Delpla<br /> <br /> merci de cette contribution<br /> <br /> <br /> <br /> Avez-vous été suffisamment attentif à cette phrase : <em>il conviendrait de regarder de plus près (un sujet abordé par la recherche depuis une douzaine d'années seulement) ce que l'occupant laisse entrevoir de ses désirs, par le truchement d'Abetz ou d'autres personnes.</em> ?<br /> <br /> Je ne nie pas que Hitler ait éprouvé envers les Juifs une haine viscérale mais je le dis capable d'un pragmatisme qui lui faisait estimer leur meurtre plus prioritaire à un moment qu'à un autre et dans un pays que dans un autre.<br /> <br /> La France est une puissance rivale à rayer de la carte en tant que telle (et non à purifier de quoi que ce soit !), mais pendant la guerre c'est aussi une vache à lait qu'il convient de maintenir relativement en forme. C'est ainsi, pour prendre un exemple entre mille, que le corps médical juif parisien est fort peu décimé car l'occupant a besoin d'hôpitaux. Il en ira d'ailleurs de même à Budapest, sous la supervision personnelle d'Eichmann.<br /> <br /> Pétain et Laval, chacun dans son genre, sont extrêmement précieux tant qu'ils ont de l'autorité. Mais on leur tient la bride serrée par des demandes incessantes (de Juifs, de travailleurs pour l'Allemagne, de marchandises, d'argent, etc.) et leur résistance même à ces demandes est précieuse pour leur laisser un lustre minimal, une apparence d'utilité patriotique qui leur confère l'autorité requise.<br /> <br /> <br /> <br /> C'est d'une habileté diabolique et c'est elle qu'il importe de repérer aujourd'hui, en répudiant le moralisme qui imprègne les travaux d'Aron, de Paxton, de Michel et les proses des publicistes à la Zemmour. Thu, 09 Oct 2014 17:08:01 +0200